Ayant attrapé un genre d’allergie aggravée envers les polars dont les scénarios ont du mal dorénavant à me surprendre, la note maximale se justifie amplement pour « Sin City » car je n’ai pas pu lâcher la série avant la fin, et même si au détail je ne pourrai mettre la note culte à chacun, c’est un tout indissociable (ou presque). J’ai adoré cet univers à l’air épais et lourd, peuplé de gonzesses fabuleuses et de mâles couillus ou minables, quand ils ne sont pas mentalement défaillants.
Frank Miller nous présente des nanas bouillonnantes, débordantes de classe, aux corps divins et au caractère bien trempé (gare aux cons et à leurs couilles), là où la plupart des B.D. dans le même exercice n’arrivent qu’à verser dans une vulgarité consternante. Les mecs ne sont pas en reste, Marv ! (putain Marv j’adore !), Dwight ou encore Le Chevelu, sont charmants, attachants et très agréables à regarder dans ce noir et blanc qui les met en valeur, malgré leurs cicatrices ou leurs gueules bosselées après une bonne bastonnade.
Les histoires en elles-mêmes ne sont pas extraordinaires mais leur narration désabusée et acide, la façon dont-elles sont menées à grands coups poings, de mitraille ou de savants coups de sabre, l’originalité de cette ville décadente, le bagout des personnages et le graphisme tout simplement fabuleux, donnent à ce polar une ambiance glauque et paradoxalement apaisante, tout comme la violence qui s’y trouve telle une règle du jeu indispensable et un élément fort du récit. On est dans la surenchère à bien des niveaux, mais c'est foutrement bon.
Tome 1 : « Sin City », un premier tome parfait à tous les niveaux, où l’on fait la connaissance de Marv, dommage qu’il ne soit pas plus présent dans les autres tomes.
Tome 2 : « J’ai tué pour elle », un peu classique côté scénario mais les personnages font toute la différence.
Tome 3 : « Le grand carnage », le tome où l’on côtoie le plus la vieille ville et ses habitantes, une pure délectation, comme sont titre l’indique c'est une véritable tuerie, un tome jouissif tout à fait dans mes goûts.
Tome 4 : « Cet enfant de salaud » ne m’a pas du tout touchée, l’histoire tarde à se mettre en place, l’apparition d’une mioche qui risque de ce faire violer mais qui est sauvée in extremis, m’agace. L’ambiance est là, mais c’est le seul tome que personnellement j’exclue de la série. Et puis l’apport de ce jaune cocu, quelles horreur !
Tome 5 : « Valeurs familiale », un peu moins bon niveau scénario mais le personnage de Miho a fait mon bonheur.
Tome 6 : « Des filles et des flingues » étant composé d’histoires courtes, on y trouve de tout du bon et du moins bon et n'est pas vraiment indispensable, par contre j’ai adoré les scènes enneigées, sublimes de beauté.
Tome 7 : « L’enfer du retour », un très bon dernier tome, presque un peu à part au niveau de l’histoire, étant moins reliée aux autres, les personnages sont tout aussi intéressants à suivre que ceux des premiers tomes et l’ajout d’une touche de couleur est intéressante.
Si vous voulez bien me pardonner cette expression populaire, Walking dead, c'est une tuerie ! Et je m'étonne encore de m'y être attachée moi qui ai toujours détesté les zombies. J'ai bien tenté de regarder quelques films cultes (dont quelques navets... quelques fois, mais qui ont marqué les grandes heures du cinéma d'horreur et dont je vous épargne la longue liste) comme La nuit des morts-vivants de Romero (un classique) ou plus récemment, 28 jours plus tard de Danny Boyle>. Mais il aura fallu un livre (War World Z de Max Brooks) et un comics, dont nous parlons ici, pour que je trouve en la figure du zombie quelque chose intellectuellement plus transcendant que les boucheries grand-guignolesques de nos amis cinéastes des années 70-80.
L'intérêt, je le trouve dans l'approche psychologique faite des gens qui sont confrontés à un monde en mutation dans lequel ils ne sont que des victimes en sursis, des survivants mal-en-point, terrorisés, affaiblis, ou au contraire de nouveaux héros, leaders en puissance ou dictateurs à l'échelle des petits groupes qu'ils protègent, manipulent, asservissent. Toute la palette des horreurs et des épreuves que peuvent endurer certains hommes, tous les actes de bravoure, de courage, d'affection qui se révèlent là où on ne les attend pas, tout ça constitue l'univers terrifiant de Walking dead. Les zombies ? Ils sont une métaphore de tous les dangers qui peuvent anéantir l'humanité. Ils sont à la fois virus, pandémie, guerre nucléaire, tremblement de terre, ils sont les voyous qui vous agressent le soir en rentrant chez vous, ils sont la maladie qui décime vos proches, ils sont le conducteur ivre qui vous rend infirme, ils sont le danger, la peur, les risques absolus. Désormais, le zombie prend une dimension différente : l'humanité et sa survie déprendra de sa capacité à gérer le danger.
Le scénario de Robert Kirkman tend complètement dans ce sens et tout en mixant violence, survie et psychologie, il traite avec parcimonie du deuil, du libre arbitre, du suicide, du passage de l'enfance à l'adolescence, de confiance, de racisme, d'identité sexuelle, d'amitié, de (re)construction psychologique ou matérielle, de folie, de la foi, des paradoxes intérieurs etc. etc. Rien n'est laissé au hasard. Pas un seul personnage n'est inutile. Certains, d'abord en second plan, finissent sous les feux de la rampe pour le meilleur, comme le pire. D'autres que l'on croyait partis pour "durer", sont rapidement éjectés du groupe ou victimes des "rôdeurs". Certains suivront leur propre voie, d'autres développeront des compétences inattendues. Hommes, femmes, enfants, blancs, noirs, asiatiques, riches ou pauvres (ce qui n'a plus de sens au moment du récit), vieux ou jeunes, tout le monde se retrouve à égalité devant le danger. Même le plus fort peut se retrouver surpris et mordus d'autres, plus faibles et couards, s'en sortiront toujours. Robert Kirkman force le respect en sachant jouer de la roulette du destin.
On est donc constamment sous tension, ne sachant pas d'une page à l'autre qui va disparaître, tomber malade, voire se tuer bêtement. Les scènes de violence n'ont d'égales que la qualité du scénario qui les enrobe. Rien n'est jamais tout blanc ou tout noir. Certains actes ultra violents paraîtront encore plus insupportables s'ils sont promulgués par des "gentils". Les vrais méchants eux, n'auront que notre mépris et notre dégoût alors qu'on pourra ressentir de la pitié pour les premiers. Le lecteur est clairement la première victime de ces enchaînements de paradoxes psychologiques auxquels les héros sont confrontés d'autant qu'il apparaît ainsi que la violence bestiale des morts-vivants est presque bien moins dérangeante que celle engendrée par les humains entre eux ou contre les zombies.
Le dessin de Charlie Adlard est bien évidemment la clé de voûte de l'ambiance si particulière de Walking dead. Entièrement en noir et blanc, il se décline en des cases les plus variées les unes que les autres : de la case traditionnelle on passe à des pleines pages incroyables ; certaines cases de bas ou de haut de page utilisent l'intégralité de la double page imposant une lecture des cases en-dessous également sur de la double page ; on a droit aussi souvent à des successions de trois cases identiques, symbolisant, l'immobilité, la prostration, que seul un infime détail de la troisième case la distingue des deux premières.
Je ne développerai pas trop sur la série télévisée tirée du comics, toutefois, je préciserai que cette adaptation est très libre et que s'en contenter serait sacrilège. Certes, certains passages sont renforcés à l'écran (la scène de la grange dans la saison 02 par exemple) mais il se passe tellement plus de choses dans le comics que je ne peux que vous conseiller sa lecture avant même de vous aventurer à regarder la série.
Voilà donc une série qui marquera sûrement un tournant dans ma vision de la BD américaine, loin des super-héros costumés de chez Marvel. Je ne sais pas si vous vous laisserez embarquer dans cette aventure terrifiante dont personne ne sait si le lecteur sera épargné. Une chose est sûre après 15 tomes déjà parus, la demande ne se relâche pas. Espérons juste que le scénariste saura aussi s'arrêter à temps avant de sombrer dans une routine éditoriale qui pourrait signer le désintérêt des passionnés de la première heure.
Quelle bonne surprise !
J'aime bien Elvis et le mythe autour de lui (sans quand même être un fan hystérique) alors j'ai pris cette bande dessinée, sans la feuilleter, pensant lire une longue histoire sur la vie du King (un peu comme celle sur Johnny Cash, par exemple).
Finalement, ce n'est pas du tout l'histoire du King, mais plutôt l'histoire de... son retour du royaume des morts.
Toute l'histoire est menée telle une enquête faite par un journaliste sur le retour. Est-ce vraiment Elvis qui est revenu d'entre les morts ? Est-ce un imposteur ? En tout cas, que ce soit l'un ou l'autre, cet homme à un charisme incroyable et tout porte à croire que c'est vraiment lui.
Toute cette enquête avance tranquillement, au fil des pages, laissant certains doutes, répondant à d'autres questions... d'où vont découler d'autres questions encore plus précises.
L'auteur nous livre ici une bande dessinée vraiment très originale et très crédible. Les 200 pages se lisent d'un trait tellement c'est passionnant. Car ce n'est pas une simple enquête, mais véritablement un questionnement sur les croyances et sur le pouvoir de croire en quelque chose... ou non. Et chaque chapitre entrecoupé d'une petite citation d'Elvis ou d'autres grands noms de la musique rock.
Cette bande dessinée ferait un film exceptionnel.
165 avis et une série déjà classée comme culte, à quoi pourrait bien servir mon avis ?
A rien du tout, j'en ai conscience : il n'y a plus lieu de convaincre là où la célébrité méritée parle d'elle même...
Ah si, Carne y sangre, je sais à quoi pourrait bien servir mon avis !!! A témoigner de ma gratitude !!!
Merci à vous, auteurs de cette magnifique série intelligente et imaginative !!!
Merci de redonner au lecteur ce simple plaisir du texte, de lui faire profiter de ce soin méticuleux jusqu'aux intérieurs de couverture, de l'ébahir sur ces joutes verbales ahurissantes et délirantes, de lui rappeler tout cet héritage littéraire immense, et de le transporter dans des aventures rocambolesques tenant ce même lecteur captif (et ô combien heureux de l'être) de sa lecture !!!
Et quel talent de nous faire nous sentir tout à la fois dans une pièce de théâtre, dans un roman, dans de la poésie, le tout au travers d'une BD qui peut prétendre fièrement en défendre le genre !
C'est un croc !… C'est une cape !… Que dis-je, c'est une cape ?… C'est De Cape et de Crocs ! Et tant pis si c'était facile ou déjà fait, l'ivresse de ma lecture à peine achevée sera mon excuse !
On ne peut pas avoir plus beau choix pour rédiger son 300ème avis sur ce site que d’en émettre un pour une des séries phares de Frank Miller s’appelant justement 300. ;)
En se repositionnant dans le contexte, il était plutôt audacieux à l’époque de sa conception de proposer un comics sur une célèbre bataille de l’antiquité grecque.
Le postulat est en vérité très simple : une armée de 300 soldats tente bravement de repousser l’envahisseur bien plus imposant numériquement par la ruse et la stratégie…
Ce qui est fort sympathique pour quelqu’un comme moi qui n’apprécie que très modérément les récits historiques c’est que Miller ne s’embarrasse pas des apparats réalistes et utilise son armée comme métaphore quasi héroïque plus proche d’une image d’Epinal que des documents d’Alain Decaux.
En résulte des images fortes et quelques scènes d’action joliment mises en scène comme à l’habitude de cet auteur très contesté. Je préfère de loin les dessins du maitre lorsqu’il ne fait pas appel à la couleur mais le résultat est tout à fait satisfaisant avec un ennemi sournois et muet face à une armée de courageux soldats suicidaires. Quelques scènes de combat valent largement le coup d’œil ainsi que la fameuse tirade « Spaaaaartaaaa ».
L’album est présenté dans un format inhabituel à l’italienne assez imposant ne favorisant pas une lecture facile à manipuler mais agréable au regard. Il ne faut pas non plus être allergique aux bistouquettes puisque la plupart des protagonistes sont représentés dans leur tenue de guerre le plus « simple » possible.
Et puis il y a toute cette violence graphique propre à Miller dont j’avoue être grand fan… Certains dessins et poses méritent qu’on s’arrête quelques instants pour bien les contempler. Et pourtant je ne suis satisfait qu’à moitié de cette œuvre car le récit est peut être trop court et trop succinct pour y porter autant d’intérêt. Dès lors j’ai eu davantage la sensation d’assister à une suite de jolis dessins qu’à être touché véritablement par leur destinée comme j’ai pu l’être par une œuvre plus complexe comme « Pour l’Empire ».
Par contre une fois n’est pas coutume, l’adaptation ciné de Zack Snyder est supérieure à l’œuvre de papier d’où mon sentiment d’assister à un magnifique storyboard réellement pensé et réfléchi pour « porter » son adaptation sur grand écran…
Néanmoins Miller étant Miller, que l’on adhère ou non aux idées volontairement ( ? ) véhiculées par cette œuvre, il s’agit d’un must en terme de découpage graphique et qui se doit d’être lu au moins une fois par tout fan de batailles épiques ou de ses dessins inégalés. Un régal pour les yeux, un peu moins pour le cœur, 300 mérite bien la note qu’il véhicule : un gros 3 sans les zéros qui l’accompagnent :)
Tout d'abord, je suis un grand admirateur du dessin de Gibrat ! Quelle joie de retrouver ce trait si particulier dans Mattéo ! De plus, les thèmes et les époques abordés par Gibrat me plaisent vraiment ! J'ai adoré l'ambiance dans Le Sursis, j'ai adoré Paris dans Le Vol du Corbeau, dans Mattéo, ce sont les tranchées de la 1ere guerre mondiale, et la révolution Russe, quelle ambiance aura-t-on dans le 3e tome ? J'ai hâte !
Un seul bémol dans le dessin, c'est qu'à mon avis, ça rend pas bien si bien pour les scènes dynamiques. Je prends pour exemple dans le tome 2, la scène de fusillade, c'est pas tip top. Par contre, sur le reste c'est un véritable régal, je crois que le dessin de Gibrat est idéal pour des scènes un peu lentes, de dialogues etc.
Un mot sur les couleurs, c'est toujours aussi bon, quel régal !
Sinon coté histoire, c'est très ambitieux ! Traiter plusieurs lieux et plusieurs époques à travers le même personnage, c'est une superbe idée ! L'histoire ne va ni trop vite, ni trop lentement, on s'attache bien à Mattéo, je le redis, vivement la suite !
L'Envolée sauvage avait promis de belles choses à Laurent Galandon et Arno Monin. Il fallait confirmer ces promesses. C'est chose faite avec "L'Enfant maudit".
L'un des sujets de cette nouvelle série (en cycles de deux tomes) est l'origine bâtarde d'un enfant pendant la guerre, et son adoption par un autre couple. Un sujet douloureux dans nombre de familles françaises, et qui est rarement évoqué, même à notre époque où l'adoption n'est plus un sujet "honteux". D'ailleurs un élément m'a un peu dérangé à ce sujet dans la BD. Parce que justement cela ne se disait pas à cette époque. Pourtant Gabriel sait très tôt que ses parents ne sont pas ceux qui l'ont conçu. Mais Galandon contourne cela en montrant que son "père" n'en voulait pas (sans trop développer d'ailleurs), et parce que le flirt de sa mère biologique avec un soldat allemand était de notoriété publique. Ce sujet fort en amène un autre, fort lui aussi : le déshonneur de celles qui ont fricoté avec l'occupant pendant cette période troublée. Ces femmes ont souffert dans leur chair et dans leur tête de cet état de fait, puisqu'on leur tondit la tête. Là encore, il y aurait beaucoup à dire, mais le mérite du scénariste est de ne pas forcer le trait, de ne pas montrer ces tondues trop longtemps pour se concentrer sur le parcours de Gabriel.
Gabriel, qui en plein mai 68, après le décès de ses parents, décide, avec l'appui d'une amie d'enfance, de retrouver ses racines. Le chemin semble bien périlleux, mais très vite on a envie de suivre Gabriel dans sa démarche. Parce que le jeune homme est comme vous et moi, c'est un garçon ordinaire à cheval sur deux époques troublées.
Comme je l'ai dit, on est très vite embarqué dans le récit concocté par Galandon (une fois de plus) ; cela pourrait n'être qu'une histoire de plus d'enfant à la recherche d'un secret de famille, certes très agréable, mais somme toute sans grande surprise. Et puis il y a les deux dernières pages. Ces pages qui placent cette histoire sur un autre niveau, surprenant. Je n'en dis pas plus, mais sachez que cela attise la faim du lecteur.
Le second tome nous emmène donc dans la suite de l'enquêtre de Gabriel, en enquête qui va l'amener aux quatre coins de France, et même à l'étranger... Il va voler de surprise en surprise, et Galandon évite de peu le "too much" que peut inspirer ce type de péripéties. La fin du cycle est un peu "politiquement correct" à mon goût, mais l'ensemble est très agréable, et plutôt intéressant, tentant de tordre le cou à quelques clichés au passage.
Je serais ingrat si je ne parlais pas du dessinateur. Comme son compère, Arno Monin confirme les jolies choses entrevues dans L'Envolée sauvage. Son dessin, qui se place un peu dans la veine de Pedrosa mais dans un style plus réaliste, s'affirme et s'affine dans cette nouvelle série. Le travail sur les couleurs est également excellent, avec des choix de tons pastel assez agréables à l'oeil. Par contre le début du second tome j'ai senti un fléchissement, avant que Monin revienne dans sa veine sérieuse et mature.
Mais une seule question : pourquoi trois ans entre les deux tomes ?
Tiens, pas mal cette idée d’exhumer le roman de Henry Rider Haggard, un classique du roman d’aventure qui a inspiré nombre de personnages, dont le moindre n’est pas Indiana Jones. Dobbs nous propose donc de suivre les traces d’Allan Quatermain vers les mines du Roi Salomon.
Une évocation me semble-t-il assez respectueuse, avec un rythme ma foi bien équilibré, et des personnages plutôt intéressants. Même si l’on devine peu à peu le rôle que va jouer leur guide sauvage, le personnage de Good a ses zones d’ombre. Gagoul également n’a pas livré tous ses secrets. Et le premier volet de ce diptyque, qui est assez dense, s’achève bien sûr sur un cliffhanger qui, sans être énorme, a le mérite de prolonger l’intérêt pour la suite.
Côté dessin, je découvre personnellement Dim. D. Il fait du bon boulot, insistant sur les faciès des différents personnages, car finalement, au-delà du récit d’aventure, c’est là que se trouve le véritable enjeu du récit : des personnages inoubliables. Nous verrons par la suite si le pari est tenu, mais pour l’heure il y a de vraies ambiances, comme dans le désert, et j’ai bien aimé l’allure de la ville de Loo.
Le second tome est très prenant ; après une entame où j'ai trouvé le dessin de Dim D. un poil faiblard, il me semble reprendre du poil de la bête, dans une scène de bataille dantesque, puis dans une scène de mausolée que ne renierait pas Steven Spielberg. Du très bon boulot également. Et j'adore la couverture.
Côté histoire, Dobbs me semble suivre d'assez près l'intrigue du roman original, jusqu'à la scène -presque, l'épilogue étant assez reposant- finale, un peu trop happy end à mon goût.
Du bon boulot, que je recommande aux amateurs d'aventures malgré un parfum de suranné.
Je partage entièrement l’avis de Pasukare.
Cette bd est une belle surprise qui augure du meilleur pour la suite. L’histoire, certes connue dans les grandes lignes, est développée depuis la naissance de Jeanne. Le premier opus met l’accent sur l’évolution du caractère de Jeanne qui se forge avec l’oppression grandissante des voisins bourguignons et surtout grâce à sa "révélation". De jeune fille servile, elle devient déterminée pour mener à bien la mission divine qui lui est confiée. Je tire mon chapeau à la narration sobre et efficace qui va à l’essentiel sans aucune austérité. A cela s’ajoute une fluidité exemplaire entre les séquences qui permet de survoler la jeunesse de Jeanne en évitant l’écueil de la simple énumération de faits. Cela dénote d’une réflexion poussée sur les enchainements pour donner au lecteur un plaisir de lecture certain. Côté dessin, J-F Cellier nous régale avec un trait conservant toute la vitalité d’un crayonné poussé rehaussé par une mise en couleur avenante.
Mon coup de cœur du moment !
Ce pavé, car il n'y a pas d'autre mot pour nommer ce livre, m'attendait dans ma bibliothèque depuis plus de 6 mois. Il faut, un , du courage pour s'y attaquer, et deux, du temps , beaucoup de temps pour venir à bout de ses 670 pages !
Alors je me suis lancé et puis je n'ai pas laché ce livre, hop ! une lecture presque d'une traite.
Pff! tout d'abord il faut souligner le travail d'orfèvre de Graig Thompson. Le dessin est magnifique, les calligraphies superbes; cela ne m'étonne pas qu'il ait mis 6 ans je crois, à batir cette oeuvre, pour ne pas dire ce chef d'oeuvre.
Enfin, le scénario est habile, fin et surtout très bien construit, très bien huilé derrière un désordre apparent.
En mélant le Coran, l'Ancien testament, et les époques (sommes nous à l'époque des milles et une nuit ou alors à l'ére industrielle?), Graigh Thompson nous fait voyager dans le temps, dans l'espace mais essentiellement nous fait voyager tout court avec le destin de ces 2 enfants,Dodola et Zam.
Certes, le récit est dur (les sévices imposés à Dodola), parfois drôle (le changement d'eau en or) mais surtout prenant.
A lire d'urgence.
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
Sin City
Ayant attrapé un genre d’allergie aggravée envers les polars dont les scénarios ont du mal dorénavant à me surprendre, la note maximale se justifie amplement pour « Sin City » car je n’ai pas pu lâcher la série avant la fin, et même si au détail je ne pourrai mettre la note culte à chacun, c’est un tout indissociable (ou presque). J’ai adoré cet univers à l’air épais et lourd, peuplé de gonzesses fabuleuses et de mâles couillus ou minables, quand ils ne sont pas mentalement défaillants. Frank Miller nous présente des nanas bouillonnantes, débordantes de classe, aux corps divins et au caractère bien trempé (gare aux cons et à leurs couilles), là où la plupart des B.D. dans le même exercice n’arrivent qu’à verser dans une vulgarité consternante. Les mecs ne sont pas en reste, Marv ! (putain Marv j’adore !), Dwight ou encore Le Chevelu, sont charmants, attachants et très agréables à regarder dans ce noir et blanc qui les met en valeur, malgré leurs cicatrices ou leurs gueules bosselées après une bonne bastonnade. Les histoires en elles-mêmes ne sont pas extraordinaires mais leur narration désabusée et acide, la façon dont-elles sont menées à grands coups poings, de mitraille ou de savants coups de sabre, l’originalité de cette ville décadente, le bagout des personnages et le graphisme tout simplement fabuleux, donnent à ce polar une ambiance glauque et paradoxalement apaisante, tout comme la violence qui s’y trouve telle une règle du jeu indispensable et un élément fort du récit. On est dans la surenchère à bien des niveaux, mais c'est foutrement bon. Tome 1 :
« Sin City », un premier tome parfait à tous les niveaux, où l’on fait la connaissance de Marv, dommage qu’il ne soit pas plus présent dans les autres tomes.
Tome 2 :
« J’ai tué pour elle », un peu classique côté scénario mais les personnages font toute la différence.
Tome 3 :
« Le grand carnage », le tome où l’on côtoie le plus la vieille ville et ses habitantes, une pure délectation, comme sont titre l’indique c'est une véritable tuerie, un tome jouissif tout à fait dans mes goûts.
Tome 4 :
« Cet enfant de salaud » ne m’a pas du tout touchée, l’histoire tarde à se mettre en place, l’apparition d’une mioche qui risque de ce faire violer mais qui est sauvée in extremis, m’agace. L’ambiance est là, mais c’est le seul tome que personnellement j’exclue de la série. Et puis l’apport de ce jaune cocu, quelles horreur !
Tome 5 :
« Valeurs familiale », un peu moins bon niveau scénario mais le personnage de Miho a fait mon bonheur.
Tome 6 :
« Des filles et des flingues » étant composé d’histoires courtes, on y trouve de tout du bon et du moins bon et n'est pas vraiment indispensable, par contre j’ai adoré les scènes enneigées, sublimes de beauté.
Tome 7 :
« L’enfer du retour », un très bon dernier tome, presque un peu à part au niveau de l’histoire, étant moins reliée aux autres, les personnages sont tout aussi intéressants à suivre que ceux des premiers tomes et l’ajout d’une touche de couleur est intéressante.
Walking Dead
Si vous voulez bien me pardonner cette expression populaire, Walking dead, c'est une tuerie ! Et je m'étonne encore de m'y être attachée moi qui ai toujours détesté les zombies. J'ai bien tenté de regarder quelques films cultes (dont quelques navets... quelques fois, mais qui ont marqué les grandes heures du cinéma d'horreur et dont je vous épargne la longue liste) comme La nuit des morts-vivants de Romero (un classique) ou plus récemment, 28 jours plus tard de Danny Boyle>. Mais il aura fallu un livre (War World Z de Max Brooks) et un comics, dont nous parlons ici, pour que je trouve en la figure du zombie quelque chose intellectuellement plus transcendant que les boucheries grand-guignolesques de nos amis cinéastes des années 70-80. L'intérêt, je le trouve dans l'approche psychologique faite des gens qui sont confrontés à un monde en mutation dans lequel ils ne sont que des victimes en sursis, des survivants mal-en-point, terrorisés, affaiblis, ou au contraire de nouveaux héros, leaders en puissance ou dictateurs à l'échelle des petits groupes qu'ils protègent, manipulent, asservissent. Toute la palette des horreurs et des épreuves que peuvent endurer certains hommes, tous les actes de bravoure, de courage, d'affection qui se révèlent là où on ne les attend pas, tout ça constitue l'univers terrifiant de Walking dead. Les zombies ? Ils sont une métaphore de tous les dangers qui peuvent anéantir l'humanité. Ils sont à la fois virus, pandémie, guerre nucléaire, tremblement de terre, ils sont les voyous qui vous agressent le soir en rentrant chez vous, ils sont la maladie qui décime vos proches, ils sont le conducteur ivre qui vous rend infirme, ils sont le danger, la peur, les risques absolus. Désormais, le zombie prend une dimension différente : l'humanité et sa survie déprendra de sa capacité à gérer le danger. Le scénario de Robert Kirkman tend complètement dans ce sens et tout en mixant violence, survie et psychologie, il traite avec parcimonie du deuil, du libre arbitre, du suicide, du passage de l'enfance à l'adolescence, de confiance, de racisme, d'identité sexuelle, d'amitié, de (re)construction psychologique ou matérielle, de folie, de la foi, des paradoxes intérieurs etc. etc. Rien n'est laissé au hasard. Pas un seul personnage n'est inutile. Certains, d'abord en second plan, finissent sous les feux de la rampe pour le meilleur, comme le pire. D'autres que l'on croyait partis pour "durer", sont rapidement éjectés du groupe ou victimes des "rôdeurs". Certains suivront leur propre voie, d'autres développeront des compétences inattendues. Hommes, femmes, enfants, blancs, noirs, asiatiques, riches ou pauvres (ce qui n'a plus de sens au moment du récit), vieux ou jeunes, tout le monde se retrouve à égalité devant le danger. Même le plus fort peut se retrouver surpris et mordus d'autres, plus faibles et couards, s'en sortiront toujours. Robert Kirkman force le respect en sachant jouer de la roulette du destin. On est donc constamment sous tension, ne sachant pas d'une page à l'autre qui va disparaître, tomber malade, voire se tuer bêtement. Les scènes de violence n'ont d'égales que la qualité du scénario qui les enrobe. Rien n'est jamais tout blanc ou tout noir. Certains actes ultra violents paraîtront encore plus insupportables s'ils sont promulgués par des "gentils". Les vrais méchants eux, n'auront que notre mépris et notre dégoût alors qu'on pourra ressentir de la pitié pour les premiers. Le lecteur est clairement la première victime de ces enchaînements de paradoxes psychologiques auxquels les héros sont confrontés d'autant qu'il apparaît ainsi que la violence bestiale des morts-vivants est presque bien moins dérangeante que celle engendrée par les humains entre eux ou contre les zombies. Le dessin de Charlie Adlard est bien évidemment la clé de voûte de l'ambiance si particulière de Walking dead. Entièrement en noir et blanc, il se décline en des cases les plus variées les unes que les autres : de la case traditionnelle on passe à des pleines pages incroyables ; certaines cases de bas ou de haut de page utilisent l'intégralité de la double page imposant une lecture des cases en-dessous également sur de la double page ; on a droit aussi souvent à des successions de trois cases identiques, symbolisant, l'immobilité, la prostration, que seul un infime détail de la troisième case la distingue des deux premières. Je ne développerai pas trop sur la série télévisée tirée du comics, toutefois, je préciserai que cette adaptation est très libre et que s'en contenter serait sacrilège. Certes, certains passages sont renforcés à l'écran (la scène de la grange dans la saison 02 par exemple) mais il se passe tellement plus de choses dans le comics que je ne peux que vous conseiller sa lecture avant même de vous aventurer à regarder la série. Voilà donc une série qui marquera sûrement un tournant dans ma vision de la BD américaine, loin des super-héros costumés de chez Marvel. Je ne sais pas si vous vous laisserez embarquer dans cette aventure terrifiante dont personne ne sait si le lecteur sera épargné. Une chose est sûre après 15 tomes déjà parus, la demande ne se relâche pas. Espérons juste que le scénariste saura aussi s'arrêter à temps avant de sombrer dans une routine éditoriale qui pourrait signer le désintérêt des passionnés de la première heure.
Le King
Quelle bonne surprise ! J'aime bien Elvis et le mythe autour de lui (sans quand même être un fan hystérique) alors j'ai pris cette bande dessinée, sans la feuilleter, pensant lire une longue histoire sur la vie du King (un peu comme celle sur Johnny Cash, par exemple). Finalement, ce n'est pas du tout l'histoire du King, mais plutôt l'histoire de... son retour du royaume des morts. Toute l'histoire est menée telle une enquête faite par un journaliste sur le retour. Est-ce vraiment Elvis qui est revenu d'entre les morts ? Est-ce un imposteur ? En tout cas, que ce soit l'un ou l'autre, cet homme à un charisme incroyable et tout porte à croire que c'est vraiment lui. Toute cette enquête avance tranquillement, au fil des pages, laissant certains doutes, répondant à d'autres questions... d'où vont découler d'autres questions encore plus précises. L'auteur nous livre ici une bande dessinée vraiment très originale et très crédible. Les 200 pages se lisent d'un trait tellement c'est passionnant. Car ce n'est pas une simple enquête, mais véritablement un questionnement sur les croyances et sur le pouvoir de croire en quelque chose... ou non. Et chaque chapitre entrecoupé d'une petite citation d'Elvis ou d'autres grands noms de la musique rock. Cette bande dessinée ferait un film exceptionnel.
De Cape et de Crocs
165 avis et une série déjà classée comme culte, à quoi pourrait bien servir mon avis ? A rien du tout, j'en ai conscience : il n'y a plus lieu de convaincre là où la célébrité méritée parle d'elle même... Ah si, Carne y sangre, je sais à quoi pourrait bien servir mon avis !!! A témoigner de ma gratitude !!! Merci à vous, auteurs de cette magnifique série intelligente et imaginative !!! Merci de redonner au lecteur ce simple plaisir du texte, de lui faire profiter de ce soin méticuleux jusqu'aux intérieurs de couverture, de l'ébahir sur ces joutes verbales ahurissantes et délirantes, de lui rappeler tout cet héritage littéraire immense, et de le transporter dans des aventures rocambolesques tenant ce même lecteur captif (et ô combien heureux de l'être) de sa lecture !!! Et quel talent de nous faire nous sentir tout à la fois dans une pièce de théâtre, dans un roman, dans de la poésie, le tout au travers d'une BD qui peut prétendre fièrement en défendre le genre ! C'est un croc !… C'est une cape !… Que dis-je, c'est une cape ?… C'est De Cape et de Crocs ! Et tant pis si c'était facile ou déjà fait, l'ivresse de ma lecture à peine achevée sera mon excuse !
300
On ne peut pas avoir plus beau choix pour rédiger son 300ème avis sur ce site que d’en émettre un pour une des séries phares de Frank Miller s’appelant justement 300. ;) En se repositionnant dans le contexte, il était plutôt audacieux à l’époque de sa conception de proposer un comics sur une célèbre bataille de l’antiquité grecque. Le postulat est en vérité très simple : une armée de 300 soldats tente bravement de repousser l’envahisseur bien plus imposant numériquement par la ruse et la stratégie… Ce qui est fort sympathique pour quelqu’un comme moi qui n’apprécie que très modérément les récits historiques c’est que Miller ne s’embarrasse pas des apparats réalistes et utilise son armée comme métaphore quasi héroïque plus proche d’une image d’Epinal que des documents d’Alain Decaux. En résulte des images fortes et quelques scènes d’action joliment mises en scène comme à l’habitude de cet auteur très contesté. Je préfère de loin les dessins du maitre lorsqu’il ne fait pas appel à la couleur mais le résultat est tout à fait satisfaisant avec un ennemi sournois et muet face à une armée de courageux soldats suicidaires. Quelques scènes de combat valent largement le coup d’œil ainsi que la fameuse tirade « Spaaaaartaaaa ». L’album est présenté dans un format inhabituel à l’italienne assez imposant ne favorisant pas une lecture facile à manipuler mais agréable au regard. Il ne faut pas non plus être allergique aux bistouquettes puisque la plupart des protagonistes sont représentés dans leur tenue de guerre le plus « simple » possible. Et puis il y a toute cette violence graphique propre à Miller dont j’avoue être grand fan… Certains dessins et poses méritent qu’on s’arrête quelques instants pour bien les contempler. Et pourtant je ne suis satisfait qu’à moitié de cette œuvre car le récit est peut être trop court et trop succinct pour y porter autant d’intérêt. Dès lors j’ai eu davantage la sensation d’assister à une suite de jolis dessins qu’à être touché véritablement par leur destinée comme j’ai pu l’être par une œuvre plus complexe comme « Pour l’Empire ». Par contre une fois n’est pas coutume, l’adaptation ciné de Zack Snyder est supérieure à l’œuvre de papier d’où mon sentiment d’assister à un magnifique storyboard réellement pensé et réfléchi pour « porter » son adaptation sur grand écran… Néanmoins Miller étant Miller, que l’on adhère ou non aux idées volontairement ( ? ) véhiculées par cette œuvre, il s’agit d’un must en terme de découpage graphique et qui se doit d’être lu au moins une fois par tout fan de batailles épiques ou de ses dessins inégalés. Un régal pour les yeux, un peu moins pour le cœur, 300 mérite bien la note qu’il véhicule : un gros 3 sans les zéros qui l’accompagnent :)
Mattéo
Tout d'abord, je suis un grand admirateur du dessin de Gibrat ! Quelle joie de retrouver ce trait si particulier dans Mattéo ! De plus, les thèmes et les époques abordés par Gibrat me plaisent vraiment ! J'ai adoré l'ambiance dans Le Sursis, j'ai adoré Paris dans Le Vol du Corbeau, dans Mattéo, ce sont les tranchées de la 1ere guerre mondiale, et la révolution Russe, quelle ambiance aura-t-on dans le 3e tome ? J'ai hâte ! Un seul bémol dans le dessin, c'est qu'à mon avis, ça rend pas bien si bien pour les scènes dynamiques. Je prends pour exemple dans le tome 2, la scène de fusillade, c'est pas tip top. Par contre, sur le reste c'est un véritable régal, je crois que le dessin de Gibrat est idéal pour des scènes un peu lentes, de dialogues etc. Un mot sur les couleurs, c'est toujours aussi bon, quel régal ! Sinon coté histoire, c'est très ambitieux ! Traiter plusieurs lieux et plusieurs époques à travers le même personnage, c'est une superbe idée ! L'histoire ne va ni trop vite, ni trop lentement, on s'attache bien à Mattéo, je le redis, vivement la suite !
L'Enfant maudit
L'Envolée sauvage avait promis de belles choses à Laurent Galandon et Arno Monin. Il fallait confirmer ces promesses. C'est chose faite avec "L'Enfant maudit". L'un des sujets de cette nouvelle série (en cycles de deux tomes) est l'origine bâtarde d'un enfant pendant la guerre, et son adoption par un autre couple. Un sujet douloureux dans nombre de familles françaises, et qui est rarement évoqué, même à notre époque où l'adoption n'est plus un sujet "honteux". D'ailleurs un élément m'a un peu dérangé à ce sujet dans la BD. Parce que justement cela ne se disait pas à cette époque. Pourtant Gabriel sait très tôt que ses parents ne sont pas ceux qui l'ont conçu. Mais Galandon contourne cela en montrant que son "père" n'en voulait pas (sans trop développer d'ailleurs), et parce que le flirt de sa mère biologique avec un soldat allemand était de notoriété publique. Ce sujet fort en amène un autre, fort lui aussi : le déshonneur de celles qui ont fricoté avec l'occupant pendant cette période troublée. Ces femmes ont souffert dans leur chair et dans leur tête de cet état de fait, puisqu'on leur tondit la tête. Là encore, il y aurait beaucoup à dire, mais le mérite du scénariste est de ne pas forcer le trait, de ne pas montrer ces tondues trop longtemps pour se concentrer sur le parcours de Gabriel. Gabriel, qui en plein mai 68, après le décès de ses parents, décide, avec l'appui d'une amie d'enfance, de retrouver ses racines. Le chemin semble bien périlleux, mais très vite on a envie de suivre Gabriel dans sa démarche. Parce que le jeune homme est comme vous et moi, c'est un garçon ordinaire à cheval sur deux époques troublées. Comme je l'ai dit, on est très vite embarqué dans le récit concocté par Galandon (une fois de plus) ; cela pourrait n'être qu'une histoire de plus d'enfant à la recherche d'un secret de famille, certes très agréable, mais somme toute sans grande surprise. Et puis il y a les deux dernières pages. Ces pages qui placent cette histoire sur un autre niveau, surprenant. Je n'en dis pas plus, mais sachez que cela attise la faim du lecteur. Le second tome nous emmène donc dans la suite de l'enquêtre de Gabriel, en enquête qui va l'amener aux quatre coins de France, et même à l'étranger... Il va voler de surprise en surprise, et Galandon évite de peu le "too much" que peut inspirer ce type de péripéties. La fin du cycle est un peu "politiquement correct" à mon goût, mais l'ensemble est très agréable, et plutôt intéressant, tentant de tordre le cou à quelques clichés au passage. Je serais ingrat si je ne parlais pas du dessinateur. Comme son compère, Arno Monin confirme les jolies choses entrevues dans L'Envolée sauvage. Son dessin, qui se place un peu dans la veine de Pedrosa mais dans un style plus réaliste, s'affirme et s'affine dans cette nouvelle série. Le travail sur les couleurs est également excellent, avec des choix de tons pastel assez agréables à l'oeil. Par contre le début du second tome j'ai senti un fléchissement, avant que Monin revienne dans sa veine sérieuse et mature. Mais une seule question : pourquoi trois ans entre les deux tomes ?
Allan Quatermain et les mines du roi Salomon
Tiens, pas mal cette idée d’exhumer le roman de Henry Rider Haggard, un classique du roman d’aventure qui a inspiré nombre de personnages, dont le moindre n’est pas Indiana Jones. Dobbs nous propose donc de suivre les traces d’Allan Quatermain vers les mines du Roi Salomon. Une évocation me semble-t-il assez respectueuse, avec un rythme ma foi bien équilibré, et des personnages plutôt intéressants. Même si l’on devine peu à peu le rôle que va jouer leur guide sauvage, le personnage de Good a ses zones d’ombre. Gagoul également n’a pas livré tous ses secrets. Et le premier volet de ce diptyque, qui est assez dense, s’achève bien sûr sur un cliffhanger qui, sans être énorme, a le mérite de prolonger l’intérêt pour la suite. Côté dessin, je découvre personnellement Dim. D. Il fait du bon boulot, insistant sur les faciès des différents personnages, car finalement, au-delà du récit d’aventure, c’est là que se trouve le véritable enjeu du récit : des personnages inoubliables. Nous verrons par la suite si le pari est tenu, mais pour l’heure il y a de vraies ambiances, comme dans le désert, et j’ai bien aimé l’allure de la ville de Loo. Le second tome est très prenant ; après une entame où j'ai trouvé le dessin de Dim D. un poil faiblard, il me semble reprendre du poil de la bête, dans une scène de bataille dantesque, puis dans une scène de mausolée que ne renierait pas Steven Spielberg. Du très bon boulot également. Et j'adore la couverture. Côté histoire, Dobbs me semble suivre d'assez près l'intrigue du roman original, jusqu'à la scène -presque, l'épilogue étant assez reposant- finale, un peu trop happy end à mon goût. Du bon boulot, que je recommande aux amateurs d'aventures malgré un parfum de suranné.
Jeanne la Pucelle
Je partage entièrement l’avis de Pasukare. Cette bd est une belle surprise qui augure du meilleur pour la suite. L’histoire, certes connue dans les grandes lignes, est développée depuis la naissance de Jeanne. Le premier opus met l’accent sur l’évolution du caractère de Jeanne qui se forge avec l’oppression grandissante des voisins bourguignons et surtout grâce à sa "révélation". De jeune fille servile, elle devient déterminée pour mener à bien la mission divine qui lui est confiée. Je tire mon chapeau à la narration sobre et efficace qui va à l’essentiel sans aucune austérité. A cela s’ajoute une fluidité exemplaire entre les séquences qui permet de survoler la jeunesse de Jeanne en évitant l’écueil de la simple énumération de faits. Cela dénote d’une réflexion poussée sur les enchainements pour donner au lecteur un plaisir de lecture certain. Côté dessin, J-F Cellier nous régale avec un trait conservant toute la vitalité d’un crayonné poussé rehaussé par une mise en couleur avenante. Mon coup de cœur du moment !
Habibi
Ce pavé, car il n'y a pas d'autre mot pour nommer ce livre, m'attendait dans ma bibliothèque depuis plus de 6 mois. Il faut, un , du courage pour s'y attaquer, et deux, du temps , beaucoup de temps pour venir à bout de ses 670 pages ! Alors je me suis lancé et puis je n'ai pas laché ce livre, hop ! une lecture presque d'une traite. Pff! tout d'abord il faut souligner le travail d'orfèvre de Graig Thompson. Le dessin est magnifique, les calligraphies superbes; cela ne m'étonne pas qu'il ait mis 6 ans je crois, à batir cette oeuvre, pour ne pas dire ce chef d'oeuvre. Enfin, le scénario est habile, fin et surtout très bien construit, très bien huilé derrière un désordre apparent. En mélant le Coran, l'Ancien testament, et les époques (sommes nous à l'époque des milles et une nuit ou alors à l'ére industrielle?), Graigh Thompson nous fait voyager dans le temps, dans l'espace mais essentiellement nous fait voyager tout court avec le destin de ces 2 enfants,Dodola et Zam. Certes, le récit est dur (les sévices imposés à Dodola), parfois drôle (le changement d'eau en or) mais surtout prenant. A lire d'urgence.