Les derniers avis (9602 avis)

Par Puma
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Kililana Song
Kililana Song

Graphiquement, ouvrage le plus abouti de ce qu'à pu sortir Sébastien Flao, avec des recherches sur la lumière très réussies dans sa couleur directe, et quelques magnifiques pages entières et double pages sans texte en pur ravissement visuel. Les personnages sont magnifiquement campés, tous avec une épaisseur psychologique et une justesse rare dans le monde de la BD. Ils transpirent de vérité et d'évidence. L'auteur semble connaître la région et les habitants comme sa poche tant les protagonistes sont bien rendus dans un naturel déconcertant, et au bout des 2 tomes, il me semble avoir réellement voyagé dans un village côtier du Kenya donnant sur l'océan indien avec non loin un archipel de mangroves. L'histoire est bien menée avec rythme, et l'on s'attache directement à tous les personnages bons comme mauvais, signe d'un très grand talent narratif. Un très belle réussite ! Bravo à son auteur !

05/08/2018 (modifier)
Couverture de la série Issak
Issak

Quand on se visualise mentalement la Guerre de Trente Ans, l'image d'asiatiques en armure virevoltant aux côtés des belligérants lors de batailles rangées n'est pas celle qui nous vient immédiatement à l'esprit. c'est pourtant avec cette anecdote historiquement vérifiable que l'auteur d'Issak (2 tomes sortis) va fonder son concept de base, particulièrement original et captivant. Il faut dire que la Guerre de Trente Ans n'est pas le cadre historique le plus répandu dans le petit monde du manga, plus habitué à l'Europe médiévale, l'Epoque d'Edo, le Japon contemporain, ou alors des oeuvres prospectives et futuristes en tous genres. Ce choix m'a plu d'autant plus que je ne maîtrise cette période que très vaguement; en plus d'être un vrai plaisir de lecture, ces deux premiers tomes se sont révélés être un (petit) cours d'histoire. 1620. L'air au-dessus du Saint Empire Romain Germanique est plombé. Plombé par la haine religieuse qui étouffe les coeurs et détruit la raison. Alors que protestants et catholiques se trucident quotidiennement dans des massacres interminables, au sud-ouest, dans la région du Palatinat du Rhin, la petit-fille d'un forgeron va être sauvée d'un viol par un vagabond armé d'un mousquet, un asiatique qui a fuit son Japon natal pour se mettre aux service des forces protestantes. Cet acte héroïque va désormais lier la jeune roturière et le guerrier nippon, et ils vont poursuivre ensemble un chemin parcouru de rivières de sang et de cadavres désarticulés au beau milieu d'un empire à l'agonie. Je n'ai aucune idée du nombre de tomes encore à paraître, mais les deux premiers auront largement suffit à m'enthousiasmer pour cette superbe série. Magnifié par une illustration que je trouve splendide, avec un trait fin et délicat tout en étant percutant dans sa transcription de l'horreur, le manga tisse une intrigue simple mais haletante ou les desseins personnels se mêlent à la cause commune. Les batailles sont monumentales et immersives : les armures, les vêtements, les canons, les charges de cavalerie...on se croirait réellement dans le feu de l'action, soufflé d'admiration comme tous les autres soldats devant les exploits et la ruse du sniper-mercenaire venu du Japon : il y a pas à dire, le type à la classe ! En un mot comme en cent, je suis conquis. Une fresque homérique violente, une rencontre entre l'Orient et l'Occident passionnante et fructueuse.

03/08/2018 (modifier)
Par Puma
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Bluebells wood
Bluebells wood

A chaque lecture d'un Guillaume Sorel, je suis pris d'une émotion indescriptible pour le pur bonheur visuel que ses œuvres m’apportent. Ils sont si peu les dessinateurs à prendre la peine de fournir du lourd graphiquement, et surtout, d'en être aussi capable ... Scénario thriller et fantastique sur fond d'histoire d'amour et de décalage temporel, bien mené, mais moins convainquant que l’inouï graphisme de cette BD. Ce qui m'a fait hésiter à mettre 4 *. Mais devant une telle splendeur graphique, je ne peux humainement retirer ce 5 *. Et à peine lue, je crois que je vais courir la relire ...

02/08/2018 (modifier)
Couverture de la série Les Beaux Étés
Les Beaux Étés

En peu de temps, cette série s’est transformée en une évidence pour moi. C’est l’été = le nouveau tome des beaux étés vient sur ma pile de lectures. Et elle y reste rarement longtemps. Parce qu’il faut bien avouer que je ne traine pas à m’en emparer, justement parce que c’est une lecture d’été, rafraichissante comme un cocktail sucré, légère, sympathique et sans prise de tête. Pourtant le premier tome ne m’avait pas pleinement convaincu. Je l’avais certes trouvé agréable à lire mais j’en attendais plus. Mais l’astuce de la série, de nous proposer de suivre les mêmes personnages au travers de plusieurs vacances estivales et dans un ordre pas spécialement chronologique, fait qu’à la longue ces personnages font partie de notre quotidien. Le père qui se débat avec les délais pour pouvoir partir en heure et en temps est un gag récurrent qui fait mouche. Les enfants que l’on peut suivre à différentes périodes de leur jeunesse, on s’y attache forcément et je m’amuse de voir leur évolution. Et puis, il y a la patte des auteurs. Zidrou demeure un excellent dialoguiste sans oublier de truffer ses scénarios de petites anecdotes marquantes. Et Jordi Lafebre nous offre systématiquement de très belles planches, lumineuses, avec des personnages bien croqués, expressifs et sympathiques au premier coup d’œil. Donc voilà, après six tomes, moi je suis devenu accro. Ce n’est pas la plus grande œuvre du monde, cela demeure une lecture légère et divertissante jouant sur le sentimentalisme des lecteurs et avec leurs souvenirs… mais c’est bon comme une Blanche de Namur par une après-midi caniculaire. On en sort rafraichi, le sourire aux lèvres et sans crainte du mal de tête.

07/09/2015 (MAJ le 27/07/2018) (modifier)
Couverture de la série Dans la combi de Thomas Pesquet
Dans la combi de Thomas Pesquet

Cet album est aussi instructif qu’amusant. Je pense même ne jamais avoir autant ri devant un documentaire, et c’est bien là la grande force de Marion Montaigne ! Le dessin, caricatural à souhait et d’aspect brouillon s’avère d’une redoutable efficacité tant pour reproduire un environnement pourtant souvent technique que pour dérider les zygomatiques des lecteurs. Les explications scientifiques pourtant rigoureuses sont facilement digérées grâce aux multiples anecdotes amusantes qui émaillent cet album. Et puis, l’univers des astronautes, cosmonautes, spationautes et autres taïkonautes a de tous temps fasciné les humains de tous bords. Y pénétrer en compagnie d’un personnage qui ne se prend pas pour un dieu, réaliser l’inconfort de leur métier et les compétences techniques, physiques et psychiques dont ils doivent disposer est tout simplement passionnant. Alors, si en plus l’autodérision et l’art de l’anecdote inutile mais hilarante s’en mêlent, comment résister ? Une perle, à mes yeux.

27/07/2018 (modifier)
Couverture de la série Charlotte Impératrice
Charlotte Impératrice

Cet album se propose de revisiter le destin de Charlotte de Belgique, fille de Léopold 1er (le premier roi des Belges) et épouse de Maximilien d’Autriche (le frère cadet de François-Joseph). Revisiter car, les auteurs l’annoncent d’emblée, certains faits ont été remaniés et d’autres inventés. Je ne sais que penser de ce type de procédé, le problème étant de pouvoir distinguer le vrai du faux. La fiction ne me dérange pas, la réalité historique non plus mais mélanger les deux, c’est prendre le risque de propager des mensonges à propos de personnages réels (même si morts depuis longtemps) et donc de désinformer. A titre personnel, même si je connais un peu l’histoire de la famille royale belge, je suis loin d’être calé en la matière. Du coup, je fais partie de ces lecteurs qui seront incapables de faire le tri dans les multiples informations livrées par cet album. Et, pour être tout à fait franc, de ce que je connais et au vu du caractère extrêmement crédible de cet excellent récit… et bien, je le trouve tout à fait réaliste. Et donc je ne peux m’empêcher de me demander à partir de quand je me fais manipuler. Ceci dit ! Ceci dit, j’ai adoré cet album. La Charlotte de Belgique version Fabien Nury est un personnage extrêmement attachant. Adolescente romantique et pragmatique en même temps, épouse trahie et fragilisée, femme de caractère : elle est tout ça à la fois, et bien plus encore ! C’est un personnage historique incroyablement moderne que nous proposent de découvrir les auteurs. Et à ses côtés Maximilien, le faible, s’en prend plein la tronche. Lui qui voudrait être mais qui n’est pas offre un personnage tout aussi fascinant que Charlotte. Le récit débute, après une rapide évocation de la mort de sa mère, lorsqu’à 16 ans Charlotte doit penser à se marier. Mariage plus ou moins arrangé, orienté en fonction des intérêts politiques du moment (son père n’avait-il pas lui-même consenti à prendre pour épouse Louise d’Orléans afin de ne pas se mettre à dos des Français pas spécialement ravis de la naissance de la Belgique ?) Et nous sommes directement plongés au cœur de cet univers où les intérêts personnels doivent s’effacer devant les devoirs et ambitions politiques des uns et des autres. Le tour de force des auteurs est de rendre cela extrêmement prenant et profondément humain. Loin d’être un récit historique bourré de dates, de faits et de personnages, cette histoire est avant tout celle d’êtres humains, avec leurs forces et leurs faiblesses. Avec un sens de la famille ou du devoir plus ou moins fort selon les personnages, leur éducation et l’amour qu’on leur porte. Et puis comment ne pas se régaler devant une Sissi odieuse et à mille lieux de l’image policée que Romy Schneider lui a offerte le temps de quelques films ? Mais ce récit n’aurait jamais eu pareil effet sur moi sans le dessin de Matthieu Bonhomme ! Ces grandes cases épurées, cette simplicité dans le trait, à l’opposé du dessin historique lambda, apportent une dimension supplémentaire à l’album. Peut-être justement parce que l’attention est portée sur l’émotion, sur le ressenti plutôt que sur la reproduction fidèle d’images figées. Et pourtant les décors ne sont pas oubliés, les cadrages sont soignés, mais ces éléments indispensables sont là pour mettre l’humain en avant plutôt que le contexte historique. De ce point de vue la mise en garde des auteurs en début d’album prend tout son sens : nous sommes devant une re-création plutôt que devant une reproduction. Au final, ce premier tome m’a conquis, malgré les réserves émises au début de cet avis, et je me réjouis de lire la suite ! Un must-have, selon moi, qui devrait plaire tant aux amateurs de récits historiques qu’aux lecteurs de romans graphiques ou de récits d’aventure.

27/07/2018 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Super sons
Super sons

C'est une des rares séries DC Rebirth que j'étais impatient de lire. Après avoir découvert l'existence du fils de Superman, j'ai tout de suite adoré ce personnage et sa relation avec Damien, le fils de Batman. J'ai donc voulu lire la série les mettant en vedette. Je ne fus pas déçu après la lecture du premier tome. Superboy et Robin sont des personnages attachants (même si ce Robin-ci agit souvent comme un connard) et l'opposition de leurs deux personnalités est bien utilisée. Il y a un bon mélange d'action, d'aventure et d'humour et le scénario est palpitant à lire. Le dessin est dynamique et ne parait pas sans vie comme dans plein de comics modernes (quoique plus je lis des comics récents, plus je me demande si ce n'est pas un style qu'on voyait surtout dans les années 2000). Bref, du bon comics de divertissement. C'est le genre de série qui est parfait pour faire connaitre les comics de super-héros à ses enfants quoique je préviens que parfois Damien fait de l'humour noir.

25/07/2018 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Traqueurs
Les Traqueurs

De la belle et bonne aventure comme j'aimerais en lire plus souvent. Et bien, et bien qu'il est rafraîchissant de retrouver le souffle de la grande aventure. Certains esprits chagrins pourraient me rétorquer que tous les poncifs sont au rendez-vous. Et alors ? Que l'on en juge : En ce milieu du XVIIème siècle, la guerre fait rage entre l'Angleterre et la Hollande pour le contrôle des routes maritimes. Depuis la mort de son père le jeune Jonas vit avec son oncle et s'adonne aux joies de la botanique. Quand son oncle lui demande de le suivre pour une expédition au Yucatán, le jeune homme y voit une occasion de vivre enfin une grande aventure. Il y a la belle Mara qu'il ne pourra jamais aimer car mariée au capitaine Toledano. Le but de la quête du petit groupe ? Capturer une bête mythique créée par les divinités mayas et gage d’invincibilité pour ceux qui pourront la conquérir. Une griffe de la bête a été ramenée par un homme mystérieusement assassiné, le "cerbère des Dieux" est cependant convoité par d'autres groupes. Au chapitre des poncifs vous voyez donc que nous sommes gâtés : un jeune premier un peu naïf, une belle inaccessible aux yeux de braises, un capitaine pirate à cheval sur les principes et fortement jaloux, des vaisseaux, un abordage, une jungle moite et hostile et bien sûr des indiens farouches et vindicatifs. Moi je dis génial, j'en redemande même. David Muñoz au scénario et Tirso Cons au dessin -déjà rencontrés sur Le Manoir des Murmures- franchissent ici un cap ! Feuilletant le susdit album je ne peux qu'applaudir ici au fantastique travail de ces deux auteurs. Concernant le scénario celui-ci lorgne franchement vers le fantastique mais il n'est pas prégnant, il faut attendre une dernière planche hallucinante de maîtrise et de beauté qui laisse présager du grandiose pour la suite. Certes tout cela reste assez classique mais dépaysant, de l'Angleterre au Yucatán en passant par les Indes, la narration n'en reste pas moins fluide émaillée de flash-backs. Ce premier tome place l'intrigue sur ses rails, l'approfondissement des personnages reste à venir, (l'oncle présente des cicatrices qui, si elles sont du plus bel effet, n'en cachent pas moins un soupçon de mystère). Le dessin de Tirso Cons est particulier dans ce sens où il a tendance à allonger les visages. Cela n'est pas gênant, les fonds de cases sont travaillés avec un découpage virevoltant et original. A mon sens l’intérêt principal réside dans la colorisation de Felideus juste parfaite qui donne à l'ensemble une atmosphère en adéquation totale avec le récit. Un scénario pas le plus original du monde mais où souffle le parfum de l'aventure avec un grand A, que demander de plus ? Quand s'y ajoute un trait plus que virtuose l'on s'approche de la note maximale. Ah, cette dernière planche ! Elle promet du lourd. Majoration après la sortie du tome 2 : Avec la sortie de ce deuxième tome ma note ne varie pas. Je persiste et signe : c'est de la bonne aventure. C'est sympa, divertissant, rondement mené et le dessin mais particulièrement la colorisation sont au top. Moi, je suis preneur de ce genre d'histoire qui certes reprend certains poncifs vus ici ou là mais dès l'instant où l'ensemble est bien tricoté pourquoi bouder notre plaisir ? L'autre point que je mets en avant, ce sont ces "Clifhangers". Déjà à la fin du premier tome je disais tout le bien que je pensais de cette dernière planche qui promettait du lourd. Que dire ici aussi sur la dernière planche qui pourrait laisser supposer une autre histoire sous d'autres cieux ? Mais ne soyons pas trop gourmands et faisons bosser notre imaginaire. Et une histoire en diptyque c'est plutôt bien non ? Pas de changement de note donc et une grosse incitation à ce que le plus grand nombre aille y jeter un œil.

15/09/2017 (MAJ le 22/07/2018) (modifier)
Par Blue Boy
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Carnet de voyage (Un américain en balade)
Carnet de voyage (Un américain en balade)

Quand Craig Thompson a publié Blankets - Manteau de neige en 2004, il était encore un génie qui s’ignorait, du moins c’est ce qui ressort de ce « Carnet de voyage », publié dans une version augmentée de quelques pages par rapport à la version originale de 2005, intitulée « Un Américain en balade ». C’est donc l’occasion de revenir sur cet ouvrage au charme immense. L’auteur y relate sa tournée européenne pour la sortie de "Blankets", ce qui lui a permis, entre une interview et une séance de dédicaces, de revoir de vieux amis croisés ici et là dans les festivals de bande dessinée, notamment Blutch, Benoit Peeters et Lewis Trondheim. Il raconte aussi comment il traversé le Maroc, un pays qu’il ne connaissait qu’à travers la littérature ou le cinéma, un pays à mille lieues de sa personnalité introvertie d’Américain élevé dans la religion baptiste la plus stricte. Sans aucun doute, ce voyage a inspiré Habibi, son autre œuvre majeure, quelques années plus tard. Et cet Américain-là, il serait difficile de ne pas le trouver singulièrement attachant. D’une humilité rare pour un citoyen issu de la « Great America », Craig Thompson se met véritablement à nu dans ce récit, se livrant avec sincérité, sans faux semblants. Il ne joue pas, ne triche pas, ne se fait pas de cadeau à lui-même, énonce ce qu’il aime et ce qu’il n’aime pas, de façon factuelle, sans aucune trace de mépris même quand il est au Maroc. Car le petit « péquenaud » de Traverse City reste un homme curieux du monde qui l’entoure, même si parfois certaines expériences s’avéraient pénibles à vivre en Afrique du nord. Se confronter à d’autres cultures, seul qui plus est, relevait pour lui du défi, celui de sortir de sa coquille de préjugés familiaux et castrateurs pour s’ouvrir au monde extérieur, ailleurs qu’aux seuls USA. La rupture douloureuse avec sa petite amie, juste avant son voyage en Europe, n’arrangeait rien à l’affaire, mais Thompson, a pris son courage et ses pinceaux à deux mains, en allant jusqu’au bout de son « exil ». Cet artiste hypersensible, qui ne semble jamais se sentir vraiment à sa place, n’est d’ailleurs même pas né là où il aurait dû. En contemplant ses dessins si délicats, pourrait-on imaginer qu’il a grandi dans un trou perdu du Michigan, conduisant des tracteurs et nourrissant du bétail ? Craig Thompson est un dessinateur extrêmement doué, doublé d’un conteur hors-pair, mais sa timidité et son « background » ont longtemps obturé la prise de conscience de son talent. La particularité de ce récit est qu’il révèle davantage l’homme avec ses faiblesses qu’avec ses forces, empreint d’une autodérision freinant toute velléité d’auto-apitoiement. Le dessin l’accompagne à merveille, rendant hommage avec finesse à la beauté du monde, ainsi qu'à la gente féminine avec de jolis portraits. Son pinceau fluide et gracieux est un plaisir des yeux, exprimant toujours le mouvement même dans des représentations figées, avec un sens du détail révélant chez son auteur une curiosité innée. Ce « Carnet de voyage » reste un must du genre, Thompson réussissant à nous embarquer dans son périple sans forcer, sans promesses de découvertes extraordinaires ou de paysages splendides. A ce titre, le choix du noir et blanc est on ne peut plus adapté. Au final, aucun événement exceptionnel n’y est relaté, seulement le quotidien d’un homme peu enclin au voyage, lunaire et timoré, donc un peu à côté de ses pompes, davantage spectateur qu’acteur (il se plie à contrecœur à la tournée européenne d’interviews et de dédicaces), mais cet auteur attachant reste aussi ouvert aux rencontres et semble avoir le don de s’attirer des amis, ce qui nous le rend d’autant plus proche en tant que lecteur.

21/07/2018 (modifier)
Par Kanibal
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série L'Or de Morrison
L'Or de Morrison

Prenez une bande de détrousseurs Us Army, des indiens, une milice, secouez le tout et vous obtenez un récit vraiment palpitant. L'action se déroule sans encombre et la solidarité qui semblait inébranlable au début de cette aventure s’étiole au fil des pages. L'Or De Morisson est un récit dense, pas forcément riche en rebondissements mais qui nous tiens en haleine durant les 2 tomes. Pour moi c'est un gros coup de cœur. Le dessin m'a paru étrange de prime abord mais en avançant dans ce périple je l'ai trouvé plutôt bon et tout cela m'a donné envie de lire Death Mountains du même dessinateur.

14/07/2018 (modifier)