André-Philippe Côté semble être un auteur complet qui connaît un succès certain au Canada.
"Victor et Rivière" a d’abord été édité en N&B par "Soulières Editeur" avant d’être réédité en couleur par "Trois-Pistoles" pour séduire le marché européen.
De l’album, je n’ai lu que la version N&B mais il me tarde de pouvoir dévorer la version colorisée qui semble bien alléchante ! Déniché par hasard au gré de mes errements dans une bouquinerie, j’ai d’abord été intrigué par le 4eme de couverture puis conquis par la qualité des planches.
C’est un réel plaisir que de découvrir des albums d’auteurs francophones venant d’outre atlantique. Leur manière d’approcher et de concevoir une bd apporte un regard neuf sur le neuvième art. Avec cet album, Côté aborde la complexité des relations humaines sans parti pris. L’auteur passe du monde réel à celui de l’imaginaire (et inversement) avec aisance et talent. Ainsi, le lecteur est l’observateur privilégié du lent déclin de Paul Victor et de ses rencontres avec Rimbaud et Verlaine. Malgré la complexité et la richesse de l’album, il me semble à la portée de tous. Côté dessins, Côté (l’auteur) maîtrise parfaitement le N&B et le jeu de lumières.
Bref, voici un album sobre et profondément humain qui vaut (largement) le détour . . .
D'habitude, je lis les commentaires plus que je n'en écris, mais je me dois de faire exception pour cette BD. Pris complètement par hasard dans le rayon parce que la couverture était simplement "jolie", j'ai dévoré le premier tome et été bluffé sur le second. Le dessin est aussi doux et beau que l'histoire. J'étais content de lire enfin quelque chose qui me permette de ressentir des sentiments nouveaux en lisant une bd. Lorsque j'ai tourné la dernière page, le sourire béa, j'avais l'impression d'avoir été me promener au bord de la mer ou dans les bois, c'est tellement raffraîchissant!
"Les garnimos", tout est dit dans le titre... Animaux et garnements.
Dav, nous livre une histoire destinée à nos chères têtes blondes mais à la différence des très tendances Titeuf, Petit Spirou, … ici, il ne s’agit pas d’un album formaté sur le système un gag par planche mais d’une vraie histoire. Même si celle-ci est plutôt un simple prétexte à enchaîner les gags, la lecture est plus agréable comme ça. Les dialogues sont toujours justes, bien trouvés, et très inspirés (Spécial dédicace au rap des hyènes :D). L’humour cocasse et surréaliste fait que même les plus "vieux" y trouveront leur compte.
Les dessins de Dav sont très jolis. Parfait pour une BD jeunesse. Les personnages sont vraiment tout mimi et très expressifs.
BenGrrr a su trouver les couleurs chaudes dans des tons orangés qui collent parfaitement à l’ambiance savane. La colo est tout bonnement magnifique ; simple et efficace comme le dessin.
Rahhh mais 30 pages, c’est trop court…
Le Western Fantastique est un sujet déjà traîté chez Vents d'Ouest. Oui, La Piste des Ombres de Tiburce Oger a déjà ouvert la voie avec beaucoup de réussite.
Et voici donc qu'ils remettent le couvert avec cette mini-série qui sera développée en seulement deux tomes.
Le résultat est vraiment à la hauteur. Le scénario est mené avec beaucoup de cohérence et d'intelligence. Le sujet traité est, certes, pas forcément très original mais on rentre dans le récit avec beaucoup d'interêt. Si on devine certains aboutissants, on est totalement intrigué par d'autres et je vous avoue que j'attends la suite avec beaucoup d'impatience. Les personnages ne manquent pas d'humour et certains d'entre eux sont même parfois émouvants (je pense surtout à la petite Simone).
Je remarque de plus en plus que le Western et le fantastique sont deux genres qui se marient très bien ensemble et cette BD confirme tout à fait mon propos.
Le dessin de Hérenguel est vraiment superbe. Il se dégage de son graphisme beaucoup de finesse et les couleurs chatoyantes de l'album viennent encore plus accentuer cet effet. Les personnages sont très expressifs et les décors sont élégants. Du beau travail !
Le comble du bonheur c'est qu'on a droit à un dossier en fin d'album + un ex-libris, le tout inséré dans une enveloppe et bien-sûr pour 12,5 € . La classe !
Vous aurez compris que je vous conseille vivement de lire Lune d'Argent sur Providence !
Formidable.
Incompréhensible qu'un tel album soit passé inaperçu.
Car ces Rois vagabonds est tout simplement une oeuvre maîtresse non seulement du neuvième art des années 2000, mais aussi de la littérature américaine. Car la peinture de l'Amérique de la Grande Dépression est saisissante. Loin des clichés avec les banquiers qui se jettent du haut des immeubles, cet album nous fait découvrir un autre pan du décor, un phénomène qui a pris une incroyable ampleur dans cette entre-deux-guerres si triste : celui des Hobos. Ces gens errants, à la fois clochards et saisonniers itinérants, qui se déplaçaient par centaines de petits groupes dans les Etats-Unis. C'est un phénomène toujours courant outre-Atlantique, et intégré depuis longtemps dans la culture et la littérature américaines. En témoignent de célèbres ouvrages, comme le Huckleberry Finn de Mark Twain, le Sur la route de Jack Kerouac. Des ouvrages fondamentaux, comme l'est le présent album. C'est l'Amérique dans toute sa nudité qui nous est ici révélée.
Dan Burr a adapté graphiquement le roman de James Vance, dans un noir et blanc absolument remarquable, à la fois sobre et minutieux. Le seul bémol est selon moi le manque de différenciation des visages des personnages mâles adultes. Mais il ne s'agit là que d'un détail, qui ne peut pas entacher le bonheur de lire ce monument.
J'ai hésité à mettre la note maximale, mais devant l'enthousiasme de l'ami JBT, je me suis laissé emporter. :)
Originals! Une sacrée bonne surprise, Dave Gibbons est un dessinateur au talent incontestable, pour Originals Gibbons dessine et scénarise une histoire qui lui est toute personnelle.
L'histoire est d'une simplicité absolue, les thèmes visités sont ceux de l'amour et de l'amitié.
La force d'Originals lui vient de sa narration particulière et de sa représentation rétro-futuriste absolument géniale. Aucun univers ne ressemble à celui d'Originals, Dave Gibbons est anglais cela se voit dans toutes les cases de cette oeuvre.
La BD est imprimée sur du papier noir, les dessins sont en gris et noir plutôt qu'en noir et blanc, et cela donne une patine toute particulière au style classieux de Dave Gibbons. Feuilletez cet album, voyez par vous même les dessins et la mise en page, c'est extraordinaire.
Pour finir je dirais juste que cette histoire toute simple, parfois brutale, parfois poétique mérite d'être lue, si le propos est souvent délicieusement suranné, le style est toujours agressif et dynamique. La fin est sans surprises, ici pas de twist surréaliste pour surprendre le lecteur et plomber la BD, juste une fin magnifique et attendue.
Lisez Originals.
Le "survival" est un sous-genre cinématographique fun et jouissif pour peu que l'on en apprécie les délires. Une idée simple, une ou des personnes ordinaires, se trouvent en des lieux hostiles et sont menacés par des monstres ou autres débiles consanguins armés jusqu'au dents pour leur trouer la peau. Ils ne peuvent se raccrocher à rien car tout se retourne contre eux, toute rencontre est une menace potentielle et toute issue est forcément bloquée. De ce genre, citons le film "Délivrance" comme en étant une des références majeure.
"Pleine lune" emprunte cette voie, un type détestable en tout points, va vivre un calvaire aussi brutal que déstabilisant, tout au long d'une nuit de pleine lune. Cet employé de l'administration, si fier de régner sur son petit univers minable, va se retrouver errant dans un monde qu'il craint, le monde réel, le vrai mais sous son jour le plus violent.
Le scénario est très simple, le supense monte crescendo et l'auteur n'hésite pas à pousser les situations jusqu'à l'outrance ni à mettre en scène des personnages à la limite de la caricature pour enfoncer le clou. Cela peut paraître un peu gros mais il faut reconnaître que au niveau de la tension émotionnelle ça fonctionne à merveille. Difficile de rester insensible devant cette avalanche de cruelles mésaventures, le personnage principal, Tolwiek, est un minable, il le sait, il est ici confronté à ses peurs les plus viscérales et il s'écroule, il subit, il fuit.
Il a perdu de sa superbe, de sa fierté le long de de cette nuit, lui qui était si autosatisfait d'utiliser son semblant de pouvoir sur les plus faibles.
Pourtant en lisant on éprouve presque de la pitié pour ce minable, le monde nous apparaît froid, irréel, les situation sont surréalistes, et l'ambiance fleure bon le fantastique.
En fait, une lecture coupable mais jouissive tant on est content malgré tout de voir Tolwiek poussé au dela de ce qu'il peut endurer.
Le noir et blanc sied à merveille pour cette histoire sombre, où les nuances sont importantes et les apparences trompeuses. Au final cette BD contient pas mal d'éléments pour être qualifiée de chef-d'oeuvre, mais...
La fin déçoit, cette histoire qui malmène et fait douter le lecteur, ou la tension est palpable, ou l'on sent le spectre du fantastique planer... se conclut de manière bien trop facile.
Avait-on vraiment besoin de cette explication foireuse? Avait-on besoin de cette morale inutile?
C'est ainsi en tout cas, dommage, à mon avis Chabouté plombe son oeuvre sur les deux dernières pages.
À lire tout de même, de nombreuses qualités demeurent.
Une BD de Comès qui semble moins connue que Silence et qui est pourtant tout aussi bien.
On retrouve le style particulier de Comès dans le dessin des personnages (notamment dans l'intensité du regard).
C'est le découpage du récit et la déformation des perspectives dans son dessin qui donne à "La Belette" l'impression d'avoir fait un rêve une fois le livre refermé.
Bref pour passer un moment, déconnecté de la réalité, et avoir l'agréable sensation de se reveiller en ayant vécu une histoire sombre, dramatique et magique, laissez-vous tenter par "La Belette".
Excellemment bien traité au niveau du graphisme (mélange photos + dessins), beaucoup d'originalité et de liberté aussi.
En ce qui concerne l'histoire, j'ai appris une quantité de choses impressionnante sur médecins sans frontières et la vie en Afghanistan.
Je ne peux que conseiller.
Excellente bd sur beaucoup de plans. Beaucoup d'originalité dans le graphisme. Histoire bien traitée.
Jusqu'à la qualité du papier : un délice entre les mains.
Je ne peux que conseiller.
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Victor et Rivière
André-Philippe Côté semble être un auteur complet qui connaît un succès certain au Canada. "Victor et Rivière" a d’abord été édité en N&B par "Soulières Editeur" avant d’être réédité en couleur par "Trois-Pistoles" pour séduire le marché européen. De l’album, je n’ai lu que la version N&B mais il me tarde de pouvoir dévorer la version colorisée qui semble bien alléchante ! Déniché par hasard au gré de mes errements dans une bouquinerie, j’ai d’abord été intrigué par le 4eme de couverture puis conquis par la qualité des planches. C’est un réel plaisir que de découvrir des albums d’auteurs francophones venant d’outre atlantique. Leur manière d’approcher et de concevoir une bd apporte un regard neuf sur le neuvième art. Avec cet album, Côté aborde la complexité des relations humaines sans parti pris. L’auteur passe du monde réel à celui de l’imaginaire (et inversement) avec aisance et talent. Ainsi, le lecteur est l’observateur privilégié du lent déclin de Paul Victor et de ses rencontres avec Rimbaud et Verlaine. Malgré la complexité et la richesse de l’album, il me semble à la portée de tous. Côté dessins, Côté (l’auteur) maîtrise parfaitement le N&B et le jeu de lumières. Bref, voici un album sobre et profondément humain qui vaut (largement) le détour . . .
Où le regard ne porte pas...
D'habitude, je lis les commentaires plus que je n'en écris, mais je me dois de faire exception pour cette BD. Pris complètement par hasard dans le rayon parce que la couverture était simplement "jolie", j'ai dévoré le premier tome et été bluffé sur le second. Le dessin est aussi doux et beau que l'histoire. J'étais content de lire enfin quelque chose qui me permette de ressentir des sentiments nouveaux en lisant une bd. Lorsque j'ai tourné la dernière page, le sourire béa, j'avais l'impression d'avoir été me promener au bord de la mer ou dans les bois, c'est tellement raffraîchissant!
Les Garnimos
"Les garnimos", tout est dit dans le titre... Animaux et garnements. Dav, nous livre une histoire destinée à nos chères têtes blondes mais à la différence des très tendances Titeuf, Petit Spirou, … ici, il ne s’agit pas d’un album formaté sur le système un gag par planche mais d’une vraie histoire. Même si celle-ci est plutôt un simple prétexte à enchaîner les gags, la lecture est plus agréable comme ça. Les dialogues sont toujours justes, bien trouvés, et très inspirés (Spécial dédicace au rap des hyènes :D). L’humour cocasse et surréaliste fait que même les plus "vieux" y trouveront leur compte. Les dessins de Dav sont très jolis. Parfait pour une BD jeunesse. Les personnages sont vraiment tout mimi et très expressifs. BenGrrr a su trouver les couleurs chaudes dans des tons orangés qui collent parfaitement à l’ambiance savane. La colo est tout bonnement magnifique ; simple et efficace comme le dessin. Rahhh mais 30 pages, c’est trop court…
Lune d'argent sur Providence
Le Western Fantastique est un sujet déjà traîté chez Vents d'Ouest. Oui, La Piste des Ombres de Tiburce Oger a déjà ouvert la voie avec beaucoup de réussite. Et voici donc qu'ils remettent le couvert avec cette mini-série qui sera développée en seulement deux tomes. Le résultat est vraiment à la hauteur. Le scénario est mené avec beaucoup de cohérence et d'intelligence. Le sujet traité est, certes, pas forcément très original mais on rentre dans le récit avec beaucoup d'interêt. Si on devine certains aboutissants, on est totalement intrigué par d'autres et je vous avoue que j'attends la suite avec beaucoup d'impatience. Les personnages ne manquent pas d'humour et certains d'entre eux sont même parfois émouvants (je pense surtout à la petite Simone). Je remarque de plus en plus que le Western et le fantastique sont deux genres qui se marient très bien ensemble et cette BD confirme tout à fait mon propos. Le dessin de Hérenguel est vraiment superbe. Il se dégage de son graphisme beaucoup de finesse et les couleurs chatoyantes de l'album viennent encore plus accentuer cet effet. Les personnages sont très expressifs et les décors sont élégants. Du beau travail ! Le comble du bonheur c'est qu'on a droit à un dossier en fin d'album + un ex-libris, le tout inséré dans une enveloppe et bien-sûr pour 12,5 € . La classe ! Vous aurez compris que je vous conseille vivement de lire Lune d'Argent sur Providence !
Les rois vagabonds
Formidable. Incompréhensible qu'un tel album soit passé inaperçu. Car ces Rois vagabonds est tout simplement une oeuvre maîtresse non seulement du neuvième art des années 2000, mais aussi de la littérature américaine. Car la peinture de l'Amérique de la Grande Dépression est saisissante. Loin des clichés avec les banquiers qui se jettent du haut des immeubles, cet album nous fait découvrir un autre pan du décor, un phénomène qui a pris une incroyable ampleur dans cette entre-deux-guerres si triste : celui des Hobos. Ces gens errants, à la fois clochards et saisonniers itinérants, qui se déplaçaient par centaines de petits groupes dans les Etats-Unis. C'est un phénomène toujours courant outre-Atlantique, et intégré depuis longtemps dans la culture et la littérature américaines. En témoignent de célèbres ouvrages, comme le Huckleberry Finn de Mark Twain, le Sur la route de Jack Kerouac. Des ouvrages fondamentaux, comme l'est le présent album. C'est l'Amérique dans toute sa nudité qui nous est ici révélée. Dan Burr a adapté graphiquement le roman de James Vance, dans un noir et blanc absolument remarquable, à la fois sobre et minutieux. Le seul bémol est selon moi le manque de différenciation des visages des personnages mâles adultes. Mais il ne s'agit là que d'un détail, qui ne peut pas entacher le bonheur de lire ce monument. J'ai hésité à mettre la note maximale, mais devant l'enthousiasme de l'ami JBT, je me suis laissé emporter. :)
Originals
Originals! Une sacrée bonne surprise, Dave Gibbons est un dessinateur au talent incontestable, pour Originals Gibbons dessine et scénarise une histoire qui lui est toute personnelle. L'histoire est d'une simplicité absolue, les thèmes visités sont ceux de l'amour et de l'amitié. La force d'Originals lui vient de sa narration particulière et de sa représentation rétro-futuriste absolument géniale. Aucun univers ne ressemble à celui d'Originals, Dave Gibbons est anglais cela se voit dans toutes les cases de cette oeuvre. La BD est imprimée sur du papier noir, les dessins sont en gris et noir plutôt qu'en noir et blanc, et cela donne une patine toute particulière au style classieux de Dave Gibbons. Feuilletez cet album, voyez par vous même les dessins et la mise en page, c'est extraordinaire. Pour finir je dirais juste que cette histoire toute simple, parfois brutale, parfois poétique mérite d'être lue, si le propos est souvent délicieusement suranné, le style est toujours agressif et dynamique. La fin est sans surprises, ici pas de twist surréaliste pour surprendre le lecteur et plomber la BD, juste une fin magnifique et attendue. Lisez Originals.
Pleine lune
Le "survival" est un sous-genre cinématographique fun et jouissif pour peu que l'on en apprécie les délires. Une idée simple, une ou des personnes ordinaires, se trouvent en des lieux hostiles et sont menacés par des monstres ou autres débiles consanguins armés jusqu'au dents pour leur trouer la peau. Ils ne peuvent se raccrocher à rien car tout se retourne contre eux, toute rencontre est une menace potentielle et toute issue est forcément bloquée. De ce genre, citons le film "Délivrance" comme en étant une des références majeure. "Pleine lune" emprunte cette voie, un type détestable en tout points, va vivre un calvaire aussi brutal que déstabilisant, tout au long d'une nuit de pleine lune. Cet employé de l'administration, si fier de régner sur son petit univers minable, va se retrouver errant dans un monde qu'il craint, le monde réel, le vrai mais sous son jour le plus violent. Le scénario est très simple, le supense monte crescendo et l'auteur n'hésite pas à pousser les situations jusqu'à l'outrance ni à mettre en scène des personnages à la limite de la caricature pour enfoncer le clou. Cela peut paraître un peu gros mais il faut reconnaître que au niveau de la tension émotionnelle ça fonctionne à merveille. Difficile de rester insensible devant cette avalanche de cruelles mésaventures, le personnage principal, Tolwiek, est un minable, il le sait, il est ici confronté à ses peurs les plus viscérales et il s'écroule, il subit, il fuit. Il a perdu de sa superbe, de sa fierté le long de de cette nuit, lui qui était si autosatisfait d'utiliser son semblant de pouvoir sur les plus faibles. Pourtant en lisant on éprouve presque de la pitié pour ce minable, le monde nous apparaît froid, irréel, les situation sont surréalistes, et l'ambiance fleure bon le fantastique. En fait, une lecture coupable mais jouissive tant on est content malgré tout de voir Tolwiek poussé au dela de ce qu'il peut endurer. Le noir et blanc sied à merveille pour cette histoire sombre, où les nuances sont importantes et les apparences trompeuses. Au final cette BD contient pas mal d'éléments pour être qualifiée de chef-d'oeuvre, mais... La fin déçoit, cette histoire qui malmène et fait douter le lecteur, ou la tension est palpable, ou l'on sent le spectre du fantastique planer... se conclut de manière bien trop facile. Avait-on vraiment besoin de cette explication foireuse? Avait-on besoin de cette morale inutile? C'est ainsi en tout cas, dommage, à mon avis Chabouté plombe son oeuvre sur les deux dernières pages. À lire tout de même, de nombreuses qualités demeurent.
La Belette
Une BD de Comès qui semble moins connue que Silence et qui est pourtant tout aussi bien. On retrouve le style particulier de Comès dans le dessin des personnages (notamment dans l'intensité du regard). C'est le découpage du récit et la déformation des perspectives dans son dessin qui donne à "La Belette" l'impression d'avoir fait un rêve une fois le livre refermé. Bref pour passer un moment, déconnecté de la réalité, et avoir l'agréable sensation de se reveiller en ayant vécu une histoire sombre, dramatique et magique, laissez-vous tenter par "La Belette".
Le Photographe
Excellemment bien traité au niveau du graphisme (mélange photos + dessins), beaucoup d'originalité et de liberté aussi. En ce qui concerne l'histoire, j'ai appris une quantité de choses impressionnante sur médecins sans frontières et la vie en Afghanistan. Je ne peux que conseiller.
Pilules bleues
Excellente bd sur beaucoup de plans. Beaucoup d'originalité dans le graphisme. Histoire bien traitée. Jusqu'à la qualité du papier : un délice entre les mains. Je ne peux que conseiller.