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Par Cacal69
Note: 4/5
Couverture de la série Bertille & Lassiter
Bertille & Lassiter

Quel plaisir de retrouver les Bertille (Bertille & Bertille), ils ont pris quarante ans de plus, nous sommes dans les années soixante, ils sont dans un train en gare de Montparnasse en partance pour la Bretagne. Ils rentrent chez eux après leur voyage de noce. Hé oui, l'inspecteur de police à la retraite s'est enfin décidé d'épouser sa joviale aristocrate. Ils vont faire la rencontre du jeune Lassiter, personnage que je découvre, n'ayant pas lu 13h17 dans la vie de Jonathan Lassiter, un personnage un peu plus lisse. Le début d'une aventure qui commence en mode polar pour se terminer en mode fantastique avec cette boule rouge qui était le point de départ de Bertille & Bertille. Vous ne connaissez pas les deux albums sus nommés ? Pas d'importance, cet opus peut se lire indépendamment. J'ai retrouvé cet humour qui m'avait plu dans Bertille & Bertille au travers la relation singulière qui unit nos deux tourtereaux. Un scénario qui met l'action et les interactions de nos protagonistes sur le devant de la scène, Stalner ne laisse aucun temps mort. C'est par moment un peu tiré par les cheveux mais cela n'a nullement gêné ma lecture. Mais pour apprécier cette lecture, il ne faut pas être allergique au fantastique. Enfin, est-ce qu'on va en apprendre un peu plus sur cette mystérieuse boule rouge ? Oui. Est-ce qu'elle délivrera tous ses secrets ? Non. Peut-être être dans un futur album. Éric Stalner réalise un magnifique travail, les décors sous la neige sont superbes, les personnages sont croqués avec soin et sont très expressifs, j'ai adoré les échanges de regards entre nos jeunes/vieux mariés. Une bichromie où juste le rouge fera des apparitions autour de notre aristocrate et pour cette fameuse boule. Très beau. Un album sans prétention avec ce goût des polars des années 50/60, une agréable lecture qui mérite ses 4 étoiles.

26/06/2024 (modifier)
Par Présence
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Ils sont partout
Ils sont partout

Tu dois lutter tous les jours contre Twitter en gros, c'est ça ? - Il s'agit d'un récit complet, indépendant de tout autre, dont la première édition date de 2022. Il a été écrit par Valérie Igounet & Jacky Schwartzmann, dessiné par Lara & Morgan Navarro, avec une mise en couleur réalisée par Christian Lerolle. Il s'agit d'une bande dessinée en couleurs qui compte quatre-vingt-seize planches. Il commence par une définition du mot Complotisme, suivi par un avant-propos rédigé par les auteurs sur des statistiques relatives à l'acceptation de certaines théories du complot par la population française, par exemple sur la collusion entre le gouvernement et l'industrie pharmaceutique pour cacher la nocivité des vaccins, et concluant que le complotisme tue vraiment. Il se termine avec un glossaire comprenant la notice biographique de treize principaux acteurs de la complosphère, et l'énoncé de neuf principales thèses complotistes. Dans une grande forêt en montagne du Jura, un groupe d'une demi-douzaine d'individus en tenue paramilitaire avec des arbalètes progresse dans la neige. le meneur fait signe de s'arrêter au groupe. Ils se couchent à plat ventre dans la neige et s'exercent au tir sur un épouvantail affublé d'une chemise rayé, avec une étoile jaune au niveau du cœur. Dans la salle de rédaction du magazine Actuelle à Paris, le rédacteur-en-chef demande à ses journalistes ce qu'ils ont pensé du défilé Saint Laurent. Ce n'est pas l'enthousiasme. Rose finit par exprimer son jugement : franchement, c'était sooo 2016. Tout le monde rigole au bon mot. Rose sort du boulot, prend le métro, rentre chez elle, finit sa valise et se rend à la gare Montparnasse. Elle descend à la gare de Rennes où son frère Adrien l'attend. Elle le charrie sur sa tenue vestimentaire, un peu trop druide à son goût. Le repas se déroule en famille dans le pavillon des parents de Rose et Adrien. Elle lui fait remarquer qu'il n'a pas l'air bien. Sa mère répond à la place de son frère : Adrien passe ses journées dans sa chambre, sur internet, il a arrêté la fac. Il soupire et explique qu'il est un réveillé, un lucide, et que ce n'est pas en filière sciences et techniques des activités physiques et sportives qu'il a appris ça. Sa mère estime que c'est du complotisme, ce à quoi il répond qu'il y a des groupes d'intérêts à l’œuvre et qu'il les débusque. Après le repas la mère et ses enfants regardent des vidéos sur YouTube. Dans la première, Thierry Saint Gall énonce des méthodes pour se protéger et survivre au coronavirus : le jeûne, les bains froids et le jus de carotte. Rose ironise en demandant s'il a déjà entendu parler des vaccins. Puis il regarde une autre vidéo où le docteur Tal Caliente affirme que l'urine est le premier médicament sur Terre pour soigner les êtres humains. C'est de l'énergie vivante, c'est du sang filtré et le sang vibre sur une longueur d'onde très énergétique. Il préconise de boire de l'urine ou d'en mettre sur sa peau, et il affirme avoir déjà vu des malades du sida, grabataires qui, après avoir bu leur urine pendant quelques jours, faisaient de la course à pied. Écrire un ouvrage sur le complotisme se heurte à une difficulté intrinsèque assez redoutable : il ne faut pas donner l'impression que le discours devient lui-même un pamphlet contre une forme de complot, contre des gens qui seraient partout et nulle part à la fois à propager des idées délirantes remettant en cause l'ordre mondial, ritournelle s'apparentant elle-même à une théorie du complot. Les auteurs ont choisi la fiction, vécue à hauteur d'individu, avec un dessin semi-réaliste, tout public. L'histoire est très simple : une jeune femme bien installée dans la vie, travaillant comme éditrice ou journaliste dans un magazine féminin, doit retrouver son frère qui a décidé de s'engager dans une groupe survivaliste, préparant un coup d'éclat. Elle bénéficie de l'aide de Michel, maquettiste d'une cinquantaine d'années, ancien grand reporter spécialisé dans l'extrême droite, sans femme ni enfant, ayant dû lever le pied à la suite d'un AVC. L'artiste recourt souvent aux plan taille et aux gros plans pour les discussions et les interviews. le coloriste reste dans un registre naturaliste. La tonalité de l'intrigue ne s'inscrit pas dans le drame intimiste, ou le mélodrame : le lecteur reste à une certaine distance des personnages. Pas de développement psychologique pénétrant sur le basculement d'Adrien, sur les angoisses de ses parents, ou sur les indignations de sa sœur. Dans le même temps, sous des dehors simples, la narration visuelle comprend de nombreux éléments d'information de nature diverse. En reparcourant les pages, le lecteur prend conscience qu'il a pas mal voyagé : les montagnes enneigées du Jura, les bureaux parisiens du magazine Actuelle, le pavillon des parents de Rose et d'Adrien, plusieurs déplacements en train, un voyage en car, la grande fête en plein air de l'Insigne Doré avec tous ses stands et son podium, un café bien parisien, le pavillon de Robert Faurisson (1929-2018), les forêts sans neige du Jura, la cage d'escalier de l'immeuble de Rose, etc. À chaque fois, le dessinateur réalise des dessins très faciles à lire, contenant pour autant une bonne densité d'informations visuelles. Les personnages disposent tous d'un physique et d'un visage différents, les rendant immédiatement identifiables. Les accessoires sont rendus avec une approche globale, plutôt que dans le menu détail, ce qui n'empêche pas de reconnaître une arbalète au premier coup d'oeil. La mise en couleurs semble évidente, tout en faisant parfaitement son travail : ambiance lumineuse, augmentation de lisibilité et de la différenciation entre les différents éléments détourés de chaque case. Finalement, l'artiste sait également reproduire l'impression globale d'un individu connu même si son nom a été changé pour couper court à toute tentative de procès. Ainsi en page 78, le lecteur reconnaît tout de suite le modèle de monsieur Brieuc, même si son prénom n'est donné qu'une fois l'entretien terminé, puis celui de sa fille : Jean-Marie et Marine. S'il l'ignore, le lecteur découvre dans la biographie très succincte que l'autrice est historienne de formation, spécialiste de l'extrême droite et du négationnisme. S'il a été sensible à ces sujets dans l'actualité, il identifie sans peine une partie des personnages : Jean-Marie le Pen, Dieudonné M'Bala M'Bala, Alain Soral. Les références à Thierry Casasnovas, Thierry Meyssan, Pierro San Giorgio et Christian Schaller sont plus pointues, mais elles sont transparentes, et le lecteur les identifie aisément lorsqu'il parcourt les notices biographiques des principaux acteurs de la complosphère en fin d'ouvrage. En outre, Robert Faurisson est nommé explicitement quand Michel relate l'interview qu'il a mené avec lui, à laquelle sont consacrées trois pages. le lecteur ne doute pas un seul instant de l'exactitude des propos rapporté. Il en va de même lors de l'entretien accordé par Jean-Marie Brieuc / le Pen. Bien sûr, le lecteur sourit en écoutant les élucubrations d'un des exposants à la grande fête de l'Insigne Doré : un platiste. Il explique que c'est simple comme bonjour, que la Terre est un disque et qu'autour de ce disque il y a un immense mur de glace. La preuve : l'horizon est plat et tout droit. À un monsieur qui lui fait remarquer que dans ce cas-là, s'il marche toujours droit, il va se taper le nez contre le mur de glace, il répond qu'on n'est pas dans le Truman Show, et que la réponse est simple : c'est l'effet Pac-Man. Comme dans le jeu, quand on arrive au bord de l'écran, on réapparaît de l'autre côté. À lire, cela ressemble à un délire d'enfant, sauf qu'il existe des platistes dans le vrai monde. En fin d'ouvrage, les auteurs citent plusieurs théories du complot : les traînées de condensation des avions (chemtrails), le grand remplacement, le négationnisme, le Nouvel Ordre mondial, le Pizzagate, le platisme, le mouvement QAnon, le survivalisme, la théorie complotiste du 11 septembre. Certaines sont plus délirantes que d'autres : Hilary Clinton impliquée dans un réseau pédocriminel dont la plaque tournante serait une pizzeria de Washington, une élite mondiale pédo-sataniste conspirerait contre le peuple selon le mouvement QAnon. Mais en court de récit, Michel évoque plusieurs cas où la propagation et la diffusion de ces théories ont poussé des individus à passer à l'acte, à tuer des personnes qu'ils tenaient pour responsable. Si la théorie de la Terre plate a du mal à passer, il est moins facile de rejeter la posture d'Adrien qui dit vouloir débusquer des groupes d'intérêt à l’œuvre, car le lobbying n'est pas une idée fumeuse. Certes le vaccin contre le COVID ne sert vraisemblablement pas à injecter des nanoparticules contrôlées à distance par la 5G, mais les grands groupes pharmaceutiques ont profité financièrement de la création et de la vente de vaccins. Parmi les théories du complot évoquées, il est possible que l'une d'elles retienne l'attention du lecteur, comme moins idiote, comme digne d'intérêt, au moins de se poser la question. Il peut être tenté de se lancer dans un questionnement, peut-être jusqu'à une méthode hyper critique, sans pour autant aller jusqu'à la méthode Ajax (du nom du produit ménager) prônée par Faurisson. Il peut s'interroger sur la frontière entre démarche scientifique, et démarche pseudo scientifique, démystification et mystification. Ce doute peut l'amener à s'interroger également sur la nature de la connaissance, sur les théories de la connaissance. D'un côté, les théories du complot peuvent être vues comme un fait de société et de culture, et analysées avec ce point de vue. de l'autre côté, la manipulation de l'information est une réalité et il est sain de remettre en cause les faits assénés, les conclusions trop belles pour être vraies. S'ils ne présentent pas ces questionnements de manière explicites, les auteurs évoquent la recherche de sens, la pulsion humaine d'identifier des schémas, l'appétit pour les révélations et le sensationnel, mais aussi l'illusion de solutions simples à des problématiques complexes, le fantasme de la solution magique. Les auteurs ont réalisé une fiction facile d'accès et facile à suivre sur une jeune femme découvrant le monde du complotisme, et des individus qui en font le commerce. le lecteur avance rapidement dans l'ouvrage, souriant aux théories fumeuses, satisfait de sa perspicacité quand il identifie une personnalité connue. En cours de route, il se dit que les auteurs auraient pu se montrer plus ambitieux sur les mécanismes psychologiques et sociaux favorisant ses théories et leur accueil favorable par une partie non négligeable de la population. Puis il se met à douter lui-même, pas forcément pour adhérer au Grand Remplacement, mais sur les mécanismes d'apprentissage de la connaissance, sur la façon dont lui-même tient certaines choses pour évidentes et ne pouvant pas être remises en question. Il ne développe pas sa propre théorie du complot, mais se met à réfléchir sur l'assimilation de la connaissance humaine, et sa liberté de douter.

26/06/2024 (modifier)
Couverture de la série Le Testament du Capitaine Crown
Le Testament du Capitaine Crown

Les histoires de pirates sont nombreuses, et il est difficile de tirer son épingle du jeu, de faire preuve d’originalité pour surprendre ou, a minima, captiver le lecteur. Eh bien je trouve que ce diptyque réussit pleinement à le faire. J’ai vraiment bien aimé cette lecture. Certes, on y retrouve des pirates, des abordages, la haine des autorités. Mais l’intrigue est essentiellement ailleurs, dans cette recherche d’un trésor, héritage « familial » que souhaitent se partager – ou que se disputent – une fratrie assez particulière, et très peu portée sur le sentimental. C’est de l’aventure rythmée, avec des dialogues bien fichus, des rebondissements qui régulièrement dynamisent l’histoire. Les protagonistes principaux sont quasiment tous de beaux enfoirés, au point que les pirates paraissent presque les gentils dans l’histoire ! L’intrigue est très bien menée, conclue sans rallonge inutile. Elle n’abuse pas non plus d’artifices pénibles (fantastique, jungle avec moult dangers, peuplades infernales), c’est simplement du boulot bien fait, une lecture très recommandable.

26/06/2024 (modifier)
Couverture de la série Benalla et moi
Benalla et moi

Une enquête limpide, qui s’appuie sur les travaux de journalistes du Monde surtout, et de Médiapart et du Canard enchaîné. La lecture est fluide, et rappelle clairement cette affaire qui avait fait la une de l’actualité, avant de disparaitre. Une affaire qui est représentative de personnes – Macron en tête – déconnectés de la réalité, uniquement mus par la soif de pouvoir et l’enrichissement qui peut aller avec. Finalement Benalla n’est pas en prison, et les turpitudes de la Macronie naissante ont été « oubliées » (d’autant plus que les communicants – en tête Mimi Marchand, intime des Macron toujours à la baguette pour les coups de com’ – œuvrent en permanence pour développer éléments de langages et story-telling repris servilement par la majorité de la presse). Si les événements sont bien éclairés et remis dans leur contexte, on reste estomaqués par le peu de conséquences – pénales et politiques – de ce genre d’affaires, qui montrent en tout cas que le « monde d’avant » a juste changé de nom pour se survivre. Pas le plus grand scandale de ces dernières années, mais une accumulation de choses écœurantes qui, à n’en pas douter, ne sont pas étrangères au fait que beaucoup se détournent des politiques via l’abstention, ou se jettent dans les bras de tous ceux qui cyniquement utilisent ces scandales pour arriver au pouvoir – tout en agissant de la même façon. En tout cas la lecture de l’album est rapide, et peut combler quelques trous de mémoire. Ça ne grandit pas l’image du chef de l’État. Quant à Benalla, c’est un arriviste sans scrupule, symptôme d’un monde où la réussite sociale et financière est portée au pinacle.

26/06/2024 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5
Couverture de la série Ceux qui restent
Ceux qui restent

Il ne faut pas se fier aux apparences, cette BD est franchement sombre voir désespérée. Partant de cette idée originale de voir la vie des parents de ces enfants qui partent explorer un monde merveilleux et vivre des aventures palpitantes (on a de nombreuses possibilités d'histoires derrière, comme souligné dans la BD), la BD plonge rapidement dans le sérieux et le sombre. C'est une lente agonie de parents dépossédés de leur enfant, de moyens d'actions et progressivement de vie sociale. Ostracisé car suspects, sans doute meurtriers ou cachant quelque ignoble crime dans leur cave, qui sait ? La BD file son sujet, avec la police débordée, la douleur des parents mais surtout une pression sociale parce que, quand même, qui sait ce qu'ils ont fait ? C'est le fil rouge de l'histoire, l'aspect social. Avec ce complotiste qui vient débattre à la radio chaque jour, gagnant en audience au fil des disparitions, les interviews de voisins qui n'ont jamais rien vu (mais on ne sait pas vraiment, pas vrai ?) et la lente descente aux enfers du couple. C'est traité presque cliniquement, on verra chaque étape progressivement affecter ces gens sans histoires. Il y a quelques détails moins bien traités, comme l'association de parents d'enfants enlevés, dont certains membres semblent paranoïaques quand on écoute leur histoire, mais disons que ça permet d'englober tout les styles littéraires qui utilisent ce trope commun. D'autre part, je trouve que malgré la fin assez touchante qui semble tendre vers une explication, l'ensemble s'est arrêté à un "réalisme" concret : comment ça serait si ? L'histoire ne parle jamais vraiment d'autre choses, il n'y a pas de métaphore qui pourrait englober l'ensemble et extrapoler l'histoire vers autre chose. C'est le gros reproche que je ferais à la BD qui rate l'opportunité de développer son propos en plus grand. Mais pour le reste, la BD réussie son ambiance et son propos. Certaines scènes sont horriblement dures à voir, et la BD ne se prive pas de finir sur une touche aussi sombre que le reste. A peine surnagent quelques moments qui pourraient presque sembler heureux. Soyez prévenus de la teneur avant de la lire, mais je trouve qu'elle vaut le coup tout de même. Personnellement j'ai été entrainée dedans et j'ai eu du mal à la lâcher. Une belle découverte !

26/06/2024 (modifier)
Couverture de la série FullMetal Alchemist
FullMetal Alchemist

Cette série est vraiment un des derniers piliers du manga, qui plus est, dans un univers orienté occidental, ce qui est plutôt assez rare dans ce domaine. Ce qui fait de ce titre un monument du manga est, dans un premier temps, son scénario, qui a vraiment été recherché et documenté pour le rendre cohérent sur les sujets apportés ainsi que sur ses personnages. Les différents sujets qui représentent finement cette histoire sont très variés en commençant par le coté mature de l'oeuvre, par des peuples avec des religions différentes, ce qui amène à des avis politiques divergents, et par conséquent à des guerres. Puis, le coté plus innocent de l'oeuvre avec la magie de l'alchimie, l'amitié, la fraternité, la loyauté, la phylosophie, et les bonnes blagues pour adoucir le tout. Dans un second temps, le dessin sur les personnages et les environnements sont réussis. On distingue bien les différentes humeurs des personnages qu'ils dégagent, ce qui les rend très vivants et attachants ainsi que leurs évolutions physiques au fil du temps. Tout en les faisant agir dans des environnements variés, qui sont de la prairie verdoyante de leur village natal en passant par la grande ville d'Amestris et bien évidement des extrêmes comme le froid de la chaîne montagneuse des Briggs et la chaleur du désert où se situent les ruines de l'ancienne civilisation de Xerxes. Des oeuvres comme celles-ci sont très rares de nos jours à cause des censures des éditeurs japonais, où on ne retrouve que des mangas insipides qui se ressemblent tous sur le dessin avec de grossiers fans services. Ils n'ont plus d'âme contrairement aux anciennes oeuvres comme Akira, Naussica, Monster, 20th boys, Blâme et pleins d'autres. Je vous conseille de découvrir ce manga par sa version Perfect, qui est superbe avec quelques planches mises en couleurs. Ou vous orienter sur l'anime FMA Brotherhood, qui est fidèle au manga et très bien réalisé de manière général, surtout sur la fluidité et la mise en scène des combats.

25/06/2024 (modifier)
Couverture de la série Mutafukaz - Puta Madre
Mutafukaz - Puta Madre

C’est ma première incursion dans l’univers de Mutafukaz – mais cette série peut se suffire à elle-même, ne pas connaitre la série mère ne m’a pas gêné. Et c’est plutôt une bonne pioche, qui m’a donné envie d’aller plus loin et de lire Mutafukaz. C’est par Neyef que je suis arrivé là, après la lecture du très beau Hoka Hey !. Si son dessin est un peu différent ici (mais l’univers carcéral qui occupe le premier tiers est très éloigné des grands espaces de Hoka Hey ! !), je l’ai encore bien aimé. Comme j’ai apprécié la colorisation. L’histoire est violente, très crue, très dynamique aussi, c’est son point fort. Du rythme, et un personnage que l’on suit à travers ses « mues ». En effet, son aspect et son caractère évolue au fur et à mesure qu’il intègre différents groupes – en prison ou ensuite. L’intrigue est bien fichue. J’ai juste moins apprécié la dernière partie (les 20/30 dernières pages, lorsqu’il semble rencontrer la foi, et lorsqu’il devient catcheur - moins fan du dessin aussi, avec ce corps trop bodybuildé), c’est dommage, mais ça n’enlève rien au plaisir de lecture global. Note réelle 3,5/5.

25/06/2024 (modifier)
Par pol
Note: 4/5
Couverture de la série Parker Girls
Parker Girls

Parker Girls est un one shot qui reprend les personnages de la série principale Strangers in Paradise, qu'il n'est pas nécessaire d'avoir lu pour comprendre et apprécier ce spin-off. D'ailleurs le style de récit est bien différent, le roman graphique axé sur les relations humaines laisse place à un pur polar : le corps sans vie d'une des Parker Girls est retrouvé sur une plage de Malibu. Le reste de l'organisation mettra tout en oeuvre pour élucider le meurtre, retrouver le coupable et lui faire payer comme il se doit. Tout fonctionne à merveille dans ce récit. L'univers est bien trouvé, l'idée de mettre en scène une organisation du crime menée uniquement par des femmes dures à cuire est originale et amusante à la fois. Le ton est également très bon : une touche d'humour, une pointe de cynisme et quelques répliques biens senties rythment efficacement le récit. Le découpage de l'intrigue est juste comme on les aimes dans les polars : les chapitres se finnissent régulièrement par un rebondissement qui donne envie d'enchainer le chapitre suivant. Et enfin le scénario en lui-même est efficace. On se laisse porter par l'intrigue jusqu'a son dénouement, même si on est pas trop inquiet pour notre équipe, la façon dont elles mènent cette enquête est plutôt prenante. Le seul petit bémol serait peut être le nombre important de personnages féminins qu'on ne distingue pas forcément du premier coup d'oeil quand on ne les connait pas. Mais c'est pour chipoter car les 220 pages de cet album se dévorent d'une traite.

25/06/2024 (modifier)
Par Cacal69
Note: 4/5
Couverture de la série L'Homme de la loi
L'Homme de la loi

Du bon western. Un gros album de 192 pages divisé en trois chapitres, les deux premiers se déroulent dans l'ouest encore sauvage de l'État du Texas et le dernier se poursuit dans l'Est civilisé de la ville de New-York. Nous sommes au tout début du XXe siècle, en 1901, James Jennings, dit J.J., est un pied tendre qui travaille pour un cabinet d'avocat new-yorkais, il doit traiter une affaire d'héritage dans la petite ville de Fairdale au fin fond du Far West où le juge Duel fait campagne pour être élu gouverneur. Mais notre homme de la loi cache bien son jeux, c'est une fine gâchette et il fait mouche à chaque fois avec son Borchardt. Deux premiers chapitres qui restent dans les standards du genre, rien de bien innovant mais un récit captivant et bien mené. De plus, les personnages apportent un petit plus à l'intrigue, un petit groupe hétéroclite et très sympathique. La dernière partie va se concentrer sur le domaine de la bourse et de ses magouilles. Manfredi retranscrit très bien cette période Historique, la violence de l'ouest, la transition d'une société vers la modernité, le capitalisme naissant ("Je ne sais pas trop... faire de l'argent avec de l'argent... ça me paraît absurde..."), tout en pointant la condition des noirs, mais aussi celle des amérindiens Mescaleros et des mexicains. Un dessin classique dans le pur style western au trait gras, expressif et dynamique mais qui nécessite un minimum de concentration en début de lecture pour reconnaître certains des personnages, une colorisation sombre sur de nombreuses planches et des protagonistes se ressemblent (le shérif et J.J.). Une mise en scène cinématographique. Du beau travail. Un bon western.

25/06/2024 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série Métamorphes
Métamorphes

Ambre et Lucas sont lycéens dans la même classe mais tout les sépare. La première est la star de son lycée, charismatique et célèbre pour les soirées qu'elle organise dans son grand appartement, l'autre est un geek et musicien, avec le même petit groupe d'amis depuis la primaire. Mais quand tous les deux vont être aspergés par un produit mystérieux qui les transforme en monstres, ils vont devoir se soutenir mutuellement pour cacher leur secret et découvrir comment redevenir normaux. C'est une série pour ados qui se lit avec plaisir par les adultes. Elle reprend un concept assez éculé, celui des origines de pas mal de super-héros qui gagnent leurs pouvoirs en étant éclaboussé d'un produit toxique. Sauf que cette fois là, le pouvoir en question consiste pour l'une à se transformer en loup-garou et l'autre en vampire. Et on constatera plus tard que d'autres créatures fantastiques sont aussi concernées par ces métamorphoses. Très vite on s'amuse de voir ces deux jeunes subir leur transformation sans savoir la gérer. D'un côté, on a la greluche populaire qui est terrifiée à l'idée de voir des poils lui pousser partout en public et qui ne maîtrise pas ses poussées de violence instinctive. De l'autre, on a l'intello qui analyse bien davantage ce qui lui arrive et fait rapidement le rapprochement avec les pouvoirs d'un vampire, mais qui se retrouve à fuir le soleil et à écumer les boucheries pour acheter du sang à boire. Et assez rapidement, les deux sont plongés dans l'action puisque les créateurs de cette substance mystérieuse sont au courant de leur existence et n'apprécient pas qu'ils se soient appropriés les pouvoirs qu'ils réservaient à d'autres destinataires. Malgré la simplicité de son concept, j'ai trouvé cette série prenante et très agréable. Le dessin de Jonathan Aucomte fonctionne bien : dynamique, expressif et joliment colorisé. J'apprécie son sens du rythme et du découpage, ainsi que l'efficacité de ses quelques touches d'humour. Les personnages ont beau avoir l'air de gros stéréotypes au départ, ils révèlent une profondeur bien plus intéressante, que ce soit le geek et ses vieux amis avec qui ils ont monté un groupe de rock, ou l'apparente petite peste trop gâtée dont on découvre la sensibilité et le rôle social qu'elle s'est forcée à endosser. Leurs dialogues et réactions sonnent juste, réfléchis. Et l'intrigue en elle-même capte bien le lecteur, avec le classique passage de la découverte des pouvoirs, puis l'enquête, les adversaires qu'ils vont rencontrer et le mystère qui se dévoile peu à peu avec la promesse de rencontrer d'autres créatures dans leur genre. Tout ça pour dire que je me suis laissé embarquer par cette série d'action, de fantastique et de divertissement, avec une petite dose de sentiments et d'humour. Vivement la suite !

25/06/2024 (modifier)