Chronique d'un kidnapping

Note: 4/5
(4/5 pour 1 avis)

Le 4 décembre 2012, une petite fille est enlevée à sa famille dans la région parisienne. Elle s'appelle Mia et n'est âgée que de 3 ans et 8 mois. Qui a orchestré ce kidnapping ? Pourquoi et comment ? Sébastien Girard tente d'apporter des réponses à ces questions au terme d'un travail d'analyse de plus d'un an.


Documentaires Les petits éditeurs indépendants

À partir de lettres, de rapports et de témoignages, il reconstitue ici les événements sous la forme d'un roman graphique. Le rouleau compresseur du système judiciaire français, en collaboration avec les services sociaux, y est décortiqué. Le cauchemar des parents, accablés mais combatifs, y est exposé de la manière la plus factuelle possible. Avec l'espoir qu'une telle affaire ne se reproduise plus jamais, qu'aucun enfant n'ai plus à payer le prix des erreurs des "grands".

Scénario
Dessin
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 02 Avril 2021
Statut histoire One shot 1 tome paru

Couverture de la série Chronique d'un kidnapping © Félès 2021
Les notes
Note: 4/5
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07/07/2026 | gruizzli
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Par gruizzli
Note: 4/5
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C'est la première fois que je lis une BD de cet auteur, qui semble apprécier de faire des BD documentaires avec un style de dessin assez reconnaissable : simple, précis et didactique, qui permet à la fois une parfaite lisibilité (et donc un support à l'information) mais aussi de faire ressentir ce qu'il se passe par l'utilisation de procédés comme la couleur (une monochromie par page selon l'intention) ou un découpage particulier, des cases volontairement plus grandes ... La BD est parfaite à ce niveau, avec un dessin qui joue avant tout sur l'information. Les personnages sont typés, lambadas, non reconnaissables pour s'identifier à cette famille qui pourrait être la notre, tandis que l'on comprend précisément par les petites astuces visuelles. Je m'attarde dessus en introduction parce qu'une grande partie de la force de ce documentaire vient justement de la forme de la BD, qui est à mon sens remarquable. Pour ce qui est de l'histoire, c'est une horreur. Une famille ordinaire, une petite fille qui semble avoir des difficultés physiques, les incessants aller-retours à l'hopital ... Jusqu'à tomber sur la mauvaise personne qui accusera de maltraitance infantile. Et là, la spirale infernale commence. La BD à de quoi énerver, mais réellement énerver. Une enfant volée à ses parents au nom de la protection de l'enfance, déjà c'est horrible, mais lorsqu'on voit défiler les trois années de luttes acharnées, de bagarres juridiques, de violence institutionnelles ... Je vais dévoiler une partie de l'intrigue, et je m'en excuse, mais la BD montrera des abus sexuels qu'elle subira dans un foyer (où elle est placée pour sa sécurité, bien sur), les moyens désastreux mis dans ces foyers (insalubres, manquant de personnels ...) mais également l'hypocrisie de ce système : pour protéger un enfant de parents maltraitants, on va laisser l'enfant non-soignée, alors même qu'elle sera plus blessée dans ce foyer qu'avec ses parents. C'est aussi ce qui scandalise : de voir qu'en trois années, personne ne s'est réellement souciée d'elle, de ses troubles physiques et des problématiques que ça enclenchait. Tout ça pour l'ego d'une médecin qui veut avoir sa fierté de protéger des enfants de parents maltraitants, et de juges tout puissants qui font leurs lois. C'est le genre de BD qui permet de mettre en lumière que sous couvert de protection de l'enfance, noble but il est vrai, le système social et juridique actuel accuse le coup de manque de moyens, financiers et humains, mais aussi de la puissances de autorités. Remettre en question des médecins, juges ou personnel soignant est presque impossible. Bien que la BD ne le souligne pas, l'origine algérienne des parents à sans doute joué dans la vision que le système a eux d'eux tout au long du processus. Bref, une BD qui met en lumière les défauts de nos systèmes pour l'enfance, la violence des foyers et l'impuissance face à des tribunaux et des médecins. On aurait envie d'aider ces parents, leur rendre leur enfant, mais rien n'est possible. Et pourtant à l'origine c'est bien de protection d'enfants qu'on parle, un dispositif dont nous avons cruellement besoin comme le rappellent des affaires presque chaque semaine. Une BD qui énerve, c'est certain.

07/07/2026 (modifier)