Après lecture des 11 tomes.
Encore et toujours du grand Andréas !!!!
Cette série est vraiment plaisante à lire, elle foisonne d'idées excellentes, presque trop même. Du coup, on a parfois l'impression qu'Andréas ne va pas au bout des choses.
Mais cela ne m'a pas plus gêné que cela, je préfère retenir le "read play" de la série.
Le dessin est très bon comme d'habitude, la colorisation, très basique dans les premiers tomes, s'améliore et apporte plus de nuances au détriment des couleurs initiales parfois flashies.
Vivement la suite.
Attention : énorme, monumental ! Cette série mérite amplement sa place en tête des immanquables SF. Le scénario est d’un niveau exceptionnel, il est remarquable d’intelligence et de précision. Les paradoxes temporels, la façon dont on retombe sur ses pieds à chaque voyage dans le temps, c’est tout simplement bluffant ! On n’est pas loin de la perfection.
Il y a quelques détails qui m’empêchent de mettre la note maximale. Les explications scientifiques sont vraiment très complexes et parfois un peu difficile à ingurgiter. J’ai dû en relire certaines plusieurs fois. Il y aussi quelques passages un peu longs. Il y a enfin le dessin qui ne m’a pas totalement séduit.
Mais ce n’est que du chipotage au regard de la qualité du scénario !
Une fois le sixième et dernier tome terminé, on a qu’une envie : relire la BD depuis le début. C’est à mon avis le genre de série qui s’apprécie un peu plus a chaque relecture pour finalement devenir culte.
En tout cas c’est indéniable :
1 - je ressors marqué de cette première lecture.
2 - je confirme qu'après relecture cette série mérite une 5e étoile
Cette BD est franchement géniale. J'ai adoré. Les dessins sont superbes, le scénario est très bien monté. Le lecteur suit l'ensemble de l'histoire dans une ambiance de surcroît très poétique. Le Noirhomme est très bien réalisé, il concrétise bien les sentiments du personnage central. Cette bande dessinée amène beaucoup à philosopher, notamment sur la condition humaine. Vraiment intéressante et captivante. Je la conseille vivement.
La meilleure série de Peyo, pour une simple et bonne raison : elle constitue un modèle de série tout public !
Vous l'avez découverte lorsque vous étiez enfant ? Pas de problème, risquez-vous à ouvrir un album et vous verrez que l'humour et l'action de cette série passionnent sans problème un lecteur de n'importe quel âge. Cette capacité de redécouverte témoigne d'une oeuvre de qualité qui offre des lectures à plusieurs niveaux et dépasse le coté puéril ou enfantin auquel on associe l'oeuvre de Peyo.
Il s'agit avant tout d'une série d'aventure habilement construite, exploitant un Moyen-Âge fantaisiste, qui ménage une débauche de rebondissements et d'imagination. Menée à un rythme rapide, elle conserve tout son charme plus d'un demi-siècle après sa création.
L'apparition dans "Le lutin du bois aux roches" de Pirlouit permet la naissance d'un duo comique entre ce nain hâbleur et maladroit et le courageux page Johan, tout deux étant prêts à réparer quelconque injustice.
L'arrivée des schtroumpfs au tome 9 ne gâte rien, ceux-ci jouant les seconds rôles, et ils font partis de la galerie de créatures inimitables imaginée par l'auteur.
Le dessin de Peyo, au départ, parait lorgner du coté d'un style semi-réaliste, très dynamique et plaisant, avant de trouver vers le tome 5 son propre style en rondeur et élégance qui a fait son succès. Malgré ces écarts graphiques, tout les albums sont d'une grande qualité et l'illustration sert parfaitement les scénarios avec beaucoup de maîtrise.
Dommage que Peyo se soit consacré aux schtroumpfs après treize albums, car l'univers de Johan et Pirlouit lui convenait parfaitement et il était bien plus intéressant que celui des petites bestioles bleues.
Son fils, Thierry Culliford et Yvan Delporte finissent, après la disparition du créateur, par y donner une suite illustrée par Alain Maury. Si c'est très honorable, notamment les scénarios qui sont bien dans la lignée des travaux de Peyo, le dessin ne possède pas l'élégance et la rondeur de ce dernier. Il est construit avec métier et maîtrise, mais il rompt tout de même un peu avec le style de son prédécesseur, ce qui ne l'empêche pas d'être intéressant.
Bref, un grand classique dont certains titres sont indispensables ("le châtiment de Basenhau", "le maître de roucybeuf", "le lutin du bois aux roches", "le serment des vikings", "la flèche noire" ou "la guerre des sept fontaines"), mélange vraiment réussi d'humour et d'aventure pour tout public. L'oeuvre la plus intéressante de Peyo, qui prouve qu'il était un grand conteur conjugué à un excellent dessinateur.
En quelques cases, un repas de famille dégénère en cabinet du difforme. Un rendez-vous galant devient chaos émotionnel. Les corps ou les visages prennent des formes tantôt monstrueuses, tantôt attirantes. Les décors eux-mêmes se trouvent entraînés dans une poésie du quotidien. Et ce, sans le moindre texte. Le Poulet du Dimanche est une expérience des sens. Il propose une narration muette qui, à l’instar des rêves où tout s’enchaîne sans causes ni conséquences, invite à la contemplation.
Ce qui frappe également en feuilletant cet album, c'est l'impression de foisonnement et l'extrême diversité des styles utilisés par Sylvie Fontaine, évoluant d’un traitement réaliste à une approche plus cartoon, en passant par des dessins très expressifs réalisés au pinceau. Ainsi, le thème central du livre, la métamorphose, contamine le dessin.
Gilbert (ed. Tanibis)
Magnifique série d'aventure signée par Jean-Michel Charlier et un auteur espagnol, Artur Aldoma Puig. Ce devait être au départ une reprise de Marc Dacier, abandonné par Eddy Paape, mais Brice Bolt fut finalement créé, même s'il officie dans le même journal, "L'éclair".
Grand dégingandé, Bolt est un baroudeur futé qui n'a malheureusement vécu qu'une seule aventure, déclinée en deux tomes : "L'archipel de l'épouvante" et "l'empire de Satan" (ah ! Les titres inimitables de Charlier). Accompagné de son alter ego Luc Deferre, et du personnage truculent Mac Dougall, il navigue en eaux troubles dans une histoire à l'ambiance fantastique.
Le travail du scénariste est tout de suite reconnaissable : plongée immédiate dans l'action, pas de temps morts, des rebondissements incessants. L'intelligence des dialogues et de l'intrigue n'a d'égale que l'ingéniosité des péripéties. A lui seul, le premier album donnerait suffisamment de matière à deux ou trois albums actuels, la mise en page serrée et la cadence de l'ensemble trahissent la publication dans la presse de ces histoires (en l'occurrence dans "Spirou") mais sans que jamais cela ne paraisse gratuit ou artificiel. Au contraire, la cadence d'enfer du récit est des plus jouissive, elle témoigne d'une grande imagination et ne relâche jamais la tension : le lecteur est happé dès les premières pages et ne lâche ce brave Brice Bolt que le second tome achevé (à condition de se procurer ces deux albums ensemble, ce qui est préférable).
La résolution de l'intrigue peut à un moment se deviner un peu, mais la démonstration de Charlier est si complète et ingénieuse qu'elle comble amplement le lecteur, d'autant que ce n'est pas la fin des ennuis de Bolt, qui ne s'en sortira pas sans casse.
Le Dessinateur Puig livre un travail énergique et maîtrisé. Le dessin est parfaitement construit et équilibré, en bonne intelligence avec une mise en page qui s'autorise de nombreuses audaces. Ce qui permet au style de cet auteur espagnol de rester très moderne, c'est un travail original sur l'encrage, qui donne beaucoup de dynamisme et de volume au trait, ainsi qu'une recherche sur les dégradés qui cerne à merveille les ambiances. Les couleurs sonnent très "70's", très chaudes avec des ruptures qui ajoutent à la lisibilité des planches et leur donnent beaucoup de caractère.
Bref, du très très beau travail, très maîtrisé, bien caractérisé, intelligent, drôle, fin... De la série d'aventure haut de gamme par un scénariste rompu au genre qui se démarque par sa virtuosité et par son sérieux d'une production de série. Dommage que certains personnages restent trop peu fouillés (les indigènes...) car on aurait frôlé le chef-d'oeuvre. Petite faiblesse face à de grandes qualités.
Et graphisme merveilleux de Puig, dont on ne peut que regretter que la carrière soit si brève (il abandonnera la bande dessinée après des collaborations avec la presse et quelques courtes séries, notamment avec Victor Mora ).
Une belle réussite à découvrir sans hésitation et qui compte parmi les meilleures réussites des auteurs.
Cette BD ne paie pas de mine et je crains qu'elle n'ait pas eu vraiment de succès. En effet, quand on la feuillette, il y a de quoi se dire que le dessin parait moche. Les personnages ont des allures de marionnettes de papier déglinguées, les bulles sont toutes en longueur et la police des textes pas évidente. C'est avec une légère appréhension que je l'aie lue, donc, m'attendant à ne pas apprécier du tout la narration et les dialogues du fait de cet aspect graphique.
Et pourtant... Et pourtant, ça a été une lecture très sympathique.
Le dessin a vraiment une allure étrange, mais je l'ai trouvé finalement très plaisant, fonctionnant très bien. Les visages et les postures bizarres des personnages ajoutent à l'humour et au contenu de certaines scènes. Bref, même si l'aspect m'avait rebuté au départ, je me suis mis à vraiment apprécier ce dessin à la lecture.
Quant au récit, il est assez déjanté mais ne manque pas d'humour. Il coule très bien, le découpage est très bon, et j'ai ri à beaucoup de moments. Et il raconte non pas une mais plusieurs vraies bonnes histoires qui, à mes yeux, plaisent autant aux adultes par leur aspect humoristique et original qu'aux enfants par leur simplicité et leur imagination.
Bref, j'aime bien. Et si vous avez des enfants, n'hésitez pas. Et si vous n'en avez pas, n'hésitez pas à le lire quand même.
Je trouve que cette série de bds est vraiment trop bien, les personnages sont trop marrants, comme par exemple le schtroumpf farceur qui donne tout le temps des cadeaux piégés au schtroumpf à lunettes qui, lui, fait tout le temps la morale à tout le monde et les dessins sont toujours très bien faits je trouve.
00h24. Je viens de terminer l’intégrale de « L’hiver d’un monde ». Je sais, c’est un peu tard pour écrire un avis, mais il fallait absolument que je livre mes sensations intactes.
Je ne connaissais pas Mazan. Son œuvre m’a subjugué. Plus étonnant, c’est essentiellement par le graphisme qu’elle m’a ensorcelé. Pour moi, qui accorde généralement beaucoup plus d’importance au scénario, c’est un fait assez nouveau. Je ne m’étendrai donc pas trop sur l’histoire, pourtant de grande qualité et très captivante. On y découvre la « peinture » d’un monde, finalement pas très éloigné du nôtre. Son passé, ses villes, ses gens, ses mœurs s’y révèlent au gré des aventures de quelques personnages dont les destins se croisent et se heurtent au fil des trois tomes. Quelques sujets majeurs y sont évoqués. Liberté, futilité de la guerre, racisme… Cependant, à peine explorés, ils fournissent juste le relief nécessaire au récit en évitant des lourdeurs inutiles.
Mais revenons à la forme, car, excusez-moi si je me répète, c’est pour moi le facteur prépondérant. Je vais tenter un rapprochement très osé. Dans la série, le retour systématique à la plage de Charençons les pins en fin de tomes, m’a souvent ramené à celle de Combray dans A la recherche du temps perdu. Le rapport peut paraître nébuleux et je me demandais ce qui pouvait provoquer cette impression. En fait, j’ai retrouvé dans cet album, la même perception, le même « transport » que déclenchaient les longues phrases « mélodiques » de Proust. Ici, ce sont la narration et le dessin qui jouent ce rôle. Je passe sur le premier opus où l’excès d’ombres et le relatif manque de teintes donnaient un ensemble sensiblement terne (quoique plaisant). Mais alors la suite ! Un trait fouillé, « bavard », d’une très grande finesse. On admire la clarté dans laquelle baignent certaines cases malgré une savoureuse abondance de détails puis on se délecte de la quiétude angélique qui se dégage d’autres. Un tout magnifié de couleurs harmonieuses, très « ambiancées » et efficacement soutenu par un découpage fluide qui déclenche et cadence une agréable petite musique intérieure. Immergé dans un océan de multiples tonalités on se laisse dériver au gré des courants « visuels » du récit.
Il m’est vraiment difficile de bien retranscrire mon ressenti avec des mots. Disons simplement que c’était très enivrant. À lire sans retenue !
Un énorme « quatre étoiles » venu tout droit du cœur (et des yeux).
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Capricorne
Après lecture des 11 tomes. Encore et toujours du grand Andréas !!!! Cette série est vraiment plaisante à lire, elle foisonne d'idées excellentes, presque trop même. Du coup, on a parfois l'impression qu'Andréas ne va pas au bout des choses. Mais cela ne m'a pas plus gêné que cela, je préfère retenir le "read play" de la série. Le dessin est très bon comme d'habitude, la colorisation, très basique dans les premiers tomes, s'améliore et apporte plus de nuances au détriment des couleurs initiales parfois flashies. Vivement la suite.
Universal War One
Attention : énorme, monumental ! Cette série mérite amplement sa place en tête des immanquables SF. Le scénario est d’un niveau exceptionnel, il est remarquable d’intelligence et de précision. Les paradoxes temporels, la façon dont on retombe sur ses pieds à chaque voyage dans le temps, c’est tout simplement bluffant ! On n’est pas loin de la perfection. Il y a quelques détails qui m’empêchent de mettre la note maximale. Les explications scientifiques sont vraiment très complexes et parfois un peu difficile à ingurgiter. J’ai dû en relire certaines plusieurs fois. Il y aussi quelques passages un peu longs. Il y a enfin le dessin qui ne m’a pas totalement séduit. Mais ce n’est que du chipotage au regard de la qualité du scénario ! Une fois le sixième et dernier tome terminé, on a qu’une envie : relire la BD depuis le début. C’est à mon avis le genre de série qui s’apprécie un peu plus a chaque relecture pour finalement devenir culte. En tout cas c’est indéniable : 1 - je ressors marqué de cette première lecture. 2 - je confirme qu'après relecture cette série mérite une 5e étoile
Noirhomme
Cette BD est franchement géniale. J'ai adoré. Les dessins sont superbes, le scénario est très bien monté. Le lecteur suit l'ensemble de l'histoire dans une ambiance de surcroît très poétique. Le Noirhomme est très bien réalisé, il concrétise bien les sentiments du personnage central. Cette bande dessinée amène beaucoup à philosopher, notamment sur la condition humaine. Vraiment intéressante et captivante. Je la conseille vivement.
Johan et Pirlouit
La meilleure série de Peyo, pour une simple et bonne raison : elle constitue un modèle de série tout public ! Vous l'avez découverte lorsque vous étiez enfant ? Pas de problème, risquez-vous à ouvrir un album et vous verrez que l'humour et l'action de cette série passionnent sans problème un lecteur de n'importe quel âge. Cette capacité de redécouverte témoigne d'une oeuvre de qualité qui offre des lectures à plusieurs niveaux et dépasse le coté puéril ou enfantin auquel on associe l'oeuvre de Peyo. Il s'agit avant tout d'une série d'aventure habilement construite, exploitant un Moyen-Âge fantaisiste, qui ménage une débauche de rebondissements et d'imagination. Menée à un rythme rapide, elle conserve tout son charme plus d'un demi-siècle après sa création. L'apparition dans "Le lutin du bois aux roches" de Pirlouit permet la naissance d'un duo comique entre ce nain hâbleur et maladroit et le courageux page Johan, tout deux étant prêts à réparer quelconque injustice. L'arrivée des schtroumpfs au tome 9 ne gâte rien, ceux-ci jouant les seconds rôles, et ils font partis de la galerie de créatures inimitables imaginée par l'auteur. Le dessin de Peyo, au départ, parait lorgner du coté d'un style semi-réaliste, très dynamique et plaisant, avant de trouver vers le tome 5 son propre style en rondeur et élégance qui a fait son succès. Malgré ces écarts graphiques, tout les albums sont d'une grande qualité et l'illustration sert parfaitement les scénarios avec beaucoup de maîtrise. Dommage que Peyo se soit consacré aux schtroumpfs après treize albums, car l'univers de Johan et Pirlouit lui convenait parfaitement et il était bien plus intéressant que celui des petites bestioles bleues. Son fils, Thierry Culliford et Yvan Delporte finissent, après la disparition du créateur, par y donner une suite illustrée par Alain Maury. Si c'est très honorable, notamment les scénarios qui sont bien dans la lignée des travaux de Peyo, le dessin ne possède pas l'élégance et la rondeur de ce dernier. Il est construit avec métier et maîtrise, mais il rompt tout de même un peu avec le style de son prédécesseur, ce qui ne l'empêche pas d'être intéressant. Bref, un grand classique dont certains titres sont indispensables ("le châtiment de Basenhau", "le maître de roucybeuf", "le lutin du bois aux roches", "le serment des vikings", "la flèche noire" ou "la guerre des sept fontaines"), mélange vraiment réussi d'humour et d'aventure pour tout public. L'oeuvre la plus intéressante de Peyo, qui prouve qu'il était un grand conteur conjugué à un excellent dessinateur.
Le Poulet du Dimanche
En quelques cases, un repas de famille dégénère en cabinet du difforme. Un rendez-vous galant devient chaos émotionnel. Les corps ou les visages prennent des formes tantôt monstrueuses, tantôt attirantes. Les décors eux-mêmes se trouvent entraînés dans une poésie du quotidien. Et ce, sans le moindre texte. Le Poulet du Dimanche est une expérience des sens. Il propose une narration muette qui, à l’instar des rêves où tout s’enchaîne sans causes ni conséquences, invite à la contemplation. Ce qui frappe également en feuilletant cet album, c'est l'impression de foisonnement et l'extrême diversité des styles utilisés par Sylvie Fontaine, évoluant d’un traitement réaliste à une approche plus cartoon, en passant par des dessins très expressifs réalisés au pinceau. Ainsi, le thème central du livre, la métamorphose, contamine le dessin. Gilbert (ed. Tanibis)
Brice Bolt
Magnifique série d'aventure signée par Jean-Michel Charlier et un auteur espagnol, Artur Aldoma Puig. Ce devait être au départ une reprise de Marc Dacier, abandonné par Eddy Paape, mais Brice Bolt fut finalement créé, même s'il officie dans le même journal, "L'éclair". Grand dégingandé, Bolt est un baroudeur futé qui n'a malheureusement vécu qu'une seule aventure, déclinée en deux tomes : "L'archipel de l'épouvante" et "l'empire de Satan" (ah ! Les titres inimitables de Charlier). Accompagné de son alter ego Luc Deferre, et du personnage truculent Mac Dougall, il navigue en eaux troubles dans une histoire à l'ambiance fantastique. Le travail du scénariste est tout de suite reconnaissable : plongée immédiate dans l'action, pas de temps morts, des rebondissements incessants. L'intelligence des dialogues et de l'intrigue n'a d'égale que l'ingéniosité des péripéties. A lui seul, le premier album donnerait suffisamment de matière à deux ou trois albums actuels, la mise en page serrée et la cadence de l'ensemble trahissent la publication dans la presse de ces histoires (en l'occurrence dans "Spirou") mais sans que jamais cela ne paraisse gratuit ou artificiel. Au contraire, la cadence d'enfer du récit est des plus jouissive, elle témoigne d'une grande imagination et ne relâche jamais la tension : le lecteur est happé dès les premières pages et ne lâche ce brave Brice Bolt que le second tome achevé (à condition de se procurer ces deux albums ensemble, ce qui est préférable). La résolution de l'intrigue peut à un moment se deviner un peu, mais la démonstration de Charlier est si complète et ingénieuse qu'elle comble amplement le lecteur, d'autant que ce n'est pas la fin des ennuis de Bolt, qui ne s'en sortira pas sans casse. Le Dessinateur Puig livre un travail énergique et maîtrisé. Le dessin est parfaitement construit et équilibré, en bonne intelligence avec une mise en page qui s'autorise de nombreuses audaces. Ce qui permet au style de cet auteur espagnol de rester très moderne, c'est un travail original sur l'encrage, qui donne beaucoup de dynamisme et de volume au trait, ainsi qu'une recherche sur les dégradés qui cerne à merveille les ambiances. Les couleurs sonnent très "70's", très chaudes avec des ruptures qui ajoutent à la lisibilité des planches et leur donnent beaucoup de caractère. Bref, du très très beau travail, très maîtrisé, bien caractérisé, intelligent, drôle, fin... De la série d'aventure haut de gamme par un scénariste rompu au genre qui se démarque par sa virtuosité et par son sérieux d'une production de série. Dommage que certains personnages restent trop peu fouillés (les indigènes...) car on aurait frôlé le chef-d'oeuvre. Petite faiblesse face à de grandes qualités. Et graphisme merveilleux de Puig, dont on ne peut que regretter que la carrière soit si brève (il abandonnera la bande dessinée après des collaborations avec la presse et quelques courtes séries, notamment avec Victor Mora ). Une belle réussite à découvrir sans hésitation et qui compte parmi les meilleures réussites des auteurs.
Vilebrequin
Je suis revenu ce matin avec sous le bras un exemplaire de « Vilebrequin ». Comme j’ai souvent douze trains de retard, j’ignorais que cet album défrayait la chronique du 9ème art (en plus, on en parlait sur Bdthèque !). En effet, une impression déplorable (on dirait que le graphisme a été passé au verre dépoli) et une erreur de mise en page de l’éditeur ont littéralement KSTRé cette œuvre (© Wartmag pour l’excellent jeu de mots). C’est vraiment un beau gâchis, car en picorant de-ci de-là quelques passages de ce one-shot on pressent en un clin d’œil, que l’on a une petite perle entre les mains. Je choisis donc de vous en parler. Mais pour pleinement profiter du talent des auteurs, il était primordial de retrouver le découpage originel. J’ai donc saisi mon courage (et mon scanner) à deux mains… … Ca en valait la peine ! Car si le fond se révèle excellent c’est le "séquençage" qui donne tout son éclat au récit. Une succession de doubles pages, prétexte à de superbes cases panoramiques ou de sympathiques constructions symétriques, et constituant autant de chapitres où l’on suit le quotidien et les états d’âme du narrateur. Prodige de la cambriole, défenseur du beau geste élevant la pratique au niveau de l’art, il nous expose son parcours, sa vie ainsi que les petits secrets de son « boulot ». Et au fil de ses interrogations, on découvre progressivement ce qui en fait sa raison de vivre. Une alternance de thèmes, de situations ou de réflexions qui s'enchaînent à un rythme soutenu, mais fluide. C’est tantôt burlesque, tantôt doucement dramatique et agrémenté de quelques "coups de griffes" bien sentis (de banquier à cambrioleur, il n’y a qu’une question de point de vue). Le plaisir est constamment au rendez-vous, de la première à la dernière case. Le dessin, lui, n’est pas en reste. Très en courbes et en ombres, il reflète une certaine poésie et ajoute une dimension au ravissement de la lecture. Toute la puissance de son noir & blanc devrait se dévoiler dans la seconde impression. Enfin, on l’espère… Alors retenez ce titre ! Et n’achetez pas la première édition ! Patientez jusqu’à la prochaine ;)
Fourmi ?
Cette BD ne paie pas de mine et je crains qu'elle n'ait pas eu vraiment de succès. En effet, quand on la feuillette, il y a de quoi se dire que le dessin parait moche. Les personnages ont des allures de marionnettes de papier déglinguées, les bulles sont toutes en longueur et la police des textes pas évidente. C'est avec une légère appréhension que je l'aie lue, donc, m'attendant à ne pas apprécier du tout la narration et les dialogues du fait de cet aspect graphique. Et pourtant... Et pourtant, ça a été une lecture très sympathique. Le dessin a vraiment une allure étrange, mais je l'ai trouvé finalement très plaisant, fonctionnant très bien. Les visages et les postures bizarres des personnages ajoutent à l'humour et au contenu de certaines scènes. Bref, même si l'aspect m'avait rebuté au départ, je me suis mis à vraiment apprécier ce dessin à la lecture. Quant au récit, il est assez déjanté mais ne manque pas d'humour. Il coule très bien, le découpage est très bon, et j'ai ri à beaucoup de moments. Et il raconte non pas une mais plusieurs vraies bonnes histoires qui, à mes yeux, plaisent autant aux adultes par leur aspect humoristique et original qu'aux enfants par leur simplicité et leur imagination. Bref, j'aime bien. Et si vous avez des enfants, n'hésitez pas. Et si vous n'en avez pas, n'hésitez pas à le lire quand même.
Les Schtroumpfs
Je trouve que cette série de bds est vraiment trop bien, les personnages sont trop marrants, comme par exemple le schtroumpf farceur qui donne tout le temps des cadeaux piégés au schtroumpf à lunettes qui, lui, fait tout le temps la morale à tout le monde et les dessins sont toujours très bien faits je trouve.
L'Hiver d'un monde
00h24. Je viens de terminer l’intégrale de « L’hiver d’un monde ». Je sais, c’est un peu tard pour écrire un avis, mais il fallait absolument que je livre mes sensations intactes. Je ne connaissais pas Mazan. Son œuvre m’a subjugué. Plus étonnant, c’est essentiellement par le graphisme qu’elle m’a ensorcelé. Pour moi, qui accorde généralement beaucoup plus d’importance au scénario, c’est un fait assez nouveau. Je ne m’étendrai donc pas trop sur l’histoire, pourtant de grande qualité et très captivante. On y découvre la « peinture » d’un monde, finalement pas très éloigné du nôtre. Son passé, ses villes, ses gens, ses mœurs s’y révèlent au gré des aventures de quelques personnages dont les destins se croisent et se heurtent au fil des trois tomes. Quelques sujets majeurs y sont évoqués. Liberté, futilité de la guerre, racisme… Cependant, à peine explorés, ils fournissent juste le relief nécessaire au récit en évitant des lourdeurs inutiles. Mais revenons à la forme, car, excusez-moi si je me répète, c’est pour moi le facteur prépondérant. Je vais tenter un rapprochement très osé. Dans la série, le retour systématique à la plage de Charençons les pins en fin de tomes, m’a souvent ramené à celle de Combray dans A la recherche du temps perdu. Le rapport peut paraître nébuleux et je me demandais ce qui pouvait provoquer cette impression. En fait, j’ai retrouvé dans cet album, la même perception, le même « transport » que déclenchaient les longues phrases « mélodiques » de Proust. Ici, ce sont la narration et le dessin qui jouent ce rôle. Je passe sur le premier opus où l’excès d’ombres et le relatif manque de teintes donnaient un ensemble sensiblement terne (quoique plaisant). Mais alors la suite ! Un trait fouillé, « bavard », d’une très grande finesse. On admire la clarté dans laquelle baignent certaines cases malgré une savoureuse abondance de détails puis on se délecte de la quiétude angélique qui se dégage d’autres. Un tout magnifié de couleurs harmonieuses, très « ambiancées » et efficacement soutenu par un découpage fluide qui déclenche et cadence une agréable petite musique intérieure. Immergé dans un océan de multiples tonalités on se laisse dériver au gré des courants « visuels » du récit. Il m’est vraiment difficile de bien retranscrire mon ressenti avec des mots. Disons simplement que c’était très enivrant. À lire sans retenue ! Un énorme « quatre étoiles » venu tout droit du cœur (et des yeux).