Cela fait largement plus de vingt ans que je suis cette série, et ce n’est que relativement récemment que j’ai ressenti un certain épuisement du filon d’où sont sorties pas mal de pépites.
Alors bon, c’est sûr, plusieurs albums ne sont pas au niveau de l’ensemble. C’est le cas du premier, qui a pris un coup de vieux dans tous les domaines et certains des derniers, comme la queue de la comète qui s’estompe… Quelques lourdeurs parfois, quelques redites, mais Van Hamme a ici moins qu’ailleurs tiré sur la corde du succès.
Et j’ai pris tellement de plaisir à lire et relire cette saga qu’avec une relative mauvaise foi j’en aurais presque "oublié" les faiblesses dans ma notation, qui a failli aller jusqu’aux 5 étoiles.
Car beaucoup d’albums, voire de cycles entiers (Qâ par exemple) sont vraiment prenants et supportent aisément la relecture.
Le mélange des genres (saga nordique, SF, médiéval), s’il n’est pas nouveau, est ici réussi et ne fait quasiment jamais gadget. L’idée de développer la petite famille et les aventures qui les impliquent est bonne – même si les spins offs récents risquent de lasser en jouant à fond la carte commerciale. A voir donc…
Le personnage de Thorgal est un héros quasi parfait, justicier à son corps défendant, et incarnation de l’homme, du mari et du père idéal. Sa force est peut-être la seule faiblesse de l’histoire ? Quelques fêlures quand même, Thorgal est moins lisse que Tintin. Et surtout il y a des trouvailles scénaristiques qui le mettent en danger, l’amènent aux frontières du mal.
Le mal, justement. Hitchcock disait je crois à propos des bons films qu’un bon méchant faisait la réussite d’une histoire. Avec Kriss de Valnor on en a la confirmation. Une jolie confirmation qui plus est… Et qui dynamise souvent le récit en laissant ses scrupules de côté. Même si dans ses dernières apparitions elle était devenue moins monolithique (ce que la série Les Mondes de Thorgal - Kriss de Valnor confirme).
Enfin, mais il aurait presque fallu commencer par ça, le dessin de Rosinski est vraiment excellent ! Et pas seulement du point de vue « technique ». C’est vraiment beau et il a très rapidement trouvé le trait juste dans la série.
Ultime qualité, et pas des moindres ! Thorgal est accessible pour de jeunes lecteurs comme pour les adultes, j’en ai fait l’expérience avec ma fille. L’enfant des étoiles en mériterait presque 5 !
J'ai découvert très tardivement Walking Dead, mais quelle découverte pour moi !
On entend beaucoup parler de Walking Dead, que ce soit les comics, la série TV, les romans, le jeu de société, alors forcément ça interpelle ! C'est presque par hasard que j'achète le 1er tome (un occasion à vil prix en bon état au Paris Comics Expo). Et là, blam ! La grosse claque ! C'est une série très addictive, j’achète et dévore donc très rapidement la suite ! J'ai lu les 17 tomes sortis, et ça me fait bien chier d'attendre le prochain tome (à raison de 2 par an, on devrait l'avoir en septembre/octobre, merde ça fait loin !)
C'est rare quand une BD me donne autant envie de lire la suite, Walking Dead en fait partie ! C'est signe que je suis vraiment rentré dans l'histoire !
Je suis pas forcément fan d'histoires de zombies, mais le truc, c'est que Walking Dead, c'est pas une histoire de zombies, c'est une histoire d'hommes ! Ce qui est mis en avant, ce sont les relations entre les personnages, leurs amitiés, amours, crises, peurs, angoisses, joies etc etc
Comment réagirions nous dans une situation extrême comme celle la ? Je veux pas spoiler, mais le plus terrifiant dans tout ça, c'est que les réactions humaines sont terriblement crédibles. Tout ce qui arrive à Rick et à son groupe, ben ça pourrait arriver ! C'est là la grande force de Walking dead.
Certes, j'ai pu lire ici et là que le schéma de l'histoire se répétait souvent : Rick et sa bande arrivent dans un endroit, tout se passe bien, et pis à un moment ça merde, et faut s'en aller, et pis ça recommence encore... c'est pas tout à fait exact, mais moi ça ne m'a pas dérangé du tout, j'ai pas eu l'impression de lire encore et encore la même histoire....
Graphiquement, le noir et blanc est plutôt chouette, agréable, et met bien dans l'ambiance post apocalyptique ! Seul reproche, au début, quand on connait pas trop les personnages, c'est un peu compliqué, il m'est arrivé de confondre 2 nanas. Mais les petites fiches explicatives au début de chaque tome nous permettent de bien "remettre" les personnages. Et y'en a une palanquée de persos !
Une très bonne série, je suis accro ! Et oui culte car moi j'adore, et que je suis pas le seul !
Voici une petite perle du siècle dernier.
Je ne croyais pas trop en cette BD, qui ne payait pas de mine. Je n'ai rien contre le fait de lire une BD du début de siècle dernier (ça m'est déjà arrivé plusieurs fois), mais bon, aujourd'hui, et contrairement à "Little Nemo", qui se souvient de Buster Brown ?
Je dois dire tout de suite que si j'ai trouvé cette BD très bien, elle est aussi très inégale (à l'origine, c'était publié de façon hebdomadaire donc j'imagine que ça doit jouer). Alors (et surtout au début en fait), il y a des planches géniales (dès fois, meilleures qu'une planche de "Little Nemo"), assez drôles. D'ailleurs l'humour est assez spécial et recherché, je ne pense pas qu'il plaira à tout le monde : c'est un mélange entre un humour très potache qui découle des farces du petit Buster et de ses punitions (je suis pas toujours friand de cet humour, mais dès fois ça fonctionne bien), et un humour beaucoup plus décalé venant des fausses moralités qu'écrit Buster en fin de gags : cette moralité est à prendre au second degré et est dès fois assez absurde. Je me suis surpris à plusieurs reprises à bien rire en lisant "Buster Brown", et même lorsqu'on ne rit pas, on ne s’ennuie pas si on distille sa lecture.
En plus de ça, le dessin est quand même très joli, un peu daté, évidemment, et aussi un peu maladroit dans les premières planches. L'encrage n'est pas parfait, car pas assez affirmé par moment, mais reste assez hachuré donc agréable à regarder. Le dessin et les couleurs ont un petit côté baroque qui n'est pas pour me déplaire.
"Buster Brown", une réussite, assurément à découvrir...
Une série fantasy sérieuse et adulte, bien loin des productions pouêt-pouêt que Soleil nous commercialisait dans le milieu des années 2000.
Un mal décime les populations, quelle en est l'origine ? C'est en compagnie de quelques membres des diverses peuplades qui vivent autour du fleuve facteur du mal que nous allons tenter de la découvrir. Divers peuples, avec des coutumes bien différentes. Une approche sociologique et humaniste à travers leur relation qui n'est pas sans nous rappeler qu'il est important de respecter les différentes cultures de chacun, le tout dosé entre finesse, aventure, un peu d'action, et avancée de l'histoire. Gaudin a repris les "grands principes" de l'Homme à travers les âges et nous l'expose avec grand talent et brio.
Il est clair que tout comme dans l'Ombre du cinéphage, il va nous proposer un projet beaucoup moins convenu et clairement personnel, bien assisté du talent de Peynet, qui nous illumine à chaque planche d'une finesse et d'une mise en page de haut niveau, rien n'est facile dans son graphisme.
Pour en revenir sur l'histoire et les albums, les 2 premiers se lisent d'une traite sans temps-mort, tout s'enchaine à merveille. Le tome 3 prend une tournure légèrement différente puisque les héros ont moins de liberté de mouvement qui ralenti un peu le rythme, certainement volonté des auteurs de trouver une solution pour boucler la série (et de reprendre une période horrifique de l'Histoire). Cependant la dernière planche vient apporter de grands éclairages et nous gratifie d'un vrai message.
Petit bémol de la part de l'éditeur : les couvertures des rééditions, pas top du tout.
Supers dessins, super scénario : 4/5.
Cet album se termine avec la mention « Ainsi se tut Zarathoustra est une œuvre de fiction inspirée de faits réels », qui fait référence à l’assassinat de Kasra Vafadari en 2005 en France, et au procès qui s’en est suivi. Kasra Vafadari (presenté ici sous le pseudo Cyrus Yazdani) était un spécialiste zoroastrien, et c’est cette ancienne religion ainsi que tout un pan de l’Histoire de l’Iran qui nous sont contés dans cette BD.
Dans la première partie de l’album Nicolas Wild se rend en Iran pour l’ouverture d’un centre culturel crée par Cyrus. Les amateurs du Kaboul Disco seront ravis, on y retrouve un Nicolas Wild en pleine forme (avec son humour bien particulier) lors d’un voyage touristique dépaysant au possible.
La deuxième partie, elle, s’intéresse au procès du meurtrier présumé. A ce titre la narration est beaucoup plus sédentaire voire encyclopédique, mais cette partie du récit m’a passionné. On en apprend beaucoup sur le Zoroastrisme, mais aussi sur la situation actuelle en Iran. Le gouvernement islamiste n’apprécie guerre les ouvertures culturelles vers d’autres religions, et est soupçonné d’être le commanditaire de l’assassinat de Cyrus (même si ça ne sera sans doute jamais prouvé).
Une histoire passionnante, très instructive et souvent édifiante… un album essentiel à ranger aux côtés de Persepolis pour celles et ceux qui souhaitent en apprendre plus sur cette région du monde.
Voici une œuvre profonde, dense, véritablement bien construite et réalisée avec soin : de la grande BD !!!
"Elmer" c'est d'abord un graphisme, légèrement typé comics, dans une veine assez réaliste. Le dessin est véritablement abouti, les planches sont joliment détaillées : l'encrage est vraiment réussi, assez chargé certes, mais le style général est vraiment agréable à regarder (même si dans l'ensemble, les poulets sont plus réussis que les humains).
Par contre, l'histoire est réellement géniale : cela faisait longtemps que je n'avais pas eu un tel coup de cœur pour une BD... Un jour, les poulets acquièrent la parole. Ce qui va suivre va chambouler le monde ; entre un génocide et une grippe aviaire, les poulets seront enfin considérés comme des humains, mais certains ont bien du mal à s'adapter, comme le personnage principal de l'histoire, ou est-ce de la faute des humains et d'une ségrégation ?
L'auteur ne va pas chercher à expliquer pourquoi et comment les poulets ont obtenu la parole, et c'est très bien, puisque derrière le côté scientifique farfelu, se cachent pleins de questions liées à la philosophie, à l'histoire, à l'éthique ou encore à la politique. Évidemment certains passages de l'histoire du père du héros rappellent quelques pages sombres de l'histoire (grandes pandémies, et surtout, la shoah et la solution finale métaphorisées ici par un abattoir), mais nous questionne aussi : éthiquement parlant, qu'est-ce qu'un humain (aujourd'hui, on croit pouvoir répondre à cette question grâce à la science, mais il y a quelques décennies, c'était aussi le cas, et on parlait bien de races...).
Bref, une excellente BD, magistrale, très intelligente et qui pose de bonnes questions d'actualité quoique qui peuvent déranger (après que des horreurs soient faites à un groupe d'hommes ou une ethnie, est-ce que les descendants doivent "pardonner" ?)
4.5/5
Oula … gros coup de cœur pour ce diptyque à la narration sans faille !
Pourtant je trouve le dessin assez inégal et au demeurant peu engageant. Mais bizarrement, on s’y fait, la mise en couleurs de qualité atténuant sans doute le trait approximatif. Mais quelle histoire les amis ! J’ai été littéralement happé par le scénario qui jongle avec les flash-back avec une aisance déconcertante. Le contexte n’est pas pour me déplaire … les années folles, un acteur muet rangé au placard avec l’arrivée du son, un meurtre non élucidé qui refait surface des décennies après, un soupçon de fantastique, un amour perdu, un cirque minable, des rapaces . . . C’est surréaliste comme ambiance mais on y croit. La sauce prend, et de quelle manière !
A lire sans réserve !
Suite du Chat du kimono, Tea Party m’a littéralement charmé.
L’histoire est captivante et fort originale : deux lords anglais, par l’intermédiaire de leur conseiller culinaire respectif, s’affrontent dans un match pour obtenir le meilleur thé et ainsi pouvoir briller dans la haute société londonienne.
Nancy Peña conserve beaucoup d’éléments du premier volume et notamment la plupart des personnages que l’on retrouve avec plaisir quinze ans après. Elle s’applique cette fois à leur donner davantage de consistance et de psychologie. Alice et Victor (les deux personnages principaux) sont d’ailleurs particulièrement soignés et intéressants.
Elle corrige au passage les défauts du Chat du kimono en proposant une narration plus classique qui sert une histoire bien plus aboutie.
L’atmosphère de ce Londres victorien est excellente, toujours soutenue par des dessins en noir et blanc magnifiques. Le ton de l’album est encore très singulier, oscillant entre conte fantastique et onirisme.
Drôle et envoûtant, Tea Party est à découvrir absolument. Je m’en vais de ce pas acheter la suite.
Un grand bravo à Nancy Peña pour ce superbe album! Coup de coeur mérité !
Encore une réussite de Thierry Gloris, une uchronie à peine mâtinée de steampunk où le fantastique et l’Histoire se mêlent à la perfection. J'ai vraiment eu la sensation de me retrouver dans un monde parallèle, souvent je trouve les uchronies artificielles et parfois même poussives, alors qu’ici je suis immédiatement rentrée dans l’univers proposé, ce monde m’a paru totalement authentique et indiscutable. Chaque évènement est à sa place, chaque personnage tient son rôle avec naturel voire même avec élégance.
La touche fantastique est aussi la bienvenue, dans ce monde finalement tout est possible alors pourquoi ne pas en profiter ? Et le détournement de l’Histoire n’est pas en reste, l’auteur joue avec elle comme un enfant avec de la pâte à modeler et on sent qu’il s’amuse, il la triture, la tord, la roule et l’aplatît pour nous proposer une version surprenante et ludique.
Par ailleurs, les deux tomes se terminent à un moment crucial du récit où le suspense devient insoutenable et palpitant.
Le choix du dessinateur, Emiliano Zarcone, fait aussi partie de l’aboutissement l’œuvre. Des personnages expressifs, des perspectives parfaites, et les couleurs bien qu’informatisées sont superbement maîtrisées, tout en finesse et avec profusion de détails.
Suite et fin
Je vais commencer par le dessin. Celui-ci est réussi tout au long de la série, certes ; mais la colorisation change un peu trop, même si chaque tome, encore une fois, est très beau. De ce côté-là j'aurais aimé un peu plus d'unicité.
Pour ce qui est du scénario, j'ai apprécié l’histoire dans son ensemble, mais ce qui m'a un peu déçue c'est que la part donnée à l'Histoire est un peu trop importante. J'aurais préféré un récit qui voyage dans l'Histoire mais sans vraiment participer à celle-ci, comme c'est le cas dans le premier tome et aussi un peu dans le second, mais qui prend trop d'importance à mon goût dans le dernier.
Néanmoins, cette série est très bien traitée et est à lire au moins une fois.
Tiens, de la SF un peu vintage, ça m'intéresse toujours.
Ici Serge Lehman s'est emparé d'un roman de Maurice Renard, sorti juste après la première guerre mondiale, lequel raconte une légende urbaine. Mais Lehman en a fait sa chose, l'enrobant dans son Hypermonde (qui comprend La Brigade Chimérique, entre autres), et en faisant également un large détour vers un autre roman de Renard, Le Péril bleu.
Le résultat est un récit foisonnant, peut-être un peu trop, avec de nombreuses références externes et internes à l'univers lehmanien. C'est du steampunk mâtiné d'uchronie, j'adore ce genre. Comme pour La Brigade Chimérique, c'est Gess qui officie au dessin, et son énergie ainsi que son trait classique fonctionnent à merveille dans ce récit très prenant et dense.
C'est un one-shot, mais la fin ressemble à un cliffhanger, nul doute que Lehman va encore enrichir son univers avec les personnages apparus dans ce segment. De quoi raviver la flamme de la collection Flambant 9, qui couvait sous les braises depuis quelques temps.
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Thorgal
Cela fait largement plus de vingt ans que je suis cette série, et ce n’est que relativement récemment que j’ai ressenti un certain épuisement du filon d’où sont sorties pas mal de pépites. Alors bon, c’est sûr, plusieurs albums ne sont pas au niveau de l’ensemble. C’est le cas du premier, qui a pris un coup de vieux dans tous les domaines et certains des derniers, comme la queue de la comète qui s’estompe… Quelques lourdeurs parfois, quelques redites, mais Van Hamme a ici moins qu’ailleurs tiré sur la corde du succès. Et j’ai pris tellement de plaisir à lire et relire cette saga qu’avec une relative mauvaise foi j’en aurais presque "oublié" les faiblesses dans ma notation, qui a failli aller jusqu’aux 5 étoiles. Car beaucoup d’albums, voire de cycles entiers (Qâ par exemple) sont vraiment prenants et supportent aisément la relecture. Le mélange des genres (saga nordique, SF, médiéval), s’il n’est pas nouveau, est ici réussi et ne fait quasiment jamais gadget. L’idée de développer la petite famille et les aventures qui les impliquent est bonne – même si les spins offs récents risquent de lasser en jouant à fond la carte commerciale. A voir donc… Le personnage de Thorgal est un héros quasi parfait, justicier à son corps défendant, et incarnation de l’homme, du mari et du père idéal. Sa force est peut-être la seule faiblesse de l’histoire ? Quelques fêlures quand même, Thorgal est moins lisse que Tintin. Et surtout il y a des trouvailles scénaristiques qui le mettent en danger, l’amènent aux frontières du mal. Le mal, justement. Hitchcock disait je crois à propos des bons films qu’un bon méchant faisait la réussite d’une histoire. Avec Kriss de Valnor on en a la confirmation. Une jolie confirmation qui plus est… Et qui dynamise souvent le récit en laissant ses scrupules de côté. Même si dans ses dernières apparitions elle était devenue moins monolithique (ce que la série Les Mondes de Thorgal - Kriss de Valnor confirme). Enfin, mais il aurait presque fallu commencer par ça, le dessin de Rosinski est vraiment excellent ! Et pas seulement du point de vue « technique ». C’est vraiment beau et il a très rapidement trouvé le trait juste dans la série. Ultime qualité, et pas des moindres ! Thorgal est accessible pour de jeunes lecteurs comme pour les adultes, j’en ai fait l’expérience avec ma fille. L’enfant des étoiles en mériterait presque 5 !
Walking Dead
J'ai découvert très tardivement Walking Dead, mais quelle découverte pour moi ! On entend beaucoup parler de Walking Dead, que ce soit les comics, la série TV, les romans, le jeu de société, alors forcément ça interpelle ! C'est presque par hasard que j'achète le 1er tome (un occasion à vil prix en bon état au Paris Comics Expo). Et là, blam ! La grosse claque ! C'est une série très addictive, j’achète et dévore donc très rapidement la suite ! J'ai lu les 17 tomes sortis, et ça me fait bien chier d'attendre le prochain tome (à raison de 2 par an, on devrait l'avoir en septembre/octobre, merde ça fait loin !) C'est rare quand une BD me donne autant envie de lire la suite, Walking Dead en fait partie ! C'est signe que je suis vraiment rentré dans l'histoire ! Je suis pas forcément fan d'histoires de zombies, mais le truc, c'est que Walking Dead, c'est pas une histoire de zombies, c'est une histoire d'hommes ! Ce qui est mis en avant, ce sont les relations entre les personnages, leurs amitiés, amours, crises, peurs, angoisses, joies etc etc Comment réagirions nous dans une situation extrême comme celle la ? Je veux pas spoiler, mais le plus terrifiant dans tout ça, c'est que les réactions humaines sont terriblement crédibles. Tout ce qui arrive à Rick et à son groupe, ben ça pourrait arriver ! C'est là la grande force de Walking dead. Certes, j'ai pu lire ici et là que le schéma de l'histoire se répétait souvent : Rick et sa bande arrivent dans un endroit, tout se passe bien, et pis à un moment ça merde, et faut s'en aller, et pis ça recommence encore... c'est pas tout à fait exact, mais moi ça ne m'a pas dérangé du tout, j'ai pas eu l'impression de lire encore et encore la même histoire.... Graphiquement, le noir et blanc est plutôt chouette, agréable, et met bien dans l'ambiance post apocalyptique ! Seul reproche, au début, quand on connait pas trop les personnages, c'est un peu compliqué, il m'est arrivé de confondre 2 nanas. Mais les petites fiches explicatives au début de chaque tome nous permettent de bien "remettre" les personnages. Et y'en a une palanquée de persos ! Une très bonne série, je suis accro ! Et oui culte car moi j'adore, et que je suis pas le seul !
Buster Brown
Voici une petite perle du siècle dernier. Je ne croyais pas trop en cette BD, qui ne payait pas de mine. Je n'ai rien contre le fait de lire une BD du début de siècle dernier (ça m'est déjà arrivé plusieurs fois), mais bon, aujourd'hui, et contrairement à "Little Nemo", qui se souvient de Buster Brown ? Je dois dire tout de suite que si j'ai trouvé cette BD très bien, elle est aussi très inégale (à l'origine, c'était publié de façon hebdomadaire donc j'imagine que ça doit jouer). Alors (et surtout au début en fait), il y a des planches géniales (dès fois, meilleures qu'une planche de "Little Nemo"), assez drôles. D'ailleurs l'humour est assez spécial et recherché, je ne pense pas qu'il plaira à tout le monde : c'est un mélange entre un humour très potache qui découle des farces du petit Buster et de ses punitions (je suis pas toujours friand de cet humour, mais dès fois ça fonctionne bien), et un humour beaucoup plus décalé venant des fausses moralités qu'écrit Buster en fin de gags : cette moralité est à prendre au second degré et est dès fois assez absurde. Je me suis surpris à plusieurs reprises à bien rire en lisant "Buster Brown", et même lorsqu'on ne rit pas, on ne s’ennuie pas si on distille sa lecture. En plus de ça, le dessin est quand même très joli, un peu daté, évidemment, et aussi un peu maladroit dans les premières planches. L'encrage n'est pas parfait, car pas assez affirmé par moment, mais reste assez hachuré donc agréable à regarder. Le dessin et les couleurs ont un petit côté baroque qui n'est pas pour me déplaire. "Buster Brown", une réussite, assurément à découvrir...
Le Feul
Une série fantasy sérieuse et adulte, bien loin des productions pouêt-pouêt que Soleil nous commercialisait dans le milieu des années 2000. Un mal décime les populations, quelle en est l'origine ? C'est en compagnie de quelques membres des diverses peuplades qui vivent autour du fleuve facteur du mal que nous allons tenter de la découvrir. Divers peuples, avec des coutumes bien différentes. Une approche sociologique et humaniste à travers leur relation qui n'est pas sans nous rappeler qu'il est important de respecter les différentes cultures de chacun, le tout dosé entre finesse, aventure, un peu d'action, et avancée de l'histoire. Gaudin a repris les "grands principes" de l'Homme à travers les âges et nous l'expose avec grand talent et brio. Il est clair que tout comme dans l'Ombre du cinéphage, il va nous proposer un projet beaucoup moins convenu et clairement personnel, bien assisté du talent de Peynet, qui nous illumine à chaque planche d'une finesse et d'une mise en page de haut niveau, rien n'est facile dans son graphisme. Pour en revenir sur l'histoire et les albums, les 2 premiers se lisent d'une traite sans temps-mort, tout s'enchaine à merveille. Le tome 3 prend une tournure légèrement différente puisque les héros ont moins de liberté de mouvement qui ralenti un peu le rythme, certainement volonté des auteurs de trouver une solution pour boucler la série (et de reprendre une période horrifique de l'Histoire). Cependant la dernière planche vient apporter de grands éclairages et nous gratifie d'un vrai message. Petit bémol de la part de l'éditeur : les couvertures des rééditions, pas top du tout. Supers dessins, super scénario : 4/5.
Ainsi se tut Zarathoustra
Cet album se termine avec la mention « Ainsi se tut Zarathoustra est une œuvre de fiction inspirée de faits réels », qui fait référence à l’assassinat de Kasra Vafadari en 2005 en France, et au procès qui s’en est suivi. Kasra Vafadari (presenté ici sous le pseudo Cyrus Yazdani) était un spécialiste zoroastrien, et c’est cette ancienne religion ainsi que tout un pan de l’Histoire de l’Iran qui nous sont contés dans cette BD. Dans la première partie de l’album Nicolas Wild se rend en Iran pour l’ouverture d’un centre culturel crée par Cyrus. Les amateurs du Kaboul Disco seront ravis, on y retrouve un Nicolas Wild en pleine forme (avec son humour bien particulier) lors d’un voyage touristique dépaysant au possible. La deuxième partie, elle, s’intéresse au procès du meurtrier présumé. A ce titre la narration est beaucoup plus sédentaire voire encyclopédique, mais cette partie du récit m’a passionné. On en apprend beaucoup sur le Zoroastrisme, mais aussi sur la situation actuelle en Iran. Le gouvernement islamiste n’apprécie guerre les ouvertures culturelles vers d’autres religions, et est soupçonné d’être le commanditaire de l’assassinat de Cyrus (même si ça ne sera sans doute jamais prouvé). Une histoire passionnante, très instructive et souvent édifiante… un album essentiel à ranger aux côtés de Persepolis pour celles et ceux qui souhaitent en apprendre plus sur cette région du monde.
Elmer
Voici une œuvre profonde, dense, véritablement bien construite et réalisée avec soin : de la grande BD !!! "Elmer" c'est d'abord un graphisme, légèrement typé comics, dans une veine assez réaliste. Le dessin est véritablement abouti, les planches sont joliment détaillées : l'encrage est vraiment réussi, assez chargé certes, mais le style général est vraiment agréable à regarder (même si dans l'ensemble, les poulets sont plus réussis que les humains). Par contre, l'histoire est réellement géniale : cela faisait longtemps que je n'avais pas eu un tel coup de cœur pour une BD... Un jour, les poulets acquièrent la parole. Ce qui va suivre va chambouler le monde ; entre un génocide et une grippe aviaire, les poulets seront enfin considérés comme des humains, mais certains ont bien du mal à s'adapter, comme le personnage principal de l'histoire, ou est-ce de la faute des humains et d'une ségrégation ? L'auteur ne va pas chercher à expliquer pourquoi et comment les poulets ont obtenu la parole, et c'est très bien, puisque derrière le côté scientifique farfelu, se cachent pleins de questions liées à la philosophie, à l'histoire, à l'éthique ou encore à la politique. Évidemment certains passages de l'histoire du père du héros rappellent quelques pages sombres de l'histoire (grandes pandémies, et surtout, la shoah et la solution finale métaphorisées ici par un abattoir), mais nous questionne aussi : éthiquement parlant, qu'est-ce qu'un humain (aujourd'hui, on croit pouvoir répondre à cette question grâce à la science, mais il y a quelques décennies, c'était aussi le cas, et on parlait bien de races...). Bref, une excellente BD, magistrale, très intelligente et qui pose de bonnes questions d'actualité quoique qui peuvent déranger (après que des horreurs soient faites à un groupe d'hommes ou une ethnie, est-ce que les descendants doivent "pardonner" ?) 4.5/5
La Voix
Oula … gros coup de cœur pour ce diptyque à la narration sans faille ! Pourtant je trouve le dessin assez inégal et au demeurant peu engageant. Mais bizarrement, on s’y fait, la mise en couleurs de qualité atténuant sans doute le trait approximatif. Mais quelle histoire les amis ! J’ai été littéralement happé par le scénario qui jongle avec les flash-back avec une aisance déconcertante. Le contexte n’est pas pour me déplaire … les années folles, un acteur muet rangé au placard avec l’arrivée du son, un meurtre non élucidé qui refait surface des décennies après, un soupçon de fantastique, un amour perdu, un cirque minable, des rapaces . . . C’est surréaliste comme ambiance mais on y croit. La sauce prend, et de quelle manière ! A lire sans réserve !
Tea Party
Suite du Chat du kimono, Tea Party m’a littéralement charmé. L’histoire est captivante et fort originale : deux lords anglais, par l’intermédiaire de leur conseiller culinaire respectif, s’affrontent dans un match pour obtenir le meilleur thé et ainsi pouvoir briller dans la haute société londonienne. Nancy Peña conserve beaucoup d’éléments du premier volume et notamment la plupart des personnages que l’on retrouve avec plaisir quinze ans après. Elle s’applique cette fois à leur donner davantage de consistance et de psychologie. Alice et Victor (les deux personnages principaux) sont d’ailleurs particulièrement soignés et intéressants. Elle corrige au passage les défauts du Chat du kimono en proposant une narration plus classique qui sert une histoire bien plus aboutie. L’atmosphère de ce Londres victorien est excellente, toujours soutenue par des dessins en noir et blanc magnifiques. Le ton de l’album est encore très singulier, oscillant entre conte fantastique et onirisme. Drôle et envoûtant, Tea Party est à découvrir absolument. Je m’en vais de ce pas acheter la suite. Un grand bravo à Nancy Peña pour ce superbe album! Coup de coeur mérité !
Waterloo 1911
Encore une réussite de Thierry Gloris, une uchronie à peine mâtinée de steampunk où le fantastique et l’Histoire se mêlent à la perfection. J'ai vraiment eu la sensation de me retrouver dans un monde parallèle, souvent je trouve les uchronies artificielles et parfois même poussives, alors qu’ici je suis immédiatement rentrée dans l’univers proposé, ce monde m’a paru totalement authentique et indiscutable. Chaque évènement est à sa place, chaque personnage tient son rôle avec naturel voire même avec élégance. La touche fantastique est aussi la bienvenue, dans ce monde finalement tout est possible alors pourquoi ne pas en profiter ? Et le détournement de l’Histoire n’est pas en reste, l’auteur joue avec elle comme un enfant avec de la pâte à modeler et on sent qu’il s’amuse, il la triture, la tord, la roule et l’aplatît pour nous proposer une version surprenante et ludique. Par ailleurs, les deux tomes se terminent à un moment crucial du récit où le suspense devient insoutenable et palpitant. Le choix du dessinateur, Emiliano Zarcone, fait aussi partie de l’aboutissement l’œuvre. Des personnages expressifs, des perspectives parfaites, et les couleurs bien qu’informatisées sont superbement maîtrisées, tout en finesse et avec profusion de détails. Suite et fin Je vais commencer par le dessin. Celui-ci est réussi tout au long de la série, certes ; mais la colorisation change un peu trop, même si chaque tome, encore une fois, est très beau. De ce côté-là j'aurais aimé un peu plus d'unicité. Pour ce qui est du scénario, j'ai apprécié l’histoire dans son ensemble, mais ce qui m'a un peu déçue c'est que la part donnée à l'Histoire est un peu trop importante. J'aurais préféré un récit qui voyage dans l'Histoire mais sans vraiment participer à celle-ci, comme c'est le cas dans le premier tome et aussi un peu dans le second, mais qui prend trop d'importance à mon goût dans le dernier. Néanmoins, cette série est très bien traitée et est à lire au moins une fois.
L'Homme truqué
Tiens, de la SF un peu vintage, ça m'intéresse toujours. Ici Serge Lehman s'est emparé d'un roman de Maurice Renard, sorti juste après la première guerre mondiale, lequel raconte une légende urbaine. Mais Lehman en a fait sa chose, l'enrobant dans son Hypermonde (qui comprend La Brigade Chimérique, entre autres), et en faisant également un large détour vers un autre roman de Renard, Le Péril bleu. Le résultat est un récit foisonnant, peut-être un peu trop, avec de nombreuses références externes et internes à l'univers lehmanien. C'est du steampunk mâtiné d'uchronie, j'adore ce genre. Comme pour La Brigade Chimérique, c'est Gess qui officie au dessin, et son énergie ainsi que son trait classique fonctionnent à merveille dans ce récit très prenant et dense. C'est un one-shot, mais la fin ressemble à un cliffhanger, nul doute que Lehman va encore enrichir son univers avec les personnages apparus dans ce segment. De quoi raviver la flamme de la collection Flambant 9, qui couvait sous les braises depuis quelques temps.