J'ai eu la grande chance de trouver le tome 1 (édition 1999) de Bill Cosmos. Ne sachant pas de quoi il s'agissait vraiment mais me basant sur l'excellente impression que m'avait fait Harry sauve la planète du même auteur, j'ai sauté sur la trop rare occasion. Et j'ai savouré mon bonheur car cette BD est vraiment excellente également.
Bill Cosmos, c'est un soldat charismatique dont on devine les prouesses lors de la guerre même si l'on en voit que de jolis discours et quelques beaux ratés. Accompagné de son petit acolyte et faire-valoir, ils se retrouvent sans le sou à la fin de la guerre et doivent se débrouiller comme ils peuvent, se faisant lamentablement passer pour des pilotes d'essai ou fouillant les poubelles en quête de trouvailles, trouvailles qui vont les mener à devenir d'étonnants aventuriers de l'espace. Un mélange original de récit d'aventure rétro, de Les Pieds Nickelés, de Les Innommables, le tout largement saupoudré d'un véritable humour qui m'a vraiment fait rire à plusieurs reprises.
Très agréable à lire, drôle, un peu délirant et original.
Quant au dessin... L'achat de l'album pourrait se faire sur sa seule beauté. En quelques traits, Al Severin prouve qu'il a un talent digne des plus grands, Jijé, Franquin, Giraud, tous ceux dont on a l'impression qu'il suffit qu'ils prennent un stylo en main, trace quelques courbes et fassent soudainement apparaître une scène étonnante de vie et de maîtrise.
Chaque planche de Bill Cosmos est superbe, jouant en outre sur son aspect "issu d'un comics imaginaire".
Un excellent album : si vous avez la chance de le trouver, bondissez dessus immédiatement.
The Mood, nouvel album de la maison d'édition "des ronds dans l'O", ne peut pas passer inaperçu. Tout d'abord, le dessin de Lem (c'est son premier album) est formidable et m'a fait songer un petit peu à l'univers graphique de Christian Leger dans "Labienus " (édition théloma), qui malheureusement n'a pas eu beaucoup de retentissement.
J'ai eu la chance, lors d'un festival de la bande dessinée à la Conciergerie à Paris, de voir les planches originales de Mood ( avec l'amabilité de François Boudet) et j'avoue que tout de suite, Lem nous fait entrer ou plutôt plonger, par son talent, dans l'atmosphère noire de cette bande dessinée.
Ensuite le scénario d'Yves Leclercq, auteur de l'étonnant et controversé (enfin sur BDparadisio) Hurlevent (Casterman) paru en octobre dernier.
Car le récit n'est pas un récit simple et linéaire mais un véritable puzzle, avec des flashes back et une enquête en cours menée par deux flics assez réussis, que le lecteur rassemble dans un Hollywood des années 50. Une sorte de roman à clefs où les noms et les situations renvoient à l'Age d'Or du cinéma américain (dont je suis en outre un grand fan). Car évidemment, on y croise sous d'autres noms Marylin Monroe mais aussi Lana Turner et sa fille Cheryl Crane (toutes deux impliquées dans le scandale du meurtre de Stompanato). J'ai même cru déceler à travers le sénateur Connely, un certain Kennedy, qui a fait carrière par la suite.
Mais l'histoire illustre beaucoup plus le côté glauque et sordide d'Hollywood que celui des paillettes et de la comédie. A ce titre la scène entre Virginia Race et Joe Sylvano (alias Stompanoto) est particulièrement sordide voire insoutenable.
Un regard froid et sombre sur Hollywood, ses frasques, ses moeurs, ses crimes et ses combines.
Un polar noir, très noir, qui mérite certes une lecture soutenue ( voire une relecture) pour connaître les tenants et aboutissants de cette intrigue prévue en deux volumes.
Une réussite, mon coup de coeur du moment.
Note : 4,5/5
C'est dans le milieu des années 70, dans ces bons vieux "Strange", que j'ai découvert ce quatuor.
Bof... un vol spatial... les occupants de l'aéronef qui subissent des radiations cosmiques qui vont transformer leurs structures moléculaires... Encore de nouveaux super-héros aux multiples pouvoirs qui... et patati... et patata...
Les auteurs ?... Houps !... Stan Lee est au scénario, Jack Kirby au dessin. Prometteur !...
Et effectivement, la série tient ses promesses. J'ai bien apprécié ces aventures qui mettent en scène "La Chose", "L'Invisible", "Mister Fantastic" et "La Torche Humaine".
J'ai apprécié car, contrairement à d'autres super-héros, ces Quatre Fantastiques regrettent l'époque où ils n'étaient pas assimilés à des "monstres", ni montrés du doigt.
Bien sûr, ils vont se servir de leurs incroyables facultés pour essayer de sauver le monde ; mais cette véritable humanité "d'avant" qui est en eux les rend plus accessibles aux regard du lectorat.
Qui plus est, ce groupe forme -quasi- une famille réelle (deux époux, un beau-frère et un ami).
En faisant -à l'époque- quelques recherches, je me suis aperçu que cette équipe existait depuis pas mal d'années déjà.
Ils débutent (aux USA) dans leur propre comic book, n° 1 de Novembre 1961. Je les ai suivi, pendant des années, lors de leurs parutions en langue française.
J'ai ainsi constaté que plusieurs scénaristes et dessinateurs suivront Lee et Kirby. Et que du beau monde ; dont -entre autres- Steve Ditko, Chic Stone, John Buscema, Roy Thomas, John Romita... une certaine forme de "crême" des auteurs US d'alors.
Cette série n'a -pour moi- pas trop vieilli ; mises à part les couleurs basiques des premières années. Reed, Benjamin, Sue et Johnny sont toujours là, dans mes "Fantask" et "Stange", bien rangés sur mes étagères avec d'autres compères. Peut-être qu'un jour, si la Terre était réellement en danger, se réveilleront-ils pour -une fois encore- la sauver ?...
Je connais mal le personnage de Spider-Man mais je peux affirmer que cette série là, scénarisée par J.Michael Straczynski et dessinée par John Romita Jr, est la meilleure que j'ai lue jusqu'à présent mettant en scène ce personnage.
Le dessin de Romita Jr. me plait beaucoup. Son trait rappelle en moi quelques touches de ceux d'Andreas, de Vatine et un peu de Moebius. Mais au-delà de ces références discrètes que j'apprécie, il a sa propre âme. Et je le trouve tout simplement beau et très agréable à lire et à regarder.
Quant aux histoires, elles sont simples à résumer mais très plaisantes à lire et intelligemment racontées.
Le personnage de Spider-Man est présenté d'excellente manière, son aspect humain et surtout son humour ressortant de manière réussie. Ses réflexions et dialogues en cours de combats ou tandis qu'il saute de buildings en buildings m'ont vraiment fait rire par moments.
Et les intrigues de chaque histoire sont très prenantes, avec de bons personnages, amis comme ennemis. Bien sûr, ça n'a pas l'originalité d'un Alan Moore ou Neil Gaiman, mais ce sont de vraies bonnes histoires, qui ne prennent pas les lecteurs pour des idiots, et qui sont très bien narrées.
De vrais moments de détente, de récits captivants et d'envie de rester plus longtemps avec ce personnage qu'est Spider-Man que, grâce à cette série, je commence à apprécier presque au même titre que Batman qui était le seul vrai super-héros que j'appréciais totalement jusqu'à présent.
L'univers d'un enfant aux pouvoirs dépassant sa propre taille, propulsé à un statut de professeur au beau milieu d'un lycée de jeunes filles aussi jolies que chipies. Negi va traverser de nombreuses péripéties et au fur et à mesure de la lecture on découvre les multiples facettes de personnalité ainsi que celles de ses élèves. Très drôle, très touchant, magique. Parfois les péripéties se répètent mais le scénario reste prenant...
Parmi les lecteurs de "Smart Monkey", il y a ceux qui adulent le graphisme et les autres. Moi, je fais partie de la première catégorie. Pour une bd muette sur plus des ¾ de l’histoire, le graphisme influe énormément sur l’appréciation qu’on en fait. Le trait de Winshluss, tout en gribouillis et hachures, est désordonné, fouillis et brouillon. Il reste malgré tout très lisible et fort expressif ! J’adore !
L’histoire est vraiment sympathique. D’ailleurs, Elveen m’a surpris à rire aux éclats à plusieurs reprises. L’auteur suit les avatars d’un primate pas tout à fait comme les autres. Exclu de son clan parce qu’il forniquait avec une des (nombreuses) femelles du chef, il va errer dans l’immensité vierge que constitue le continent africain à cette époque préhistorique. Il va faire la connaissance d’un dents-de-sabre qui ne le lâchera plus d’une semelle. Ce primate plus évolué est sans doute le chaînon manquant mais pour l’instant, il se trouve plutôt en fâcheuse posture, comme maillon de la chaîne alimentaire (cruelle et injuste mais pourtant nécessaire). L’épilogue qui conclu l’histoire nous ramène en des temps plus contemporains. Il ponctue de manière très réussie cet album que je recommande vivement !
Bref, cette bd est essentiellement visuelle. Alors si vous n’accrochez pas au graphisme, inutile de vous attarder dessus.
C'est tout simple. Et tout beau...
Le postulat de départ ?... D'une banalité épouvantable : Nemo -un petit garçon d'une dizaine d'années- s'endort, connaît toutes sortes d'aventures merveilleuses, puis se réveille en sursaut !...
Et pourtant cette -ô combien vieille série- est un véritable chef d'oeuvre graphique.
Little Nemo fait ses premiers pas dans le quotidien New York Herald daté du 15 Octobre 1905. Succès immédiat. Il y promènera ses aventures oniriques jusqu'au 23 Avril 1911. Après une semaine de repos, Little Nemo, dès le 30 Avril, sera publié... sous d'autres cieux.
Little Nemo ?... Dans ses voyages, il va rencontrer le roi Morphée et sa fille -"la princesse"- (dont le prénom restera d'ailleurs toujours ignoré). Mais il y a aussi Flip, personnage au chapeau haut-de-forme, qui mâchouille un cigare ; et dont les interventions dévastatrices essayent de renvoyer Nemo dans la réalité.
L'auteur -Winsor McCay- aurait-il TOUT inventé dans cette série ?... Nombre de spécialistes le pensent et la considèrent comme la plus importante bande dessinée de tous les temps.
C'est vrai que McCay ne se contente pas de mettre ses "petits dessins" les uns à la suite des autres ; il varie ses cadrages, sa mise en page.
Tout est vraiment novateur. Il met en scène des architectures fantastiques, des plantes et animaux fabuleux, des personnages bien étranges...
Je ne retrouverai personnellement cette formidable créativité, cette réelle démesure, qu'avec Lone Sloane de Philippe Druillet.
Le dessin est ici d'une élégance rare ; la mise en couleurs jouant même un rôle narratif dans les histoires.
Et tout cela a germé dans l'esprit de quelqu'un né en... 1867. Sacrément novateur, "l'ami" McCay.
Little Nemo ?... Ca ne se lit pas... ça se vit...
Quelle épopée !...
Nous sommes en 1959. Charlier et Hubinon se connaissent bien depuis leur création commune de Buck Danny en 1947. Qui plus est, de 1949 à 1952, ils ont travaillé de concert à l'adaptation en BD du personnage de Surcouf.
Hubinon a une certaine nostalgie de cette saga maritime. Et c'est ensemble qu'ils vont créer Barbe-Rouge...
En cette même année, un nouvel hebdo va voir le jour : Pilote. C'est dans le n° 1 du 29 Octobre 1959 que Barbe-Rouge va faire sa première apparition.
Barbe-Rouge ?... Je l'adore ! Un terrible pirate surnommé "Démon des Caraïbes". Avec son navire -le Faucon Noir- il terrorise les mers. Lors d'un abordage, il sauve un tout jeune garçon -Eric- qu'il élèvera comme son fils. Ce pirate se mettra plus tard au service du roi de France. Lui et son équipage n'auront alors cesse de bouter Anglais et Espagnols hors des mers...
J'aime vraiment ! Une excellente série servie par un magnifique graphisme. Hubinon va mettre toute son efficacité au service d'une mise en page découpée comme un story-board de cinéma.
Sa légendaire virtuosité, son amour à dessiner galions, frégates et autres trois-mats, m'a littéralement fait plonger dans ces abordages, ces assauts furieux, ces canonnades, ces batailles sanglantes... Et l'ensemble est mis au service de scénarios "en béton" concoctés par un Charlier en très grande verve.
Le côté humain n'est pourtant pas oublié : Eric -beaucoup plus réfléchi que son "père"- se montre souvent réticent face aux diverses exactions de ce dernier.
Une belle brochette de "seconds couteaux" dont se détachent "Triple Patte" et "Baba", un géant noir, va venir renforcer le duo de base et ainsi créer un groupe autour duquel vont venir s'articuler maintes péripéties.
A la mort d'Hubinon suivront Jijé, Gaty, Pellerin même... et d'autres...
Ce qui était pour moi une très grande série va -avis personnel- "baisser" dans les années 80. Ses créateurs ne sont plus de ce monde et il manque aux divers scénarios ce "petit quelque chose" qui en aurait fait une saga véritablement culte.
Qui plus est, dans certains albums, j'ai été désagréablement surpris par le graphisme lequel -avis personnel toujours- n'a plus rien à voir avec ces "grandes envolées" d'antan.
Alors, Barbe-Rouge ?...
Culte jusqu'aux années 80. Pas mal ensuite. Franchement bien quand même !...
J'ai passé un agréable moment de lecture avec ce western. Les thèmes classiques qui fournissent de carburant au genre sont tous au rendez vous et l'histoire se ponctue d'une manière claire et obscure que n'auraient pas reniés certains des maîtres qui en ont forgé la mythologie. Côté graphisme, c'est du solide. J'aurais préféré une mise en couleur plus soignée et contrastée mais l'ensemble s'appréhende avec facilité.
Je conseille à tous les amateurs de western.
Très chouette saga, que celle d'Axle Munshine ; une sorte de conciliateur de l'espace devenu proscrit... et ainsi poursuivi par la féroce Guilde...
J'aime le postulat de départ : notre héros est natif de Xylos, une planète où rêver est interdit. C'est pourtant l'unique solution qu'a Axle pour retrouver la belle Chimeer. Il part avec Musky -personnage de sexe ambigu- qui, particularité de sa race, peut justement changer de sexe. Amoureux de Axle, "il" va alors prendre l'apparence de Chimeer...
Curieux postulat, non ?... Rêves et réalité vont alors se mélanger au gré des idées et de la fantaisie des auteurs ; lesquels vont vraiment s'en donner à coeur joie.
J'apprécie le fait que les histoires se renouvellent à chaque tome, et forment ainsi une "geste" des plus inventives et originales.
J'ai vraiment aimé cette sorte de bouleversement des conventions, ces véritables exercices de style où chaque nouveau tome apporte des éléments quant à l'origine des personnages et intervenants divers.
Une très bonne série de science-fiction ; attirante, prenante, vraiment originale dans son concept.
Saviez-vous que ?... : en 1988, Ribera et Godard -les auteurs- ont fondé leur propre maison d'édition : Le Vaisseau d'Argent... qui est le nom de l'astronef d'Axle...
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Bill Cosmos
J'ai eu la grande chance de trouver le tome 1 (édition 1999) de Bill Cosmos. Ne sachant pas de quoi il s'agissait vraiment mais me basant sur l'excellente impression que m'avait fait Harry sauve la planète du même auteur, j'ai sauté sur la trop rare occasion. Et j'ai savouré mon bonheur car cette BD est vraiment excellente également. Bill Cosmos, c'est un soldat charismatique dont on devine les prouesses lors de la guerre même si l'on en voit que de jolis discours et quelques beaux ratés. Accompagné de son petit acolyte et faire-valoir, ils se retrouvent sans le sou à la fin de la guerre et doivent se débrouiller comme ils peuvent, se faisant lamentablement passer pour des pilotes d'essai ou fouillant les poubelles en quête de trouvailles, trouvailles qui vont les mener à devenir d'étonnants aventuriers de l'espace. Un mélange original de récit d'aventure rétro, de Les Pieds Nickelés, de Les Innommables, le tout largement saupoudré d'un véritable humour qui m'a vraiment fait rire à plusieurs reprises. Très agréable à lire, drôle, un peu délirant et original. Quant au dessin... L'achat de l'album pourrait se faire sur sa seule beauté. En quelques traits, Al Severin prouve qu'il a un talent digne des plus grands, Jijé, Franquin, Giraud, tous ceux dont on a l'impression qu'il suffit qu'ils prennent un stylo en main, trace quelques courbes et fassent soudainement apparaître une scène étonnante de vie et de maîtrise. Chaque planche de Bill Cosmos est superbe, jouant en outre sur son aspect "issu d'un comics imaginaire". Un excellent album : si vous avez la chance de le trouver, bondissez dessus immédiatement.
The Mood
The Mood, nouvel album de la maison d'édition "des ronds dans l'O", ne peut pas passer inaperçu. Tout d'abord, le dessin de Lem (c'est son premier album) est formidable et m'a fait songer un petit peu à l'univers graphique de Christian Leger dans "Labienus " (édition théloma), qui malheureusement n'a pas eu beaucoup de retentissement. J'ai eu la chance, lors d'un festival de la bande dessinée à la Conciergerie à Paris, de voir les planches originales de Mood ( avec l'amabilité de François Boudet) et j'avoue que tout de suite, Lem nous fait entrer ou plutôt plonger, par son talent, dans l'atmosphère noire de cette bande dessinée. Ensuite le scénario d'Yves Leclercq, auteur de l'étonnant et controversé (enfin sur BDparadisio) Hurlevent (Casterman) paru en octobre dernier. Car le récit n'est pas un récit simple et linéaire mais un véritable puzzle, avec des flashes back et une enquête en cours menée par deux flics assez réussis, que le lecteur rassemble dans un Hollywood des années 50. Une sorte de roman à clefs où les noms et les situations renvoient à l'Age d'Or du cinéma américain (dont je suis en outre un grand fan). Car évidemment, on y croise sous d'autres noms Marylin Monroe mais aussi Lana Turner et sa fille Cheryl Crane (toutes deux impliquées dans le scandale du meurtre de Stompanato). J'ai même cru déceler à travers le sénateur Connely, un certain Kennedy, qui a fait carrière par la suite. Mais l'histoire illustre beaucoup plus le côté glauque et sordide d'Hollywood que celui des paillettes et de la comédie. A ce titre la scène entre Virginia Race et Joe Sylvano (alias Stompanoto) est particulièrement sordide voire insoutenable. Un regard froid et sombre sur Hollywood, ses frasques, ses moeurs, ses crimes et ses combines. Un polar noir, très noir, qui mérite certes une lecture soutenue ( voire une relecture) pour connaître les tenants et aboutissants de cette intrigue prévue en deux volumes. Une réussite, mon coup de coeur du moment. Note : 4,5/5
Fantastic Four - L'intégrale
C'est dans le milieu des années 70, dans ces bons vieux "Strange", que j'ai découvert ce quatuor. Bof... un vol spatial... les occupants de l'aéronef qui subissent des radiations cosmiques qui vont transformer leurs structures moléculaires... Encore de nouveaux super-héros aux multiples pouvoirs qui... et patati... et patata... Les auteurs ?... Houps !... Stan Lee est au scénario, Jack Kirby au dessin. Prometteur !... Et effectivement, la série tient ses promesses. J'ai bien apprécié ces aventures qui mettent en scène "La Chose", "L'Invisible", "Mister Fantastic" et "La Torche Humaine". J'ai apprécié car, contrairement à d'autres super-héros, ces Quatre Fantastiques regrettent l'époque où ils n'étaient pas assimilés à des "monstres", ni montrés du doigt. Bien sûr, ils vont se servir de leurs incroyables facultés pour essayer de sauver le monde ; mais cette véritable humanité "d'avant" qui est en eux les rend plus accessibles aux regard du lectorat. Qui plus est, ce groupe forme -quasi- une famille réelle (deux époux, un beau-frère et un ami). En faisant -à l'époque- quelques recherches, je me suis aperçu que cette équipe existait depuis pas mal d'années déjà. Ils débutent (aux USA) dans leur propre comic book, n° 1 de Novembre 1961. Je les ai suivi, pendant des années, lors de leurs parutions en langue française. J'ai ainsi constaté que plusieurs scénaristes et dessinateurs suivront Lee et Kirby. Et que du beau monde ; dont -entre autres- Steve Ditko, Chic Stone, John Buscema, Roy Thomas, John Romita... une certaine forme de "crême" des auteurs US d'alors. Cette série n'a -pour moi- pas trop vieilli ; mises à part les couleurs basiques des premières années. Reed, Benjamin, Sue et Johnny sont toujours là, dans mes "Fantask" et "Stange", bien rangés sur mes étagères avec d'autres compères. Peut-être qu'un jour, si la Terre était réellement en danger, se réveilleront-ils pour -une fois encore- la sauver ?...
Spider-Man (Straczynski)
Je connais mal le personnage de Spider-Man mais je peux affirmer que cette série là, scénarisée par J.Michael Straczynski et dessinée par John Romita Jr, est la meilleure que j'ai lue jusqu'à présent mettant en scène ce personnage. Le dessin de Romita Jr. me plait beaucoup. Son trait rappelle en moi quelques touches de ceux d'Andreas, de Vatine et un peu de Moebius. Mais au-delà de ces références discrètes que j'apprécie, il a sa propre âme. Et je le trouve tout simplement beau et très agréable à lire et à regarder. Quant aux histoires, elles sont simples à résumer mais très plaisantes à lire et intelligemment racontées. Le personnage de Spider-Man est présenté d'excellente manière, son aspect humain et surtout son humour ressortant de manière réussie. Ses réflexions et dialogues en cours de combats ou tandis qu'il saute de buildings en buildings m'ont vraiment fait rire par moments. Et les intrigues de chaque histoire sont très prenantes, avec de bons personnages, amis comme ennemis. Bien sûr, ça n'a pas l'originalité d'un Alan Moore ou Neil Gaiman, mais ce sont de vraies bonnes histoires, qui ne prennent pas les lecteurs pour des idiots, et qui sont très bien narrées. De vrais moments de détente, de récits captivants et d'envie de rester plus longtemps avec ce personnage qu'est Spider-Man que, grâce à cette série, je commence à apprécier presque au même titre que Batman qui était le seul vrai super-héros que j'appréciais totalement jusqu'à présent.
Negima ! - Le Maître Magicien
L'univers d'un enfant aux pouvoirs dépassant sa propre taille, propulsé à un statut de professeur au beau milieu d'un lycée de jeunes filles aussi jolies que chipies. Negi va traverser de nombreuses péripéties et au fur et à mesure de la lecture on découvre les multiples facettes de personnalité ainsi que celles de ses élèves. Très drôle, très touchant, magique. Parfois les péripéties se répètent mais le scénario reste prenant...
Smart monkey
Parmi les lecteurs de "Smart Monkey", il y a ceux qui adulent le graphisme et les autres. Moi, je fais partie de la première catégorie. Pour une bd muette sur plus des ¾ de l’histoire, le graphisme influe énormément sur l’appréciation qu’on en fait. Le trait de Winshluss, tout en gribouillis et hachures, est désordonné, fouillis et brouillon. Il reste malgré tout très lisible et fort expressif ! J’adore ! L’histoire est vraiment sympathique. D’ailleurs, Elveen m’a surpris à rire aux éclats à plusieurs reprises. L’auteur suit les avatars d’un primate pas tout à fait comme les autres. Exclu de son clan parce qu’il forniquait avec une des (nombreuses) femelles du chef, il va errer dans l’immensité vierge que constitue le continent africain à cette époque préhistorique. Il va faire la connaissance d’un dents-de-sabre qui ne le lâchera plus d’une semelle. Ce primate plus évolué est sans doute le chaînon manquant mais pour l’instant, il se trouve plutôt en fâcheuse posture, comme maillon de la chaîne alimentaire (cruelle et injuste mais pourtant nécessaire). L’épilogue qui conclu l’histoire nous ramène en des temps plus contemporains. Il ponctue de manière très réussie cet album que je recommande vivement ! Bref, cette bd est essentiellement visuelle. Alors si vous n’accrochez pas au graphisme, inutile de vous attarder dessus.
Little Nemo in Slumberland
C'est tout simple. Et tout beau... Le postulat de départ ?... D'une banalité épouvantable : Nemo -un petit garçon d'une dizaine d'années- s'endort, connaît toutes sortes d'aventures merveilleuses, puis se réveille en sursaut !... Et pourtant cette -ô combien vieille série- est un véritable chef d'oeuvre graphique. Little Nemo fait ses premiers pas dans le quotidien New York Herald daté du 15 Octobre 1905. Succès immédiat. Il y promènera ses aventures oniriques jusqu'au 23 Avril 1911. Après une semaine de repos, Little Nemo, dès le 30 Avril, sera publié... sous d'autres cieux. Little Nemo ?... Dans ses voyages, il va rencontrer le roi Morphée et sa fille -"la princesse"- (dont le prénom restera d'ailleurs toujours ignoré). Mais il y a aussi Flip, personnage au chapeau haut-de-forme, qui mâchouille un cigare ; et dont les interventions dévastatrices essayent de renvoyer Nemo dans la réalité. L'auteur -Winsor McCay- aurait-il TOUT inventé dans cette série ?... Nombre de spécialistes le pensent et la considèrent comme la plus importante bande dessinée de tous les temps. C'est vrai que McCay ne se contente pas de mettre ses "petits dessins" les uns à la suite des autres ; il varie ses cadrages, sa mise en page. Tout est vraiment novateur. Il met en scène des architectures fantastiques, des plantes et animaux fabuleux, des personnages bien étranges... Je ne retrouverai personnellement cette formidable créativité, cette réelle démesure, qu'avec Lone Sloane de Philippe Druillet. Le dessin est ici d'une élégance rare ; la mise en couleurs jouant même un rôle narratif dans les histoires. Et tout cela a germé dans l'esprit de quelqu'un né en... 1867. Sacrément novateur, "l'ami" McCay. Little Nemo ?... Ca ne se lit pas... ça se vit...
Barbe-Rouge
Quelle épopée !... Nous sommes en 1959. Charlier et Hubinon se connaissent bien depuis leur création commune de Buck Danny en 1947. Qui plus est, de 1949 à 1952, ils ont travaillé de concert à l'adaptation en BD du personnage de Surcouf. Hubinon a une certaine nostalgie de cette saga maritime. Et c'est ensemble qu'ils vont créer Barbe-Rouge... En cette même année, un nouvel hebdo va voir le jour : Pilote. C'est dans le n° 1 du 29 Octobre 1959 que Barbe-Rouge va faire sa première apparition. Barbe-Rouge ?... Je l'adore ! Un terrible pirate surnommé "Démon des Caraïbes". Avec son navire -le Faucon Noir- il terrorise les mers. Lors d'un abordage, il sauve un tout jeune garçon -Eric- qu'il élèvera comme son fils. Ce pirate se mettra plus tard au service du roi de France. Lui et son équipage n'auront alors cesse de bouter Anglais et Espagnols hors des mers... J'aime vraiment ! Une excellente série servie par un magnifique graphisme. Hubinon va mettre toute son efficacité au service d'une mise en page découpée comme un story-board de cinéma. Sa légendaire virtuosité, son amour à dessiner galions, frégates et autres trois-mats, m'a littéralement fait plonger dans ces abordages, ces assauts furieux, ces canonnades, ces batailles sanglantes... Et l'ensemble est mis au service de scénarios "en béton" concoctés par un Charlier en très grande verve. Le côté humain n'est pourtant pas oublié : Eric -beaucoup plus réfléchi que son "père"- se montre souvent réticent face aux diverses exactions de ce dernier. Une belle brochette de "seconds couteaux" dont se détachent "Triple Patte" et "Baba", un géant noir, va venir renforcer le duo de base et ainsi créer un groupe autour duquel vont venir s'articuler maintes péripéties. A la mort d'Hubinon suivront Jijé, Gaty, Pellerin même... et d'autres... Ce qui était pour moi une très grande série va -avis personnel- "baisser" dans les années 80. Ses créateurs ne sont plus de ce monde et il manque aux divers scénarios ce "petit quelque chose" qui en aurait fait une saga véritablement culte. Qui plus est, dans certains albums, j'ai été désagréablement surpris par le graphisme lequel -avis personnel toujours- n'a plus rien à voir avec ces "grandes envolées" d'antan. Alors, Barbe-Rouge ?... Culte jusqu'aux années 80. Pas mal ensuite. Franchement bien quand même !...
Western
J'ai passé un agréable moment de lecture avec ce western. Les thèmes classiques qui fournissent de carburant au genre sont tous au rendez vous et l'histoire se ponctue d'une manière claire et obscure que n'auraient pas reniés certains des maîtres qui en ont forgé la mythologie. Côté graphisme, c'est du solide. J'aurais préféré une mise en couleur plus soignée et contrastée mais l'ensemble s'appréhende avec facilité. Je conseille à tous les amateurs de western.
Le Vagabond des Limbes
Très chouette saga, que celle d'Axle Munshine ; une sorte de conciliateur de l'espace devenu proscrit... et ainsi poursuivi par la féroce Guilde... J'aime le postulat de départ : notre héros est natif de Xylos, une planète où rêver est interdit. C'est pourtant l'unique solution qu'a Axle pour retrouver la belle Chimeer. Il part avec Musky -personnage de sexe ambigu- qui, particularité de sa race, peut justement changer de sexe. Amoureux de Axle, "il" va alors prendre l'apparence de Chimeer... Curieux postulat, non ?... Rêves et réalité vont alors se mélanger au gré des idées et de la fantaisie des auteurs ; lesquels vont vraiment s'en donner à coeur joie. J'apprécie le fait que les histoires se renouvellent à chaque tome, et forment ainsi une "geste" des plus inventives et originales. J'ai vraiment aimé cette sorte de bouleversement des conventions, ces véritables exercices de style où chaque nouveau tome apporte des éléments quant à l'origine des personnages et intervenants divers. Une très bonne série de science-fiction ; attirante, prenante, vraiment originale dans son concept. Saviez-vous que ?... : en 1988, Ribera et Godard -les auteurs- ont fondé leur propre maison d'édition : Le Vaisseau d'Argent... qui est le nom de l'astronef d'Axle...