Comment ? Les Américains n'auraient pas seulement été nos libérateurs en 1944 ? Ils auraient aussi été nos violeurs ? C'est la vérité historique souvent oubliée que cette bande dessinée a le mérite de remettre en évidence, et cela fait toujours du bien quand on prend le temps de rappeler que l'Histoire n'est jamais constituée d'événements tout noirs ou tout blancs. Ici, Chacma s'y entend assez bien, sans polémique, mais avec l'assurance de l'auteur qui a bien travaillé son sujet (le cahier historique en fin d'album le prouve). En mettant en scène des soldats américains avinés et prompts au viol et au meurtre, ainsi qu'un Obersturmführer SS étonnamment sympathique, l'auteur ne cherche pas à renverser la vision historique traditionnelle, mais à nuancer les images d'Epinal qu'on a souvent sur cette époque. Non, tous les Américains n'étaient pas des sauveurs, et non, tous les Allemands n'étaient pas des racistes antisémites convaincus. C'est assez évident, mais à une époque fort encline aux raccourcis idéologiques, on apprécie toujours l'effort de nuance.
Mais tout l'intérêt de cette bande dessinée ne repose pas sur la représentation nuancée de certains archétypes historiques. Chacma prend aussi le temps de construire une solide intrigue policière. Si, parfois, on pourra trouver certaines ficelles un peu grosses, j'ai, pour ma part, beaucoup apprécié le récit et ses méandres, jusqu'à une fausse piste franchement bien menée, qui ajoute une belle profondeur à certains personnages. Dans l'ensemble, si le twist final ne surprend pas forcément complètement (encore que l'effet de surprise y est bien ménagé), il touche au plus profond du cœur, preuve que l'auteur a savamment construit l'ensemble des personnages, principaux ou secondaires.
Enfin, le dessin de Holgado est efficace, rigoureux et réaliste, créant une belle ambiance, sombre mais pas excessivement glauque. Et il ne serait rien sans la magnifique colorisation de Léa Chrétien qui donne à cet album une identité graphique et visuelle fort appréciable.
Bref, une excellente surprise à mes yeux, tant sur le plan historique que sur le plan graphique et narratif, qui permet de faire de cette bande dessinée, non pas un chef-d'œuvre, mais un one-shot très solide, qui se lit avec un intérêt constant, non dénué d'un dégoût prononcé pour les horreurs qu'il a le mérite de mettre en lumière.
Mes dernières lectures de Davodeau furent décevantes et cette série me réconcilie avec son œuvre. J'ai toujours été riverain d'un grand fleuve (Seine, Loire, Meuse ou Danube), les réflexions et les contemplations de Louis sur les bords d'une Loire faussement apprivoisée ne peuvent que résonner fortement dans mon vécu.
J'ai trouvé l'idée de départ de l'auteur très originale. Cette idée directrice de présence/absence tout au long du récit qui permet à Louis d'évacuer le superficiel pour (re)découvrir l'essentiel de la vie. J'ai senti dans la narration une grande maturité de l'auteur qui comme Louis ne s'encombre pas de ses vieux oripeaux pour plonger dans un bain d'une humanité qui fait corps avec son environnement.
Le parcours de Louis pendant ces quelques jours résume notre parcours entre vie et mort dans une communion non triste avec l'univers où il vit. Sans abandonner son passé (il y a une allusion à la ZAC de ND des Landes) Louis découvre une perception qui le mène au-delà de son matérialisme positif.
Par moment j'ai eu l'impression de me retrouver chez Derib avec une initiation chamanique de Sioux. Davodeau a su créer des personnalités très attachantes autour d'une absence. Mais c'est une fausse absence qui est vide seulement si on ne prend pas le temps d'écouter ce silence comme nous y invite le fleuve.
Les dialogues sont rares mais très judicieux. L'auteur ouvre des portes sur l'écologie mais sans culpabiliser. J'ai trouvé cette proposition très intelligente et bien plus constructive qu'un discours de combat très stigmatisant mais bien limité.
La grande richesse de la série tient dans le formidable graphisme de ces bords de Loire où faune, flore, ouvrages d'art et habitants sont en parfait équilibre harmonique. C'est très contemplatif et d'une beauté saisissante.
Une très belle lecture de paix dans ce monde si bruyant.
J'aime bien les biographies de sportifs. Je trouve que la BD est un médium qui convient particulièrement bien à ce type de récit.
Comme d'autres de mes lectures (Panama al Brown ou Marathon) la série de Reinhard Kleist m'a permis de découvrir un homme qui fut au sommet de son sport avec une personnalité riche d'autres potentialité.
Dans un esprit du temps assez hostile, ces champions ont su vivre leurs aspirations profondes au risque de leur notoriété voire de leur sécurité.
Kleist propose un récit finement équilibré du boxeur Emile Griffith, multi champion du monde, Noir, Homosexuel et styliste de mode féminine.
Un melting pot qui le mettrait au pinacle aujourd'hui dans un équilibre masculin/féminin très poussé dans les deux genres. Il y a 50 ans dans un milieu aussi viril, cette réalité pouvait choquer voire détruire.
Reinhard ne tombe pas dans la facilité victimaire. Au contraire il montre que beaucoup l'ont soutenu toute sa vie (sa mère, son entraineur, son patron).
De même le racisme ou la politique sont peu présents dans l'univers du Griffith de la série. C'est en vivant sa vie de façon authentique voire naïve que Griffith reste un modèle pour abattre les préjugés.
La narration est fluide et bien soutenue par un graphisme très "masculin". Le trait de Reinhard ne fait pas dans les rondeurs mais ses lignes brisées dégagent une forte puissance qui resonne avec les combats extérieurs et intérieurs menés par le champion/homme.
Une belle lecture à la fois récréative et porteuse de sens. 3.5
Le choc, c'est que c'était sans préambule.
-
Ce tome contient une histoire peut-être complète, même si le titre entier annonce qu'il s'agit du volume 1 d'une série appelée Derrière. La première édition date de 2021. Il a été réalisé par Dominique Goblet pour les images, et par elle et Guy Marc Hinant pour les textes. Il contient quatre-vingts pages peintes, en couleurs. Sa lecture peut en être complétée par celle de Ostende carnets (2022), le témoignage d'une œuvre en gestation, des croquis et des études, d'autres recherches graphiques qui peuvent être interprétées comme la clé de lecture et le révélateur de ce tome.
Sous un ciel gris, les vagues viennent perdre doucement leur énergie sur la grande plage de sable brun cannelle, en l'absence de tout être humain. de l'autre côté, la route longe la dune, avec ses candélabres très rapprochés. Une lueur commence à poindre à l'horizon à l'horizontal au-dessus de la mer. Celle-ci a conservé sa couleur grisâtre, le reflux laisse une petite mare qui va en diminuant. Il y a peut-être une trace pas sur la plage, ou peut-être n'est-ce qu'une simple dépression. C'est la nuit : l'eau de la mer a pris une teinte grisée, presque bleue, parcourue par de grandes bandes irrégulières tellement sombres qu'elles en sont noires, la vue étant en partie bloquée sur la droite par un triangle vert foncé. le jour s'est levé. La masse nuageuse laisse percevoir un lambeau de ciel bleu au-dessus de la mer. Celle-ci a pris une teinte vert un peu plus claire, du vert sauge. Elle moutonne moins. le sable a pris une teinte brun terracotta. Au premier plan, se trouve un morceau de la digue avec une rambarde.
Une personne nue est assise sur une souche d'arbre. Au premier plan, trois tulipes semblent flotter au vent, projetant leur ombre, complétée par les tiges et le feuilles sur le sol, l'individu étant une bonne dizaine de mètres en arrière de cette ombre. À côté, une autre vue de la mer sous un ciel sombre entre gris et verre, barrée d'une bande noire, juste en dessous du milieu. Page suivante : une autre vue de la mer sous le même ciel plombé vert-gris, les vagues ayant presque disparu, le flux venant créer une petite mare ronde devant la ligne des vagues, la vue étant pour une petite partie bloquée en haut à droite et en base de l'image avec des figures géométriques. Dans la vue suivante, la mer semble s'être retirée au loin, avec une ligne de nuages en hauteur, toujours dans des teintes brunes. Dans une vue grise totalement bloquée, des rires retentissent. Une femme est allongée sur le dos, les jambes écartées, son sexe rasé en premier plan, dans une perspective qui masque sa tête. La mer se retire lentement, laissant des traces humides sur la plage. Dans la campagne des Flandres, à l'intérieur des terres, il est possible de distinguer trois bâtiments d'un corps de ferme, avec un arbre en premier plan, dans une ambiance vert de chrome. Une vue de la campagne, avec une pièce d'eau en premier plan dans laquelle se reflète deux arbres dénudés, avec derrière une grande étendue herbeuse, un bosquet d'arbustes feuillus, et au loin une ligne d'arbres dénudés.
Quel objet étrange : au départ, le lecteur se dit qu'il s'est trompé et qu'il s'agit d'un recueil de marines et qu'il n'y a pas d'histoire. Arrivé à la sixième planche, il découvre qu'elle contient deux peintures différentes accolées, sans séparation de type gouttière, et que le personnage prononce : hahaha dans un phylactère. La neuvième planche contient quatre images différentes, également accolées sans gouttière de séparation d'aucune sorte, la première contenant trois phylactères comme suspendus dans l'air, sans personnage, avec le même hahaha, sauf la première qui contient hahahaha. Ces quatre images peuvent être assimilées à des cases, mais sans lien logique entre elle, sans causalité, sans unité de lieu, sans thème unificateur. La treizième page est également composée d'une toile marine, avec le buste nu d'une femme représenté trois fois, détouré à l'encre, dans des positions différentes, sans la tête, en surimpression sur la zone du ciel. Au-dessus court un texte évoquant une femme arrivant toujours nue, éclairée par la lumière des phares des voitures, entourée d'hommes habillés allant de la voiture au bunker. Seul lien potentiel avec l'image, cette femme nue qui correspond aux trois bustes, et la possibilité que le bunker se situe sur la plage. le lecteur en vient à se demander si cet ouvrage ne s'apparente pas à Une semaine de bonté (1934) de Max Ernst (1891-1976), une suite de peintures donnant la sensation qu'elles racontent quelque chose, mais sans que le fil conducteur ne soit explicité.
Alors le lecteur se met recenser ce qu'il a sous les yeux : vingt-neuf peintures marines, présentées en pleine page. Il comprend qu'il s'agit de vues de la plage et de la mer du Nord à Ostende. Il est frappé par l'absence d'êtres humains à part sur trois ou quatre, et par les couleurs. Soit il le remarque par lui-même, soit il l'a lu dans une interview : l'artiste s'est fixé comme défi de dépeindre l'eau sans utiliser la couleur bleu sous quelque nuance que ce soit, et elle s'y tient. Il plane cette sensation de grisaille, même en plein jour avec une bonne luminosité. En fonction des vues, elle consacre plus ou moins de hauteur de page à chacun des trois éléments sable, mer, ciel. Bien souvent l'eau n'occupe qu'un cinquième de la page, le sable et l'air se partageant le reste à part égale. du fait du format paysage de l'ouvrage, le lecteur apprécie ces panoramas. S'il a arpenté les plages de ces côtes, il en ressent l'ambiance assez particulière. Il admire la capacité de la peintre à restituer l'impression de sable humide, l'écume des vagues, le calme de cette eau sombre au loin, les vaguelettes qui lèchent le sable, l'impression incroyable de l'eau qui se retire avec le reflux, parfois un léger vol d'oiseaux au loin, la quasi-transparence et l'humidité d'une fine pellicule d'eau qui recouvre un brise-lame pavé, la luminosité voilée et changeante.
Bon, il s'agit donc d'une sorte de rêverie en bord de mer du Nord, lors d'un séjour dans la ville d'Ostende, avec une histoire de femme qui se promène nue. En planche deux se trouve donc une vue de la route qui longe les dunes, à proximité de la plage. En planche neuf une des quatre cases contient l'image d'une ferme. La planche dix est une vue de la campagne flamande. Planche suivante une autre vue d'une caste étendue d'herbe de cette campagne. Encore quelques autres dans les planches seize et dix-sept. En planche vingt-six, ce sont des vaches en train d'y paître. En planche 29, l'artiste a représenté le corps de ferme dont la façade est recouverte de bâches en plastique transparentes. Plus loin encore, le lecteur contemple des buissons taillés en demi-sphère dans un immense parc à la française. Il tourne la page, et découvre le même paysage mais sous une autre lumière, avec une vache à côté d'un des buissons. En planche six, il est pris par surprise par ces fleurs semblant flotter dans le vent, et en planche quatorze, il voit deux cases. Dans la première, les fesses d'une femme en train de baisser sa culotte, dans la seconde des formes allongées abstraites en noir & blanc. La page suivante est également constituée de deux cases côte à côte, celle droite étant peinte en noir, et celui-ci semble avoir bavé sur le gris de la case à gauche qui figure peut-être la plage. Dans le dernier quart de l'ouvrage, des formes d'abord géométriques puis abstraites viennent se superposer aux marines.
En lisant le texte de la planche treize, le lecteur se dit qu'il doit être question d'une femme qui se promène nue sur la plage, et il suppose que cela peut être le fil directeur ou le lien entre différentes séquences, mais peut-être pas toutes. En effet si elle se tient sur la plage, que viennent faire les vues de la campagne des Flandres ? Quoi qu'il en soit, il se trouve incapable de neutraliser son cerveau qui cherche à tout prix à établir des liens logiques, une histoire, un schéma à cette suite de planches. Et puis l'artiste elle-même fait coexister plusieurs dessins sur une même page, comme des cases juxtaposées. À l'évidence, cette lecture génère des ressentis, pas forcément des émotions, plus des états d'esprit. Prise pour elle-même, il n'est pas possible de lui donner un sens. Elle reste à l'état de collage, comme si l'esprit de l'artiste était dans une sorte de fugue et se laissait guider par des associations d'idées inconscientes. Cela peut générer une frustration significative chez un lecteur cartésien, prenant l'ampleur d'une vexation insupportable s'il s'attendait à lire une histoire, promesse implicite dans la notion de bande dessinée. Mais pourquoi une majorette ?
La curiosité du lecteur peut également être attisée par cette œuvre impénétrable qui ne fait pas sens, et se lancer dans la découverte des carnets parus quelques semaines après, ou, un peu échaudé, se rabattre sur les interviews données par l'autrice, en particulier celle de quarante-trois minutes, dans l'émission Par les temps qui courent, sur France Culture. Il découvre alors que Dominique Goblet a réalisé ces peintures pendant la première période de confinement de la pandémie de COVID-19 en 2020, lors de promenades solitaires sur la plage, mais aussi à l'intérieur des terres, ce qui explique à la fois l'absence de personnes, et les deux localisations. Elle y explique qu'elle a bel et bien composé cet ouvrage : les peintures ne sont pas présentées dans leur ordre d'exécution. Elle évoque l'origine de l'idée de trois femmes nues, et elle explicite le sens de la majorette. le texte de présentation de l'émission explique que le carnet de croquis préparatoires permet de découvrir la source de certains éléments transformés. Il confirme qu'il y a bien une narration, en qualifiant l'ouvrage de roman graphique. le lecteur se souvient alors des premiers mots de l'ouvrage : le choc, c'est que c'était sans préambule. Ce n'est rien de le dire ! Une fois renseignements pris, il saisit mieux la logique interne de cette succession de vues, le comportement sortant de la norme d'Irène, une femme de soixante ans, la sensation diffuse de tension et de frustration jamais nommées. Il comprend la démarche de la créatrice, ayant éprouvé la nécessité de sortir d'une modalité narrative traditionnelle, pour pouvoir exprimer la sidération de ce confinement, l'irréalité de cette solitude dans ce milieu naturel, la beauté particulière des lieux, la remontée et l'affleurement de souvenirs profondément enfouis et insciemment déterminant dans sa trajectoire de vie.
L'autrice fait errer son lecteur dans des vues inhabitées de la plage d'Ostende, et de la campagne flamande, avec des peintures exprimant le caractère de ces lieux et de ses ambiances lumineuses. Il apprécie les balades, tout en cherchant désespérément à trouver un sens à ces suites de vues, à l'évocation d'une femme se déshabillant, d'une femme nue prénommée Irène, de vaches, de formes géométriques incongrues. Il peut s'agacer du fait que tout aussi agréables que soient ces visions d'Ostende, ce seul ouvrage n'est pas auto-suffisant pour former un récit ou un roman graphique. le plaisir de cette lecture singulière se trouve consolidé s'il se laisse aller à sa curiosité et qu'il compulse une interview de l'artiste évoquant son processus créatif, et précisant son intention.
J'ai été vraiment pris par l'histoire de Largo Winch. C'est un orphelin yougoslave qui devient milliardaire du jour au lendemain. Les rebondissements sont nombreux et chaque tome apporte son lot de surprises.
Les personnages secondaires ajoutent une belle profondeur à l'histoire. Simon, Freddy, Cochrane... ils rendent l'aventure plus vivante et plus humaine.
Le trait de Philippe Francq est détaillé et les couleurs sont vives. Cela donne beaucoup de dynamisme aux planches et rend la lecture agréable.
Même si le monde de la finance peut sembler complexe, la série rend ces concepts accessibles. J'ai appris des choses sur les holdings et les OPA, ce qui est un plus inattendu.
En lisant cette BD, j'ai ressenti une grande admiration pour la façon dont l'histoire est racontée. C'est une série qui ne prend pas la tête et qui assure un bon moment de détente. Je me suis attaché à Largo et à son univers, malgré quelques clichés. C'est une lecture que je recommande pour ceux qui aiment les histoires d'aventure avec une touche d'humour et d'action.
Cette BD est un western fascinant qui m'a transporté dans le Wyoming des années 1850. L'histoire de l'enlèvement du jeune Eddie par les Sioux Lakotas et la quête de son oncle pour le retrouver m'a tenu en haleine. Les rebondissements sont nombreux et la tension monte crescendo jusqu'à une conclusion inattendue.
Les personnages sont dessinés avec soin et leur évolution est intéressante à suivre. Leur complexité ajoute de la profondeur à l'histoire et rend la lecture d'autant plus immersive.
Les illustrations aux couleurs sépia renforcent l'atmosphère du Far West et donnent l'impression de feuilleter un vieil album photo. C'est un choix artistique qui sert parfaitement le récit.
La dureté de la vie à cette époque et les thèmes abordés, comme la vengeance et le destin, m'ont vraiment touché. La fin, à la fois cruelle et logique, laisse une impression durable.
Cette bande dessinée est une réussite qui mérite amplement la note maximale. Elle m'a fait vivre une aventure intense et mémorable, que je recommande sans hésiter à tous les amateurs de westerns et de belles histoires.
En lisant cette BD, j'ai été frappé par la manière dont elle dépeint une société où tout est contrôlé. Cela m'a fait réfléchir sur l'importance de la liberté individuelle et sur les dangers d'un État trop intrusif.
Chaque récit court m'a poussé à questionner notre monde et les directions qu'il prend. J'ai trouvé ces histoires à la fois troublantes et révélatrices, elles m'ont vraiment fait réfléchir.
Le style graphique, avec ses couleurs froides et ses traits précis, renforce l'atmosphère de la BD. Il n'est pas là pour séduire, mais pour appuyer le propos sérieux et parfois glaçant des récits.
La conclusion de la BD, où tous les personnages se retrouvent, m'a semblé intelligente. Elle donne du sens à l'ensemble et termine l'histoire d'une manière qui laisse une impression durable.
Bref, cette lecture a été une expérience marquante pour moi. Elle m'a permis de voir les choses sous un autre angle et de me poser des questions essentielles sur la société dans laquelle nous vivons.
La bande dessinée XIII est une expérience incroyable qui m'a totalement absorbé. Dès les premières pages, je me suis senti proche de XIII, l'amnésique au tatouage mystérieux, et j'ai été entraîné dans une aventure pleine de suspense et d'action. Les dessins sont magnifiques, avec des détails qui donnent vie à chaque scène. Les personnages sont si bien développés qu'ils semblent réels, et j'ai particulièrement aimé les figures féminines fortes et indépendantes. Ce qui m'a le plus marqué, c'est la façon dont l'histoire se déroule, avec des rebondissements inattendus qui m'ont tenu en haleine. Chaque tome apporte son lot de surprises et j'ai adoré suivre XIII dans sa quête d'identité. Cette série mérite amplement ses 5 étoiles pour son intrigue palpitante et son illustration exceptionnelle. Merci à Van Hamme et Vance pour cette belle histoire !
La série Thorgal m'a vraiment impressionné par son mélange unique de genres, combinant habilement des éléments de science-fiction avec la mythologie nordique et les aventures vikings. Le personnage principal, Thorgal, est attachant et ses quêtes sont à la fois épiques et personnelles, ce qui rend la lecture très agréable.
Les personnages sont bien développés, en particulier Thorgal et Aaricia, dont la relation est touchante et centrale à l'histoire.
L'intrigue est complexe et bien construite, avec des rebondissements qui maintiennent l'intérêt tout au long des tomes.
Le travail artistique est superbe, avec une évolution notable du style de dessin qui s'améliore au fil des albums.
J'ai été ému par les thèmes abordés, tels que l'identité, la famille et le destin, qui donnent une réelle profondeur à l'histoire.
Thorgal est donc une série que je recommande vivement pour son originalité et sa capacité à transporter le lecteur dans un univers riche et fascinant. Je ne donne pas la note maximale car, bien que la série soit globalement excellente, certains tomes m'ont semblé moins prenants que d'autres. Néanmoins, c'est une expérience de lecture que j'ai beaucoup appréciée.
Cette bande dessinée m'a profondément marqué. Dès les premières pages, j'ai été transporté dans le monde de Daar, un univers médiéval fantastique où s'affrontent trois immortels et où les esclaves Chninkels sont malheureusement les premières victimes. Le récit de J'ON, ce Chninkel élu malgré lui pour une quête épique, m'a touché par sa justesse et son humanité.
La narration est fluide et riche en rebondissements, mêlant habilement action, philosophie, et humour. Les illustrations de Rosinski sont un véritable régal pour les yeux, chaque case regorgeant de détails qui donnent vie à cet univers captivant. La version noir et blanc que j'ai lue ajoute une intensité dramatique et une beauté saisissante à l'histoire.
Ce qui m'a le plus ému, c'est la façon dont l'histoire aborde des thèmes universels comme la liberté, la paix, et la quête de sens dans la vie, tout en restant accessible et divertissante. J'ai ri, j'ai été surpris, et j'ai même réfléchi sur ma propre existence à travers les aventures de J'ON.
En bref, c'est une expérience de lecture inoubliable qui mérite amplement la note maximale. C'est une BD que je recommande chaleureusement à tous, que vous soyez un amateur de fantasy ou simplement à la recherche d'une histoire bien racontée et magnifiquement illustrée.
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MP - Police Militaire
Comment ? Les Américains n'auraient pas seulement été nos libérateurs en 1944 ? Ils auraient aussi été nos violeurs ? C'est la vérité historique souvent oubliée que cette bande dessinée a le mérite de remettre en évidence, et cela fait toujours du bien quand on prend le temps de rappeler que l'Histoire n'est jamais constituée d'événements tout noirs ou tout blancs. Ici, Chacma s'y entend assez bien, sans polémique, mais avec l'assurance de l'auteur qui a bien travaillé son sujet (le cahier historique en fin d'album le prouve). En mettant en scène des soldats américains avinés et prompts au viol et au meurtre, ainsi qu'un Obersturmführer SS étonnamment sympathique, l'auteur ne cherche pas à renverser la vision historique traditionnelle, mais à nuancer les images d'Epinal qu'on a souvent sur cette époque. Non, tous les Américains n'étaient pas des sauveurs, et non, tous les Allemands n'étaient pas des racistes antisémites convaincus. C'est assez évident, mais à une époque fort encline aux raccourcis idéologiques, on apprécie toujours l'effort de nuance. Mais tout l'intérêt de cette bande dessinée ne repose pas sur la représentation nuancée de certains archétypes historiques. Chacma prend aussi le temps de construire une solide intrigue policière. Si, parfois, on pourra trouver certaines ficelles un peu grosses, j'ai, pour ma part, beaucoup apprécié le récit et ses méandres, jusqu'à une fausse piste franchement bien menée, qui ajoute une belle profondeur à certains personnages. Dans l'ensemble, si le twist final ne surprend pas forcément complètement (encore que l'effet de surprise y est bien ménagé), il touche au plus profond du cœur, preuve que l'auteur a savamment construit l'ensemble des personnages, principaux ou secondaires. Enfin, le dessin de Holgado est efficace, rigoureux et réaliste, créant une belle ambiance, sombre mais pas excessivement glauque. Et il ne serait rien sans la magnifique colorisation de Léa Chrétien qui donne à cet album une identité graphique et visuelle fort appréciable. Bref, une excellente surprise à mes yeux, tant sur le plan historique que sur le plan graphique et narratif, qui permet de faire de cette bande dessinée, non pas un chef-d'œuvre, mais un one-shot très solide, qui se lit avec un intérêt constant, non dénué d'un dégoût prononcé pour les horreurs qu'il a le mérite de mettre en lumière.
Loire
Mes dernières lectures de Davodeau furent décevantes et cette série me réconcilie avec son œuvre. J'ai toujours été riverain d'un grand fleuve (Seine, Loire, Meuse ou Danube), les réflexions et les contemplations de Louis sur les bords d'une Loire faussement apprivoisée ne peuvent que résonner fortement dans mon vécu. J'ai trouvé l'idée de départ de l'auteur très originale. Cette idée directrice de présence/absence tout au long du récit qui permet à Louis d'évacuer le superficiel pour (re)découvrir l'essentiel de la vie. J'ai senti dans la narration une grande maturité de l'auteur qui comme Louis ne s'encombre pas de ses vieux oripeaux pour plonger dans un bain d'une humanité qui fait corps avec son environnement. Le parcours de Louis pendant ces quelques jours résume notre parcours entre vie et mort dans une communion non triste avec l'univers où il vit. Sans abandonner son passé (il y a une allusion à la ZAC de ND des Landes) Louis découvre une perception qui le mène au-delà de son matérialisme positif. Par moment j'ai eu l'impression de me retrouver chez Derib avec une initiation chamanique de Sioux. Davodeau a su créer des personnalités très attachantes autour d'une absence. Mais c'est une fausse absence qui est vide seulement si on ne prend pas le temps d'écouter ce silence comme nous y invite le fleuve. Les dialogues sont rares mais très judicieux. L'auteur ouvre des portes sur l'écologie mais sans culpabiliser. J'ai trouvé cette proposition très intelligente et bien plus constructive qu'un discours de combat très stigmatisant mais bien limité. La grande richesse de la série tient dans le formidable graphisme de ces bords de Loire où faune, flore, ouvrages d'art et habitants sont en parfait équilibre harmonique. C'est très contemplatif et d'une beauté saisissante. Une très belle lecture de paix dans ce monde si bruyant.
Knock out !
J'aime bien les biographies de sportifs. Je trouve que la BD est un médium qui convient particulièrement bien à ce type de récit. Comme d'autres de mes lectures (Panama al Brown ou Marathon) la série de Reinhard Kleist m'a permis de découvrir un homme qui fut au sommet de son sport avec une personnalité riche d'autres potentialité. Dans un esprit du temps assez hostile, ces champions ont su vivre leurs aspirations profondes au risque de leur notoriété voire de leur sécurité. Kleist propose un récit finement équilibré du boxeur Emile Griffith, multi champion du monde, Noir, Homosexuel et styliste de mode féminine. Un melting pot qui le mettrait au pinacle aujourd'hui dans un équilibre masculin/féminin très poussé dans les deux genres. Il y a 50 ans dans un milieu aussi viril, cette réalité pouvait choquer voire détruire. Reinhard ne tombe pas dans la facilité victimaire. Au contraire il montre que beaucoup l'ont soutenu toute sa vie (sa mère, son entraineur, son patron). De même le racisme ou la politique sont peu présents dans l'univers du Griffith de la série. C'est en vivant sa vie de façon authentique voire naïve que Griffith reste un modèle pour abattre les préjugés. La narration est fluide et bien soutenue par un graphisme très "masculin". Le trait de Reinhard ne fait pas dans les rondeurs mais ses lignes brisées dégagent une forte puissance qui resonne avec les combats extérieurs et intérieurs menés par le champion/homme. Une belle lecture à la fois récréative et porteuse de sens. 3.5
Ostende
Le choc, c'est que c'était sans préambule. - Ce tome contient une histoire peut-être complète, même si le titre entier annonce qu'il s'agit du volume 1 d'une série appelée Derrière. La première édition date de 2021. Il a été réalisé par Dominique Goblet pour les images, et par elle et Guy Marc Hinant pour les textes. Il contient quatre-vingts pages peintes, en couleurs. Sa lecture peut en être complétée par celle de Ostende carnets (2022), le témoignage d'une œuvre en gestation, des croquis et des études, d'autres recherches graphiques qui peuvent être interprétées comme la clé de lecture et le révélateur de ce tome. Sous un ciel gris, les vagues viennent perdre doucement leur énergie sur la grande plage de sable brun cannelle, en l'absence de tout être humain. de l'autre côté, la route longe la dune, avec ses candélabres très rapprochés. Une lueur commence à poindre à l'horizon à l'horizontal au-dessus de la mer. Celle-ci a conservé sa couleur grisâtre, le reflux laisse une petite mare qui va en diminuant. Il y a peut-être une trace pas sur la plage, ou peut-être n'est-ce qu'une simple dépression. C'est la nuit : l'eau de la mer a pris une teinte grisée, presque bleue, parcourue par de grandes bandes irrégulières tellement sombres qu'elles en sont noires, la vue étant en partie bloquée sur la droite par un triangle vert foncé. le jour s'est levé. La masse nuageuse laisse percevoir un lambeau de ciel bleu au-dessus de la mer. Celle-ci a pris une teinte vert un peu plus claire, du vert sauge. Elle moutonne moins. le sable a pris une teinte brun terracotta. Au premier plan, se trouve un morceau de la digue avec une rambarde. Une personne nue est assise sur une souche d'arbre. Au premier plan, trois tulipes semblent flotter au vent, projetant leur ombre, complétée par les tiges et le feuilles sur le sol, l'individu étant une bonne dizaine de mètres en arrière de cette ombre. À côté, une autre vue de la mer sous un ciel sombre entre gris et verre, barrée d'une bande noire, juste en dessous du milieu. Page suivante : une autre vue de la mer sous le même ciel plombé vert-gris, les vagues ayant presque disparu, le flux venant créer une petite mare ronde devant la ligne des vagues, la vue étant pour une petite partie bloquée en haut à droite et en base de l'image avec des figures géométriques. Dans la vue suivante, la mer semble s'être retirée au loin, avec une ligne de nuages en hauteur, toujours dans des teintes brunes. Dans une vue grise totalement bloquée, des rires retentissent. Une femme est allongée sur le dos, les jambes écartées, son sexe rasé en premier plan, dans une perspective qui masque sa tête. La mer se retire lentement, laissant des traces humides sur la plage. Dans la campagne des Flandres, à l'intérieur des terres, il est possible de distinguer trois bâtiments d'un corps de ferme, avec un arbre en premier plan, dans une ambiance vert de chrome. Une vue de la campagne, avec une pièce d'eau en premier plan dans laquelle se reflète deux arbres dénudés, avec derrière une grande étendue herbeuse, un bosquet d'arbustes feuillus, et au loin une ligne d'arbres dénudés. Quel objet étrange : au départ, le lecteur se dit qu'il s'est trompé et qu'il s'agit d'un recueil de marines et qu'il n'y a pas d'histoire. Arrivé à la sixième planche, il découvre qu'elle contient deux peintures différentes accolées, sans séparation de type gouttière, et que le personnage prononce : hahaha dans un phylactère. La neuvième planche contient quatre images différentes, également accolées sans gouttière de séparation d'aucune sorte, la première contenant trois phylactères comme suspendus dans l'air, sans personnage, avec le même hahaha, sauf la première qui contient hahahaha. Ces quatre images peuvent être assimilées à des cases, mais sans lien logique entre elle, sans causalité, sans unité de lieu, sans thème unificateur. La treizième page est également composée d'une toile marine, avec le buste nu d'une femme représenté trois fois, détouré à l'encre, dans des positions différentes, sans la tête, en surimpression sur la zone du ciel. Au-dessus court un texte évoquant une femme arrivant toujours nue, éclairée par la lumière des phares des voitures, entourée d'hommes habillés allant de la voiture au bunker. Seul lien potentiel avec l'image, cette femme nue qui correspond aux trois bustes, et la possibilité que le bunker se situe sur la plage. le lecteur en vient à se demander si cet ouvrage ne s'apparente pas à Une semaine de bonté (1934) de Max Ernst (1891-1976), une suite de peintures donnant la sensation qu'elles racontent quelque chose, mais sans que le fil conducteur ne soit explicité. Alors le lecteur se met recenser ce qu'il a sous les yeux : vingt-neuf peintures marines, présentées en pleine page. Il comprend qu'il s'agit de vues de la plage et de la mer du Nord à Ostende. Il est frappé par l'absence d'êtres humains à part sur trois ou quatre, et par les couleurs. Soit il le remarque par lui-même, soit il l'a lu dans une interview : l'artiste s'est fixé comme défi de dépeindre l'eau sans utiliser la couleur bleu sous quelque nuance que ce soit, et elle s'y tient. Il plane cette sensation de grisaille, même en plein jour avec une bonne luminosité. En fonction des vues, elle consacre plus ou moins de hauteur de page à chacun des trois éléments sable, mer, ciel. Bien souvent l'eau n'occupe qu'un cinquième de la page, le sable et l'air se partageant le reste à part égale. du fait du format paysage de l'ouvrage, le lecteur apprécie ces panoramas. S'il a arpenté les plages de ces côtes, il en ressent l'ambiance assez particulière. Il admire la capacité de la peintre à restituer l'impression de sable humide, l'écume des vagues, le calme de cette eau sombre au loin, les vaguelettes qui lèchent le sable, l'impression incroyable de l'eau qui se retire avec le reflux, parfois un léger vol d'oiseaux au loin, la quasi-transparence et l'humidité d'une fine pellicule d'eau qui recouvre un brise-lame pavé, la luminosité voilée et changeante. Bon, il s'agit donc d'une sorte de rêverie en bord de mer du Nord, lors d'un séjour dans la ville d'Ostende, avec une histoire de femme qui se promène nue. En planche deux se trouve donc une vue de la route qui longe les dunes, à proximité de la plage. En planche neuf une des quatre cases contient l'image d'une ferme. La planche dix est une vue de la campagne flamande. Planche suivante une autre vue d'une caste étendue d'herbe de cette campagne. Encore quelques autres dans les planches seize et dix-sept. En planche vingt-six, ce sont des vaches en train d'y paître. En planche 29, l'artiste a représenté le corps de ferme dont la façade est recouverte de bâches en plastique transparentes. Plus loin encore, le lecteur contemple des buissons taillés en demi-sphère dans un immense parc à la française. Il tourne la page, et découvre le même paysage mais sous une autre lumière, avec une vache à côté d'un des buissons. En planche six, il est pris par surprise par ces fleurs semblant flotter dans le vent, et en planche quatorze, il voit deux cases. Dans la première, les fesses d'une femme en train de baisser sa culotte, dans la seconde des formes allongées abstraites en noir & blanc. La page suivante est également constituée de deux cases côte à côte, celle droite étant peinte en noir, et celui-ci semble avoir bavé sur le gris de la case à gauche qui figure peut-être la plage. Dans le dernier quart de l'ouvrage, des formes d'abord géométriques puis abstraites viennent se superposer aux marines. En lisant le texte de la planche treize, le lecteur se dit qu'il doit être question d'une femme qui se promène nue sur la plage, et il suppose que cela peut être le fil directeur ou le lien entre différentes séquences, mais peut-être pas toutes. En effet si elle se tient sur la plage, que viennent faire les vues de la campagne des Flandres ? Quoi qu'il en soit, il se trouve incapable de neutraliser son cerveau qui cherche à tout prix à établir des liens logiques, une histoire, un schéma à cette suite de planches. Et puis l'artiste elle-même fait coexister plusieurs dessins sur une même page, comme des cases juxtaposées. À l'évidence, cette lecture génère des ressentis, pas forcément des émotions, plus des états d'esprit. Prise pour elle-même, il n'est pas possible de lui donner un sens. Elle reste à l'état de collage, comme si l'esprit de l'artiste était dans une sorte de fugue et se laissait guider par des associations d'idées inconscientes. Cela peut générer une frustration significative chez un lecteur cartésien, prenant l'ampleur d'une vexation insupportable s'il s'attendait à lire une histoire, promesse implicite dans la notion de bande dessinée. Mais pourquoi une majorette ? La curiosité du lecteur peut également être attisée par cette œuvre impénétrable qui ne fait pas sens, et se lancer dans la découverte des carnets parus quelques semaines après, ou, un peu échaudé, se rabattre sur les interviews données par l'autrice, en particulier celle de quarante-trois minutes, dans l'émission Par les temps qui courent, sur France Culture. Il découvre alors que Dominique Goblet a réalisé ces peintures pendant la première période de confinement de la pandémie de COVID-19 en 2020, lors de promenades solitaires sur la plage, mais aussi à l'intérieur des terres, ce qui explique à la fois l'absence de personnes, et les deux localisations. Elle y explique qu'elle a bel et bien composé cet ouvrage : les peintures ne sont pas présentées dans leur ordre d'exécution. Elle évoque l'origine de l'idée de trois femmes nues, et elle explicite le sens de la majorette. le texte de présentation de l'émission explique que le carnet de croquis préparatoires permet de découvrir la source de certains éléments transformés. Il confirme qu'il y a bien une narration, en qualifiant l'ouvrage de roman graphique. le lecteur se souvient alors des premiers mots de l'ouvrage : le choc, c'est que c'était sans préambule. Ce n'est rien de le dire ! Une fois renseignements pris, il saisit mieux la logique interne de cette succession de vues, le comportement sortant de la norme d'Irène, une femme de soixante ans, la sensation diffuse de tension et de frustration jamais nommées. Il comprend la démarche de la créatrice, ayant éprouvé la nécessité de sortir d'une modalité narrative traditionnelle, pour pouvoir exprimer la sidération de ce confinement, l'irréalité de cette solitude dans ce milieu naturel, la beauté particulière des lieux, la remontée et l'affleurement de souvenirs profondément enfouis et insciemment déterminant dans sa trajectoire de vie. L'autrice fait errer son lecteur dans des vues inhabitées de la plage d'Ostende, et de la campagne flamande, avec des peintures exprimant le caractère de ces lieux et de ses ambiances lumineuses. Il apprécie les balades, tout en cherchant désespérément à trouver un sens à ces suites de vues, à l'évocation d'une femme se déshabillant, d'une femme nue prénommée Irène, de vaches, de formes géométriques incongrues. Il peut s'agacer du fait que tout aussi agréables que soient ces visions d'Ostende, ce seul ouvrage n'est pas auto-suffisant pour former un récit ou un roman graphique. le plaisir de cette lecture singulière se trouve consolidé s'il se laisse aller à sa curiosité et qu'il compulse une interview de l'artiste évoquant son processus créatif, et précisant son intention.
Largo Winch
J'ai été vraiment pris par l'histoire de Largo Winch. C'est un orphelin yougoslave qui devient milliardaire du jour au lendemain. Les rebondissements sont nombreux et chaque tome apporte son lot de surprises. Les personnages secondaires ajoutent une belle profondeur à l'histoire. Simon, Freddy, Cochrane... ils rendent l'aventure plus vivante et plus humaine. Le trait de Philippe Francq est détaillé et les couleurs sont vives. Cela donne beaucoup de dynamisme aux planches et rend la lecture agréable. Même si le monde de la finance peut sembler complexe, la série rend ces concepts accessibles. J'ai appris des choses sur les holdings et les OPA, ce qui est un plus inattendu. En lisant cette BD, j'ai ressenti une grande admiration pour la façon dont l'histoire est racontée. C'est une série qui ne prend pas la tête et qui assure un bon moment de détente. Je me suis attaché à Largo et à son univers, malgré quelques clichés. C'est une lecture que je recommande pour ceux qui aiment les histoires d'aventure avec une touche d'humour et d'action.
Western
Cette BD est un western fascinant qui m'a transporté dans le Wyoming des années 1850. L'histoire de l'enlèvement du jeune Eddie par les Sioux Lakotas et la quête de son oncle pour le retrouver m'a tenu en haleine. Les rebondissements sont nombreux et la tension monte crescendo jusqu'à une conclusion inattendue. Les personnages sont dessinés avec soin et leur évolution est intéressante à suivre. Leur complexité ajoute de la profondeur à l'histoire et rend la lecture d'autant plus immersive. Les illustrations aux couleurs sépia renforcent l'atmosphère du Far West et donnent l'impression de feuilleter un vieil album photo. C'est un choix artistique qui sert parfaitement le récit. La dureté de la vie à cette époque et les thèmes abordés, comme la vengeance et le destin, m'ont vraiment touché. La fin, à la fois cruelle et logique, laisse une impression durable. Cette bande dessinée est une réussite qui mérite amplement la note maximale. Elle m'a fait vivre une aventure intense et mémorable, que je recommande sans hésiter à tous les amateurs de westerns et de belles histoires.
S.O.S. Bonheur
En lisant cette BD, j'ai été frappé par la manière dont elle dépeint une société où tout est contrôlé. Cela m'a fait réfléchir sur l'importance de la liberté individuelle et sur les dangers d'un État trop intrusif. Chaque récit court m'a poussé à questionner notre monde et les directions qu'il prend. J'ai trouvé ces histoires à la fois troublantes et révélatrices, elles m'ont vraiment fait réfléchir. Le style graphique, avec ses couleurs froides et ses traits précis, renforce l'atmosphère de la BD. Il n'est pas là pour séduire, mais pour appuyer le propos sérieux et parfois glaçant des récits. La conclusion de la BD, où tous les personnages se retrouvent, m'a semblé intelligente. Elle donne du sens à l'ensemble et termine l'histoire d'une manière qui laisse une impression durable. Bref, cette lecture a été une expérience marquante pour moi. Elle m'a permis de voir les choses sous un autre angle et de me poser des questions essentielles sur la société dans laquelle nous vivons.
XIII
La bande dessinée XIII est une expérience incroyable qui m'a totalement absorbé. Dès les premières pages, je me suis senti proche de XIII, l'amnésique au tatouage mystérieux, et j'ai été entraîné dans une aventure pleine de suspense et d'action. Les dessins sont magnifiques, avec des détails qui donnent vie à chaque scène. Les personnages sont si bien développés qu'ils semblent réels, et j'ai particulièrement aimé les figures féminines fortes et indépendantes. Ce qui m'a le plus marqué, c'est la façon dont l'histoire se déroule, avec des rebondissements inattendus qui m'ont tenu en haleine. Chaque tome apporte son lot de surprises et j'ai adoré suivre XIII dans sa quête d'identité. Cette série mérite amplement ses 5 étoiles pour son intrigue palpitante et son illustration exceptionnelle. Merci à Van Hamme et Vance pour cette belle histoire !
Thorgal
La série Thorgal m'a vraiment impressionné par son mélange unique de genres, combinant habilement des éléments de science-fiction avec la mythologie nordique et les aventures vikings. Le personnage principal, Thorgal, est attachant et ses quêtes sont à la fois épiques et personnelles, ce qui rend la lecture très agréable. Les personnages sont bien développés, en particulier Thorgal et Aaricia, dont la relation est touchante et centrale à l'histoire. L'intrigue est complexe et bien construite, avec des rebondissements qui maintiennent l'intérêt tout au long des tomes. Le travail artistique est superbe, avec une évolution notable du style de dessin qui s'améliore au fil des albums. J'ai été ému par les thèmes abordés, tels que l'identité, la famille et le destin, qui donnent une réelle profondeur à l'histoire. Thorgal est donc une série que je recommande vivement pour son originalité et sa capacité à transporter le lecteur dans un univers riche et fascinant. Je ne donne pas la note maximale car, bien que la série soit globalement excellente, certains tomes m'ont semblé moins prenants que d'autres. Néanmoins, c'est une expérience de lecture que j'ai beaucoup appréciée.
Le Grand Pouvoir du Chninkel
Cette bande dessinée m'a profondément marqué. Dès les premières pages, j'ai été transporté dans le monde de Daar, un univers médiéval fantastique où s'affrontent trois immortels et où les esclaves Chninkels sont malheureusement les premières victimes. Le récit de J'ON, ce Chninkel élu malgré lui pour une quête épique, m'a touché par sa justesse et son humanité. La narration est fluide et riche en rebondissements, mêlant habilement action, philosophie, et humour. Les illustrations de Rosinski sont un véritable régal pour les yeux, chaque case regorgeant de détails qui donnent vie à cet univers captivant. La version noir et blanc que j'ai lue ajoute une intensité dramatique et une beauté saisissante à l'histoire. Ce qui m'a le plus ému, c'est la façon dont l'histoire aborde des thèmes universels comme la liberté, la paix, et la quête de sens dans la vie, tout en restant accessible et divertissante. J'ai ri, j'ai été surpris, et j'ai même réfléchi sur ma propre existence à travers les aventures de J'ON. En bref, c'est une expérience de lecture inoubliable qui mérite amplement la note maximale. C'est une BD que je recommande chaleureusement à tous, que vous soyez un amateur de fantasy ou simplement à la recherche d'une histoire bien racontée et magnifiquement illustrée.