Je n’aurai sans doute jamais lu cet album si elveen ne me l’avait pas offert.
Ce one shot se focalise sur la paternité en particulier et plus généralement sur le chamboulement de la vie de couple suite à l’arrivée d’un petit bout. Papa d’un petit garçon de 2 ans et demi et d’une petite fille de 2 mois, inutile de préciser que cette bd me parle beaucoup. Je m’y suis retrouvé dans bon nombre de situations, ce qui me rassure quelque part. En effet, cela veut donc dire soit que je suis un papa normal, soit que mes enfants ont des réactions normales, soit les deux ! Pour un célibataire endurci, cette bd ne le passionnera pas des masses car il n’y a pas d’action, juste le quotidien d’une petite famille sans histoires mais avec des soucis de tous les jours. Par contre, si vous êtes un futur papa, elle vous donnera un aperçu assez juste de la vie à trois. Et si vous êtes déjà papa, elle vous rassurera en vous sentant moins seul face aux réactions de votre enfant !
Bref, un récit touchant sur la famille. Merci elveen pour cette belle découverte ! :*
Encore une fois Micheluzzi fait la preuve de son immense talent en matière de récit d'aventure.
Cette fois-ci c'est dans la Corne de l'Afrique qu'il nous emmène, une région convoitée par l'Italie de Mussolini. C'est donc encore une fois une évocation de l'Histoire par le petit bout de la lorgnette, avec ce convoyage de véhicules blindés volés à l'Egypte et revendus à l'Abyssinie. Les péripéties sont nombreuses, les personnages plutôt pas mal fichus, mention spéciale à Peter Cushing (non ce n'est pas l'acteur) et l'intrigue, un peu confuse au départ, s'éclaire au fil du récit.
Le dessin de Micheluzzi est magnifique de lisibilité on noir et blanc est puissant.
Pour les amateurs d'aventure avec un grand A.
Le roman le plus connu de Robert Louis Stevenson est une histoire universelle. C'est ce qu'ont voulu montrer Sylvain Venayre, spécialiste de la littérature du 19ème siècle, et Jean-Philippe Stassen, en le transposant à notre époque, au coeur d'une intrigue politico-financière qui se finit presque en guerre des gangs ente petites frappes.
Stassen apporte, avec son trait ultra-expressif, une dimension toute particulière, une atmosphère exotique à un cadre urbain tout ce qu'il y a de banal. Une sublimation graphique au récit de Stevenson transposé.
Si je trouve le procédé et les moyens utilisés plutôt intéressants, je suis un peu plus réservé sur certaines parties. Les monologues de Dargent ou Ben -indissociables du récit, on est d'accord- sont assez lourds, placés dans des bulles de dialogues plutôt longues ; c'est un peu lourd et indigeste, et "casse" le rythme de l'album, qui est de haute tenue le reste du temps.
Il est des BD, comme des films ou des musiques, qui marquent à jamais votre vie, votre imaginaire. Cartland en fait partie pour moi. J'ai découvert cette série trop jeune, et j'ai mis tout naturellement un long moment avant de me l'approprier. Lorsque je l'ai lue la première fois, elle entrait en concurrence directe avec le lieutenant à la myrtille, et ma capacité de compréhension et de lecture à différents degrés a fait que Cartland a alors perdu le match à plate couture. Me restait en mémoire alors le surnaturel d'une part et les seins lourds du personnage féminin de Silver Canyon.
J'ai relu plus tard avec un grand plaisir cette fois cette série et j'y ai trouvé une profondeur psychologique des personnages et des situations que je n'avais pas décelé alors.
Ma récente relecture m'amène aujourd'hui à fortement noter cette BD, qui est vraiment un must dans la profondeur et les fêlures de notre héros. Les clichés du western sont ici fouillés, disséqués, pour mieux éviter d'enfoncer les portes ouvertes et nous donner une version plus travaillée des mythes de l'ouest.
Graphiquement, même si cela porte le poids des ans et le style graphique typique 70's notamment sur les premiers tomes, on est malgré tout dans la qualité et un travail vraiment bien ficelé, des personnages aux décors.
A conseiller à tous, vraiment.
Après avoir fermé cet album : la première image qui me vient à l'esprit, c'est Boris Vian.
Pascal Jousselin, jusqu'ici passé inaperçu dans mes partitions de bdphile, a le don pour camper un univers qui réussit le grand écart entre banalité quotidienne, surréalisme et fantastique.
Son album, composé comme une suite incongrue de nouvelles qu'il aurait semées au gré de ses envies, se révèle au fil des pages très interconnecté. Un peu à la manière d'un morceau de jazz qui sait sortir du chemin pour nous faire voyager, mais finit toujours par retomber sur ses croches.
Pluie de harengs pourris qui crée l'inévitable petit boulot de nettoyeur de toits après les averses, racines géantes ou geysers de feu : ces incongruités surréalistes sont pourtant une banalité pour les gens vivant dans cet univers. Et petit à petit, ce qui surprenait au début du récit, finit par être intégré et aller de soi...
Graphiquement, Pascal Jousselin nous propose un travail très sobre et épuré. Son dessin tout en ligne claire jouant avec des aplats noir profond délivre une narration fluide. La colorisation tout en gris bleuté renforce l'ambiance et la cohérence de ce petit monde et finit par s'imposer tacitement comme naturel. Moi qui peinait un peu au début avec cet album sur le jazz, je ressors convaincu de la qualité de cette BD !
Un 3.5 bien mérité
Fan de comics, et pas vraiment de Superman, j'ai entendu du bien de cette série, alors j'étais hésitant, le prix n'est pas très bas, mais comme j'avais lu le prologue (DC Universe HS 18, si je me souviens bien) je l'ai achetée.
J'ai lu le premier tome :
On assiste à la paix entre la nouvelle Krypton et la Terre, et Superman doit choisir entre la Terre ou la nouvelle Krypton dirigée par Zod qui en est devenu le protecteur.
On nous présente le système de Krypton qui a encore des esclaves et quelques rebellions ont lieu. Superman devient Général de l'armée kryptonienne, et garde un oeil sur Zod, qui se fera attaquer par Brainiac .
Jimmy Olsen, personnage secondaire que d'habitude je ne supporte pas plus de 3 pages, m'a beaucoup étonné avec un aspect plus sérieux et mature, il enquête sur le retour du Guardien, super-héros mort, et est pourchassé par une personne possédant des super-pouvoirs et qui les utilise pour assassiner toutes personnes ayant des informations sur lui .
Les dessins ne sont ni bons ni mauvais, et resterons comme ça du début jusqu'à la fin de cette saga .
Un très bon tome, un peu long, on peut le considérer comme un avant-goût à la vraie saga, un avant-goût indispensable pour la suite .
Tome 2, que j'ai acheté le lendemain de ma lecture :
On est en plein dedans.
On est en plein dedans, Superman est contre les manières violentes de Zod et n'obéit plus aux ordres.
Les Green Lanterns viennent observer la Nouvelle Krypton, car elle inquiète les Guardiens.
Superman sera jugé car il a désobéi aux ordres de Zod. Superman sera gracié par ce dernier, car Zod ne rien dire mis à part le fait que Superman est un élement important au sein de l'armée.
Zod est blessé et est emmené à l'hopital.
Une enquète, bien menée, se fera aussi mais je ne veux pas tout dévoiler .
Le tome 2 est pour moi, le meilleur de cette série en 3 tomes .
La nouvelle Krypton est intéressant et voir Superman mener une enquête l'est tout autant .
Tome 3 :
Le dénouement de cette série est peut-être un point faible, à cause de l'éditeur car ce n'est pas la toute fin, qui sera publié par Urban Comic dans un Hors Série complet qui rassemblera les numeros US "War of Supermen 0 - 6" .
Ce dernier tome est consacré à... de la bagarre et juste de la bagarre.
Tout le monde se tape dessus, tout est prévisible, j'en suis vraiment déçu, car la fin du tome n'explique rien sur les conséquences que cette guerre aura sur Zod, Superman et les autres personnages.
On ne sait pas qui est vraiment cette Superwoman (toujours à cause de l'éditeur) .
Bref une bonne saga qui aurait pu être une très bonne saga si elle avait été complétée .
3,5/5 car j'ai passé un très bon moment avec les 2 premiers tomes, et 4/5 car Urban va publier "War of Supermen". J'éditerai ce commentaire après la lecture de ce dernier numéro .
Frenchman est vraiment une très bonne et belle bd !
Le dessin somptueux et le cahier graphique sont un régal pour nos mirettes.
Avec les cases de l'aurore, on ressent la fraîcheur du petit matin, on foule l'herbe les pieds mouillés dans la mousse, on met nos pas dans ceux laissés par les mocassins des Pawnees. En silence, on traverse les plaines paisibles du Nebraska où paissent d'imperturbables bisons, on est tenté de s'arrêter un instant, d'admirer une case comme on admirerait l'horizon immense et ses infinités de destins, on se sent un peu perdu au milieu de cette flore rayonnante mais on a un bon guide, Toussaint le trappeur qui connaît le territoire sur le bout des doigts et le temps presse alors on accélère le pas, il faut fuir. Aux senteurs des sous-bois, se mêle imperceptiblement un parfum d'enfance: Bleck le Rock et James Fenimore Cooper ne sont plus très loin. Mais dans ce théâtre magnifique, la tragédie se met en place et l'aventure, aussi classique qu'elle puisse paraître, est passionnante.
Contrairement à ce que laisse présager la couverture, tout commence en Normandie où les notables du village tentent à coup de pièces d'or d'inverser le cours du destin. Par un habile retour en arrière, nous voilà parmi les paysans de la Normandie, ce qui permet à Prugne de mettre en place une idylle improbable entre Angèle et Louis, une petite paysanne et le fils d'un puissant. D'emblée, les paysans mesquins et le père de Louis, figure puissante du village, tous condamnent cet amour dont l'issue ne pourra être que funeste. A cela s'ajoute le sort d'Alban, le frère d'Angèle, d'abord chanceux puis poissard, il doit quitter sa Normandie pour les Amériques.
Le Destin, dieu cruel, n'aura de cesse de s'acharner sur lui jusqu'à ce que l'aventure trouve enfin son épilogue douloureux et scelle de manière irrémédiable le sort de chacun.
Bien sûr, l'aventure ne serait pas totale si nous ne croisions pas la fière tribu des Pawnees . Le choix de Prugne de leur accorder une place discrète malgré leur rôle essentiel, est judicieux, il renforce le sentiment d'instabilité de la région, de cohabitation précaire entre les Blancs et les farouches guerriers. Les Indiens se déplacent comme des ombres et parlent peu. Si Toussaint lui aussi avare en parole semble le seul à pouvoir les comprendre (l'essentiel de la communication est ailleurs, les paroles dans ces immensités sont dérisoires) , la fracture entre les Blancs et eux semble elle aussi irrémédiable. Après cette scène, l'équilibre instable entre les deux peuples vacille, condamnant un peu plus nos personnages qui tentent en vain de se dérober à leur destin.
La fin tout en simplicité est réussie et serre la gorge. Une douce mélancolie émane des cases finales, le destin est parfois bien capricieux.
J'avoue directement, ...oui je suis fan de Georges Brassens. Alors peut-être qu'un non fan mettrait 4/5, mais moi je mets 5/5 car cette BD m'a vraiment touché. Tout ressemble à un travail qu'aurait pu faire Brassens. C'est quand même quelque chose ça !
Déjà dans le dessin, simple, léger, efficace. Je pourrais comparer cela aux mélodies de Brassens qui ont les mêmes qualités ! C'est beau et ça colle parfaitement à l'histoire. J'aime beaucoup. Et donc là dessus il n'y rien à redire.
Ensuite le scénario, il est lui aussi à l'image de Georges Brassens. Il est poétique dans un sens et encore une fois léger. C'est une histoire à laquelle je veux croire ! A cela on peut ajouter les diverses allusions aux chansons de Brassens (Hécatombe, La Cane de Jeanne, La Mauvaise Réputation, Supplique pour être enterré sur une plage de Sète, etc etc) qui font à chaque fois sourire.
C'est donc une magnifique histoire que j'aime lire et relire ! Bravo !
Dernier Exil de Jean-Michel Ponzio est l'adaptation du roman de Jacques Spitz "L’œil du purgatoire".
Une adaptation osée pour ce qui est sans aucun doute le chef-d’œuvre de Jacques Spitz. La complexité des réflexions de Dagerlöff n'était pas forcément aisée à retranscrire. Quant à l'ensemble du scénario, qui fait appel à une psychologie profonde, torturée est tellement sombre, il fallait, j'imagine, une grande force pour s'immiscer en elle.
Jean-Michel Ponzio signe ici deux albums absolument maîtrisés, aboutis. Toute la force du livre est magnifiquement retranscrite. Le dessin, les couleurs aux sépias grisés sont sublimes et collent parfaitement à l'atmosphère de l'œuvre.
Ponzio prend un grand soin à poser son personnage et sa réflexion borderline. Il y a une force incroyable, un réalisme extraordinaire dans les traits, mais aussi dans les non-dits. Les bulles qui se superposent cachant les propos d'Armande au profit des pensées de Jean, offrent une sorte de réalité virtuelle.
Quelques cases donnent à penser que techniquement, certaines scènes ont pu être des photos, redessinées, colorisées. Ce qui est d'autant plus intéressant quand on voit l'importance que la photo prendra dans une part de l'histoire.
Bref, une bande-dessinée magnifique à ne pas manquer, qui se suffit à elle-même.
S'il n'est pas utile d'avoir lu le livre de Jacques Spitz pour se plonger dans la BD, je vous conseille néanmoins cet incontournable de la SF (à la limite du fantastique) française.
Les auteurs utilisent habilement les ingrédients du roman de cape et d'épée, les intrigues de cour, les conspirations, les courtisans, pour installer un univers historiquement crédible dans lequel se déroulera le destin hors du commun de son héros. Le père de ce jeune infirme rejeté par tous sera condamné à lui faire subir une opération d'une inimaginable cruauté qui le transformera en machine humaine condamnée à servir, jusqu'à la fin de ses jours, celui qui l'a fait supplicier: le Roi de France. Un premier ressort dramatique très fort, pour une série qui en annonce bien d'autres.
- Un récit d'aventure très riche, sur des bases historiques solides.
- Au cœur de l'action, un super-héros d'un genre nouveau, dont l'origine dramatique renforce l'humanité.
- Une reconstitution graphique minutieuse de l'époque du XVIIe siècle.
Bref, j'ai bien aimé et le conseille!
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Little Star
Je n’aurai sans doute jamais lu cet album si elveen ne me l’avait pas offert. Ce one shot se focalise sur la paternité en particulier et plus généralement sur le chamboulement de la vie de couple suite à l’arrivée d’un petit bout. Papa d’un petit garçon de 2 ans et demi et d’une petite fille de 2 mois, inutile de préciser que cette bd me parle beaucoup. Je m’y suis retrouvé dans bon nombre de situations, ce qui me rassure quelque part. En effet, cela veut donc dire soit que je suis un papa normal, soit que mes enfants ont des réactions normales, soit les deux ! Pour un célibataire endurci, cette bd ne le passionnera pas des masses car il n’y a pas d’action, juste le quotidien d’une petite famille sans histoires mais avec des soucis de tous les jours. Par contre, si vous êtes un futur papa, elle vous donnera un aperçu assez juste de la vie à trois. Et si vous êtes déjà papa, elle vous rassurera en vous sentant moins seul face aux réactions de votre enfant ! Bref, un récit touchant sur la famille. Merci elveen pour cette belle découverte ! :*
Bab El-Mandeb
Encore une fois Micheluzzi fait la preuve de son immense talent en matière de récit d'aventure. Cette fois-ci c'est dans la Corne de l'Afrique qu'il nous emmène, une région convoitée par l'Italie de Mussolini. C'est donc encore une fois une évocation de l'Histoire par le petit bout de la lorgnette, avec ce convoyage de véhicules blindés volés à l'Egypte et revendus à l'Abyssinie. Les péripéties sont nombreuses, les personnages plutôt pas mal fichus, mention spéciale à Peter Cushing (non ce n'est pas l'acteur) et l'intrigue, un peu confuse au départ, s'éclaire au fil du récit. Le dessin de Micheluzzi est magnifique de lisibilité on noir et blanc est puissant. Pour les amateurs d'aventure avec un grand A.
L'Île au trésor (Futuropolis)
Le roman le plus connu de Robert Louis Stevenson est une histoire universelle. C'est ce qu'ont voulu montrer Sylvain Venayre, spécialiste de la littérature du 19ème siècle, et Jean-Philippe Stassen, en le transposant à notre époque, au coeur d'une intrigue politico-financière qui se finit presque en guerre des gangs ente petites frappes. Stassen apporte, avec son trait ultra-expressif, une dimension toute particulière, une atmosphère exotique à un cadre urbain tout ce qu'il y a de banal. Une sublimation graphique au récit de Stevenson transposé. Si je trouve le procédé et les moyens utilisés plutôt intéressants, je suis un peu plus réservé sur certaines parties. Les monologues de Dargent ou Ben -indissociables du récit, on est d'accord- sont assez lourds, placés dans des bulles de dialogues plutôt longues ; c'est un peu lourd et indigeste, et "casse" le rythme de l'album, qui est de haute tenue le reste du temps.
Cartland
Il est des BD, comme des films ou des musiques, qui marquent à jamais votre vie, votre imaginaire. Cartland en fait partie pour moi. J'ai découvert cette série trop jeune, et j'ai mis tout naturellement un long moment avant de me l'approprier. Lorsque je l'ai lue la première fois, elle entrait en concurrence directe avec le lieutenant à la myrtille, et ma capacité de compréhension et de lecture à différents degrés a fait que Cartland a alors perdu le match à plate couture. Me restait en mémoire alors le surnaturel d'une part et les seins lourds du personnage féminin de Silver Canyon. J'ai relu plus tard avec un grand plaisir cette fois cette série et j'y ai trouvé une profondeur psychologique des personnages et des situations que je n'avais pas décelé alors. Ma récente relecture m'amène aujourd'hui à fortement noter cette BD, qui est vraiment un must dans la profondeur et les fêlures de notre héros. Les clichés du western sont ici fouillés, disséqués, pour mieux éviter d'enfoncer les portes ouvertes et nous donner une version plus travaillée des mythes de l'ouest. Graphiquement, même si cela porte le poids des ans et le style graphique typique 70's notamment sur les premiers tomes, on est malgré tout dans la qualité et un travail vraiment bien ficelé, des personnages aux décors. A conseiller à tous, vraiment.
Somewhere else - Jazz, confidences et oreilles de lapin
Après avoir fermé cet album : la première image qui me vient à l'esprit, c'est Boris Vian. Pascal Jousselin, jusqu'ici passé inaperçu dans mes partitions de bdphile, a le don pour camper un univers qui réussit le grand écart entre banalité quotidienne, surréalisme et fantastique. Son album, composé comme une suite incongrue de nouvelles qu'il aurait semées au gré de ses envies, se révèle au fil des pages très interconnecté. Un peu à la manière d'un morceau de jazz qui sait sortir du chemin pour nous faire voyager, mais finit toujours par retomber sur ses croches. Pluie de harengs pourris qui crée l'inévitable petit boulot de nettoyeur de toits après les averses, racines géantes ou geysers de feu : ces incongruités surréalistes sont pourtant une banalité pour les gens vivant dans cet univers. Et petit à petit, ce qui surprenait au début du récit, finit par être intégré et aller de soi... Graphiquement, Pascal Jousselin nous propose un travail très sobre et épuré. Son dessin tout en ligne claire jouant avec des aplats noir profond délivre une narration fluide. La colorisation tout en gris bleuté renforce l'ambiance et la cohérence de ce petit monde et finit par s'imposer tacitement comme naturel. Moi qui peinait un peu au début avec cet album sur le jazz, je ressors convaincu de la qualité de cette BD ! Un 3.5 bien mérité
Superman - La Nouvelle Krypton
Fan de comics, et pas vraiment de Superman, j'ai entendu du bien de cette série, alors j'étais hésitant, le prix n'est pas très bas, mais comme j'avais lu le prologue (DC Universe HS 18, si je me souviens bien) je l'ai achetée. J'ai lu le premier tome : On assiste à la paix entre la nouvelle Krypton et la Terre, et Superman doit choisir entre la Terre ou la nouvelle Krypton dirigée par Zod qui en est devenu le protecteur. On nous présente le système de Krypton qui a encore des esclaves et quelques rebellions ont lieu. Superman devient Général de l'armée kryptonienne, et garde un oeil sur Zod, qui se fera attaquer par Brainiac . Jimmy Olsen, personnage secondaire que d'habitude je ne supporte pas plus de 3 pages, m'a beaucoup étonné avec un aspect plus sérieux et mature, il enquête sur le retour du Guardien, super-héros mort, et est pourchassé par une personne possédant des super-pouvoirs et qui les utilise pour assassiner toutes personnes ayant des informations sur lui . Les dessins ne sont ni bons ni mauvais, et resterons comme ça du début jusqu'à la fin de cette saga . Un très bon tome, un peu long, on peut le considérer comme un avant-goût à la vraie saga, un avant-goût indispensable pour la suite . Tome 2, que j'ai acheté le lendemain de ma lecture : On est en plein dedans. On est en plein dedans, Superman est contre les manières violentes de Zod et n'obéit plus aux ordres. Les Green Lanterns viennent observer la Nouvelle Krypton, car elle inquiète les Guardiens. Superman sera jugé car il a désobéi aux ordres de Zod. Superman sera gracié par ce dernier, car Zod ne rien dire mis à part le fait que Superman est un élement important au sein de l'armée. Zod est blessé et est emmené à l'hopital. Une enquète, bien menée, se fera aussi mais je ne veux pas tout dévoiler . Le tome 2 est pour moi, le meilleur de cette série en 3 tomes . La nouvelle Krypton est intéressant et voir Superman mener une enquête l'est tout autant . Tome 3 : Le dénouement de cette série est peut-être un point faible, à cause de l'éditeur car ce n'est pas la toute fin, qui sera publié par Urban Comic dans un Hors Série complet qui rassemblera les numeros US "War of Supermen 0 - 6" . Ce dernier tome est consacré à... de la bagarre et juste de la bagarre. Tout le monde se tape dessus, tout est prévisible, j'en suis vraiment déçu, car la fin du tome n'explique rien sur les conséquences que cette guerre aura sur Zod, Superman et les autres personnages. On ne sait pas qui est vraiment cette Superwoman (toujours à cause de l'éditeur) . Bref une bonne saga qui aurait pu être une très bonne saga si elle avait été complétée . 3,5/5 car j'ai passé un très bon moment avec les 2 premiers tomes, et 4/5 car Urban va publier "War of Supermen". J'éditerai ce commentaire après la lecture de ce dernier numéro .
Frenchman
Frenchman est vraiment une très bonne et belle bd ! Le dessin somptueux et le cahier graphique sont un régal pour nos mirettes. Avec les cases de l'aurore, on ressent la fraîcheur du petit matin, on foule l'herbe les pieds mouillés dans la mousse, on met nos pas dans ceux laissés par les mocassins des Pawnees. En silence, on traverse les plaines paisibles du Nebraska où paissent d'imperturbables bisons, on est tenté de s'arrêter un instant, d'admirer une case comme on admirerait l'horizon immense et ses infinités de destins, on se sent un peu perdu au milieu de cette flore rayonnante mais on a un bon guide, Toussaint le trappeur qui connaît le territoire sur le bout des doigts et le temps presse alors on accélère le pas, il faut fuir. Aux senteurs des sous-bois, se mêle imperceptiblement un parfum d'enfance: Bleck le Rock et James Fenimore Cooper ne sont plus très loin. Mais dans ce théâtre magnifique, la tragédie se met en place et l'aventure, aussi classique qu'elle puisse paraître, est passionnante. Contrairement à ce que laisse présager la couverture, tout commence en Normandie où les notables du village tentent à coup de pièces d'or d'inverser le cours du destin. Par un habile retour en arrière, nous voilà parmi les paysans de la Normandie, ce qui permet à Prugne de mettre en place une idylle improbable entre Angèle et Louis, une petite paysanne et le fils d'un puissant. D'emblée, les paysans mesquins et le père de Louis, figure puissante du village, tous condamnent cet amour dont l'issue ne pourra être que funeste. A cela s'ajoute le sort d'Alban, le frère d'Angèle, d'abord chanceux puis poissard, il doit quitter sa Normandie pour les Amériques. Le Destin, dieu cruel, n'aura de cesse de s'acharner sur lui jusqu'à ce que l'aventure trouve enfin son épilogue douloureux et scelle de manière irrémédiable le sort de chacun. Bien sûr, l'aventure ne serait pas totale si nous ne croisions pas la fière tribu des Pawnees . Le choix de Prugne de leur accorder une place discrète malgré leur rôle essentiel, est judicieux, il renforce le sentiment d'instabilité de la région, de cohabitation précaire entre les Blancs et les farouches guerriers. Les Indiens se déplacent comme des ombres et parlent peu. Si Toussaint lui aussi avare en parole semble le seul à pouvoir les comprendre (l'essentiel de la communication est ailleurs, les paroles dans ces immensités sont dérisoires) , la fracture entre les Blancs et eux semble elle aussi irrémédiable. Après cette scène, l'équilibre instable entre les deux peuples vacille, condamnant un peu plus nos personnages qui tentent en vain de se dérober à leur destin. La fin tout en simplicité est réussie et serre la gorge. Une douce mélancolie émane des cases finales, le destin est parfois bien capricieux.
Georges et la Mort
J'avoue directement, ...oui je suis fan de Georges Brassens. Alors peut-être qu'un non fan mettrait 4/5, mais moi je mets 5/5 car cette BD m'a vraiment touché. Tout ressemble à un travail qu'aurait pu faire Brassens. C'est quand même quelque chose ça ! Déjà dans le dessin, simple, léger, efficace. Je pourrais comparer cela aux mélodies de Brassens qui ont les mêmes qualités ! C'est beau et ça colle parfaitement à l'histoire. J'aime beaucoup. Et donc là dessus il n'y rien à redire. Ensuite le scénario, il est lui aussi à l'image de Georges Brassens. Il est poétique dans un sens et encore une fois léger. C'est une histoire à laquelle je veux croire ! A cela on peut ajouter les diverses allusions aux chansons de Brassens (Hécatombe, La Cane de Jeanne, La Mauvaise Réputation, Supplique pour être enterré sur une plage de Sète, etc etc) qui font à chaque fois sourire. C'est donc une magnifique histoire que j'aime lire et relire ! Bravo !
Dernier exil
Dernier Exil de Jean-Michel Ponzio est l'adaptation du roman de Jacques Spitz "L’œil du purgatoire". Une adaptation osée pour ce qui est sans aucun doute le chef-d’œuvre de Jacques Spitz. La complexité des réflexions de Dagerlöff n'était pas forcément aisée à retranscrire. Quant à l'ensemble du scénario, qui fait appel à une psychologie profonde, torturée est tellement sombre, il fallait, j'imagine, une grande force pour s'immiscer en elle. Jean-Michel Ponzio signe ici deux albums absolument maîtrisés, aboutis. Toute la force du livre est magnifiquement retranscrite. Le dessin, les couleurs aux sépias grisés sont sublimes et collent parfaitement à l'atmosphère de l'œuvre. Ponzio prend un grand soin à poser son personnage et sa réflexion borderline. Il y a une force incroyable, un réalisme extraordinaire dans les traits, mais aussi dans les non-dits. Les bulles qui se superposent cachant les propos d'Armande au profit des pensées de Jean, offrent une sorte de réalité virtuelle. Quelques cases donnent à penser que techniquement, certaines scènes ont pu être des photos, redessinées, colorisées. Ce qui est d'autant plus intéressant quand on voit l'importance que la photo prendra dans une part de l'histoire. Bref, une bande-dessinée magnifique à ne pas manquer, qui se suffit à elle-même. S'il n'est pas utile d'avoir lu le livre de Jacques Spitz pour se plonger dans la BD, je vous conseille néanmoins cet incontournable de la SF (à la limite du fantastique) française.
Le Chevalier Mécanique
Les auteurs utilisent habilement les ingrédients du roman de cape et d'épée, les intrigues de cour, les conspirations, les courtisans, pour installer un univers historiquement crédible dans lequel se déroulera le destin hors du commun de son héros. Le père de ce jeune infirme rejeté par tous sera condamné à lui faire subir une opération d'une inimaginable cruauté qui le transformera en machine humaine condamnée à servir, jusqu'à la fin de ses jours, celui qui l'a fait supplicier: le Roi de France. Un premier ressort dramatique très fort, pour une série qui en annonce bien d'autres. - Un récit d'aventure très riche, sur des bases historiques solides. - Au cœur de l'action, un super-héros d'un genre nouveau, dont l'origine dramatique renforce l'humanité. - Une reconstitution graphique minutieuse de l'époque du XVIIe siècle. Bref, j'ai bien aimé et le conseille!