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Par Nijal
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Souvenirs d'un jeune homme
Souvenirs d'un jeune homme

C'est la première oeuvre de Lauzier que je lis, et j'avoue qu'elle m'a fait grosse impression. En effet, "souvenirs d'un jeune homme" revêt un aspect humoristique et sociologique, et même historique, d'une ampleur inédite pour moi. Le personnage principal de cette histoire est un jeune homme qui vient d'avoir ses 18 ans. Il fait le (mince) bilan de sa vie: "Qu'ai-je fait de ma vie? Rien". Inaugurant dans son journal des résolutions toutes neuves, il décide solennellement de changer de vie, d'abandonner cette sensibilité d'écorché vif qui le fait tant souffrir, de mettre au placard cette "orgueilleuse solitude qui n'est en fait qu'une défense", bref, de communiquer. L'instant d'après, le repas familial se transforme de peu en pugilat. Symbole du paradoxe qui existe entre ses déclarations et son comportement. Présentons ce jeune homme: il a effectivement une sensibilité d'écorché vif, qui lui fait épouser les causes les plus nobles et les plus généreuses. Il se dit l'ami, le compagnon des parias et des opprimés du monde entier, anti-capitaliste... bref, un tempérament d'extrême gauche (alter mondialiste dirait-on aujourd'hui), comme beaucoup de jeunes de cet âge. C'est surtout le comportement qu'induit ce tempérament romantique qui provoque les situations humoristiques. Attention! Il y a très peu de situations comiques ou cocasses dans le sens strict du terme. C'est principalement, comme nous l'avons dit, la personnalité du personnage principal qui la cause principale de l'ambiance humoristique, ainsi que des personnages secondaires: une famille hippie complètement déjantée vivant à l'heure de mai 68, une fille de banlieue terre-à-terre, un ex-taulard forte gueule, un ami homosexuel, une famille typiquement "petite-bourgeoise" (pour utiliser ses propres termes)... Cette BD, c'est aussi un féroce portrait sociologique. Comment ne pas reconnaître une certaine frange de la jeunesse dans les aspirations utopiques du jeune homme, comment ne pas reconnaître même toute la jeunesse dans ses contradictions et l'incompréhension dans les rapports familiaux? Je voudrais d'ailleurs faire une parenthèse sur les rapports entre le fils et le père. Ce dernier, d'abord dur avec lui, tente un rapprochement, mais le fils ne cesse de lui reprocher tous ses malheurs. Dans un dialogue, le fils le qualifie d'"opprimeur" et le père, qui toute sa vie a essayé d'être "un bon mari, un bon père, un bon citoyen", se demande ce qu'il a fait pour mériter d'être qualifié d'opprimeur. La fin est d'ailleurs assez éloquente à cet égard... (mais chut!) C'est aussi la peinture d'une époque, le milieu des années 80. Tout, dans les voitures, les habits, le vocabulaire, mais surtout l'état d'esprit, des derniers relents de mai 68 aux persistances de la crise économique, rappelle cette époque. Je pense que le message qu'a voulu faire passer Lauziel (car il y en a un: cette BD n'est pas seulement humoristique), c'est la vision d'un cap, d'un écueil de la vie: l'âge de 18 ans. L'époque est secondaire, et l'humour est un merveilleux moyen de nous faire prendre conscience des caractéristiques et des contradictions parfois cruelles de cet âge. Mieux: l'auteur transcende cette vision, et nous montre un personnage, plus tout à fait un garçon mais pas encore un homme, dans toute la médiocrité de son existence, et en même temps la sublimation de sa vie. C'est cet assemblage inouï qui rend cette oeuvre vraiment exceptionnelle; j'en suis ressorti radieux, avec une vue renouvelée de ce qui m'entoure. Cette lecture n'aura que plus d'impact pour les jeunes gens de 18-19 ans. Lauzier est un auteur rare que j'ai eu la joie de découvrir, qui croque de son talent satirique toute la complexité et la simplicité mêlées des existences humaines.

31/10/2005 (modifier)
Par cseurre
Note: 4/5
Couverture de la série Rwanda 1994
Rwanda 1994

"Rwanda 1994" Même après la lecture de l'histoire du Rwanda à la fin de la BD, il est toujours difficile, pour nous occidentaux, de comprendre l'origine de ce génocide. En focalisant l'histoire sur Mathilde, témoin et victime de ce massacre, Ralph et Cécile Grenier nous proposent un résumé saisissant et cruel de l'histoire des Tutsi. Le dessin de Masioni ne souffre d'aucune critique (pour ceux qui aiment le dessin réaliste). Dans le foisonnement des sorties BD actuelles, celle-ci mérite véritablement que l'on s'y attarde, par son côté documentaire (on est loin des productions Soleil et Cie...) Personne n'est épargné : français, belges, Hutus. Un témoignage poignant et déchirant. A lire de toute urgence.

31/10/2005 (modifier)
Par klechko
Note: 4/5
Couverture de la série Le Photographe
Le Photographe

Tomes 1 et 2: L'idée de confectionner un récit avec des photographies et des dessins était originale et ambitieuse. Le moins que l'on puisse dire c'est que c'est réussi ! Cette BD raconte le travail difficile d'une organisation humanitaire (MSF) pendant la guerre d'Afghanistan (contre les Russes), mais c'est aussi une très belle histoire humaine. En première lecture, j'avais du mal avec les dessins (que je trouvais trop naïfs et peu précis), mais finalement après 2 à 3 lectures, je trouve qu'ils s'accordent très bien avec les photos et servent le récit à merveille. Concernant les photos, je regrette juste que certaines soient trop petites (on ne peut les apprécier). En résumé, ces 2 tomes m'ont fait passer de très bons moments et j'attends la suite avec impatience. Le tome 3 est dans la lignée des 2 premiers avec une fin assez classique, un effort sur la taille des photos et en prime un chouette petit DVD. Cette trilogie est à lire absolument.

30/10/2005 (modifier)
Par klechko
Note: 4/5
Couverture de la série Sillage
Sillage

Tomes 1 à 8: Série somme toute assez réussie (pour l'instant) dans laquelle les auteurs arrivent à donner leur avis sur certains sujets de société. Les dessins sont très beaux et les scénarii tiennent souvent la route. Je n'ai pas aimé le tome 8 (je le trouve insipide) et j'ai un peu peur que ce soit le début de l'essoufflement de la série à force de peut-être vouloir exploiter un filon financièrement rentable (Les Chroniques de Sillage, Nävis...). J'espère qu'ils me feront mentir ! Pour l'instant, rien à regretter, je relis les 7 premiers généralement avec plaisir, les auteurs d'une série ont le droit de se planter sur 1 ou 2 tomes....(je note donc 4/5). Le tome 9 est en qualité largement au dessus du 8, et bien qu'il ne fasse pas partie pour moi des meilleurs, il à au moins l'avantage de rester dans l'esprit de la série, en espérant que cela continue...

30/10/2005 (modifier)
Par ArzaK
Note: 4/5
Couverture de la série Ultra
Ultra

Je ne vais pas vous refaire le coup de « la-bd-qui-cherche-à-donner-une-vraie-nature-humaine-aux-personnages-de-superhéros». Ce serait à mon sens une grosse erreur de situer ce comics dans la lignée d’un Watchmen ou d’un Dark Knight. Car l’enjeu d’Ultra n’est ni une quête de vérité psychologique profonde, ni une envie de sonder les fondements et les mécanismes des superhéros. Rien de tout ça. L’enjeu d’Ultra est avant tout de marier deux genres au départ tout deux extrêmement codifiés. Le comics de super héros d’une part, et la comédie romantique purement féminine à la Ally Mac Beal, Bridget Jones ou Sex in the city d’autre part. Alors bonjour les clichés ! D’une certaine manière, Ultra, ce n’est QUE ça : deux bons gros tas de clichés qu’on a mélangés l’un dans l’autre. Et ce qui fait l’intérêt et l’originalité d’Ultra, justement, c’est ce mariage, les scénaristes avaient les moyens de nous pondre une histoire de superhéros banale et une comédie romantique sans grand relief, mais les deux ensembles, ça donne quelque chose d’assez inédit et délicieux. Perso, les histoires de superhéros trop plates, ça me gave vite, et les Ally Mac Beal et Bridget Jones me semblent souvent être le plus souvent une exploitation commerciale éhontée d’un féminisme à bout de souffle… Mais voilà, j’ai aimé Ultra. Peut-être parce que ce comics ne se prend pas non plus trop la tête, qu’il semble user des clichés sans en avoir honte, et avec une distance ironique salvatrice, certes pas toujours constante, mais qui brille dans certaines scènes et certains dialogues que j’ai parfois trouvés hilarants. Ultra n'est ni le comics du siècle, ni même celui de l'année. C'est une bd bourrée de défauts et de certains bons sentiments qui sentent la gimauve faisandée, mais que j'ai pris un vrai plaisir à lire d'une seule traite.

30/10/2005 (modifier)
Par klechko
Note: 4/5
Couverture de la série Je suis légion
Je suis légion

Tome 1: le faune dansant Une histoire de science fiction sur fond de deuxième guerre mondiale. Il y a tout dans cette BD, beaux dessins, belles couleurs, scénario original, sans temps mort et qui tient le lecteur en haleine. Je conseille toutefois de relire cette BD plusieurs fois pour vraiment apprécier. J'espère ne pas être déçu par la suite que j'attends avec grande impatience. Série très prometteuse. Tome 2: Vlad Mon avis reste inchangé (4/5) après lecture de ce second volume dans lequel on comprend certaines zones d'ombre mais les révélations sont habilement distillées et beaucoup de rebondissements restent à venir j'en suis certain. Vivement la suite !!!!

30/10/2005 (modifier)
Par klechko
Note: 4/5
Couverture de la série L'Aigle sans orteils
L'Aigle sans orteils

Un très bel album de Lax qui nous raconte avant tout une histoire humaine dans laquelle se mêle passion et tristesse. Lorsque l'on à une passion, il faut la vivre avant qu'il ne soit trop tard quel qu’en soient les sacrifices à accomplir mais avec honneur. Le dessin: beaucoup de sensibilité, il peint bien les émotions. Les couleurs: Elles sont magnifiques même si elles peuvent surprendre de prime abord, elles retransmettent très bien l'atmosphère de l'époque et celle de la montagne notamment au lever et au coucher du soleil. Le scénario: Il peut paraître assez classique mais Lax arrive habilement à faire passer son message. Bref, une BD indispensable pour les amoureux du tour de France et de la montagne... et les autres devraient aussi y trouver beaucoup de plaisir. Merci Mr Lax !

30/10/2005 (modifier)
Par ArzaK
Note: 4/5
Couverture de la série Le Petit Monde
Le Petit Monde

L'enjeu de la collection Cosmo se précise avec cet album. Morvan nous livre une version futuriste de Peter Pan, les références sont assez évidentes, tout est là : Wendy et sa fratrie, le capitaine Crochet, la fée Clochette... masqués sous d'autres noms, bien sûr, mais les similitudes sauteront aux yeux de tous ceux qui connaissent au moins un peu l'oeuvre de Barrie ou ses adaptations. Ce premier tome, bien que contenant beaucoup d'action est déjà très consistant, sur le fond. On sent Morvan tout de même beaucoup plus à l'aise avec ce type de pagination que dans le format 46 planches couleur traditionnel dans lequel il a quelque peu enfermé Spirou. Le dessin du Japonais Toru Terada marie véritablement les qualités et caractéristiques de la bd européenne à celle de la bd japonaise. Le manga en grand format et en couleur, c'est pas mal, finalement...

30/10/2005 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5
Couverture de la série Dans les villages
Dans les villages

Cabanes a un talent montrueux... Ceux qui ont lu Rencontres du troisième sale type ou Contes fripons ont pu s'en rendre compte. Mais son oeuvre maîtresse est peut-être bien Dans les villages, à laquelle il offre un ultime (?) chapitre, presque 20 ans après le tome 4. Cette série est un entrecroisement de mondes, reliés entre eux par des portes dimensionnelles et des légendes communes, incroyablement cohérentes et intelligentes. Des créatures très bien dessinées (les Anti-Jôles, par exemple), nous sont proposées dans ce bestiaire fabuleux. On ne peut pas lâcher cette série avant d'en avoir lu toutes les pages, d'en avoir scruté tous les détails, d'en avoir admiré la perfection graphique. Au bout de 20 ans, le dessin de Cabanes a forcément évolué, et son trait est curieusement devenu trop riche, trop... compliqué ? Pour être aussi lisible qu'auparavant... Et l'histoire prend une direction totalement inattendue dans ce tome 5, comme si Cabanes avait voulu se psychanalyser lui-même au travers du personnage de Gino/Dzino...

29/10/2005 (modifier)
Par TomS
Note: 4/5
Couverture de la série Retour au collège
Retour au collège

Vraiment, j'ai passé un excellent moment avec cette BD : le talent de Riad Sattouf pour croquer ses personnages est indéniable, ils sont plus vrais que nature! Cet album est pétillant, tendre, Riad Sattouf n'a pas l'humour méchant... Contrairement à ce que j'ai lu ici ou là, il ne règle aucun compte, sa vision du collège n'est jamais amère. Les souvenirs qu'il évoque de son passé d'ado ingrat par exemple ne doivent se lire qu'en miroir de la personne qu'il est devenu aujourd'hui, avec le succès que l'on sait. S'il rit de ces ados trop complexés ou trop sûrs d'eux, c'est avant tout parce qu'il sait qu'ils sont en pleine mutation! Quand il va vers eux, ce n'est pas pour les descendre, mais au contraire pour les élever, leur montrer que prendre un peu de recul par rapport à eux-même ne peux pas leur faire de mal. Etre bien dans sa nouvelle peau d'adulte est un vrai challenge, et c'est parfois plus dur pour certains... Si l'humour n'est pas le remède au mal de vivre des uns ou à l'arrogance des autres, il peut néanmoins être un bon compagnon de route vers la maturité :)

29/10/2005 (modifier)