Alors ... Essayons de noter cette œuvre en restant le plus objectif possible.
Déjà, je dois dire que c'est mon premier Craig Thomson mais que dès demain je vais foncer acheter d'autres œuvres de lui qu'on m'a chaudement recommandées.
Alors selon moi, voici un véritable chef d'œuvre. A tous les niveaux encore une fois :
- Un dessin sublime (le mot est faible), qui ne faiblit pas un seul instant (sur les 650 pages j'ai rien remarqué) et qui s'accorde superbement bien avec le récit. On sent le trait maitrisé et les représentations sur des pages complètes sont des tableaux qu'on rêverait d'accrocher sur un mur. Le mélange avec les arabesques, l'écriture arabe et les symboles est parfaitement en accord, donnant un aspect fabuleux ;
- L'atmosphère, digne des contes orientaux (en fait je dirais que c'en est un), avec le mélange d'intemporel et de contemporain (parfaitement bien accordés), de mille et une nuit et de Coran, envoutante et entrainante, on se sent transporté dans un autre pays, clairement ;
- Et surtout, le scénario. Sublime. On suit nos deux protagonistes sans lâcher une seule seconde, c'est un plongeon superbe dans cette histoire, entrecoupé de récits de toutes sortes, de réflexions, de symboles, de ce fameux carré de neuf. On a de tout : l'alchimie, les mathématiques, les sciences, les histoires .... C'est inqualifiable.
En fait, je donne le culte car c'est véritablement un ouvrage .... tellement dur à décrire mais tellement bien. J'avais l'impression d'entendre une personne me raconter une histoire, comme lorsqu'on est gosse ... De plus j'ai toujours adoré tout ce qui touche aux autres cultures, et je pense qu'on ne peut être que servi sur ce point là aussi : le monde fascinant de l'orient m'a littéralement transporté. Les passages du Coran, les récits et les légendes, l'écriture, les poèmes aussi ... Tout est parfaitement mis en place. On est dans une autre dimension. C'est magique.
Pour essayer de nuancer cet envoi de fleurs ... je dirais qu'on peut peut-être y trouver quelques longueurs, et que l'ensemble est très long (même si tout passe sans qu'on s'en rende compte). Non, je pense que le plus gros défaut, c'est véritablement qu'on ne peut pas le lire rapidement dans un rayon de la librairie pour voir si ca vaut le coup (sous peine d'attraper un bon mal de dos à rester trop longtemps debout et immobile).
En fait, j'ai été complètement conquis, c'est là une œuvre poignante et d'une grande force, qui fait rêver et transporte encore longtemps après sa lecture.
Un sentiment agréable .....
EDIT : après plusieurs relectures, je baisse ma note d'un point tout de même. Non pas que je rejette la qualité de l’œuvre qui reste toujours la même, mais suite à la lecture de nombreux autres ouvrages, je le trouve un peu en deçà d'une note 'immanquable", d’où ma rétrogradation.
Par où commencer pour vous parler de Daytripper?
Pourquoi pas par la fin ? Daytripper fait partie de ces bandes dessinées qui vous laissent au final un goût délicieux teinté de bonheur et de mélancolie. J’ai cette agréable sensation d’avoir découvert quelque chose de sensiblement différent : un récit sur la vie tout simplement, ni trop intimiste ni trop banal, qui démarre d’une idée géniale. Si la construction de l’histoire est des plus originales, c’est sans doute parce qu’elle nous offre un sympathique tour d’horizon de notre propre existence. Du moins, c’est sur notre propre vie - et notre propre mort - que ce récit semble tourné, avec ses similitudes et ses différences mais quoiqu’il en soit, les thématiques abordées restent universelles. Et dans cet exercice qui peut sembler périlleux voire impossible, les auteurs nous offrent un très beau moment de plaisir et de sincérité.
La lecture est facile, le récit est prenant et très bien rythmé. Si le questionnement a été pour ma part présent à plusieurs reprises dans ce livre, je dois dire que le plaisir de lecture fût réel et m’a beaucoup amusé. Cela semble parfait me direz-vous ? Et bien franchement, je ne lui trouve pas (beaucoup) de défaut à cette BD…
Comment ne pas complimenter l’approche graphique de l’album ? Le trait est dynamique et riche. La colorisation est splendide et confirme la qualité graphique de l’album déjà bien représentée sur la couverture. Je tiens également à saluer le travail de l’éditeur qui nous offre un album d’une qualité irréprochable.
Bref, cet album a été pour moi un vrai moment de plaisir qui me laisse une excellente impression. Je le garde bien précieusement dans ma bibliothèque et le relirai avec certitude. Un grand moment, chapeau-bas messieurs !
Attention ovni !
Une histoire surprenante, originale et décalée. Quel plaisir de découvrir une série qui ne ressemble à aucune autre. Le monde de notre petit cuistot va être bouleversé, suite à un voyage pour le moins étonnant… je n’en dirais pas plus pour ne pas gâcher l’effet de surprise.
Surprenant et innovant, ces deux mots collent parfaitement à ce premier tome rempli d’humour et de situation décalée. Le deuxième et dernier tome (Déjà !) est donc vivement attendu.
Albert, le roi de la croquette à la crevette est vraiment un personnage très attachant et on a hâte de le retrouver, dans son drôle de périple.
Le dessin agréable et léger s’avère très expressif, et nous offre des gueules assez poilantes.
Une belle découverte, bravo aux auteurs de sortir des sentiers battus et de laisser libre cours à leur imagination, pour notre plus grand plaisir.
Avec « Stratos », Prado pousse sa ligne de front un peu plus loin, en quittant le registre de l’absurde et passer le pas de la science fiction. Vous me direz, la frontière est parfois un peu mince entre les deux…
Autre changement notoire, le passage au noir et blanc et un coup de crayon beaucoup plus sombre et beaucoup plus marqué. Surprenant de prime abord, mais on se rend rapidement compte qu’il colle parfaitement à cette sinistre société dont les aberrations socio-économique qu’il dénonce sont tragiquement transposables à notre actualité… Quand on se rend compte que cette BD a quand même 22 ans, ça fait réfléchir…
Prado conserve la forme qui fait aussi sa marque de fabrique, la succession d’histoires courtes, avec cette fois-ci un fil d’Ariane plus marqué que dans d’autre de ses réalisations. Réapparition de personnages clés, télescopages de destinés, Prado tisse habillement sa toile pour nous proposer une satyre sociale d’anticipation très réussie et que feraient bien de relire les espagnols aujourd’hui… Un album très réussi !
Comme beaucoup, il m’a fallu un certain temps pour réussir à rentrer dans l’univers de Marazano et Luo. Non pas que ce qu’il propose soit hermétique, mais bien au contraire, j’avais l’impression de plonger dans un savant cocktail de liqueurs pompées à droite à gauche, qui risquait à tout moment de virer et de terminer en cercueil…
Mais c’était sans compter sur le talent de nos deux auteurs. Car si l’influence graphique et scénaristique de Miyazaki et de Lewis Caroll et son Alice, peuvent faire tiquer au début, l’onirisme et les apports personnels finissent par renverser la vapeur. On se laisse prendre au jeu et bringuebaler dans ce monde absurde et complètement déjanté, en suivant les pas de cette fillette.
Les idées et l’inventivité de Marazano sont réjouissantes, et Yin Luo a un réel talent pour mettre tout cela en image. Je lui reprocherais juste quelques cases qui font un peu trop bricolées, notamment avec le chat, qui donne un peu l’impression d’être passé sous un 38 tonnes et rescotché sur la planche ensuite… Mais mis à part cela, le tout a vraiment de la gueule ! Rêve, mystère, cocasserie et ineptie : j’en redemande, surtout à cette sauce là !
Un album « jeunesse » qui ravira certainement les plus grands, surtout les amateurs d’animés japonais façon Miyazaki.
J'ai été vraiment scotché sur cette bd, un bon scénario qui laisse présager un second tome intéressant, qui devrait normalement je crois paraître en juin. Sur un point, j'aurais voulu en connaître un peu plus sur ce monde où les primates demeurent quand même au dessus des humains.. Sinon tout le long du récit on ressent cette montée en puissance certaine du conflit singes-humains après la mort de l'archonte. Vivement la suite après cette fin explosive....
Des recueils sur des histoires fantastiques de la veine d'un Edgar Allan Poe, il en existe un paquet...
Des plus nostalgiques comme les revues pulp américaines des années 50 comme la série des "Tales" aux plus glauques comme les séries de Foerster chez Fluide, il y en a eu bien une aussi courte que de qualité qui a émergé dans les années 80...
En effet Cossu n'a pas son pareil depuis le méconnu Alceister Crowley pour dépeindre un fantastique bizarre et dérangeant auquel son joli trait rend particulièrement justice.
Qu'il s'agisse des cadrages comme des décors aux regards sombres de ses personnages, l'ambiance est bien vite posée et la conclusion est comme souvent plutôt surprenante même si elle peut paraître convenue.
Une réédition serait la bienvenue d'urgence afin de profiter du travail exemplaire de cet artiste et sortir ce petit bijou d'humour noir de la rubrique "Bds oubliées" où elle a été injustement rangée...
Je ne saurais que vous conseiller de lire Cossu, enfant naturel de Tardi et de Moebius ni plus ni moins !
Sans le coup de projecteur du festival d'Angoulème, je serais sans nul doute passé à côté de ce pavé. C'est le premier livre de Guy Delisle que je découvre, et malgré ses 335 pages, je l'ai dévoré dans la journée.
Ce carnet de voyage est vraiment époustouflant. Je ne m'y suis pas ennuyé une seule seconde.
Ouvrage très instructif, drôle et avec des réflexions pertinentes.
Delisle nous relate avec ce côté "huron" à la Voltaire ces choses que nous connaissons tous à travers les reportages télé : les check points, l'intifada, les juifs orthodoxes, les juifs non orthodoxes et surtout ce mur, très présent dans cet ouvrage, à un point que je n'imaginais pas.
Le tout sur un fond assez décalé, celui de la situation d'homme au foyer de dessinateur.
Ayant été dans cette position pendant longtemps, je me suis reconnu dans certaines situations.
Bref, un livre que j'ai adoré.
C’est un extraordinaire voyage que voilà. J’ai franchement adoré. Je regrette simplement que l’action soit si longue à se mettre en place et que les évènements soient aussi distillés même si cela fait monter la tension. On aimerait sans doute que cela avance plus vite. C’est tout de même bon signe de l’intérêt que l’on porte.
Le premier tome est introductif. On fait la connaissance d’un héros suicidaire à savoir Adamson qui va donner le titre de la série. On va ignorer totalement ce qui l’a conduit à ce désespoir. On suppose que c’est le manque d’aventure. Et voilà qu'on lui offre sur un plateau une expédition réellement extraordinaire suite à la découverte inopinée d’une porte menant à une autre dimension. Et c’est parti comme si de rien n'était ! Bref, il y a de réelles facilités scénaristiques.
Par ailleurs, ce personnage sera vite intégré dans un groupe d’aventuriers où son influence ne sera plus aussi déterminante pour la suite même si on veut nous le faire croire. Je n’ai pas perçu une trempe qui rend le personnage charismatique. C’est dommage. La dimension humaine semble effacée par rapport à celle des faits qui se produisent et qui sont pour le moins étonnants.
Le second tome est celui de l’exploration de cet univers parallèle où l’on rencontre de monstrueux insectes plutôt dangereux. Cela ressemble un peu à ces fameux romans d’aventure de Jules Verne. L’originalité tient au fait de l’avoir inscrit dans le contexte de 1913 c'est-à-dire à l’aube de la Première Guerre Mondiale. Ce chapitre nous dévoile également les clés d’un mystère posé dans le tome précédent. On revient d’ailleurs sur un terrain plus rationnel avec l’entrée en lice des belligérants allemands. On va également assister à un scindement du récit en deux concernant une enquête dans le monde londonien.
Le troisième tome sera sans doute le plus décevant car l’histoire semble faire du surplace avec cette course poursuite. Il n’en demeure pas moins que c’est réussi car la fin nous apporte un nouveau mystère qui fait que nous souhaitons avancer dans l’histoire. Un découpage plus efficace permettrait d’aller plus vite. Cependant, chaque case même contemplative est un bonheur pour les yeux. J’aime ce graphisme très réaliste. On se croirait dans un film digne de ce nom. On ne va pas se plaindre !
Cette série est un pur bonheur de lecture. C’est bien construit et on a envie de découvrir la suite avec impatience. Cependant, en mai 2012, on apprend que la série ne sera pas poursuivie faute de ventes suffisantes et là, je me dis que c'est une terrible déception. J'avais déjà amèrement regretté l'arrêt de séries excellentes comme Candélabres par exemple. Là encore, il y avait arrêt malgré la publication de plusieurs albums et un bon succès au niveau de la critique. Il est vrai que Adamson m'a été conseillé directement par ma libraire qui commence à connaître mes goûts. Je ne l'aurais pas acheté spontanément sans doute à cause d'un graphisme désuet qui fait veille époque mais qui est voulu pour le contexte de l'histoire. Et je n'ai pas été déçu de cette lecture au point de m'être précipité pour acheter tous les tomes. C'est dur quand c'est la logique commerciale qui dicte la loi en matière de publication. Adamson ne le méritait pas, loin de là. Et finalement, on se dit qu'il y a beau avoir des sites qui conseille ou mette l'accent, cela ne suffit pas. Tout cela est bien regrettable...
Note Dessin : 4/5 – Note Scénario : 4.5/5 – Note Globale : 4.25/5
Ouksébon ! Voilà le genre de série complètement barrée et déjantée qui me plait vraiment !
Prenez un inspecteur au pouvoir plus qu’étrange (Il est cibopathe, c’est à dire capable de retracer psychiquement la nature, l'origine et l'histoire de tout ce qu'il mange ou goûte… y compris les macchabés !). Ajoutez-y un partenaire à moitié bionique suite à un tragique « accident » de hachoir et qui se tape son patron pour couvrir les escapades de son comparse. Servez le tout dans un monde qui semble être le notre, à un détail près : suite à l’épidémie de grippe aviaire, le poulet a été purement et simplement banni de notre alimentation et de nos élevages… Résultat, le poulet est devenu l’objet principal de la contrebande mondiale…
Au fil des 3 albums parus à ce jour, on découvre un comics à l’humour décapant, au rythme soutenu et qui sait se renouveler. Car ce qui frappe dans cette série, c’est le dynamisme qui s’en dégage et l’originalité de la forme. On sent que John Layman a bien réfléchi à sa narration et à sa façon de distribuer son jeu. Tout semble décousu, alors qu’en fait, les pièces de son puzzle reprennent tranquillement leur place au fil des albums. Il joue et se fait plaisir pour notre plus grand bonheur, à coup de rebondissements et de personnages tous plus truculents les uns que les autres !
Côté dessin, Rob Guillory n’est pas en reste ! Tout cela dégage et ventile à tout va ! Ses découpages (Et là c’est pas au hachoir !) et ses mises en pages sont plus qu’efficaces, et certaines planches tout simplement magnifiques ! Comme son comparse, on sent qu’il s’amuse, à travers l’expressivité de ses personnages, l’exagération de tel ou tel élément, le tout pour nous servir un petit mijoté graphique aux couleurs peps qui titille grave la papille !
C’est frais, agréable à lire et à voir et ça ne se prend pas vraiment au sérieux. Un TRES agréable moment de détente et de délire parfaitement mis en forme jusqu’ici ! En espérant que la suite soit du même tenant !
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Habibi
Alors ... Essayons de noter cette œuvre en restant le plus objectif possible. Déjà, je dois dire que c'est mon premier Craig Thomson mais que dès demain je vais foncer acheter d'autres œuvres de lui qu'on m'a chaudement recommandées. Alors selon moi, voici un véritable chef d'œuvre. A tous les niveaux encore une fois : - Un dessin sublime (le mot est faible), qui ne faiblit pas un seul instant (sur les 650 pages j'ai rien remarqué) et qui s'accorde superbement bien avec le récit. On sent le trait maitrisé et les représentations sur des pages complètes sont des tableaux qu'on rêverait d'accrocher sur un mur. Le mélange avec les arabesques, l'écriture arabe et les symboles est parfaitement en accord, donnant un aspect fabuleux ; - L'atmosphère, digne des contes orientaux (en fait je dirais que c'en est un), avec le mélange d'intemporel et de contemporain (parfaitement bien accordés), de mille et une nuit et de Coran, envoutante et entrainante, on se sent transporté dans un autre pays, clairement ; - Et surtout, le scénario. Sublime. On suit nos deux protagonistes sans lâcher une seule seconde, c'est un plongeon superbe dans cette histoire, entrecoupé de récits de toutes sortes, de réflexions, de symboles, de ce fameux carré de neuf. On a de tout : l'alchimie, les mathématiques, les sciences, les histoires .... C'est inqualifiable. En fait, je donne le culte car c'est véritablement un ouvrage .... tellement dur à décrire mais tellement bien. J'avais l'impression d'entendre une personne me raconter une histoire, comme lorsqu'on est gosse ... De plus j'ai toujours adoré tout ce qui touche aux autres cultures, et je pense qu'on ne peut être que servi sur ce point là aussi : le monde fascinant de l'orient m'a littéralement transporté. Les passages du Coran, les récits et les légendes, l'écriture, les poèmes aussi ... Tout est parfaitement mis en place. On est dans une autre dimension. C'est magique. Pour essayer de nuancer cet envoi de fleurs ... je dirais qu'on peut peut-être y trouver quelques longueurs, et que l'ensemble est très long (même si tout passe sans qu'on s'en rende compte). Non, je pense que le plus gros défaut, c'est véritablement qu'on ne peut pas le lire rapidement dans un rayon de la librairie pour voir si ca vaut le coup (sous peine d'attraper un bon mal de dos à rester trop longtemps debout et immobile). En fait, j'ai été complètement conquis, c'est là une œuvre poignante et d'une grande force, qui fait rêver et transporte encore longtemps après sa lecture. Un sentiment agréable ..... EDIT : après plusieurs relectures, je baisse ma note d'un point tout de même. Non pas que je rejette la qualité de l’œuvre qui reste toujours la même, mais suite à la lecture de nombreux autres ouvrages, je le trouve un peu en deçà d'une note 'immanquable", d’où ma rétrogradation.
Daytripper (au jour le jour)
Par où commencer pour vous parler de Daytripper? Pourquoi pas par la fin ? Daytripper fait partie de ces bandes dessinées qui vous laissent au final un goût délicieux teinté de bonheur et de mélancolie. J’ai cette agréable sensation d’avoir découvert quelque chose de sensiblement différent : un récit sur la vie tout simplement, ni trop intimiste ni trop banal, qui démarre d’une idée géniale. Si la construction de l’histoire est des plus originales, c’est sans doute parce qu’elle nous offre un sympathique tour d’horizon de notre propre existence. Du moins, c’est sur notre propre vie - et notre propre mort - que ce récit semble tourné, avec ses similitudes et ses différences mais quoiqu’il en soit, les thématiques abordées restent universelles. Et dans cet exercice qui peut sembler périlleux voire impossible, les auteurs nous offrent un très beau moment de plaisir et de sincérité. La lecture est facile, le récit est prenant et très bien rythmé. Si le questionnement a été pour ma part présent à plusieurs reprises dans ce livre, je dois dire que le plaisir de lecture fût réel et m’a beaucoup amusé. Cela semble parfait me direz-vous ? Et bien franchement, je ne lui trouve pas (beaucoup) de défaut à cette BD… Comment ne pas complimenter l’approche graphique de l’album ? Le trait est dynamique et riche. La colorisation est splendide et confirme la qualité graphique de l’album déjà bien représentée sur la couverture. Je tiens également à saluer le travail de l’éditeur qui nous offre un album d’une qualité irréprochable. Bref, cet album a été pour moi un vrai moment de plaisir qui me laisse une excellente impression. Je le garde bien précieusement dans ma bibliothèque et le relirai avec certitude. Un grand moment, chapeau-bas messieurs !
Shrimp
Attention ovni ! Une histoire surprenante, originale et décalée. Quel plaisir de découvrir une série qui ne ressemble à aucune autre. Le monde de notre petit cuistot va être bouleversé, suite à un voyage pour le moins étonnant… je n’en dirais pas plus pour ne pas gâcher l’effet de surprise. Surprenant et innovant, ces deux mots collent parfaitement à ce premier tome rempli d’humour et de situation décalée. Le deuxième et dernier tome (Déjà !) est donc vivement attendu. Albert, le roi de la croquette à la crevette est vraiment un personnage très attachant et on a hâte de le retrouver, dans son drôle de périple. Le dessin agréable et léger s’avère très expressif, et nous offre des gueules assez poilantes. Une belle découverte, bravo aux auteurs de sortir des sentiers battus et de laisser libre cours à leur imagination, pour notre plus grand plaisir.
Stratos
Avec « Stratos », Prado pousse sa ligne de front un peu plus loin, en quittant le registre de l’absurde et passer le pas de la science fiction. Vous me direz, la frontière est parfois un peu mince entre les deux… Autre changement notoire, le passage au noir et blanc et un coup de crayon beaucoup plus sombre et beaucoup plus marqué. Surprenant de prime abord, mais on se rend rapidement compte qu’il colle parfaitement à cette sinistre société dont les aberrations socio-économique qu’il dénonce sont tragiquement transposables à notre actualité… Quand on se rend compte que cette BD a quand même 22 ans, ça fait réfléchir… Prado conserve la forme qui fait aussi sa marque de fabrique, la succession d’histoires courtes, avec cette fois-ci un fil d’Ariane plus marqué que dans d’autre de ses réalisations. Réapparition de personnages clés, télescopages de destinés, Prado tisse habillement sa toile pour nous proposer une satyre sociale d’anticipation très réussie et que feraient bien de relire les espagnols aujourd’hui… Un album très réussi !
Le Rêve du papillon
Comme beaucoup, il m’a fallu un certain temps pour réussir à rentrer dans l’univers de Marazano et Luo. Non pas que ce qu’il propose soit hermétique, mais bien au contraire, j’avais l’impression de plonger dans un savant cocktail de liqueurs pompées à droite à gauche, qui risquait à tout moment de virer et de terminer en cercueil… Mais c’était sans compter sur le talent de nos deux auteurs. Car si l’influence graphique et scénaristique de Miyazaki et de Lewis Caroll et son Alice, peuvent faire tiquer au début, l’onirisme et les apports personnels finissent par renverser la vapeur. On se laisse prendre au jeu et bringuebaler dans ce monde absurde et complètement déjanté, en suivant les pas de cette fillette. Les idées et l’inventivité de Marazano sont réjouissantes, et Yin Luo a un réel talent pour mettre tout cela en image. Je lui reprocherais juste quelques cases qui font un peu trop bricolées, notamment avec le chat, qui donne un peu l’impression d’être passé sous un 38 tonnes et rescotché sur la planche ensuite… Mais mis à part cela, le tout a vraiment de la gueule ! Rêve, mystère, cocasserie et ineptie : j’en redemande, surtout à cette sauce là ! Un album « jeunesse » qui ravira certainement les plus grands, surtout les amateurs d’animés japonais façon Miyazaki.
La Planète des Singes
J'ai été vraiment scotché sur cette bd, un bon scénario qui laisse présager un second tome intéressant, qui devrait normalement je crois paraître en juin. Sur un point, j'aurais voulu en connaître un peu plus sur ce monde où les primates demeurent quand même au dessus des humains.. Sinon tout le long du récit on ressent cette montée en puissance certaine du conflit singes-humains après la mort de l'archonte. Vivement la suite après cette fin explosive....
Histoires alarmantes
Des recueils sur des histoires fantastiques de la veine d'un Edgar Allan Poe, il en existe un paquet... Des plus nostalgiques comme les revues pulp américaines des années 50 comme la série des "Tales" aux plus glauques comme les séries de Foerster chez Fluide, il y en a eu bien une aussi courte que de qualité qui a émergé dans les années 80... En effet Cossu n'a pas son pareil depuis le méconnu Alceister Crowley pour dépeindre un fantastique bizarre et dérangeant auquel son joli trait rend particulièrement justice. Qu'il s'agisse des cadrages comme des décors aux regards sombres de ses personnages, l'ambiance est bien vite posée et la conclusion est comme souvent plutôt surprenante même si elle peut paraître convenue. Une réédition serait la bienvenue d'urgence afin de profiter du travail exemplaire de cet artiste et sortir ce petit bijou d'humour noir de la rubrique "Bds oubliées" où elle a été injustement rangée... Je ne saurais que vous conseiller de lire Cossu, enfant naturel de Tardi et de Moebius ni plus ni moins !
Chroniques de Jérusalem
Sans le coup de projecteur du festival d'Angoulème, je serais sans nul doute passé à côté de ce pavé. C'est le premier livre de Guy Delisle que je découvre, et malgré ses 335 pages, je l'ai dévoré dans la journée. Ce carnet de voyage est vraiment époustouflant. Je ne m'y suis pas ennuyé une seule seconde. Ouvrage très instructif, drôle et avec des réflexions pertinentes. Delisle nous relate avec ce côté "huron" à la Voltaire ces choses que nous connaissons tous à travers les reportages télé : les check points, l'intifada, les juifs orthodoxes, les juifs non orthodoxes et surtout ce mur, très présent dans cet ouvrage, à un point que je n'imaginais pas. Le tout sur un fond assez décalé, celui de la situation d'homme au foyer de dessinateur. Ayant été dans cette position pendant longtemps, je me suis reconnu dans certaines situations. Bref, un livre que j'ai adoré.
Adamson
C’est un extraordinaire voyage que voilà. J’ai franchement adoré. Je regrette simplement que l’action soit si longue à se mettre en place et que les évènements soient aussi distillés même si cela fait monter la tension. On aimerait sans doute que cela avance plus vite. C’est tout de même bon signe de l’intérêt que l’on porte. Le premier tome est introductif. On fait la connaissance d’un héros suicidaire à savoir Adamson qui va donner le titre de la série. On va ignorer totalement ce qui l’a conduit à ce désespoir. On suppose que c’est le manque d’aventure. Et voilà qu'on lui offre sur un plateau une expédition réellement extraordinaire suite à la découverte inopinée d’une porte menant à une autre dimension. Et c’est parti comme si de rien n'était ! Bref, il y a de réelles facilités scénaristiques. Par ailleurs, ce personnage sera vite intégré dans un groupe d’aventuriers où son influence ne sera plus aussi déterminante pour la suite même si on veut nous le faire croire. Je n’ai pas perçu une trempe qui rend le personnage charismatique. C’est dommage. La dimension humaine semble effacée par rapport à celle des faits qui se produisent et qui sont pour le moins étonnants. Le second tome est celui de l’exploration de cet univers parallèle où l’on rencontre de monstrueux insectes plutôt dangereux. Cela ressemble un peu à ces fameux romans d’aventure de Jules Verne. L’originalité tient au fait de l’avoir inscrit dans le contexte de 1913 c'est-à-dire à l’aube de la Première Guerre Mondiale. Ce chapitre nous dévoile également les clés d’un mystère posé dans le tome précédent. On revient d’ailleurs sur un terrain plus rationnel avec l’entrée en lice des belligérants allemands. On va également assister à un scindement du récit en deux concernant une enquête dans le monde londonien. Le troisième tome sera sans doute le plus décevant car l’histoire semble faire du surplace avec cette course poursuite. Il n’en demeure pas moins que c’est réussi car la fin nous apporte un nouveau mystère qui fait que nous souhaitons avancer dans l’histoire. Un découpage plus efficace permettrait d’aller plus vite. Cependant, chaque case même contemplative est un bonheur pour les yeux. J’aime ce graphisme très réaliste. On se croirait dans un film digne de ce nom. On ne va pas se plaindre ! Cette série est un pur bonheur de lecture. C’est bien construit et on a envie de découvrir la suite avec impatience. Cependant, en mai 2012, on apprend que la série ne sera pas poursuivie faute de ventes suffisantes et là, je me dis que c'est une terrible déception. J'avais déjà amèrement regretté l'arrêt de séries excellentes comme Candélabres par exemple. Là encore, il y avait arrêt malgré la publication de plusieurs albums et un bon succès au niveau de la critique. Il est vrai que Adamson m'a été conseillé directement par ma libraire qui commence à connaître mes goûts. Je ne l'aurais pas acheté spontanément sans doute à cause d'un graphisme désuet qui fait veille époque mais qui est voulu pour le contexte de l'histoire. Et je n'ai pas été déçu de cette lecture au point de m'être précipité pour acheter tous les tomes. C'est dur quand c'est la logique commerciale qui dicte la loi en matière de publication. Adamson ne le méritait pas, loin de là. Et finalement, on se dit qu'il y a beau avoir des sites qui conseille ou mette l'accent, cela ne suffit pas. Tout cela est bien regrettable... Note Dessin : 4/5 – Note Scénario : 4.5/5 – Note Globale : 4.25/5
Tony Chu Détective Cannibale
Ouksébon ! Voilà le genre de série complètement barrée et déjantée qui me plait vraiment ! Prenez un inspecteur au pouvoir plus qu’étrange (Il est cibopathe, c’est à dire capable de retracer psychiquement la nature, l'origine et l'histoire de tout ce qu'il mange ou goûte… y compris les macchabés !). Ajoutez-y un partenaire à moitié bionique suite à un tragique « accident » de hachoir et qui se tape son patron pour couvrir les escapades de son comparse. Servez le tout dans un monde qui semble être le notre, à un détail près : suite à l’épidémie de grippe aviaire, le poulet a été purement et simplement banni de notre alimentation et de nos élevages… Résultat, le poulet est devenu l’objet principal de la contrebande mondiale… Au fil des 3 albums parus à ce jour, on découvre un comics à l’humour décapant, au rythme soutenu et qui sait se renouveler. Car ce qui frappe dans cette série, c’est le dynamisme qui s’en dégage et l’originalité de la forme. On sent que John Layman a bien réfléchi à sa narration et à sa façon de distribuer son jeu. Tout semble décousu, alors qu’en fait, les pièces de son puzzle reprennent tranquillement leur place au fil des albums. Il joue et se fait plaisir pour notre plus grand bonheur, à coup de rebondissements et de personnages tous plus truculents les uns que les autres ! Côté dessin, Rob Guillory n’est pas en reste ! Tout cela dégage et ventile à tout va ! Ses découpages (Et là c’est pas au hachoir !) et ses mises en pages sont plus qu’efficaces, et certaines planches tout simplement magnifiques ! Comme son comparse, on sent qu’il s’amuse, à travers l’expressivité de ses personnages, l’exagération de tel ou tel élément, le tout pour nous servir un petit mijoté graphique aux couleurs peps qui titille grave la papille ! C’est frais, agréable à lire et à voir et ça ne se prend pas vraiment au sérieux. Un TRES agréable moment de détente et de délire parfaitement mis en forme jusqu’ici ! En espérant que la suite soit du même tenant !