C'est toujours un plaisir pour moi de lire un carnet de voyage de Delisle ! Ça commence doucement et après une vingtaine de pages je suis complètement embarqué dans le récit. L'auteur a le don pour rendre ses voyages passionnants. J'ai beaucoup appris durant ma lecture, notamment les différentes mentalités que l'on retrouve à Jérusalem. C'est pas une ville où j'aimerais habiter ! Il y a trop de religieux emmerdeurs à mon goût !
Ce que j'aime surtout c'est que l'auteur ne prend jamais position. On voit par ses réactions ce qu'il doit sûrement penser, mais il ne fait jamais de discours moralisateur. Il ne fait que montrer ce qu'il voit et c'est une démarche que j'ai appréciée tant le sujet Israël-Palestine est controversé et qu'il est facile de tomber dans la caricature.
Je sors à peine de Ismahane que je retombe dans le même type de récit avec cette touchante Soraïa.
Le récit est très dur, d’autant plus dur que Renaud De Heyn le construit sans tomber dans le larmoyant. Je fais confiance à l’auteur pour la plausibilité de l’histoire et, surtout, des propos tenus par les différents protagonistes. Renaud De Heyn est un homme de terrain, lisez La Tentation pour vous en convaincre. Certains de ces propos m’ont choqué, notamment au niveau de l’antisémitisme primaire véhiculé par le discours d’extrémistes islamistes… un discours qui rappelle énormément celui tenu par les nazis en 1939.
Le récit, bien construit, permet surtout à l’auteur de dresser un tableau de la situation actuelle au Maroc. Bien sûr, il ne s’agit pas de généraliser mais les faits exposés ont de quoi faire réfléchir et, aussi, bondir. Les personnages principaux manquent à mes yeux de personnalité mais ils sont « logiques » dans l’esprit du récit : ils subissent, même s’ils ne sont pas consentants.
Au niveau du dessin, j’ai bien aimé les décors, moins les personnages. Trop de traits sur les visages nuisent à la lisibilité du dessin et au passage des émotions. Mais Renaud De Heyn a une patte, un style qui le sort de la masse. Et ça, c’est plutôt une qualité qu’un défaut, à mes yeux.
Un récit à lire, selon moi. Instructif, édifiant sur certains aspects, il peut (au même titre qu'Ismahane, d’ailleurs) servir de support dans le cadre d’un travail scolaire. En tous les cas, il soulève des questions et interpelle.
Pour la cote, j’hésite entre le « pas mal » et le « franchement bien ». L’album se lit vite et bien, il souffre bien de petits temps creux mais son côté instructif sans manichéisme et une fin réaliste et dure où le rêve remplace l’espoir m’ont vraiment bien plu. Le dessin me laisse un peu plus sur ma faim, puisque je n’ai pas trop aimé la manière dont les visages étaient dessinés et que ceux-ci sont nombreux. Mais chapeau pour les aquarelles des décors !
Bon ! 3/5 avec coup de cœur…
Le tome 2 est tout aussi plaisant que le premier. Le trait est même plus fort.
Anuki est un gamin fort plaisant et ses aventures dépassent le lectorat de prime jeunesse.
Cet album offre la possibilité de partager un bon moment entre un enfant et un adulte.
Je le recommande chaleureusement.
Ca y est ! J’ai enfin lu ce grand classique du monde de la B.D. Ce pas je l’ai franchi grâce à la dernière intégrale en date, qui offre une nouvelle colorisation des deux premiers tomes. Jusque là, à chaque fois que je feuilletais les premières planches, j’étais complètement bloqué par les couleurs, vraiment trop vieillottes à mon goût, ce qui m’incitait toujours à reposer l’ouvrage.
Cette intégrale, par ailleurs enrobée dans une jaquette superbement illustrée, est donc une excellente initiative, en redonnant un coup de jeune à cette série, elle m’a permis de découvrir un univers et des personnages des plus emblématiques.
Cela commence doucement, la mise en place met un peu de temps, mais l’attrait va en grandissant au fil des tomes. Les deux derniers tomes sont d’ailleurs les plus intéressants et la conclusion est des plus originale et inattendue. L’univers créé est vraiment très bien construit et détaillé, les différents personnages ont un caractère fouillé et intéressant. Au fil de la lecture, ont comprend mieux leurs aspirations, et leurs évolutions pour certains s’avèrent assez surprenantes et inattendues. Comme beaucoup, j’ai vraiment été fasciné par le Rige, personnage mystérieux et charismatique, qui marque de son empreinte cette belle aventure.
Le dessin de grande qualité est à l’image du récit : plus on avance, plus il se bonifie. Nombreuses séries commencent sur les chapeaux de roue et ensuite ne tiennent pas toutes leurs promesses. C’est ici l’exact contraire, le plaisir de lecture se bonifie au fur à mesure de l’avancée de l’histoire.
J’avais peur que cette série soit trop datée, mais il n’en est rien, j’ai d’ailleurs pu constater qu’elle a inspiré de nombreuses séries plus modernes. Pour ma part j’en redemande et je vais me pencher rapidement vers le préquel « Avant la quête ».
Après Un long destin de sang, Notre Mère la Guerre ou encore Mattéo, la guerre de 1914 n'en finit pas d'inspirer nos scénaristes, et non des moindres. Cothias rejoint en effet Bollée, Kriss et Gibrat dans la description de l'horreur humaine.
J'avais parcouru dans la presse spécialisée quelques pages de ce récit mais je n'avais guère été enthousiasmé, à première vue : je ne suis pas en effet un grand admirateur de Mounier et puis la Grande Guerre a fait l'objet de plusieurs adaptions en bande dessinée cette année.
Mais, devant l'insistance de mon libraire, j'ai bassement cédé (je sais , je suis faible) à l'achat pour deux raisons : primo, l'histoire est prévue en deux volumes ; secondo il me la proposait dans un tirage spécial, celui de "canalbd éditions".
Assez réservé donc sur cet album, j'ai rapidement été subjugué par cette histoire de médecin militaire connaissant son baptème du feu. La boucherie de 1916, vue du côté médical, c'est assez original et on s'attache à ce jeune lieutenant Louis-Charles Bouteloup à travers les flash-backs et son assurance dans les tranchées, face à ses nouveaux supérieurs et subordonnés.
L'épisode de la trève d'une heure, vers la fin de l'album, est poignant et le premier volume s'achève sur une case à la fois pleine d'espoir et d'horreur.
Un récit donc bien construit et très bien illustré par Mounier, assez éloigné de son univers habituel. Je suis ravi de retrouver un Cothias (en compagnie de Patrice Odras) qui signe là un scénario de grande qualité.
On peut légitimement rapprocher ce volume de l'incontournable série Notre Mère la Guerre de Kris et Maël (éditions Futuropolis), tout en restant assez différent.
Un récit original, haletant qu'il faut découvrir sans attendre.
Dans le tome 2 , toute l'absurdité de la guerre prend du relief avec la soit-disant "trahison" de Bouteloup, avec le comportement de son lieutenant-colonel de père et avec l'attaque de l'hôpital de campagne, enfin à ce qui peut en ressembler.
Le personnage de Charles Bouteloup prend de l'etoffe dans cet opus et j'avoue que m'y suis attaché.
L'ambiance décrite par Cothias retrace fort bien l'univers des tranchées et les endurances subies par les poilus. On est vraiment plongé dans l'enfer de la grande guerre.
Le dessin de Mounier, qui n'avait à ma connaissance pas abordé cette période, est réaliste.
Bref, une série agréable.
Seul bémol, s'il faut en trouver un, est que premeir cycle nous laisse vraiment sur notre faim, et ressemble plus à une fin d'album à suivre, qu'à une clôture de cycle.
Vivement la suite.
Je suis dans ma période "Cyril Bonin". Après L'Homme qui n'existait pas et La Belle Image, voici que je me délecte avec "Chambre obscure" (je sais, je prends ses productions à rebours).
Ce diptyque rend un hommage appuyé aux aventures policières du début 20e (Gaston Leroux et Maurice Leblanc en tête). Je pense qu’il s’agit du premier travail en solo de Cyril qui endosse les casquettes de scénariste, dessinateur et coloriste. Et le résultat est au rendez-vous avec une ambiance délicieusement surannée qui n’est pas sans rappeler les aventures de Rouletabille et de Lupin. Alors certes la trame narrative est d’une autre époque mais c’est justement ce qui fait tout le charme du récit. Le premier opus pose le cadre de l’enquête en multipliant les pistes pour mieux perdre le lecteur. Dans le second, l’enquête s’accélère avec un raisonnement digne d’un Sherlock Holmes ou d’un Columbo. Les planches présentent des tonalités brunes dominantes qui accentuent le cachet rétro et permettent au lecteur de s’immerger dans cette époque. Bref, le chef de la bande à Bonin a encore frappé . . . et frappé juste !
Une réussite, tout simplement !
Après Dol, voici "Saison brune".
Ce qui ne devait être au départ qu'un chapitre de Dol, se révèle au final comme un album complet de... 500 pages !
Car avant de se plonger dans son travail pour nous en livrer le fruit, Philippe Squarzoni s'est sérieusement posé la question de ses connaissances sur le réchauffement climatique. Et c'est à force de creuser que ce nouvel album s'est imposé. Un chapitre n'y suffirait pas.
On sent d'ailleurs que la liberté et la confiance que lui a laissées Delcourt pour cette BD lui ont été profitables. Si le sujet est grave, il est bien développé et structuré. La narration et le traitement graphique sont plus aérés que le compact Dol. L'auteur a pris le temps d'élaborer ses chapitres et de construire son ouvrage en mêlant intelligemment son questionnement individuel et la présentation des faits. La forme est agréable, et son dessin s'est aussi affiné ; on sent que le temps imparti par l'éditeur a été profitable (6 ans pour venir à bout de cet album !)
Alors non, ce n'est pas le genre de BD qu'on s'avale d'une traite en 15 minutes. On passe ici dans la catégorie BD documentaire qui se laisse avaler et digérer tranquillement. Et digérer, reste un faible mot, car la pilule est plutôt amère...
Le constat que nous dresse Philippe Squarzoni sur le réchauffement climatique (sans mauvais jeu de mots, oui oui, je vous vois venir...) fait plutôt froid dans le dos. Sans non plus donner dans le catastrophisme, les arguments qu'il développe en s'appuyant sur des données scientifiques, finissent par dresser un tableau assez sombre de notre avenir.
Alors, s'il ne faut pas se voiler la face, une porte de sortie existe, mais qui se ferme inexorablement et lentement. Prendre cette porte, c'est s'engager dans des choix politiques qui vont souvent à l'encontre de nos modes de vie actuels. Mais ne pas la prendre maintenant, ce n'est que repousser l'irréversible et détourner le regard, pour devoir de toute façon plus tard agir dans l'urgence et la brutalité.
Oui, se retrouver le nez dans notre caca, ça n'est pas agréable. Et puis le réchauffement climatique, c'est "les autres"... Mais se positionner dans notre société et envisager un avenir pour tous, implique une prise de conscience et une modification de nos habitudes.
Voilà ce que nous propose Philippe Squarzoni à travers cet album qui m'a collé une bonne claque. On pense tous savoir de quoi il retourne avec le réchauffement climatique... On est loin du compte... Au sortir de cette lecture, vous ne pourrez plus dire qu'on ne savait pas ce qui nous attend.
Pour moi culte!
Cette mini série est un événement unique dans un univers main stream parfois trop cloisonné.
Ce comics est une sorte de carte blanche aux auteurs offerte par Marvel. C'est critique intelligent en restant léger.
L’excellentissime Immonen au mieux de sa forme et servi par un encrage élégant, viens tempérer le style parfois trop glauque de Ellis, l'équilibre est parfait.
Coté scénar les codes sont respectés c'est une action ininterrompue où la psychologie des super-héros has beens s'y développe et surprend, c'est un perpétuel contre pied respectueux et habile. l'humour est présent à toutes les pages sans tomber dans le piège facile du gag, car ce n'est pas une parodie, mais bien du 100% comics.
Le côté OVNI de ces 2 albums peut déplaire, mais vous ne lirez jamais d'autres bd de ce genre.
Culte !
C'est du pur comics, avec une touche du Hypocrite de Forest, sauce hispano-américaine.
Une des meilleures histoires de love & rockets. Même si encore une fois, l'histoire a été redécoupée, l'ensemble reste cohérent.
Le coloriage ( oui je ne dis pas colorisation, comme je ne dis pas encragisation ) est peut-être discutable mais ne gâche rien.
On tombe amoureux de la petite Maggie qui est pourtant loin des canons de beauté, mais qui est touchante par ses réflexions de midinette un peu candide, dans cet univers habilement déjanté.
Une excellente entrée en matière pour découvrir le monde complexe et riche des Hernandez brothers !
Pour moi cette série est une des meilleures du monde de la bd ! Oui,oui !
Je m'explique, c'est un condensé de références et de liberté d'expression unique, sans compromis, sans sacrifices aux codes conventionnels qui sont ici dépassés parce que totalement maîtrisés.
C'est pour moi l'exemple accompli de la bd comme médium, qui s’élève au rang d'art majeur. L’œuvre d'une vie : celle des frères Hernandez (ici Jaime, le meilleur dessinateur de la fratrie).
Graphiquement, il n'y a pas d'effet de style, de tape à l’œil, juste de l'élégance qui s'étale sur des années de travail sans jamais sembler s'essouffler.
En France personne n'a osé prendre cette série à bras le corps au bon moment, résultat, il y a un décalage dans les sujets d'actualité qui sont traités et les délires punk des personnages peuvent paraitre désuets à cette heure.
Seul bémol, comme il est dit plus haut, ce n'est pas une intégrale.
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Chroniques de Jérusalem
C'est toujours un plaisir pour moi de lire un carnet de voyage de Delisle ! Ça commence doucement et après une vingtaine de pages je suis complètement embarqué dans le récit. L'auteur a le don pour rendre ses voyages passionnants. J'ai beaucoup appris durant ma lecture, notamment les différentes mentalités que l'on retrouve à Jérusalem. C'est pas une ville où j'aimerais habiter ! Il y a trop de religieux emmerdeurs à mon goût ! Ce que j'aime surtout c'est que l'auteur ne prend jamais position. On voit par ses réactions ce qu'il doit sûrement penser, mais il ne fait jamais de discours moralisateur. Il ne fait que montrer ce qu'il voit et c'est une démarche que j'ai appréciée tant le sujet Israël-Palestine est controversé et qu'il est facile de tomber dans la caricature.
Soraïa
Je sors à peine de Ismahane que je retombe dans le même type de récit avec cette touchante Soraïa. Le récit est très dur, d’autant plus dur que Renaud De Heyn le construit sans tomber dans le larmoyant. Je fais confiance à l’auteur pour la plausibilité de l’histoire et, surtout, des propos tenus par les différents protagonistes. Renaud De Heyn est un homme de terrain, lisez La Tentation pour vous en convaincre. Certains de ces propos m’ont choqué, notamment au niveau de l’antisémitisme primaire véhiculé par le discours d’extrémistes islamistes… un discours qui rappelle énormément celui tenu par les nazis en 1939. Le récit, bien construit, permet surtout à l’auteur de dresser un tableau de la situation actuelle au Maroc. Bien sûr, il ne s’agit pas de généraliser mais les faits exposés ont de quoi faire réfléchir et, aussi, bondir. Les personnages principaux manquent à mes yeux de personnalité mais ils sont « logiques » dans l’esprit du récit : ils subissent, même s’ils ne sont pas consentants. Au niveau du dessin, j’ai bien aimé les décors, moins les personnages. Trop de traits sur les visages nuisent à la lisibilité du dessin et au passage des émotions. Mais Renaud De Heyn a une patte, un style qui le sort de la masse. Et ça, c’est plutôt une qualité qu’un défaut, à mes yeux. Un récit à lire, selon moi. Instructif, édifiant sur certains aspects, il peut (au même titre qu'Ismahane, d’ailleurs) servir de support dans le cadre d’un travail scolaire. En tous les cas, il soulève des questions et interpelle. Pour la cote, j’hésite entre le « pas mal » et le « franchement bien ». L’album se lit vite et bien, il souffre bien de petits temps creux mais son côté instructif sans manichéisme et une fin réaliste et dure où le rêve remplace l’espoir m’ont vraiment bien plu. Le dessin me laisse un peu plus sur ma faim, puisque je n’ai pas trop aimé la manière dont les visages étaient dessinés et que ceux-ci sont nombreux. Mais chapeau pour les aquarelles des décors ! Bon ! 3/5 avec coup de cœur…
Anuki
Le tome 2 est tout aussi plaisant que le premier. Le trait est même plus fort. Anuki est un gamin fort plaisant et ses aventures dépassent le lectorat de prime jeunesse. Cet album offre la possibilité de partager un bon moment entre un enfant et un adulte. Je le recommande chaleureusement.
La Quête de l'Oiseau du Temps
Ca y est ! J’ai enfin lu ce grand classique du monde de la B.D. Ce pas je l’ai franchi grâce à la dernière intégrale en date, qui offre une nouvelle colorisation des deux premiers tomes. Jusque là, à chaque fois que je feuilletais les premières planches, j’étais complètement bloqué par les couleurs, vraiment trop vieillottes à mon goût, ce qui m’incitait toujours à reposer l’ouvrage. Cette intégrale, par ailleurs enrobée dans une jaquette superbement illustrée, est donc une excellente initiative, en redonnant un coup de jeune à cette série, elle m’a permis de découvrir un univers et des personnages des plus emblématiques. Cela commence doucement, la mise en place met un peu de temps, mais l’attrait va en grandissant au fil des tomes. Les deux derniers tomes sont d’ailleurs les plus intéressants et la conclusion est des plus originale et inattendue. L’univers créé est vraiment très bien construit et détaillé, les différents personnages ont un caractère fouillé et intéressant. Au fil de la lecture, ont comprend mieux leurs aspirations, et leurs évolutions pour certains s’avèrent assez surprenantes et inattendues. Comme beaucoup, j’ai vraiment été fasciné par le Rige, personnage mystérieux et charismatique, qui marque de son empreinte cette belle aventure. Le dessin de grande qualité est à l’image du récit : plus on avance, plus il se bonifie. Nombreuses séries commencent sur les chapeaux de roue et ensuite ne tiennent pas toutes leurs promesses. C’est ici l’exact contraire, le plaisir de lecture se bonifie au fur à mesure de l’avancée de l’histoire. J’avais peur que cette série soit trop datée, mais il n’en est rien, j’ai d’ailleurs pu constater qu’elle a inspiré de nombreuses séries plus modernes. Pour ma part j’en redemande et je vais me pencher rapidement vers le préquel « Avant la quête ».
L'Ambulance 13
Après Un long destin de sang, Notre Mère la Guerre ou encore Mattéo, la guerre de 1914 n'en finit pas d'inspirer nos scénaristes, et non des moindres. Cothias rejoint en effet Bollée, Kriss et Gibrat dans la description de l'horreur humaine. J'avais parcouru dans la presse spécialisée quelques pages de ce récit mais je n'avais guère été enthousiasmé, à première vue : je ne suis pas en effet un grand admirateur de Mounier et puis la Grande Guerre a fait l'objet de plusieurs adaptions en bande dessinée cette année. Mais, devant l'insistance de mon libraire, j'ai bassement cédé (je sais , je suis faible) à l'achat pour deux raisons : primo, l'histoire est prévue en deux volumes ; secondo il me la proposait dans un tirage spécial, celui de "canalbd éditions". Assez réservé donc sur cet album, j'ai rapidement été subjugué par cette histoire de médecin militaire connaissant son baptème du feu. La boucherie de 1916, vue du côté médical, c'est assez original et on s'attache à ce jeune lieutenant Louis-Charles Bouteloup à travers les flash-backs et son assurance dans les tranchées, face à ses nouveaux supérieurs et subordonnés. L'épisode de la trève d'une heure, vers la fin de l'album, est poignant et le premier volume s'achève sur une case à la fois pleine d'espoir et d'horreur. Un récit donc bien construit et très bien illustré par Mounier, assez éloigné de son univers habituel. Je suis ravi de retrouver un Cothias (en compagnie de Patrice Odras) qui signe là un scénario de grande qualité. On peut légitimement rapprocher ce volume de l'incontournable série Notre Mère la Guerre de Kris et Maël (éditions Futuropolis), tout en restant assez différent. Un récit original, haletant qu'il faut découvrir sans attendre. Dans le tome 2 , toute l'absurdité de la guerre prend du relief avec la soit-disant "trahison" de Bouteloup, avec le comportement de son lieutenant-colonel de père et avec l'attaque de l'hôpital de campagne, enfin à ce qui peut en ressembler. Le personnage de Charles Bouteloup prend de l'etoffe dans cet opus et j'avoue que m'y suis attaché. L'ambiance décrite par Cothias retrace fort bien l'univers des tranchées et les endurances subies par les poilus. On est vraiment plongé dans l'enfer de la grande guerre. Le dessin de Mounier, qui n'avait à ma connaissance pas abordé cette période, est réaliste. Bref, une série agréable. Seul bémol, s'il faut en trouver un, est que premeir cycle nous laisse vraiment sur notre faim, et ressemble plus à une fin d'album à suivre, qu'à une clôture de cycle. Vivement la suite.
Chambre Obscure
Je suis dans ma période "Cyril Bonin". Après L'Homme qui n'existait pas et La Belle Image, voici que je me délecte avec "Chambre obscure" (je sais, je prends ses productions à rebours). Ce diptyque rend un hommage appuyé aux aventures policières du début 20e (Gaston Leroux et Maurice Leblanc en tête). Je pense qu’il s’agit du premier travail en solo de Cyril qui endosse les casquettes de scénariste, dessinateur et coloriste. Et le résultat est au rendez-vous avec une ambiance délicieusement surannée qui n’est pas sans rappeler les aventures de Rouletabille et de Lupin. Alors certes la trame narrative est d’une autre époque mais c’est justement ce qui fait tout le charme du récit. Le premier opus pose le cadre de l’enquête en multipliant les pistes pour mieux perdre le lecteur. Dans le second, l’enquête s’accélère avec un raisonnement digne d’un Sherlock Holmes ou d’un Columbo. Les planches présentent des tonalités brunes dominantes qui accentuent le cachet rétro et permettent au lecteur de s’immerger dans cette époque. Bref, le chef de la bande à Bonin a encore frappé . . . et frappé juste ! Une réussite, tout simplement !
Saison brune
Après Dol, voici "Saison brune". Ce qui ne devait être au départ qu'un chapitre de Dol, se révèle au final comme un album complet de... 500 pages ! Car avant de se plonger dans son travail pour nous en livrer le fruit, Philippe Squarzoni s'est sérieusement posé la question de ses connaissances sur le réchauffement climatique. Et c'est à force de creuser que ce nouvel album s'est imposé. Un chapitre n'y suffirait pas. On sent d'ailleurs que la liberté et la confiance que lui a laissées Delcourt pour cette BD lui ont été profitables. Si le sujet est grave, il est bien développé et structuré. La narration et le traitement graphique sont plus aérés que le compact Dol. L'auteur a pris le temps d'élaborer ses chapitres et de construire son ouvrage en mêlant intelligemment son questionnement individuel et la présentation des faits. La forme est agréable, et son dessin s'est aussi affiné ; on sent que le temps imparti par l'éditeur a été profitable (6 ans pour venir à bout de cet album !) Alors non, ce n'est pas le genre de BD qu'on s'avale d'une traite en 15 minutes. On passe ici dans la catégorie BD documentaire qui se laisse avaler et digérer tranquillement. Et digérer, reste un faible mot, car la pilule est plutôt amère... Le constat que nous dresse Philippe Squarzoni sur le réchauffement climatique (sans mauvais jeu de mots, oui oui, je vous vois venir...) fait plutôt froid dans le dos. Sans non plus donner dans le catastrophisme, les arguments qu'il développe en s'appuyant sur des données scientifiques, finissent par dresser un tableau assez sombre de notre avenir. Alors, s'il ne faut pas se voiler la face, une porte de sortie existe, mais qui se ferme inexorablement et lentement. Prendre cette porte, c'est s'engager dans des choix politiques qui vont souvent à l'encontre de nos modes de vie actuels. Mais ne pas la prendre maintenant, ce n'est que repousser l'irréversible et détourner le regard, pour devoir de toute façon plus tard agir dans l'urgence et la brutalité. Oui, se retrouver le nez dans notre caca, ça n'est pas agréable. Et puis le réchauffement climatique, c'est "les autres"... Mais se positionner dans notre société et envisager un avenir pour tous, implique une prise de conscience et une modification de nos habitudes. Voilà ce que nous propose Philippe Squarzoni à travers cet album qui m'a collé une bonne claque. On pense tous savoir de quoi il retourne avec le réchauffement climatique... On est loin du compte... Au sortir de cette lecture, vous ne pourrez plus dire qu'on ne savait pas ce qui nous attend.
Nextwave
Pour moi culte! Cette mini série est un événement unique dans un univers main stream parfois trop cloisonné. Ce comics est une sorte de carte blanche aux auteurs offerte par Marvel. C'est critique intelligent en restant léger. L’excellentissime Immonen au mieux de sa forme et servi par un encrage élégant, viens tempérer le style parfois trop glauque de Ellis, l'équilibre est parfait. Coté scénar les codes sont respectés c'est une action ininterrompue où la psychologie des super-héros has beens s'y développe et surprend, c'est un perpétuel contre pied respectueux et habile. l'humour est présent à toutes les pages sans tomber dans le piège facile du gag, car ce n'est pas une parodie, mais bien du 100% comics. Le côté OVNI de ces 2 albums peut déplaire, mais vous ne lirez jamais d'autres bd de ce genre.
Mechanics
Culte ! C'est du pur comics, avec une touche du Hypocrite de Forest, sauce hispano-américaine. Une des meilleures histoires de love & rockets. Même si encore une fois, l'histoire a été redécoupée, l'ensemble reste cohérent. Le coloriage ( oui je ne dis pas colorisation, comme je ne dis pas encragisation ) est peut-être discutable mais ne gâche rien. On tombe amoureux de la petite Maggie qui est pourtant loin des canons de beauté, mais qui est touchante par ses réflexions de midinette un peu candide, dans cet univers habilement déjanté. Une excellente entrée en matière pour découvrir le monde complexe et riche des Hernandez brothers !
Locas
Pour moi cette série est une des meilleures du monde de la bd ! Oui,oui ! Je m'explique, c'est un condensé de références et de liberté d'expression unique, sans compromis, sans sacrifices aux codes conventionnels qui sont ici dépassés parce que totalement maîtrisés. C'est pour moi l'exemple accompli de la bd comme médium, qui s’élève au rang d'art majeur. L’œuvre d'une vie : celle des frères Hernandez (ici Jaime, le meilleur dessinateur de la fratrie). Graphiquement, il n'y a pas d'effet de style, de tape à l’œil, juste de l'élégance qui s'étale sur des années de travail sans jamais sembler s'essouffler. En France personne n'a osé prendre cette série à bras le corps au bon moment, résultat, il y a un décalage dans les sujets d'actualité qui sont traités et les délires punk des personnages peuvent paraitre désuets à cette heure. Seul bémol, comme il est dit plus haut, ce n'est pas une intégrale.