Les derniers avis (9708 avis)

Par PAco
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Andy - Un conte de faits
Andy - Un conte de faits

Wow ! C'te claque ! Pourtant il m'en aura fallu du temps pour venir à bout de ce pavé (et là quand je dis pavé, c'est pas un blague ! 562 pages !). Quel travail de dingue ! Typex que je découvre avec cet album nous sort le grand jeu avec un album impressionnant retraçant ans concessions toute la vie d'Andy Warhol, depuis sa jeunesse avec sa famille jusqu'à sa mort à New York en 1987. Pourtant Warhol, on connait ! Ou plutôt on croit connaitre. Car même moi qui ai bercé dans des études artistiques et qui me suis penché assez en avant sur le pop art j'avoue avoir découvert des facettes du personnage et de son histoire que je ne connaissais absolument pas. Je savais le bonhomme perturbé, mais pas autant :D ! Et quelle vie mes amis ! Entre dessin, peinture, films d'avant-garde, producteur de musique, ses rencontres avec les grands intellectuels de cette 2e moitié du XXe siècle, les stars, les politiques, Warhol réussit le grand écart entre les mouvances underground et VIP américaines de l'époque. C'est magistralement retranscrit de la part de Typex en jouant à bon escient des codes graphiques propres à chaque période que va traverser Warhol, jusqu'à cette tranche du livre argenté, clin d'oeil ultime que l'artiste affectionnait tant. Alors oui, ce parti pris graphique en dérangera certainement plus d'un, et c'est typiquement le genre d'album qu'on aime ou qu'on aime pas, mais ce n'est là qu'un juste hommage que rend Typex à l'artiste, qui lui aussi ne donnait pas dans le compromis.

25/03/2019 (modifier)
Par PAco
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Negalyod
Negalyod

Bam ! Et bien en voilà un magnifique album SF comme je les aime ! Je sais j'arrive un peu après la marée, mais mieux vaut tard que jamais :) C'est donc à Angoulême que j'ai pu tailler le bout de gras avec Vincent Perriot lors d'une séance de dédicace sans pour autant avoir lu ledit album à ce moment. Et bien quel régal depuis ! Alors oui, je ne vais pas revenir sur les influences diverses et variées qui transpirent de ce pavé, mais que c'est bien digéré, intégré et remanié à sa sauce ! Et puis la colorisation de Florence Breton (oui celle qui a travaillé avec Moebius) est tout bonnement sublime et donne tout son supplément d'âme à cet univers imaginé par Vincent Perriot. Cet album de plus de 200 pages au grand format permet à l'auteur de laisser libre cours à son imagination et de nous embarquer au fil de planches parfois sublimes dans un univers futuriste hors normes (ah ces grandes cases ou ces planches entières sur une page me donnent juste envie de plonger dedans !). Un vrai régal pour les yeux, surtout dans ses décors qu'ils soient naturels ou architecturaux ! Voilà un album que je compte bien relire bientôt, juste pour le plaisir des yeux !

25/03/2019 (modifier)
Par Blue Boy
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Dieu vagabond
Le Dieu vagabond

Avec cette nouvelle publication des éditions Sarbacane, préparez-vous à en prendre plein les mirettes ! De très belle facture avec dos toilé et vernis sélectif (ce qui n’est pas surprenant quand on sait que l’éditeur est autant attaché au contenu qu’à la forme), doté d’une couverture splendide, cet album très personnel de l’italien Fabrizio Dori est à la croisée de l’art et de la littérature. « Le Dieu vagabond », c’est une sorte de road trip mystique, où l’on suit la quête d’un satyre échoué dans le monde des humains, après avoir été puni par la déesse Artémis pour avoir pénétré dans son royaume en pourchassant une nymphe. Désormais alcoolique et à la rue, Eustis, ce dieu « inférieur », désormais simple clochard céleste, doit partager le triste quotidien des humains, dépourvu de la magie qui régnait jadis sur le monde avant que les dieux de l’Olympe ne soient remplacés par le nouveau dieu unique. Bientôt, il va se voir confier une mission par Hécate, la sœur d’Artémis. Cette mission pour le moins délicate consistera à sceller les retrouvailles de Séléné et de Pan, ce dernier étant mort trop tôt pour faire ses adieux à la déesse, sœur d’Artémis et d’Hécate. La récompense promise s’il réussit : se retrouver lui-même tel qu’il était et mettre ainsi fin à son long exil. C’est ainsi qu’équipé de son baluchon, il va prendre la route en compagnie d’un vieux professeur très myope. Graphiquement, c’est une pure merveille. Fabrizio Dori nous enchante littéralement en jouant avec les styles et les couleurs, au risque de paraître trop disparate. Il y a pourtant un vrai parti pris, mais qui fonctionne parfaitement bien car en symbiose totale avec le récit, à savoir que ce que l’auteur a produit ici n’est rien de moins qu’une ode à la vie, à la beauté et à l’amour. Le lecteur pourra ainsi se délecter de ces illustrations extraordinaires qui sont, au-delà du style contemporain propre à Dori, tout autant de références à Van Gogh, Klimt et aux peintres romantiques du XIXe siècle. Ainsi, l’auteur italien – dans le cas présent on doit pouvoir dire l’artiste – nous propose, avec ce très beau conte pour lequel il a puisé à pleines mains dans la mythologie grecque, de réenchanter le monde, notre triste monde auquel même Dori parvient à trouver une certaine poésie, quand il représente une banlieue hérissée de tours et de pylônes électriques géants… La couverture à elle seule, parfaite allégorie de notre époque, résume parfaitement le propos : assis devant sa tente Quechua, Eustis, l’ancien dieu-satyre devenu SDF, contemple l’air hagard, une boutanche de gros rouge à la main, l’immensité du ciel étoilé, souvenir résiduel de l’ancien monde, celui de la magie, de la beauté et de l’hédonisme. Ainsi, nous sentons-nous interpelés. Et si les clochards sur lesquels nous, clochards potentiels, préférons détourner le regard, étaient tout simplement des dieux déchus ? Et si pour eux le vin était juste le moyen d’oublier et d’embellir un tant soit peu la laideur qui nous environne et que nous ne voyons plus, ou que nous ne voulons plus voir ? « Le Dieu vagabond » dégage une vraie beauté malgré quelques tout petits défauts - des regards pas toujours très expressifs par exemple ou des postures un peu balourdes, guère normées « BD » parce que sans doute, cela relève davantage de l’art pictural – Fabrizio expose dans des galeries de peinture… Mais ces « maladresses » sont d’autant plus touchantes qu’on a envie de les oublier, car qui dit œuvre poétique, dit albatros aux ailes trop grandes pour se mouvoir sur une Terre trop ferme, trop fermée. D’autant que le scénario est très bien construit, reste fluide, et que l’humour est aussi là pour empêcher à quiconque toute velléité de tomber dans le sérieux comme on tomberait dans le panneau. Laissez vous emmener par ce petit chef d’œuvre, laissez infuser les merveilleuses images et la poésie de Fabrizio dans votre subconscient, des images inouïes qui pourraient bien vous aider à étoiler votre vie intérieure et vous accorder la légèreté – tout dépend évidemment de votre capacité à affronter le quotidien, à lutter contre sa pesanteur si puissante qui cloue nombre d’entre nous au sol sans que l’on en soit réellement conscient. « Les mythes sont faits pour être racontés, sans ça, le monde s’appauvrit et meurt. » Cette phrase d’Eustis synthétise à merveille la teneur du projet. Magique, je vous dis !

23/03/2019 (modifier)
Couverture de la série Ce n'est pas toi que j'attendais
Ce n'est pas toi que j'attendais

Touchant de vérité. Le papa auteur se livre page après page le long de ce parcours d'une paternité hors norme. Une belle manière sans une seule concession, de découvrir les différentes facettes de l'handicap T21. Et malgré un sujet si lourd, cela se lit d'une traite. Et oui, c'est bien dessiné, bien raconté, bourré d'émotions, avec de belles touches d'humour. Dans notre famille, on l'a refilé à lire à tout le monde. Merci!

20/03/2019 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Fell
Fell

Comment faire partager son enthousiasme, remettre au goût du jour, faire acheter au plus grand nombre une BD datant de 2007 ? Il faut dire que ce "Fell" possède quelque chose d'exceptionnel. Tout d'abord Warren Ellis que l'on ne présente plus au scénario et une sorte de grand malade au dessin Ben Templesmith. Quand je dis grand malade n'y voyez pas de ma part une quelconque insulte, terme que j'aurais d'ailleurs pu utiliser pour les deux auteurs. Non, malade dans le sens où il faut un je ne sais quoi qui échappe à l'ordinaire pour concevoir et dessiner des trucs pareils. Le glauque, le crade, ont trouvés leurs maitres. Ellis au scénario nous concocte une personnage de flic qui n'est pas nouveau mais en évitant tout de même les écueils habituels. Pour ce que nous en savons Fell n'est pas alcoolique, ne souffre pas du PTSD, en fait il semblerait presque normal si ce n'était cette propension à vouloir rendre la justice du mieux qu'il peut, bien que travaillant dans le quartier le plus pourri de la ville (et ici le mot pourri prend tout son sens). Ellis donne quelques pistes qui aident à mieux cerner son personnage mais sans toutefois répondre à toutes les questions. Personnellement je ne trouve pas cela grave, je dirais que cela ajoute à l'ensemble. Templesmith est au dessin et pour ceux qui ne connaissent pas je dirais, mettez de côté vos a priori, non vraiment et laissez vous prendre, envouter par un dessin qui est tout sauf bien léché avec des lignes claires. Oui c'est particulier mais pour une fois où un auteur s'affranchit de codes, cela est plutôt jouissif. Chez Templesmith il fait souvent nuit ou très sombre. Sans jeu de mot je trouve que dans cet album son dessin s'est policé, il est en tous les cas très lisible (rien à voir par exemple avec Bienvenue à Hoxford ). Pour autant ce dessinateur, que l'on aime ou pas son style, arrive à être dans le ton de ses récits d'une adéquation presque diabolique. Que pourrais-je ajouter pour vous aider à sauter le pas ? N'oubliez pas que ce polar est classé dans les immanquables, vraiment cette position n'est pas usurpée, en occasion il ne vaut plus grand chose alors s'il vous reste quelques €, foncez.

20/03/2019 (modifier)
Couverture de la série Kaboul Disco
Kaboul Disco

J'aime vraiment ces lectures qui nous font voyager, rêver, rigoler et découvrir. Du pur divertissement intelligent. C'est dans la même veine que les récits de Guy Delisle avec cette même auto-dérision nécessaire.

16/03/2019 (modifier)
Par Canarde
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Popeye - Un homme à la mer
Popeye - Un homme à la mer

Ne vous laissez pas rebuter par une couverture un peu brouillon qui ne fait pas envie. Dedans, c'est bien chouette ! Une histoire pleine de sensibilité avec des dialogues savoureux et des personnages attachants. Ce brave marin a un faux air de Gabin, dans son jeune temps. Fils d'alcoolique, nourri de boîtes d'épinards, faute de mieux, il a tendance à la castagne. L'Olive essuie les verres au fond du café et n'est pas très commode. Question dessin, c'est au poil aussi : sous l'apparence d'un croquis assez fouillis, Lelis parvient à une grande précision dans l'expression. Les visages, les corps en général, sont ombrés par un logiciel mais par un gars qui maîtrise bien l'aquarelle, cela donne un aspect léger, transparent, très réussi. Le trait contourné, tremblant, est repêché, contenu, par ces ombres bien dosées. C'est assez mystérieux mais l'image sur un fond sali, imitant le papier non blanchi, m'a presque bouleversée. Bravo donc, j'ai ce Lelis à l'œil (c'est le cas de le dire...)

16/03/2019 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Texas Jack
Texas Jack

C'est un western tout à fait grandiose et certainement la meilleure oeuvre de Pierre Dubois depuis Les Lutins à mon sens. Je suis scotché par autant de maturité et de virtuosité dans la mise en scène. L'introduction est grandiose tout comme le final. Il est vrai que c'est une bd qui va prendre son temps pour mener les hommes dans la bataille non sans mal. Cependant, ce cheminement est très intéressant pour faire monter la pression. J'ai adoré le fait que tout les protagonistes sont véritablement creusés et qu'il y a une psychologie qui n'est pas de facade. C'est vraiment bien réalisé avec une prise de risque en mêlant à cette histoire le shérif Sykes. Le méchant Gunsmoke est parfait dans son rôle avec une profonde densité. Quelques maladresses cependant comme tout ces personnages qui commencent leur phrase par "On dirait" ce qui est trop répétitif. L'auteur a sans doute trop entendu la chanson d'Amir sur les ondes. Au final, une oeuvre efficace et brillante. C'est certainement l'une de mes plus belles lectures de western depuis bien longtemps.

16/03/2019 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Amour minuscule
Amour minuscule

Une BD magnifique, c'est certain. Et que je ne peux que conseiller à tous et à toutes. J'ai mis du temps à lire cette BD qui est vraiment bavarde, mais qui tiens le lecteur jusqu'au bout. Par sa beauté, par son ton, par son histoire. Il s'agit là d'une longue et lente histoire d'une maternité, mélangé à des thèmes aussi divers que la guerre, la religion, l'immigration, l'amour et la calligraphie. Le tout servi par un dessin qui sait subtilement mélanger la poésie et la contemplation avec les affres de la guerre et les horreurs qu'elle fait subir à ceux qui en souffrent. Cette BD est un subtil mélange des genres qui reste pourtant résolument optimiste malgré le contexte et les sujets qu'elle aborde, et c'est d'autant plus plaisant à lire pour nous aujourd'hui. Elle est un rappel de ce qui se passe dans le monde, mais aussi que la fatalité n'est pas un fait. S'en sortir est possible, et il y a toujours une lueur d'espoir. J'ai retiré beaucoup de choses de cette lecture, et même si je suis très imperméable à des propos religieux, je dois reconnaitre que c'est globalement très bien proposé dans la BD. J'ai été touché par la sensibilité qui se dégage de cette histoire d'amour sublime, et de tout ce qui gravitait autour : la mère qui a connu une histoire remuante et veut vivre libre et émancipée, le prêtre qui a fait de sa communauté un lieu de recueillement pour le monde, et même les quelques figures éphémères qui traversent la BD mais apportent une touche d'humanité, une petite trace de ce que l'homme peut avoir de meilleur. Je ne sais trop quoi dire de plus, au risque de gâcher ou trop réfléchir sur une BD qui déclenche déjà assez de réflexion à elle seule. Si je vous la recommande ? Évidemment. Ce serait dommage de passer à côté d'une telle histoire. Comme un bon vin, elle s'apprécie et se savoure lentement, et je vous recommande de prendre le temps qu'il faudra pour elle.

15/03/2019 (modifier)
Par montane
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Nymphéas noirs
Nymphéas noirs

Cet album est absolument remarquable il faut bien le reconnaitre. Tout y est: le fond et la forme avec un final à "couper le souffle" digne des plus grands polars. Il faut le dire d'emblée, cet album est l'adaptation d'un polar à succès. Ce qui explique la qualité du scénario. Encore fallait-il réussir l'adaptation en bandes dessinées, ce qui a été fait d'une main de maître. L'intrigue n'est pas forcément le point central de cette histoire. L'essentiel est la forme et la manière dont les auteurs parviennent à "manipuler" les lecteurs et à leur préparer un final en apothéose. L'intrigue se déroule au siècle dernier dans le village bien connu de Giverny, et bien entendu, la peinture est la toile de fond de cette histoire et un des mobiles potentiels des crimes commis sur la Commune. Et puis il a le destin de femmes de tout âge, du moins le croit-on, dont les destins s'entremêlent, et l'arrivée d'un commissaire de police dont l'objectivité est vite remise en cause du fait de l'attrait qu'il éprouve pour l'une d'elles. Inutile d'en dire plus à propos de cet album qui doit être lu avant d'être raconté On ne peut pas non plus passer sur la qualité du dessin de Cassegrain, un dessinateur dont le style oscille entre celui de Prado ou de Gibrat, et dont la mise en couleur n'a rien à envier à ces glorieux ainés. Cet album fait partie de ceux que l'on doit avoir dans sa bibliothèque je crois

14/03/2019 (modifier)