Les derniers avis (9615 avis)

Par sloane
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Tourne-disque
Tourne-disque

Suggestion! Tout ici est suggestion. Ne cherchez pas des allusions franches et directes sur la colonisation du Congo au XIXème siècle par le royaume belge. Celui-ci, au nom d'une œuvre supposée civilisatrice, a commis des exactions qui lui vaudraient aujourd'hui le TPI. Dans cette BD il est vrai donc que les choses et notamment ces aspects là de la colonisation sont suggérées très subtilement au détour d'une image ou d'un simple dialogue de deux lignes. Très fort et véritablement amené en douceur, ce qui à mon avis n'amoindrit pas le propos mais au final le renforce. Car le sujet n'est pas là, ou plutôt si, deux êtres que tout sépare, se croisent grâce à la musique, autour d'eux d'autres personnages en contre point, tels des mouches, s'agitent, sûrs de leur bon droit d'occidentaux. Je ne ferais donc que conseiller très fortement cette BD qui possède un fort pouvoir envoûtant. Sans partir dans un délire très occidental sur la magie de l'Afrique et tutti quanti voilà un ouvrage tout en finesse dont le dessin très épuré mais très beau est juste figé comme il faut, à l'image de notre héros affublé de sa minerve. Une jolie découverte qui m'incite à aller voir d'autres œuvres de ces messieurs.

10/04/2015 (modifier)
Par KanKr
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Deux Frères
Deux Frères

Jeu de mains, jeu de frangins ! À l'instar de leur précédent ouvrage, L'Aliéniste, l'adaptation graphique de roman devient décidément une habitude pour Gabriel Bá et Fábio Moon. Ils nous livrent, dans leur dernier one shot, un autre regard sur celui de Milton Hatoum, Deux frères, dans une interprétation dessinée parée du même titre. Des frères jumeaux qui collaborent pour nous faire vivre, en B.D., les péripéties de deux frères aussi jumeaux que rivaux, l'idée ne manque pas de piment ! Un concept digne d'une mise en abîme dans un roman aux antipodes de la relation qu'ils partagent dans la sphère privée ou professionnelle. Fils d'une famille d'origine libanaise installée au Brésil, nés de l'amour d'Halim pour Zana, Yaqub et Omar sont des frères que, à contrario des auteurs, tout oppose. Le premier, studieux et respectueux des règles, a réussi alors que le second, oisif et impertinent, enchaîne les petites magouilles. C'est toute l'attention de la mère dévolue à Omar qui entraînera un déséquilibre familial accentué par la suite d'une rivalité grandissante de la fratrie, courtisant le même cœur, menant à leur séparation à l'âge de 13 ans. Une dernière dispute scellera à tout jamais leur destin, laissant sur le visage de Yaqub une cicatrice, empreinte de la rupture. Exilé au Liban, Yaqub ne reviendra dans sa famille que cinq années plus tard. Entre amour, coups bas, vengeances, secrets de famille, le narrateur, fils illégitime de la servante indienne en quête d'identité, dépeint l'ombrageux portrait d'une famille sur le déclin suivant les vicissitudes de la ville dans laquelle évolue l'action : Manaus. Au rythme de ses départs et de ses retours, Yaqub devient progressivement le chef d'orchestre du déroulement de cette aventure extraordinaire par ses intrigues ordinaires. Bien que fictif, le récit croise la réalité du contexte historique brésilien du XXe siècle ancrant ainsi les scènes dans une période que le lecteur peut identifier. Les nombreux protagonistes, tous porteurs d'une histoire dans l'histoire, se mêlent aux événements de l'époque : immigration libanaise, évolution et développement socioculturel rapide du pays bousculé par des changements politiques et touché par la dictature militaire, etc. Le choix d'opter pour le noir et blanc se révèle judicieux. Il accompagne la lenteur du récit, l'intensité de l'intrigue et l’alternance des sombres souvenirs et des brefs moments de bonheur procurés par les retrouvailles. Force est de constater que les auteurs maîtrisent encore une fois leur sujet et que leur reconnaissance internationale dans le monde de la bande dessinée est loin d'être galvaudée. Alimentés de café noir, fort et sans sucre, carburant essentiel de leurs travaux, Gabriel Bá et Fábio Moon nous tiennent en haleine de la première à la dernière page. Puisant dans leurs racines et dans l'œuvre de leur compatriote brésilien, ils cultivent la curiosité du lecteur qui enchaîne les onze chapitres ponctués de flashbacks, impatient de dénouer les fils de cette intrigue. Avis aux amateurs de télé-réalité ou autres indigences cathodiques, avides de petits secrets et de grands maux, éteignez vos écrans et procurez-vous cet ouvrage ! KanKr

09/04/2015 (modifier)
Couverture de la série Un Amour exemplaire
Un Amour exemplaire

Raconter un bonheur simple est une gageure. Raconter un amour sans histoire est source d’ennui. Pourtant… Pourtant, cet album m’a beaucoup plu par sa douceur de vivre, par sa fraicheur, par son humour, par son improbable authenticité. Les auteurs ont fait montre d’astuce en se mettant en scène presqu’autant que le couple auquel rend hommage cet album. Cette approche décalée permet de diversifier la narration et les centres d’intérêts. Elle autorise quelques petits délires, présentés comme des boutades du narrateur telles qu’on en rencontre bien souvent au détour d’une conversation de bistrot. Les multiples interventions des clients de la brasserie dans laquelle se trouvent Pennac et Cestac apportent elles aussi leur flot d’humour. Par ailleurs, cette histoire d’amour que l’écrivain nous présente tel un souvenir d’enfance (et qui est tirée d’une histoire vraie) est elle-même source d’anecdotes bien rigolotes. Car il faut bien avouer que tout calme et en quête de tranquillité qu’il soit, ce couple accumule les non-clichés avec une gaieté hors du commun. Il y a de l’ ‘Alexandre le bienheureux’ dans l’image désinvolte qu’il dégage. Cette love-story atypique, qui se rit des préjugés et des conventions, est une belle ode à l’amour simple. Un amour avec concessions, pour un couple qui s’aime, se respecte et cherche à être avant de paraître. Le ton employé, volontiers ’autodérisoire’, m’a présenté l’humanité des personnages dans toute sa splendeur. Qu’il est agréable de lire un récit dans lequel les acteurs ne se prennent pas au sérieux mais restent honnêtes avec eux-mêmes. Et dans ces conditions, même une conclusion qui aurait été dramatique en d’autres circonstances, se transforme en leçon de vie et d’humilité. Le trait et les nez en patate de Florence Cestac ne plairont pas à tout le monde. Mais si je ne serai jamais un fan absolu de son style, je l’ai trouvé très bienvenu dans le cas présent. Il est bonhomme et expressif, coloré et rond, doux et primesautier. Totalement adéquat, donc, pour nous conter cette histoire d’amour. Enfin, un petit mot sur la très belle couverture, au touché en relief. A la fois simple, épurée et élégante, une couverture qui ne tape absolument pas à l’œil mais que l’on a plaisir à toucher, à caresser, pour en souligner les aspérités. Vous cherchez un love-story en marge des sentiers battus, une histoire d’amour fou et calme, un espoir en notre dérisoire humanité ? Je ne peux que vous conseiller cet album. N'en attendez rien d'extraordinaire... de nos jours, la simplicité est un luxe.

08/04/2015 (modifier)
Par Blue Boy
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Ici
Ici

L’auteur, Richard McGuire n’est pas à proprement parler un auteur de BD, mais plutôt un artiste touche-à-tout dans des domaines allant du design aux livres pour enfants, en passant par la musique ou le cinéma d’animation. Avec « Ici », c’est un ballet époustouflant des habitants et des objets d'un lieu unique à travers les âges qui nous est proposé, nous renvoyant à notre propre insignifiance, et posant avec acuité la question de la mémoire, à l’échelle de l’individu ou de l’humanité entière. A travers les 300 pages de cet OVNI, passé, présent et futur se rejoignent et tapent la discute dans ce salon, personnage principal de cette histoire élaborée comme une symphonie ou une suite de collages dadaïstes. Les dialogues sont secondaires, se diluant tel un étrange bruit de fond dépourvu de logique, comme dans un rêve éveillé, mais font pourtant sens, interrogeant les clichés d’un passé lointain voire antédiluvien, d’un présent terre à terre ou d’un futur hypothétique. Par une superposition des temporalités, les images les plus inattendues virevoltent et s’entrechoquent, entre elles ou avec les textes, provoquant chez le lecteur un tournis métaphysique jubilatoire qui agit à la manière d’une drogue et fait qu’on ne peut plus lâcher l’objet. Parfois, on se surprend même, comme à la fête foraine, à s’esclaffer comme si l’on était à bord d’une machine à remonter le temps hors de contrôle, ou d’un bateau à bascule dont les freins auraient lâché. A l’évidence, Richard McGuire est davantage un graphiste qu’un dessinateur. Personnages, objets et autres éléments du décor sont représentés avec des styles disparates, dépersonnalisés, comme pour en souligner le caractère évanescent. A certains moments, on est plus dans le crayonné, à d’autres carrément dans l’impressionnisme. Parfois, les dessins ressemblent à des photos retravaillées aux contours à peine visibles. Mais l’ensemble reste cohérent et agréable visuellement, le choix des couleurs pastels apporte une touche apaisante à cette frénésie narrative. Très clairement, si l’ouvrage a un pied dans la BD, l’autre se situe dans la pure création artistique. « Ici » ne se lit pas. « Ici » se vit, telle une expérience sensorielle, et malgré l’immobilisme suggéré par le titre, nous emmène vraiment ailleurs, très très loin de notre ici rétréci. Avec cette production expérimentale, Gallimard a déniché rien de moins qu’un chef d’œuvre. A bon entendeur !

07/04/2015 (modifier)
Par Gaëlle
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Wika
Wika

De superbes dessins étayent une aventure haletante et poignante. Nos personnages aux traits soignés évoluent dans un univers féérique, sinistre et merveilleux tout à la fois. Bravo aux auteurs.

06/04/2015 (modifier)
Couverture de la série La Colère de Fantômas
La Colère de Fantômas

Belle découverte que cet ouvrage. Tout d'abord, découverte d'une histoire que je ne connaissais absolument pas dans sa version originale. Comme le dit très bien le scénariste dans sa préface on est très loin du "pitre au masque bleu, poursuivi par un clown, à bord d'une DS volante" que tout le monde connait par le cinéma. On découvre une facette tout à fait différente de Fantômas, mais bien plus intéressante. Découverte ensuite d'une dessinatrice, Julie Rocheleau. Son dessin est assez particulier mais il me plait beaucoup, surtout ses couleurs. Les scènes d'action ne sont pas toujours très claires, mais ça ajoute justement au mystère de l'histoire. Espérons que la suite sera à la hauteur :) Après lecture des 3 tomes qui forment le premier cycle, ma note reste la même. L'histoire est excellente jusqu'au bout. Et après relecture des deux premiers tomes, le dessin des scènes d'action ne me pose plus aucun problème. A recommander sans aucun problème... et vivement le cycle suivant !

17/12/2013 (MAJ le 06/04/2015) (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Siècle des Ombres
Le Siècle des Ombres

Je m’attendais à une bonne BD avec cette nouvelle série du duo du Clan des chimères, mais j’ai été surpris. Surpris tout d’abord par les qualités graphiques de l’album. On a pu le voir tout au long de la série précédente, Michel Suro n’a cessé de progresser. Avec cette nouvelle époque (mais dans le même univers), il a encore fait un petit bond, et il a visiblement pris du plaisir à illustrer cette histoire. Le premier témoignage, évident, est la couverture, en rupture avec la construction précédente série, toutes construites selon un schéma presque immuable : un personnage au premier plan, et derrière lui des créatures ailées. Ici la couverture est de facture plus classique, assez proche de ce que pourrait la couverture d’une bande dessinée sur la piraterie, par exemple. Elle est proprement superbe, et nous indique d’emblée certains cadres où se situera l’histoire : ambiance maritime, donc peut-être voyage, exotisme… Ca donne envie. Le dessin de Suro est accompagné d’un traitement des couleurs très réussi, avec une gamme chromatique très large. Luca Malisan, par ailleurs dessinateur de La Croisade des enfants (Edition Soleil), a su magnifiquement s’adapter au style de facture classique de Michel Suro. Dommage cependant qu'il n'ait pas travaillé sur toute la série, c'est en effet Dimitri Fogolin qui a travaillé sur la fin. Ils ont su créer des ambiances très diversifiées, même si parfois les Européens du XVIIIème siècle ont un teint un peu bronzé. Par ailleurs Suro, qui a fait évoluer physiquement Abeau et Cylinia de façon assez crédible (même si Abeau me semble un peu moins réussi), nous propose un Weltman très proche physiquement de celui de Guérineau dans la série-mère. Le Siècle des Ombres prend pied au XVIIIème siècle, celui des… Lumières. Le contre-pied pris par Corbeyran dans le choix du titre de la série est clair : alors que de nombreuses connaissances et découvertes se font jour un peu partout en Europe, il y a pourtant des choses qui restent obscures, des créatures qui œuvrent à l’abri des regards. Et une fois de plus, les Stryges n’y sont pas étrangères… Cette nouvelle série, la cinquième de l’univers, met en vedette non seulement Abeau et Cylinia, mais aussi Sandor Weltman. Trois êtres qui, si vous suivez la trame de l’univers des stryges, ont des pouvoirs très particuliers. Trois êtres très particuliers dont la première apparition avait laissé de fausses impressions sur leurs motivations exactes. Mais avec la fin du Clan des chimères et celle du second cycle du Chant des Stryges, les enjeux et les positionnements ont changé. Weltman est-il un dangereux manipulateur ? Pas sûr. Abeau et Cylinia œuvrent-ils pour le bien du monde ? Les cartes sont brouillées en 1751. Nous nous retrouvons avec deux factions rivales, qui courent cette fois après un météorite qui pourrait être lié aux créatures ailées que l’on nomme stryges… Et qui n’apparaissent pas de façon réelle dans ce premier épisode. Weltman devrait en être le personnage central, et il apparaît déjà avec une forte présence, sous les traits de Paul Henry Thiry, Baron d’Holbach. Si je ne m’abuse, c’est la première fois qu’un personnage historique réel apparaît et joue un rôle prépondérant dans cet univers. En 1751, celui-ci, né Allemand, vient d’obtenir la nationalité française, et s’apprête à participer à l’Encyclopédie, dirigée par Diderot et d’Alembert. C’est un personnage haut en couleurs, ouvertement anticlérical, athée, matérialiste et fataliste. Il dût parfois écrire sous des pseudonymes pour voir ses idées publiées. Il tenait une place centrale dans le microcosme des philosophes et des savants de cette époque bouillonnante. C’est donc un personnage symbolique, sans doute inspirateur de la Révolution (et à mon avis ce fait va être traité par la suite dans la série), qui prend les traits de Weltman, un homme qui se veut libre, libre penseur, qui est avide de connaissances et de bien d’autres choses. Weltman, qui, je l’ai dit, nous présente un visage très différent de ce qu’on savait de lui jusqu’à présent (enfin, sauf dans la fin du second cycle du Chant des Stryges). La lecture des second et troisième tomes apporte également son lot de satisfaction pour l'amateur lambda de l'univers des stryges. La nature de Cylinia nous est, sinon expliquée, du moins révélée ; les relations des frère et soeur entre eux, mais aussi avec Weltman, franchissent un nouveau palier, permettant de complexifier l'intrigue, d'autant plus que la fin du tome 3 -mystérieusement ponctué par une "fin de l'épisode"- laisse sur une révélation qui, si elle n'est pas forcément surprenante, n'en est pas moins énorme. La lecture du tome 5 me semble un peu plus décevante que les précédents, il ne s'y passe pas grand-chose, hormis une scène de bataille impeccablement exécutée par Michel Suro, comme en témoigne une superbe double page. Le tome 6 apporte une belle réponse aux dernières questions laissées en suspens dans la série, et ne devrait pas décevoir les fans, même si on aimerait voir comment Weltman évolue par la suite... C'est une série réellement prenante, aux ambiances réussies et au découpage impeccable.

09/06/2009 (MAJ le 04/04/2015) (modifier)
Couverture de la série Baptism
Baptism

En voyant pour la première fois la couverture du premier tome, je me suis dit "Tiens un nouveau style de dessin manga". Moi qui n'aime pas les mangas standards pour leurs côtés stéréotypés (grands yeux enfantins, visages pointus et bouches grandes ouvertes), Kazuo Umezu a un superbe style de dessin classique pour une BD asiatique (évidemment Osamu Tezuka est mon mangaka favori en premier). Après avoir lu "14 ans" sur un site en anglais ("Fourteen" de Kazuo Umezu) qui est très proche du comics américain, je suis tentée de lire Baptism en ayant les tomes en français car cette histoire m'intrigue et ses dessins sont très beaux et n'ont pas du tout vieilli actuellement. Ce livre est bien glauque et quand même moins gore que l'adaptation en film "Baptism of Blood" en 1996 de la même histoire. En résumé voici l'histoire de Matsuko Uehara, une ancienne actrice de cinéma surnommée "La sainte éternelle" sous le sobriquet d'Izumi Wakakusa. Celle-ci voit sa beauté se dégrader de jour en jour, et avec son médecin personnel, elle formente un plan afin de rester jeune et belle. Elle conçoit une magnifique petite fille appelée Sakura Uehara, née sous X. Mais à maintenant 10 ans, celle-ci découvrira le secret de sa mère Matsuko et le supplice va commencer pour la pauvre Sakura. Avant de commander mon premier tome, j'ai commencé à lire les 3 premiers tomes sur internet en japonais. (Je possède les tome 1,3 et 4,donc j'évite de trop spoiler dessus.) Mais je comprenais bien les situations en regardant les cases et seul le tome 2 ne me tente pas du tout pour l'acheter à cause du conflit entre le maître d'école Tanigawa et son épouse Kazuyo, victime des machinations d'Izumi (vivant alors dans le corps de Sakura) afin de rompre avec son mari car il y a quelques pages qui m'ont gênée sur la relation "pédophile" entre la fillette et son maître d'école (la fillette étant évidemment Izumi qui souille le corps de Sakura physiquement et moralement). Bref un superbe manga d'horreur qui a très bien vieilli même de nos jours et que je conseille aux fans de mangas horrifiques.

04/04/2015 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série La Bête
La Bête

Ça fait plusieurs albums de Chabouté que j'avise en peu de temps et à chaque fois je dis tout le bien que je pense de son dessin. Ici je n'ai encore une fois rien à dire de ce côté là tant les choses ont un rendu magnifique. Dans le dépouillement, l'auteur est un des grands qui savent dessiner les paysages de neige comme personne. Ouais, nous autres on rigole en se disant que faire du blanc, il n'y a rien de plus simple. Ben si vous avez cinq minutes, essayez juste de faire un semblant de reproduction de la couverture de cet album! Ne rendons pas la tâche trop difficile, je vous permets de ne pas reproduire les taches de rouge! Au-delà du dessin, il y a l'ambiance. On aime ou pas ce genre d'histoire, mais en aucun cas on ne peut dire que l'auteur est un maître dans cet exercice qui consiste en quelques traits, quelques cases, à vous plonger, à vous immerger dans son récit. D'accord ici c'est un peu facile, car tous les éléments sont réunis pour une sorte d'apothéose. Village paumé, enfoui sous la neige, population un brin attardée ou en tout cas rude et cachant de sombres secrets, etc... Tout est en place pour que le drame ait lieu. Donc, donc, un très bon cru de Chabouté, à consommer sans modération.

04/04/2015 (modifier)
Par SkAmby
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série L'Homme Montagne
L'Homme Montagne

Grand père ne peut plus se déplacer, les montagnes qui poussent sur son dos, sont devenues trop imposantes, trop lourdes pour lui permettre d'entreprendre son dernier voyage. Il faut dire que c'est un grand père, ses jambes ne sont plus de première jeunesse. Son petit fils voudrait l'accompagner pour ce dernier voyage. Afin de pouvoir l'aider à se déplacer, il lui promet de ramener le vent qui souffle tout en haut de la montagne. Celui qui est assez puissant pour soulever les montagnes. En échange, grand père promet de l'attendre, de ne pas partir sans lui. Le voyage de l'enfant est un récit initiatique. Il rencontrera des pierres qui ne trouvent un sens à la vie qui si elles roulent, des personnages étranges dans un univers onirique. Cette bande dessinée est à mon sens un vrai petit bijou. Autant pour les enfants que pour les plus grands. Les grands thèmes abordés sont la transmission, le courage et l'amour, la disparition d'un proche. Tant par le trait délicat, que par ces douces couleurs pastels, chaque page respire la poésie. Il n'y a rien de criard, pas de contraste violent, tout le décor, les personnages sont plantés en douceur. On sent bien venir les ficelles de l’histoire, ce qui rend le récit un peu attendu. Pourtant quelques surprises nous happent sans que l'on sache vraiment pourquoi. Il y a une vraie puissance poétique dans ce livre. A tel point que pour la première fois j'ai failli verser ma petite larme à la lecture d'une BD. Si vous aviez aimé Yaxin "Le faune Gabriel". Vous pouvez vous procurer l'homme montagne sans hésiter. En bref, je le recommande à tout ceux qui aiment les belles histoires qui touchent le cœur tout en douceur.

01/04/2015 (modifier)