Je mets la note maximale, tant pis pour l'avertissement qui nous dit de ne réserver ceci que pour des BD hors du commun.
Car pour moi, cette série est vraiment exceptionnelle. Autant graphiquement qu'au niveau des scénarios, très captivants (même si les histoires de la Pyramide et du Phare se ressemblent vaguement).
Mon tome préféré est celui consacré au Phare d'Alexandrie. A ma connaissance, aucune BD ne dépeint mieux cette ville cosmopolite au temps des rois lagides. Les visages des soldats macédoniens, dont les uniformes sont fidèlement reproduits, sont marqués par les cicatrices, les bas-fonds de la ville sont autant sordides que la bibliothèque est magnifique. Tout sonne juste, réaliste.
Je me suis plongé dans chaque histoire avec délice, et je regrette vraiment qu'il n'y avait pas 36 merveilles dans l'Antiquité. Car cette série touche hélas à sa fin...
Etienne Davodeau a réussi là un bien bel album !
C’est d’abord un hommage à ses parents, à leur engagement, de leur jeunesse dans l’après-guerre à l’arrivée au pouvoir de François Mitterrand.
C’est aussi, au travers d’eux et des protagonistes qui les ont « aiguillés » vers ce qu’ils sont devenus, un hommage à une région souvent à l’écart. L’extrait des « Carnets du grand chemin » de Julien Gracq en début d’album ouvre d’ailleurs superbement et l’album et cette région.
C’est aussi une très belle illustration des évolutions, mutations de la société française des Trente glorieuses puis des années « de crise », avec les luttes sociales qui l’ont traversée. Et un regard sur l’influence plus ou moins en déclin de l’Eglise et des syndicats. Un regard à la fois plein d’empathie et d’ironie aussi pour certains dirigeants de la gauche. En cela, la clôture de l’album le 10 mai 1981, au sommet d’une certaine vague, d’un enthousiasme parfois messianique, permet d’évacuer les désillusions que Mitterrand fera connaître à une certaine gauche (surtout après 1983).
C’est un album plein d’humanité, qui, sans être jamais mièvre et naïf, délivre un message positif, plein de vie. Vraiment une réussite, que le dessin à la fois simple et efficace accompagne très bien. Une œuvre intelligente, à découvrir !
C'est vraiment bien !
C'est frais, c'est dynamique, attachant ! Un hybride comic / bd française, avec les avantages des 2 mondes.
L'histoire en elle même est un regroupement de super-soldats - chacun possède son pouvoir. Une mission par tome, et c'est parti, dans l'enfer de la guerre de 14-18.
L'histoire s'attache pas mal aux protagonistes principaux, et la façon dont leur éducation et leurs opinions vont moduler leurs actions. Le bourrin, le dépité, le fier...
Le graphisme est splendide, aussi tortueux que l'esprit des personnages. La colorisation est réussie, le 4eme album rend bien l'atmosphère chaude des journées turques... pendant la guerre.
Bref, j'ai passé un excellent moment, vite, la suite :)
Pour moi « Love in Vain » fut d’abord un coup de cœur graphique… un coup de foudre même. L’album est classieux, élégant avec sa belle couverture et son format à l’italienne… un bref feuilletage en librairie, et hop, l’affaire était pliée. Le dessin en noir et blanc est absolument magistral. Il fourmille de détails sans pour autant perdre en lisibilité. Certaines planches « pleine page » sont vraiment magnifiques.
L’histoire est assez classique, certes, et le ton très « Dixie » du début de 20eme siècle : racisme, pauvreté, débauche, blues… la vie de Robert Johnson, légende du Blues mort très jeune et n’ayant jamais connu le succès de son vivant, est banale au possible, mais racontée avec talent. Les épreuves endurées par le chanteur ajoutent un poids terrible aux paroles de ses chansons, que je me suis empressé d’écouter en refermant l’album.
Un album enivrant, remarquablement écrit et mis en image. Un coup de cœur en ce qui me concerne !
Série pleine de qualité et je risque d'en oublier.
Déjà une série en 9 tomes (bien que 10 aurait été le bienvenu), pour un manga c'est plutôt très court et tout aussi rare. Et si la série est si courte, c'est qu'il n'a pas de place aux scènes inutiles. Pas de scène d'amour "je t'aime moi non plus", pas de scène d'explication de jeu de carte qui dure trois tomes. Les seules explications de règles que l'on ait, c'est pour le motorball et c'est torcher en quelques pages (même pas 10% d'un chapitre, même pas 5% d'un volume). Pas de personnage féminin ultra sexy prenant des poses d'actrice de film de cul, juste gally, guerrière de son état, chasseuse de prime de sa décharge. Donc pas voyeur pour un sou. Pas de scène grand guignolesque composé d'instant nawak (écueil dans lequel tombe Gunnm Last Order, GLO, par moment).
Le personnage de gally est, dans le monde du manga, une petite merveille. Vous connaissez beaucoup de personnage féminin aussi badass qui ne se sent pas obliger de taper des pauses de... péripatéticienne ?? sans être non plus un garçon manqué, Gally n'est pas une femme comme les autres dans le manga. Tour à tour touchante, ouverte et douce, elle peut être le parfait oppposé. Et déjà, on peut dire que l'on est devant un personnage assez nuancé, loin des carcans habituels du manga, en fait de la bd en générale.
Le personnage est d'autant plus nuancé qu'on le suit pendant une bonne quinzaine d'années (avec des ellipses bien sûr), ce qui fait qu'on a le temps de la voir passer par plein d'étape (enfance, adolescence, rebellion, adulte). En fait, on voit le personnage vivre, évoluer mais surtout changer (que ça soit en bien ou en mal). A mon sens, Gally est une femme dans toute sa splendeur, sans avoir une féminité exacerbée par les pulsions perverse d'un auteur en manque de culotte de petite fille.
Le monde dans lequel évolue notre cyborg n'est pas post apocalyptique mais plus post post apocalyptique puisque il existe une vraie société, un vrai ordre pré établi : les gens de zalem dans leur cité volante, les autres de la décharge, considéré comme les premiers comme une espèce inférieure. Je le précise car je vois beaucoup dire univers post apocalypse... mais le seul vraiment moment que l'on peut qualifier comme ça dans Gunnm, c'est le flashback sur la vie de Vilma dans Gunnm last order. Le reste du temps, l'apocalypse est déjà bien loin et passer depuis plusieurs centaine d'années, il y a même eu deux apocalypses si je puis me permettre (voir GLO encore).
Donc c'est bien sûr un monde quasi anarchiste (quasi car il y a quelques lois quand même comme celle de ne pas inventer d'objet volant) plutôt crade. Du cyber punk comme il faut avec son lot de cyborg, de camé surboosté et de violence, les humains 100% bio étant très rare et n'ayant que très peu de chance de survie dans la décharge. ALors oui, rien de révolutionnaire, mais il est bien dépeint et suivre Gally y évolué et fort plaisant. Surtout que si l'on reste concentré sur la décharge dans les premiers tome, cela change à partir du tome 6 (et dans GLO, encore) avec la traque de Desty Nova.
Après ce que j'apprécie vraiment dans cette série, c'est qu'en plus d'être du cyberpunk, on a de la vraie science fiction. Comprenez bien, je dis ça car pas de magie ou de théoie scientifique fumeuse, toute explication provient d'une théorie scientifique valide et explicitée, ce qui rend l'oeuvre cohérente et très crédible. Ainsi vous aurez des explication sur le point de Lagrange, sur l'énergie de Tesla, sur la chimie quantique etc. Ce manga est donc bien documenté, et c'est un point plus qu'interessant car très rare dans le monde manga (à part la gravité. La gravi quoi ? voir dbz)
Et ce côté Zen (dans le vrai sens du terme) qui se ressent au travers d'un des antagonistes les plus barrés de l'histoire de la fiction (Desty Nova) qui a pour obsession une chose : la maîtrise du karma. Paradoxe intéressant puisque Desty Nova modifie le karma des gens mais sans vraiment se demander ce que ça impliquera sur le sien, ce qui fait de lui un espèce de bouddhiste complètement taré qui pousse le grotesque au maximum. Le grotesque n'est plus marrant mais complètement flippant car pousser à son paroxysme.
Le dessin est quand à lui honnête et surtout assez différent de ce que l'on peut voir habituellement, la plupart des personnages sont moches (dans le sens crado) par exemple. Les scènes d'action font partis des plus dynamiques et des plus net qu'il m'ait été donné de voir. Les décors peuvent paraître assez vide mais en même temps la terre est un géant désert... donc bah on s'arrête juste pas là dessus et on regardera plus les pièces mécaniques et autres bras cybernétique assez bien détaillé.
Bon il y a encore pas mal de chose dont je n'ai pas parlé (volontairement) mais je vous recommande plus que chaudement ce manga, seul la fin peut être un peu décevante car expéditive mais c'est pas forcément génant et puis, maintenant il y a les GLO qui vous porpose une suite alternative au moment où Gally se réveille avec son corps Imaginos.
Le Nyctalope est le tout premier super héros européen voire le tout premier super héros tout court contrairement aux idées reçues qui attribue l’origine de ces personnages aux Etats-Unis.
Pour des sombres histoires d’ayant droit, Léo Sainclair devient Théo Sainclair l’œil de la nuit mais garde tous ses attributs.
Au moins le report de ce lointain spin off de la Brigade Chimérique aura permis une publication plus rapide entre les tomes à venir car le second arrive déjà dans deux mois et c’est tant mieux tant cette lecture fut enthousiaste et agréable.
Même sans avoir une notion bien précise de la multitude de personnages connus ou fictifs (on croise dans cette France du début XXième siècle nombre de personnalités honorables), le lecteur ne risque pas de se sentir perdu ou floué tant les enchainements feuilletonnesques s’emboitent avec une précision d’horlogerie suisse.
Mené tambour battant, ce premier tome va dévoiler les origines du pouvoir du futur « Œil de la nuit », Théo Sainclair est un aventurier charismatique issue d’une bourgeoisie influente et va se retrouver bien malgré lui au cœur de machinations multiples avec vol de bijoux martiens et attentat contre son propre père.
J’ai retrouvé avec plaisir le trait brouillon et assuré de Gess apportant un cachet mignolesque et vintage à des aventures qui ont le goût de celles de Blake et Mortimer, le rythme en plus.
Lehmann adore l’univers qu’il a mis en place avec la Brigade Chimérique et qu’il a exploité avec succès pour Masqué et l’Homme Truqué mais ici on dispose d’un récit fluide se suffisant à lui tout seul. L’univers est uchronique, steampunk mais diablement excitant et s’achève sur une véritable renaissance.
Il s’agit d’une bonne vieille SF où les seconds rôles sont également soignés servi dans un écrin « serial » de toute beauté.
Il ne faudrait pas passer à côté d’un univers parfois trop généreux mais riche en promesses à venir.
Divertissant sans être novateur ni rébarbatif, laissez vous tenter, l’évasion est complète. Vivement la suite !
Vraiment super !!
Les personnages sont bien travaillés, Smax pète la classe pour un schtroumpf géant ;)
Introduit à ce commissariat hors norme par le biais d'une nouvelle arrivante, Alan Moore nous propose une vraie immersion dans cette ville bien particulière. Pas mal de sujet rare dans le comics sont abordés, comme la pédophilie, la zoophilie. On sent l'influence de différentes BD, que ça soit du comics ou autres.
Chaque personnage est attachant... et zut il y a quand même un chien avec un exo squelette qui se tape des être humains, sans que ça soit dégueulasse. Bon, je vais peut être consulter, mais c'est bien amené et notre curiosité est éveillée sans que ça soit du voyeurisme. Les rapports entre les personnages sont claireement calqués sur l'image que l'on peut se faire des rapports entre agent de police.
Le dessin n'est ni trop sophistiqué ni trop classique et à l'avantage de présenter autre chose que des humanoîdes élevés aux hormones, comme c'est assez souvent le cas dans les oeuvres d'alan moore. N'ayant pas lu le troisième tome je ne peux pas trop en parler mais il m'a semblé voir que le dessinanteur n'était pas le même. Je n'ai toutefois pas assez regarder pour dire si le style colle tout de même à l'histoire.
Un certain second degré qui n'enlève rien à la gravité de la trame principale et qui sert francement la lecture puisque cela permet de ne pas être étouffé par le récit (qui est assez dense) sans que ça soit lourdingue.
Une des meilleures oeuvres sur les super héros que j'ai pu lire avec un traitement humain du surhomme bien rendu et des personnages au caractère bien marqué.
Je vais être court car l’essentiel a déjà été dit par mes prédécesseurs. « Un jour sans » est un très bon one-shot. Le cadre historique n’est certes pas extrêmement précis mais ce n’est pas un défaut pour moi, il s’agit plus d’une fable morale que d’un récit historique. Le dessin est réussi, le trait un peu simple mais le découpage et la mise en scène sont très bons, le dessinateur sait mettre en cases de longues séquences complètement muettes et pourtant très narratives. Côté scénario, c’est juste magistral. J’ai été happé directement par le récit, le caractère totalement ignoble de son personnage principal, l’humour acerbe qui se dégage de l’ensemble. Le rythme du récit est très bien géré. Une vraie leçon de scénario. Mais tout cela ne ferait juste qu’une bonne bd sans cette chute que je n’avais pas vu venir. Je suis resté sur mon popotin à la lecture des dernières pages. Impossible de révéler quoi que ce soit mais la fin de l’album est juste géniale.
J’avais déjà apprécié le premier album de cette série quand il est sorti en 2012. J’aimais les aventures de ce petit extra-terrestre trop mignon en planète étrangère et socialement hostile. Les habitants sont en effet racistes, violents et lubriques. Et les extra-terrestres étrangers se retrouvent souvent obligés de faire des boulots indignes et sous-payés. Satire sociale, donc, mais sublimée par un humour trash et absurde qui tranchait avec le côté très gentillet du dessin. Le premier album était déjà très bien, donc, et valait quatre étoiles à mes yeux. Mais le deuxième est juste un cran au-dessus, alors qu’on aurait pu croire que l’auteur allait tourner en rond, que tout avait été dit dans un premier tome certes très bon mais constitué d’une suite de sketchs alignés au petit bonheur la chance (ce qui peut avoir son charme), le deuxième impose une cohérence scénaristique globale tout en restant aussi drôle. Mon verdict est sans appel : il faut lire Krrpk. Il s’agit ni plus ni moins du meilleur titre de la collection Shampooing, qui regorge pourtant d’autres pépites.
Magnifique. Je pourrais m'arrêter là car cela résume parfaitement cette BD. J'adore Jules Verne et Hayao Miyazaki, le steam-punk et les personnalité excentriques notamment historiques comme Louis II de Bavières alors mêler le tout avec beaucoup de talent, que ce soit scénaristiquement et graphiquement, est une prouesse impressionnante. J'attends avec beaucoup d'impatience la conclusion de cette série pour la passer en culte.
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Les 7 Merveilles
Je mets la note maximale, tant pis pour l'avertissement qui nous dit de ne réserver ceci que pour des BD hors du commun. Car pour moi, cette série est vraiment exceptionnelle. Autant graphiquement qu'au niveau des scénarios, très captivants (même si les histoires de la Pyramide et du Phare se ressemblent vaguement). Mon tome préféré est celui consacré au Phare d'Alexandrie. A ma connaissance, aucune BD ne dépeint mieux cette ville cosmopolite au temps des rois lagides. Les visages des soldats macédoniens, dont les uniformes sont fidèlement reproduits, sont marqués par les cicatrices, les bas-fonds de la ville sont autant sordides que la bibliothèque est magnifique. Tout sonne juste, réaliste. Je me suis plongé dans chaque histoire avec délice, et je regrette vraiment qu'il n'y avait pas 36 merveilles dans l'Antiquité. Car cette série touche hélas à sa fin...
Les Mauvaises Gens
Etienne Davodeau a réussi là un bien bel album ! C’est d’abord un hommage à ses parents, à leur engagement, de leur jeunesse dans l’après-guerre à l’arrivée au pouvoir de François Mitterrand. C’est aussi, au travers d’eux et des protagonistes qui les ont « aiguillés » vers ce qu’ils sont devenus, un hommage à une région souvent à l’écart. L’extrait des « Carnets du grand chemin » de Julien Gracq en début d’album ouvre d’ailleurs superbement et l’album et cette région. C’est aussi une très belle illustration des évolutions, mutations de la société française des Trente glorieuses puis des années « de crise », avec les luttes sociales qui l’ont traversée. Et un regard sur l’influence plus ou moins en déclin de l’Eglise et des syndicats. Un regard à la fois plein d’empathie et d’ironie aussi pour certains dirigeants de la gauche. En cela, la clôture de l’album le 10 mai 1981, au sommet d’une certaine vague, d’un enthousiasme parfois messianique, permet d’évacuer les désillusions que Mitterrand fera connaître à une certaine gauche (surtout après 1983). C’est un album plein d’humanité, qui, sans être jamais mièvre et naïf, délivre un message positif, plein de vie. Vraiment une réussite, que le dessin à la fois simple et efficace accompagne très bien. Une œuvre intelligente, à découvrir !
Les Sentinelles
C'est vraiment bien ! C'est frais, c'est dynamique, attachant ! Un hybride comic / bd française, avec les avantages des 2 mondes. L'histoire en elle même est un regroupement de super-soldats - chacun possède son pouvoir. Une mission par tome, et c'est parti, dans l'enfer de la guerre de 14-18. L'histoire s'attache pas mal aux protagonistes principaux, et la façon dont leur éducation et leurs opinions vont moduler leurs actions. Le bourrin, le dépité, le fier... Le graphisme est splendide, aussi tortueux que l'esprit des personnages. La colorisation est réussie, le 4eme album rend bien l'atmosphère chaude des journées turques... pendant la guerre. Bref, j'ai passé un excellent moment, vite, la suite :)
Love in Vain
Pour moi « Love in Vain » fut d’abord un coup de cœur graphique… un coup de foudre même. L’album est classieux, élégant avec sa belle couverture et son format à l’italienne… un bref feuilletage en librairie, et hop, l’affaire était pliée. Le dessin en noir et blanc est absolument magistral. Il fourmille de détails sans pour autant perdre en lisibilité. Certaines planches « pleine page » sont vraiment magnifiques. L’histoire est assez classique, certes, et le ton très « Dixie » du début de 20eme siècle : racisme, pauvreté, débauche, blues… la vie de Robert Johnson, légende du Blues mort très jeune et n’ayant jamais connu le succès de son vivant, est banale au possible, mais racontée avec talent. Les épreuves endurées par le chanteur ajoutent un poids terrible aux paroles de ses chansons, que je me suis empressé d’écouter en refermant l’album. Un album enivrant, remarquablement écrit et mis en image. Un coup de cœur en ce qui me concerne !
Gunnm
Série pleine de qualité et je risque d'en oublier. Déjà une série en 9 tomes (bien que 10 aurait été le bienvenu), pour un manga c'est plutôt très court et tout aussi rare. Et si la série est si courte, c'est qu'il n'a pas de place aux scènes inutiles. Pas de scène d'amour "je t'aime moi non plus", pas de scène d'explication de jeu de carte qui dure trois tomes. Les seules explications de règles que l'on ait, c'est pour le motorball et c'est torcher en quelques pages (même pas 10% d'un chapitre, même pas 5% d'un volume). Pas de personnage féminin ultra sexy prenant des poses d'actrice de film de cul, juste gally, guerrière de son état, chasseuse de prime de sa décharge. Donc pas voyeur pour un sou. Pas de scène grand guignolesque composé d'instant nawak (écueil dans lequel tombe Gunnm Last Order, GLO, par moment). Le personnage de gally est, dans le monde du manga, une petite merveille. Vous connaissez beaucoup de personnage féminin aussi badass qui ne se sent pas obliger de taper des pauses de... péripatéticienne ?? sans être non plus un garçon manqué, Gally n'est pas une femme comme les autres dans le manga. Tour à tour touchante, ouverte et douce, elle peut être le parfait oppposé. Et déjà, on peut dire que l'on est devant un personnage assez nuancé, loin des carcans habituels du manga, en fait de la bd en générale. Le personnage est d'autant plus nuancé qu'on le suit pendant une bonne quinzaine d'années (avec des ellipses bien sûr), ce qui fait qu'on a le temps de la voir passer par plein d'étape (enfance, adolescence, rebellion, adulte). En fait, on voit le personnage vivre, évoluer mais surtout changer (que ça soit en bien ou en mal). A mon sens, Gally est une femme dans toute sa splendeur, sans avoir une féminité exacerbée par les pulsions perverse d'un auteur en manque de culotte de petite fille. Le monde dans lequel évolue notre cyborg n'est pas post apocalyptique mais plus post post apocalyptique puisque il existe une vraie société, un vrai ordre pré établi : les gens de zalem dans leur cité volante, les autres de la décharge, considéré comme les premiers comme une espèce inférieure. Je le précise car je vois beaucoup dire univers post apocalypse... mais le seul vraiment moment que l'on peut qualifier comme ça dans Gunnm, c'est le flashback sur la vie de Vilma dans Gunnm last order. Le reste du temps, l'apocalypse est déjà bien loin et passer depuis plusieurs centaine d'années, il y a même eu deux apocalypses si je puis me permettre (voir GLO encore). Donc c'est bien sûr un monde quasi anarchiste (quasi car il y a quelques lois quand même comme celle de ne pas inventer d'objet volant) plutôt crade. Du cyber punk comme il faut avec son lot de cyborg, de camé surboosté et de violence, les humains 100% bio étant très rare et n'ayant que très peu de chance de survie dans la décharge. ALors oui, rien de révolutionnaire, mais il est bien dépeint et suivre Gally y évolué et fort plaisant. Surtout que si l'on reste concentré sur la décharge dans les premiers tome, cela change à partir du tome 6 (et dans GLO, encore) avec la traque de Desty Nova. Après ce que j'apprécie vraiment dans cette série, c'est qu'en plus d'être du cyberpunk, on a de la vraie science fiction. Comprenez bien, je dis ça car pas de magie ou de théoie scientifique fumeuse, toute explication provient d'une théorie scientifique valide et explicitée, ce qui rend l'oeuvre cohérente et très crédible. Ainsi vous aurez des explication sur le point de Lagrange, sur l'énergie de Tesla, sur la chimie quantique etc. Ce manga est donc bien documenté, et c'est un point plus qu'interessant car très rare dans le monde manga (à part la gravité. La gravi quoi ? voir dbz) Et ce côté Zen (dans le vrai sens du terme) qui se ressent au travers d'un des antagonistes les plus barrés de l'histoire de la fiction (Desty Nova) qui a pour obsession une chose : la maîtrise du karma. Paradoxe intéressant puisque Desty Nova modifie le karma des gens mais sans vraiment se demander ce que ça impliquera sur le sien, ce qui fait de lui un espèce de bouddhiste complètement taré qui pousse le grotesque au maximum. Le grotesque n'est plus marrant mais complètement flippant car pousser à son paroxysme. Le dessin est quand à lui honnête et surtout assez différent de ce que l'on peut voir habituellement, la plupart des personnages sont moches (dans le sens crado) par exemple. Les scènes d'action font partis des plus dynamiques et des plus net qu'il m'ait été donné de voir. Les décors peuvent paraître assez vide mais en même temps la terre est un géant désert... donc bah on s'arrête juste pas là dessus et on regardera plus les pièces mécaniques et autres bras cybernétique assez bien détaillé. Bon il y a encore pas mal de chose dont je n'ai pas parlé (volontairement) mais je vous recommande plus que chaudement ce manga, seul la fin peut être un peu décevante car expéditive mais c'est pas forcément génant et puis, maintenant il y a les GLO qui vous porpose une suite alternative au moment où Gally se réveille avec son corps Imaginos.
L'Oeil de la nuit
Le Nyctalope est le tout premier super héros européen voire le tout premier super héros tout court contrairement aux idées reçues qui attribue l’origine de ces personnages aux Etats-Unis. Pour des sombres histoires d’ayant droit, Léo Sainclair devient Théo Sainclair l’œil de la nuit mais garde tous ses attributs. Au moins le report de ce lointain spin off de la Brigade Chimérique aura permis une publication plus rapide entre les tomes à venir car le second arrive déjà dans deux mois et c’est tant mieux tant cette lecture fut enthousiaste et agréable. Même sans avoir une notion bien précise de la multitude de personnages connus ou fictifs (on croise dans cette France du début XXième siècle nombre de personnalités honorables), le lecteur ne risque pas de se sentir perdu ou floué tant les enchainements feuilletonnesques s’emboitent avec une précision d’horlogerie suisse. Mené tambour battant, ce premier tome va dévoiler les origines du pouvoir du futur « Œil de la nuit », Théo Sainclair est un aventurier charismatique issue d’une bourgeoisie influente et va se retrouver bien malgré lui au cœur de machinations multiples avec vol de bijoux martiens et attentat contre son propre père. J’ai retrouvé avec plaisir le trait brouillon et assuré de Gess apportant un cachet mignolesque et vintage à des aventures qui ont le goût de celles de Blake et Mortimer, le rythme en plus. Lehmann adore l’univers qu’il a mis en place avec la Brigade Chimérique et qu’il a exploité avec succès pour Masqué et l’Homme Truqué mais ici on dispose d’un récit fluide se suffisant à lui tout seul. L’univers est uchronique, steampunk mais diablement excitant et s’achève sur une véritable renaissance. Il s’agit d’une bonne vieille SF où les seconds rôles sont également soignés servi dans un écrin « serial » de toute beauté. Il ne faudrait pas passer à côté d’un univers parfois trop généreux mais riche en promesses à venir. Divertissant sans être novateur ni rébarbatif, laissez vous tenter, l’évasion est complète. Vivement la suite !
Top 10
Vraiment super !! Les personnages sont bien travaillés, Smax pète la classe pour un schtroumpf géant ;) Introduit à ce commissariat hors norme par le biais d'une nouvelle arrivante, Alan Moore nous propose une vraie immersion dans cette ville bien particulière. Pas mal de sujet rare dans le comics sont abordés, comme la pédophilie, la zoophilie. On sent l'influence de différentes BD, que ça soit du comics ou autres. Chaque personnage est attachant... et zut il y a quand même un chien avec un exo squelette qui se tape des être humains, sans que ça soit dégueulasse. Bon, je vais peut être consulter, mais c'est bien amené et notre curiosité est éveillée sans que ça soit du voyeurisme. Les rapports entre les personnages sont claireement calqués sur l'image que l'on peut se faire des rapports entre agent de police. Le dessin n'est ni trop sophistiqué ni trop classique et à l'avantage de présenter autre chose que des humanoîdes élevés aux hormones, comme c'est assez souvent le cas dans les oeuvres d'alan moore. N'ayant pas lu le troisième tome je ne peux pas trop en parler mais il m'a semblé voir que le dessinanteur n'était pas le même. Je n'ai toutefois pas assez regarder pour dire si le style colle tout de même à l'histoire. Un certain second degré qui n'enlève rien à la gravité de la trame principale et qui sert francement la lecture puisque cela permet de ne pas être étouffé par le récit (qui est assez dense) sans que ça soit lourdingue. Une des meilleures oeuvres sur les super héros que j'ai pu lire avec un traitement humain du surhomme bien rendu et des personnages au caractère bien marqué.
Un Jour Sans
Je vais être court car l’essentiel a déjà été dit par mes prédécesseurs. « Un jour sans » est un très bon one-shot. Le cadre historique n’est certes pas extrêmement précis mais ce n’est pas un défaut pour moi, il s’agit plus d’une fable morale que d’un récit historique. Le dessin est réussi, le trait un peu simple mais le découpage et la mise en scène sont très bons, le dessinateur sait mettre en cases de longues séquences complètement muettes et pourtant très narratives. Côté scénario, c’est juste magistral. J’ai été happé directement par le récit, le caractère totalement ignoble de son personnage principal, l’humour acerbe qui se dégage de l’ensemble. Le rythme du récit est très bien géré. Une vraie leçon de scénario. Mais tout cela ne ferait juste qu’une bonne bd sans cette chute que je n’avais pas vu venir. Je suis resté sur mon popotin à la lecture des dernières pages. Impossible de révéler quoi que ce soit mais la fin de l’album est juste géniale.
Krrpk
J’avais déjà apprécié le premier album de cette série quand il est sorti en 2012. J’aimais les aventures de ce petit extra-terrestre trop mignon en planète étrangère et socialement hostile. Les habitants sont en effet racistes, violents et lubriques. Et les extra-terrestres étrangers se retrouvent souvent obligés de faire des boulots indignes et sous-payés. Satire sociale, donc, mais sublimée par un humour trash et absurde qui tranchait avec le côté très gentillet du dessin. Le premier album était déjà très bien, donc, et valait quatre étoiles à mes yeux. Mais le deuxième est juste un cran au-dessus, alors qu’on aurait pu croire que l’auteur allait tourner en rond, que tout avait été dit dans un premier tome certes très bon mais constitué d’une suite de sketchs alignés au petit bonheur la chance (ce qui peut avoir son charme), le deuxième impose une cohérence scénaristique globale tout en restant aussi drôle. Mon verdict est sans appel : il faut lire Krrpk. Il s’agit ni plus ni moins du meilleur titre de la collection Shampooing, qui regorge pourtant d’autres pépites.
Le Château des étoiles
Magnifique. Je pourrais m'arrêter là car cela résume parfaitement cette BD. J'adore Jules Verne et Hayao Miyazaki, le steam-punk et les personnalité excentriques notamment historiques comme Louis II de Bavières alors mêler le tout avec beaucoup de talent, que ce soit scénaristiquement et graphiquement, est une prouesse impressionnante. J'attends avec beaucoup d'impatience la conclusion de cette série pour la passer en culte.