Les derniers avis (9623 avis)

Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série La Chose Perdue
La Chose Perdue

Incroyable qu'il ait fallu attendre 13 ans pour voir ce petit bijou (originellement paru en 1999) débarquer en France. Shaun Tan est principalement connu chez nous pour sa bande dessinée Là où vont nos pères, mais il a également réalisé de nombreux « picture books » (livres illustrés) lors de sa longue carrière d'illustrateur. « La chose perdue » est sans doute l'un de mes préférés. L'histoire est remplie de symbolisme, invite à la réflexion et titille les sens. Chaque lecteur s’en fera sa propre interprétation, ce qui je pense était le but de l’auteur. J’y ai personnellement vu une fable sociale un peu cynique parlant de renfermement sur soi-même, mais également positive et humaine, avec ce personnage prenant sur lui pour aider cette « chose » à trouver sa place dans notre société. La narration est à la frontière entre le livre illustré (textes en voix off) et l'art séquentiel (enchainements de cases). L'album se lit assez rapidement, mais on y replonge facilement, ne serait-ce que pour admirer les illustrations. Le dessin est magistral, regardez-moi ces planches, ces compositions, ces couleurs, et surtout ce style reconnaissable entre mille, entre collage de photos et dessin traditionnel. L'adaptation en film d'animation est une réussite, et a d'ailleurs gagné l'Oscar du meilleur court métrage en 2011. Ce dernier est inclus dans la VF sous la forme d'un DVD bonus... Vraiment sympa, j'ai personnellement lu l'album en VO, et j'ai dû débourser 5 euros pour télécharger le film sur iTunes. Coup de chapeau à l'éditeur ! Je vous encourage vivement à découvrir ce superbe album. Filez aussi lire notre interview de Shaun Tan.

17/11/2012 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Photo de la Favela
Photo de la Favela

Des albums comme celui-ci, j’en redemande ! L’aspect documentaire de « Photo de la Favela » est intéressant au possible, mais sans devenir trop technique ou barbant. L’auteur met en effet le côté humain en avant, et la lecture est aisée et plaisante. On découvre cette cité fascinante au travers les yeux naïfs d’un enfant, mais l’enfant grandit, et son point de vue change. Son attachement à ce quartier et son entêtement à vouloir le photographier, le faire découvrir au monde, finit par porter ses fruits et faire de lui un photographe de renom. L’album se conclut d’ailleurs sur une sélection de superbes photos (je vous en ai mis deux dans la galerie) Le dessin en noir et blanc « arrondi » possède un charme indéniable. Les personnages presque « cartoon » sont facilement reconnaissables. On peut toutefois noter des petits soucis de lisibilité sur certains plans rapprochés, mais rien de bien grave. « Photo de la Favela » est un témoignage poignant, une bouffée d’air frais et d’optimisme, et une histoire très humaine. Avis aux fans de BD reportage !

15/11/2012 (modifier)
Par ArzaK
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Jeu de Pourpre
Le Jeu de Pourpre

Le jeu de pourpre m’a envouté du début à la fin. C’est tout d’abord peut-être à cause de l’exotisme qui s’en dégage : nous sommes sur les hauteurs de l’Himalaya à une période ancestrale. Mais surtout à cause du caractère mystique de l’intrigue. Makyo a inventé toute une religion avec son histoire, sa mythologie et ses implications politiques. Et c’est proprement génial : non seulement c’est plein d’imagination et aussi délirant que dans un scénario de Jodorowsky mais c’est aussi parfaitement cohérent de a à z. Le tout est bouclé sans aucune longueur en quatre tomes qui peuvent se lire d’une traite. Le dessin de Rocco est réaliste, classique et irréprochable. Il met en valeur avec sobriété ce très beau scénario. Un chef d’œuvre en quatre tomes pour 15 € dans sa version intégrale petit format (les planches ne souffrent pas trop de la réduction), on peut difficilement faire mieux en rapport qualité/prix. Indispensable.

14/11/2012 (modifier)
Par Spooky
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Gaspard et le phylactère magique
Gaspard et le phylactère magique

Voilà un chouette petit album ! Comment fait-on les BDs ? A cette question Alain Dary, professeur des écoles, se propose de répondre de la manière la plus ludique qui soit, en scénarisant une BD. Loin du didactisme, il propose une explication très joyeuse, très claire, et qui plus est, accessible aux adultes curieux de savoir comment, de façon un peu empirique, on peut créer une BD. Au dessin difficile de trouver mieux de Mickaël Roux pour un album destiné aux enfants. Son dessin tout rond, aussi expressif qu'efficace, lui permet de jongler avec plusieurs ambiances, bien aidé par son complice de toujours ou presque, Dawid. A lire. Pour tous. A noter que BD Boum, l'association qui organise le festival de Blois, a participé à la réalisation de cet album.

13/11/2012 (modifier)
Par Erik
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série La Guerre des Sambre - Werner & Charlotte
La Guerre des Sambre - Werner & Charlotte

Quand j'ai commencé le second cycle de la guerre des Sambre, j'étais certainement le plus dubitatif face à cette exploitation commerciale. Or, je n'ai rien contre le succès commercial dès lors que c'est justifié par la qualité. Et c'est bien le cas en l'espèce ! Il faut véritablement se plonger dans cette saga et remonter l'origine de cette malédiction pour succomber totalement aux charmes et aux délices d'une lecture franchement agréable. L'écrin est toujours aussi somptueux et on passe un agréable moment de lecture. Le second tome confirme une qualité à la fois graphique et narrative. Et puis, il y a surtout le démarrage en fanfare du second cycle à savoir "Werner et Charlotte" dont le personnage de la mère Jeanne-Sophie est véritablement charismatique au point de voler la vedette à ce couple et d'être représenté en couverture. J'ai été agréablement surpris par autant de virtuosité dans la capacité de l'auteur à renouveler le scénario et ceux malgré une erreur de taille dans la datation (si elle a conçue Charlotte alors qu'elle n'avait que 14 ans que sa fille a désormais 13 ans dans le récit, comment peut-elle avoir 30 ans ? Mathématiquement, cela fait 27 ! A croire qu'il n'y a pas de relecture sérieuse avant parution à grand renfort de publicité). Cependant, on ne va pas rester sur un aspect négatif lié après tout à un simple détail. Encore une fois , l'ensemble demeure de la plus haute qualité pour le plus grand bonheur des fans de la série Sambre. Le scénario se tient et le graphisme est de toute beauté. On remarquera que cette fois-ci, les yeux rouges sont représentés dans le camp des hommes en la personne de Werner Von Gotha. Une belle histoire d'amour en perspective avec une mère qui fera tout pour s'opposer. Cela promet ! D'ailleurs, le second tome tient toutes ses promesses avec une ambiance des plus réussies et un final des plus révélateurs. On est véritablement embarqué dans le monde de la noblesse de la cour impériale d'Autriche au siècle des lumières avec tous ces petits jeux d'intrigues. On retrouve la même folie amoureuse qui semble traverser les générations. J'aime cette série car on constate une égale qualité tout au long des albums. On est franchement comblé. Le troisième tome qui vient refermer ce cycle sera l'un des plus marquants en ce qui concerne la chute finale avec une révélation fracassante. C'est manifestement du grand art. Je ne pensais pas que cette série tiendrait sur la distance mais l'auteur nous prouve le contraire. La comtesse Jeanne-Sophie restera dans les annales tant le personnage retient l'attention par son côté manipulateur ! Elle va nous manquer. Ceux qui aiment cette saga vont être ravi par cette série. Note Dessin: 4.5/5 - Note Scénario: 4.5/5 - Note Globale: 4,5/5

09/06/2011 (MAJ le 12/11/2012) (modifier)
Par pol
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Ivanhoé
Ivanhoé

Quel plaisir de lire cet album ! Armures, blasons, châteaux ... Les dessins sont précis et détaillés mais pour autant les cases ne sont pas trop chargées. Et les couleurs sont superbes et en parfaite harmonie avec le trait. On trouve sur chaque page une petite dominante de couleur du meilleur effet. Il ne faut que quelques pages pour plonger dans cet univers chevaleresque et moyenâgeux. Et l'histoire contient tout ce qu'il faut pour finir d'immerger le lecteur dans ce récit. L'esprit médiéval, la rivalité entre les peuples normands et saxons, l'estime pour les chevaliers, tout cela est parfaitement retranscrit. Que dire enfin de ces duels entre chevaliers, de ce tournoi où la renommée de chacun se joue ? Perchés sur leurs chevaux, les hommes en armures vont en découdre à grand coup de lance. C'est ainsi que débute la légende d'Ivanhoé... Évidement il n'y a que très peu de suspens quand à l'issue du combat, mais qu'importe, l'ambiance est là. On s'y croirait et ça fait tout. Lecture fortement recommandée pour tous les amateurs de ce genre d'aventures épiques. Tome 2 et 3 Une lecture toujours plaisante que la suite et fin de ce récit, mais je suis un peu moins emballé que par le premier tome. Le dessin est toujours aussi beau, rien à redire la dessus. C'est plus du coté de l'histoire qu'il faut chercher si je dois trouver des choses à redire. Je trouve un peu dommage que notre héros soit quasi absent du tome 2 et ne fasse son retour que tard dans le tome 3. Dans le second opus on assiste à un long siège d'un château et un combat qui s'étale sur un peu trop de pages à mon gout. On ne ressent pas trop l'esprit chevaleresque qui flottait sur le tome 1 et son superbe tournoi. Heureusement on retrouve un peu cette ambiance sur la fin. En conclusion, une série série bien sympa qui permet de (re)découvrir la légende d'Ivanhoé.

13/10/2009 (MAJ le 12/11/2012) (modifier)
Couverture de la série Canardo
Canardo

Une très bonne série, incontestablement. Tout d'abord, malgré une longevité importante, la qualité reste la marque de fabrique constante de cette BD de Sokal. Alors, évidemment, certains tomes m'ont plus plu que d'autres, si je devais en citer quelques uns, ce serait: "La marque de Raspoutine", "La mort douce", ou encore, "L'île noyée"... Chaque tome nous transporte dans un univers original, et c'est à chaque fois un grand plaisir et une immense surprise de savoir où notre détective aviaire va nous emmener. Graphiquement, c'est également une belle réussite. Les personnages sont très bien croqués et les mimiques des animaux anthropomorphes sont bien choisies. La colorisation n'est pas en reste, suivant souvent le ton morne du scénario et l'humeur désabusée du célèbre policier: gris, noir, marron... Un autre aspect positif qui m'a sauté aux yeux après la lecture de quelques albums, c'est la rigueur apportée aux dialogues. Le français y est impeccable, l'orthographe soignée, les réparties fluides, et le niveau soutenu. Dans ces dialogues on retrouve ça et là une touche d'humour, que ce soit de l'humour noir ou grivois. Bref, cette découverte, assez tardive, de ce monument du neuvième art, a été très enrichissante pour moi. A tester d'urgence pour celles et ceux qui ne se sont pas encore laissés tenter ! ( 178 )

11/11/2012 (modifier)
Couverture de la série Mordillo
Mordillo

Un dessin tout en rondeur et répétitif, des albums qui se lisent très vite, des couleurs très datées et sans nuance. Et pourtant, c'est souvent drôle. Non pas d'un humour de rentre dedans, au forceps, mais au contraire fait de poésie, de désuet et d'absurdité revendiqués. Si les albums de Mordillo, qui jouent toujours sur un gag visuel, peuvent paraître lassants, j'y vois moi une créativité toujours renouvelée. Je possède les Opus et d'autres "thématiques" ("Mordillogolf"; "Mordillo football"). Je ne les relie pas tous les jours ni en intégralité dans la foulée, mais j'en relis souvent des extraits, et toujours avec plaisir. Il y a là un ton, intéressant et original, que je n'ai pas retrouvé ailleurs. Note réelle: 3,5/5

10/11/2012 (modifier)
Par L'Ymagier
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Missouri
Missouri

Cré nom di djou, quelle belle série !.. C’est d’abord une histoire VRAIE !... Eh oui, elle relate des faits authentiques où des paysans de Valmèges, un village du Beaujolais, sont partis pour l’Amérique afin d’y fonder un monde nouveau. Ces gueux seront appelés « Les Ventres Noirs » (authentique). Sur ces faits historiques, Giroud a construit une trame narrative vraiment habile. Son scénario général déboule sur une véritable épopée vraiment agréable de lecture. Les rebondissements foisonnent et l’on suit avec un réel plaisir les aventures de ces nouveaux robinsons. De Carpentrie y va également d’un sacré coup de patte, dans un style réaliste qui n’est pas sans rappeler celui de Hermann. Il a ainsi créé une sacrée galerie de « gueules », aisément repérables, qui facilitent ainsi une lecture graphique aisée. La mise en scène des planches et le découpage offrent ainsi au lecteur une mise en scène qui attire le regard. Les détails historiques, les costumes, les us et coutumes, le modus vivendi d’époque ne sont pas oubliés et ajoutent un « plus » à la vraisemblance de l’ensemble. Le découpage du scénario permet aussi des moments de « pause ». Des moments de tendresse, bienvenus, découpent les faits héroïques… pour ensuite mieux faire rebondir ces derniers. Oubliée, si non inconnue, « Missouri » est toujours considérée comme série en cours. C’est vrai qu’il y a encore beaucoup de choses à écrire et à dessiner sur ces Ventres Noirs. Mais elle s’est arrêtée voici 20 ans et il m’étonnerait fort que je la retrouve un jour. Et c’est bien dommage. J’ai lu quelque chose de vrai, de bien et de beau. Que demander de plus ?… Une très bonne cote de ma part. Et ce n’est pas volé !…

10/11/2012 (modifier)
Couverture de la série Lucky Luke
Lucky Luke

"Ma Dalton", "La diligence", ou encore "Le chasseur de primes" sont encore aujourd'hui pour moi, lorsque je les relis, et alors que l'effet de surprise n'est plus là pour jouer son rôle, de véritables mines à gags. Cette capacité qu'a Goscinny à créer des archétypes, qui s'intègrent à la trame générale, à mélanger gags visuels et bons mots (même si pas de jeux de mots, Morris n'étant pas fan...), et surtout à le faire sur la longue durée, est plus qu'incroyable ! Alors, bien sûr, tous les albums ne méritent pas cette note. Mais c'est le cas de beaucoup d'entre eux, et certains valent plus ! S'ajoute à cela le caractère patrimonial de la série, dont je ne peux faire totalement abstraction. Même si on ne note pas une statue. Quant à Lucky Luke lui-même, "l'homme qui tire plus vite que son ombre", il n'est que la caricature impassible et infaillible de tous ces héros de l'ouest, sur papier ou sur écran, toujours plus rapides, plus précis et plus malins que leurs adversaires. Comme ici c'est pour rire, le sang ne coule pas... A noter qu'on a réussi à trouver un défaut à ce héros qu'on croyait parfait, puisqu'il n'a pu garder sa clope au bec et a du la remplacer par un brin d'herbe. Même un défenseur de la loi doit s'y soumettre, fut-elle absurde et hypocrite. Et puis, parmi tous les personnages plus ou moins récurrents qui gravitent autour du justicier sans peur et sans reproche, il y a quand même la plus belle palette de crétins à l'ouest du Pecos. Joe Dalton, le méchant abruti, et son grand frère Averell, l'imbécile heureux, mais aussi Rantanplan, la bête bête. Bref, beaucoup de personnages sont ici "à l'ouest", les quelques paroles prenant du recul et philosophant en off sont prononcées par le cheval Jolly Jumper - comme Milou le fait ailleurs... Pas de commentaire sur les Lucky Luke parus après la mort de Goscinny. Pas lus. Pas eu envie de le faire... Mais cela laisse une cinquantaine d'albums à lire (même si les premiers de Morris seul sont clairement moins bons), la main près du holster, prêt à dégainer un rire.

08/11/2012 (modifier)