Les derniers avis (9715 avis)

Par Gaston
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Mange-bitume
Les Mange-bitume

Cet album faisait partie de ces vieilles bandes dessinées que je voulais absolument lire et je fus très content lorsque je l'ai trouvé dans une bouquinerie. Après lecture, je ne suis pas du tout déçu car cet album est vraiment excellent. Les différentes histoires de Lob sont très bien écrites et décrivent un futur inquiétant où les humains vivent dans leurs voitures 24h/24. Je trouve que les histoires sont intelligentes et j'ai été captivé du début jusqu'à la fin malgré le fait que l'évolution de cette situation soit un peu prévisible. Lob était vraiment un grand scénariste rempli d'imagination. Les dialogues et les textes explicatifs sont très bien écrits. Le dessin fait un peu vieillot, mais c'est justement ce qui fait son charme.

31/03/2015 (modifier)
Par yaglourt
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Ressentiment
Ressentiment

'Ressentiment' (en français dans le texte) est un manga assez étonnant, en seulement quelques volumes il mélange habilement de nombreux thèmes (le repli sur soi, les mondes virtuels, la romance, les travailleurs pauvres, la lutte pour sortir de sa condition, l'apocalypse...) et ce sans trop tomber dans les clichés propres à ceux-ci. Les personnages sont soignés et réalistes (une grande part d'autobiographie dans ce manga). Au cours de ces 2 double tomes, l'action va crescendo et on voit des évolutions radicales (pour ce qui est de l'évolution du héros looser, c'est beaucoup plus difficile, mais il a droit à quelques moments de gloire). On regrettera juste le final trop précipité, imposé par l'éditeur (à croire étonnamment que ce manga n'ait pas eu un succès suffisant à l'époque de sa pré-publication). Vraiment dommage, quelques chapitres de plus auraient pu lui donner une toute autre dimension (la conclusion est tout de même satisfaisante, car logique).

31/03/2015 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Elric (Glénat)
Elric (Glénat)

Je l'attendais cette adaptation... Depuis une bonne vingtaine d'années, époque où j'ai dévoré les bouquins de Michael Moorcock (Elric, mais aussi d'autres...). Oh bien sûr, ce n'est pas la première adaptation des aventures de l'Empereur de Melniboné, créé il y a plus de 50 ans, ni même la première adaptation en BD par un Français, puisque Philippe Druillet l'a fait en 1969... Mais malgré cette ancienneté, malgré sa stature héroïque pétrie de stéréotypes (lesquels ont d'ailleurs été, en quelque sorte, créés par le personnage lui-même), le héros a gardé, quelque part, sa légende, son charisme et son attrait. Dès lors il n'est pas étonnant que des auteurs français s'y soient à nouveau intéressés, après que nombre d'anglo-saxons aient donné leur interprétation du personnage. Ce qui frappe d'emblée à la lecture de cette nouvelle version, c'est sa magnificence visuelle. Pour retranscrire la noirceur, les abîmes décadents et la dimension épique d'Elric, il fallait un dessinateur de la trempe de Druillet, forcément, ou de celle de Lauffray. Mais c'est Didier Poli, co-auteur de la jolie reprise de Neige Fondation, qui est à l'origine du projet. Mais comme son trait est trop sage, il s'adjoint, après divers essais, le talent de Robin Recht, lequel travaille justement avec Lauffray. Et pour rajouter un grain de folie, Jean Bastide vient faire de la retouche et des couleurs. Le trio est gagnant, leur travail est fantastique. La mise en scène des crayonnés de Poli est très inspirée ; l'encrage de Recht propose une noirceur d'une grande maturité, et les retouches de Bastide rajoutent de la profondeur à l'ensemble. Je suis réellement admiratif. Au tome 2 Julien Telo prend le relais de Poli, avec un résultat tout aussi impressionnant. Ce qui compte aussi dans une adaptation, c'est le travail qui est fait par rapport à l'oeuvre originale. Ma lecture des romans de Moorcock remonte à très loin, mais j'ai retrouvé dans cette BD de nombreuses impressions d'alors. Cette ambiance de décadence, de désespoir, cette atmosphère poisseuse avec cette épée de Damoclès qui pend au-dessus d'Elric, la dimension épique qui entoure la bataille navale, le côté putride du palais d'Ymrryr...Tout y est, à mon avis. Julien Blondel a réussi à épaissir le personnage de Cymoril, l'épouse d'Elric, laquelle n'avait qu'un rôle mineur dans l'histoire originale. Le deuxième tome marque un tournant dans l'histoire d'Elric, avec son renoncement et sa rencontre de l'épée Stormbringer, son arme, son alliée, sa soeur... sa malédiction. Un tome à la hauteur des enjeux. Aux qualités artistiques de l'album s'ajoute la qualité éditoriale, avec en bonus quelques notes sur l'origine et la réalisation du projet, accompagnées par des ébauches de personnages et de magnifiques illustrations de l'univers d'Elric par quelques grands noms : Druillet, Lauffray, Andreas ou encore Thierry Ségur. Incontournable.

27/06/2013 (MAJ le 29/03/2015) (modifier)
Par Spooky
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Toupoil
Toupoil

Une série bien sympathique que celle qui porte le nom du chien qui en est le héros... Toupoil est en effet une série consacrée à la nature, avec ce chien qui se lie d'amitié avec les espèces qu'il croise. Monfort se réclame de l'influence de Raymond Macherot, lequel avait en particulier, au travers de sa série « En promenade avec le Père Mathieu », dans le journal Tintin, essayé de réhabiliter de nombreuses espèces considérées comme nuisibles. Un grand nombre de valeurs traversent les aventures de Toupoil : entraide, respect de la différence, protection de la nature... Ce n'est pas pour rien que le premier tome, dans sa réédition, comporte une préface de Derib, auteur de Yakari, autre splendide série du genre. Au-delà de son aspect écolo assumé (notons que les albums sont imprimés sur de papier issu de forêts gérées durablement), l'autre élément dont se réclame la série est sa cible de lecteurs, les moins de 7 ans... Or les aventures du petit épagneul (enfin il me semble que c'en est un) me semblent trop complexes pour être pleinement comprises par des primo-lecteurs, même accompagnés d'un adulte. Côté dessin, c'est un vrai régal pour un amateur de franco-belge. Réalisées au crayon gras, il s'agit d'aventures très lisibles, dans un style semi-réaliste sans complexe, plus porté sur la nature (forcément) que sur les architectures. Chaque album comporte 5 pages de bonus sur l'habitat et l'écologie des animaux rencontrés par Toupoil : les loutres, les ours, les lynx... Précieux pour les plus jeunes. A noter que le tome 2 a obtenu l'Alph-Art jeunesse pour la catégorie des 7-8 ans à Angoulême 1996. Après quatre tomes, le constat reste le même : écolo mais pas naïf, du moins pas complètement, les plus jeunes passent un bon moment de lecture.

23/03/2014 (MAJ le 28/03/2015) (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série L'Affaire Seznec
L'Affaire Seznec

Ce one-shot parle d'une affaire de meurtre (ou au moins de disparition car le corps de Quéméneur n'a jamais été retrouvé) dont je n'avais jamais entendu parler. J'ai trouvé le scénario passionnant. La narration est fluide et je voulais savoir si Seznec avait vraiment tué Quéméneur. L'album ne donne pas de réponse disponible, mais semble donner un bon résumé de cette affaire et j'ai bien envie de lire d'avantage sur ce sujet. La seule chose que je n'ai pas trop aimée est le dessin qui est moyen (décidément c'est le cas de tous les one-shots de cette collection !), mais je me suis vite habitué et franchement le scénario est tellement prenant que le dessin était secondaire. Tout ce que je demandais était un dessin lisible et c'est ce que j'ai obtenu.

23/03/2015 (modifier)
Par Miguelof
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Coton + Piston
Coton + Piston

Joost Swarte est surtout un artiste, pas un auteur de BD. Mais il s'est aventuré à ce moyen, avec un certain bonheur, je crois. Il ne faut pas donner beaucoup d'importance aux histoires... elles sont loufoques, avec une certaine dose de critique sociale en plus. Le tout est au design: architecture, esthétisme, le style atome c'est ça! Je dois avouer, j'adore cette visite que les années 80 ont fait aux 30-50: Chaland, Clerc, Ted Benoit, Daniel Torres... et ça continue aujourd'hui heureusement. Les clins d'oeil vont de Krazy Kat et Hergé à Frank Lloyd Wright et Bauhaus, de Bugatti et Cadillac à Voisin. Je ne conseille pas l'achat (vu les prix en occasion!) mais j'aime bien avoir ces albums chez moi.

23/03/2015 (modifier)
Par PAco
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série In God We Trust
In God We Trust

WWWWWWWWHHHHAaaaaaaaaaaaaah! !!!!! Sans doute la BD la plus drôle et la plus décoiffante que j'ai pu lire depuis une poignée d'années ! Nan mais franchement, j'en ai éclaté de rire derrière mon bureau à l'accueil de la médiathèque - je crois que c'est la première fois que ça m'arrive- ! J'avais découvert le Sieur Winshluss avec son terrifiant Pinocchio (Winshluss) qui m'avait plus qu'interpellé malgré quelques réserves graphiques. Là, pas spécialement inspiré par cette couverture peu attrayante de prime abord (ça me fait penser aux collections des années 70-80 "Tout l'univers" ou des choses du même acabit) j'ai fini par céder à la curiosité en retombant sur ledit album en librairie. Et bien m'en a pris ! Dès les premières pages on sent qu'on va attaquer du lourd et que l'auteur n'est pas là pour nous la jouer pisse froid. Ici pas de fausses promesses, Winshluss va la lui mettre profond ! Que ce soit la Genèse, l'ancien ou le nouveau Testament, jusqu'aux pratiques du catholicisme d'aujourd'hui, rien n'est épargné ! En ces temps où on y réfléchit à deux fois avant de sortir une vanne pourrie sur les religions de peur de finir éparpillé façon puzzle, Winshluss a frappé fort et renoue avec un humour irrévérencieux envers le dogme. Je savais bien qu'il manquait un plat un peu épicé au menu de mes lectures du moment ; sauf que là c'est pas du piment de lopette et qu'on voit rouge par tous les trous, un peu comme Jésus découvrant les "bienfaits" de la tequila frappée grâce aux précieux conseils de Gaby (l'archange, bien sûr). Pour nous servir sa came Winshluss use de son trait caricatural si particulier et sait aller piocher moultes influences pour servir à bon escient son propos et ses idées. Que ce soit les fausses pages de pubs aux allures des années 60 ou une Madonne très gracieuse façon comics, il vise juste, renforce et assoit son propos par le biais de ses choix graphiques pour composer un album parfait. S'il y a bien un domaine dans lequel je reste difficile, alors qu'il parait pourtant si simple, c'est bien l'humour. Et me faire marrer et éclater de rire, je crois que ce genre d'album se comptent sur les doigts de la main. Alors bravo Môssieur Winshluss, longue vie et bonne continuation dans cette verve et ce trait si particulier qui font de vos albums une œuvre unique, du genre coup de pied au cul ou dans la fourmilière, dont je ne suis pas prêt de me lasser.

23/03/2015 (modifier)
Par Jetjet
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Southern Bastards
Southern Bastards

Chez Mignola, seule la couleur rouge est utilisée pour représenter Hellboy, le « diable ». Chez Latour et Aaron c’est exactement l’inverse pour décrire le monde poisseux et sordide de ce petit bled d’Alabam, le rouge dépeint tout l’environnement. Ce bled est donc le mal absolu, typiquement le genre de petite bourgade tenue de main de chef par un « baron » local et où on n’apprécie guère les étrangers. Earl Tubb en est un à présent. Ce sexagénaire à la stature robuste a tout fait, même la guerre du Vietnam pour sortir de l’emprise de son père, héros local et shérif réputé pour avoir botté le cul à la faune locale à l’aide d’un gourdin. Mais Earl revient ici par dépit, pour vider et mettre en vente la baraque isolée de son oncle et régler ses comptes sur la tombe de son père. Mais tout a changé, tout est régi par un mystérieux « Boss » et Earl Tubb va enfin revivre en reprenant les armes et mener la justice, gourdin au poing, envers et contre tous. Poussez-vous de là, ça va saigner et les os vont se briser… Après le feuilleton « Scalped » déjà sans concessions et sur un thème similaire, Jason Aaron reprend les bribes d’une nouvelle histoire similaire en s’octroyant les talents de Jason Latour. Son trait gras et dynamique, Latour le met au service d’une histoire certes convenue mais haute en couleurs et en action. L’ensemble peut paraître linéaire et sans fioritures mais Aaron se permet de disséminer ici et là des éléments qui seront surement développés dans les arcs à venir car Southern Bastards possède tous les attraits d’une bombe à retardement et ça va faire très mal ! Entre les flashbacks et certains personnages mystérieux, ce comics s’avale d’un trait sans temps morts. Les méchants semblent être très méchants et on s’offre une bonne tranche de plaisir coupable tout ce qu’il y a de plus jouissif. Me rappelant à la fois la série Banshee ou le fameux arc « Salvation » de Preacher officiant dans une petite ville à jouer les redresseurs de tort contre un industriel mafieux de la viande, l’environnement est juste parfait avec ce qu’il faut d’histoire et d’action dans un environnement anxyogène. Rien de bien original me direz-vous mais suffisamment de tensions et de plaisir sans prise de tête pour avoir envie d’en lire davantage sans tenir compte du cliffhanger final qui va relancer la donne ! Décidément ce Jason Aaron est très fort et n’a pas son pareil entre deux histoires Marvel pour raconter un western moderne violent faisant appel à nos plus bas instincts. Vite la suite, vraiment !

23/03/2015 (modifier)
Par Blue Boy
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Mon ami Dahmer
Mon ami Dahmer

Un jeune homme, vu de dos, marche au bord d’une route de campagne, environnée ça et là de rares maisons. La route semble monter vers un paradis serein aux cieux rayonnants. Zoom aérien sur le personnage, un peu raide, bras serrés le long du corps à la manière d’un automate désœuvré, puis sur ses baskets. Crissements des semelles sur le sol, crunch… crunch… crunch… tel le tic-tac d’une horloge maléfique, compte-à-rebours inéluctable vers une destination aléatoire mais que l’on devine tragique. Pause. Le jeune homme tombe en arrêt devant le cadavre d’un chat sous une nuée de mouches noires. Il le prend dans ses bras, imperturbable. Regard fixe. Fascination de la putréfaction, des chairs mortes… Puis il reprend sa marche funèbre en emportant son trophée, avec visiblement un plan bien précis en tête. Tout compte fait, on dirait que ce n’est pas la route du paradis, mais bien plutôt celle de l’enfer. L’enfer de celui pour qui la vie pris très vite la forme d’une cellule aux cloisons infranchissables… Ainsi débute ce récit peu commun. D’emblée, ce prologue mystérieux soutenu par un graphisme unique très attrayant nous plonge immédiatement dans l’histoire. Chez Derf Backderf, tout est dans la verticalité. Lui-même fait ses dédicaces debout (comme j’ai pu le voir à Angoulême cette année), en posant le support sur un carton vide. Une verticalité amplifiée par la rectangularité des formes, des objets et des personnages, comme une tentative de relier le ciel et la terre, et dans le cas de Dahmer, un paradis inaccessible et un enfer omniprésent. Backderf est un rejeton de la BD US alternative, une sorte de Charles Burns au trait géométrique révélant des personnages désincarnés, comme engoncés dans leur carcasse, ectoplasmes d’une Amérique sans gloire. Ce style aux contours précis se dispense parfaitement de la couleur au regard de la profondeur de l’histoire, et son aspect juvénile permet de distancier la noirceur sous-jacente. De bout en bout le lecteur reste happé par l’histoire dérangeante (et authentique) de cet étrange garçon dont chaque fait et geste entre en résonance avec son terrible destin de tueur en série qu’aucun de ses proches, professeurs et camarades, n’avaient su deviner en le côtoyant. A l’époque, Jeff Dahmer avait juste l’air d’un enfant un peu spécial et secret, et pourtant quiconque s’y serait intéressé de plus près aurait pu constater que tous les éléments étaient réunis pour un massacre annoncé : son attirance pour les animaux morts, ses errances de zombie solitaire, son alcoolisme chronique, sa mère dépressive, les relations très conflictuelles entre ses parents avant leur divorce, ses cris d’épileptiques soudains, ses pantomimes déments qui firent de lui une mascotte dans son lycée ! Mais bien sûr, personne n’imagine jamais qu’une connaissance ou un proche puisse renfermer un tueur potentiel. D’ailleurs, la scène des retrouvailles de l’auteur avec deux de ses anciens camarades plusieurs années après est très révélatrice. Lorsque celui-ci évoque Dahmer en suggérant sa probable conversion en tueur en série, leur seule réaction est d’éclater de rire comme un seul homme (confession très courageuse il faut bien le dire). Derf Backderf porte un regard juste, ne cherche à accuser personne ni à tomber dans l’auto-culpabilisation. Sans dédouaner son « ami » Dahmer de ses actes ignobles, il s’efforce simplement de comprendre comment ce camarade de classe atypique a pu devenir « le monstre du Milwaukee ». Se basant sur ses propres souvenirs, mais également sur des témoignages, des articles de presse et documents du FBI, il brosse un portrait éloquent du futur tueur depuis ses années au collège jusqu’à son premier crime. Aucun voyeurisme ici, la démarche de Backderf se veut à la fois factuelle et introspective. Mais elle est aussi remarquable dans le sens où ce dernier aide le lecteur, davantage en suggérant qu’en pointant du doigt les causes, à vérifier qu’on ne devient pas un tel monstre tout à fait par hasard. Tout cela fait de « Mon ami Dahmer » un one-shot passionnant et incontournable selon moi. Pour cette raison, je ne manquerai pas de remercier mon webmaster préféré de me l’avoir conseillé lors de notre virée à Angoulême !

22/03/2015 (modifier)
Couverture de la série In Vino Veritas (Toscane)
In Vino Veritas (Toscane)

Corbeyran se sert souvent de ce qu'il connait bien pour ses scénarios, et c'est le cas ici, car il a dû acquérir suffisamment d'expérience dans le domaine viticole pour pouvoir réussir à travers un petit village toscan et 2 méthodes d'exploitation radicalement différentes, à brosser une histoire convaincante dans le même style que Châteaux Bordeaux. Au départ, je n'étais pas très chaud pour lire cette Bd encore sur le monde du vin, et puis une fois embarqué dedans, j'ai été conquis. Evidemment, on prend les mêmes recettes qui ont si bien servi avant, mais la différence, c'est que Corbeyran en fait quelque chose de plus intime, dans un environnement moins large et un décor plus resserré, là où Châteaux Bordeaux présentait une famille plus grande et dessinait le portrait d'une région et d'un terroir plus vaste, le Bordelais avec tous ses cépages, et de réputation universelle. Ici, on est en Toscane, ce n'est qu'une petite partie de l'Italie, pas forcément connue de tous les gens qui boivent du vin, alors que tout le monde a au moins une fois entendu parler ou goûté un Bordeaux. On a aussi le côté un peu soap qui plombait très légèrement Châteaux Bordeaux, qui disparaît au profit de plus de sentiments humains chaleureux ou exaltés, Corbeyran appuyant sur l'ambition de Lionello et le caractère obtus de Tessa. La Bd se veut également bien documentée sur les méthodes modernes de vinification, et il en profite au passage pour inclure un jumelage entre Léognan (commune située au sud de l'agglo bordelaise) et Castagnetto Carducci, on est donc dans une réalité. Ce diptyque m'a donc autant plu que Châteaux Bordeaux, qui reste quand même supérieure et à laquelle on ne manque pas de le comparer, c'est un peu son handicap, c'est dommage car ça peut détourner des lecteurs qui ont lu la première série, qui ne sont pas assez passionnés de vin, et qui ne veulent pas y revenir, c'est un peu l'idée que j'en avais au début, même si moi j'aime le vin. La série est supérieure à ce diptyque aussi parce que je trouve la fin un peu trop rapide, avec une réconciliation trop soudaine, en toute fin d'album, on n'a pas le temps d'apprécier le fait que le frère et la soeur se soient rabibochés. Ceci m'a étonné sachant que Corbeyran aime parfois faire traîner ses récits, il aurait très bien pu s'étendre un peu plus ici avec un tome 3, développer mieux les personnages et éviter ainsi quelques clichés. Quand en plus, on a un dessin d'une telle qualité, que demander de plus ? j'aurais bien voulu un album encore pour l'admirer, j'adore ce style de dessin propre et bien lisse, qui est aussi bon sur les personnages que sur les décors. Les personnages ont de jolis physiques, et les vues de Florence, avec une pleine page sur la cathédrale Santa Maria del Fiore, sont merveilleuses ; j'imagine que travailler avec un dessinateur italien, ça a dû aider pas mal.. Au final, en dépit d'un sujet très similaire avec Châteaux Bordeaux et de certains poncifs, ce diptyque ne m'a pas paru insatisfaisant au point de faire le difficile, je le prends avec ses défauts et ses qualités, pour un joli 4/5.

20/03/2015 (modifier)