Ces petites histoires ne manquent pas d'humour, sont saupoudrées d'érotisme et ont toutes une touche d'originalité.
Les histoires s'achèvent sur une morale souvent gentillette et font la part belle aux filles.
Les dessins ne sont pas extraordinaires mais agréables, à noter que les filles sont girondes, donc représentées avec de tendres rondeurs.
"Les Coeurs boudinés" n'est pas un chef-d'oeuvre, mais une lecture fraîche et distrayante ce qui est déjà beaucoup.
Un bon petit 4/5, à lire !
Un conte qui semble pour enfants au début, mais qui finalement est assez sombre.
Superbement illustré et conté, chaque page est un vrai régal grâce au talent du dessinateur et à la phraséologie du conteur.
J'ai découvert Frantico vers fin Janvier quand son blog commençait à véritablement faire parler de lui. C'est devenu ensuite un véritable phénomène de mode qui vit son apogée par le voyage en Corée offert à Frantico pour un festival blog (véritable ou non, la polémique existe encore, je crois bien), voyage qui l'amènera à rencontrer l'amour et à mettre fin à son blog exhutoire.
Mais qu'est-ce qui a fait le succès de ce blog ?
Son approche graphique déjà. Semblable aux yeux d'un néophyte à des planches crayonnées au stylo sur un cahier et colorisée grossièrement, il s'avère pourtant que le trait est véritablement maîtrisé, faisant du simple quand il est compliqué d'obtenir une telle expressivité des personnages et décors. La mise en page, les points de vue, et même cette colorisation si spéciale (une texture de papier sopalin peint ?) sont excellents et amènent un réel plaisir de lecture à ces planches qui au premier coup d'oeil ne paient pas de mine.
Mais c'est surtout l'humour et la franchise décomplexée de ces planches qui sont formidables. Le Frantico de ces histoires n'a absolument aucun complexe, affichant sa pratique de la masturbation et ses basses pensées avec un total naturel. Il cause souvent (sans arrêt ?) de cul, de merde, de phantasmes, d'égoïsme humain, s'appropriant tous ces inavouables défauts et les rendant hilarants et tellement véridiques. Récits exutoires, sans doute, mais ce qui est certain c'est qu'on s'attache très rapidement à Frantico malgré tous ces défauts et sa franchise proche du choquant.
Et l'humour surtout est vraiment bon. Frantico parsème ses histoires crues et bassement instinctives de pensées philosophiques sur la vie quotidienne, les comportements humains, la société, une chasse d'eau, les poils de cul, n'importe quoi, et ça passe extrêmement bien tout en étant hilarant.
Voilà pour dire que le blog de Frantico est excellent, c'est une chose. Mais ce blog est accessible gratuitement et dans son intégralité sur le net ! Alors est-ce que ça vaut vraiment la peine de payer 19 Euros pour avoir sur format papier quelque chose qui autrement est gratuit sur Internet ?
Eh bien oui, en fait...
D'abord parce que d'avoir une BD en album et format papier, c'est toujours plus agréable à lire, même si le blog de Frantico était prévu initialement pour être affiché sur un écran, avec un format et une pagination assez libre.
Ensuite parce que c'est un bel objet solide et de bonne qualité.
Et enfin parce que c'est surtout un pavé de plus de 280 pages et 19 euros pour un tel pavé composé de gags aussi bons, osés et originaux, c'est vraiment un prix tout à fait acceptable.
Plus je lis du Bess, plus j'adore. Enfin, quand je dis du Bess, je veux surtout parler du Bess en solo et en noir et blanc. Celui qui se laisse aller sans garde-fou dans des délires graphiques et philosophiquo-humoristiques absolument sidérants. Ce livre est plein de vie de poésie et d'humour. Il est de ceux qui rendent la vie plus douce. Il n'a ni queue, ni tête, il est un renouvellement perpétuel, un émerveillement continu, malgré l'épaisseur de l'objet. A mon sens le meilleur livre de Georges Bess.
La couverture ne traduit pas forcément l'esprit de la bd. Je m'attendais en ouvrant l'album a trouver un récit type Travis version guerre, et en fait, j'ai surtout découvert une réflexion sur les dérives du rapport à l'image de nos sociétés et sur la mondialisation de l'économie. Et du coup, j'ai été agréablement surpris.
Bien sûr l'histoire débute seulement, bien sûr les thèmes traités ne sont pas forcément révolutionnaires, mais côté bd, les incursions dans ces registres précis ne sont pas aussi courantes que cela. Les albums suivants nous permettront de mieux évaluer le potentiel de la série, mais d'ors et déjà, j'avoue que mon intérêt est piqué au vif. J'attends la suite avec impatience, en espérant qu'on ne dérive pas vers le type de certaines bd-manga ou l'action prime sur le reste.
Côté graphisme, c'est nickel... Le style de Jacamon sert très bien le propos (comme c'était déjà le cas pour Le Tueur). En effet, son caractère anguleux est en adéquation parfaite avec le côté tranchant et incisif des opérations militaires décrites...
Une série naissante à découvrir donc...
Imaginez notre Quasimodo national au pays des "raisins de la colère" et vous obtenez "les rêves de Milton", oeuvre forte, violente et belle à la fois. Sylvain Ricard nous gratifie, une fois de plus, d'une histoire forte et marquante, mise en relief d'une façon magistrale par Maël, qui nous avait habitué à un dessin plus coloré avec "Tamino" chez Glénat. La période de la Grande Dépression nous a fourni donc, outre les meilleurs films de Chaplin, mais aussi cette bande dessinée, violente et réaliste qui nous entraîne vers les plus bas desseins de l'homme. Je regrette une seule chose à propos de cette histoire, c'est que la collection "Aire Libre" de Dupuis n'ait pas offert aux auteurs la possibilité de traiter leur histoire sous forme de one shot (même en un volume de 80 pages, cela restait possible). Mais Sylvain Ricard m'a confié récemment que le prochain tome comportera 70 pages- et sortira en octobre 2006-; donc un one shot de près de 140 pages n'était guère envisageable chez l'éditeur.
Toutefois, bravo pour le dessin. Bravo à Sylvain Ricard et à Frédéric Féjard pour le scénario accrocheur.
"Le maître de jeu", la partie ne fait que commencer…
Avec cette histoire, Corbeyran développe son univers des Stryges. Un groupe de jeunes pratiquant les jeux de rôle et un enfant infirme accro à Internet, se retrouvent au beau milieu d’une affaire lugubre où beaucoup y laissent leur peau. Le scénario est très accrocheur, la fin de chaque tome est insoutenable. Il n’est pas nécessaire d’avoir lu Le Chant des Stryges pour suivre cette aventure. Mais les lecteurs de la série mère, seront heureux de pourvoir faire le lien entre les deux histoires avec plusieurs éléments tels que le livre et le tableau traitant des stryges. Les personnages sont vraiment très bien développés, ce qui fait qu’on se sent très proche d’eux.
C’est Charlet qui est au dessin et à la couleur. Je dois avouer que durant les premières planches, les illustrations ne me plaisaient que très moyennement, mais au fil de ma lecture, j’ai fini par m’y habituer assez vite, et à la fin par carrément apprécier ce style semi réaliste à influence manga.
A noter que pour le cinquième et le sixième tome, la série change de dessinateur, et à l’heure où je poste on ne sait pas encore qui prendra le relais.
J'ai vraiment adoré ce bouquin, premier du genre que je lisais.
Au niveau du dessin, Thompson fait beaucoup avec pas grand chose. En à peine quelques traits, il arrive à composer des planches de toute beauté (voir tout simplement la galerie).
Le thème peut paraître parfaitement banal (l'histoire d'un ado, ses amours, son rapport à la religion) mais le récit ravive aussi quelques souvenirs, pas très lointains en ce qui me concerne ; ainsi, on est vite proche de Craig, quand bien même la religion catholique nous est Terra Incognita.
A posséder et à lire absolument.
Franchement bien, oui !
Myrkos est un récit fictif dont l’univers est directement emprunté à la Grèce antique. Le terme "antic fantasy" est d’ailleurs avancé par les auteurs. Cette histoire n’est donc construite sur aucune base historique avérée. Pourtant le récit garde toute sa crédibilité. En effet, cet ornementiste qui s’oppose au conservatisme du dogme en découvrant la perspective aurait pu exister. C’est ce qui fait aussi la force de cette série : rendre vraisemblable un évènement qui ne se produira que bien après. Kraehn nous offre un scénario dense construit intelligemment sur une base solide avec une idée de départ originale et bien exploitée. Le dessin de Miguel est quant à lui soigné et correctement réalisé. On pourrait lui reprocher l’absence d’un style propre mais pour un premier album, je trouve ça pas mal. De plus, les couleurs sont judicieusement choisies pour mettre en valeur l’histoire. A suivre !
"Lune d’argent sur providence" quand le western rencontre le fantastique…
Herenguel porte trois casquettes, celles de scénariste, de dessinateur et de coloriste. Et il excelle dans les trois rôles.
Au cinéma, je suis plutôt fan des cows-boys de Sergio Leone avec leurs sales gueules et leurs guenilles toutes poussiéreuses. Alors que ceux de John Ford, coiffés à la gomina et portant des chemises roses, je les ai toujours trouvés un peu ridicule. Mais très paradoxalement, dans cet album, j’ai adoré cette ambiance très kitch des westerns des années 50, que l’auteur a admirablement réussi à coucher sur le papier. Les personnages sont très attachants. Au départ, ils apparaissent comme des stéréotypes du genre et par la suite, en avançant un peu plus dans l’histoire, on découvre que leur psychologie est plus fouillée et plus étoffée que ce que l’on imaginait. Le récit est agrémenté de petites pointes d’humour très subtiles et toujours bienvenues. Le fait d’ajouter une touche de fantastique rend l’histoire plus originale et attractive, et moins banale et convenue.
Les dessins sont magnifiques, ils fourmillent de détails sans pour autant surcharger les cases. Les couleurs sont à la fois pâles et sombres. Pâles pour accentuer le côté kitch et sombre pour faire ressortir le côté inquiétant et cruel de l’intrigue.
Et pour conclure, ce premier album contient plus de 60 pages, on en a donc largement pour son argent. J’attends impatiemment le deuxième tome qui devrait achever l’histoire.
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Les Coeurs boudinés
Ces petites histoires ne manquent pas d'humour, sont saupoudrées d'érotisme et ont toutes une touche d'originalité. Les histoires s'achèvent sur une morale souvent gentillette et font la part belle aux filles. Les dessins ne sont pas extraordinaires mais agréables, à noter que les filles sont girondes, donc représentées avec de tendres rondeurs. "Les Coeurs boudinés" n'est pas un chef-d'oeuvre, mais une lecture fraîche et distrayante ce qui est déjà beaucoup. Un bon petit 4/5, à lire !
Le Prince des Ecureuils
Un conte qui semble pour enfants au début, mais qui finalement est assez sombre. Superbement illustré et conté, chaque page est un vrai régal grâce au talent du dessinateur et à la phraséologie du conteur.
Le Blog de Frantico
J'ai découvert Frantico vers fin Janvier quand son blog commençait à véritablement faire parler de lui. C'est devenu ensuite un véritable phénomène de mode qui vit son apogée par le voyage en Corée offert à Frantico pour un festival blog (véritable ou non, la polémique existe encore, je crois bien), voyage qui l'amènera à rencontrer l'amour et à mettre fin à son blog exhutoire. Mais qu'est-ce qui a fait le succès de ce blog ? Son approche graphique déjà. Semblable aux yeux d'un néophyte à des planches crayonnées au stylo sur un cahier et colorisée grossièrement, il s'avère pourtant que le trait est véritablement maîtrisé, faisant du simple quand il est compliqué d'obtenir une telle expressivité des personnages et décors. La mise en page, les points de vue, et même cette colorisation si spéciale (une texture de papier sopalin peint ?) sont excellents et amènent un réel plaisir de lecture à ces planches qui au premier coup d'oeil ne paient pas de mine. Mais c'est surtout l'humour et la franchise décomplexée de ces planches qui sont formidables. Le Frantico de ces histoires n'a absolument aucun complexe, affichant sa pratique de la masturbation et ses basses pensées avec un total naturel. Il cause souvent (sans arrêt ?) de cul, de merde, de phantasmes, d'égoïsme humain, s'appropriant tous ces inavouables défauts et les rendant hilarants et tellement véridiques. Récits exutoires, sans doute, mais ce qui est certain c'est qu'on s'attache très rapidement à Frantico malgré tous ces défauts et sa franchise proche du choquant. Et l'humour surtout est vraiment bon. Frantico parsème ses histoires crues et bassement instinctives de pensées philosophiques sur la vie quotidienne, les comportements humains, la société, une chasse d'eau, les poils de cul, n'importe quoi, et ça passe extrêmement bien tout en étant hilarant. Voilà pour dire que le blog de Frantico est excellent, c'est une chose. Mais ce blog est accessible gratuitement et dans son intégralité sur le net ! Alors est-ce que ça vaut vraiment la peine de payer 19 Euros pour avoir sur format papier quelque chose qui autrement est gratuit sur Internet ? Eh bien oui, en fait... D'abord parce que d'avoir une BD en album et format papier, c'est toujours plus agréable à lire, même si le blog de Frantico était prévu initialement pour être affiché sur un écran, avec un format et une pagination assez libre. Ensuite parce que c'est un bel objet solide et de bonne qualité. Et enfin parce que c'est surtout un pavé de plus de 280 pages et 19 euros pour un tel pavé composé de gags aussi bons, osés et originaux, c'est vraiment un prix tout à fait acceptable.
Chroniques aléatoires
Plus je lis du Bess, plus j'adore. Enfin, quand je dis du Bess, je veux surtout parler du Bess en solo et en noir et blanc. Celui qui se laisse aller sans garde-fou dans des délires graphiques et philosophiquo-humoristiques absolument sidérants. Ce livre est plein de vie de poésie et d'humour. Il est de ceux qui rendent la vie plus douce. Il n'a ni queue, ni tête, il est un renouvellement perpétuel, un émerveillement continu, malgré l'épaisseur de l'objet. A mon sens le meilleur livre de Georges Bess.
Cyclopes
La couverture ne traduit pas forcément l'esprit de la bd. Je m'attendais en ouvrant l'album a trouver un récit type Travis version guerre, et en fait, j'ai surtout découvert une réflexion sur les dérives du rapport à l'image de nos sociétés et sur la mondialisation de l'économie. Et du coup, j'ai été agréablement surpris. Bien sûr l'histoire débute seulement, bien sûr les thèmes traités ne sont pas forcément révolutionnaires, mais côté bd, les incursions dans ces registres précis ne sont pas aussi courantes que cela. Les albums suivants nous permettront de mieux évaluer le potentiel de la série, mais d'ors et déjà, j'avoue que mon intérêt est piqué au vif. J'attends la suite avec impatience, en espérant qu'on ne dérive pas vers le type de certaines bd-manga ou l'action prime sur le reste. Côté graphisme, c'est nickel... Le style de Jacamon sert très bien le propos (comme c'était déjà le cas pour Le Tueur). En effet, son caractère anguleux est en adéquation parfaite avec le côté tranchant et incisif des opérations militaires décrites... Une série naissante à découvrir donc...
Les Rêves de Milton
Imaginez notre Quasimodo national au pays des "raisins de la colère" et vous obtenez "les rêves de Milton", oeuvre forte, violente et belle à la fois. Sylvain Ricard nous gratifie, une fois de plus, d'une histoire forte et marquante, mise en relief d'une façon magistrale par Maël, qui nous avait habitué à un dessin plus coloré avec "Tamino" chez Glénat. La période de la Grande Dépression nous a fourni donc, outre les meilleurs films de Chaplin, mais aussi cette bande dessinée, violente et réaliste qui nous entraîne vers les plus bas desseins de l'homme. Je regrette une seule chose à propos de cette histoire, c'est que la collection "Aire Libre" de Dupuis n'ait pas offert aux auteurs la possibilité de traiter leur histoire sous forme de one shot (même en un volume de 80 pages, cela restait possible). Mais Sylvain Ricard m'a confié récemment que le prochain tome comportera 70 pages- et sortira en octobre 2006-; donc un one shot de près de 140 pages n'était guère envisageable chez l'éditeur. Toutefois, bravo pour le dessin. Bravo à Sylvain Ricard et à Frédéric Féjard pour le scénario accrocheur.
Le Maître de Jeu
"Le maître de jeu", la partie ne fait que commencer… Avec cette histoire, Corbeyran développe son univers des Stryges. Un groupe de jeunes pratiquant les jeux de rôle et un enfant infirme accro à Internet, se retrouvent au beau milieu d’une affaire lugubre où beaucoup y laissent leur peau. Le scénario est très accrocheur, la fin de chaque tome est insoutenable. Il n’est pas nécessaire d’avoir lu Le Chant des Stryges pour suivre cette aventure. Mais les lecteurs de la série mère, seront heureux de pourvoir faire le lien entre les deux histoires avec plusieurs éléments tels que le livre et le tableau traitant des stryges. Les personnages sont vraiment très bien développés, ce qui fait qu’on se sent très proche d’eux. C’est Charlet qui est au dessin et à la couleur. Je dois avouer que durant les premières planches, les illustrations ne me plaisaient que très moyennement, mais au fil de ma lecture, j’ai fini par m’y habituer assez vite, et à la fin par carrément apprécier ce style semi réaliste à influence manga. A noter que pour le cinquième et le sixième tome, la série change de dessinateur, et à l’heure où je poste on ne sait pas encore qui prendra le relais.
Blankets - Manteau de neige
J'ai vraiment adoré ce bouquin, premier du genre que je lisais. Au niveau du dessin, Thompson fait beaucoup avec pas grand chose. En à peine quelques traits, il arrive à composer des planches de toute beauté (voir tout simplement la galerie). Le thème peut paraître parfaitement banal (l'histoire d'un ado, ses amours, son rapport à la religion) mais le récit ravive aussi quelques souvenirs, pas très lointains en ce qui me concerne ; ainsi, on est vite proche de Craig, quand bien même la religion catholique nous est Terra Incognita. A posséder et à lire absolument.
Myrkos
Franchement bien, oui ! Myrkos est un récit fictif dont l’univers est directement emprunté à la Grèce antique. Le terme "antic fantasy" est d’ailleurs avancé par les auteurs. Cette histoire n’est donc construite sur aucune base historique avérée. Pourtant le récit garde toute sa crédibilité. En effet, cet ornementiste qui s’oppose au conservatisme du dogme en découvrant la perspective aurait pu exister. C’est ce qui fait aussi la force de cette série : rendre vraisemblable un évènement qui ne se produira que bien après. Kraehn nous offre un scénario dense construit intelligemment sur une base solide avec une idée de départ originale et bien exploitée. Le dessin de Miguel est quant à lui soigné et correctement réalisé. On pourrait lui reprocher l’absence d’un style propre mais pour un premier album, je trouve ça pas mal. De plus, les couleurs sont judicieusement choisies pour mettre en valeur l’histoire. A suivre !
Lune d'argent sur Providence
"Lune d’argent sur providence" quand le western rencontre le fantastique… Herenguel porte trois casquettes, celles de scénariste, de dessinateur et de coloriste. Et il excelle dans les trois rôles. Au cinéma, je suis plutôt fan des cows-boys de Sergio Leone avec leurs sales gueules et leurs guenilles toutes poussiéreuses. Alors que ceux de John Ford, coiffés à la gomina et portant des chemises roses, je les ai toujours trouvés un peu ridicule. Mais très paradoxalement, dans cet album, j’ai adoré cette ambiance très kitch des westerns des années 50, que l’auteur a admirablement réussi à coucher sur le papier. Les personnages sont très attachants. Au départ, ils apparaissent comme des stéréotypes du genre et par la suite, en avançant un peu plus dans l’histoire, on découvre que leur psychologie est plus fouillée et plus étoffée que ce que l’on imaginait. Le récit est agrémenté de petites pointes d’humour très subtiles et toujours bienvenues. Le fait d’ajouter une touche de fantastique rend l’histoire plus originale et attractive, et moins banale et convenue. Les dessins sont magnifiques, ils fourmillent de détails sans pour autant surcharger les cases. Les couleurs sont à la fois pâles et sombres. Pâles pour accentuer le côté kitch et sombre pour faire ressortir le côté inquiétant et cruel de l’intrigue. Et pour conclure, ce premier album contient plus de 60 pages, on en a donc largement pour son argent. J’attends impatiemment le deuxième tome qui devrait achever l’histoire.