Les derniers avis (9616 avis)

Par herve
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Voyage d'Abel
Le Voyage d'Abel

Seulement édité à 1000 exemplaires, cet ouvrage de 72 pages m'a été chaudement recommandé par mon libraire. Bien lui en a pris car cette histoire d'Abel, agriculteur malgré lui, tient à la fois de la tragédie, du comique et de la poésie. Cette chronique sociale peut parfois faire songer à l'univers de Simon Hureau ou encore de celui d'Etienne Davodeau mais Lisa Belvent apporte dans son scénario une touche de réalisme du quotidien qui touche le lecteur (les courses, le café, les contraintes de l'agriculteur...), le tout appuyé par un superbe dessin de Bruno Duhamel qui restitue avec talent des situations le plus souvent cocasses (le running gag du chien par exemple). Mais cela n'est pas tout, Duhamel nous offre des scènes champêtres de toute beauté. Un livre drôle, émouvant et surtout formidablement bien construit qui aurait pu prendre comme sous-titre, ce vers de Giraudoux: "Veux-tu connaitre le monde? ferme les yeux , Rosemonde" Une belle surprise pour ce début d'année.

01/01/2015 (modifier)
Couverture de la série Urban
Urban

Je le dis d’entrée de jeu, pour moi Urban est un futur classique de la science-fiction, je ne comprends pas comment j’ai pu passer à côté toutes ces années. Urban est une œuvre à plusieurs visages, principalement construite comme un récit d’anticipation on peut aussi y déceler un soupçon de drame post-apocalyptique puis progressivement au fil de l’intrigue le genre du Planet Opera devient vite une évidence. Mais ce qui frappe dans Urban, au-delà de sa capacité à nous émerveiller et nous divertir, ce qui représente déjà une réussite en soi ; c’est sa narration posée qui prend le temps de présenter ses personnages, leur parcours, leur psychologie ; c’est son background qui s’étend et révèle une incroyable richesse à chaque nouvel album ; c’est son histoire qui peut certes présenter des similitudes avec d’autres récits dystopiques mais qui jamais ne propose un contenu téléphoné au contraire, il y a des rebondissements et des séquences émouvantes sans jamais verser complètement dans le pathos. L’intérêt que trouve un auteur à écrire de la SF est qu’il peut s’en servir pour alerter les lecteurs contemporains sur les dérives dangereuses que sont susceptibles d’emprunter nos sociétés actuelles. C’est une caractéristique présente quasiment dans tout classique de SF, et Urban en futur mastodonte du genre n’y manque pas. Ainsi, Luc Brunschwig nous décrit ce que donnerait une société-ville visant à la satisfaction immédiate de ses désirs, une ville autonome où les gens confondent plaisir, envie, consommation, avec le bonheur et la quiétude. Trop abrutis qu’ils sont par la pauvreté et leur travail qu’ils exercent tels des esclaves empilés les uns sur les autres dans des dortoirs qui n’offrent aucune intimité, le début du tome 2 montre ainsi l’envers du décor avec Gunnar Christensen et sa femme, anciens fermiers, obligés de s’exiler sur la colonie de Néo-Amsterdam suite à la catastrophe climatique qui s’est répandue sur la Terre. C’est là l’élément apocalyptique : la Terre n’est plus que Déluge, et la seule parcelle de terre émergente encore des flots est la cité Monplaisir, créée et dirigée par la main virtuelle de l’énigmatique « Springy Fool », le big brother local qui se montre par l’intermédiaire du programme A.L.I.C.E (qui me rappelle La Reine Rouge de Resident Evil). De l’intérieur, Monplaisir ressemble à une mégalopole multiculturelles façon « Blade Runner » de Ridley Scott, vous pensiez accéder au palais des rêves, mais c’est dans le terrier cauchemardesque du lapin blanc que vous êtes tombés. À Monplaisir la justice est galvaudée, aliénée, la satisfaction des plaisirs immédiats prévaut et certains vont en faire le difficile apprentissage comme le jeune Nelson Colton, ou la nouvelle recrue des forces de police, Zach Buzz. Beaucoup le trouve naïf ou niais, mais prenez un français lambda de 19 ans qui a vécu toute sa vie au fin fond de la Beauce puis lâchez-le du jour au lendemain en plein centre-ville de Tokyo au milieu de cosplayers et Otaku… il y aurait de quoi être déboussolé. Zach est le héros type comme je les aime, celui qui fait face à un monde aux règles immondes et amorales, aux antipodes de ce qu’il connaît et chérit. Quoi qu’il arrive il restera droit comme un « i » et fidèle à son code d’honneur qu’il s’efforce de suivre pour ne pas sombrer lui aussi dans ce monde de profonde noirceur mais d’apparence aguichante. Cependant Zach on le ressent petit à petit, n’est pas le personnage phare de la série, il est le ciment permettant à toutes les petites histoires et leurs personnages qui les composent de se rejoindre et de former ainsi la grande histoire. Mais la vraie star c’est bien Monplaisir elle-même, c’est elle qui fascine et intrigue, d’où le côté Planet Opera évoqué plus haut. Il y a aussi Ishrat Akhtar, la prostituée obligée (pléonasme) de se faire tatouer des marques (Honda, McDo, Coca-Cola…) sur l’ensemble du corps pour payer les dettes d’argent de ses parents. Là encore un bel exemple d’alerte sur le devenir de nos sociétés où l’on peut observer ce genre de phénomène de nos jours. Jusqu’où iront les hommes au nom du dieu pognon Mammon ? Si vous n’avez pas d’argent à Monplaisir vous n’êtes qu’un tas de viande inutile dont tous les moyens seront bons pour se débarrasser, physiquement. À l’image de son scénario ambitieux le dessin est fascinant par sa maîtrise, son sens du détail et son raccord avec l’ambiance de la BD, sombre sans négliger le gigantisme béant de la ville. Monplaisir étant une sorte de parc d’attraction grandeur nature, ses touristes se livrent à toutes sortes d’excentricités dignes d’un festival du « Burning Man », toutes et tous sont déguisés. Roberto Ricci est une révélation dans ce domaine, j’imagine que cela a dû être le pied pour lui de dessiner tous ces détails qui foisonnent. Cette richesse graphique est aussi l’occasion d’apporter de la légèreté et une touche humoristique en fond de toile, on se croirait dans une BD de Maëster, à essayer de la localiser dans chaque case. De Son Goku à Mario, Blondin… vous les verrez tous passer à un moment ou un autre. Ainsi, dès la couverture du T1 sur le casque de Darth Vader on peut voir un « Lucas… why ? », « Only the trilogy », le dessinateur essaie t-il de faire passer un message ? ;) Une scène cocasse : un homme déguisé en Captain America enlace une femme déguisée elle, en officier SS. Le petit Nelson est perdu et se met à geindre, à ce moment-là un passant arrive devant lui déguisé en Caliméro. Forcément une série qu’il faudra aussi considérer dans son ensemble lorsque les deux derniers albums sortiront mais on ne va pas bouder notre plaisir, la confiance règne ici.

30/12/2014 (modifier)
Couverture de la série Malefosse
Malefosse

Sans doute saisi par le regret d'avoir abandonné la saga Malefosse reprise par Goepfert, Dermaut a éprouvé le besoin d'y revenir en contant la rencontre de ses 2 héros Gunther et Pritz 30 ans avant les événements de la série-mère, au sein d'un contexte historique qui est déjà la rivalité qui couve entre papistes et huguenots. Le début commence un peu à la manière de Lagardère ("Où que tu ailles, je te retrouverai, je t'ai marqué!"), mais très vite, une suite d'événements s'enchaînent sans temps morts à propos d'une sombre affaire dans laquelle sont mêlés les 2 futurs compagnons de Les Chemins de Malefosse, et dont la première rencontre est assez musclée ; leur amitié date donc de ces années 1560. Dermaut et Gelot réutilisent les mêmes recettes qui ont si bien fonctionné, à savoir entremêler les péripéties et les personnages réels comme Jeanne d'Albret, Coligny, Condé ou Théodore de Bèze, disciple genevois de Calvin à qui échoit un rôle ambigu... avec les futurs héros de la saga Malefosse. Le tout est accompli avec soin au travers d'un scénario habile (avec beaucoup moins de paillardise) et illustré par la perfection graphique de Dermaut. Le traitement en couleurs directes donne un rendu beaucoup plus policé et séduisant à ce préquel, le trait est plus fin, c'est une vraie splendeur ce dessin, aussi bien dans la finition et l'exactitude des décors que dans la régularité des visages, vraiment du grand art ! Et quand en plus, il m'est permis d'y voir mes vieilles tours de La Rochelle (qui étaient reliées par une chaîne la nuit pour fermer le port), au pied desquelles j'ai grandi, c'est un vrai plaisir. Leur aspect est aujourd'hui légèrement différent. D'autres monuments de l'ancienne Rupella apparaissent bien reproduits par Dermaut, comme la tour de la Grosse Horloge ou la Maison Henri II (cet édifice est en réalité inachevé, c'est une simple façade, le fond est vide). De même que l'épisode du jeune Henri de Navarre tombé dans le port est véridique, c'est un soldat qui s'est jeté à l'eau pour le sauver de la noyade, et aujourd'hui encore, l'Hôtel de Ville conserve la statue polychrome d' Henri IV qui lors de son règne est toujours resté "le bien bon amy des Rochelois". Au cours de l'action, les 2 amis passent par l'Hôpital des pèlerins de Pons (à 92 km de La Rochelle), leur progression est encore plus rapide lorsqu'il arrivent à Bordeaux (en passant par la belle Porte Cailhau qui ouvrait à l'époque le rempart sur les quais de la Garonne), ça fait encore 90 km en très peu de temps, surtout par les routes du XVIème siècle et à cheval : ils devraient être éreintés, mais par la magie des ellipses en BD, tout est possible. Même chose pour la Brèche de Roland dans les Pyrénées : c'est totalement invraisemblable ; aujourd'hui pour y arriver, il faut compter 4 h à pied et sous la conduite d'un guide de montagne expérimenté, alors imaginez en 1560... Mis à part ces facilités (qui ont pour seul avantage d'offrir des décors intéressants), je ne vais pas chipoter, je me suis régalé avec ce diptyque sur l'un des futurs duos de légende de la bande dessinée. Mais depuis 2009, rien à l'horizon, espérons que ça va continuer parce que des séries historiques de cet acabit, j'en redemande..

30/12/2014 (modifier)
Par pol
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Ralph Azham
Ralph Azham

Me lancer dans cette série était un petit pari car parmi mes précédentes lectures des autres œuvres de Trondheim, j'avais certes bien aimé les Donjons mais assez diversement le reste et surtout très peu les Lapinot. Et comme généralement je n'aime pas l'heroic fantasy... Mais je la sentais bien cette série que j'imaginais plus proche de l'esprit de Donjon que du reste. Et bien m'en a pris car je me suis régalé. Il m'a fallu un tome pour rentrer dedans, pour être touché par l'esprit et le ton de Ralph Azham. Mais à partir du moment où la sauce a commencé à prendre je n'ai pas pu lâcher la série avant la fin. Moi qui n'aime pas les quêtes d'héroic-fantasy qui m'ennuient au plus haut point, celle là m'a passionné. Pour de multiples raisons : Parce que le ton est génial. Forcément un peu décalé, j'ai beaucoup apprécié les nombreuses touches d'humour. Il y a vraiment pas mal de situations improbables et décalées qui fonctionnent hyper bien. Et que dire des nombreuses répliques amusantes qui agrémentent les dialogues ? Tout ça donne un esprit que j'ai vraiment apprécié et qui contribue totalement au plaisir de lire ces aventures. Parce que le personnage de Ralph est attachant. Gentil, simple, entier, naïf, drôle. Bref, vraiment attachant. Parce que le dessin faussement enfantin colle à merveille à ce récit et il contribue parfaitement à rendre cette histoire amusante et passionnante. Parce que les pouvoirs des "bleuis" sont vraiment très originaux, amusants ou les deux. Et qu'à un moment ou un autre ils servent l'histoire, donc c'est bien vu. Et quand c'est de manière amusante c'est encore plus fort. Et tout simplement parce que cette aventure est prenante, qu'au fil des rebondissements, j'avais vraiment envie de connaitre la suite de cette histoire. Parce que ça a l'air naïf parfois, parce que certaines péripéties semblent juste là pour déconner. Mais, souvent, plus tard on retrouve un lien avec des événements passés qui prennent plus de sens. Tout ça est cohérent, prenant, rudement bien imaginé. Pour toutes ces raisons j'ai dévoré cette série et je la recommande chaudement.

29/12/2014 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Magasin général
Magasin général

2 ans après la sortie du dernier tome de Peter Pan, voici donc le nouveau projet de Régis Loisel. Un projet encore différent de ce qu'il a fait auparavant, puisque "Magasin général" est une chronique rurale, prenant pied dans un petit village québécois entre les deux guerres. Et surtout, un projet réalisé à quatre mains avec son compère Jean-Louis Tripp, autant au scénario qu'au dessin. Alors qu'on pensait que Loisel était l'exemple même de l'individualisme, il surprend son monde en réussissant son osmose avec Tripp pour ce projet. Car on peut parler véritablement d'osmose. Entre le trait "jeté" de Loisel et l'encrage inventif de Tripp, les auteurs ont réussi à trouver un style médian, qui se nourrit des qualités de chacun. Le charme opère presque totalement avec cette histoire. Dans le Nouveau-Monde, beaucoup de villages isolés ne vivaient qu'autour de leurs magasins généraux. Mais d'habitude, nous les Européens, nous ne voyons ça qu'au travers de séries comme La Petite maison dans la prairie ou d'autres, un peu mièvres, faites au Québec. Et en général on se moque de leur accent. L'avantage d'une BD, c'est qu'on n'entend pas les personnages. Ce qui n'empêche pas Tripp et Loisel de retranscrire de belle façon la faconde et le langage fleuri des Québécois, au travers d'expressions bien choisies, mais aussi l'esprit un peu coquin, goguenard si propre à nos cousins. Le résultat ? Une BD d'une extraordinaire fraîcheur, qui parvient à rendre passionnante une histoire pourtant assez banale, sublimée par le talent de deux auteurs en état de grâce. Et une fin qui respecte les canons de la série : magnifique.

25/06/2006 (MAJ le 27/12/2014) (modifier)
Par jul
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Ogres-Dieux
Les Ogres-Dieux

J'avais été grandement interpellé par l'avis de SKamby sur cette magnifique bd arrivée de nulle part jamais entendu parler de ces auteurs) et je me suis donc empressé d'écrire une lettre recommandée au père noël qui a réussi à choper le dernier tome qui restait quelques jours avant Noël. Enfin terminée la lecture et c'est superbe ! Tout comme les 2 avis précédents j'ai tout d'abord été emballé par l'originalité du concept (un superbe album noir et blanc, ou plutôt avec niveaux de gris informatisés du plus bel effet, des intermèdes sous formes de textes nous présentant l'arbre généalogiques des terribles ogres...). Et puis surtout par la magnificence de ce décor de châteaux gigantesques type mont Saint Michel mais reconstitué au fur et à mesure des dimensions variables des générations d'ogres. Enfin non, le truc qui m'a emballé tout de suite c'est bien sûr cette histoire féerique type conte de fée avec une bonne louche horrifique (je parle bien sûr de l'aspect cannibale et horrible des ogres passant leur temps à festoyer ou à grignoter des troncs humains). Ils ont vraiment des mines terrifiantes (hormis les 2 ogresses ) et tout cela nous rappelle la nature profondément cruelle et horrible du mythe de l'ogre. L'ogre, le vrai, celui qui dévore les humains qu'on avait tendance à oublier dans nombre de récits l'humanisant le plus souvent. Bref sur cet aspect c'est réussi à 200%. Le dessinateur joue merveilleusement bien avec les différences de tailles, certains ogres étant nettement plus grands que d'autres. Donc les visages et les membres sont parfois énormes (et donc plus blancs et immaculés) que certains autres personnages ou architectures plus détaillés, sombres et fouillés. En revanche j'ai eu une micro-déception en refermant les pages de cet album que j'ai tout de même dévoré. Je m'attendais à plus d'aventures, une fin encore meilleure ou que cet album ne s'arrête pas tellement j'étais bien dans cet univers. J'en voulais beaucoup plus. C'est finalement un tout petit peu convenu dans les péripéties. Presque Disney (la mine du héros et de sa " princesse"). Mais je pinaille et du Disney avec des ogres terrifiants qui dévorent des troncs humains dans un labyrinthe de châteaux et d'églises gigantesques j'en veux bien tous les jours ^^

25/12/2014 (modifier)
Couverture de la série Le Gardien du feu
Le Gardien du feu

Voici un superbe diptyque qui fait plonger le lecteur dans une Bretagne sauvage, farouche, telle qu'elle pouvait être au XIXème siècle. Elle correspond tout à fait à la vision que j'en ai depuis longtemps que je lis des bouquins éducatifs, voit des photos ou gravures très parlantes et surtout que j'arpente ses côtes. C'est l'âme des tempêtes qu'ont cueilli les auteurs, l'âme d'un décor, celui de la pointe du Raz et du phare de la Vieille qui la prolonge dans le Raz de Sein. Il n'y a pas de mots assez forts pour exprimer la splendeur d'un tel lieu chargé de symbolique, car si on est un peu rêveur et poète comme je le suis, on s'imagine quand on est face à cette immensité liquide, être à la proue du vieux continent, et qu'à l'autre bout c'est l'Amérique. Le dessinateur, à l'aide d'images très évocatrices, sublime carrément cette longue échine hérissée, assaillie par les vagues et ravinée inlassablement, son dessin est véritablement superbe, toute cette ambiance est parfaitement rendue, et le tout bien documenté sur la relève des gardiens de phare, la rivalité entre les pays bretonnants (ici les Léonards et les Trégorrois), les lieux bien retranscrits (pointe du Van, baie des Trépassés, chapelle de Saint-They...), autant d'endroits que j'ai vu et photographiés avec passion. Bref, un dessin magnifique aux décors soignés (comme celui de la cathédrale de Tréguier). Ce n'est pas heureusement avec cette vision cauchemardesque que j'ai découvert la pointe du Raz la première fois, c'était à l'été 1989, avec un beau soleil ; j'y suis retourné en janvier 2001, il faisait très froid mais pas de tempête comme dans cette Bd ; pour avoir discuté avec des gens du coin, je sais que ça peut parfois être sinistre l'hiver les soirs de tempête, donc ici le visuel est très réussi, rien à dire de ce côté. Il y a autre chose qui peut compromettre la lecture. Dès le début, la narration a failli gâcher tout mon plaisir de lecture par un indice qui laisse aussi deviner ce qui arrive à Goulven au sujet de sa femme, c'est téléphoné, et le scénariste se lance dans une longue lettre au texte abondant et littéraire pour expliquer les raisons de cette issue qui sera fatalement tragique. Malgré ça, je me suis laissé porter par le récit, un peu trop redondant par endroits, mais très beau et poétique, dont l'atout principal est le dessin qui m'a rarement montré une Bretagne sous cet angle en BD. Breiz atao !

24/12/2014 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Ogres-Dieux
Les Ogres-Dieux

Fabuleux! A l'heure du numérique, de photo shop, des colorisations par ordinateur, cette BD nous montre que oui, définitivement oui, la bande dessinée est un art. Avant d'en venir à l'oeuvre même, juste un petit mot pour dire que souvent sur ce site nous avons vilipendé les Editions Soleil, alors ici remercions les pour le travail d'édition et la présentation de l'ouvrage qui est tout bonnement magnifique dans ce noir et gris où le titre ressort en lettres d'or. 174 pages de pur bonheur pictural et scénaristique. Je n'ai pas peur de dire que chaque planche est une oeuvre en soit. Au premier abord l'on se dit que le trait est simple, mais c'est justement ce qui fait sa force. Une ligne claire mais juste et avec un souci du détail phénoménal. Admirez les boiseries du lit dans lequel dort Petit à la page 34, les architectures, les colonnes et leurs encorbellements, le drapé des tissus. Ce dessin offre un aspect ancien tel qu'il pouvait être utilisé au XIXème siècle dans les illustrations des livres de prix. Mais attention il n'y a pas ici la moindre afféterie et le côté un peu empesé que l'on trouvait parfois à cette époque est ici absent. La couleur, ou plutôt les couleurs car il n'y a pas ici un simple noir et blanc; comme chez Soulage, il y a des dégradés de noir, des perspectives, remarquables, qui accentuent ces effets. Bref, la mise en page, le graphisme (voir cette scène ou la reine se fait habiller), non c'est juste beau! Et l'histoire me direz vous? Elle n'est rien moins que véritablement originale, en effet les ogres sont méchants, il était sans doute bon de le rappeler. Ils mangent des humains, ils sont un peu benêts et totalement consanguins, ceci expliquant cela, et vivent en dehors du temps et du reste du monde. Mon prédécesseur a résumé l'histoire, j'ajouterais juste que l'idée de présenter en "prose" les protagonistes principaux de cette histoire est excellente. Peut être est il un peu tard pour le placer sous le sapin, (les étrennes arrivent!), mais ce livre est véritablement à posséder dans sa bibliothèque.

24/12/2014 (modifier)
Couverture de la série Fabien M.
Fabien M.

Ah les frères Stalner ! la façon qu'ils ont de vous embarquer dans des récits passionnants toujours romanesques et bourrés de rebondissements, le tout soutenu par un dessin aux jolis contours. Je suis rarement déçu avec eux, et ici encore une fois, j'ai succombé aux aventures de ce jeune voleur dans le Paris du début de siècle. Une histoire qui démarre doucement puis qui se corse assez rapidement avec la révélation d'une mystérieuse organisation criminelle qui manipule ses pions ; Fabien et ses compagnons joueront alors un jeu dangereux.. Les auteurs rendent cette progression de façon remarquable, la tension monte, les échelons se gravissent peu à peu jusqu'à l'explosion finale qui constitue soi-disant le premier cycle ; on pouvait croire à une suite, des pistes restaient peut-être à explorer du côté d'Irina, mais après tout, c'est mieux ainsi, à quoi bon rallonger cette histoire bien agencée où tout s'imbrique parfaitement, si ce n'est pour sucer l'os jusqu'à la moelle inutilement.. Le récit est enrichi de multiples rebondissements qui placent toujours Fabien dans des situations critiques mais dont il se sort avec brio ; la chance est parfois là pour l'aider, il en faut aussi dans ce genre d'aventure. Les auteurs font voyager le lecteur : du Paris miséreux de 1902, on se retrouve en Guyane, puis à Marseille et enfin à Venise où tout va se jouer, et avec pas un seul temps mort. Les Stalner maîtrisent bien leur récit, les personnages sont riches, les ambiances bien rendues... seul le dernier album accuse un petit côté mélodramatique dans les situations, mais ça rejoint certains grands feuilletons du 19ème siècle et du début 20ème que les romanciers signaient dans les journaux. Tout ceci est magnifié par le dessin lumineux des 2 frères, qui excellent à rendre crédibles les rues du Paris populaire de 1900, qui sont ensuite tout à fait à l'aise dans la jungle guyanaise et qui livrent de jolis décors vénitiens. On voit que tout est travaillé, précis, soigné grâce à une mise en page adéquate. Vraiment c'est du bel ouvrage pour un genre de série exactement comme je les aime, et qui procure un vrai plaisir de lecture. Le seul hic, c'est la fin pas tout à fait comme je l'aurais souhaitée, mais je n'ai pas envie de faire le difficile, alors bravo et merci pour ce beau moment !

22/12/2014 (modifier)
Par Ned C.
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Glory Owl
Glory Owl

J'ai découvert les strips de Glory Owl sur le net et j'attendais avec impatience qu'ils en fassent un recueil; c'est chose faite et je ne peux cacher ma joie: "BRROÖÖÖÖÖH !!" C'est marrant, noir, hardcore, entre mauvais gout et art absolu. Les trois auteurs de Glory Owl (Gad, Bathroom Quest et Mandrill Johnson) sont rejoints par NR et Mégaboy pour le plus grand plaisir des lecteurs moqueurs de tout poil et le tome 2, au vu des nouveaux strips diffusés sur le net, promet d'être aussi bon, voire encore meilleur que ce joyau qu'est le tome 1. De la bonne vieille marrade sans tabou qui tape fort avec cynisme. Chaudement recommandé.

22/12/2014 (modifier)