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Couverture de la série Celui qui est né deux fois
Celui qui est né deux fois

Toujours admiratif de Derib dans sa mission d'approche du peuple Indien, qui me passionne aussi, et de la saga Buddy Longway, je devais absolument lire ce triptyque. Je l'ai fait tardivement, vers 2000, et je m'aperçois que je ne l'avais pas encore avisé, quelle ironie du sort ! Ici, la Bd vaut par le dessin qui lui donne une force incontestable ; les dialogues sont peu nombreux, et d'ailleurs, ils seraient superflus. Le récit va plus loin que Buddy Longway, il est uniquement consacré aux Indiens, en l'occurrence des Sioux, on ne voit des Blancs que vers la fin pour mieux souligner le destin tragique du héros. C'est une véritable ode en forme de documentaire à ce peuple magnifique et fier, qui vivait en totale osmose avec la nature, se servant des bienfaits qu'elle procure ; Derib insiste beaucoup sur cet aspect, de même que la démarche est plus mystique que dans Buddy Longway puisqu'elle suit la destinée d'un chaman-guérisseur, dont le contact avec le Blanc sera hélas fatal. Les Sioux se nommaient eux-mêmes les Etres Humains car ils concevaient leur personne comme extrêmement pure et la plus proche de Wakantanka, le Grand Esprit ; imaginez le contraste subi quand ils ont vu apparaître les premiers Blancs, des soldats brutaux, sales et puants, avinés et ne respectant pas leur culture. De tous les Indiens des plaines, les Sioux étaient probablement les plus mystiques et les plus tournés vers la relation spirituelle, la Danse du Soleil en est la parfaite illustration, car elle leur permettait d'entrer en transe et d'avoir une vision. Derib reproduit parfaitement cette cérémonie. Tout ceci n'a évidemment jamais pu être compris par les Blancs qui ont d'ailleurs interdit cette pratique parce qu'elle leur est apparue barbare par la souffrance sanglante endurée. Le mépris de ces peuples et le génocide que l'on sait suivront. La vision très authentique montrée par Derib sur les Sioux est donc loin de l'image folklorique qu'en ont donnée certains films. Il a sans aucun doute eu recours à une excellente documentation, car tout y est bien recrée. Je lis dans les commentaires précédents que les choses sont un peu enjolivées, eh bien pas tant que ça ; ayant beaucoup de livres sérieux sur les Indiens des plaines, je peux dire que Derib n'a pas inventé grand chose, tout est authentique, seule la forme narrative est simplifiée parfois pour éviter la lourdeur, c'est tout... Je le répète, le peuple Sioux est probablement le plus pur, il est différent d'un Apache, d'un Comanche ou d'un Cheyenne qui eux avaient certains travers comme la haine, la jalousie ou l'envie... Le Blanc n'a fait ensuite que les pervertir encore plus dès qu'il a commencé à leur vendre des fusils et de l'eau de feu. Au final, j'aime autant cette Bd pour son humanisme, son émotion et la beauté de ce peuple, que Buddy Longway, où Derib utilise exactement le même graphisme et la même mise en page, avec de grandes cases, un trait épais, chargé et des gros plans de têtes d'Indiens qui sont toujours aussi réussis. Je peux donc sans hésiter appliquer la note maximale à cette véritable glorification envoûtante du peuple Sioux, qui ravira tous les amateurs de cette culture.

01/03/2015 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série La Mondaine
La Mondaine

« La Mondaine » est typiquement le genre de récit que j’adore : une histoire très humaine, et ancrée dans un contexte historique intéressant (Paris sous l’occupation allemande). L’auteur nous raconte surtout la vie des hommes, femmes et enfants qui (sur)vivent tant bien que mal cette galère, au jour le jour, parce qu’il faut bien. Certains passages sont plus légers, voire comiques, alors que d’autres font froid dans le dos (la fameuse rafle du Vél'd'Hiv par exemple – à ce sujet voir aussi L'Ecureuil du Vel d'Hiv de Lax). La narration est parfaitement maitrisée, les deux albums s’engloutissent sans effort. Seule la fin un peu ouverte et onirique m’a surpris, mais il faut avouer qu’elle est très belle. Le dessin et les couleurs sont absolument magnifiques, et l’histoire bouclée en deux tomes. Une lecture passionnante en ce qui me concerne.

25/02/2015 (modifier)
Couverture de la série Le Mystère Tour Eiffel
Le Mystère Tour Eiffel

Quelle merveilleuse idée ! Décrire la construction de ce monument emblématique qui symbolise la France dans le monde entier, est un excellent concept, ça rend assez fier d'être Français en dépit des détracteurs qui penseront toujours que c'est un monstrueux morceau de ferraille. C'est à ce moment là, oublier que l'industrie sidérurgique et les progrès sur le travail des métaux prenaient leur essor grâce à un gars comme Gustave Eiffel qui bien avant cette fameuse tour, roda sa technique sur d'autres ouvrages comme le viaduc de Garabit ou la passerelle ferroviaire de Bordeaux (évoqués ici), sans compter qu'il édifia aussi les 2 ouvrages enjambant la Dordogne à Saint-André-de-Cubzac (23 km de Bordeaux). Le plus intéressant, c'est que les auteurs ne s'en tiennent pas qu'à la simple description de cette construction, c'eut été banal et peut-être ennuyeux, mais ils situent cette construction bien ancrée dans son temps, en recréant tout le contexte social, politique et affairiste d'époque, cette fin de siècle qui fut fertile en multiples événements, innovations, inventions, tendances... tout est bien évoqué grâce à une documentation poussée, tant au niveau des décors et des activités parisiennes (les guinguettes, la vie d'un quartier populaire, le French cancan, le cabaret du Chat Noir...) que des faits historiques (les attentats anarchistes). A ce contexte historique et cette construction, se greffe une véritable intrigue fictionnelle basée sur une enquête de police, tout s'agence bien autour de Tonin, le personnage principal. Ce jeune Tonin, petit paysan cantalien naïf mais pas bête, monté à Paris pour travailler, est attachant et croise une flopée de célébrités du moment comme Lautrec ou Aristide Bruant à Montmartre, personnages parfaitement représentatifs du Paris de cette époque. Une époque que j'aime, située entre la fin du XIXème siècle et le début de la Belle Epoque (jusqu'à la guerre de 14), qui est une période très euphorisante et propice à de grands bouleversements, même si l'ouvrier n'était pas encore considéré à sa juste valeur, exploité par de mauvais patrons. J'ai vu un doc sur la Tour Eiffel, et je crois que le père Gustave n'était pas de ceux-là, il respectait ses employés et ouvriers. En tout cas, cette Bd nous apprend plein de trucs, des secrets de fabrication, mais aussi ce climat d'attentats qui voulait abattre la tour, j'ignorais ce fait, si toutefois il est vrai. Mais les mobiles réels de ces anarchistes en ce qui la concerne, ne sont pas clairement expliqués, c'est le tout petit défaut de cet album. Le dessin de Lacaf qui ne me convenait pas sur d'autres Bd historiques comme L'histoire de Mandrin, est ici parfaitement adapté au sujet, il réussit des cadrages et des plans de toute beauté, avec bien-sûr des vues de la tour, mais aussi une bonne re-création des bords de Seine et des activités de quartier. Les visages des gens connus sont également bien restitués. Ce graphisme affiche un style un peu rétro moitié réaliste, moitié semi-réaliste qui s'accorde bien à l'époque décrite. Je me souviens de la première fois où j'ai grimpé à pied jusqu'au second étage de la tour (877 marches), c'était en 1977, j'étais très jeune, mais c'était grisant et ça m'avait beaucoup marqué et émerveillé. En lisant cette Bd, j'ai éprouvé une sensation assez voisine, c'est un formidable retour dans le passé et une glorification d'un monument insolite et beau dans sa simplicité, que je suis toujours content d'apercevoir à chacun de mes séjours parisiens, même si ça fait très cliché et très touriste... Un très bon album.

23/02/2015 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Blacksad
Blacksad

Pauvre de moi qui n'ai découvert Blacksad que très récemment, en fin d'année dernière ! Il faut dire que, pas totalement inculte, j'en avais entendu causer et mon œil avait plusieurs fois été attiré par les couvertures dans les rayons de ma librairie préférée. J'avoue que j'avais très peur de sauter le pas parce que, ben les animaux qui parlent et se comportent comme des humains, à par des vieux souvenir de Disney, ça m'enchantait qu'à moitié. Et j'ai sauté le pas ! Non sans une certaine appréhension, mes petits doigts ont, avec crainte mais application, commencé à tourner les pages du tome 1. Et paf ! dans la tronche, tartine de phalanges et tout ce que vous voudrez. Tout est là pour un amateur de polar comme moi, j'ai retrouvé les ambiances noires de James Ellroy, de Spillane et même un poil de James Lee Burke. Non mais c'est qui ce Guarnido ? Peu importe ! Ce mec a de l'or dans les doigts, parce qu'il arrive, sans tomber dans la caricature, à donner à toutes ses bestioles des expressions que d'autre auteurs sont infoutus de rendre chez des "humains". Et s'il n'y avait que ça. Mais tout le reste est à l'avenant, le cadrage, les décors, les ambiances, tout vous dis-je ! N'oublions pas la colorisation juste parfaite, quel que soit le lieu où l'action se déroule. Et puis il y a les scénarios. Certains posteurs ont des préférences en ce qui concerne tel ou tel tome, of course, mais personnellement je n'ai pas réussi à en faire sortir un du lot. Chacun possède son charme, son ambiance. Alors bravo Mr Canales ! Ca y est j'ai rattrapé mon retard de lecture et je me retrouve comme vous autres à attendre comme un nigaud la sortie d'un sixième tome ! Indispensable pour tous les amateurs de polar et les autres !

22/02/2015 (modifier)
Par Blue Boy
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série La Fille maudite du capitaine pirate
La Fille maudite du capitaine pirate

Jeremy Bastian, tant par son énorme boucle nasale que pour son style graphique, tient du pirate. Un pirate gentil au regard extrêmement doux, mais visiblement décidé à n’en faire qu’à sa tête en renversant la table des conventions. Cet auteur mène sa barque à contre courant de tout ce qui peut se situer, de près ou de loin, dans la tendance. Non, c’est sûr, Jeremy Bastian n’est pas de ce siècle, avec son dessin évoquant les gravures de Gustave Doré, à mille lieux d’un manga industriel et formaté. Et il fallait que ce soit un petit éditeur passionné (et auteur lui-même) qui repère cet artiste atypique et tout aussi passionné. La collaboration entre Guillaume Trouillard, des Editions de la Cerise, et l’auteur américain s’apparente véritablement à une idylle artistique. Le premier est allé jusqu’à refaire tout le lettrage après traduction en respectant scrupuleusement le style de police original. De la belle ouvrage à l’ancienne, assorti d’un tirage luxueux au format plus grand que la version US ! Le dessin, tout à fait remarquable et d’une finesse hors du commun, permet de représenter un fourmillement de détails hallucinant. Et quand je dis « fourmillement », le terme n’est pas galvaudé. On peut pendant des heures y explorer du regard qui la cuisine cradingue d’un navire où mille ustensiles côtoient poulets, souris, poissons morts et autres créatures visqueuses, qui la chambre d’Apollonia regorgeant de jouets divers et de mobilier rococo, qui le fond de l’océan peuplé d’êtres mystérieux et de coquillages enchevêtrés. Pourtant malgré toute cette finesse, il y a quelque chose de pas vraiment net voire d’un peu tordu au royaume de Jeremy « Pirate » Bastian : sa représentation des corps, têtes et membres, difformes et disproportionnés, totalement assumée et pour notre plus grand plaisir, accentue le côté carrollien de l’objet, à la fois monstrueux et merveilleux. On l’aura compris, le minimalisme, c’est pas son truc à Bastian, et si les fins exégètes auront tôt fait de moquer, avec un brin de condescendance, ce dessin « chargé » et toutes ces fioritures « very old school », on ne doute pas que l’auteur, en réaction, dégaine son drapeau noir à tête de mort et à majeur dressé. « La Fille maudite du Capitaine pirate » est à ce point hors du temps, de par son aspect contemplatif et « ancien », que l’on en perd la notion même. Et au fond, c’est peut-être bien ce qu’il cherche à faire, ce flibustier de Bastian : nous arracher au présent pour nous trimbaler avec ses pirates dans une autre dimension au goût d’éternité. On l’imagine parfaitement, étant gamin, s’extasier à la lecture de « Peter Pan » ou passer son temps à dessiner des cartes au trésor. Certes, ce tome 1 pêche un tantinet par son scénario, lequel, à l’image du dessin, est envahi de circonvolutions délirantes (et par moments quelque peu balourdes), mais on en termine la lecture avec ce vague sentiment d’être passé de l’autre côté du miroir, dans un monde aussi mystérieux qu’addictif. Un peu comme la jeune Apollonia, chez qui la rencontre avec la fille du pirate semble avoir déclenché un processus irréversible de métamorphose psychique, sorte d’entrée en rébellion contre l’éducation bourgeoise sous cloche que veut lui imposer son gouverneur de père. Quoiqu’il en soit, une lecture ne suffira pas pour capter l’infinité de détails de ce premier volet, et c’est avec plaisir qu’on s’y replongera avant de découvrir la suite, qui permettra de vérifier si Bastian ne fait qui naviguer à vue ou détient véritablement une idée précise de l’issue de sa course au trésor. De toute façon une très belle découverte qui aura enchanté mon festival. Et qui aura probablement engendré ma critique la plus longue sur BDT, sorry ;-)

21/02/2015 (modifier)
Par sloane
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Murena
Murena

Au passage des 500 avis il me fallait trouver quelque chose de grandiose, voilà qui est fait avec Murena. Quelle série!, Quelle histoire! En même temps Mrs Dufaux et Delaby avaient de quoi se mettre sous la plume, la Rome antique et la vie des Césars permettaient d'offrir aux lecteurs une geste, une saga, une tragédie à la hauteur de leurs ambitions. Dans l'inconscient collectif, Rome c'est Jules César, quelques noms d'empereurs, Claude, Néron, Caligula, Hadrien ou des noms bizarres comme Sévère ou Commode. C'est aussi les romains qui ont conquis le Gaule et fait prisonnier le célèbre Vercingétorix, une icône nationale. Plus près de nous ce peuple fut utilisé pour faire rire au travers des aventures d'Astérix le Gaulois. Ici les auteurs nous entraine au cœur même de l'empire de l'accession au pouvoir de Néron jusqu'au célèbre incendie de Rome. C'est Dufaux qui signe le scénario et le moins que l'on puisse dire est que celui ci est millimétré. Rigueur historique autant que faire se peut, documentation plus que sérieuse et d'une grande précision sur la vie à Rome à cette époque, les us et coutumes de ce temps sont assimilées et retranscrites de belle manière. Cela permet aux lecteurs, non seulement de suivre une histoire complexe, mais en même temps d'apprendre une foultitude de choses sur le vie de l'empire romain. Tout est fait sans didactisme, sans préciosité, sans ce côté professoral qui aurait pu être un écueil et rebuter le lecteur. L'ensemble est conçut comme ce que j'oserais appelé un véritable thriller antique. L'on sait bien d'ailleurs que nous n'avons rien inventé, tout était déjà là dans le théâtre grec et la mythologie. Nous sommes donc au delà du simple péplum. Et puis cette lecture permet d'aller au delà de ce qui nous est conté, comme un de mes prédécesseurs, je suis retourné voir ici ou là afin de regarder les évènements antérieurs ou postérieurs à cette histoire. Si le scénario est ce qu'il est convenu aujourd'hui d'appeler une claque quand à sa maitrise que dire du dessin! Delaby dans un style réaliste propose du grand art. En dessinant notamment les bâtiments, temples et palais de Rome on aurait pu craindre une certaine raideur, mais rien de tout cela, la qualité du dessin et la colorisation assez exceptionnelle nous donnent l'impression d'être au cœur des choses. Et puis que dire des costumes, des coiffures, des intérieurs et puis, et puis, et puis, tout est magnifiquement en place. Détail d'importance, les visages sont expressifs et les expressions bien maîtrisées renforcent s'il en était besoin le charisme, la forte personnalité de tout ce beau monde. Cette série, et c'est tout à son honneur, ne s'interdit rien. Pas de concession à un quelconque politiquement correct. Tout nous est montré, l'or et la pourpre mais aussi la misère crasse dans laquelle une partie de la population vivait, les coups politiques tous plus tordus les uns que les autres, la bassesse, la compromission des uns ou des autres. De même les "plaisirs " de l'époque: jeux du cirque, orgies, viols, etc... C'était il y a 2000 ans! Que de progrès depuis , n'est ce pas!!! Voilà donc une série incontournable qui bruit de fureur et de passion et ne doit pas être réserver aux seuls amoureux de l'histoire car elle possède de nombreux éléments qui encore aujourd'hui font échos. C'est donc une réussite totale tant au plan scénaristique que graphique. A lire et à faire découvrir.

21/02/2015 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Troisième Testament
Le Troisième Testament

N'ayons pas peur des mots, c'est un classique ! Replaçons nous dans le contexte de l'époque. Ce n'est rien moins que le grand début en BD du récit ésotérique/médiéval/fantastique. Lors de sa sortie en 97 les lecteurs potentiels prennent d'abord une petite claque visuelle avec une couverture réalisée par un quasi inconnu : Alex Alice, l'intérieur est du même tonneau. On aime ou pas mais il faut reconnaitre une maitrise graphique, un sens du cadrage assez phénoménal. Vous l'aurez compris je suis totalement fan de ce que ce type fait. Donc en ce qui concerne le dessin mon commentaire se résume à un seul mot : parfait. En ce qui concerne le scénario j'avoue être bon public. Bien sûr ces histoires de manuscrit disparu, de Templiers, d'inquisition, de héros improbables qui traversent l'Europe aussi aisément, tout cela est parfois un peu too much. Mais je marche car c'est bigrement bien fichu, le rythme est là. On sent que Dorison au scénario ne s'est pas embarqué sans biscuits, la construction est fluide, sans temps morts, même l'aspect explicatif est amené de manière à ne pas trop perdre le lecteur. Alors je passe sur certains points qui pourraient heurter les puristes et spécialistes de cette période, je préfère me laisser embarquer dans une aventure qui brasse de nombreux thèmes et des moments grandioses. Ah cette arrivée dans l'île au large de l'Ecosse ! et la fin du tome 4 sur le glacier ! Magnifique vous dis je ! A consommer sans modération.

18/02/2015 (modifier)
Par Jetjet
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série L'Homme truqué
L'Homme truqué

Serge Lehman ne cesse d'enrichir son univers de l'Hypermonde dont il a posé les bases dans la Brigade Chimérique. Ce qui est réellement enthousiasmant pour ce one shot qui peut se lire sans être passé par le gros pavé de base, c'est que les auteurs, scénariste comme dessinateur, en profitent pour gommer et améliorer ce qui me dérangeait dans l'oeuvre matricielle. A l'origine basé sur les deux romans de Maurice Renard qui apparait aussi comme protagoniste dans la présente bd, "l'Homme Truqué" et "Le péril bleu", Serge Lehman s'en inspire pour les intégrer dans son univers et en faire une préquelle. Les événements sont antérieurs à ceux racontés dans la fameuse Brigade et se déroulent dans un Paris tout frais de l'armistice de la Grande Guerre soit au début 1919. La protection de la capitale française est aux mains de Marie Curie qui recueille les mutants des tranchées dans son institut ainsi que du Nyctalope pas encore aussi cynique que dans la Brigade Chimérique. L'ensemble est mis à mal par l'intrusion du fameux Homme Truqué, un rescapé malheureux de la Grande Guerre et amélioré par "Nous Autres", entité soviétique, qui l'a utilisé comme cobaye et lui a rendu la vue par un appareillage des plus inesthétiques. L'aventure semble lancée à 100 km/h en prenant bien soin de ne pas perdre le lecteur en route comme c'était souvent le cas dans le livre d'origine. Lehman prend beaucoup de soin à insuffler un rythme soutenu ainsi qu'un vocabulaire plus appréciable pendant que Gess améliore ses personnages et enrichit ses paysages. L'ensemble est de toute beauté et renvoie directement à un univers que ne renierait pas E.P. Jacobs pour ses Blake et Mortimer pour le plus grand plaisir des lecteurs. La menace d'un autre péril d'origine inconnu s’intègre particulièrement bien dans ce milieu de mystères parisiens et on sent enfin la formule gagnante pour cet univers prometteur qui n'a pour seul reproche que de se lire bien vite. A noter un clin d'oeil discret vers Jean Severac, le héros de la Brigade et on peut se faire une jolie idée de ce que va devenir L'Oeil de la nuit dont Lehman et Gess assurent actuellement la paternité. Vous avez aimé La Brigade Chimérique ? Lisez l'Homme Truqué. Vous n'avez pas aimé La Brigade Chimérique ? Alors lisez l'Homme Truqué. Un must de SF vintage qui fait vraiment plaisir à lire et sans aucune prise de tête.

18/02/2015 (modifier)
Couverture de la série Down Under
Down Under

Très peu de Bd réalistes prennent pour décor l'Australie ; "Down Under" rend un juste et superbe hommage à la splendeur de ce pays-continent vaste et sauvage. Mes souvenirs d'Australie en BD se limitaient à Sandy & Hoppy et accessoirement à "Ian McDonald" (voir Tu n'es pas le bon dieu petit Chinois) ; le cinéma a complété mes connaissances avec des films comme Mad Max 2, Crocodile Dundee ou Razorback... Cette Bd m'a attiré immédiatement car j'ai une sorte de fascination pour cette Australie aux vastes étendues désertiques, ce pays de sable rouge, où trône Ayers Rock, où vivent des aborigènes et une faune typique, où la vie hors des villes s'écoule un peu comme dans l'Ouest sauvage américain, et d'ailleurs, le récit est traité à la manière d'un western, l'époque choisie étant la fin du XIXème siècle. Sur fond de spoliation, c'est le prétexte pour s'intéresser à la culture aborigène qu'on peut comparer par bien des points à celle de la culture indienne du Far West, car on s'aperçoit que comme l'Amérique, ce pays magnifique a lui aussi été corrompu par le colonialisme des Blancs. On constate notamment encore une fois la morgue des Anglais et le mépris qu'ils ont en général pour les peuples autochtones. A travers une intrigue classique qui rappelle un peu Monsieur Quigley l'Australien (Quigley Down Under), film de 1990 avec Tom Selleck, tout ceci est montré sans éclat, discrètement, résultat d'une réalité, avec en plus d'inévitables images de carte postale (kangourous, koalas, eucalyptus...). C'est un véritable western austral captivant, rythmé, dépaysant, qui repique à sa façon tous les stéréotypes de l'aventure avec un grand A. Le dessin rend lui aussi hommage à cette terre ocre et rouge par ses tons superbes, et magnifie littéralement l'histoire ; j'aime beaucoup ce genre de dessin élégant et racé de Pezzi que j'avais déjà pu apprécier sur Alamo, c'est le grand atout de cette Bd. Le plaisir de lecture est donc total, tout est parfaitement calibré, décor, personnages, narration, dessin, intérêt du sujet, et son approche de la culture aborigène n'est pas caricaturale mais authentique.

18/02/2015 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série The Boondocks
The Boondocks

J'avais entendu parler de cette série, mais je ne l'avais jamais lue. Puis, lorsque j'ai su qu'il y avait une édition française (dont la traduction s’arrête à octobre 2001 donc il y a encore plein de strips inédits en français), j'ai emprunté les albums. J'ai bien aimé les strips. Certes l'humour est inégal et certains gags ne m'ont pas fait rire, mais cela ne m'a pas dérangé parce que je trouve les personnages attachants. Ils ont tous leurs défauts ou problèmes et cela me fait bien rire. Le fait que les histoires tournent autour des mêmes thèmes ne m'a pas du tout dérangé car l'auteur a beaucoup d'imagination pour faire rire. Les références à la société américaine ne m'ont pas dérangé car je connaissais à peu près toutes ces références. Il n'y a que des gags sur certains candidats de l'élection présidentielle de 2000 que je n'ai pas compris car je connais uniquement Gore, Bush, Cheney et McCain. Le dessin est sympa quoique j'aurais préféré qu'il reste en noir et blanc.

18/02/2015 (modifier)