Les derniers avis (39790 avis)

Par Steril
Note: 4/5
Couverture de la série Sandman
Sandman

Que dire face à un tel monument ! Car c'est bien d'un monument qu'il s'agit : 10 tomes de plusieurs centaines de pages chacun, ça fait un sacré volume. Un monument qui se construit petit à petit. Chaque tome, voire chaque chapitre, peut sans doute se lire séparément, mais ce n'est qu'une fois l'édifice achevé que l'on se réalise tout le génie derrière sa conception. Les premiers tomes se cherchent encore, on a parfois l'impression de lire un "comic" comme tant d'autres, mais au fil de la lecture, on s'aperçoit que c'est bien plus que ça : un véritable chef d'oeuvre (au sens compagnonesque du terme). Bien sur, aborder une oeuvre de cette dimension n'est pas chose aisée, les débuts sont parfois ardus, d'autant que le dessin des premiers tomes n'est pas toujours des plus réussis (une foule de dessinateurs, aux styles les plus divers, prennent le relais pour construire cette série... certains morceaux sont vraiment splendides - surtout dans les derniers tomes - d'autres franchement hideux, en tout cas, il y en a pour tous les goûts!). Ce qui fait la force de Sandman, c'est le talent littéraire de son scénariste (le terme auteur convient mieux, à vrai dire...). Celui-ci puise dans le notre fonds culturel, dans une foule de mythologies, pour recréer une mythologie contemporaine extrêmement cohérente, humaine et qui nous parle. Les histoires qui composent Sandman fourmillent de références (parfois bien cachées) à une foule d'éléments qui lui font dépasser de très loin le cadre de la bédé habituelle. Il suffit de consulter les annotations de chaque tome réalisées par certains fans, dans lesquelles chaque page de l'oeuvre s'accompagne des pages de commentaires et d'analyses. Au point que certains, pour apprécier pleinement l'oeuvre, auront sans doute besoin d'un guide ou d'un mode d'emploi, tel que l'excellent "Sandman Companion" également publié par l'éditeur de Sandman, que je suis actuellement en train de lire et grâce auquel je réalise que je suis passé à côté de bien plus de choses que je ne pouvais l'imaginer. Bref, Sandman, contrairement aux apparences, est loin d'être petit comique salement griffonné : c'est vraiment une oeuvre majeure dans la bibliographie d'un auteur de talent.

04/07/2005 (modifier)
Par Nijal
Note: 4/5
Couverture de la série Simon du fleuve
Simon du fleuve

Mon avis se situerait plutôt entre "pas mal" et "franchement bien", de telle sorte que mon appréciation deviendrait "bien dans l'ensemble". "Simon du fleuve" combine efficacement certaines caractéristiques du genre post-apocalyptique, tout en apportant une approche originale. Tout d'abord, cette BD est typique des années 70. De par le dessin, qui était très usité durant cette décennie: clair, réaliste, il s'était éloigné de la feu dominante ligne claire, et on entrevoyait la "modernité" actuelle. On peut le rapprocher de Derib, qui utilise sensiblement le même trait. De par le découpage aussi; là aussi on perçoit la "transition": une certaine liberté dans l'agencement des cases certes, annonciatrice du style actuel, mais qui reste très classique. A noter de même le titre qui apparaît après quelques planches, caractéristique elle aussi des années 70. Auclair situe son récit dans un décor post-apocalyptique. Certes l'on pourrait critiquer la façon dont s'est déroulée cette fin du monde (la crise pétrolière de 1973 qui a généré un désordre mondial), mais cela reste malgré tout crédible, surtout dans le contexte géopolitique actuel. Etrange aussi le paysage: comment cela se fait-il que toutes les infrastructures qui constituaient notre civilisation aient disparu en l'espace d'une génération, comme le fait judicieusement remarquer l'avis précédent? Mais pour l'auteur, cela n'a que peu d'importance, car ce n'est qu'un prétexte. Nous touchons là -si je puis dire- à "l'âme" de l'oeuvre d'Auclair. Il fait en effet évoluer un personnage (Simon donc) dans un monde désolé et sauvage où tout est à reconstruire. Cet homme, idéaliste à l'extrême, se retrouve confronté à toutes sortes de situations qui, si elles ne soumettent sa capacité de survie à rude épreuve, du moins lui poseront-elles de sérieux cas de conscience. A travers son périple et le passage dans différentes communautés humaines, il doit affronter l'hostilité des hommes, la haine, l'incompréhension, l'inconscience, parfois la folie, bien qu'il rencontre l'amour avec une épouse qui semble modelée à son image. Auclair en profite pour faire passer des messages qui semblent lui tenir très à coeur: la défense de la nature, la fraternité entre les hommes bien sûr, mais aussi le sort et le rôle de la femme... Etrangement, "Simon" n'est pas l'intérêt principal de cette série. Il est trop idéaliste pour être attachant. Auclair ne semble en outre pas briller par la finesse de son analyse psychologique. Les hommes semblent se diviser en deux catégories: les bons et les méchants, ou plutôt, les "responsables" et les "inconscients". Ce sont les situations que vit Simon qui rendent la série intéressante: d'elles transpirent toujours un certain souffle lyrique, sans doute les grands espaces sauvages; et aussi la façon dont Auclair fait passer son message. A partir du tome 5, la série prend un virage à 90°, puisque c'est Riondet qui s'attelle au scénario. Pendant deux tomes, Simon est embarqué dans des aventures philosophiques où il semble vivre un rêve éveillé, et ne joue qu'un rôle mineur. Les dialogues, qui n'étaient déjà pas très drôles, deviennent carrément abstraits et métaphysiques. Ces albums-là sont les moins compréhensibles, et contrastent singulièrement avec les précédentes aventures réalistes. Retour à la réalité pour les deux derniers tomes, qui ne forment qu'une seule et même histoire. Ici, finis les beaux messages explicites, on entre dans le drame humain: les personnages sont ici très charismatiques, car leur analyse psychologique est poussée. De cette tragédie en huis-clos (une presqu'île) se dégage même une certaine tension, pour la première fois dans la série. Nous est tout de même fait passer un message sur la vanité et la folie des hommes. Ces deux derniers tomes sont pour moi les plus intéressants. Bref, une BD originale et assez captivante. "Simon du fleuve", la série humaniste par excellence.

04/07/2005 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5
Couverture de la série Un petit coin de paradis
Un petit coin de paradis

Un petit voyage dans l'onirisme et la NDE (Near Death Experience) tout à fait inattendus. On est tout de suite pris par l'ambiance plutôt burtonienne d'un homme à la vie mouvementée qui croise les acteurs principaux de sa vie au cours d'une drôle d'expérience. Sans concession, Yeb a écrit cette histoire aux accents de vécu pour la servir à un Le Brun fortment inspiré, au trait qui se cherche encore mais à l'énergie réjouissante. J'ai particulièrement craqué sur l'ours Bolino, plutôt mignon dans son genre. Une petite découverte.

04/07/2005 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série Le Vol du Corbeau
Le Vol du Corbeau

J'ai beaucoup apprécié ma lecture de cette série dont j'ai lu les deux tomes à la suite. Le dessin de Gibrat est vraiment sympa. Bon, je lui reproche quand même le fait que les visages de ses personnages se ressemblent beaucoup : d'accord, Jeanne est la soeur de la Cécile du Sursis mais elles sont strictement identiques à la coiffure près, et parmi les visages masculins, ils ont tous ou presque la même barbe naissante, le même regard et le même rictus souriant. De même, autant la colorisation est jolie, autant le fait de laisser souvent les traits d'esquisse sous l'aquarelle ou de ne pas faire les contours de certains personnages (Jeanne le plus souvent), cela donne un aspect un peu "irréel" à l'image à mes yeux et m'empêche très modérément de plonger vraiment dans le décor car j'y vois le dessin là où je devrais voir le décor lui-même. Mais quoiqu'il en soit, ces petits défauts à mes yeux sont très mineurs tant le dessin est beau et la représentation du Paris de l'occupation et de ses environs est superbe. Quant à l'histoire, elle est simple mais très agréable à suivre. J'ai mis un temps à m'attacher aux deux héros, Jeanne et François, mais j'ai fini par bien les apprécier. J'ai également craint un final "dramatique" comme dans le Sursis, mais la fin assez ouverte m'a bien plu, même si je trouve que les dernières pages du dernier tome perdent vraiment le rythme par rapport au premier tome. Une lecture plaisante, une réelle envie de lire chaque page de cette BD, un dessin très beau, un scénario juste assez original, une série que je conseille à la lecture et à l'achat.

04/07/2005 (modifier)
Par Gevaudan
Note: 4/5
Couverture de la série Terres d'Ombre
Terres d'Ombre

Très, très bonne surprise que cette BD que j'ai eu le plaisir de lire dans sa version 'intégrale'. Voilà de l'heroic fantasy comme je l'aime, c'est à dire: - originale : avec un scénario innovant et riche en rebondissements. L'histoire qui paraît simple au début se complexifie rapidement et gagne en profondeur au fur et à mesure que l'intrigue progresse - sombre : oubliez les gentils paladins, les trolls rigolos et les jolies princesses (encore que sur ce dernier point ...), dans Terres d'Ombre les protagonistes sont cyniques, désabusés et impitoyables sans que tout cela ne donne l'impression de se prendre trop au sérieux ni que cela nous empêche de nous attacher aux héros. C'est une BD adulte, où la violence et la dureté sont omniprésentes mais pas gratuites - belle : les dessins de Springer sont parfaits pour le sujet. Réalistes et dynamiques, avec un réel talent dans la mise en page et les jeux de lumière (j'avais adoré dans Volunteer, je me régale encore ici). Une mention particulière pour les diverses créatures monstrueuses, horribles à souhait. J'ai dévoré toute l'histoire d'une traite et je vais m'y replonger une deuxième fois avec plaisir. Mon seul regret (mais c'est une douce souffrance) est d'avoir vu ce moment de bonheur se terminer (car c'est une histoire complète). Bravo !

04/07/2005 (modifier)
Par Kael
Note: 4/5
Couverture de la série Marzi
Marzi

Petit coup de coeur pour cette BD lors de sa sortie. J'aime beaucoup l'évolution du trait de Sylvain Savoia qui, tout en gardant un style reconnaissable, réussit à rendre son trait plus rond, presque cartoon parfois, avec une maîtrise et une assurance que personne ne pourra contester. Il réussit même à adapter avec brio les couleurs à son dessin, là encore pour rendre les planches plus enfantines. Marzena Sowa réussi son pari dès sa première BD : Faire un scénario nickel alors que ce n'est certainement pas se formation de base et ainsi raconter son enfance en Pologne avec la même tendresse et délicatesse qu'elle l'est elle même. J'ai beaucoup aimé l'utilisation des textes off qui donne encore plus un sentiments de récit autobiographique proche du journal intime tout en gardant un ton léger, alors que ce type de procédé alourdit souvent les scénarios. Une petite découverte bien agréable... (Si vous en avez l'occasion, allez à la rencontre de ces deux auteurs, ils en valent réellement la peine)

04/07/2005 (modifier)
Par Redman
Note: 4/5
Couverture de la série Freaks Agency
Freaks Agency

3.5 Une bonne mise en bouche que ce premier tome de Freaks Agency ! Le scénario se met en place lentement mais sûrement. On se laisse entraîner dans cette histoire fantastique et lorsqu'on referme l'album, on a immédiatement envie d'en savoir plus, de lire la suite. La narration m'a beaucoup fait penser à un roman fantastique, peut-être la volonté de l'auteur de rapprocher son oeuvre au roman lovecraftien. On pourrait peut-être dénoter un peu de maladresse dans les dialogues où l'on a quelque fois l'impression que les répliques sont bateau et téléphonées ("Ca va ?" Oui "Tu viens manger un bout ?" Pourquoi pas "Cool"...). L'ambiance créée par l'auteur est pesante, oppressante, parfaitement adaptée au sentiment d'angoisse et de mystère qui se ressent à la lecture. L'univers graphique est réussi dans ce domaine avec une alternance de couleurs bleu sombre et de jaune vieux et sale. L'outil informatique est pleinement utilisé et rend un résultat visuel magnifique, bien que l'on puisse reprocher le manque d'expression des personnages, qui semblent un peu figés dans leurs émotions. Une bonne entame de série qui se veut prometteuse. Vivement la suite ! :)

03/07/2005 (modifier)
Par fourmi
Note: 4/5
Couverture de la série Le Roi des Mouches
Le Roi des Mouches

Alors là, on est dans le très très bon. Pour les fans de Burns, Clowns et compagnie ou pour tous ceux qui veulent connaître une narration un peu différente, Le Roi des mouches est pour eux ! De courtes histoires s'entremêlant, se complétant, des personnages paumés, des ados mais pas seulement. La narration est sans faille, un peu déroutante au début mais c'est l'effet de la surprise ! L'illustration de Mezzo colle parfaitement aux différents scénarii. Il crée exactement l'ambiance qu'il faut, un peu glauque, d'une société et d'une jeunesse qui s'essoufflent, qui perd ses rêves... Une fois n'est pas coutume, j'aimerais applaudir le travail de l'éditeur, qui en plus de nous donner un petit chef d'oeuvre à lire, a extrêmement soigné sa présentation, son papier et ses encres, nous offrant donc un bel objet, vraiment du bon boulot ! On attend vraiment le tome 2 avec impatience !

02/07/2005 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5
Couverture de la série Classwar (Cla$$war)
Classwar (Cla$$war)

Note approximative : 3.5/5 Autant j'ai eu un peu de mal avec les premières pages de ce One-Shot car l'action y est un peu confuse quand on ne sait pas encore qui est qui et qui fait quoi, autant Cla$$War commence fort dès le début. En effet, prenez un condensé des idées des films de Michael Moore (Bowling for Columbine et Fahrenheit 911), et voilà ce que vous aurez comme postulat de base de cette BD dès le début de l'intrigue. La première grande scène que nous suivons est en effet la rébellion du super-héros American, symbôle de la gloire Américaine et grand héros de la guerre des USA contre les "terroristes globaux". American vient confronter le président des USA, affichant à la face du peuple Américain les mensonges et horreurs que les USA et le Président lui-même ont réalisés dans le monde et sur leur territoire national. American dénonce une classe de riches capitalistes et lobbys qui, depuis les années 50, organisent les guerres, entretiennent les dictatures, lobotomisent les Américains avec la télé et la société de consommation, etc... Un condensé des idées des anti-américains au sens anti-gouvernement capitaliste et ultra-libéral des USA, car American se dit patriote et amoureux de son pays, mais il se déclare en guerre contre le gouvernement fantôche et ceux qui trompent le peuple Américain. Ce discours anti-"complot gouvernemental" est énoncé de manière tellement claire et nette dès le début de Cla$$War et tellement mis dans le contexte historique et actuel du monde réel (guerre en Irak, évènements réels du 20e siècle, etc...) que c'en est assez fort (du moins dans le monde de la BD car le sujet a été totalement traité sur Internet et ailleurs notamment depuis la dernière guerre en Irak). Partant de ce contexte, l'album va ensuite s'intéresser au combat opposant American et son ami et mentor, Isaac un ancien tueur black, aux autres super-héros créés comme American par les USA et qui tiennent à garder les privilèges que leur statut leur offre. En chemin, on suit les manigances du gouvernement des USA qui tente de contrer le scandale que American a dévoilé au peuple Américain, de manipuler l'opinion et qui bien sûr n'a pas de meilleure idée que de lancer une guerre contre "un pays terroriste" pour faire oublier tout ça. Cla$$War est donc assez fort au niveau de la dénonciation des manigances des puissants USA, mais cette BD se trouve aussi dans la mouvance de la destruction du mythe des super-héros américains dont la plupart des membres se révèlent être de beaux salauds. D'une certaine manière, Cla$$War se trouve à mi-chemin entre les séries Rising Stars, The Authority et Martha Washington - Liberty, un rêve américain. Le sujet est fort, les personnages pas mauvais, l'intrigue assez rondement menée et prenante, le message assez intelligent. C'est une BD que j'ai donc lue avec un réel plaisir. Mais je pourrais faire quelques reproches néanmoins à cette série. D'une part, le dessin est assez inégal. Il y a plusieurs dessinateurs et celui qui remplit le plus de pages (et surtout celles du début) a un style pour lequel les personnages sont difficilement reconnaissables si ce n'était leur costume qui permet de les différencier. Pas facile de suivre la narration quand on ne sait pas reconnaître bien qui est qui en début d'album. D'autre part, autant le sujet traité est fort, autant la série manque quand même beaucoup de finesse. On est loin de la finesse d'une série comme les Watchmen. Le sujet du complot gouvernemental est balancé comme une masse dès le début de l'histoire et ensuite ce sont manigances gouvernementales et combats directs ou indirects entre super-héros. Le Président des USA est représenté comme un vrai bouseux aussi subtil qu'un taureau face à un drap rouge. En fait, ce manque de finesse réduit un peu la force du thème de cette série. Et enfin, ce One-Shot n'a pas de vraie fin. Quand on termine l'album, on en redemande, on se dit qu'il devrait sans doute y avoir un second tome car il n'y a pas de conclusion réelle à toute l'intrigue. D'une certaine manière, la fin est ouverte, laissant libre cours à l'imagination et l'intelligence du lecteur et on pourrait estimer y regagner là ce qu'on perdait en finesse avant, mais d'une autre côté, c'est quand même assez frustrant de ne voir presque rien se conclure et quelques pistes lancées en cours d'album rester sans finalité. Quelques défauts donc avec en premier un manque de finesse dans cette intrigue assez forte, mais une BD de super-héros assez intelligente, avec de bons personnages, un thème assez polémique et très actuel, et un récit qui se lit très bien.

02/07/2005 (modifier)
Par Ilghorg
Note: 4/5
Couverture de la série B.P.R.D.
B.P.R.D.

Etant fan d'Hellboy et ayant lu pas mal de bonnes critiques sur cette série, je me suis lancée ! Et a la lecture de la première histoire du premier tome, "au creux de la terre" je n'ai pas été déçu ! L'apparition d'un nouveau personnage est fort plaisante et c'est un vrai plaisir de voir les personnages secondaires d'hellboy très bien exploiter. Par contre, la suite est un peu décevante, les autres histoires sont beaucoup plus courtes et manque un peu d'intérêt. Pour résumer un album sympathique, nous en apprenant un peu plus sur les personnages de l'univers d'Hellboy et que les inconditionnels du garçon de l'enfer doivent se procurer ;) . (Je met 4/5 , c'est en espérant que le tome 2 soit meilleur ) ;)

02/07/2005 (modifier)