L'Envolée sauvage avait promis de belles choses à Laurent Galandon et Arno Monin. Il fallait confirmer ces promesses. C'est chose faite avec "L'Enfant maudit".
L'un des sujets de cette nouvelle série (en cycles de deux tomes) est l'origine bâtarde d'un enfant pendant la guerre, et son adoption par un autre couple. Un sujet douloureux dans nombre de familles françaises, et qui est rarement évoqué, même à notre époque où l'adoption n'est plus un sujet "honteux". D'ailleurs un élément m'a un peu dérangé à ce sujet dans la BD. Parce que justement cela ne se disait pas à cette époque. Pourtant Gabriel sait très tôt que ses parents ne sont pas ceux qui l'ont conçu. Mais Galandon contourne cela en montrant que son "père" n'en voulait pas (sans trop développer d'ailleurs), et parce que le flirt de sa mère biologique avec un soldat allemand était de notoriété publique. Ce sujet fort en amène un autre, fort lui aussi : le déshonneur de celles qui ont fricoté avec l'occupant pendant cette période troublée. Ces femmes ont souffert dans leur chair et dans leur tête de cet état de fait, puisqu'on leur tondit la tête. Là encore, il y aurait beaucoup à dire, mais le mérite du scénariste est de ne pas forcer le trait, de ne pas montrer ces tondues trop longtemps pour se concentrer sur le parcours de Gabriel.
Gabriel, qui en plein mai 68, après le décès de ses parents, décide, avec l'appui d'une amie d'enfance, de retrouver ses racines. Le chemin semble bien périlleux, mais très vite on a envie de suivre Gabriel dans sa démarche. Parce que le jeune homme est comme vous et moi, c'est un garçon ordinaire à cheval sur deux époques troublées.
Comme je l'ai dit, on est très vite embarqué dans le récit concocté par Galandon (une fois de plus) ; cela pourrait n'être qu'une histoire de plus d'enfant à la recherche d'un secret de famille, certes très agréable, mais somme toute sans grande surprise. Et puis il y a les deux dernières pages. Ces pages qui placent cette histoire sur un autre niveau, surprenant. Je n'en dis pas plus, mais sachez que cela attise la faim du lecteur.
Le second tome nous emmène donc dans la suite de l'enquêtre de Gabriel, en enquête qui va l'amener aux quatre coins de France, et même à l'étranger... Il va voler de surprise en surprise, et Galandon évite de peu le "too much" que peut inspirer ce type de péripéties. La fin du cycle est un peu "politiquement correct" à mon goût, mais l'ensemble est très agréable, et plutôt intéressant, tentant de tordre le cou à quelques clichés au passage.
Je serais ingrat si je ne parlais pas du dessinateur. Comme son compère, Arno Monin confirme les jolies choses entrevues dans L'Envolée sauvage. Son dessin, qui se place un peu dans la veine de Pedrosa mais dans un style plus réaliste, s'affirme et s'affine dans cette nouvelle série. Le travail sur les couleurs est également excellent, avec des choix de tons pastel assez agréables à l'oeil. Par contre le début du second tome j'ai senti un fléchissement, avant que Monin revienne dans sa veine sérieuse et mature.
Mais une seule question : pourquoi trois ans entre les deux tomes ?
Tiens, pas mal cette idée d’exhumer le roman de Henry Rider Haggard, un classique du roman d’aventure qui a inspiré nombre de personnages, dont le moindre n’est pas Indiana Jones. Dobbs nous propose donc de suivre les traces d’Allan Quatermain vers les mines du Roi Salomon.
Une évocation me semble-t-il assez respectueuse, avec un rythme ma foi bien équilibré, et des personnages plutôt intéressants. Même si l’on devine peu à peu le rôle que va jouer leur guide sauvage, le personnage de Good a ses zones d’ombre. Gagoul également n’a pas livré tous ses secrets. Et le premier volet de ce diptyque, qui est assez dense, s’achève bien sûr sur un cliffhanger qui, sans être énorme, a le mérite de prolonger l’intérêt pour la suite.
Côté dessin, je découvre personnellement Dim. D. Il fait du bon boulot, insistant sur les faciès des différents personnages, car finalement, au-delà du récit d’aventure, c’est là que se trouve le véritable enjeu du récit : des personnages inoubliables. Nous verrons par la suite si le pari est tenu, mais pour l’heure il y a de vraies ambiances, comme dans le désert, et j’ai bien aimé l’allure de la ville de Loo.
Le second tome est très prenant ; après une entame où j'ai trouvé le dessin de Dim D. un poil faiblard, il me semble reprendre du poil de la bête, dans une scène de bataille dantesque, puis dans une scène de mausolée que ne renierait pas Steven Spielberg. Du très bon boulot également. Et j'adore la couverture.
Côté histoire, Dobbs me semble suivre d'assez près l'intrigue du roman original, jusqu'à la scène -presque, l'épilogue étant assez reposant- finale, un peu trop happy end à mon goût.
Du bon boulot, que je recommande aux amateurs d'aventures malgré un parfum de suranné.
Je partage entièrement l’avis de Pasukare.
Cette bd est une belle surprise qui augure du meilleur pour la suite. L’histoire, certes connue dans les grandes lignes, est développée depuis la naissance de Jeanne. Le premier opus met l’accent sur l’évolution du caractère de Jeanne qui se forge avec l’oppression grandissante des voisins bourguignons et surtout grâce à sa "révélation". De jeune fille servile, elle devient déterminée pour mener à bien la mission divine qui lui est confiée. Je tire mon chapeau à la narration sobre et efficace qui va à l’essentiel sans aucune austérité. A cela s’ajoute une fluidité exemplaire entre les séquences qui permet de survoler la jeunesse de Jeanne en évitant l’écueil de la simple énumération de faits. Cela dénote d’une réflexion poussée sur les enchainements pour donner au lecteur un plaisir de lecture certain. Côté dessin, J-F Cellier nous régale avec un trait conservant toute la vitalité d’un crayonné poussé rehaussé par une mise en couleur avenante.
Mon coup de cœur du moment !
Ce pavé, car il n'y a pas d'autre mot pour nommer ce livre, m'attendait dans ma bibliothèque depuis plus de 6 mois. Il faut, un , du courage pour s'y attaquer, et deux, du temps , beaucoup de temps pour venir à bout de ses 670 pages !
Alors je me suis lancé et puis je n'ai pas laché ce livre, hop ! une lecture presque d'une traite.
Pff! tout d'abord il faut souligner le travail d'orfèvre de Graig Thompson. Le dessin est magnifique, les calligraphies superbes; cela ne m'étonne pas qu'il ait mis 6 ans je crois, à batir cette oeuvre, pour ne pas dire ce chef d'oeuvre.
Enfin, le scénario est habile, fin et surtout très bien construit, très bien huilé derrière un désordre apparent.
En mélant le Coran, l'Ancien testament, et les époques (sommes nous à l'époque des milles et une nuit ou alors à l'ére industrielle?), Graigh Thompson nous fait voyager dans le temps, dans l'espace mais essentiellement nous fait voyager tout court avec le destin de ces 2 enfants,Dodola et Zam.
Certes, le récit est dur (les sévices imposés à Dodola), parfois drôle (le changement d'eau en or) mais surtout prenant.
A lire d'urgence.
Excel Saga est l'un de mes animes préférés. J'aime l'humour totalement débile de cet animé et les personnages sont totalement délirants et attachants. J'aime particulièrement Hyatt et Excel qui me font bien rigoler et qui font partie de mes personnages préférés. J'avais un peu peur en lisant le manga original de m'ennuyer en lisant des gags que j'avais déjà vus, mais heureusement l'animé est assez différent du manga et on ne retrouve que quelques scènes communes aux deux œuvres.
J'avoue que j'ai trouvé l'animé plus marrant car le mouvement permet d'aller plus loin dans le débile alors qu'ici ça tombe parfois un peu à plat à cause d'un manque de rythme. Mais la plupart du temps je me suis bien marré. Je trouve toutefois dommage que les français n'aient droit qu'aux premiers tomes, la traduction française s'étant arrêtée au tome 8. J'ai bien envie de connaître la suite, mais en même temps j'ai un peu peur d'essayer de trouver la suite (il y a eu plus de tomes traduits en anglais) car peut-être que c'est moins bon ou que l'effet de répétition finit par ennuyer.
Enfin, l'important c'est que j'ai eu du plaisir durant la lecture des 8 premiers volumes et je conseille la lecture à tous ceux qui aiment les mangas humoristiques.
Je suis toujours étonné de m'étonner d'être face à des bandes dessinées toujours plus belles et créatives que jamais.
Lorsque l'on m'a offert cette bd (merci maman), je me suis dit : "beau dessin, c'est Sempé qui a croisé "Ou est Charlie". Benêt que j'étais !
Le ton décalé et un peu absurde du récit se déroule sur fond de religions à leurs commencement et de guerre antiques. Très vite la narration légère et drôle (qui me fait penser à "La vie de Bryan" des Monthy Python) permet d'autant plus d'admirer des planches absolument superbes au rendus impeccables.
On appréciera aussi le fait que ce ne sont pas les cases qui découpent le temps comme dans une bd "classique" mais les personnages qui évolue dans le dessin de la page. Mais c'est anecdotique comparé au plaisir de lecture de cette géniale bd !
Alex Alice propose une adaptation grandiose du mythe de Siegfried.
L’intrigue est passionnante et l’auteur réussit à conserver le souffle épique de la saga nordique. S’il adapte à son goût certains éléments, il reste relativement fidèle à la légende.
Les dessins d’une très grande qualité : décors, fluidité dans l’action, personnages magnifiques et charismatiques, design créatif… Tout est impeccable !
Mon seul bémol concerne l’épilogue de la trilogie. Alice choisit de proposer une fin personnelle qui me déçoit un peu.
Mais l’émerveillement et le plaisir procuré par Siegfried en font pour moi une série culte.
Après des années d’hésitations, je me suis enfin procuré les 6 tomes de Donjon Zénith.
Et grand bien m’en a pris, tant la série regorge de qualités et d’intérêt.
L’univers très riche de Donjon nous propose non seulement une parodie hilarante des jeux de rôle mais réussit à inventer une intrigue très intéressante. On suit avec ferveur les aventures rocambolesques de Marvin et Herbert où tous les codes de la fantasy sont tournés en dérision.
Graphiquement, sans être un monstre technique, la série offre un design original et une grande créativité pour les décors et les personnages.
Cependant, j’ai l’impression que les auteurs délaissent la série car le dernier tome date déjà de 2007 et je crains de ne jamais voir la suite tant attendue.
C’est pour ça que je ne mets que « 4 étoiles ».
Je n’avais jamais entendu parler du dénommé Greg Zlap, et pourtant j’ai trouvé cette biographie plus que sympathique. Le récit est construit autour d’une alternance entre l’enfance de l’artiste et une journée bien spéciale de son quotidien actuel.
Dans le présent Greg se prépare à un concert hors norme. On suit le déroulement de sa journée, de la préparation matinale jusqu’au grand stress précédant l’entrée sur scène. Il s’agit d’un concert vraiment particulier puisque ce soir il va accompagner sur scène une vraie star. L’identité du chanteur est volontairement tenue secrète et ça marche plutôt bien puisqu’on se demande tout le long de la lecture quelle surprise nous attend à la fin.
Cette journée est entrecoupée de flash back qui racontent l’enfance de l’artiste. De ses premières années en Pologne jusqu’à ce qu’il immigre pour étudier à Paris, on découvre comment il est devenu joueur d’harmonica. Combien de petits boulots il a du faire, combien de petits concerts dans des PMU minables il a fallu donner pour arriver à vivre de cette passion. C’est très intéressant.
Au final cet album remplit largement son objectif. Je ne suis pas un fan d’harmonica, ne connaissais pas l’artiste, mais j’ai lu là une histoire plaisante. Et surtout elle m’a donné envie d’aller plus loin ! A peine l’album refermé je suis allé regarder pas mal de vidéos de Greg Zlap sur internet et j’ai été plutôt séduit par ce que j’ai vu et entendu !
Un petit bijou, ce récit.
Le concept d'une case par page est génial. Du coup l'auteur apporte un grand soin à chaque case, à son équilibre, au message qu'elle soutient. Les dessins, avec un trait fin, sont magnifiques. Quel bonheur à regarder !
L'histoire, somme toute simple, se laisse lire sans déplaisir avec des moments de réflexion, de joie et de tristesse.
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L'Enfant maudit
L'Envolée sauvage avait promis de belles choses à Laurent Galandon et Arno Monin. Il fallait confirmer ces promesses. C'est chose faite avec "L'Enfant maudit". L'un des sujets de cette nouvelle série (en cycles de deux tomes) est l'origine bâtarde d'un enfant pendant la guerre, et son adoption par un autre couple. Un sujet douloureux dans nombre de familles françaises, et qui est rarement évoqué, même à notre époque où l'adoption n'est plus un sujet "honteux". D'ailleurs un élément m'a un peu dérangé à ce sujet dans la BD. Parce que justement cela ne se disait pas à cette époque. Pourtant Gabriel sait très tôt que ses parents ne sont pas ceux qui l'ont conçu. Mais Galandon contourne cela en montrant que son "père" n'en voulait pas (sans trop développer d'ailleurs), et parce que le flirt de sa mère biologique avec un soldat allemand était de notoriété publique. Ce sujet fort en amène un autre, fort lui aussi : le déshonneur de celles qui ont fricoté avec l'occupant pendant cette période troublée. Ces femmes ont souffert dans leur chair et dans leur tête de cet état de fait, puisqu'on leur tondit la tête. Là encore, il y aurait beaucoup à dire, mais le mérite du scénariste est de ne pas forcer le trait, de ne pas montrer ces tondues trop longtemps pour se concentrer sur le parcours de Gabriel. Gabriel, qui en plein mai 68, après le décès de ses parents, décide, avec l'appui d'une amie d'enfance, de retrouver ses racines. Le chemin semble bien périlleux, mais très vite on a envie de suivre Gabriel dans sa démarche. Parce que le jeune homme est comme vous et moi, c'est un garçon ordinaire à cheval sur deux époques troublées. Comme je l'ai dit, on est très vite embarqué dans le récit concocté par Galandon (une fois de plus) ; cela pourrait n'être qu'une histoire de plus d'enfant à la recherche d'un secret de famille, certes très agréable, mais somme toute sans grande surprise. Et puis il y a les deux dernières pages. Ces pages qui placent cette histoire sur un autre niveau, surprenant. Je n'en dis pas plus, mais sachez que cela attise la faim du lecteur. Le second tome nous emmène donc dans la suite de l'enquêtre de Gabriel, en enquête qui va l'amener aux quatre coins de France, et même à l'étranger... Il va voler de surprise en surprise, et Galandon évite de peu le "too much" que peut inspirer ce type de péripéties. La fin du cycle est un peu "politiquement correct" à mon goût, mais l'ensemble est très agréable, et plutôt intéressant, tentant de tordre le cou à quelques clichés au passage. Je serais ingrat si je ne parlais pas du dessinateur. Comme son compère, Arno Monin confirme les jolies choses entrevues dans L'Envolée sauvage. Son dessin, qui se place un peu dans la veine de Pedrosa mais dans un style plus réaliste, s'affirme et s'affine dans cette nouvelle série. Le travail sur les couleurs est également excellent, avec des choix de tons pastel assez agréables à l'oeil. Par contre le début du second tome j'ai senti un fléchissement, avant que Monin revienne dans sa veine sérieuse et mature. Mais une seule question : pourquoi trois ans entre les deux tomes ?
Allan Quatermain et les mines du roi Salomon
Tiens, pas mal cette idée d’exhumer le roman de Henry Rider Haggard, un classique du roman d’aventure qui a inspiré nombre de personnages, dont le moindre n’est pas Indiana Jones. Dobbs nous propose donc de suivre les traces d’Allan Quatermain vers les mines du Roi Salomon. Une évocation me semble-t-il assez respectueuse, avec un rythme ma foi bien équilibré, et des personnages plutôt intéressants. Même si l’on devine peu à peu le rôle que va jouer leur guide sauvage, le personnage de Good a ses zones d’ombre. Gagoul également n’a pas livré tous ses secrets. Et le premier volet de ce diptyque, qui est assez dense, s’achève bien sûr sur un cliffhanger qui, sans être énorme, a le mérite de prolonger l’intérêt pour la suite. Côté dessin, je découvre personnellement Dim. D. Il fait du bon boulot, insistant sur les faciès des différents personnages, car finalement, au-delà du récit d’aventure, c’est là que se trouve le véritable enjeu du récit : des personnages inoubliables. Nous verrons par la suite si le pari est tenu, mais pour l’heure il y a de vraies ambiances, comme dans le désert, et j’ai bien aimé l’allure de la ville de Loo. Le second tome est très prenant ; après une entame où j'ai trouvé le dessin de Dim D. un poil faiblard, il me semble reprendre du poil de la bête, dans une scène de bataille dantesque, puis dans une scène de mausolée que ne renierait pas Steven Spielberg. Du très bon boulot également. Et j'adore la couverture. Côté histoire, Dobbs me semble suivre d'assez près l'intrigue du roman original, jusqu'à la scène -presque, l'épilogue étant assez reposant- finale, un peu trop happy end à mon goût. Du bon boulot, que je recommande aux amateurs d'aventures malgré un parfum de suranné.
Jeanne la Pucelle
Je partage entièrement l’avis de Pasukare. Cette bd est une belle surprise qui augure du meilleur pour la suite. L’histoire, certes connue dans les grandes lignes, est développée depuis la naissance de Jeanne. Le premier opus met l’accent sur l’évolution du caractère de Jeanne qui se forge avec l’oppression grandissante des voisins bourguignons et surtout grâce à sa "révélation". De jeune fille servile, elle devient déterminée pour mener à bien la mission divine qui lui est confiée. Je tire mon chapeau à la narration sobre et efficace qui va à l’essentiel sans aucune austérité. A cela s’ajoute une fluidité exemplaire entre les séquences qui permet de survoler la jeunesse de Jeanne en évitant l’écueil de la simple énumération de faits. Cela dénote d’une réflexion poussée sur les enchainements pour donner au lecteur un plaisir de lecture certain. Côté dessin, J-F Cellier nous régale avec un trait conservant toute la vitalité d’un crayonné poussé rehaussé par une mise en couleur avenante. Mon coup de cœur du moment !
Habibi
Ce pavé, car il n'y a pas d'autre mot pour nommer ce livre, m'attendait dans ma bibliothèque depuis plus de 6 mois. Il faut, un , du courage pour s'y attaquer, et deux, du temps , beaucoup de temps pour venir à bout de ses 670 pages ! Alors je me suis lancé et puis je n'ai pas laché ce livre, hop ! une lecture presque d'une traite. Pff! tout d'abord il faut souligner le travail d'orfèvre de Graig Thompson. Le dessin est magnifique, les calligraphies superbes; cela ne m'étonne pas qu'il ait mis 6 ans je crois, à batir cette oeuvre, pour ne pas dire ce chef d'oeuvre. Enfin, le scénario est habile, fin et surtout très bien construit, très bien huilé derrière un désordre apparent. En mélant le Coran, l'Ancien testament, et les époques (sommes nous à l'époque des milles et une nuit ou alors à l'ére industrielle?), Graigh Thompson nous fait voyager dans le temps, dans l'espace mais essentiellement nous fait voyager tout court avec le destin de ces 2 enfants,Dodola et Zam. Certes, le récit est dur (les sévices imposés à Dodola), parfois drôle (le changement d'eau en or) mais surtout prenant. A lire d'urgence.
Excel Saga
Excel Saga est l'un de mes animes préférés. J'aime l'humour totalement débile de cet animé et les personnages sont totalement délirants et attachants. J'aime particulièrement Hyatt et Excel qui me font bien rigoler et qui font partie de mes personnages préférés. J'avais un peu peur en lisant le manga original de m'ennuyer en lisant des gags que j'avais déjà vus, mais heureusement l'animé est assez différent du manga et on ne retrouve que quelques scènes communes aux deux œuvres. J'avoue que j'ai trouvé l'animé plus marrant car le mouvement permet d'aller plus loin dans le débile alors qu'ici ça tombe parfois un peu à plat à cause d'un manque de rythme. Mais la plupart du temps je me suis bien marré. Je trouve toutefois dommage que les français n'aient droit qu'aux premiers tomes, la traduction française s'étant arrêtée au tome 8. J'ai bien envie de connaître la suite, mais en même temps j'ai un peu peur d'essayer de trouver la suite (il y a eu plus de tomes traduits en anglais) car peut-être que c'est moins bon ou que l'effet de répétition finit par ennuyer. Enfin, l'important c'est que j'ai eu du plaisir durant la lecture des 8 premiers volumes et je conseille la lecture à tous ceux qui aiment les mangas humoristiques.
Les Déserteurs
Je suis toujours étonné de m'étonner d'être face à des bandes dessinées toujours plus belles et créatives que jamais. Lorsque l'on m'a offert cette bd (merci maman), je me suis dit : "beau dessin, c'est Sempé qui a croisé "Ou est Charlie". Benêt que j'étais ! Le ton décalé et un peu absurde du récit se déroule sur fond de religions à leurs commencement et de guerre antiques. Très vite la narration légère et drôle (qui me fait penser à "La vie de Bryan" des Monthy Python) permet d'autant plus d'admirer des planches absolument superbes au rendus impeccables. On appréciera aussi le fait que ce ne sont pas les cases qui découpent le temps comme dans une bd "classique" mais les personnages qui évolue dans le dessin de la page. Mais c'est anecdotique comparé au plaisir de lecture de cette géniale bd !
Siegfried
Alex Alice propose une adaptation grandiose du mythe de Siegfried. L’intrigue est passionnante et l’auteur réussit à conserver le souffle épique de la saga nordique. S’il adapte à son goût certains éléments, il reste relativement fidèle à la légende. Les dessins d’une très grande qualité : décors, fluidité dans l’action, personnages magnifiques et charismatiques, design créatif… Tout est impeccable ! Mon seul bémol concerne l’épilogue de la trilogie. Alice choisit de proposer une fin personnelle qui me déçoit un peu. Mais l’émerveillement et le plaisir procuré par Siegfried en font pour moi une série culte.
Donjon Zenith
Après des années d’hésitations, je me suis enfin procuré les 6 tomes de Donjon Zénith. Et grand bien m’en a pris, tant la série regorge de qualités et d’intérêt. L’univers très riche de Donjon nous propose non seulement une parodie hilarante des jeux de rôle mais réussit à inventer une intrigue très intéressante. On suit avec ferveur les aventures rocambolesques de Marvin et Herbert où tous les codes de la fantasy sont tournés en dérision. Graphiquement, sans être un monstre technique, la série offre un design original et une grande créativité pour les décors et les personnages. Cependant, j’ai l’impression que les auteurs délaissent la série car le dernier tome date déjà de 2007 et je crains de ne jamais voir la suite tant attendue. C’est pour ça que je ne mets que « 4 étoiles ».
Harmonijka
Je n’avais jamais entendu parler du dénommé Greg Zlap, et pourtant j’ai trouvé cette biographie plus que sympathique. Le récit est construit autour d’une alternance entre l’enfance de l’artiste et une journée bien spéciale de son quotidien actuel. Dans le présent Greg se prépare à un concert hors norme. On suit le déroulement de sa journée, de la préparation matinale jusqu’au grand stress précédant l’entrée sur scène. Il s’agit d’un concert vraiment particulier puisque ce soir il va accompagner sur scène une vraie star. L’identité du chanteur est volontairement tenue secrète et ça marche plutôt bien puisqu’on se demande tout le long de la lecture quelle surprise nous attend à la fin. Cette journée est entrecoupée de flash back qui racontent l’enfance de l’artiste. De ses premières années en Pologne jusqu’à ce qu’il immigre pour étudier à Paris, on découvre comment il est devenu joueur d’harmonica. Combien de petits boulots il a du faire, combien de petits concerts dans des PMU minables il a fallu donner pour arriver à vivre de cette passion. C’est très intéressant. Au final cet album remplit largement son objectif. Je ne suis pas un fan d’harmonica, ne connaissais pas l’artiste, mais j’ai lu là une histoire plaisante. Et surtout elle m’a donné envie d’aller plus loin ! A peine l’album refermé je suis allé regarder pas mal de vidéos de Greg Zlap sur internet et j’ai été plutôt séduit par ce que j’ai vu et entendu !
En Mer
Un petit bijou, ce récit. Le concept d'une case par page est génial. Du coup l'auteur apporte un grand soin à chaque case, à son équilibre, au message qu'elle soutient. Les dessins, avec un trait fin, sont magnifiques. Quel bonheur à regarder ! L'histoire, somme toute simple, se laisse lire sans déplaisir avec des moments de réflexion, de joie et de tristesse.