Les derniers avis (9677 avis)

Par Sejy
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Tout seul
Tout seul

Quelle ironie ! Restituer ses émotions par de vilaines phrases quand c’est dans une admirable économie de mots que l’œuvre puise toute sa force et sa quintessence. C’est le pouvoir et la pertinence d’un dessin en noir et blanc dépouillé, corps, cœur de cases très souvent vierges de bruit et de paroles, néanmoins intensément évocatrices. Comment, dès l’ouverture, ne pas appréhender cette cacophonie de sensations ? Entendre le tumulte des vagues qui se brisent sur les rochers et les cris de mouettes insatiables et impatientes. Ressentir l'isolement de ce phare. Encalminée au milieu de l’océan, cette nef lumineuse affiche tout de suite des allures de crypte imposante et angoissante. Et puis respirer. L’iode et les embruns, et aussi ces odeurs de poisson aux relents de gasoil. Au-delà de l’élocution visuelle, de l’imprégnation quasi instantanée qu’elle délivre, s’impose une façon habile de raconter et de rendre réaliste une histoire qui apparaissait si fantasque au départ. Narration intime, silencieuse. Cadrages rapprochés, plans d’une même scène qui prolifèrent et en figent presque l’instant. Étirant à l’extrême la corde du temps, Christophe Chabouté enferme insidieusement le lecteur avec le héros dans sa prison de solitude, nous englue de sa souffrance muette et innocente. Une impression d’abattement brisé par quelques moments de pure poésie, lorsque, dans un rituel quotidien, son reclus involontaire transforme un simple dictionnaire en puits à fantasmes. Errance de mots piochés au hasard dont les définitions tissent dans son imagination des tapisseries infidèles, mais empreintes de tellement de magie et de grâce. Une manière candide d’explorer les horizons, d’entrevoir une forme de liberté et de transcender sa tristesse. Cette routine salvatrice qui retarde l’irréversible, va doucement et paradoxalement inverser ses effets. Exacerbant son appétit du monde, encourageant un rapprochement de soi, elle l’emmène au-delà du miroir, au-delà du « monstre », et tout en réveillant l’homme, exhorte ce besoin du regard des autres pour exister. Plus il tentera de fuir sa solitude, plus cette compagne deviendra tangible et insoutenable. Incroyable yoyo des sens ! Tour à tour étonné, déprimé, curieux, amusé, optimiste ou résigné, on espère de toute notre âme que quelque chose ou quelqu’un viendra dévier la marche inexorable de ce destin tragique. Mais après ces cinquante ans d’exil, de rejet par l’oubli, d’où pourrait bien venir une main secourable?... Voilà, l’album est refermé, les émotions maladroitement retranscrites. J’ai une boule au creux de l’estomac. Je crois que je vais sortir, histoire de voir du monde, n’importe qui, je m’en fous. J’ai simplement envie de ne pas me sentir… tout seul. Un hymne à l’imaginaire, à la liberté, à l’humanisme.

31/08/2009 (modifier)
Couverture de la série Petites coupures
Petites coupures

Une BD pour les fans de boxe, mais pas seulement... Je ne connaissais pas ces deux auteurs et je dois dire que j'ai été agréablement surpris par cette découverte. L'ambiance des années 40, les voitures, les femmes plantureuses, les salles remplies de fumeurs, les buveurs de Jack Daniels, le tout sur un fond de musique Jazz... L'instant de 250 pages, je m'y suis cru... Le dessin premièrement est tout simplement génial et colle parfaitement à ce genre de BD... Le noir et blanc, une évidence, nous retranscrit à merveille cette époque, les flashs, les effets de lumières, la dureté de certaines scènes... Le scénario ensuite que je trouve personnellement relativement simple, mais ce n'est en aucun cas gênant... Un gars sur la fin qui, le soir d'un combat sans envergure, est sensé jouer le sparring face au champion montant, encaisser les coups, en distribuer de temps en temps, va avoir un sursaut d'orgueil et va décider de rendre coup pour coup... Une leçon de courage, de respect, bref de boxe... "C'était un cauchemar dont il n'a jamais pu se réveiller et qui l'a forcé à vivre toute sa vie en se maudissant de s'être montré trop faible pour le plus exigeant des sports" Cette phrase de FX-Toole citée en début de livre a certainement été l'élément déclencheur qui a permis aux deux auteurs de nous "pondre" cette merveille... Pour les fans de boxe, je conseille FX-Toole, ancien boxeur et cutman, auteur, entre autres, de la nouvelle "Million dollar baby".

30/08/2009 (modifier)
Par Ems
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Tour en caravane
Le Tour en caravane

Après la lecture du 1er tome. Comment se fait-il que cette BD soit si peu connue ? La lecture m'a bluffé. Les personnages sont naturels et vraiment passionnants à suivre. Ils sont tous de la France profonde et ne laissent pas indifférent. Cette BD m'a fait penser à l'émission télé " Striptease " que j'adore. Dans ce récit, on suit trois personnages principaux engagés dans la caravane du tour de France. Ils ont en charge le véhicule de la ville de Suresnes qui promeut son vin rouge. En 80 pages, il leur arrive un tas d'aventures. J'ai trouvé le récit dense malgré l'apparente lenteur du rythme. J'ai vraiment hâte de connaître la suite. Il ne faut pas se méprendre, le récit ne parle pas du Tour de France, celui ci n'est que le contexte lointain. Le dessin est agréable mais les visages ne sont pas très réussis. Les couleurs sont basiques et fonctionnent bien pour ce type d'histoire. L'intérêt principal de la BD réside dans le scénario et ses personnages que l'on ne connaît toujours pas bien à la fin du premier tome.

29/08/2009 (modifier)
Par pol
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le combat ordinaire
Le combat ordinaire

Je suis vraiment emballé par le combat ordinaire. J'ai adoré la lecture des 2 tomes. Habituellement je n'aime pas les personnages qui ont des soucis d'ordre psychiatrique, et je ne m'emballe pas non plus pour des histoires banales de la vie de tous les jours. Mais là, j'ai tout de suite accroché. Le dessin de Larcenet est super. Simple mais il va tellement bien à l'histoire que je l'apprécie sans doute plus qu'a sa juste valeur. L'histoire est loin d'être rocambolesque, puisque c'est simplement la vie d'un gars qui habite à la campagne et qui a quitté son boulot. Pourtant je ne me suis pas ennuyé une seconde. Au contraire, j'ai même rigolé dans pas mal de passage. Le personnage de Marco est atypique mais très attachant. J'adore les scènes où il est avec son frère. Ca me fait marrer quand il se retrouve les bras en l'air à hurler "Georges"... sans doute parce que c'est tout à fait le genre de trucs débiles que je suis parfaitement capable de faire avec mon frère. C'est vrai pendant les 3 premiers tomes que je trouve géniaux. Le 4eme est un peu différent, c'est une sorte de conclusion avec un peu de recul. Je trouve que c'est en léger décalage avec les premiers. C'est aussi moins drôle : fini les Georges et les gros pétards. Cependant je laisse 5 étoiles pour la qualité des 3 premiers et la force avec laquelle Larcenet arrive à me faire passer par pleins de sentiments différents.

27/02/2006 (MAJ le 28/08/2009) (modifier)
Par Moino
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les P'tits diables (Tom et Nina)
Les P'tits diables (Tom et Nina)

Alors je viens d'acheter le tout dernier tome de cette série (dont le premier m'a été offert à un anniv)... je les collectionne depuis le début, et ne me lasse pas de toutes les histoires toujours plus drôles les unes que les autres. Je trouve aussi que les dessins sont vraiment très "dynamiques", et les couleurs très belles et pleines de vie. ... ça me fait penser à du Boule et Bill, et en lisant ces BD je passe à chaque fois un bon moment de détente !

28/08/2009 (modifier)
Par Moino
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Sweety Sorcellery
Sweety Sorcellery

J'ai découvert tout récemment l'univers et le style des dessins d'Ood Serrière sur son blog, et j'ai tout de suite aimé le trait, les couleurs et l'ambiance. Au vu de la collection "Blackberry-Strawberry" dont cet album fait partie, je ne correspondais pas vraiment au public visé, mais... peu importe, car j'ai pris plaisir à admirer et lire cette histoire ! Ne connaissant pas vraiment le monde des BD "Fantastiques", le découvrir avec cet album collectif ne m'a pas du tout déçu et m'a même rendu curieux de découvrir d'autres histoires de ce genre... tout en attendant avec impatience de pouvoir feuilleter un tome 2 de "Sweety Sorcellery". Et sincèrement, pour une jeune dessinatrice autodidacte, Ood Serrière a vraiment bien travaillé et cet album est très réussi... de même pour la scénariste (Audrey Alwett), le coloriste (Cyril Vincent), et les autres auteurs qui ont participé (Aurore, Kappou, Kmixe, Nicolaci).

27/08/2009 (modifier)
Couverture de la série Songes
Songes

Quel étonnant album ! Niveau scénario, ce tome introductif (en tous cas je l’espère) nous raconte l’arrivée de la jolie Coraline dans une maison comme intendante attachée à la distraction du maître des lieux. Elle ne sait pas vraiment pourquoi elle est là et visiblement son physique colle avec les critères de la maison. On devine un secret dans cette maison et la complicité du personnel déjà présent. On se demande ce qu’est ce breuvage, on voyage dans un érotisme tendre avec les rêves de Coraline. Et comment se fait il qu’elle se réveille cul nu tous les matins ? Le maître des lieux à l’apparence juvénile semble être un surdoué bricoleur, un tantinet prétentieux et colérique, les machines qui sortent de son imagination semblent tout droit sorties des univers de Jules Verne. A part ça il ne se passe pas grand-chose pour être honnête, on sent le complot dans la maison et on se délecte des rêves de Coraline, de ses tenues 1900 et de ses formes. Sommes-nous ce valet un peu voyeur, ou bien cette femme de chambre complice mais qui protège tout de même un peu Coraline, ou bien ce maître des lieux individualiste qui joue avec son nouveau jouet en attendant de le casser ? Niveau dessin c’est tout simplement sublime. L’anatomie féminine ne semble pas avoir de secret pour le dessinateur, quelque soit la positon, le costume et l’angle de vue. Les machines sont également magistralement vivantes. Les décors et l’architecture relèvent de cette époque où chaque détail doit pouvoir être une œuvre d’art, aussi quand bien même les galbes de Coraline nous laisseraient de marbre, les fonds, et mobiliers forment un ensemble très riche formant un écrin à cette étrange maison. A ce stade de l’histoire il faut avouer qu’il ne s’est pas passé grand-chose : chaque nuit est prétexte à de nouveaux rêves érotiques mais on ne sait pas où on va ! Attention il faut voir ici de l’érotisme au sens sensualité et mise en situations, vous ne trouverez pas ici de scène chaude ou de dessins explicite, tout se fait avec l’imagination et la suggestion. En revanche côté dessins vous avez pris une sacrée claque ! Je ne sais si un second tome viendra ternir ou valoriser ce premier, mais je trouve en cet opus tous les ingrédients pour une histoire réelle à l’environnement envoutant et sensuel, sans que tout (et souvent n’importe quoi) soit prétexte à une sauterie générale ou à l’exposition totémique du corps féminin. A connaître car cela forme avec le premier tome de Bianca une alternative artistique à la bande dessinée érotique. Cette finesse dans ce genre est suffisamment rare pour être mentionnée et encouragée ! On attendra tout de même le second tome avant d’acheter pour vérifier que les pistes lancées dans le premier se concrétisent. (la classification en inclassable est étonnante, vous attentez la première scène explicite pour le passer en érotique !)

27/08/2009 (modifier)
Par Luyana
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Monster
Monster

Je n'ai pas assez de mots pour exprimer ce que m'inspire cette œuvre. Je ne suis certes pas une des plus assidues lectrices de mangas, mais j'en connais quelques uns, et celui-ci est mon favori : bien que j'aime beaucoup des mangas légers et davantage lisibles par les plus jeunes, comme Dragon Ball, Love Hina ou Inu yasha, j'ai vraiment apprécié la richesse de "Monster". Il est complexe, original, précis, réaliste, certes sombre mais la noirceur de l'histoire ne m'a pas empêchée de devenir fan de l'histoire, moi que trop de noir repousse d'habitude, car certains personnages montrent leur amour de la vie. La psychologie des personnages, le suspense, l'immersion dans les différents lieux et époques, les dessins... Tout y est remarquable. Pas une fausse note à mon avis. Ayant découvert par hasard cette œuvre, je pense alors qu'en effet, le hasard fait parfois très bien les choses. Mon seul regret est d'avoir terminé le dernier volume il y a bien longtemps. J'ai également beaucoup aimé le petit livre cartonné du conte qui est au centre de l'histoire; ça m'a permis de me rapprocher encore davantage de l'univers de ce manga, et de ses personnages. La fin me laisse un peu sur ma faim, avec de nombreuses questions encore, mais laisse donc place à mon imagination.

27/08/2009 (modifier)
Par Julchagra
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Photographe
Le Photographe

C'est une BD qui m'a scotché, d'un bout a l'autre. L'histoire est bluffante, celle du montage de la BD et de Guilbert également ; le récit est bien mené, le contexte et l'environnement sont intrigants, suffisamment haletants. J'ai aimé tout cela. Le coup de crayon peut paraitre simpliste, grossier parfois mais au fil des pages la BD prend corps, cela colle bien à l'histoire et probablement au Pakistan... Je peux comprendre que cela ne convienne pas à tout le monde, mais j'ai adoré le mariage photo/vignettes ; passionné de photos, ce n'est pas bien étonnant, il est vrai... Elle est en bonne place sur l'étagère et le restera, c'est certain !

26/08/2009 (modifier)
Par Pierig
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Quartier lointain
Quartier lointain

Ce diptyque m’attendait tranquillement dans un coin de ma bibliothèque depuis quelques années déjà. Le moment était venu de le lire. Une envie de m’y plonger. Paradoxalement, j’ai plus de mal à trouver les mots pour exprimer mon ressenti à l’égard d’une bd que j’ai adorée plutôt qu’à l’égard d’une que je juge juste "pas mal". Je vais quand même essayer d’exprimer au mieux mon sentiment. Le voyage dans le temps de Hiroshi Nakahara, qui l’amène à revivre l’année de ses 14 ans, est l’occasion pour le lecteur de se plonger dans son propre passé et de se demander ce qu’on aurait fait à sa place. Plus globalement, ce manga aborde une question métaphysique des plus intéressante : est-il possible de modifier le cours de l’histoire ? Sans pour autant trancher cette question, Jirô Taniguchi apporte quelques éléments de réponse. On se laisse emporter par ce récit en se demandant si Hiroshi arrivera finalement à infléchir le cours de l’histoire de sa famille. Avec une narration simple et prenante, l’auteur arrive à captiver le lecteur en l’amenant à ce poser une foule de questions. Finalement, ce voyage dans le temps, rêve ou réalité ? Hiroshi se pose la question qui trouvera réponse tout à la fin du diptyque ainsi que l’origine du titre. Assurément une belle histoire, très touchante. Bref, je ne regrette pas mon achat effectué lors de sa sortie, ni d’avoir attendu tout ce temps pour le lire.

26/08/2009 (modifier)