Adrian Tomine, jeune prodige de la bande dessinée intimiste américaine voit chaque jour grossir les rangs de ses fans. Les Yeux à Vif est à mon sens le meilleur de ses volumes traduit en français ! J’avais bien aimé 'Blonde Platine' tout en déplorant un trop plein de lassitude dans la psychologie des personnages, de fait un peu trop monolithiques (même si dépeints avec grand talent). '32 histoires', recueil de planches de jeunesse valait surtout pour la genèse de l’auteur et la progression de son univers. Les récits repris dans Les Yeux à Vif sont riches, beaux, séduisants, sensibles et justes, plongeons en profondeur dans la psychologie adolescente : fragile et révoltée, méprisante et implorante.
Evidemment, point de rebondissements, de courses poursuites, de mystère ésotérique, ni de complot politico-financier dans cet album. Ce n'est pas le propos. A travers ses personnages, Tomine nous parle un peu de lui, mais aussi beaucoup de nous, ou de ce que nous avons été.
Tant pis si l’édition de Delcourt est paraît-il un peu light, le papier trop fin et les noirs pas assez noirs. Achetez ce bouquin si vous le trouvez !
On peut rendre grâce à Mourad Boudjellal d’avoir réuni les 3 volumes et réédité cette excellente série de son frérot. Si le premier des trois albums a pris un peu d’âge et pâtit à la fois de quelques maladresses de jeunesse et d’un ancrage un peu trop marqué dans la toile sociale des années 80, Farid Boudjellal trouve son rythme de croisière dès les deux suivants. Dans le portrait de la famille Slimani, immigrés algériens d’Ile de France, brossé à petites touches sensibles et humoristiques, il laisse intelligemment son intrigue de côté et parvient à trouver un très bel équilibre entre témoignage communautaire et universel familial. On se prend avec plaisir à devenir complice des facéties des plus jeunes et des coup de têtes des ados, tout en observant en écho, parfois avec effroi, la détresse intérieure des parents, qui font face, déracinés mais courageux, au gouffre qui grandit entre leurs principes éducatifs et les rêves de leurs enfants. Deux tous grands albums à multiples niveaux de lectures, qui surpassent à mon avis la trilogie Petit Polio.
J'ai acheté cet album car je me souvenais qu'il avait bonne presse dans BDT et j'en suis ravi. Mon "auberge du bout du monde" a comblé toutes mes attentes, aussi bien scénaristiques que graphiques. C'est vraiment un excellent premier tome et pourtant déjà riche en rebondissements et même en aventures tout simplement. Il se passe beaucoup de choses mais on est littéralement emporté par ces événements, et plongé dans cette atmosphère que les auteurs ont su installer avec brio.
Un genre de BD que j'affectionne, et un début plus que prometteur, vivement la suite !!
« Une mansarde à Paris » reprend le sempiternel thème de l’amour, de l’amour qui est « trompé, fugitif ou coupable » comme l’écrivait si justement Chateaubriand. Ou encore celui de l’amour trahi tel que le décrivait Georges Cukor dans son film « Marguerite Gauthier » avec Greta Garbo et Robert Taylor.
Bref j’ai retrouvé à travers le scénario de cette bande dessinée le charme de mes lectures ou de mes films préférés.
Derrière une couverture très soignée, se cache un dessin tout en rondeur, à la fois nostalgique (proche de la ligne claire, de Chaland, voire de Floc’h) et audacieux par l’utilisation des couleurs (notamment le rouge qui ressort de l’ensemble de l’album).
Certes, un côté fleur bleue se dégage de ce one shot , mais cela fait du bien dans la production actuelle dominée par la science fiction, l’héroïc et la catholic- fantaisy.
Amoureux de Paris, nostalgique des années 50, (même si on ne retrouve pas exactement les rues de la capitale mais plutôt l’atmosphère de l’époque), ne manquez pas cette petite histoire naïve et dramatique.
Décidement les auteurs espagnols ont le vent en poupe depuis quelques temps et pas seulement chez les éditions Paquet!
Un seul bémol, la pagination. Quelle mauvaise idée d’avoir écrit en toutes lettres le numéro des pages de manière si disgracieuse ! Cela gâche le plaisir de la lecture
J'ai fini la série (enfin, de ce qui est pour l'instant sorti), et l'intrigue augmente au fur et à mesure, on sent que le dénouement va probablement se produire dans le prochain tome. Je ne sais pas en combien de tomes la série est prévue, mais je pense que ça doit être 5, à moins que d'autres intrigues prennent le dessus ou qu'il y ait différents cycles.
Ceci dit, on se laisse prendre par cette histoire, notamment par l'apparition de plus en plus confirmée de Soya dans le Tome 3 . On sent qu'il va jouer un rôle prédéterminant, et on comprend qu'il est lié avec l'histoire en parallèle de l'équipe S.T.A.R. pour à l'occasion relire les 4 tomes, afin de tout déceler ce que la première lecture n'a pas laissé transparaître.
Ma rencontre récente avec Marv’ m’a permis d’ouvrir les yeux sur tout un pan de la bd outre-Atlantique qui m’était jusqu’alors étranger. D’ailleurs, un rapide coup d’œil sur mes stats trahit mon manque de culture manifeste pour les comic’s.
Pas facile pour un néophyte comme moi de débuter dans les comic’s de super-héros. Lequel choisir ? C’est un peu par hasard que je suis tombé sur "Batman Année 1" dans le rayonnage de ma BDThèque attitrée. Après avoir feuilleté quelques pages, je me suis dit, ça a l’air pas trop mal, essayons !
Eh ben, le moins que je puisse dire est que je ne suis pas déçu ! Je connaissais Miller de renom mais c’est à la lecture d’un de ses albums qu’on prend conscience de l’ampleur de son talent. Manifestement, sa reconnaissance dans le milieu n’est pas galvaudée ! J’apprécie tout particulièrement le travail narratif de Miller qui privilégie davantage le côté psychologique des personnages à l’action pure et dure, donnant au récit plus de force et de profondeur dans ses propos. Quant aux dessins, il ont un petit côté rétro qui n’est pas pour me déplaire.
Voilà, cet album permet de balayer les préjugés qu’on pourrait avoir à l’encontre des comic’s de super-héros. De plus, il présente l’avantage de ne pas perdre le lecteur néophyte en cours de route puisqu’il retrace les débuts de Batman, à savoir son arrivée à Gotham City et sa rencontre avec Gordon.
La première chose à laquelle j'ai pensé en refermant l'album 2, comme mes amis à qui je les ai prêtés, c'était "Oh zut !! C'est déjà fini !!"
Oui car cette courte série est un vrai délice !! Une petite histoire à la pulp fiction avec des personnages bien trouvés, vivants et marrants !! Tous ces loosers avec leur dégaine m'ont bien fait marrer, et leurs péripéties sans gloire sont prenantes.
La narration est excellente (Chauvel maîtrise son boulot, y a pas à dire) et le suspens est présent.
Le dessin est correct, passe-partout en fait. Clair, sobre mais captivant, il sert bien l'histoire.
Une très bonne bd que je recommande donc fortement, un p'tit plaisir à déguster en terrasse :)
Davide Toffolo nous conte l’histoire de Capito, le gorille blanc du zoo de Barcelone. Unique spécimen connu de gorille albinos. Décédé en 2003, il avait le poil blanc, la peau rose et les yeux bleus. Son physique improbable troublait les visiteurs tant il évoquait l’humain.
Parsemés d’interrogations sur la nature même de l’être humain et sa position par rapport au règne animal, "Le Roi blanc" est un ouvrage étonnant, très inventif dans sa mise en scène et dans sa narration. Souvent déroutant, parfois un peu trop (la scène de danse m’est un peu tombée des mains), ce livre n’en reste pas moins, à sa manière, un livre unique, entre documentaire, fiction et autobiographie… Presque culte…
Un très bon comics au dessin très design et à la thématique, certes banale pour un comics de superhéros, mais plutôt bien développée. On peut identifier trois sortes de comics de superhéros : le truc de base, très con et très premier degré. L’œuvre profonde qui utilise le superhéros pour mettre en scène des réflexions profondes sur les thèmes de la justice, l’histoire, le pouvoir (Alan Moore, Frank Miller…) ou alors le truc auto parodique qui cherche avant tout à amuser le lecteur, jouant sur les clichés et s’amusant à les pousser jusqu’à leur logique ultime. Invincible est de ces comics là, il combine les clichés des séries américaines familiales (le côté papa-maman-le chien et la voisine…) et ceux des histoires de superhéros. C’est frais, pas prise de tête mais plein d’humour…
Will Eisner, décédé récemment, était considéré comme un génie du comic book américain. C’est donc avec une certaine excitation que j’ai entamé la lecture de « L'appel de l'espace », d’autant plus que je trouvais le sujet alléchant.
L’histoire commence exactement comme le film « Contact » (avec entre autre Jodie Foster) : des scientifiques captent un signal venu de l’espace, et découvrent rapidement qu’il s’agit d’une suite de nombres premiers, preuve que l’émetteur est doué d’une certaine intelligence. Mais là où le film s’embarquait dans une histoire très science-fictionesque, « L'appel de l'espace » reste plus terre à terre, et s’amuse à imaginer la réaction en chaîne que produirait une telle découverte sur notre bonne vielle terre.
Et là, l’auteur s’amuse et passe en revue tous les cotés les plus décadents de notre société, tous les traits les plus embarrassants de notre chère race humaine. Course au prestige entre les USA et l’URSS (oui la 1ere publication date des années 70), multinationale désireuse d’affirmer son emprise financière sur le monde, scientifiques fous avides de succès et de gloire, sectes opportuniste, motivations politiques douteuses, … Bref, que du beau monde. Les développements et implications de ce beau bordel sont tout simplement fascinants à suivre, et la conclusion est très bien faite.
Une superbe histoire, peut-être un peu difficile à suivre par moment (il y a beaucoup de personnages, beaucoup de noms à retenir), mais que je vous invite chaudement à découvrir si le sujet vous intéresse.
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Les Yeux à vif
Adrian Tomine, jeune prodige de la bande dessinée intimiste américaine voit chaque jour grossir les rangs de ses fans. Les Yeux à Vif est à mon sens le meilleur de ses volumes traduit en français ! J’avais bien aimé 'Blonde Platine' tout en déplorant un trop plein de lassitude dans la psychologie des personnages, de fait un peu trop monolithiques (même si dépeints avec grand talent). '32 histoires', recueil de planches de jeunesse valait surtout pour la genèse de l’auteur et la progression de son univers. Les récits repris dans Les Yeux à Vif sont riches, beaux, séduisants, sensibles et justes, plongeons en profondeur dans la psychologie adolescente : fragile et révoltée, méprisante et implorante. Evidemment, point de rebondissements, de courses poursuites, de mystère ésotérique, ni de complot politico-financier dans cet album. Ce n'est pas le propos. A travers ses personnages, Tomine nous parle un peu de lui, mais aussi beaucoup de nous, ou de ce que nous avons été. Tant pis si l’édition de Delcourt est paraît-il un peu light, le papier trop fin et les noirs pas assez noirs. Achetez ce bouquin si vous le trouvez !
L'Oud
On peut rendre grâce à Mourad Boudjellal d’avoir réuni les 3 volumes et réédité cette excellente série de son frérot. Si le premier des trois albums a pris un peu d’âge et pâtit à la fois de quelques maladresses de jeunesse et d’un ancrage un peu trop marqué dans la toile sociale des années 80, Farid Boudjellal trouve son rythme de croisière dès les deux suivants. Dans le portrait de la famille Slimani, immigrés algériens d’Ile de France, brossé à petites touches sensibles et humoristiques, il laisse intelligemment son intrigue de côté et parvient à trouver un très bel équilibre entre témoignage communautaire et universel familial. On se prend avec plaisir à devenir complice des facéties des plus jeunes et des coup de têtes des ados, tout en observant en écho, parfois avec effroi, la détresse intérieure des parents, qui font face, déracinés mais courageux, au gouffre qui grandit entre leurs principes éducatifs et les rêves de leurs enfants. Deux tous grands albums à multiples niveaux de lectures, qui surpassent à mon avis la trilogie Petit Polio.
L'Auberge du Bout du Monde
J'ai acheté cet album car je me souvenais qu'il avait bonne presse dans BDT et j'en suis ravi. Mon "auberge du bout du monde" a comblé toutes mes attentes, aussi bien scénaristiques que graphiques. C'est vraiment un excellent premier tome et pourtant déjà riche en rebondissements et même en aventures tout simplement. Il se passe beaucoup de choses mais on est littéralement emporté par ces événements, et plongé dans cette atmosphère que les auteurs ont su installer avec brio. Un genre de BD que j'affectionne, et un début plus que prometteur, vivement la suite !!
Une mansarde à Paris
« Une mansarde à Paris » reprend le sempiternel thème de l’amour, de l’amour qui est « trompé, fugitif ou coupable » comme l’écrivait si justement Chateaubriand. Ou encore celui de l’amour trahi tel que le décrivait Georges Cukor dans son film « Marguerite Gauthier » avec Greta Garbo et Robert Taylor. Bref j’ai retrouvé à travers le scénario de cette bande dessinée le charme de mes lectures ou de mes films préférés. Derrière une couverture très soignée, se cache un dessin tout en rondeur, à la fois nostalgique (proche de la ligne claire, de Chaland, voire de Floc’h) et audacieux par l’utilisation des couleurs (notamment le rouge qui ressort de l’ensemble de l’album). Certes, un côté fleur bleue se dégage de ce one shot , mais cela fait du bien dans la production actuelle dominée par la science fiction, l’héroïc et la catholic- fantaisy. Amoureux de Paris, nostalgique des années 50, (même si on ne retrouve pas exactement les rues de la capitale mais plutôt l’atmosphère de l’époque), ne manquez pas cette petite histoire naïve et dramatique. Décidement les auteurs espagnols ont le vent en poupe depuis quelques temps et pas seulement chez les éditions Paquet! Un seul bémol, la pagination. Quelle mauvaise idée d’avoir écrit en toutes lettres le numéro des pages de manière si disgracieuse ! Cela gâche le plaisir de la lecture
S.T.A.R.
J'ai fini la série (enfin, de ce qui est pour l'instant sorti), et l'intrigue augmente au fur et à mesure, on sent que le dénouement va probablement se produire dans le prochain tome. Je ne sais pas en combien de tomes la série est prévue, mais je pense que ça doit être 5, à moins que d'autres intrigues prennent le dessus ou qu'il y ait différents cycles. Ceci dit, on se laisse prendre par cette histoire, notamment par l'apparition de plus en plus confirmée de Soya dans le Tome 3 . On sent qu'il va jouer un rôle prédéterminant, et on comprend qu'il est lié avec l'histoire en parallèle de l'équipe S.T.A.R. pour à l'occasion relire les 4 tomes, afin de tout déceler ce que la première lecture n'a pas laissé transparaître.
Batman - Année Un (Year One)
Ma rencontre récente avec Marv’ m’a permis d’ouvrir les yeux sur tout un pan de la bd outre-Atlantique qui m’était jusqu’alors étranger. D’ailleurs, un rapide coup d’œil sur mes stats trahit mon manque de culture manifeste pour les comic’s. Pas facile pour un néophyte comme moi de débuter dans les comic’s de super-héros. Lequel choisir ? C’est un peu par hasard que je suis tombé sur "Batman Année 1" dans le rayonnage de ma BDThèque attitrée. Après avoir feuilleté quelques pages, je me suis dit, ça a l’air pas trop mal, essayons ! Eh ben, le moins que je puisse dire est que je ne suis pas déçu ! Je connaissais Miller de renom mais c’est à la lecture d’un de ses albums qu’on prend conscience de l’ampleur de son talent. Manifestement, sa reconnaissance dans le milieu n’est pas galvaudée ! J’apprécie tout particulièrement le travail narratif de Miller qui privilégie davantage le côté psychologique des personnages à l’action pure et dure, donnant au récit plus de force et de profondeur dans ses propos. Quant aux dessins, il ont un petit côté rétro qui n’est pas pour me déplaire. Voilà, cet album permet de balayer les préjugés qu’on pourrait avoir à l’encontre des comic’s de super-héros. De plus, il présente l’avantage de ne pas perdre le lecteur néophyte en cours de route puisqu’il retrace les débuts de Batman, à savoir son arrivée à Gotham City et sa rencontre avec Gordon.
Ocean City
La première chose à laquelle j'ai pensé en refermant l'album 2, comme mes amis à qui je les ai prêtés, c'était "Oh zut !! C'est déjà fini !!" Oui car cette courte série est un vrai délice !! Une petite histoire à la pulp fiction avec des personnages bien trouvés, vivants et marrants !! Tous ces loosers avec leur dégaine m'ont bien fait marrer, et leurs péripéties sans gloire sont prenantes. La narration est excellente (Chauvel maîtrise son boulot, y a pas à dire) et le suspens est présent. Le dessin est correct, passe-partout en fait. Clair, sobre mais captivant, il sert bien l'histoire. Une très bonne bd que je recommande donc fortement, un p'tit plaisir à déguster en terrasse :)
Le Roi blanc
Davide Toffolo nous conte l’histoire de Capito, le gorille blanc du zoo de Barcelone. Unique spécimen connu de gorille albinos. Décédé en 2003, il avait le poil blanc, la peau rose et les yeux bleus. Son physique improbable troublait les visiteurs tant il évoquait l’humain. Parsemés d’interrogations sur la nature même de l’être humain et sa position par rapport au règne animal, "Le Roi blanc" est un ouvrage étonnant, très inventif dans sa mise en scène et dans sa narration. Souvent déroutant, parfois un peu trop (la scène de danse m’est un peu tombée des mains), ce livre n’en reste pas moins, à sa manière, un livre unique, entre documentaire, fiction et autobiographie… Presque culte…
Invincible
Un très bon comics au dessin très design et à la thématique, certes banale pour un comics de superhéros, mais plutôt bien développée. On peut identifier trois sortes de comics de superhéros : le truc de base, très con et très premier degré. L’œuvre profonde qui utilise le superhéros pour mettre en scène des réflexions profondes sur les thèmes de la justice, l’histoire, le pouvoir (Alan Moore, Frank Miller…) ou alors le truc auto parodique qui cherche avant tout à amuser le lecteur, jouant sur les clichés et s’amusant à les pousser jusqu’à leur logique ultime. Invincible est de ces comics là, il combine les clichés des séries américaines familiales (le côté papa-maman-le chien et la voisine…) et ceux des histoires de superhéros. C’est frais, pas prise de tête mais plein d’humour…
L'Appel de l'Espace
Will Eisner, décédé récemment, était considéré comme un génie du comic book américain. C’est donc avec une certaine excitation que j’ai entamé la lecture de « L'appel de l'espace », d’autant plus que je trouvais le sujet alléchant. L’histoire commence exactement comme le film « Contact » (avec entre autre Jodie Foster) : des scientifiques captent un signal venu de l’espace, et découvrent rapidement qu’il s’agit d’une suite de nombres premiers, preuve que l’émetteur est doué d’une certaine intelligence. Mais là où le film s’embarquait dans une histoire très science-fictionesque, « L'appel de l'espace » reste plus terre à terre, et s’amuse à imaginer la réaction en chaîne que produirait une telle découverte sur notre bonne vielle terre. Et là, l’auteur s’amuse et passe en revue tous les cotés les plus décadents de notre société, tous les traits les plus embarrassants de notre chère race humaine. Course au prestige entre les USA et l’URSS (oui la 1ere publication date des années 70), multinationale désireuse d’affirmer son emprise financière sur le monde, scientifiques fous avides de succès et de gloire, sectes opportuniste, motivations politiques douteuses, … Bref, que du beau monde. Les développements et implications de ce beau bordel sont tout simplement fascinants à suivre, et la conclusion est très bien faite. Une superbe histoire, peut-être un peu difficile à suivre par moment (il y a beaucoup de personnages, beaucoup de noms à retenir), mais que je vous invite chaudement à découvrir si le sujet vous intéresse.