Sans la récente lecture de l’excellent Cycloman réédité par Cornélius sur un sujet à priori similaire (les superhéros à la french touch) et la présence intriguée de cette grosse intégrale aux accents comics (les annotations Comics sont reprises dessus comme sur un bon vieux Strange), il y a de fortes chances que je serais passé complètement à côté de l’œuvre de Hervé Bourhis et quelle grave erreur ça aurait été !
Car si Cycloman est aussi rafraichissant et drôle dans notre paysage franco-belge, Comix Remix emprunte une voix bien plus sombre que ses dessins épurés et colorés et rappelle davantage Watchmen et Donjon avec une ambition plutôt impressionnante pour une œuvre passé aussi inaperçue…
Petit retour en arrière : dans une mégalopole aussi industrielle qu’étouffante se cotoyent êtres humains et monstres… Parmi cette population se distinguent les superhéros eux même retranchés en deux partis : la « Corporation », entité officielle garni d’êtres parfaits physiquement mais cachant de sombres desseins politiques et vendant ses attributs aux plus généreux et le clan des Clandestins, reclus de tous genres et de toute origine condamnés à exercer des actes dits terroristes pour lutter contre la suprématie de Miss Honolulu, mystérieuse femme à l’aura tentaculaire….
Le récit commence avec l’assassinat de Mister Mercure, le superhéros le plus adulé de la « Corporation » et la convoitise de son fils John-John et de sa veuve par tous les bords. Tout ceci va mettre le feu au poudre au sens propre comme au figuré et permettre à Hervé Bourhis de déployer un bestiaire des plus atypiques et riches rarement vus dans un récit de ce genre en confrontant monstres roses charismatiques et super collants fascistes sans oublier attaques de monstres géants dans un final apocalyptique des plus délétères !
Ne vous fiez pas au dessin enfantin ni au titre représentant davantage l’hommage de Bourhis aux lectures de son enfance, si le début du récit est âpre et déstabilisant avec cette exposition de personnages multiples et complexes, la narration se fait plus prenante et bien structurée, multipliant les points de vue et les actions de tout bord… Il n’existe de surcroit nul personnage véritablement vertueux, chacun possède ses failles et l’auteur utilise beaucoup de subtilités dont une seconde lecture permet de cerner certaines réponses à des énigmes sans pour autant les surligner d’un fluo.
Habile récit sur les différences raciales ou sociales, les dangers d’une politique manipulée par le profit et tout en s’appuyant sur des propos terriblement humains, Bourhis construit un récit rythmé et poignant dont le pessimisme transpire à chaque page sans pour autant négliger quelques pages d’humour avec le regard émouvant ou naïf d’enfants dépassés par leurs responsabilités ou des histoires d’amour inavouées aux destinées tragiques quand il n’y insuffle pas un peu de poésie noire dissimulée dans les bas-fonds d’une ville gagnrénée par l’incommucabilité de ses citoyens.
En finalement si peu de pages et sur 3 tomes au contenu incroyablement riche et doté d’une galerie de monstres exceptionnels s’affrontant pour un idéal perdu (voir le charismatique Epominodas, homme chewing-gum affronter le ténébreux Mister Spice est un pur régal), Comix Remix se dote des plus beaux atouts pour offrir un récit aussi riche qu’un Donjon et complexe qu’un Watchmen sur des bases totalement différentes.
Dans les quelques bonus de cette intégrale, l’auteur se réjouit du nouveau format plus adapté de cette intégrale en espérant qu’elle aura plus de lisibilité et d’impact en librairie et à la conclusion de cette jolie saga, c’est également tout le mal que je lui souhaite… Ne vous fiez pas au titre faussement parodique et imprégnez vous de l’univers unique et ambitieux de Hervé Bourhis, lisez Comix Remix, joli coup de cœur injustement passé inaperçu.
Indispensable pour tous les passionnés d'histoire...!!! J'étais récemment un peu déçu par toutes les séries qui revisitaient un peu trop l'histoire, qui la romançaient outre mesure. J'ai trouvé au travers de ces 5 tomes avalés en un rien de temps des détails et un respect de l'histoire notables.
Une lecture qui donne envie d'approfondir encore plus ses connaissances sur cette période. D'ailleurs le fait de choisir une période aussi restreinte de l'histoire de France au premier abord peut rebuter mais on se rend vite compte que cette période d'une trentaine d'année regorge de rebondissements.
Vivement la suite !!!
Voici un des chefs d'oeuvre de Tezuka.
L'histoire des 3 Adolf nous plonge dans les années 30 et 40 au Japon et en Allemagne. On suit le destin de deux Adolf alors que l'élection du 3eme (Hitler) va bouleverser leur relation. L'un juif japonais et l'autre allemand fils de diplomate nazi vont voir leurs chemins se séparer. Rajoutez des intrigues secondaires avec des personnages travaillés et intéressants et vous obtenez un cocktail parfait.
Le dessin est dynamique et bien réalisé, toujours aussi reconnaissable.
Une oeuvre à découvrir surtout dans sa version Deluxe.
Sans doute la meilleure série de Loisel (pour moi).
La plongée dans un Londres sale et agressif n'est pas sans rappeler Oliver Twist. Loisel joue bien des références et chaque personnage se construit au fil des albums et rend cette oeuvre profondément intéressante.
Le dessin n'est pas en reste et en terme de détails et de couleurs, je le trouve approprié limite parfait.
Une oeuvre à découvrir et à relire afin d'en apprécier toutes les subtilités.
C'est le Transperceneige aux mille et un wagons, le dernier refuge de la civilisation...
Dans un monde mort et glacé roule depuis plus de 20 ans un train, dans lequel se sont réfugiés les derniers humains. Un train qui est bien sûr l'allégorie de l'humanité, coincée sur sa petite planète parcourant sans fin la même orbite, dans un espace mort, hostile et froid, sans connaître le but de son existence, si même il y en a un. Avec sa succession de wagons, le train est aussi une métaphore de la société : les riches devant, les pauvres derrière, mais tous embarqués ensemble et condamnés à cohabiter.
Dans ce monde clos et hiérarchisé va se glisser un grain de sable. Un "queutard" s'est échappé des wagons de queue, les plus pauvres, pourtant isolés des autres par une porte blindée. Il a rejoint une partie du convoi à laquelle il n'aurait jamais du accéder. Et voilà que le président lui-même demande à le voir, dans les wagons de tête. Proloff (le nom est transparent !) va donc remonter tout le train, accompagné d'Adeline Belleau, une belle humanitaire, fascinée par cet échappé du "tiers-convoi".
Lob et Rochette exploitent à merveille toutes les potentialités de l'univers clos qu'ils ont imaginé et trouvent des solutions originales pour répondre aux questions que se pose le lecteur : pourquoi ce train roule-t-il sans s'arrêter ? Que s'est-il passé ? Comment y mange-t-on et y boit-on, puisqu'il ne s'est pas arrêté depuis 20 ans ? Qu'y fait-on ?
Le dessin, la construction des pages et la caractérisation des personnages sont à la hauteur du récit. Pas de couleur, mais un noir et blanc presque obligatoire pour ce monde plongé dans la nuit et la neige.
Un seul bémol : les militaires sont forcément bêtes et méchants, les dirigeants véreux et inhumains, les prêtres fanatiques et soumis au pouvoir en place. C'est un peu le cahier des charges minimal pour un univers post-apocalyptique. Mais un peu plus de nuance et de complexité humaine aurait enrichi le propos.
Pour autant, le récit n'est pas si manichéiste. Personne n'est vraiment bon dans cette affaire. Et les plus pauvres eux-mêmes ne sont pas pour autant meilleurs que les riches.
Une histoire marquante, en tout cas, qu'on lit d'une traite, sur la trace de Proloff et Adeline, jusqu'à une fin originale, tout à fait à la hauteur du récit.
Je ne suis pas fan de western mais une curieuse de première.
J'ai découvert HW sur Sandawe, très bon site de crowdfunding, le meilleur à mon sens !
J'ai donc fait la démarche de trouver ce premier opus de Hell West en librairie, plus par curiosité que par envie et je suis tombée sous le charme.
Les couleurs dominantes, blanc noir rouge donnent à elles seules une dimension particulière à cette oeuvre.
Les persos sont intenses, dûs à leur personnalité et aux dessins de Vervisch.
C'est un concept nouveau d'histoire, c'est un concept nouveau de format.
Pour une BD, ça n'est pas commun et c'est ce qui attire l'oeil !
Je recommande chaudement et vivement cet ouvrage, mais recommande encore plus vivement à chacun , d'entrer dans la tribu Sandawe, afin de permettre à chacun d'apporter son aide aux BD de demain ! L'aventure est fantastique.
Voilà une oeuvre étonnante et originale !
Même s'il est peut-être souvent trop " appliqué " , j'ai trouvé le dessin bon, que ce soit dans les scènes réalistes ou dans les rêves et autres délires.
L'histoire en elle-même est assez brutale, brute et, un peu comme "Johnny got his gun", le corps du soldat, par sa volonté d'être là, d'être tout court, peut être vu comme une charge anti-militariste. Horreur et ironie se joignent d'ailleurs au visuel du héros déchu lors des nombreux apartés, flash back rappelant le passé glorieux et soldatesque de celui qui n'est plus que moignons.
Mais ce sont bien sûr les relations spéciales qui se renouent avec sa femme dès sa sortie de l'hôpital qui sont au centre de ce curieux album. Qui en font une étrangeté.
En effet, entre corps de l'un et vie sociale de l'autre, c'est l'atrophie qui gagne le couple, le sexe étant alors le seul moyen de garder un lien entre eux deux.
Alors, histoire et dessins sont fortement teintés de surréalisme, et pas seulement dans les rêves ! D'ailleurs, plus qu'à Clovis Trouille, cité dans la préface, c'est plutôt à Hans Bellmer que j'ai pensé en voyant ce corps "défait", mais gardant sa puissance érotique.
La violence des relations physiques, où les pulsions de la femme la poussent à rendre aveugle son mari, dans une relation sado-masochiste unissant Eros et Thanatos, renvoie à Bataille, bien sûr. Je ne peux moi m'empêcher de penser qu'en fermant ses yeux, elle rend à son mari un dernier service, lui qui ne voulait sûrement plus voir le monde tel qu'il était devenu pour lui.
Une oeuvre dérangeante donc, mais belle ! On est ici très loin de l'album érotique ou pornographique de base, et l'achat est même à éviter si vous ne cherchez que des scènes explicites de sexe pour le sexe. Il y a ici beaucoup de cérébral, une poésie noire, qui fait que je m'attendais à la fin à voir un papillon s'envoler du puits...
A ne pas mettre entre toutes les mains, certes, mais à découvrir tout de même !
Ah la quète de l'oiseau du temps ... Une série culte qui m'a marqué à vie (même si maintenant je ne suis plus fan de Loisel comme c'était le cas à l'époque). J'ai fait le tour. Il n’empêche que cette "petite" saga (4 tomes c'est quand même peu) a marqué toute une génération et bien plus encore. Tout d'abord c'est la 1ère série d'héroic fantasy française, loin de l'ambiance des américains Conan ou Corben. Et puis le dessin de Loisel ... Inimitable, très chaleureux mais avec des accès de violence. Ses personnages sont immédiatement reconnaissables avec beaucoup de personnalité. C'est du Loisel quoi.
A l'époque mon album préféré était Le Rige mais maintenant c'est plus L'oeuf des Ténèbres et puis Le Temple de l'Oubli. Ces 2 albums sont déments. Le Temple de l'Oubli tout d'abord ; avec son temple de l'oubli donc dans lequel il y a les petites créatures qui t'hypnotisent en te faisant perdre la mémoire. C'est génial comme idée. Et puis j'aime beaucoup l'aspect des gardiens du temple.
Et puis surtout L'oeuf des Ténèbres: mon album préféré. La montagne avec la gardienne nue au milieu de ses volatiles. Les dessins sont superbes. Et puis la course poursuite à la fin avec les barbares cannibales puis quand ils se réfugient dans la bibliothèque et qu'ils coupent la main de Balrog... pour moi c'est surtout ces scènes (et puis d'autres) qui font la puissance de La Quête ...
Après je ne suis particulièrement archi-fan des personnages. Pelisse, Bragon et les autres ne m'ont pas marqué autant que certains lecteurs apparemment. Mais ils s'incorporent vraiment bien à l'histoire. et je pense que ce qui a fait (entre autre) le succès de cette série c'est qu'il n' y a pas de héros cliché que l'on peut retrouver dans l'héroic fantasy (le barbare, le nain, l'elfe, la princesse guerrière). Enfin si mais ils ont tous un "défaut". Bragon est un vieux chevalier, Pélisse est un peu trop plantureuse (quoique canon c'est sûr), Balrog moche et le l'inconnu un peu crétin ... Le Rige est vieux lui aussi. de plus dans les 4 tomes il n' y a pas vraiment de "combats de ouf contre des orqs ou autres monstres. Non l’intérêt est ailleurs. Plus dans les ambiances et l'originalité des situations. C'est ce qui fait tout le charme de cette série. C'est le côté "européen"
J'ai également acheté "L'Ami Javin" à sa sortie. J'avais bien aimé mais rien à voir avec la série originelle donc je n'ai pas acheté la suite.
Au même titre que de prendre un acide au festival de Montrey en 1967 devant les Jefferson Airplane, trainer avec des keupons dans Berlin Est pendant les 80's, et écouter du Crass dans des squats fait partie de mes fantasmes liés à ma culture musicale (fantasmes certes glauques et sûrement peu corrects historiquement parlant, mais bon, ce n'est pas comme si j'allais les assouvir ces fantasmes).
C'est pourquoi "Les pieds dans le béton" m'a attiré dès sa sortie.
De par sa thématique donc (car oui, j'ai écouté massivement, et écoute toujours un peu de musique punk), mais aussi par son graphisme.
Sans encrage et au crayonné apparent, cette succession de lavis rouge et bleu est un délice pour les yeux. Le graphisme parait assez doux, mais arrive à sublimer les nombreux passages intenses et/ou de violences. J'adore ce style très dynamique, semi réaliste, assez épuré mais fourmillant de nuances grâce à l'aquarelle : en plus de servir admirablement bien le récit, les planches sont un régal pour les yeux.
Le scénario donc est assez puissant. Dans le postulat, il ressemble un peu à l'excellent film Le Grand soir (avec Dupontel et Poelvoorde) ; deux amis d'enfance se retrouvent par hasard, l'un est depuis toujours un sdf-punk vivant complétement en marge de la société, alors que le second a essayé de s’adapter, pensait avoir réussi, avec son emploi de cadre, mais pète finalement un plomb et part de chez lui. Ce récit est entrecoupé de certains de leurs souvenirs communs. Cette histoire est poignante, avec des passages d'une grande intensité (le concert, la fin), mais des fois aussi d'une grande tristesse et violence.
Mon premier coup de cœur pour une BD sortie en 2013 : voici une histoire excellente qui ravira, je pense, quasiment tout le monde, que l'on apprécie les cris dans les micros, les riffs de guitares en power chords, les rythme BBB (de batterie, binaires et bourrins), les "OI ! OI ! OI!", les chiens, la bière, les rangers, les anti-fafs, le crack, les perfectos, les crêtes dégueulasses ou non.
Cette BD est vraiment magnifique, les dessins sublimes et l'histoire bien pensée, c'est mon coup de coeur du moment.
Ca parle d'une fille qui veut devenir romancière et, en attendant, elle écrit des carnets.
J'ai beaucoup aimé le côté mystérieux, on avait envie de découvrir la suite. Le dessin de la fin m'a beaucoup émue, mais ça, c'est à vous de découvrir...
Franchement je vous conseille cette BD et je lui mets la note exceptionnelle de 5/5...
Vraiment hâte d'avoir la suite!^_^
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Comix Remix
Sans la récente lecture de l’excellent Cycloman réédité par Cornélius sur un sujet à priori similaire (les superhéros à la french touch) et la présence intriguée de cette grosse intégrale aux accents comics (les annotations Comics sont reprises dessus comme sur un bon vieux Strange), il y a de fortes chances que je serais passé complètement à côté de l’œuvre de Hervé Bourhis et quelle grave erreur ça aurait été ! Car si Cycloman est aussi rafraichissant et drôle dans notre paysage franco-belge, Comix Remix emprunte une voix bien plus sombre que ses dessins épurés et colorés et rappelle davantage Watchmen et Donjon avec une ambition plutôt impressionnante pour une œuvre passé aussi inaperçue… Petit retour en arrière : dans une mégalopole aussi industrielle qu’étouffante se cotoyent êtres humains et monstres… Parmi cette population se distinguent les superhéros eux même retranchés en deux partis : la « Corporation », entité officielle garni d’êtres parfaits physiquement mais cachant de sombres desseins politiques et vendant ses attributs aux plus généreux et le clan des Clandestins, reclus de tous genres et de toute origine condamnés à exercer des actes dits terroristes pour lutter contre la suprématie de Miss Honolulu, mystérieuse femme à l’aura tentaculaire…. Le récit commence avec l’assassinat de Mister Mercure, le superhéros le plus adulé de la « Corporation » et la convoitise de son fils John-John et de sa veuve par tous les bords. Tout ceci va mettre le feu au poudre au sens propre comme au figuré et permettre à Hervé Bourhis de déployer un bestiaire des plus atypiques et riches rarement vus dans un récit de ce genre en confrontant monstres roses charismatiques et super collants fascistes sans oublier attaques de monstres géants dans un final apocalyptique des plus délétères ! Ne vous fiez pas au dessin enfantin ni au titre représentant davantage l’hommage de Bourhis aux lectures de son enfance, si le début du récit est âpre et déstabilisant avec cette exposition de personnages multiples et complexes, la narration se fait plus prenante et bien structurée, multipliant les points de vue et les actions de tout bord… Il n’existe de surcroit nul personnage véritablement vertueux, chacun possède ses failles et l’auteur utilise beaucoup de subtilités dont une seconde lecture permet de cerner certaines réponses à des énigmes sans pour autant les surligner d’un fluo. Habile récit sur les différences raciales ou sociales, les dangers d’une politique manipulée par le profit et tout en s’appuyant sur des propos terriblement humains, Bourhis construit un récit rythmé et poignant dont le pessimisme transpire à chaque page sans pour autant négliger quelques pages d’humour avec le regard émouvant ou naïf d’enfants dépassés par leurs responsabilités ou des histoires d’amour inavouées aux destinées tragiques quand il n’y insuffle pas un peu de poésie noire dissimulée dans les bas-fonds d’une ville gagnrénée par l’incommucabilité de ses citoyens. En finalement si peu de pages et sur 3 tomes au contenu incroyablement riche et doté d’une galerie de monstres exceptionnels s’affrontant pour un idéal perdu (voir le charismatique Epominodas, homme chewing-gum affronter le ténébreux Mister Spice est un pur régal), Comix Remix se dote des plus beaux atouts pour offrir un récit aussi riche qu’un Donjon et complexe qu’un Watchmen sur des bases totalement différentes. Dans les quelques bonus de cette intégrale, l’auteur se réjouit du nouveau format plus adapté de cette intégrale en espérant qu’elle aura plus de lisibilité et d’impact en librairie et à la conclusion de cette jolie saga, c’est également tout le mal que je lui souhaite… Ne vous fiez pas au titre faussement parodique et imprégnez vous de l’univers unique et ambitieux de Hervé Bourhis, lisez Comix Remix, joli coup de cœur injustement passé inaperçu.
Le Trône d'argile
Indispensable pour tous les passionnés d'histoire...!!! J'étais récemment un peu déçu par toutes les séries qui revisitaient un peu trop l'histoire, qui la romançaient outre mesure. J'ai trouvé au travers de ces 5 tomes avalés en un rien de temps des détails et un respect de l'histoire notables. Une lecture qui donne envie d'approfondir encore plus ses connaissances sur cette période. D'ailleurs le fait de choisir une période aussi restreinte de l'histoire de France au premier abord peut rebuter mais on se rend vite compte que cette période d'une trentaine d'année regorge de rebondissements. Vivement la suite !!!
L'Histoire des 3 Adolf
Voici un des chefs d'oeuvre de Tezuka. L'histoire des 3 Adolf nous plonge dans les années 30 et 40 au Japon et en Allemagne. On suit le destin de deux Adolf alors que l'élection du 3eme (Hitler) va bouleverser leur relation. L'un juif japonais et l'autre allemand fils de diplomate nazi vont voir leurs chemins se séparer. Rajoutez des intrigues secondaires avec des personnages travaillés et intéressants et vous obtenez un cocktail parfait. Le dessin est dynamique et bien réalisé, toujours aussi reconnaissable. Une oeuvre à découvrir surtout dans sa version Deluxe.
Peter Pan
Sans doute la meilleure série de Loisel (pour moi). La plongée dans un Londres sale et agressif n'est pas sans rappeler Oliver Twist. Loisel joue bien des références et chaque personnage se construit au fil des albums et rend cette oeuvre profondément intéressante. Le dessin n'est pas en reste et en terme de détails et de couleurs, je le trouve approprié limite parfait. Une oeuvre à découvrir et à relire afin d'en apprécier toutes les subtilités.
Le Transperceneige
C'est le Transperceneige aux mille et un wagons, le dernier refuge de la civilisation... Dans un monde mort et glacé roule depuis plus de 20 ans un train, dans lequel se sont réfugiés les derniers humains. Un train qui est bien sûr l'allégorie de l'humanité, coincée sur sa petite planète parcourant sans fin la même orbite, dans un espace mort, hostile et froid, sans connaître le but de son existence, si même il y en a un. Avec sa succession de wagons, le train est aussi une métaphore de la société : les riches devant, les pauvres derrière, mais tous embarqués ensemble et condamnés à cohabiter. Dans ce monde clos et hiérarchisé va se glisser un grain de sable. Un "queutard" s'est échappé des wagons de queue, les plus pauvres, pourtant isolés des autres par une porte blindée. Il a rejoint une partie du convoi à laquelle il n'aurait jamais du accéder. Et voilà que le président lui-même demande à le voir, dans les wagons de tête. Proloff (le nom est transparent !) va donc remonter tout le train, accompagné d'Adeline Belleau, une belle humanitaire, fascinée par cet échappé du "tiers-convoi". Lob et Rochette exploitent à merveille toutes les potentialités de l'univers clos qu'ils ont imaginé et trouvent des solutions originales pour répondre aux questions que se pose le lecteur : pourquoi ce train roule-t-il sans s'arrêter ? Que s'est-il passé ? Comment y mange-t-on et y boit-on, puisqu'il ne s'est pas arrêté depuis 20 ans ? Qu'y fait-on ? Le dessin, la construction des pages et la caractérisation des personnages sont à la hauteur du récit. Pas de couleur, mais un noir et blanc presque obligatoire pour ce monde plongé dans la nuit et la neige. Un seul bémol : les militaires sont forcément bêtes et méchants, les dirigeants véreux et inhumains, les prêtres fanatiques et soumis au pouvoir en place. C'est un peu le cahier des charges minimal pour un univers post-apocalyptique. Mais un peu plus de nuance et de complexité humaine aurait enrichi le propos. Pour autant, le récit n'est pas si manichéiste. Personne n'est vraiment bon dans cette affaire. Et les plus pauvres eux-mêmes ne sont pas pour autant meilleurs que les riches. Une histoire marquante, en tout cas, qu'on lit d'une traite, sur la trace de Proloff et Adeline, jusqu'à une fin originale, tout à fait à la hauteur du récit.
Hell West
Je ne suis pas fan de western mais une curieuse de première. J'ai découvert HW sur Sandawe, très bon site de crowdfunding, le meilleur à mon sens ! J'ai donc fait la démarche de trouver ce premier opus de Hell West en librairie, plus par curiosité que par envie et je suis tombée sous le charme. Les couleurs dominantes, blanc noir rouge donnent à elles seules une dimension particulière à cette oeuvre. Les persos sont intenses, dûs à leur personnalité et aux dessins de Vervisch. C'est un concept nouveau d'histoire, c'est un concept nouveau de format. Pour une BD, ça n'est pas commun et c'est ce qui attire l'oeil ! Je recommande chaudement et vivement cet ouvrage, mais recommande encore plus vivement à chacun , d'entrer dans la tribu Sandawe, afin de permettre à chacun d'apporter son aide aux BD de demain ! L'aventure est fantastique.
La Chenille
Voilà une oeuvre étonnante et originale ! Même s'il est peut-être souvent trop " appliqué " , j'ai trouvé le dessin bon, que ce soit dans les scènes réalistes ou dans les rêves et autres délires. L'histoire en elle-même est assez brutale, brute et, un peu comme "Johnny got his gun", le corps du soldat, par sa volonté d'être là, d'être tout court, peut être vu comme une charge anti-militariste. Horreur et ironie se joignent d'ailleurs au visuel du héros déchu lors des nombreux apartés, flash back rappelant le passé glorieux et soldatesque de celui qui n'est plus que moignons. Mais ce sont bien sûr les relations spéciales qui se renouent avec sa femme dès sa sortie de l'hôpital qui sont au centre de ce curieux album. Qui en font une étrangeté. En effet, entre corps de l'un et vie sociale de l'autre, c'est l'atrophie qui gagne le couple, le sexe étant alors le seul moyen de garder un lien entre eux deux. Alors, histoire et dessins sont fortement teintés de surréalisme, et pas seulement dans les rêves ! D'ailleurs, plus qu'à Clovis Trouille, cité dans la préface, c'est plutôt à Hans Bellmer que j'ai pensé en voyant ce corps "défait", mais gardant sa puissance érotique. La violence des relations physiques, où les pulsions de la femme la poussent à rendre aveugle son mari, dans une relation sado-masochiste unissant Eros et Thanatos, renvoie à Bataille, bien sûr. Je ne peux moi m'empêcher de penser qu'en fermant ses yeux, elle rend à son mari un dernier service, lui qui ne voulait sûrement plus voir le monde tel qu'il était devenu pour lui. Une oeuvre dérangeante donc, mais belle ! On est ici très loin de l'album érotique ou pornographique de base, et l'achat est même à éviter si vous ne cherchez que des scènes explicites de sexe pour le sexe. Il y a ici beaucoup de cérébral, une poésie noire, qui fait que je m'attendais à la fin à voir un papillon s'envoler du puits... A ne pas mettre entre toutes les mains, certes, mais à découvrir tout de même !
La Quête de l'Oiseau du Temps
Ah la quète de l'oiseau du temps ... Une série culte qui m'a marqué à vie (même si maintenant je ne suis plus fan de Loisel comme c'était le cas à l'époque). J'ai fait le tour. Il n’empêche que cette "petite" saga (4 tomes c'est quand même peu) a marqué toute une génération et bien plus encore. Tout d'abord c'est la 1ère série d'héroic fantasy française, loin de l'ambiance des américains Conan ou Corben. Et puis le dessin de Loisel ... Inimitable, très chaleureux mais avec des accès de violence. Ses personnages sont immédiatement reconnaissables avec beaucoup de personnalité. C'est du Loisel quoi. A l'époque mon album préféré était Le Rige mais maintenant c'est plus L'oeuf des Ténèbres et puis Le Temple de l'Oubli. Ces 2 albums sont déments. Le Temple de l'Oubli tout d'abord ; avec son temple de l'oubli donc dans lequel il y a les petites créatures qui t'hypnotisent en te faisant perdre la mémoire. C'est génial comme idée. Et puis j'aime beaucoup l'aspect des gardiens du temple. Et puis surtout L'oeuf des Ténèbres: mon album préféré. La montagne avec la gardienne nue au milieu de ses volatiles. Les dessins sont superbes. Et puis la course poursuite à la fin avec les barbares cannibales puis quand ils se réfugient dans la bibliothèque et qu'ils coupent la main de Balrog... pour moi c'est surtout ces scènes (et puis d'autres) qui font la puissance de La Quête ... Après je ne suis particulièrement archi-fan des personnages. Pelisse, Bragon et les autres ne m'ont pas marqué autant que certains lecteurs apparemment. Mais ils s'incorporent vraiment bien à l'histoire. et je pense que ce qui a fait (entre autre) le succès de cette série c'est qu'il n' y a pas de héros cliché que l'on peut retrouver dans l'héroic fantasy (le barbare, le nain, l'elfe, la princesse guerrière). Enfin si mais ils ont tous un "défaut". Bragon est un vieux chevalier, Pélisse est un peu trop plantureuse (quoique canon c'est sûr), Balrog moche et le l'inconnu un peu crétin ... Le Rige est vieux lui aussi. de plus dans les 4 tomes il n' y a pas vraiment de "combats de ouf contre des orqs ou autres monstres. Non l’intérêt est ailleurs. Plus dans les ambiances et l'originalité des situations. C'est ce qui fait tout le charme de cette série. C'est le côté "européen" J'ai également acheté "L'Ami Javin" à sa sortie. J'avais bien aimé mais rien à voir avec la série originelle donc je n'ai pas acheté la suite.
Les Pieds dans le Béton
Au même titre que de prendre un acide au festival de Montrey en 1967 devant les Jefferson Airplane, trainer avec des keupons dans Berlin Est pendant les 80's, et écouter du Crass dans des squats fait partie de mes fantasmes liés à ma culture musicale (fantasmes certes glauques et sûrement peu corrects historiquement parlant, mais bon, ce n'est pas comme si j'allais les assouvir ces fantasmes). C'est pourquoi "Les pieds dans le béton" m'a attiré dès sa sortie. De par sa thématique donc (car oui, j'ai écouté massivement, et écoute toujours un peu de musique punk), mais aussi par son graphisme. Sans encrage et au crayonné apparent, cette succession de lavis rouge et bleu est un délice pour les yeux. Le graphisme parait assez doux, mais arrive à sublimer les nombreux passages intenses et/ou de violences. J'adore ce style très dynamique, semi réaliste, assez épuré mais fourmillant de nuances grâce à l'aquarelle : en plus de servir admirablement bien le récit, les planches sont un régal pour les yeux. Le scénario donc est assez puissant. Dans le postulat, il ressemble un peu à l'excellent film Le Grand soir (avec Dupontel et Poelvoorde) ; deux amis d'enfance se retrouvent par hasard, l'un est depuis toujours un sdf-punk vivant complétement en marge de la société, alors que le second a essayé de s’adapter, pensait avoir réussi, avec son emploi de cadre, mais pète finalement un plomb et part de chez lui. Ce récit est entrecoupé de certains de leurs souvenirs communs. Cette histoire est poignante, avec des passages d'une grande intensité (le concert, la fin), mais des fois aussi d'une grande tristesse et violence. Mon premier coup de cœur pour une BD sortie en 2013 : voici une histoire excellente qui ravira, je pense, quasiment tout le monde, que l'on apprécie les cris dans les micros, les riffs de guitares en power chords, les rythme BBB (de batterie, binaires et bourrins), les "OI ! OI ! OI!", les chiens, la bière, les rangers, les anti-fafs, le crack, les perfectos, les crêtes dégueulasses ou non.
Les Carnets de Cerise
Cette BD est vraiment magnifique, les dessins sublimes et l'histoire bien pensée, c'est mon coup de coeur du moment. Ca parle d'une fille qui veut devenir romancière et, en attendant, elle écrit des carnets. J'ai beaucoup aimé le côté mystérieux, on avait envie de découvrir la suite. Le dessin de la fin m'a beaucoup émue, mais ça, c'est à vous de découvrir... Franchement je vous conseille cette BD et je lui mets la note exceptionnelle de 5/5... Vraiment hâte d'avoir la suite!^_^