Les derniers avis (9718 avis)

Couverture de la série Vagues à l'âme
Vagues à l'âme

J'ai passé un très bon moment avec cette petite BD qui se lit très vite. Ca a été une bonne expérience. J'ai été particulièrement touché par cette histoire pour deux raisons: Tout d'abord, une partie de l'histoire se déroule dans mon Nord-Pas-de-Calais natal, ensuite, à l'instar du héros, j'ai un peu aussi appris à (re)découvrir l'épopée de mon grand-père pendant la deuxième guerre mondiale sur le tard, trop tard en fait... Le personnage principal est très attachant, authentique, avec un sacré caractère ! Les situations sont de plus souvent agrémentées d'une touche humoristique. Bref, on ne s'ennuie pas à suivre les péripéties qu'a vécu cet homme. Le côté familial et sentimental du récit est très touchant. Un très agréable, bien que court, moment. (226)

14/06/2013 (modifier)
Par pol
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Carton blême
Carton blême

Nouveau coup de cœur pour une adaptation de roman de la collection Rivages Noir. L’histoire de ce polar d’anticipation prend place dans un monde surpeuplé où la police ne peut plus répondre à toutes les sollicitations. Une loi a donc décidé que les forces de l’ordre ne viendraient en aide qu’aux gens en bonne santé, les détenteurs du carton bleu, un sésame à mi-chemin entre la carte vitale et la CB. On ne fait rien pour les malades en possession d’un simple carton blême. Les auteurs réussissent particulièrement bien à nous faire rentrer dans leur univers. Ils arrivent à nous expliquer le fonctionnement de ce système de carton bleu ou blême sans aucune lourdeur, et bien au contraire, à rendre cette description captivante. Tout cela est raconté avec fluidité et talent. On découvre les avantages du système, mais aussi et surtout l’envers du décor, avec le sort réservé aux personnes en moins bonne santé. Ces passages sont assez forts. On suit aussi l’enquête d’un inspecteur de police qui traque un serial killer. Une fois encore les auteurs font mouche. Les impacts de ce système sur l’enquête sont bien amenés et très bien trouvés. L’histoire est autant plaisante que ce monde est terrifiant. Et quand tout s’accélère en fin d’album, quand on découvre le revers de la médaille et l’ampleur de la machination dans lequel l’inspecteur a mis le doigt… C’est tragique mais tellement logique… en un mot : excellent. Chaudement recommandé.

13/06/2013 (modifier)
Par Ned C.
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Quatre doigts - L'Homme de papier
Quatre doigts - L'Homme de papier

« Quatre doigts » m’avait vraiment captivé lors de sa lecture, il y a de ça déjà quelques années. Agréablement surpris de voir Milo Manara exceller dans un autre registre que le porno avec une belle histoire d’amour façon western. C’est beau quand il fait dans le romantisme mais celui-ci, loin d’être niais contient une bonne dose de douleurs. Plutôt réaliste et non-idéalisé donc. On retrouve cette cruauté vicieuse qu’il a de faire souffrir ses héros (et plus particulièrement les femmes). Les dessins sont comme à leur habitude superbes et la jeune indienne « Lapin Blanc » est d’une beauté sans nom (une Manara girl quoi !). J’aurais cependant préféré une version noir et blanc car je ne suis pas fan des couleurs « délavées » du maître de l’érotisme. De bons dialogues, souvent caustiques et un scénario qui tient bien la route. Bel album et une belle histoire d’amour gâché qui m’a atteint.

13/06/2013 (modifier)
Par Ned C.
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Joker
Joker

« DIANTRE !!!* » me suis-je exclamé en voyant cette couverture d’album ! La plus crasseuse et choquante de l’année 2009, à mon sens. Et les dessins de l’album de Lee Bermejo sont de la même trempe, une intensité des contrastes violente comme une patate de Mike Tyson, un tracé agressif et torturé, bref Bermejo m’en a foutu plein les yeux. Son style me fait irrémédiablement penser à Jae Lee mais il est plus brutal avec des lignes principalement anguleuses. Les couleurs ainsi que l’encrage sont terribles et rendent totalement hommage au graphisme. Le scénario de Brian Azzarello est bien ficelé et tient en haleine; sorte de thriller mafieux avec manipulations, traîtrise, règlements de compte et tout ce qui va avec dans les histoires de gangsters. On y retrouve avec plaisir les vilains les plus emblématiques de l’univers de l’homme chauve-souris : Le Joker (ah bon ??), Le Pingouin, Harley Quinn, Double-face, Croc, Le Sphinx. La meilleure aventure de Batman (sans Batman ou très peu) avec le « Souriez » de Brian Bolland et Alan Moore, dans le même style. Violent, malin, malsain. Joker ne plaisante pas. * Auto-censure à propos d’un mot grossier.

13/06/2013 (modifier)
Par Ned C.
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série La Rupture Tranquille
La Rupture Tranquille

Aïe aïe aïe, un album de Terreur Graphique qui va encore faire grincer pas mal de mâchoires. Le ton est donné dès la vue de la couverture. Le style façon « cartoon » à la Chuck Jones contraste à merveille avec la violence de l’humour (Tom & Jerry, c’était pas si mignon que ça quand on y pense!).Les thèmes abordés ici touchent principalement aux meurtres en série et aux sexualités déviantes. Ça ne sera certainement pas du goût de tout le monde mais c’est salvateur dans ce politiquement correct ambiant étouffant. Les histoires sont très courtes, la plupart ne sont juste que des « gaufriers » de 4 cases ou ne font que 6 ou 7 pages (toujours en gaufrier). Aucun rapport entre elles, si ce n’est le thème. Il y a certaines trouvailles narratives très bien pensées comme la mise en page de « Story of my life », l’histoire de Gurval racontant dans un groupe de parole, l’amour pour sa vie routinière bouleversée du jour au lendemain par une rencontre amoureuse. L’histoire des deux amis tueurs en série m’a beaucoup fait rire également. Le « poucet » (qui sème des bouts de cadavre pour retrouver sa route lors de ses voyages) discute avec son pote qui lui avoue avoir tué sa femme Boulgour et ses enfants Riri, Fifi et Mollard, puis les avoir enterré sous la terrasse de sa maison. Ça discute maçonnerie par la suite. Donc, album vivement conseillé aux amateurs d’humour noir et sans concessions. Les bien-pensants, passez votre chemin, ça pique les yeux.

13/06/2013 (modifier)
Par Ned C.
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Déclic
Le Déclic

Dur de rester objectif avec les séries de Milo Manara ; je vais faire mon maximum. Car Manara, avec ses héroïnes à la beauté d’une autre planète et ses histoires d’une intense perversité ont chahuté ma testostérone durant mon adolescence. Ici, la suggestion est autant efficace que les plans salaces. La mise en scène et le scénario sont aussi très importants dans l’excitation suscitée (la scène du cinéma dans le premier tome est inoubliable) dépassant par-là la pauvreté scénaristique d’un vulgaire film porno. Les dessins sont superbes, avec une ligne aux déliés subtils et un tramage agréable si particulier à cet auteur. Personnellement, je trouve le volume trois un peu moins bon. Les femmes de Manara sont belles, divinement belles et l’innocence qu’elles dégagent naturellement est bien souvent maltraitée, satisfaisant ce petit désir masochiste qui sommeille en nous (les hommes).

13/06/2013 (modifier)
Couverture de la série Manhole
Manhole

(3,5/5) Agréable surprise que ce thriller biologique, acheté à un prix tout à fait modique (moins de 10€ les 3 tomes). Ma grande crainte concernant les séries dans lesquelles on aborde des thématiques médicales et biologiques, c'est d'y trouver un amoncellement de conneries, de contre-vérités, de facilités en tous genres, qui renderaient la lecture incredible. Et bien, ça n'est pas le cas ici. Alors, évidemment, tout n'est pas parfait, et l'on retrouve quand même quelques invraisemblances, citons par exemple, notre coupable, à la fin, qui rentre dans la salle d'IRM avec son fauteuil roulant...Or, l'électro-aimant d'une IRM est si puissant, que tout objet métallique qui s'en approche à quelques mètres s'y retrouve obligatoire fixé de manière très forte ! Concernant la parasitose, il y a quelques anicroches, mais, globalement, c'est assez fiable, et crédible. La lecture est très fluide, rapide, agréable, le dessin est réussi et efficace. J'ai été tenu en haleine jusqu'au bout et ne regrette pas mon achat, le contrat a été rempli en ce qui concerne le divertissement. A lire ! (223)

13/06/2013 (modifier)
Couverture de la série Les Hommes viennent de Mars, les Femmes viennent de Venus
Les Hommes viennent de Mars, les Femmes viennent de Venus

J'ai été agréablement surpris par la lecture de ce sympathique album, qui parait très commercial au premier abord. Néanmoins, cette BD est très plaisante, et je me suis surpris à me reconnnaitre dans certaines situations, certaines incompréhensions que l'on peut tous vivre dans un couple. Le dessin est frais, agréable, la mise en page est fluide, et la narration est bien réussie, avec le petit personnage du docteur en psychologie qui virevolte autour des deux tourtereaux en prodiguant ses conseils et explications. D'ailleurs, ce narrateur est parfois utilisé comme élément comique dans le dessin. Le seul défaut que je relève est un certain côté répétitif dans les histoires, certains thèmes étant abordés plusieurs fois. Peut être cette série a-t-elle été initialement publiée en magazine ? A lire, un bon moment en perspective, puis à passer à votre moitié pour apaiser certaines tensions ! (222)

13/06/2013 (modifier)
Couverture de la série La Marche du crabe
La Marche du crabe

Un récit bluffant sur des mollusques de l'estuaire de la Gironde pendant 3 tomes conséquents. Sur un pari osé où l'on pourrait craindre l'ennui voier l'inutilité de se focaliser sur un microcosme infinitésimal, De Pins touche le chef d’œuvre du doigt en délivrant une histoire dense comme un œuf plein, à l'humour précis, imaginatif et constant. On y parle de conformité sociale, de lutte des classes, de ségrégation, de mort, de vie, d'écologie et même plus frontalement de connerie humaine. De Pins s'appuie sur un dessin atypique, auquel certains ne pourront pas adhérer car trop simpliste et à la colorisation primaire et monochrome. Je le qualifierais d'en-un-trait, dépouillé mais varié et clair comme une journée d'été dans cette station balnéaire, prouvant là la pertinence de l'existence du dessin numérique pour accentuer la fluidité de l'histoire. Impressionnant, tant et si bien qu'il sera probablement difficile de rééditer l'exploit à l'avenir.

13/06/2013 (modifier)
Couverture de la série Blueberry
Blueberry

Ma passion pour le western remonte à l'âge de 8 ans lorsque j'ai vu pour la première fois John Wayne dans les rues poussiéreuses de Rio Bravo. Depuis, ce genre au cinéma m'a toujours fasciné; en BD, c'est pareil, en 1963, le lieutenant Blueberry arrive dans les pages de Pilote, je le découvre 3 ou 4 ans plus tard. Cette BD n'a fait que renforcer ma conception du western forgée par tant de films hollywoodiens avant l'explosion du western italien que j'ai découvert ensuite au début des années 70. Le jeune Jean Giraud qui signe Gir, lance donc avec l'aide de J.M. Charlier la série qui s'est appelée d'abord "Fort Navajo", du nom du 1er épisode. Que dire ? C'est le western-référence, qui voit la formation de ce duo de génie, et la naissance d'un personnage emblématique du western en BD; n'ayons pas peur des mots: "Blueberry" est le plus important western réaliste de la BD européenne, et sans doute de la BD mondiale, même les Américains le reconnaissent, c'est en Europe que le genre a atteint une mythologie alors que paradoxalement au pays des cowboys, les dessinateurs préféraient des mecs en collants moulants et en cape qui sauvaient le monde. Charlier, l'un des plus prolifiques scénaristes de la BD franco-belge, donne ici libre cours à son formidable talent de conteur, et transfigure l'Ouest mythique, très influencé par Hollywood, et plutôt marqué par la cause indienne, qu'il enrichit à sa façon. De son côté, Gir, au départ influencé par son maître Jijé avec qui il a collaboré sur Jerry Spring, va réussir peu à peu à le dépasser dans la précision, le mouvement, le cadrage, le décor, la finition, les scènes d'action; son dessin, au début pas très beau et peu fidèle dans les visages des personnages , va considérablement s'affiner, et chaque image attestera de sa virtuosité graphique dont la valeur se trouve renforcée par l'emploi très étudié de la couleur ou des hachures, tout en abandonnant progressivement la ressemblance physique avec J.P. Belmondo qu'il avait donnée à son héros. Son sens de l'espace est bien rendu par des cadrages travaillés et très cinématographiques. La série se compose de plusieurs cycles plus ou moins longs, dont le premier est d'emblée le plus prodigieux, constitué de 5 albums. C'est un chef-d'oeuvre de narration au graphisme encore très marqué par Jijé (flagrant dans les 2 premiers, Fort Navajo, et Tonnerre à l'Ouest) et où Charlier peut développer une histoire sur une longue échéance; c'est un ensemble fabuleux situé en plein conflit indien, qui contient tous les souvenirs de cinéphiles, c'est aussi et surtout un cycle à la gloire de la nation indienne qui fut meurtrie par l'homme blanc méprisable, incapable de comprendre ce peuple magnifique, et qui ne sut que l'exterminer; c'est aujourd'hui la honte de l'Amérique. Charlier élabore des personnages pittoresques, multiplie les rebondissements et les scènes d'action, tempérées par de l'humour, et truffe ses dialogues d'expressions argotiques U.S. (Gosh, Hell, Blood n' guts). Le seul défaut étant un texte souvent abondant, ampoulé et littéraire qui alourdit parfois un peu l'image; c'est propre à l'époque dans la BD franco-belge. Un autre cycle très fort, où Gir a atteint une maturité hors du commun, est celui du trésor sudiste (Chihuahua Pearl, L'Homme qui valait 500 000 $, Ballade pour un cercueil, Hors-la-loi) bien qu'inférieur cependant au cycle précédent (Le Cheval de Fer, L'Homme au poing d'acier, la Piste des Sioux, Général Tête-Jaune) encore impliqué dans le conflit indien. Ces deux cycles subissent l'influence du cinéma, car lorsque Hollywood a imposé la mode des westerns crépusculaires, la série en a adopté le style; de même que la nouvelle conception du western vue par Sergio Leone est également perceptible dans la bande à cette époque. Au niveau des personnages, des figures archétypiques de l'Ouest côtoient le héros, tels Jimmy McClure, le vieux prospecteur imbibé de whisky, Red Neck l'aventurier pisteur aguerri, des officiers bornés et racistes comme le major Bascom ou le général Allister, des femmes comme la belle Chihuahua Pearl, aventurière cynique dont Blueberry tombera amoureux, des Indiens fourbes et envahis par la haine tel Quanah, des Mexicains toujours dépeints comme des êtres dépourvus de scrupules, comme le perfide Vigo, des Jay-Hawkers comme Finlay et Kimball, ou encore des badmen comme Angel Face. Il est intéressant de suivre l'évolution de Mike Blueberry, qui au départ est un lieutenant de U.S. Army, bien qu'indiscipliné et tête brûlée, au caractère cynique mais enclin à l'héroïsme, qui dès le 3ème album prend l'aspect hirsute, pouilleux et mal rasé qui ne le quittera plus tant qu'il sera un anti-héros, jusqu'à la rédemption et la réhabilitation. Ce revirement s'explique par les temps qui ont changé: durant ces épisodes, nous sommes au début puis au milieu des années 70, et le héros pur au cinéma a depuis longtemps disparu, les auteurs ont donc intégré cet élément. Les 2 séries parallèles La Jeunesse de Blueberry et Marshal Blueberry n'ont pas apporté grand chose à la fantastique réussite de la série-mère qui reste un monument de la BD, et dont tout bédéphile doit au moins avoir lu une fois 1 album ou 2. Une série indispensable.

13/06/2013 (modifier)