Les derniers avis (40051 avis)

Par Charly
Note: 4/5
Couverture de la série Le Photographe
Le Photographe

J’ai été immédiatement absorbé par l’histoire de Didier Lefèvre et son voyage en Afghanistan. La manière dont la bande dessinée mélange les photographies et les dessins crée une expérience unique qui nous transporte au coeur de l’action. Les images et les récits de la mission de Médecins Sans Frontières m’ont touché. C’est une représentation puissante de la réalité de la guerre et de l’impact sur les populations locales. Cette œuvre m’a appris beaucoup sur l’Afghanistan, une terre lointaine et ses habitants. Elle souligne l’importance du travail humanitaire et pourrait inspirer de futures vocations. Malgré quelques photos difficiles à déchiffrer, le contraste entre le noir et blanc des photos et les couleurs des dessins est frappant. Cela renforce l’authenticité du récit. Cette bande dessinée est riche en enseignements et émotions, malgré de petites imperfections visuelles. C’est une lecture que je recommande vivement pour sa capacité à ouvrir les yeux sur des réalités souvent méconnues.

22/06/2024 (modifier)
Par Charly
Note: 4/5
Couverture de la série Jonathan
Jonathan

Jonathan, avec sa quête d’identité et sa soif de liberté, est un héros qui inspire. Les personnages secondaires sont tout aussi fascinants, chacun apportant sa propre histoire et sa vision du monde. Le trait de Cosey évolue au fil des tomes, passant d’un style plus grossier à un dessin raffiné qui rend hommage aux paysages et à la culture de l’Himalaya. Chaque volume est une aventure en soi, mais l’ensemble forme une trame narrative cohérente et captivante. Les histoires sont bien construites, mêlant action et réflexion. La série m’a fait ressentir une gamme d’émotions, de la surprise à la mélancolie, et m’a même donné envie de partir à l’aventure. C’est une œuvre qui reste avec vous longtemps après la lecture. En somme, “Jonathan” est une série qui allie aventure, humanisme et beauté artistique. Elle invite à la réflexion et offre une évasion dans un monde à la fois réel et poétique.

22/06/2024 (modifier)
Par Charly
Note: 4/5
Couverture de la série Le Voyage en Italie
Le Voyage en Italie

J’ai été captivé par la complexité des personnages, Art et Ian, dont les vies ont été marquées par la guerre du Vietnam. Leur amitié indéfectible et leur amour pour Shirley ajoutent une dimension émotionnelle forte à l’histoire. L’intrigue m’a semblé bien ficelée, avec des flashbacks qui s’intègrent naturellement au récit. Les thèmes de l’amour, de la guerre et de l’adoption sont traités avec finesse. Le style de dessin de Cosey, bien que simple, est efficace pour transmettre les émotions et l’ambiance des lieux, que ce soit les rizières du Vietnam ou les paysages italiens. La conclusion de l’histoire laisse une impression durable. Elle est subtile et invite à la réflexion sur les choix de vie et les conséquences de nos actions. En somme, cette bande dessinée offre une expérience de lecture riche en émotions et en réflexions, malgré quelques petites longueurs par moments.

22/06/2024 (modifier)
Par Charly
Note: 4/5
Couverture de la série A la recherche de Peter Pan
A la recherche de Peter Pan

Ce que j’ai particulièrement apprécié, c’est la façon dont l’auteur, Cosey, a su créer une atmosphère unique, mêlant la beauté des paysages enneigés à la tension d’un village menacé par un glacier. Les dessins sont magnifiques, avec des couleurs qui rendent parfaitement la lumière et l’ombre de la montagne. Le personnage principal, Woodworth, est attachant et son pèlerinage sur la tombe de son demi-frère ajoute une touche émotionnelle à l’histoire. De plus, les références à Peter Pan de James M. Barrie apportent une dimension littéraire intéressante. Cependant, la fin m’a semblé un peu précipitée, surtout en ce qui concerne l’histoire d’amour et la résolution des mystères du village. J’aurais aimé que ces éléments soient davantage développés. En somme, je donne une note de 4 sur 5 à cette bande dessinée. Elle offre un voyage captivant et une expérience de lecture agréable, malgré une conclusion qui aurait pu être plus approfondie. C’est une œuvre que je recommande pour son ambiance et son illustration de la vie dans un village de montagne au début du XXe siècle.

22/06/2024 (modifier)
Couverture de la série Tananarive
Tananarive

Aux vues des différentes critiques, je me doutais bien que ça allait être un bon album mais je dois dire que ça a même dépassé mes attentes. Au début j’étais un peu dubitatif sur l’histoire mais elle se révèle très agréable et prenante, le personnage du notaire est sympathique comme tout et j’ai apprécié les révélations autour du voisin aventurier. C’est feel good et pas manichéen, du bon boulot de la part du scénariste. Je découvre ce dernier mais je vais volontiers me pencher sur ses autres productions. Concernant la partie graphique, si je connaissais bien le trait de Sylvain Vallée, il ne m’avait jamais autant enthousiasmé. D’habitude je ne suis pas fan de ses têtes mais là je n’ai rien à dire, à aucun moment je n’ai senti de gêne, les personnages sont à l’image de leur caractère, ils sont tous bien croqués. Pourtant le dessinateur ne change pas grand chose de son style habituel mais je sais pas, ça m’a semblé plus réussi, je lui trouve même des accroissances avec celui de Plessix pour la tête de notre héros. La narration et découpage sont impeccables pour nous immerger dans ce road-trip nordique. Je précise la localisation car rarement j’ai vu ma région aussi bien représentée, c’est le petit bonus en sus. Je me suis vraiment régalé avec ce point, reconnaissant de nombreux endroits et paysages (mention pour la halte Calaisienne). Ce qui lui vaut d’ailleurs le petit coup de cœur. Un tome qui a fait le tour de mon entourage et qui se déguste avec plaisir, qu’on habite la région ou non d’ailleurs, une bonne lecture rafraîchissante. De la « fausse » aventure qui fait voyager.

22/06/2024 (modifier)
Par Présence
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série La Loterie
La Loterie

Loterie en juin, abondance de grains - Ce tome contient une histoire compète indépendante de toute autre. Sa première édition date de 2016. Il s'agit de l'adaptation d'une nouvelle du même nom La loterie (1948) écrite par Shirley Jackson (1916-1965), et adaptée par son petit-fils Miles Hyman, pour le scénario, les dessins, les couleurs. La traduction a été réalisée par Juliette Hyman. Il commence avec une courte introduction de l'auteur remerciant les personnes grâce à qui ce projet a pu être mené à bien. Il se termine avec un trombinoscope des douze principaux personnages, un article comprenant sept illustrations pleine page, et un texte de huit pages, rédigé par Hyman, évoquant le seul souvenir qu'il reste à l'auteur de sa grand-mère, quelques éléments biographiques sur l'écrivaine et la description de la réception de sa nouvelle par le public, ainsi que sa postérité dans la culture américaine. Sans oublier la dédicace de Stephen King pour son roman Charlie (1980) : À la mémoire de Shirley Jackson qui n'a jamais eu à hausser la voix. Dans un petit village du cœur des États-Unis, alors que la nuit tombe, une voiture aux phares allumés avance tranquillement dans la rue principale. Elle roule à vitesse réduite, passant devant les maisons aux fenêtres éteintes, et arrive devant le magasin vendant du charbon, dont les lumières sont encore allumées. Harry Graves coupe le moteur et éteint les phares. Il sort de son véhicule et reboutonne sa veste. Il va taper au carreau du magasin. Joe Summers lève la tête, va prendre les clés à côté de la photographie de son épouse, au pied du calendrier qui indique la date du 26 juin. Il ouvre la porte. Les deux hommes se saluent en se serrant la main, Harry ayant retiré son chapeau. Il le pose sur une table et il retire sa veste, puis il emboîte le pas à Joe qui entre dans la réserve et allume la lumière. Ils regardent tous les deux une boîte un peu usagée posée sur l'étagère la plus haute. Joe monte sur une chaise pour l'attraper, et Harry aide à la porter pour déposer cette urne sur la table, avec une ouverture ronde sur le dessus. Joe et Harry vident un sac en papier sur la table : il contient des petits morceaux de papier blanc, tous de la même taille. Avec un air grave, ils les plient soigneusement en deux, avec application pour que chacun présente la même forme. Une fois cette tâche terminée, Joe en prend un qu'il place entre eux. Harry s'en saisit et noircit un cercle au milieu d'une des deux parties, avec un crayon noir. Il montre le résultat à Joe, et replie le papier de sorte que le cercle soit à l'intérieur. Tous les papiers sont remis dans l'urne. Joe met l'urne dans le coffre-fort, sous le regard d'Harry, et il verrouille le coffre-fort. Les deux hommes remettent leur veste et s'apprêtent à partir. Joe jette un coup d'œil à l'horloge : minuit dix. Il se tourne vers l'éphéméride et enlève la page du vingt-six pour faire apparaître celle du vingt-sept juin. le lendemain matin, Tessie Hutchinson passe le balai et jette un coup d'œil par la fenêtre : son époux Bill est en train de couper du bois dehors. Ce matin est clair et ensoleillé. Soit le lecteur connaît déjà la nouvelle et il s'attache à découvrir comment le petit-fils l'a adaptée, soit il découvre l'intrigue. Il commence par observer la très belle couverture avec cette urne qui va être déposée sur la table. Puis il découvre l'entrée du village à la nuit tombante, avec les maisons et la route qui semble encore en terre. Les couleurs sont foncées pour l'ambiance nocturne, de type pastel ou crayons de couleur, apportant une texture soutenue à chaque surface, ainsi que nuances qui transcrivent des surfaces présentant des irrégularités comme dans la réalité. Il prend le temps d'apprécier le paysage. L'artiste donne beaucoup de place aux illustrations : sur 136 pages de bande dessinée, il y a sept dessins en pleine page, huit dessins en double page. le lecteur observe quarante-et-une pages muettes, sans aucun mot, et une dizaine de plus avec seulement un mot ou deux. le lecteur constate que les pages se tournent rapidement : une narration à la fois dense, à la fois aérée, presque décompressée. de grandes cases, souvent de la largeur de la page, un maximum de quatre par page, plus souvent deux ou trois. Le lecteur peut donc jeter un coup d'œil rapide à chaque case et tourner aussitôt la page pour lire à une vitesse soutenue afin de découvrir le fin mot de l'histoire. Il se rend vite compte que paradoxalement les grandes cases et la faible densité en mots l'incitent à prendre son temps, à profiter du paysage, à regarder les personnages. de fait, les couleurs viennent compléter les dessins, évitant que dans certaines cases, un élément ou deux paraissent un peu naïfs ou pas tout à fait assez consistant. Au contraire son regard est attiré par des éléments visuels : la façade d'une maison en planches de bois peintes en blanc, le commodo de la voiture avec le levier de changement de vitesse au volant, le modèle de pompe à essence attestant de l'époque à laquelle se déroule récit (dans les années 1930 ou 1940), les bretelles de Harry et leurs attaches caractéristiques, le bois de l'urne, le modèle de coffre-fort, une batte et un gant de baseball, les plants de maïs, un silo, une montre à gousset, une cafetière, les modèles de pantalon, de robe, etc. Il s'attarde sur le visage des personnages, souvent fermés ou peu expressifs. Il prend le temps de comparer la famille Overdyke et la famille Percy, représentées en vis-à-vis comme dans un portrait de face l'un en page 88 et l'autre en page 89. Il pense à la fois au tableau American Gothic (1930) de Grant Wood (1891-1942), à la fois à la représentation iconique de l'Amérique dans les tableaux de Norman Rockwell (1894-1978) mais sans la joie de vivre associée. L'artiste montre des individus sérieux, impliqués dans ce qu'ils font. Il éprouve à la fois la sensation d'une lecture facile et rapide, à la fois une satiété visuelle peu commune, le sérieux des personnages colorant l'histoire qui en devient elle aussi sérieuse. S'il ne connaît pas le fin mot de l'intrigue, le lecteur se rend compte que cette narration essentiellement picturale a également pour conséquence de l'inciter à prêter attention à tous les détails, car il ne peut pas savoir lesquels seront signifiants pour le récit. L'urne ? Oui bien sûr. Les bretelles ? Peu probable. Tessie Hutchinson entrant dans la salle de bain et prenant un bain pour une séquence de quatre pages ? Sûrement, mais pour dire quoi… Il se produit alors un effet tout aussi étrange que pour la facilité de lecture de dessins : chaque événement, chaque accessoire relève de la banalité de la vie quotidienne, pourtant il est certain qu'ils apportent leur pierre à l'édifice, qu'ils ont un sens au regard de l'histoire. le lecteur sent bien que sa lecture devient plus participative, qu'il s'interroge sur ce à quoi il doit accorder de l'importance, sur ce qui est signifiant, ce qui confère à cet album une dimension ludique pour assembler les pièces du puzzle, car un drame va survenir, c'est sûr. En fait, il assiste à un quasi-reportage en temps réel, sur une tradition collective, appelée la Loterie, à laquelle tous les habitants du village participent. En passant, il est question de villages qui auraient abandonné cette tradition, et de la bêtise que c'est. Le dossier en fin d'ouvrage expose l'impact qu'eut cette nouvelle, l'avalanche de courriers reçus par l'autrice et son éditeur, soit de colère, soit d'incompréhension, soit de lecteurs ayant la conviction que l'histoire était basée sur des faits réels. En découvrant la scène finale, le lecteur prend conscience que Miles Hyman a joué franc jeu avec lui et qu'il a tout montré depuis le début, laissant présager la nature du dénouement. En fonction de son degré d'implication dans sa lecture, le lecteur dispose d'une vue globale sur ce qu'il vient de se dérouler, ou il peut revenir en début, feuilleter rapidement les pages et relever quelques phrases qui rétrospectivement en disent long. Il relève : À quoi bon changer les choses maintenant ? Ça n'aurait aucun sens. C'est le thème de la tradition séculaire, mais en même temps les pages 54 à 62 évoquent quelques évolutions dans cette pratique et se terminent sur la phrase : Mais avec le temps, cela avait aussi changé. L'autrice s'amuse à pointer du doigt que ce respect des traditions perpétue un rituel qui n'est en fait pas immuable. Plus loin, le vieux Warner évoque le fait que c'est sa soixante-dix-septième loterie et que : À écouter les jeunes, rien n'est assez bien pour eux. Bientôt ils voudront vivre dans des grottes, plus personne ne travaillera. Mais ils ne tiendront pas longtemps comme ça. Ou encore : Les gens ne sont plus ce qu'ils étaient. La tradition séculaire semble s'opposer au désir de changement de la jeunesse, mais en fait celle-ci participe de son plein gré à la loterie, sans velléité de la remettre en cause. L'horreur du dénouement, de la raison d'être de la loterie atteint le lecteur de plein fouet, en particulier le comportement de la foule où tout le monde participe, sans état d'âme. Mais en y repensant, il se demande si la préparation par Joe & Harry, en toute connaissance de cause, n'est pas encore plus monstrueuse. Ou le fait qu'il existe des règles très précises pour le tirage au sort : que faire en cas de plusieurs familles habitant sous le même toit ? La loterie est institutionnalisée, codifiée par des règles connues et acceptées par l'ensemble de la communauté. le conformisme des individus composant cette communauté est d'une uniformité terrifiante et sidérante : aussi bien de se soumettre de son plein gré à cette cérémonie, aussi bien d'en accepter l'issue quel que soit l'âge de l'individu tirant le papier avec le point, ou encore son acceptation par les jeunes générations dont l'élan naturel de changement ne va pas jusqu'à la remise en cause de cette pratique qui lie la communauté. le récit se termine sur un dessin en double page : l'entrée de la ville depuis la route en terre, avec le même cadrage que le dessin en double page d'ouverture du récit, mais à midi au lieu d'être en fin de soirée. le cycle est arrivé à son terme, et un autre cycle peut commencer à l'identique, la loterie se perpétuant d'une génération à l'autre, semblant immortelle pendant que les êtres humains vivent et meurent. Cette adaptation d'une nouvelle est remarquable en tout point. La narration visuelle est incroyable, riche et dense, les cases étant rapidement assimilées par le lecteur ce qui l'amène paradoxalement à lire moins vite. L'intrigue est respectée à la lettre, tout en aboutissant à une véritable bande dessinée, et pas à un texte illustré tant bien que mal. La force du récit est intacte, et il reste tout autant dérangeant.

22/06/2024 (modifier)
Par Présence
Note: 4/5
Couverture de la série The New Deal
The New Deal

L'affaire du collier… de chien - Ce tome contient une histoire complète et indépendante de toute autre. Elle est parue directement sous la forme d'un récit complet en 2015, sans prépublication. Elle est l'œuvre de Jonathan Case, un auteur complet : scénario, dessins, encrage, mise en œuvre d'une unique couleur bleu-gris par le biais de lavis. Il est également le dessinateur de Green River killer, et l'auteur complet de Dear creature. L'histoire se déroule à New York en 1936. Frank O'Malley est un garçon d'ascenseur au Waldorf Astoria. Il distribue des tracts dans la rue pour promouvoir une représentation de Macbetth de Shakespeare, interprétée par des afro-américains. Il conseille à son oncle Pack d'être moins agressif envers les passants lorsqu'il essaye de leur vendre des pommes à l'unité, (6 cents la pomme). Lorsque l'heure est venue, il se rend à son travail au Waldorf où il croise Gil (un autre garçon d'ascenseur) qui lui reproche d'être en retard. O'Malley commence par prendre en charge les bagages de 2 hommes d'affaire qui ont retenu une chambre au dernier étage. le grand bond ne lui donne pas de pourboire, mais lui demande d'aller faire le plein de son étui à cigarettes, avec des Chesterfield. En se rendant au buraliste de l'hôtel, O'Malley aperçoit une porte de chambre ouverte, avec un coffre à bijoux ouvert bien en évidence. La tentation est trop forte, mais il se fait surprendre par Theresa Harris (une femme de ménage de couleur) qui lui intime de tout laisser en ordre. En redescendant, il a la mauvaise surprise de voir que Jack Helmer est de retour pour prendre une chambre à l'hôtel. Il lui doit encore 400 dollars perdus au poker. Helmer le repère immédiatement. Un peu plus tard, O'Malley aide une cliente magnifique (Nina Booth) à amener ses bagages jusqu'à sa chambre. L'éditeur Dark Horse entretient une ligne de comics originaux, favorisant des créateurs indépendants. La curiosité du lecteur est donc éveillée par chaque ouvrage de cette collection, d'autant plus qu'il en parait assez peu. En feuilletant rapidement cette bande dessinée, le lecteur apprécie le dessin naturaliste sans être chargé, le parti pris de se restreindre à une seule couleur, et des images descriptives, sans être photographiques. L'auteur a choisi de raconter une sorte d'aventure, de type réaliste : un vol dans un grand hôtel. L'enquête est menée hors champ du récit, ce dernier se focalisant d'abord sur Frank O'Malley, puis sur Theresa Harris. le premier est un jeune homme appartenant au prolétariat, devant se soumettre aux exigences des clients qui le considèrent comme un larbin. Il présente un caractère enjoué, agréable avec Theresa, plein d'entrain. Sans qu'il soit besoin d'explication ou de longue exposition, le lecteur comprend que son statut d'employé est révocable à la première plainte, et qu'il ne doit pas toucher lourd. C'est un jeune homme sympathique qui génère immédiatement de l'empathie, malgré son inclination à être tenté par un petit larcin. Le premier rôle féminin suscite encore plus la sympathie. Comme pour O'Malley, le lecteur n'apprend rien sur son histoire personnelle, juste sa situation présente : employée de couleurs à une tâche subalterne dans un grand hôtel, soumise au racisme quotidien et banal. Elle aussi joue son emploi à chaque remarque d'un client. Dans son temps libre, elle est actrice de théâtre dans une troupe amateur appelée Mercury Theatre et dirigée par un jeune Orson Welles (authentique) qui monte une représentation de Macbeth. Le lecteur un peu curieux apprécie la qualité des références historiques discrètes qui parsèment le récit. Orson Welles a effectivement dirigé cette troupe de théâtre pour monter ladite pièce dans une version avec une distribution entièrement afro-américaine (appelée Vaudou Macbeth), et la mise en scène a servi de base pour son adaptation cinématographique Macbeth de 1948. Il apparait Canada Lee, un véritable acteur de l'époque, défenseur des droits des noirs américains. Jonathan Case met également en scène le racisme ordinaire de l'époque, sans misérabilisme. Le temps investi pour les recherches se voit également dans les dessins. le regard du lecteur s'attarde sur les tenues vestimentaires d'époque, sur les accessoires tels que les valises ou les malles de voyage, ou encore sur les modèles de voiture. Jonathan Case ne joue pas la surenchère en termes d'éléments d'époque authentique. Il privilégie des dessins lisibles, tout en maintenant une densité d'informations visuelles satisfaisante. Il simplifie les traits des visages pour les rendre plus expressifs, sans qu'ils n'en deviennent caricaturaux. Il n'y a que pour les tenues de Nina Booth qu'il se lâche un peu plus dans la fantaisie, en cohérence avec le caractère gentiment direct de cette femme. Il soigne également ses différentes coiffures. Jonathan Case commence son récit sur une base de 5 ou 4 cases par page, pour finir sur une base de 4 ou 3 cases par page. Ce nombre relativement limité de cases par page donne une narration aérée et concise, ce qui lui permet d'intégrer un bon nombre d'informations visuelles par case sans donner l'impression de gaver son lecteur. L'artiste rend chaque scène vivante que ce soit par une alternance de cadrages et un langage corporel approprié pendant les dialogues, ou par des mouvements réalistes et vifs lors des séquences d'action. le lecteur éprouve l'impression de voir évoluer des individus normaux et plausibles, sans capacité physique extraordinaire, sans comportement aberrant. Le lecteur se laisse donc porter par ces dessins agréables, cette ambiance rétro consistante et vraisemblable, et ce jeune homme plein d'allant, éprouvant un béguin pour Theresa, sans aucune arrière-pensée sur la différence de leur couleur de peau. le scénariste développe une intrigue concrète et consistante. Il y a donc un vol de bijou (un collier de chien avec des pierres précieuses a été dérobé dans l'hôtel). Il s'en suit une enquête, avec intervention de la police dans l'hôtel, interrogation du petit personnel, à commencer par la femme de chambre noire (Theresa). Mais l'histoire n'est pas racontée du point de vue de la police, elle l'est du point de vue de Frank O'Malley et de Theresa Harris. L'auteur reste dans un registre réaliste, sans intervention du surnaturel, sans exploits physiques spectaculaires. Il n'y a qu'un autre vol réalisé d'une manière qui sort de l'ordinaire, sans trop tirer sur la corde de la suspension consentie d'incrédulité. Le récit repose donc sur un double suspense : celui de l'identité du voleur, et celui de savoir comment O'Malley et Harris pourront éviter de prendre à la place du véritable coupable. En filigrane, Jonathan Case dépeint également la société de l'époque, par petites touches, sans prétendre à l'exhaustivité, sans transformer son récit en analyse sociologique, encore moins en pamphlet. Il montre la condescendance qui pèse sur Theresa Harris du fait du couleur de sa peau. Ça va de la répugnance raciste de madame Pendleton (la propriétaire du chien dont on a volé le collier précieux) aux a priori ordinaires envers cette citoyenne de seconde classe. Il faut que le lecteur ait en tête l'existence du racisme pour qu'il le reconnaisse dans certaines réactions ou certains comportements. le scénariste ne matraque par le thème. Il montre également la condition du prolétariat, la manière dont Frank O'Malley et Theresa Harris sont prisonniers d'un système de classe, sans espoir de profiter des opportunités qu'offrent le capitalisme à l'américaine. Ils sont nés pauvres. Ils sont partis pour trimer toute leur vie avec un salaire minimum, sans espoir de progression sociale. Il est évident qu'ils ne deviendront jamais des clients du Waldorf Astoria. À nouveau, le lecteur le constate par leur quotidien, sans que le scénariste ne l'explique ou ne l'expose. Le titre du récit renvoie à la politique interventionniste menée par le président américain Franklin Delano Roosevelt de 1933 à 1938, pour lutter contre les effets de la Grande Dépression aux États-Unis. Dans la première séquence, le lecteur peut voir la rémanence des effets de la Grande Dépression, dans le petit boulot exercé par l'oncle Pack : vendeur de pomme à l'unité sur un coin de trottoir. Par contre, le récit n'évoque pas nommément la politique du New Deal, ni n'en montre les effets. le plafond de verre est bien présent, et l'ascension sociale du prolétariat n'est pas au programme. le titre renvoie donc plutôt au changement de situation des 2 principaux protagonistes apporté par le dénouement. À la fin du tome, le lecteur constate qu'il a passé un très agréable moment de lecture. Les dessins sont très agréables à l'oeil, tout en restant à destination des adultes. le récit se déroule à bonne allure sans être épileptique. Les personnages sont sympathiques et humains. La narration est assez légère, sans être superficielle car elle évoque en creux une réalité sociale et historique. Entre un récit peut-être pas tout à fait assez ambitieux, et un récit intelligent et sans prétention.

21/06/2024 (modifier)
Par Présence
Note: 4/5
Couverture de la série Secret show
Secret show

Une adaptation de Clive Barker un peu diminuée faute de pages - Ce tome contient l'adaptation en bandes dessinées (en douze épisodes parus en 2006/2007) du livre Clive Barker Secret show. L'adaptation en scénario est réalisée par Chris Ryall, l'histoire est illustrée par Gabriel Rodriguez (le dessinateur de la série Locke & Key). Randolph Jaffe (un célibataire tassé et peu avenant) est affecté dans un bureau de poste qui traite tous les courriers égarés de la poste américaine, dans la ville d'Omaha, dans l'état du Nebraska. Au fil de ses journées passées à ouvrir des lettres et des colis perdus, dans une pièce en sous-sol, il finit par subodorer l'existence d'une forme de pratique magique dénommée Art. Il est fasciné par ce concept et il déniche Kissoon, l'un des derniers pratiquants de cet Art. Malheureusement la rencontre ne débouche pas sur une entente. Il décide alors de faire équipe avec un chercheur scientifique peu conventionnel : Richard Wesley Fletcher. Ce dernier a mis au point une substance liquide appelée Nuncio qui permet de faciliter l'accès à cet Art. L'objectif de Jaffe est d'accéder à une mer appelée Quiddity. Cette quête va se poursuivre avec la génération suivante, en particulier les jumeaux Jo-Beth et Tommy Ray, et Howard Katz, dans la ville de Palomo Grove en Californie. Adapter un livre en bande dessinée est un pari risqué. le scénariste doit trouver le bon équilibre entre la fidélité au texte et l'obligation de convertir les scènes en utilisant les codes narratifs spécifiques à la bande dessinée. le dessinateur doit donner une apparence aux descriptions du romancier, avec le risque de choisir des visuels très éloignés de la représentation mentale des lecteurs du roman. La scène d'ouverture est remarquable de justesse. Rodriguez donne une apparence mémorable et légèrement dérangeante à Randolph Jaffe. Il dessine une pièce des lettres perdues crédible, sans être stéréotypée. Il arrive à faire passer le caractère obsessionnel et compulsif de Jaffe. Ryall choisit le bon dosage de texte pour compléter les dialogues par quelques phrases densifiant le niveau d'informations, sans que le lecteur ait l'impression de lire des extraits du livre. Puis arrive la rencontre avec Kissoon. La première page montre comment Jaffe dérive légèrement de la réalité traditionnelle pour se retrouver devant Jaffe : même dextérité des auteurs à transcrire la sensation décrite par Barker, et à ne conserver que le strict nécessaire en termes de prose. Arrive le dialogue entre Jaffe et Kissoon, et là les auteurs perdent le bon dosage. La mise en scène est plate, les dialogues ne font qu'énoncer les informations, sans sentiments ou empathie. Le roman initial de Clive Barker compte plus de 600 pages, et en fait il s'avère difficile de faire tenir tout le roman en seulement 265 pages de bande dessinée. Donc parfois, Ryall et Rodriguez doivent gaver quelques scènes d'un maximum d'informations pour pouvoir tout raconter, ou plutôt pour pouvoir caser toutes les informations nécessaires à la compréhension de l'intrigue. Contrairement à une bande dessinée originale, les 2 auteurs n'ont pas toujours la latitude concevoir et d'organiser chaque scène en fonction du médium dans lequel ils racontent leur histoire. Cela ne veut pas dire que le résultat est médiocre, ou même mauvais ; cela veut dire que certains passages sont 100% dédiés à fourguer les informations au lecteur de manière artificielle. Malgré ce défaut, Ryall parvient à transposer les concepts inventés par Barker, sans les dénaturer, que ce soit Quiddity, le culte Shoal, le Cosm et le Métacosm, etc. L'histoire se déroule de façon logique, la majeure partie des personnages dispose d'une épaisseur suffisante. Mais le lecteur sent bien que certaines choses ont dû être sacrifiées. Par exemple le personnage d'Howard Katz semble bien falot. Il est vraisemblable que Ryall a dû élaguer les scènes où il apparaît jusqu'à le réduire à un dispositif narratif, plus qu'un individu pleinement développé. Le travail de Gabriel Rodriguez est tout aussi délicat. le lecteur de Locke & Key reconnaîtra aisément son style, avec quelques maladresses qui ont disparu par la suite. Il a tendance à utiliser les yeux agrandis de manière un peu trop systématiques, et sa mise en scène des dialogues est terriblement figée. de même la première manifestation de l'Art pendant le premier combat entre Jaffe et Fletcher donne l'impression d'assister à des décharges d'énergie entre superhéros et supercriminel, plutôt qu'à la manifestation physique d'une énergie extradimensionnelle. de la même manière, le passage sur Ephemeris sent le manque d'inspiration pour transcrire la qualité magique du lieu. Enfin, les dessins de Rodriguez deviennent peu crédibles quand l'influence des mangas ou de J. Scott Campbell est trop présente (le passage des souvenirs sur Ephemeris). Par contre, il dispose déjà d'un sens inné pour donner une apparence mémorable aux personnages. le faciès de Randolph Jaffe est inoubliable. Il porte à la fois la marque de son manque d'empathie pour son prochain, mais aussi une forme d'ambiguïté qui correspond à ses actions tout au long du récit. Il n'est pas possible de le détester complètement (et pourtant...). Avec la même dextérité, Rodriguez donne vie à Raul, une créature simiesque doté d'une conscience limitée. Dans le deuxième épisode, plusieurs jeunes femmes se livrent à un jeu de la séduction assez particulier, fort bien rendu qui transcrit à la fois leur charme et l'obscénité de leur démarche. À plusieurs reprises, Rodriguez montre une inventivité maîtrisée pour donner une forme visuelle aux créations ébouriffantes de Clive Barker. Par opposition aux décharges d'énergie magique trop conventionnelles, il trouve une solution graphique discrète et efficace pour le Nuncio, ou pour l'incroyable demeure du comique Buddy Vance. Il crée plusieurs décors remarquables (mais qui disparaissent parfois pendant plusieurs pages). Cette adaptation en bande dessinée d'un roman de Clive Barker est divertissante d'un bout à l'autre et elle transcrit fidèlement plusieurs des concepts du roman. Ryall a l'art et la manière d'extraire la substantifique moelle de l'histoire, et Rodriguez sait imaginer des visuels mémorables qui capturent l'ambiance du roman. Mais ces capacités trouvent leur limite face au volume d'informations à inclure, et les scènes d'exposition souffrent parfois de leur nature trop unilatérale, de même que les personnages souffrent parfois de coupes sombres qui les réduisent à une esquisse.

21/06/2024 (modifier)
Par Charly
Note: 5/5
Couverture de la série Dent d'ours
Dent d'ours

J'ai été immédiatement capturé par l'histoire de Max, Werner et Hanna. Leur amitié mise à l'épreuve par la guerre et leurs destins entrelacés offrent une narration riche et profonde. Le talent d'Alain Henriet brille à travers chaque page. Ses illustrations détaillées et ses scènes de batailles aériennes sont un régal pour les yeux. Chaque tome se concentre sur un personnage, permettant une exploration approfondie de leurs personnalités et de leur évolution, ce qui rend l'histoire d'autant plus immersive. L'aspect documenté de l'œuvre de Yann ajoute une couche d'authenticité qui enrichit l'expérience de lecture. En somme, "Dent d'ours" est une série BD qui mérite amplement une note de 5/5. Elle combine avec brio drame, aventure et histoire, le tout magnifié par un dessin spectaculaire. Une œuvre à ne pas manquer pour les amateurs du genre.

21/06/2024 (modifier)
Par Présence
Note: 4/5
Couverture de la série Thanos - Le Gouffre de l'Infini
Thanos - Le Gouffre de l'Infini

Thanos à la rescousse du multivers - Ce tome contient les six épisodes de la minisérie du même nom, initialement parus en 2002, écrits et dessinés par Jim Starlin, encrés par Al Milgrom. Dans la chronologie de Thanos, ce récit se situe entre Infinity crusade (1993) et Marvel Universe: the end (2003). Quelque part dans un lieu confiné et sombre, un être à la peau verte et à l'apparence extraterrestre s'interroge sur l'endroit où se trouve une autre personne indéterminée. Ailleurs dans l'espace, Adam Warlock soliloque, faisant état de la folie qui s'est emparée de lui et évoquant la situation en cours. Gamora, Captain Marvel (la version Genis-Vell, voir First contact de Peter David), Spider-Man et Doctor Strange se trouvent sur Terre dans le terrain autour d'une maison de banlieue, tous désemparés par une menace invisible et inéluctable. Warlock remonte plus loin dans le temps pour montrer comment tout a commencé pour Thanos (avalé dans un trou noir). 2 superhéros (Gengis-Vell et Doctor Strange) ont découvert chacun de leur côté une singularité en forme de cube lactescent. Pip le troll s'est fait passer pour un psychiatre pour récupérer Adam Warlock dans un asile et le ramener dans son cocon à Thanos. Pendant ce temps là, Gamora découvrait un Thanos dans une sorte d'armure technologique convertissant les foules à un nihilisme primaire, sur une planète écartée. Presque dix ans après le dernier crossover estampillé Inifinity, Jim Starlin revient à ses personnages de prédilection dans l'univers Marvel : Thanos, Adam Warlock et les personnages secondaires afférents (Pip, Gamora et Moondragon, il ne manque à l'appel que Drax pour reconstituer l'Inifnity Watch). Cette fois-ci, il n'est pas question de crossover généralisé à l'ensemble des séries Marvel, mais d'une histoire auto-contenue qui ne doit pas mettre le bazar dans d'autres titres. Les Avengers font une courte apparition 2 pages), les Defenders originaux également (Hulk, Namor et Silver Surfer, 2 pages aussi). Starlin n'emprunte donc que Spider-Man, Doctor Strange et Captain Marvel pour étoffer son équipe de sauveurs de la réalité. Même les apparitions de personnages cosmiques sont limitées à 2 entités, à nouveau pendant une poignée de pages seulement, pour un peu de figuration (et puis un comics de Starlin sans Eternity, ça n'aurait pas fait sérieux). Côté péril, il a imaginé une nouvelle menace originale mettant en danger la survie de toutes les réalités, qui ne trouve sa source ni dans Thanos, ni dans Adam Warlock. Pour être sûr de faire bonne mesure, il a saupoudré le tout de quelques clones de Thanos. Donc cette fois-ci, Starlin ne ridiculise pas les autres superhéros de l'univers Marvel en insistant sur leur manque d'efficacité, il se cantonne à son récit. Il ne peut quand même pas s'empêcher par le biais des clones d'invalider tous les récits où Thanos apparaît et qui n'ont pas été écrits par lui en indiquant clairement qu'il devait alors s'agir de clones et pas du vrai Thanos. En faisant attention, le lecteur constate également qu'un personnage souligne avec insistance que Thanos ne règle pas ses conflits à coups de poing ou de décharges d'énergie, mais qu'il gagne à chaque fois grâce à ses stratégies préparées de longue date (une deuxième petite vacherie à l'égard des affrontements physiques basiques permet au lecteur distrait de garder à l'esprit que Thanos est au dessus de la mêlée). Pour ce qui est de l'intrigue, Jim Starlin plonge le lecteur au milieu d'un mystère à plusieurs facettes. Quel événement a bien pu provoquer la folie d'Adam Warlock ? Quel est l'objectif des clones de Thanos ? Quel est ce mystérieux extraterrestre qui attend quelqu'un ? Quelle est la nature du risque pour la réalité ? En quoi Atleza Langunn est-elle spéciale ? Si ces mystères sont intrigants en eux-mêmes, Jim Starlin emploie un dispositif narratif un peu gauche pour passer d'un point de vue à l'autre : Adam Warlock réalisant ces transitions en parlant tout seul à haute voix. Ce dispositif alourdit sensiblement la narration, la rendant pataude, voire indigeste à une ou deux reprises. Cela ressemble à un mode narratif hérité des années 1970 (ce qui est vraisemblablement le cas, Starlin ayant débuté sa carrière dans ces années là). D'un point de vue visuel, Jim Starlin a conservé son style propre sur lui, minutieux, avec un bon niveau de détails dans chaque case. Il prouve à nouveau qu'il maîtrise comme personne la corpulence et le langage corporel de Thanos, ainsi que les mouvements théâtraux d'Adam Warlock. En y prêtant attention, le lecteur peut déceler que chaque personnage dispose de ses postures spécifiques, que ce soit la grâce de Gamora lors des affrontements physiques, les postures altières de Moondragon, ou les attitudes crasses de Pip (avec son cigare et sa veste à poche). Il cite à bon escient les éléments visuels qu'il a introduit avec ces personnages des les années 1970, que ce soit le vaisseau aisément reconnaissable de Thanos (Sanctuary II ou III), ou les différents costumes de Warlock (page 37 de l'épisode 1). Il a conservé son goût pour les affrontements chorégraphiés, sans excès, mais avec cohérence dans les mouvements, et les déplacements. Enfin il n'a pas perdu la main pour rendre les dangers cosmiques impressionnants et menaçants. Al Milgrom réalise un encrage soigné et appliqué perdant un peu de sa propension à utiliser des traits secs et cassants, pour plus arrondir les contours. Il n'y a que le visage de Warlock qui semble étrangement bâclé avec sa coiffure en pétard et ses rides disgracieuses. le lecteur pourra également regretter un manque de nuances dans les expressions des visages, et des personnages qui ont souvent la bouche ouverte comme principale expression. Cette histoire ne s'inscrit pas dans les meilleures réalisées par Jim Starlin, mais elle est d'un bon niveau. L'intrigue est prenante et complexe, même si son exposition manque de fluidité. Starlin prouve qu'il sait toujours marier les menaces cosmiques avec dextérité, même si la dimension métaphysique et les métacommentaires se sont raréfiés.

21/06/2024 (modifier)