Artiste aurait pu n’être qu’un nouveau manga traitant de l’art culinaire noyé dans la surproduction, ne se détachant pas du lot et aussi vite lu qu’oublié… Je dis bien « aurait pu »…
Car le véritable défi, à l’heure actuelle, lorsqu’on aborde ce sujet, c’est de trouver un angle d’attaque suffisamment original pour ne pas donner l’impression au lecteur de lire, encore et encore, la même histoire. Cet angle, Taro Samoyed a été le chercher via plusieurs aspects :
Premier aspect : le côté artistique de la profession. Très rapidement, Gilbert, le personnage central de ce récit, va voisiner avec des artistes venus d’horizons différents (peinture et musique jusqu’à présent mais nul doute que ce panel va s’accroître au fil des tomes). Cette approche du métier de cuisinier gastronomique comparé à d’autres arts reconnus permet de saisir des similitudes (sur l’art de dresser une assiette par exemple) et d’étoffer le propos en le décloisonnant du simple art culinaire.
Deuxième aspect : le profil du personnage principal. Rien de bien novateur à première vue puisque notre Gilbert est, au premier regard, assez semblable à bien des héros de manga. Jeune, maladroit et au plus bas de l’échelle, on le découvre plongeur et on comprend vite qu’il est appelé à franchir les paliers assez rapidement. Sauf que, au fil des trois premiers tomes, ce profil s’avère moins commun qu’il n’y paraissait. Déjà sur son aspect physique puisque Gilbert dépasse le mètre nonante. Ensuite avec sa propension à s’évanouir à la moindre frayeur… propension assez irritante au début de ma lecture mais que j’ai fini par accepter, voire même par apprécier. Enfin par son don inné (et à ce sujet je ne vous dirai rien, histoire de ne pas spoiler).
Troisième aspect : la structure du récit. Point de combat du meilleur chef, ici. On découvre les différentes spécialisations dans le domaine et la complémentarité entre les différentes tâches. L’objectif de chacun est de faire de son mieux, avec ses qualités mais aussi des défauts qui dans un cadre précis s’avèrent être des atouts. Du coup, il n’y a pas de méchants, pas d’opposition mais plutôt une quête d’excellence avec une ouverture vers les autres que je trouve très agréable.
Dernier aspect : l’humour. Très présent, il est parfois un peu lourd, un peu du genre tarte à la crème. Mais, au fil du temps (et des trois tomes que j’ai lus), il s’affine, m’amuse avec des réflexions absurdes et naïves. S’il n’est pas déterminant, cet humour est un ingrédient non négligeable de la série.
A la lecture, le début du premier tome m’est apparu fort décousu et j’ai craint le pire. Il y avait des ellipses faciles, des passages tronqués qui me laissaient croire que ce manga s’était vu estropié de certaines cases. Mais des explications viennent par la suite qui justifient pleinement la plupart de ces raccourcis de prime abord bizarres. Et, au fil des chapitres, le charme a opéré. Je peux clairement dire que dès le milieu du deuxième tome, j’étais devenu totalement accro à cette série. Et le troisième tome n’a fait que confirmer mon appréciation d’ensemble.
Au niveau du dessin, il recèle de certaines qualités mais aussi de certains défauts. Sa qualité principale réside dans le fait que Taro Samoyed parvient à bien typer ses personnages. Or, en temps normal j’ai la mauvaise manie de m’emmêler les pinceaux dans les mangas tant des acteurs ont tendance à se ressembler. Ici, il n’en est rien et c’est bien agréable.
Au niveau des défauts, je pense que l’auteur a beaucoup de mal à dessiner le mouvement. Du coup, il recourt aux ellipses pour, par exemple, illustrer un évanouissement (où on passe sans transition du statut « debout normal tout va bien » au statut « couché évanoui »). C’est un peu facile à mon goût et surtout ça casse le rythme narratif.
Mais j’avoue, je suis accro et je lirai la suite avec grand plaisir.
Alors j'avoue, je n'en n'avais pas entendu parler, c'est mon libraire qui me l'a conseillé.
J'ai eu un gros coup de coeur pour cette Bd ! Les dessins sont super beaux et l'histoire m'a emportée. Ça fait beaucoup penser à Miyazaki mais un peu aussi à Dragonball. J'attends la suite avec impatience, Bouko est trop trop cool !
Wow ! La voilà la surprise de ce début de printemps côté roman graphique ! Cette adaptation de "Peau de Mille Bêtes" des frères Grimm qui inspirera ensuite le conte Peau d'Âne est une parfaite réussite !
Belle est une jeune femme magnifique que tous les hommes du village courtisent et aimeraient bien épouser. Mais lassée de cette situation, Belle s'enfuie dans la forêt où elle sera recueillie par le roi Lucane ; ils y vivront une idylle parfaite qui donnera naissance à une fille : Ronce. Tout se passe merveilleusement bien jusqu'à ce que Belle meure et que le roi sombre dans une dépression profonde pendant de longues années jusqu'à ce que la jeune Ronce devienne à son tour une belle jeune femme, ce que ne va pas manquer de finir par remarquer le roi...
La force des contes réside dans l'universalité des messages qu'ils délivrent même à travers le temps. Si certains vieillissent mieux que d'autres, la force de cet album tient à la réussite de son adaptation qui a su intégrer le questionnement actuel de la place des femmes dans nos sociétés. J'ai même poussé le vice à retrouver le texte original des frères Grimm pour comparer, et c'est là qu'on réalise toute la qualité du travail de Stéphane Fert. Rien ne manque au conte original ; il pose tranquillement ses pions pour nous proposer une version des plus actuelle de ce "Peau de Mille Bêtes" avec en prime un graphisme des plus somptueux. Certaines planches sont tout bonnement magnifiques ! Entre l'absence d'encrage sur beaucoup de cases et une palette de couleurs des plus réussie j'avoue sortir de cette lecture complètement conquis !
A découvrir, je recommande chaudement !
Ah que j'aime cette ambiance si singulière qui transpire du graphisme et de l'imagination de Tony Sandoval !
C'est avec l'édition intégrale dégotée à Angoulême que je me suis plongée dans cette série. Entre réalisme amer et un fantastique sombre frôlant le gothique, Tony Sandoval nous propose de suivre l'évolution d'une relation amoureuse un peu tortueuse entre Karen, une jeune fille réservée et Seck le leader d'un groupe de métal. C'est à partir de cette trame qu'il nous embarque sur une frêle esquive qui va être ballotée entre réalité et fantastique jouant avec différents graphismes en fonction des événements et des ambiances qu'il nous impose.
C'est majestueusement beau, original et bien mené. J'ai adoré ces ambiances liées au récit supportées par des parti pris graphiques différents au fil de l'album. Tony Sandoval a décidément un univers romantico-gothique très personnel qui me plait énormément !
Le trait léché et travaillé de Loïc Malnati se rapproche davantage de l’illustration que de la bd proprement dite. Chaque case est un chef d’œuvre qui mérite d’être exposé. Etre tatoueur aide manifestement à développer une telle singularité dans le trait.
Cet album rassemble deux récits courts « Silence » et « fleur éternelle ». En première lecture, j’avoue avoir eu une préférence nette pour le deuxième qui mélange subtilement peine et espoir, mort et vie avec, comme symbole, une fleur imaginaire. J’ai particulièrement été sensible au traitement tout en finesse et douceur de cette histoire triste.
En m’intéressant à cette bd sur le net en vue de l’aviser, je me suis rendu compte que Silence, le premier Conte Mécanique, évoque l'attentat de la promenade des anglais à Nice. Une seconde lecture m’a permis de mieux appréhender les desseins de l’auteur et d’en saisir sa pleine signification. Et je dois dire qu’il réalise un sacré tour de force en abordant un événement aussi tragique de manière aussi poétique. Le message n’est pas en reste en développant un optimisme inébranlable.
Bref, voici une bd à part d’un auteur qui l’est tout autant. Un second opus est prévu pour septembre 2019 avec Stephen Desberg au scénario.
Clairement, je ne m’attendais pas à autant aimer cet album. Et un grand merci à Gruizzli pour avoir attiré l’attention de Little Miss Giggles dessus, me permettant par ricochet de le découvrir à mon tour.
Tout d’abord, la technique du récit à quatre mains est magistralement maîtrisée. Le pari de changer d’auteure à chaque page était pourtant très audacieux mais le rythme narratif n’est jamais perturbé par cette technique. Au contraire, serais-je tenté de dire, il est constamment relancé. A un point tel qu’il m’a été impossible d’interrompre ma lecture avant la dernière page.
Ensuite vient le sujet. Cette histoire d’amour qui se dessine lentement, progressivement, sans même que les deux personnages ne s’en rendent compte, nous est racontée avec sensibilité. C’est un récit moderne, jeune et pourtant subtil et mature. Ce contraste entre le modernisme de la forme et la maturité du propos m’a réellement foutu une bonne claque dans la tronche (et dieu que ça fait du bien !)
Alors oui, bon, il y a peut-être quelques (rares) raccourcis faciles qui pourraient un peu tempérer mon enthousiasme, un côté « feel good story » parfois un peu trop sucré pour un palais saturé comme le mien… mais je serais hypocrite si je n’avouais pas avoir été profondément touché par cette histoire.
C’est une très grosse surprise pour moi, et j’en suis ravi. Lecture hautement recommandée à tout amateur de comédie romantique ! Les autres sont également invité à y jeter un œil attentif, ne fusse que pour la maîtrise technique de cette narration à quatre mains et deux cerveaux.
Exceptionnel et grandiose !
C'est pour moi LE roman graphique de ce début d'année qui nous propose un récit apocalyptique sans zombies à la démarche saccadée et pathétique, et qui dans sa cruelle possibilité nous donne à réfléchir sur certains aspects de notre monde.
Il y avait bien longtemps que je n'avais pas lu quelque chose d'aussi fort. Imaginez un gros roman graphique de 380 pages qui dès sa lecture entamée ne vous lâche plus. Nul doute qu'en tant qu'amateur de BD, vous soyez également un adepte du cinéma, et donc vous connaissez forcément Alejandro Gonzàles Inarritu et plus particulièrement deux de ses films : "21 grammes" et "Babel". C'est à ces films "chorale" que fait indubitablement penser cette histoire. Grâce à un découpage nerveux et intelligemment pensé, nous passons d'un personnage à l'autre. J'aime particulièrement Yoyo et ses devinettes.
Dans un futur pas trop éloigné, "le Chuchoteur" est recherché par toutes les polices du pays car il pirate les ondes du plus grand réseau d'information qui soit, TV Net. Il diffuse des messages à une population qu'il juge docile et trop aliénée par le pouvoir. Qui est cet homme qui heurte les consciences de uns et fait trembler le pouvoir ? Est-ce un des membres de ce groupe de rock qui malgré la situation cherche à enregistrer un album ? Est-ce ce vieil écrivain en mal d'inspiration ? L'assassin aux ordres d'une puissante multinationale ? Quand en plus une terrible épidémie véhicule un virus dit de "la dépression" qui se propage sur toute la planète (quelques instants avant leur mort les personnes infectées pleurent des larmes de sang ), plutôt que de soigner la population les autorités préfèrent se concentrer sur la capture du "Chuchoteur".
Au scénario, dessin et colorisation, Colo, un auteur que je connaissais pas. Ce gars est un furieux que ce soit au niveau de la construction, du découpage et de la lente mais inéluctable montée en tension. Il n'y a rien à redire. Le dessin est dans un style semi-réaliste avec surtout un découpage qui insère des pages notamment celles où "le Chuchoteur" s'exprime, sans parler des récits que l'écrivain vieilli ne racontera jamais. Je ne sais qu'ajouter de plus pour vous donner envie de lire ce gros pavé qui renouvelle le genre du récit apocalyptique et de fort belle manière qui plus est.
Merci aux Éditions du Long Bec d'avoir eu l'audace de sortir ce gros pavé, merci à Fabrice scénariste à ses heures, ici chargé de l'adaptation des dialogues.
Pour mon 5000 ème avis sur ce merveilleux site, j'avais envie de prendre un comics vu que pour mes autres millièmes avis j'avais déjà choisi une série franco-belge, une québécoise et deux mangas. J'ai finalement arrêté mon choix sur un récit mettant en vedette mon super-héros préféré depuis que je suis tout petit à savoir Batman.
Ce one-shot met en avant la relation du chevalier noir et son vieil ennemi le Joker et ça tombe bien le Joker est un de mes méchants préférés de Batman. L'auteur utilise bien la relation entre les deux personnages et le Joker est à son meilleur : manipulateur et sachant comment briser les gens. J'ai trouvé le récit prenant du début jusqu'à la fin.
Le dessin de Sam Kieth est assez spécial et je comprends que certains n'aiment pas. Personnellement, je trouvais que cela avait de la classe et un certain charme, mais au niveau découpage c'est vrai que ce n'est pas toujours facile à suivre. J'ai du relire certaines scènes parce que les transitions et les éclipses ne sont pas toujours évidentes. Malgré ce défaut cela reste un des meilleurs Batman à mes yeux quoique je pense que pour apprécier il faut déjà connaitre son univers. Ce n'est pas un truc pour les lecteurs qui veulent découvrir le personnage qu'ils ont vu uniquement à la télé ou au cinéma.
Oui, 5 sur 5...
Très très belle surprise.
C'est un mélange intéressant entre quelques ingrédients de la série Seuls (cf. le thème de la jeunesse isolée) et d'autres séries dans un univers post-apocalyptique. L'équilibre fonctionne très bien, même si je note une très légère descente de rythme dans le 4ème volet paru en ce 1er trimestre 2019.
Le dessin a été réalisé sur ordinateur : je ne fais cette précision que pour ajouter combien l'auteur a réussi à sublimer la technique pour la faire oublier et donner à cette saga une ambiance très prenante, jolie mais angoissante.
Côté négatif, on ne peut que regretter un rythme de parution digne du Sénat.
Déjà, on peut noter que c'est une série qui aura su respecter sa promesse de tenir en 10 volumes plutôt que de prolonger à l'infini une recette qui tient la route.
Certes, elle repose sur des éléments archi-connus de toute épopée fantasy, mais les auteurs ont su innover et créer avec réussite quelques innovations sur chaque race.
L'univers est bien foutu, chaque volume raconte une histoire sympa, laquelle se raccroche harmonieusement au cycle complet.
Très belle fin, que l'on lit avec un peu de tristesse.
Je ne mets pas 5 étoiles, car ce n'est pas non plus complètement innovant, mais ça reste du très très solide à côté de nombreuses autres sagas.
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Artiste - Un chef d'exception
Artiste aurait pu n’être qu’un nouveau manga traitant de l’art culinaire noyé dans la surproduction, ne se détachant pas du lot et aussi vite lu qu’oublié… Je dis bien « aurait pu »… Car le véritable défi, à l’heure actuelle, lorsqu’on aborde ce sujet, c’est de trouver un angle d’attaque suffisamment original pour ne pas donner l’impression au lecteur de lire, encore et encore, la même histoire. Cet angle, Taro Samoyed a été le chercher via plusieurs aspects : Premier aspect : le côté artistique de la profession. Très rapidement, Gilbert, le personnage central de ce récit, va voisiner avec des artistes venus d’horizons différents (peinture et musique jusqu’à présent mais nul doute que ce panel va s’accroître au fil des tomes). Cette approche du métier de cuisinier gastronomique comparé à d’autres arts reconnus permet de saisir des similitudes (sur l’art de dresser une assiette par exemple) et d’étoffer le propos en le décloisonnant du simple art culinaire. Deuxième aspect : le profil du personnage principal. Rien de bien novateur à première vue puisque notre Gilbert est, au premier regard, assez semblable à bien des héros de manga. Jeune, maladroit et au plus bas de l’échelle, on le découvre plongeur et on comprend vite qu’il est appelé à franchir les paliers assez rapidement. Sauf que, au fil des trois premiers tomes, ce profil s’avère moins commun qu’il n’y paraissait. Déjà sur son aspect physique puisque Gilbert dépasse le mètre nonante. Ensuite avec sa propension à s’évanouir à la moindre frayeur… propension assez irritante au début de ma lecture mais que j’ai fini par accepter, voire même par apprécier. Enfin par son don inné (et à ce sujet je ne vous dirai rien, histoire de ne pas spoiler). Troisième aspect : la structure du récit. Point de combat du meilleur chef, ici. On découvre les différentes spécialisations dans le domaine et la complémentarité entre les différentes tâches. L’objectif de chacun est de faire de son mieux, avec ses qualités mais aussi des défauts qui dans un cadre précis s’avèrent être des atouts. Du coup, il n’y a pas de méchants, pas d’opposition mais plutôt une quête d’excellence avec une ouverture vers les autres que je trouve très agréable. Dernier aspect : l’humour. Très présent, il est parfois un peu lourd, un peu du genre tarte à la crème. Mais, au fil du temps (et des trois tomes que j’ai lus), il s’affine, m’amuse avec des réflexions absurdes et naïves. S’il n’est pas déterminant, cet humour est un ingrédient non négligeable de la série. A la lecture, le début du premier tome m’est apparu fort décousu et j’ai craint le pire. Il y avait des ellipses faciles, des passages tronqués qui me laissaient croire que ce manga s’était vu estropié de certaines cases. Mais des explications viennent par la suite qui justifient pleinement la plupart de ces raccourcis de prime abord bizarres. Et, au fil des chapitres, le charme a opéré. Je peux clairement dire que dès le milieu du deuxième tome, j’étais devenu totalement accro à cette série. Et le troisième tome n’a fait que confirmer mon appréciation d’ensemble. Au niveau du dessin, il recèle de certaines qualités mais aussi de certains défauts. Sa qualité principale réside dans le fait que Taro Samoyed parvient à bien typer ses personnages. Or, en temps normal j’ai la mauvaise manie de m’emmêler les pinceaux dans les mangas tant des acteurs ont tendance à se ressembler. Ici, il n’en est rien et c’est bien agréable. Au niveau des défauts, je pense que l’auteur a beaucoup de mal à dessiner le mouvement. Du coup, il recourt aux ellipses pour, par exemple, illustrer un évanouissement (où on passe sans transition du statut « debout normal tout va bien » au statut « couché évanoui »). C’est un peu facile à mon goût et surtout ça casse le rythme narratif. Mais j’avoue, je suis accro et je lirai la suite avec grand plaisir.
Ultralazer
Alors j'avoue, je n'en n'avais pas entendu parler, c'est mon libraire qui me l'a conseillé. J'ai eu un gros coup de coeur pour cette Bd ! Les dessins sont super beaux et l'histoire m'a emportée. Ça fait beaucoup penser à Miyazaki mais un peu aussi à Dragonball. J'attends la suite avec impatience, Bouko est trop trop cool !
Peau de Mille Bêtes
Wow ! La voilà la surprise de ce début de printemps côté roman graphique ! Cette adaptation de "Peau de Mille Bêtes" des frères Grimm qui inspirera ensuite le conte Peau d'Âne est une parfaite réussite ! Belle est une jeune femme magnifique que tous les hommes du village courtisent et aimeraient bien épouser. Mais lassée de cette situation, Belle s'enfuie dans la forêt où elle sera recueillie par le roi Lucane ; ils y vivront une idylle parfaite qui donnera naissance à une fille : Ronce. Tout se passe merveilleusement bien jusqu'à ce que Belle meure et que le roi sombre dans une dépression profonde pendant de longues années jusqu'à ce que la jeune Ronce devienne à son tour une belle jeune femme, ce que ne va pas manquer de finir par remarquer le roi... La force des contes réside dans l'universalité des messages qu'ils délivrent même à travers le temps. Si certains vieillissent mieux que d'autres, la force de cet album tient à la réussite de son adaptation qui a su intégrer le questionnement actuel de la place des femmes dans nos sociétés. J'ai même poussé le vice à retrouver le texte original des frères Grimm pour comparer, et c'est là qu'on réalise toute la qualité du travail de Stéphane Fert. Rien ne manque au conte original ; il pose tranquillement ses pions pour nous proposer une version des plus actuelle de ce "Peau de Mille Bêtes" avec en prime un graphisme des plus somptueux. Certaines planches sont tout bonnement magnifiques ! Entre l'absence d'encrage sur beaucoup de cases et une palette de couleurs des plus réussie j'avoue sortir de cette lecture complètement conquis ! A découvrir, je recommande chaudement !
Nocturno
Ah que j'aime cette ambiance si singulière qui transpire du graphisme et de l'imagination de Tony Sandoval ! C'est avec l'édition intégrale dégotée à Angoulême que je me suis plongée dans cette série. Entre réalisme amer et un fantastique sombre frôlant le gothique, Tony Sandoval nous propose de suivre l'évolution d'une relation amoureuse un peu tortueuse entre Karen, une jeune fille réservée et Seck le leader d'un groupe de métal. C'est à partir de cette trame qu'il nous embarque sur une frêle esquive qui va être ballotée entre réalité et fantastique jouant avec différents graphismes en fonction des événements et des ambiances qu'il nous impose. C'est majestueusement beau, original et bien mené. J'ai adoré ces ambiances liées au récit supportées par des parti pris graphiques différents au fil de l'album. Tony Sandoval a décidément un univers romantico-gothique très personnel qui me plait énormément !
Contes Mécaniques
Le trait léché et travaillé de Loïc Malnati se rapproche davantage de l’illustration que de la bd proprement dite. Chaque case est un chef d’œuvre qui mérite d’être exposé. Etre tatoueur aide manifestement à développer une telle singularité dans le trait. Cet album rassemble deux récits courts « Silence » et « fleur éternelle ». En première lecture, j’avoue avoir eu une préférence nette pour le deuxième qui mélange subtilement peine et espoir, mort et vie avec, comme symbole, une fleur imaginaire. J’ai particulièrement été sensible au traitement tout en finesse et douceur de cette histoire triste. En m’intéressant à cette bd sur le net en vue de l’aviser, je me suis rendu compte que Silence, le premier Conte Mécanique, évoque l'attentat de la promenade des anglais à Nice. Une seconde lecture m’a permis de mieux appréhender les desseins de l’auteur et d’en saisir sa pleine signification. Et je dois dire qu’il réalise un sacré tour de force en abordant un événement aussi tragique de manière aussi poétique. Le message n’est pas en reste en développant un optimisme inébranlable. Bref, voici une bd à part d’un auteur qui l’est tout autant. Un second opus est prévu pour septembre 2019 avec Stephen Desberg au scénario.
La Fille dans l'écran
Clairement, je ne m’attendais pas à autant aimer cet album. Et un grand merci à Gruizzli pour avoir attiré l’attention de Little Miss Giggles dessus, me permettant par ricochet de le découvrir à mon tour. Tout d’abord, la technique du récit à quatre mains est magistralement maîtrisée. Le pari de changer d’auteure à chaque page était pourtant très audacieux mais le rythme narratif n’est jamais perturbé par cette technique. Au contraire, serais-je tenté de dire, il est constamment relancé. A un point tel qu’il m’a été impossible d’interrompre ma lecture avant la dernière page. Ensuite vient le sujet. Cette histoire d’amour qui se dessine lentement, progressivement, sans même que les deux personnages ne s’en rendent compte, nous est racontée avec sensibilité. C’est un récit moderne, jeune et pourtant subtil et mature. Ce contraste entre le modernisme de la forme et la maturité du propos m’a réellement foutu une bonne claque dans la tronche (et dieu que ça fait du bien !) Alors oui, bon, il y a peut-être quelques (rares) raccourcis faciles qui pourraient un peu tempérer mon enthousiasme, un côté « feel good story » parfois un peu trop sucré pour un palais saturé comme le mien… mais je serais hypocrite si je n’avouais pas avoir été profondément touché par cette histoire. C’est une très grosse surprise pour moi, et j’en suis ravi. Lecture hautement recommandée à tout amateur de comédie romantique ! Les autres sont également invité à y jeter un œil attentif, ne fusse que pour la maîtrise technique de cette narration à quatre mains et deux cerveaux.
Aujourd'hui est un beau jour pour mourir
Exceptionnel et grandiose ! C'est pour moi LE roman graphique de ce début d'année qui nous propose un récit apocalyptique sans zombies à la démarche saccadée et pathétique, et qui dans sa cruelle possibilité nous donne à réfléchir sur certains aspects de notre monde. Il y avait bien longtemps que je n'avais pas lu quelque chose d'aussi fort. Imaginez un gros roman graphique de 380 pages qui dès sa lecture entamée ne vous lâche plus. Nul doute qu'en tant qu'amateur de BD, vous soyez également un adepte du cinéma, et donc vous connaissez forcément Alejandro Gonzàles Inarritu et plus particulièrement deux de ses films : "21 grammes" et "Babel". C'est à ces films "chorale" que fait indubitablement penser cette histoire. Grâce à un découpage nerveux et intelligemment pensé, nous passons d'un personnage à l'autre. J'aime particulièrement Yoyo et ses devinettes. Dans un futur pas trop éloigné, "le Chuchoteur" est recherché par toutes les polices du pays car il pirate les ondes du plus grand réseau d'information qui soit, TV Net. Il diffuse des messages à une population qu'il juge docile et trop aliénée par le pouvoir. Qui est cet homme qui heurte les consciences de uns et fait trembler le pouvoir ? Est-ce un des membres de ce groupe de rock qui malgré la situation cherche à enregistrer un album ? Est-ce ce vieil écrivain en mal d'inspiration ? L'assassin aux ordres d'une puissante multinationale ? Quand en plus une terrible épidémie véhicule un virus dit de "la dépression" qui se propage sur toute la planète (quelques instants avant leur mort les personnes infectées pleurent des larmes de sang ), plutôt que de soigner la population les autorités préfèrent se concentrer sur la capture du "Chuchoteur". Au scénario, dessin et colorisation, Colo, un auteur que je connaissais pas. Ce gars est un furieux que ce soit au niveau de la construction, du découpage et de la lente mais inéluctable montée en tension. Il n'y a rien à redire. Le dessin est dans un style semi-réaliste avec surtout un découpage qui insère des pages notamment celles où "le Chuchoteur" s'exprime, sans parler des récits que l'écrivain vieilli ne racontera jamais. Je ne sais qu'ajouter de plus pour vous donner envie de lire ce gros pavé qui renouvelle le genre du récit apocalyptique et de fort belle manière qui plus est. Merci aux Éditions du Long Bec d'avoir eu l'audace de sortir ce gros pavé, merci à Fabrice scénariste à ses heures, ici chargé de l'adaptation des dialogues.
Batman - Secrets
Pour mon 5000 ème avis sur ce merveilleux site, j'avais envie de prendre un comics vu que pour mes autres millièmes avis j'avais déjà choisi une série franco-belge, une québécoise et deux mangas. J'ai finalement arrêté mon choix sur un récit mettant en vedette mon super-héros préféré depuis que je suis tout petit à savoir Batman. Ce one-shot met en avant la relation du chevalier noir et son vieil ennemi le Joker et ça tombe bien le Joker est un de mes méchants préférés de Batman. L'auteur utilise bien la relation entre les deux personnages et le Joker est à son meilleur : manipulateur et sachant comment briser les gens. J'ai trouvé le récit prenant du début jusqu'à la fin. Le dessin de Sam Kieth est assez spécial et je comprends que certains n'aiment pas. Personnellement, je trouvais que cela avait de la classe et un certain charme, mais au niveau découpage c'est vrai que ce n'est pas toujours facile à suivre. J'ai du relire certaines scènes parce que les transitions et les éclipses ne sont pas toujours évidentes. Malgré ce défaut cela reste un des meilleurs Batman à mes yeux quoique je pense que pour apprécier il faut déjà connaitre son univers. Ce n'est pas un truc pour les lecteurs qui veulent découvrir le personnage qu'ils ont vu uniquement à la télé ou au cinéma.
Gung Ho
Oui, 5 sur 5... Très très belle surprise. C'est un mélange intéressant entre quelques ingrédients de la série Seuls (cf. le thème de la jeunesse isolée) et d'autres séries dans un univers post-apocalyptique. L'équilibre fonctionne très bien, même si je note une très légère descente de rythme dans le 4ème volet paru en ce 1er trimestre 2019. Le dessin a été réalisé sur ordinateur : je ne fais cette précision que pour ajouter combien l'auteur a réussi à sublimer la technique pour la faire oublier et donner à cette saga une ambiance très prenante, jolie mais angoissante. Côté négatif, on ne peut que regretter un rythme de parution digne du Sénat.
Wollodrïn
Déjà, on peut noter que c'est une série qui aura su respecter sa promesse de tenir en 10 volumes plutôt que de prolonger à l'infini une recette qui tient la route. Certes, elle repose sur des éléments archi-connus de toute épopée fantasy, mais les auteurs ont su innover et créer avec réussite quelques innovations sur chaque race. L'univers est bien foutu, chaque volume raconte une histoire sympa, laquelle se raccroche harmonieusement au cycle complet. Très belle fin, que l'on lit avec un peu de tristesse. Je ne mets pas 5 étoiles, car ce n'est pas non plus complètement innovant, mais ça reste du très très solide à côté de nombreuses autres sagas.