Ca faisait longtemps que je n'avais pas autant accroché à un 1er tome. Le Lagon de Fortuna est une monumentale introduction à une série qui devra compter 8 tomes une fois achevée.
Le dessin est net, agréable, époustouflant ! Et l'histoire, elle, me fait grimper aux rideaux, je retrouve des sensations inconnues depuis Sanctuaire et c'est véritablement jouissif.
Longue introduction, donc, nourrie de flash-back, de scènes chocs dans les attaques des monstres marins et saupoudrée de mystère (La tirade du commandant Bertrand "Ne doit pas être révélé à l'humanité", on tient là quelque chose de sûrement plus fantastique que le mégalodon...).
Un 1er tome qui part sur les chapeaux de roue, l'histoire débute à la fin mais la base est solide et surtout, elle est prometteuse. Si la suite est à la hauteur ce sera (en tout cas à mes yeux) une oeuvre époustouflante. J'ai hâte de lire la suite, ça me titille.
Je ne peux que saluer le travail des auteurs autant pour le dessin que le scénario. Je suis aux anges, un grand merci à eux.
Quand on commence un "Largo Winch", on connaît déjà la fin. Il meurt, à non pardon il gagne toujours et les méchants ils ont perdu. Ok.
Quand on commence un "Largo Winch" on sait qu'il va y avoir des filles et y'en a toujours qu'un seul qui se les tape.
Quand on commence un "Largo Winch", on sait qu'il va y avoir de la baston et que c'est toujours Largo le plus fort.
Quand on commence un "Largo Winch" on sait qu'il va y avoir un type qui magouille en coulisse des sommes astronomiques non seulement pour devenir très très riche mais aussi un petit peu pour emmerder Largo. Et ça Largo il aime pas beaucoup.
Quand on commence un "Largo Winch" on sait qu'il va y avoir de superbes paysages, des villes magnifiques où de toutes façon le guignol qui bosse pour acheter ses BD il ira jamais. Même que c'est un peu pour ça qu'il en achète.
Mais quand on commence un "Largo Winch" on sait qu'on va passer un bon moment, qu'on va se détendre, qu'on va avoir un peu peur pour le héros (pourvu qu'il ne lui arrive rien le pauvre) et qu'on va être super content à la fin pour lui. Et finalement c'est ça qui compte. Quand on lit cette BD on s'éclate même si artistiquement y'à mieux. On est toujours un spectateur conquis.
Tardi est un grand on le savait.
Un de ceux dont on parlera encore dans quarante ans et qui fera l'unanimité. Un mec à la Brassens pour la chanson, à la Picasso pour la peinture. Bref un monstre sacré.
Mais là, il dépasse l'entendement. Cette BD est énorme. Il exploite à fond l'oeuvre de Vautrin pour lui donner un rythme, une dimension impressionnante. Avec un souci du détail remarquable, un trait qui sait exploiter l'absence de couleur pour faire vivre les personnages et mettre en relief les plus bas instincts au même titre que les plus belles idées.
En s'attaquant à un évènement historique tel que celui-ci la tâche n'était pas simple mais c'est finalement une réussite remarquable pour le Tardi militant. Avec cent ans de moins on se voit sur les barricades.
Chapeau bas l'artiste.
Une bien belle chronique de et sur l'enfance.
J'ai ainsi suivi Jean-Pierre Martin qui, arrivé de Paris, a dû faire son trou dans ce petit village où les "Parigots" sont regardés et considérés comme des extra-terrestres. Mais sa force morale lui permettra de surmonter cette sorte de "handicap" et il aura vite sa place sur les bancs de sa classe, pourra vivre avec les petits copains en pleine campagne.
Mais si sa vie avec les gamins de son âge sera une réussite, la cohabitation avec les adultes ne sera pas aisée.
J'ai vraiment bien aimé cet album, construit comme une BD d'il y a quelques dizaines d'années ; avec plein de petites cases qui embellissent un récit "tout simple". Chouette récit d'ailleurs, où je me suis retrouvé dans cette insouciance "de quand j'étais môme", avec les franches parties de rigolade (souvent pour un rien), les découvertes, les moments de courage "comme des superhéros"...
Un excellent opus où la vie de Jean-Pierre m'a séduit tant par sa candeur que par sa construction. Un récit "qui sent le vrai" et qui m'a vraiment permis de me retrouver dans mon passé, dans ma prime jeunesse ; et ce à la place de ce petit gars.
Re-voilà Christophe Pernoud le scénariste de La Métaphore du Papillon ! Il nous raconte cette fois les aventures de Kim, une jeune agent secret chargée de modifier des événements dans le passé pour éviter la faillite des banques suisses dans le présent.
Si le thème ne semble pas nouveau, le traitement est lui bien maîtrisé et le scénario très bien construit. Après un début un peu chargé en explications sur le pourquoi du comment de la technique qui va permettre aux scientifiques de transmettre des informations à Kim dans son passé, l’action fait vite son apparition. Et là j’ai accroché !
Le suspense se met petit à petit en place grâce à une habile alternance de passages où Kim, en 2001 sur le terrain, reçoit les informations venues du futur. Et d’autres passages où les scientifiques, en 2006, essayent d’analyser les conséquences sur le présent des nouveaux agissements de Kim. Et il semble bien que des effets de bords non prévu au programme viennent quelques peu pimenter le présent…Vous suivez ? En tout cas c’est très prenant et j’ai beaucoup aimé.
Côté dessin, certains trouveront sans doute que c’est un peu froid, ou que ça manque de personnalité, moi pas du tout. C’est tout à fait le style précis et réaliste que j’affectionne. Pas de doute, ce premier tome est très prometteur, et j’attends déjà la suite avec impatience.
Tome 2
J'ai tout autant aimé ce second volet. La montée en puissance de personnages secondaires est bien amenée. Le rôle de Trévor par exemple, ou encore l'utilisation des talents du jeune hacker qui est particulièrement bien trouvé. On retrouve toujours les éléments efficaces du premier tome : alternance de passage dans le présent et dans le passé, action et suspense. La situation se complique pour Kim.
Il y a toujours une bonne dose "d'explications scientifiques" pour essayer de crédibiliser le tout. Une fois le postulat de départ accepté, cette deuxième couche est peut être légèrement de trop. En tout cas ça ne gâche en rien le plaisir de suivre les aventures de notre belle héroïne.
Et non, ce n'est pas une énième histoire de voyage dans le temps... c'est beaucoup plus subtil que ça.
Par un principe ingénieux, que je ne dévoilerai pas, la « Division », agence secrète helvétique, parvient à communiquer avec une de ses agents dans le passé pour le changer et ainsi éviter à la Suisse une catastrophe financière et économique. Oui, mais changer le passé n’est pas sans danger pour le monde et surtout pour l'héroïne, Kim.
Cette « communication » entre le passé (5 ans en arrière) et le présent, bien que déjà présente dans d'autres oeuvres, est quand même originale par sa mise en oeuvre et par l'attention du scénariste à se prémunir de tout paradoxe temporel. C'est bourré de bonnes idées et on est plaisamment baladés entre les deux époques qui apportent chacune ses revirements et coups de théâtre.
Avec un scénario solide, cette histoire m’a plu tout de suite : le rythme est soutenu, le suspense est omniprésent, le côté scientifique « science-fiction » est très intéressant et les personnages sont attachants. Ce qui ne gâte rien, une seconde lecture rapide m’a donné l’impression que le moindre détail va avoir son importance dans les tomes suivants. C’est fouillé et dense à souhait… Revers de la médaille : ça va être dur d’attendre la suite.
Le dessin n’est pas en reste. Réaliste, fin et précis, il est très agréable. Coup de chapeau au dessinateur pour cette première oeuvre. Seules les couleurs me semblent un peu froides (informatique) sur quelques planches mais rien de franchement gênant.
Cette série est plus que prometteuse et mérite qu’on s’y intéresse.
Ca, c'est du tout bon !... Ah que oui !...
Le postulat est tout simple, mais ces errances nocturnes du "petit Noël" sont pour moi une oeuvre quasi magistrale de Franquin. Je possède toujours cette histoire, dans un hebdo Spirou "spécial Noël" d'il y a ... très longtemps. Et ce fabuleux souvenir d'enfance m'est revenu ; moi aussi je m'étais parfois imaginé jouer avec ces petites voitures, ces petits trains, ces personnages qui ornent encore de nos jours les panneaux de circulation.
Grâce à son art, Franquin parvient ici à transformer une triste nuit en un univers vraiment féerique. Un véritable moment de pur bonheur ; simple, mais diablement efficace.
J'ai aussi retrouvé cette seconde histoire où le petit Noël, "mis de côté" par d'autres gosses de son âge, sera rattrapé par la magie de la fête de Pâques.
Deux histoires somptueuses dans leur graphisme et narration.
Un vrai souvenir d'enfance qui n'a pas pris une ride.
Deux formidables contes réalisés par un des plus grands.
Ma cote perso : 4,5/5.
Une jeune femme, effondrée à la lecture d’une lettre, voit ses souvenirs remonter à la surface. Elle nous fait partager son quotidien, ses virées entre copines et surtout sa relation avec Théo, son petit ami, ou du moins « Ce qu’il en reste ».
Le récit tourne autour de trois personnages : Théo, la jeune femme (dont on ne connaît pas le nom) et leur couple. Ce dernier périclite lentement malgré quelques soubresauts erratiques. Les silences de Théo sont assourdissants et sa démission révoltante. « Elle » tente de redonner vie à leur relation mais on sent bien que sa démarche est vouée à l’échec.
L’érosion du couple est un sujet somme toute banal mais il est traité ici d’une façon très particulière. Le récit est chargé d’une atmosphère lourde et pesante mais ponctué ça et là de scènes très légères comme si l’auteur souhaitait que l’on reprenne de temps en temps notre souffle.
Le dessin en noir et blanc de Jérôme d’Aviau colle parfaitement au sujet. L’utilisation de grandes cases permet la mise en valeur des personnages et plus particulièrement de l’expression de leurs visages.
La toute jeune maison d’éditions « Les enfants rouges » nous livre ici une histoire juste et poignante dont nous attendons la suite avec impatience. « Ce qu’il en reste » est le premier volet du récit « Théo » dont la suite est prévue pour 2008.
Cette série que je viens seulement de découvrir, mais dont j'avais souvent entendu parler, m'a transporté vraiment sur une autre planète, et c'est le cas de le dire vue l'histoire de la BD. L'histoire, c'est vrai, se met en place très doucement mais ce n'est jamais ennuyeux et on a envie de toujours savoir ce qui va se passer pour nos héros, certes un peu "puérils" ces personnages dans leurs réactions mais malgré tout très attachants.
Le dessin m'a paru simple mais pas dénué d'intérêt, il sert bien le récit et est précis et bien mis en forme.
Au final, une série à recommander à tous ceux qui ont le coeur à la rêverie et à l'aventure.
Un sujet franchement rare tant dans le domaine de la BD que dans tous les domaines culturelles à ma connaissance : la vieillesse, les maisons de retraite et la maladie d'Alzheimer. Présentée ainsi, la thématique de cette BD a l'air sombre et déprimante. Pourtant Rides réussit à aborder ces thèmes difficiles et souvent douloureux tout en gardant une vraie lumière, presque un certain humour ou optimisme, alors que finalement... tout finit par s'oublier...
J'ai trouvé le récit souvent vraiment fort, réussissant avec la simplicité des grands récits à nous faire ressentir ce que c'est que de devenir vieux et de voir son monde et son esprit s'étioler.
Et à côté de cela, l'auteur s'autorise quelques touches d'humour (où l'on rit plutôt jaune pourtant), notamment avec les délires ou résurgences mémorielles des vieux qui vivent dans leur monde imaginaire.
Le récit est suffisamment varié pour que le lecteur ne s'ennuie pas alors que l'action se passe finalement tout en lenteur au milieu d'une maison de retraite. Plutôt lent donc mais assez prenant pour qu'on ne s'arrête pas jusqu'à la fin de l'album.
Bref, un bel album, fort et doux à la fois, triste et drôle à la fois, portant sur les sujets trop rarement abordés que sont vieillesse, maisons de retraite et Alzheimer.
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Carthago
Ca faisait longtemps que je n'avais pas autant accroché à un 1er tome. Le Lagon de Fortuna est une monumentale introduction à une série qui devra compter 8 tomes une fois achevée. Le dessin est net, agréable, époustouflant ! Et l'histoire, elle, me fait grimper aux rideaux, je retrouve des sensations inconnues depuis Sanctuaire et c'est véritablement jouissif. Longue introduction, donc, nourrie de flash-back, de scènes chocs dans les attaques des monstres marins et saupoudrée de mystère (La tirade du commandant Bertrand "Ne doit pas être révélé à l'humanité", on tient là quelque chose de sûrement plus fantastique que le mégalodon...). Un 1er tome qui part sur les chapeaux de roue, l'histoire débute à la fin mais la base est solide et surtout, elle est prometteuse. Si la suite est à la hauteur ce sera (en tout cas à mes yeux) une oeuvre époustouflante. J'ai hâte de lire la suite, ça me titille. Je ne peux que saluer le travail des auteurs autant pour le dessin que le scénario. Je suis aux anges, un grand merci à eux.
Largo Winch
Quand on commence un "Largo Winch", on connaît déjà la fin. Il meurt, à non pardon il gagne toujours et les méchants ils ont perdu. Ok. Quand on commence un "Largo Winch" on sait qu'il va y avoir des filles et y'en a toujours qu'un seul qui se les tape. Quand on commence un "Largo Winch", on sait qu'il va y avoir de la baston et que c'est toujours Largo le plus fort. Quand on commence un "Largo Winch" on sait qu'il va y avoir un type qui magouille en coulisse des sommes astronomiques non seulement pour devenir très très riche mais aussi un petit peu pour emmerder Largo. Et ça Largo il aime pas beaucoup. Quand on commence un "Largo Winch" on sait qu'il va y avoir de superbes paysages, des villes magnifiques où de toutes façon le guignol qui bosse pour acheter ses BD il ira jamais. Même que c'est un peu pour ça qu'il en achète. Mais quand on commence un "Largo Winch" on sait qu'on va passer un bon moment, qu'on va se détendre, qu'on va avoir un peu peur pour le héros (pourvu qu'il ne lui arrive rien le pauvre) et qu'on va être super content à la fin pour lui. Et finalement c'est ça qui compte. Quand on lit cette BD on s'éclate même si artistiquement y'à mieux. On est toujours un spectateur conquis.
Le Cri du Peuple
Tardi est un grand on le savait. Un de ceux dont on parlera encore dans quarante ans et qui fera l'unanimité. Un mec à la Brassens pour la chanson, à la Picasso pour la peinture. Bref un monstre sacré. Mais là, il dépasse l'entendement. Cette BD est énorme. Il exploite à fond l'oeuvre de Vautrin pour lui donner un rythme, une dimension impressionnante. Avec un souci du détail remarquable, un trait qui sait exploiter l'absence de couleur pour faire vivre les personnages et mettre en relief les plus bas instincts au même titre que les plus belles idées. En s'attaquant à un évènement historique tel que celui-ci la tâche n'était pas simple mais c'est finalement une réussite remarquable pour le Tardi militant. Avec cent ans de moins on se voit sur les barricades. Chapeau bas l'artiste.
Leçon de choses
Une bien belle chronique de et sur l'enfance. J'ai ainsi suivi Jean-Pierre Martin qui, arrivé de Paris, a dû faire son trou dans ce petit village où les "Parigots" sont regardés et considérés comme des extra-terrestres. Mais sa force morale lui permettra de surmonter cette sorte de "handicap" et il aura vite sa place sur les bancs de sa classe, pourra vivre avec les petits copains en pleine campagne. Mais si sa vie avec les gamins de son âge sera une réussite, la cohabitation avec les adultes ne sera pas aisée. J'ai vraiment bien aimé cet album, construit comme une BD d'il y a quelques dizaines d'années ; avec plein de petites cases qui embellissent un récit "tout simple". Chouette récit d'ailleurs, où je me suis retrouvé dans cette insouciance "de quand j'étais môme", avec les franches parties de rigolade (souvent pour un rien), les découvertes, les moments de courage "comme des superhéros"... Un excellent opus où la vie de Jean-Pierre m'a séduit tant par sa candeur que par sa construction. Un récit "qui sent le vrai" et qui m'a vraiment permis de me retrouver dans mon passé, dans ma prime jeunesse ; et ce à la place de ce petit gars.
Kim
Re-voilà Christophe Pernoud le scénariste de La Métaphore du Papillon ! Il nous raconte cette fois les aventures de Kim, une jeune agent secret chargée de modifier des événements dans le passé pour éviter la faillite des banques suisses dans le présent. Si le thème ne semble pas nouveau, le traitement est lui bien maîtrisé et le scénario très bien construit. Après un début un peu chargé en explications sur le pourquoi du comment de la technique qui va permettre aux scientifiques de transmettre des informations à Kim dans son passé, l’action fait vite son apparition. Et là j’ai accroché ! Le suspense se met petit à petit en place grâce à une habile alternance de passages où Kim, en 2001 sur le terrain, reçoit les informations venues du futur. Et d’autres passages où les scientifiques, en 2006, essayent d’analyser les conséquences sur le présent des nouveaux agissements de Kim. Et il semble bien que des effets de bords non prévu au programme viennent quelques peu pimenter le présent…Vous suivez ? En tout cas c’est très prenant et j’ai beaucoup aimé. Côté dessin, certains trouveront sans doute que c’est un peu froid, ou que ça manque de personnalité, moi pas du tout. C’est tout à fait le style précis et réaliste que j’affectionne. Pas de doute, ce premier tome est très prometteur, et j’attends déjà la suite avec impatience. Tome 2 J'ai tout autant aimé ce second volet. La montée en puissance de personnages secondaires est bien amenée. Le rôle de Trévor par exemple, ou encore l'utilisation des talents du jeune hacker qui est particulièrement bien trouvé. On retrouve toujours les éléments efficaces du premier tome : alternance de passage dans le présent et dans le passé, action et suspense. La situation se complique pour Kim. Il y a toujours une bonne dose "d'explications scientifiques" pour essayer de crédibiliser le tout. Une fois le postulat de départ accepté, cette deuxième couche est peut être légèrement de trop. En tout cas ça ne gâche en rien le plaisir de suivre les aventures de notre belle héroïne.
Kim
Et non, ce n'est pas une énième histoire de voyage dans le temps... c'est beaucoup plus subtil que ça. Par un principe ingénieux, que je ne dévoilerai pas, la « Division », agence secrète helvétique, parvient à communiquer avec une de ses agents dans le passé pour le changer et ainsi éviter à la Suisse une catastrophe financière et économique. Oui, mais changer le passé n’est pas sans danger pour le monde et surtout pour l'héroïne, Kim. Cette « communication » entre le passé (5 ans en arrière) et le présent, bien que déjà présente dans d'autres oeuvres, est quand même originale par sa mise en oeuvre et par l'attention du scénariste à se prémunir de tout paradoxe temporel. C'est bourré de bonnes idées et on est plaisamment baladés entre les deux époques qui apportent chacune ses revirements et coups de théâtre. Avec un scénario solide, cette histoire m’a plu tout de suite : le rythme est soutenu, le suspense est omniprésent, le côté scientifique « science-fiction » est très intéressant et les personnages sont attachants. Ce qui ne gâte rien, une seconde lecture rapide m’a donné l’impression que le moindre détail va avoir son importance dans les tomes suivants. C’est fouillé et dense à souhait… Revers de la médaille : ça va être dur d’attendre la suite. Le dessin n’est pas en reste. Réaliste, fin et précis, il est très agréable. Coup de chapeau au dessinateur pour cette première oeuvre. Seules les couleurs me semblent un peu froides (informatique) sur quelques planches mais rien de franchement gênant. Cette série est plus que prometteuse et mérite qu’on s’y intéresse.
Les Noëls de Franquin
Ca, c'est du tout bon !... Ah que oui !... Le postulat est tout simple, mais ces errances nocturnes du "petit Noël" sont pour moi une oeuvre quasi magistrale de Franquin. Je possède toujours cette histoire, dans un hebdo Spirou "spécial Noël" d'il y a ... très longtemps. Et ce fabuleux souvenir d'enfance m'est revenu ; moi aussi je m'étais parfois imaginé jouer avec ces petites voitures, ces petits trains, ces personnages qui ornent encore de nos jours les panneaux de circulation. Grâce à son art, Franquin parvient ici à transformer une triste nuit en un univers vraiment féerique. Un véritable moment de pur bonheur ; simple, mais diablement efficace. J'ai aussi retrouvé cette seconde histoire où le petit Noël, "mis de côté" par d'autres gosses de son âge, sera rattrapé par la magie de la fête de Pâques. Deux histoires somptueuses dans leur graphisme et narration. Un vrai souvenir d'enfance qui n'a pas pris une ride. Deux formidables contes réalisés par un des plus grands. Ma cote perso : 4,5/5.
Ce qu'il en reste
Une jeune femme, effondrée à la lecture d’une lettre, voit ses souvenirs remonter à la surface. Elle nous fait partager son quotidien, ses virées entre copines et surtout sa relation avec Théo, son petit ami, ou du moins « Ce qu’il en reste ». Le récit tourne autour de trois personnages : Théo, la jeune femme (dont on ne connaît pas le nom) et leur couple. Ce dernier périclite lentement malgré quelques soubresauts erratiques. Les silences de Théo sont assourdissants et sa démission révoltante. « Elle » tente de redonner vie à leur relation mais on sent bien que sa démarche est vouée à l’échec. L’érosion du couple est un sujet somme toute banal mais il est traité ici d’une façon très particulière. Le récit est chargé d’une atmosphère lourde et pesante mais ponctué ça et là de scènes très légères comme si l’auteur souhaitait que l’on reprenne de temps en temps notre souffle. Le dessin en noir et blanc de Jérôme d’Aviau colle parfaitement au sujet. L’utilisation de grandes cases permet la mise en valeur des personnages et plus particulièrement de l’expression de leurs visages. La toute jeune maison d’éditions « Les enfants rouges » nous livre ici une histoire juste et poignante dont nous attendons la suite avec impatience. « Ce qu’il en reste » est le premier volet du récit « Théo » dont la suite est prévue pour 2008.
Aldébaran
Cette série que je viens seulement de découvrir, mais dont j'avais souvent entendu parler, m'a transporté vraiment sur une autre planète, et c'est le cas de le dire vue l'histoire de la BD. L'histoire, c'est vrai, se met en place très doucement mais ce n'est jamais ennuyeux et on a envie de toujours savoir ce qui va se passer pour nos héros, certes un peu "puérils" ces personnages dans leurs réactions mais malgré tout très attachants. Le dessin m'a paru simple mais pas dénué d'intérêt, il sert bien le récit et est précis et bien mis en forme. Au final, une série à recommander à tous ceux qui ont le coeur à la rêverie et à l'aventure.
La Tête en l'air (Rides)
Un sujet franchement rare tant dans le domaine de la BD que dans tous les domaines culturelles à ma connaissance : la vieillesse, les maisons de retraite et la maladie d'Alzheimer. Présentée ainsi, la thématique de cette BD a l'air sombre et déprimante. Pourtant Rides réussit à aborder ces thèmes difficiles et souvent douloureux tout en gardant une vraie lumière, presque un certain humour ou optimisme, alors que finalement... tout finit par s'oublier... J'ai trouvé le récit souvent vraiment fort, réussissant avec la simplicité des grands récits à nous faire ressentir ce que c'est que de devenir vieux et de voir son monde et son esprit s'étioler. Et à côté de cela, l'auteur s'autorise quelques touches d'humour (où l'on rit plutôt jaune pourtant), notamment avec les délires ou résurgences mémorielles des vieux qui vivent dans leur monde imaginaire. Le récit est suffisamment varié pour que le lecteur ne s'ennuie pas alors que l'action se passe finalement tout en lenteur au milieu d'une maison de retraite. Plutôt lent donc mais assez prenant pour qu'on ne s'arrête pas jusqu'à la fin de l'album. Bref, un bel album, fort et doux à la fois, triste et drôle à la fois, portant sur les sujets trop rarement abordés que sont vieillesse, maisons de retraite et Alzheimer.