Une collection d'une très grande qualité qui mérite VRAIMENT de s'y interesser, que l'on soit fan de Conan ou non. Les histoires en elles mêmes sont des adaptations fidèles des nouvelles de Robert E. Howard, chacune adoptant son propre style graphique, mais il est aussi important de préciser l'ajout en fin de tomes de quelques pages d'explication par Patrice Louinet, l'un des plus grands spécialistes de Robert E Howard, afin d'expliquer le contexte d'écriture de chaque nouvelles ainsi que la vision de l'auteur, bien plus profonde qu'elle n'y parait. Pour moi cette série est un excellent moyen de briser les cliché entourant malheureusement Conan Le Cimmérien.
Tome 1 : La Reine de la Côté Noire
3,5/5 - Je ne suis pas fan du graphisme choisit, il ne colle pas trop à ma vision de Conan, mais l'on s'y fait vite, d'autant plus que l'aventure est au rendez vous avec cette nouvelle de qualité. Un bon début de collection.
Tome 2 : Le Colosse Noir
4,5/5 - Gros coup de coeur en revanche sur le graphisme de ce tome-ci, l'histoire est plus simple et va plus rapidement au but mais elle est pour moi bien plus épique. C'est même Homérien.
Tome 3 : Au dela de la Rivière Noire
4,5/5 - Encore une adaptation phénoménale ! Quelle ambiance ! Le dessin est magnifique, créant vraiment une atmoshpère particulière. L'histoire fait la encore dans la "simplicité" dans le sens où il n'y a pas 40,000 personnages et péripéties (il n'y en a absolument pas besoin) mais cette opposition civilisation/barbarie fait vraiment la force du récit. Un essentiel.
Celles et ceux qui ont un peu de curiosité et qui ont creusé le sujet savent qu'Ian Fleming, l'auteur de la série des James Bond, a lui-même eu une vie aventureuse en tant qu'espion de Sa Majesté.
Jean-Luc Sala, très concerné par ce genre de personnages et fan du decorum nazi (mais pas de l'idéologie) pour son inventivité, a décidé de raconter par le petit bout de la lorgnette sa vie, ou du moins une petite portion. Il lui a donc adjoint une espionne trans-Atlantique aux avantages plantureux et intrépide, de nous proposer un récit à la fois enlevé, savamment orchestré en termes de péripéties (comme dans un James Bond), plein de jeux de mots mais aussi de petites allusions loin d'être anodines (sur les peuples persécutés capables de résilience...), tout cela dans un contexte historique aussi troublé que passionnant.
Il restait à trouver le bon dessinateur pour accompagner ce projet qui mêle humour et Histoire, et je dois dire qu'après un premier tome hésitant, Christophe Alliel y trouve sa pleine mesure. Ce n'est pas tout à fait du dessin réaliste, mais son élégance permet de gommer quelques approximations, bien aidée par les couleurs de Facio.
Peut-être qu'un récit un peu plus clair aurait donné une note supérieure, cependant...
Bienvenue à Mapple!
Cette petite ville est située aux États Unis plus précisément dans le Nebraska. Son titre de noblesse est qu'elle fut le lieu de fabrication des Mapples square, petits bonbons carrés au caramel et au sirop d'érable. Une rue principale poussiéreuse et des habitants tous plus dégénérés les uns que les autres. N'oublions pas le Mapple institute for criminally insane qui accueille son lot de pervers et autres psychopathes en tous genres.
Dans la région de mystérieuses disparitions ont eu lieu, c'est pourquoi deux agents du FBI arrivent en ville afin d'enquêter. Quelle galerie de personnages mes aïeux. Nos deux flics, un directeur d’hôpital qui n'a pas du avoir son diplôme de façon très régulière, un politicien bien véreux et surtout une ribambelle de faux jetons, de décérébrés du bulbe, j'en passe tellement la liste est longue et jouissive.
Encore une fois le Label 619 fait très très fort. Au scénario David Hasteda nous mitonne une histoire aux petits oignons dont les éléments s’enchaînent telle une mécanique bien huilée. Comme d'habitude avec ce genre de parution, des petits inserts viennent nous raconter la vie et l’œuvre de tueurs célèbres au rang desquels on retrouve Charles Manson, David Koresh et la tuerie de Waco, sans oublier ce bon pasteur Jim Jones. Signalons même une petite collection de stickers en fin d'album du plus bel effet.
Au dessin Ludovic Chesnotte vous dessine de ces gueules impressionnantes avec un style extrêmement dynamique, vif et acéré. Le classement de cette BD dans la catégorie Comics est plus lié à son format et sa construction en chapitres courts qu'à une colorisation qui ici renforce le climat et n'est en rien comparable à ce que l'on voit ailleurs dans le genre.
Parmi tous les personnages que nous rencontrons celui d'une des prisonnières de l'institut pour criminels de Mapple est celui de Verna Howell, celle par qui tout va se déclencher dans un déluge de vengeance bien sûr sanguinolent, Label 619 oblige.
Foncez braves gens, une petite baffe comme on aimerait en recevoir plus souvent. Personnellement c'est bien sûr un coup de cœur que ce pavé de 156 pages dont aucune n'est inutile.
Message perso, PAco c'est pour toi.
Le duo d'auteurs argentins Agrimbau/Ippoliti s'est intéressé à uen guerre oubliée, un conflit qui a secoué l'Amérique du Sud il y a 150 ans, une bataille déchirante étant son point culminant : Acosta Ñu.
Au cours de celle-ci, 3 500 paraguayens pauvrement armés, principalement des enfants de 9 à 15 ans, des vieillards et des blessés, se retrouva face à la Triple Alliance, alimentée par les vétérans brésiliens, argentins et uruguayens (15 000 hommes). Une bataille sanglante, une véritable boucherie. Pour commémorer leur mémoire, le 16 août est devenu au Paraguay le Jour des Enfants, un jour férié.
Comme beaucoup d'auteurs désireux de rendre son récit accessible au plus grand nombre, Agrimbau a décidé de raconter la petite histoire pour nous montrer la grande Histoire. C'est plutôt efficace, le photographe français que l'on suit, même s'il est parfois dépassé par les évènements, permet d'en saisir globalement l'ampleur. Et l'horreur.
Le trait de Gabriel Ippoliti est fin bien que charbonneux, très expressif bien que fuyant parfois.
Un bien bel album.
Ici Olivier Vatine adapte un roman de Stefan Wul paru en 1958, auteur prolifique mais que je trouve un brin surannéet qui avouons le est un peu vieillot dans sa forme, en effet les races extraterrestres nous sont bien plus familières aujourd'hui qu'à l'époque de la sortie du roman.
Depuis la mort de sa fille Lise, Martha est inconsolable. Son seul espoir semble résider en la personne de Joachim, nanobiologiste de renom assigné à résidence sur Mars ou l'humanité a émigrée une fois la terre dévastée. Dans un premier temps contraint, le jeune chercheur y voit l'opportunité de poursuivre ses recherches afin de cloner Lise et d'en faire une réplique aussi parfaite que possible, tel qu'elle était au moment de sa mort.
Dans le roman de Wul les choses étaient traitées de manières vieillottes, un peu désuètes. Ici O. Vatine remet les choses au gout du jour. Une présentation rapide du contexte Martien et Terrien, puis l'histoire se focalise sur la relation Martha, Joachim dans un lieu unique, une citadelle inspirée des délires architecturaux de Louis II de Bavière.
Une ambiance victorienne de décors néo-gothiques et une galerie de personnages et de créatures issue des meilleurs contes macabres du XIX ème siècle.
Et puis il y a le dessin de Alberto Varanda et la mesdames et messieurs, attention c'est du très grand art. Il y a longtemps que je n'avais pas vue quelque chose du même niveau. Imaginons un mix entre le grandissime Bernie Wrightson et Gustave Doré qui auraient été aidé par F. Shuitten et Andreas.
Un dessin ou le clair obscur est parfaitement maitrisé que je n'hésite pas à qualifier de grandiose, personnellement je suis resté scotché devant certaines planches pendant longtemps.
Voila donc un one shot de très haute volée et de très haute tenue dont je fais mon coup de cœur du moment. Histoire gothique comme j'aime ambiance oppressante et puis j'ai un petit faible pour ces céphalopodes très Lovecraftiens.
Nausicaä est l’un de mes mangas préférés.
On retrouve les thèmes et les figures chers à Miyazaki comme l’écologie et la difficile cohabitation de l’homme et de la nature, l’absurdité de la guerre, des personnages féminins forts et charismatiques, la personnification de la nature à travers d’animaux géants ou l’importance de l’aviation. Et pourtant Nausicaä est assez différent des autres productions du « Maître » (à l’exception de Conan, fils du futur) qui tient certainement du choix de faire une œuvre de pure science-fiction. Graphiquement, on reconnait, il est vrai, immédiatement le style de Miyazaki ; autant dire que c’est magnifique.
L’histoire, sombre et complexe, est passionnante de bout en bout, parfaitement nourrie par l’incroyable univers de la saga, les nombreux personnages globalement très réussis et une narration maitrisée. Fait rare pour un manga, nous n’avons pas l’impression de suivre un feuilleton mais bien un récit homogène et pensé dans sa globalité dès le départ.
N’hésitez surtout pas à vous plonger cette œuvre géniale !
Très bel album qui se concentre sur le voyage effectué par Charles Darwin à bord du HMS Beagle, voyage on ne peut plus formateur pour lui ! De fait, c’est lors de celui-ci, au travers de découvertes géologiques, botaniques et zoologiques qu’il va avoir l’intuition de l’évolution des espèces.
Tout au long de ce voyage nous découvrons un homme curieux, ouvert, audacieux. Un humaniste aussi, farouchement opposé à l’esclavagisme. Un être qui croit à la civilisation comme vecteur d’évolution. Au plus les pages s’enchainent, au plus le personnage m’est devenu sympathique. Le dessin faussement naïf et la narration légère et vive qu’emploient Fabien Grolleau et Jérémie Royer comptent beaucoup dans mon appréciation finale. C’est pour moi le ton parfait pour donner un réel plaisir de lecture tout en instruisant le lecteur. Jamais rébarbatif, avec régulièrement le mot pour rire, il donne envie d’être curieux, de découvrir, de s’intéresser aux personnages, à leurs destinées, à leur époque.
Et puis ce périple en lui-même est une fameuse aventure en soi. Long de quasi 5 ans, il fait voyager ses participants à travers la terre entière, une terre encore mal connue où tout est sujet à découverte.
Enfin, l’audace dont doit faire montre Darwin pour oser développer une intuition profondément blasphématoire à une époque où la sacro-sainte religion chrétienne domine les hommes et la pensée est soulignée avec justesse.
Un très bel album, donc, que je ne peux que vous inviter à découvrir. Accessible aux plus vieux comme aux jeunes adolescents, il est aussi instructif que divertissant. Et, cerise sur le gâteau, je le trouve beau dans son style naïf.
Bien sûr, il y a un petit côté « L’amour est dans les prés » dans cet album mais pour moi celui-ci va bien au-delà de ça. Et c’est un grand moment de plaisir coupable que je viens de passer à lire ce délicieux récit. Je retrouve ici Pascal Rabaté dans le domaine dans lequel je le préfère. Cet album est dans la lignée des Petits Ruisseaux et autres Marie en plastique. Il s’en dégage une profonde tendresse pour le genre humain, sa bêtise et sa bonté. François Ravard l’illustre avec grand talent et l’éclaire grâce à une colorisation légère et lumineuse, voire audacieuse avec des intérieurs rose flashy des plus sympathiques.
Ce duo aime les personnages qu’il met en scène et cela se sent ! Comment ne pas s’attacher à Didier, malgré sa fainéantise, sa bêtise et son penchant pour la bouteille ? Comment ne pas sympathiser avec sa sœur au caractère de grand frère, au bon sens paysan et au cœur en jachère ? Mais là où cet album confine au grand art, c’est dans le fait qu’il parvient à nous parler de choses graves avec une légèreté, une ironie, un recul… qui finiraient presque par nous convaincre que rien n'est grave dans la vie et que l’humanité à un avenir. La fin est résolument optimiste, heureuse, sereine. Elle arrive bien trop vite, me laissant avec un goût de trop peu. J’aurais tant voulu encore accompagner ce trio magique, maintenant devenu quatuor…
Que dire encore, sinon que chaque planche est un ravissement à mes yeux tantôt par un visuel apaisant, tantôt par un dialogue savoureux, tantôt par un visage expressif, tantôt par un silence éloquent ? L’ensemble sonne merveilleusement juste et cela semble si simple, si évident… Quel talent !!!
Et comme me le disait ma copine Herta en allant chercher des œufs : ne passons pas à côté des choses simples !
C’est pitoyable.
C’est drôle.
C’est con.
C’est touchant.
C’est humain…
C'est un album à ne pas rater.
Cet album est une sorte d’ovni. D’abord parce qu’il n’est pas courant de le rencontrer (c’est une des premières publications de Glénat je pense, et je ne l’ai pas vu trainer souvent sur les étals des librairies d’occasion).
Ensuite par son contenu, assez éloigné des canons de la grande diffusion. Son titre et la couverture déjà, assez énigmatiques, donnent une idée, sinon du contenu, du moins de l’ambiance générale qui va dominer.
Le premier tiers de l’album tourne peu à peu au fantastique, autour d’une mystérieuse armoire, liée à quelques personnages et moments forts de l’histoire de France depuis la Renaissance.
Puis, après ce premier tiers, le fantastique est exacerbé, mais finalement dépassé par une sorte de poème visuel, le texte (littéraire, pour ne pas dire poétique parfois, en tout cas assez abondant) et les images s’écartant alors fortement d’une narration classique. Au point que, parfois, j’ai eu du mal à suivre. C’est en tous les cas une histoire torturée, une ambiance assez noire et pessimiste.
Les cases sont alors dans ces deux derniers tiers souvent déstructurées, voire absentes, ça part vraiment dans tous les sens ! Mais le dessin de Poïvet est vraiment très bon. Classique, mais très bon. Il se concentre sur les personnages, et quelques éléments des décors, qui sont même souvent absents, épurés (avec des esquisses géométriques presque abstraites parfois pour en faire office), au point de donner – faussement je le précise – une impression d’inachevé. Je regrette juste un encrage un peu léger sur quelques pages.
Résumer l’histoire est difficile, et pas forcément souhaitable. Je vous conseille en tout cas de feuilleter cet album avant de l’acheter (si vous avez la chance de tomber dessus).
Otto propose quelque chose de différent en matière d’humour et c’est là son plus grand mérite. L’auteur joue avec son récit, sa mise en page et, en choisissant de réaliser une bande dessinée muette, se complique encore un peu la tâche.
Mais chaque challenge est habilement relevé. Le muet est parfaitement maîtrisé, Frodo De Decker parvenant à nous faire partager le cheminement cognitif de ses personnages au travers de quelques symboles dessinés. Le découpage se transforme parfois en un jeu visuel dans lequel les cases se lisent comme un ensemble et non comme une suite. L’humour est absurde et la lecture d'un album dégage donc une impression de lire… autre chose. Quelque chose d’intéressant, d’amusant, de ludique, parfois de répétitif… mais justement ce sens de la répétition est un des ressors comiques du premier récit (et du second aussi mais dans une moindre mesure).
Chaque tome propose une histoire complète dans lequel nous suivons le cheminement absurde du héros, cheminement durant lequel il croisera les personnages les plus divers (de Noé à des nains en passant par des extraterrestres, des monstres ou des chimpanzés), s’enfuira plus souvent qu’à son tour ou nouera des amitiés éphémères.
Pour des albums muets, ils ne se lisent pas si vite que l’on pourrait le craindre. Il se passe toujours quelque chose et le découpage (que je trouve excellent) se savoure lorsqu’on y prête l’attention nécessaire, enfin certains symboles demandent un peu de réflexion pour être déchiffrés, ce qui ralenti agréablement le rythme de la lecture (oui, oui, ça fait du bien de parfois devoir un peu réfléchir).
C’est vraiment à essayer. Je suis bien conscient que tous les lecteurs ne seront pas sensibles à ce type d’humour (si l’absurde vous ennuie, passez votre chemin) mais, pour ma part, j’ai passé un agréable moment, avec ce sentiment qu’une relecture m’apportera d’autres satisfactions (grâce à des détails qui m’auront échappés durant la première lecture). Le premier tome est cependant un peu supérieur au deuxième (même si c’est dans le deuxième que j’ai trouvé le gag qui m’a le plus amusé).
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Conan le Cimmérien
Une collection d'une très grande qualité qui mérite VRAIMENT de s'y interesser, que l'on soit fan de Conan ou non. Les histoires en elles mêmes sont des adaptations fidèles des nouvelles de Robert E. Howard, chacune adoptant son propre style graphique, mais il est aussi important de préciser l'ajout en fin de tomes de quelques pages d'explication par Patrice Louinet, l'un des plus grands spécialistes de Robert E Howard, afin d'expliquer le contexte d'écriture de chaque nouvelles ainsi que la vision de l'auteur, bien plus profonde qu'elle n'y parait. Pour moi cette série est un excellent moyen de briser les cliché entourant malheureusement Conan Le Cimmérien. Tome 1 : La Reine de la Côté Noire 3,5/5 - Je ne suis pas fan du graphisme choisit, il ne colle pas trop à ma vision de Conan, mais l'on s'y fait vite, d'autant plus que l'aventure est au rendez vous avec cette nouvelle de qualité. Un bon début de collection. Tome 2 : Le Colosse Noir 4,5/5 - Gros coup de coeur en revanche sur le graphisme de ce tome-ci, l'histoire est plus simple et va plus rapidement au but mais elle est pour moi bien plus épique. C'est même Homérien. Tome 3 : Au dela de la Rivière Noire 4,5/5 - Encore une adaptation phénoménale ! Quelle ambiance ! Le dessin est magnifique, créant vraiment une atmoshpère particulière. L'histoire fait la encore dans la "simplicité" dans le sens où il n'y a pas 40,000 personnages et péripéties (il n'y en a absolument pas besoin) mais cette opposition civilisation/barbarie fait vraiment la force du récit. Un essentiel.
Spynest
Celles et ceux qui ont un peu de curiosité et qui ont creusé le sujet savent qu'Ian Fleming, l'auteur de la série des James Bond, a lui-même eu une vie aventureuse en tant qu'espion de Sa Majesté. Jean-Luc Sala, très concerné par ce genre de personnages et fan du decorum nazi (mais pas de l'idéologie) pour son inventivité, a décidé de raconter par le petit bout de la lorgnette sa vie, ou du moins une petite portion. Il lui a donc adjoint une espionne trans-Atlantique aux avantages plantureux et intrépide, de nous proposer un récit à la fois enlevé, savamment orchestré en termes de péripéties (comme dans un James Bond), plein de jeux de mots mais aussi de petites allusions loin d'être anodines (sur les peuples persécutés capables de résilience...), tout cela dans un contexte historique aussi troublé que passionnant. Il restait à trouver le bon dessinateur pour accompagner ce projet qui mêle humour et Histoire, et je dois dire qu'après un premier tome hésitant, Christophe Alliel y trouve sa pleine mesure. Ce n'est pas tout à fait du dessin réaliste, mais son élégance permet de gommer quelques approximations, bien aidée par les couleurs de Facio. Peut-être qu'un récit un peu plus clair aurait donné une note supérieure, cependant...
Doggybags - Mapple squares
Bienvenue à Mapple! Cette petite ville est située aux États Unis plus précisément dans le Nebraska. Son titre de noblesse est qu'elle fut le lieu de fabrication des Mapples square, petits bonbons carrés au caramel et au sirop d'érable. Une rue principale poussiéreuse et des habitants tous plus dégénérés les uns que les autres. N'oublions pas le Mapple institute for criminally insane qui accueille son lot de pervers et autres psychopathes en tous genres. Dans la région de mystérieuses disparitions ont eu lieu, c'est pourquoi deux agents du FBI arrivent en ville afin d'enquêter. Quelle galerie de personnages mes aïeux. Nos deux flics, un directeur d’hôpital qui n'a pas du avoir son diplôme de façon très régulière, un politicien bien véreux et surtout une ribambelle de faux jetons, de décérébrés du bulbe, j'en passe tellement la liste est longue et jouissive. Encore une fois le Label 619 fait très très fort. Au scénario David Hasteda nous mitonne une histoire aux petits oignons dont les éléments s’enchaînent telle une mécanique bien huilée. Comme d'habitude avec ce genre de parution, des petits inserts viennent nous raconter la vie et l’œuvre de tueurs célèbres au rang desquels on retrouve Charles Manson, David Koresh et la tuerie de Waco, sans oublier ce bon pasteur Jim Jones. Signalons même une petite collection de stickers en fin d'album du plus bel effet. Au dessin Ludovic Chesnotte vous dessine de ces gueules impressionnantes avec un style extrêmement dynamique, vif et acéré. Le classement de cette BD dans la catégorie Comics est plus lié à son format et sa construction en chapitres courts qu'à une colorisation qui ici renforce le climat et n'est en rien comparable à ce que l'on voit ailleurs dans le genre. Parmi tous les personnages que nous rencontrons celui d'une des prisonnières de l'institut pour criminels de Mapple est celui de Verna Howell, celle par qui tout va se déclencher dans un déluge de vengeance bien sûr sanguinolent, Label 619 oblige. Foncez braves gens, une petite baffe comme on aimerait en recevoir plus souvent. Personnellement c'est bien sûr un coup de cœur que ce pavé de 156 pages dont aucune n'est inutile. Message perso, PAco c'est pour toi.
Guarani - Les Enfants soldats du Paraguay
Le duo d'auteurs argentins Agrimbau/Ippoliti s'est intéressé à uen guerre oubliée, un conflit qui a secoué l'Amérique du Sud il y a 150 ans, une bataille déchirante étant son point culminant : Acosta Ñu. Au cours de celle-ci, 3 500 paraguayens pauvrement armés, principalement des enfants de 9 à 15 ans, des vieillards et des blessés, se retrouva face à la Triple Alliance, alimentée par les vétérans brésiliens, argentins et uruguayens (15 000 hommes). Une bataille sanglante, une véritable boucherie. Pour commémorer leur mémoire, le 16 août est devenu au Paraguay le Jour des Enfants, un jour férié. Comme beaucoup d'auteurs désireux de rendre son récit accessible au plus grand nombre, Agrimbau a décidé de raconter la petite histoire pour nous montrer la grande Histoire. C'est plutôt efficace, le photographe français que l'on suit, même s'il est parfois dépassé par les évènements, permet d'en saisir globalement l'ampleur. Et l'horreur. Le trait de Gabriel Ippoliti est fin bien que charbonneux, très expressif bien que fuyant parfois. Un bien bel album.
La Mort vivante
Ici Olivier Vatine adapte un roman de Stefan Wul paru en 1958, auteur prolifique mais que je trouve un brin surannéet qui avouons le est un peu vieillot dans sa forme, en effet les races extraterrestres nous sont bien plus familières aujourd'hui qu'à l'époque de la sortie du roman. Depuis la mort de sa fille Lise, Martha est inconsolable. Son seul espoir semble résider en la personne de Joachim, nanobiologiste de renom assigné à résidence sur Mars ou l'humanité a émigrée une fois la terre dévastée. Dans un premier temps contraint, le jeune chercheur y voit l'opportunité de poursuivre ses recherches afin de cloner Lise et d'en faire une réplique aussi parfaite que possible, tel qu'elle était au moment de sa mort. Dans le roman de Wul les choses étaient traitées de manières vieillottes, un peu désuètes. Ici O. Vatine remet les choses au gout du jour. Une présentation rapide du contexte Martien et Terrien, puis l'histoire se focalise sur la relation Martha, Joachim dans un lieu unique, une citadelle inspirée des délires architecturaux de Louis II de Bavière. Une ambiance victorienne de décors néo-gothiques et une galerie de personnages et de créatures issue des meilleurs contes macabres du XIX ème siècle. Et puis il y a le dessin de Alberto Varanda et la mesdames et messieurs, attention c'est du très grand art. Il y a longtemps que je n'avais pas vue quelque chose du même niveau. Imaginons un mix entre le grandissime Bernie Wrightson et Gustave Doré qui auraient été aidé par F. Shuitten et Andreas. Un dessin ou le clair obscur est parfaitement maitrisé que je n'hésite pas à qualifier de grandiose, personnellement je suis resté scotché devant certaines planches pendant longtemps. Voila donc un one shot de très haute volée et de très haute tenue dont je fais mon coup de cœur du moment. Histoire gothique comme j'aime ambiance oppressante et puis j'ai un petit faible pour ces céphalopodes très Lovecraftiens.
Nausicaä de la vallée du vent
Nausicaä est l’un de mes mangas préférés. On retrouve les thèmes et les figures chers à Miyazaki comme l’écologie et la difficile cohabitation de l’homme et de la nature, l’absurdité de la guerre, des personnages féminins forts et charismatiques, la personnification de la nature à travers d’animaux géants ou l’importance de l’aviation. Et pourtant Nausicaä est assez différent des autres productions du « Maître » (à l’exception de Conan, fils du futur) qui tient certainement du choix de faire une œuvre de pure science-fiction. Graphiquement, on reconnait, il est vrai, immédiatement le style de Miyazaki ; autant dire que c’est magnifique. L’histoire, sombre et complexe, est passionnante de bout en bout, parfaitement nourrie par l’incroyable univers de la saga, les nombreux personnages globalement très réussis et une narration maitrisée. Fait rare pour un manga, nous n’avons pas l’impression de suivre un feuilleton mais bien un récit homogène et pensé dans sa globalité dès le départ. N’hésitez surtout pas à vous plonger cette œuvre géniale !
HMS Beagle, aux origines de Darwin
Très bel album qui se concentre sur le voyage effectué par Charles Darwin à bord du HMS Beagle, voyage on ne peut plus formateur pour lui ! De fait, c’est lors de celui-ci, au travers de découvertes géologiques, botaniques et zoologiques qu’il va avoir l’intuition de l’évolution des espèces. Tout au long de ce voyage nous découvrons un homme curieux, ouvert, audacieux. Un humaniste aussi, farouchement opposé à l’esclavagisme. Un être qui croit à la civilisation comme vecteur d’évolution. Au plus les pages s’enchainent, au plus le personnage m’est devenu sympathique. Le dessin faussement naïf et la narration légère et vive qu’emploient Fabien Grolleau et Jérémie Royer comptent beaucoup dans mon appréciation finale. C’est pour moi le ton parfait pour donner un réel plaisir de lecture tout en instruisant le lecteur. Jamais rébarbatif, avec régulièrement le mot pour rire, il donne envie d’être curieux, de découvrir, de s’intéresser aux personnages, à leurs destinées, à leur époque. Et puis ce périple en lui-même est une fameuse aventure en soi. Long de quasi 5 ans, il fait voyager ses participants à travers la terre entière, une terre encore mal connue où tout est sujet à découverte. Enfin, l’audace dont doit faire montre Darwin pour oser développer une intuition profondément blasphématoire à une époque où la sacro-sainte religion chrétienne domine les hommes et la pensée est soulignée avec justesse. Un très bel album, donc, que je ne peux que vous inviter à découvrir. Accessible aux plus vieux comme aux jeunes adolescents, il est aussi instructif que divertissant. Et, cerise sur le gâteau, je le trouve beau dans son style naïf.
Didier, la 5e roue du tracteur
Bien sûr, il y a un petit côté « L’amour est dans les prés » dans cet album mais pour moi celui-ci va bien au-delà de ça. Et c’est un grand moment de plaisir coupable que je viens de passer à lire ce délicieux récit. Je retrouve ici Pascal Rabaté dans le domaine dans lequel je le préfère. Cet album est dans la lignée des Petits Ruisseaux et autres Marie en plastique. Il s’en dégage une profonde tendresse pour le genre humain, sa bêtise et sa bonté. François Ravard l’illustre avec grand talent et l’éclaire grâce à une colorisation légère et lumineuse, voire audacieuse avec des intérieurs rose flashy des plus sympathiques. Ce duo aime les personnages qu’il met en scène et cela se sent ! Comment ne pas s’attacher à Didier, malgré sa fainéantise, sa bêtise et son penchant pour la bouteille ? Comment ne pas sympathiser avec sa sœur au caractère de grand frère, au bon sens paysan et au cœur en jachère ? Mais là où cet album confine au grand art, c’est dans le fait qu’il parvient à nous parler de choses graves avec une légèreté, une ironie, un recul… qui finiraient presque par nous convaincre que rien n'est grave dans la vie et que l’humanité à un avenir. La fin est résolument optimiste, heureuse, sereine. Elle arrive bien trop vite, me laissant avec un goût de trop peu. J’aurais tant voulu encore accompagner ce trio magique, maintenant devenu quatuor… Que dire encore, sinon que chaque planche est un ravissement à mes yeux tantôt par un visuel apaisant, tantôt par un dialogue savoureux, tantôt par un visage expressif, tantôt par un silence éloquent ? L’ensemble sonne merveilleusement juste et cela semble si simple, si évident… Quel talent !!! Et comme me le disait ma copine Herta en allant chercher des œufs : ne passons pas à côté des choses simples ! C’est pitoyable. C’est drôle. C’est con. C’est touchant. C’est humain… C'est un album à ne pas rater.
L'Échiquier cubique
Cet album est une sorte d’ovni. D’abord parce qu’il n’est pas courant de le rencontrer (c’est une des premières publications de Glénat je pense, et je ne l’ai pas vu trainer souvent sur les étals des librairies d’occasion). Ensuite par son contenu, assez éloigné des canons de la grande diffusion. Son titre et la couverture déjà, assez énigmatiques, donnent une idée, sinon du contenu, du moins de l’ambiance générale qui va dominer. Le premier tiers de l’album tourne peu à peu au fantastique, autour d’une mystérieuse armoire, liée à quelques personnages et moments forts de l’histoire de France depuis la Renaissance. Puis, après ce premier tiers, le fantastique est exacerbé, mais finalement dépassé par une sorte de poème visuel, le texte (littéraire, pour ne pas dire poétique parfois, en tout cas assez abondant) et les images s’écartant alors fortement d’une narration classique. Au point que, parfois, j’ai eu du mal à suivre. C’est en tous les cas une histoire torturée, une ambiance assez noire et pessimiste. Les cases sont alors dans ces deux derniers tiers souvent déstructurées, voire absentes, ça part vraiment dans tous les sens ! Mais le dessin de Poïvet est vraiment très bon. Classique, mais très bon. Il se concentre sur les personnages, et quelques éléments des décors, qui sont même souvent absents, épurés (avec des esquisses géométriques presque abstraites parfois pour en faire office), au point de donner – faussement je le précise – une impression d’inachevé. Je regrette juste un encrage un peu léger sur quelques pages. Résumer l’histoire est difficile, et pas forcément souhaitable. Je vous conseille en tout cas de feuilleter cet album avant de l’acheter (si vous avez la chance de tomber dessus).
Otto (par Frodo De Decker)
Otto propose quelque chose de différent en matière d’humour et c’est là son plus grand mérite. L’auteur joue avec son récit, sa mise en page et, en choisissant de réaliser une bande dessinée muette, se complique encore un peu la tâche. Mais chaque challenge est habilement relevé. Le muet est parfaitement maîtrisé, Frodo De Decker parvenant à nous faire partager le cheminement cognitif de ses personnages au travers de quelques symboles dessinés. Le découpage se transforme parfois en un jeu visuel dans lequel les cases se lisent comme un ensemble et non comme une suite. L’humour est absurde et la lecture d'un album dégage donc une impression de lire… autre chose. Quelque chose d’intéressant, d’amusant, de ludique, parfois de répétitif… mais justement ce sens de la répétition est un des ressors comiques du premier récit (et du second aussi mais dans une moindre mesure). Chaque tome propose une histoire complète dans lequel nous suivons le cheminement absurde du héros, cheminement durant lequel il croisera les personnages les plus divers (de Noé à des nains en passant par des extraterrestres, des monstres ou des chimpanzés), s’enfuira plus souvent qu’à son tour ou nouera des amitiés éphémères. Pour des albums muets, ils ne se lisent pas si vite que l’on pourrait le craindre. Il se passe toujours quelque chose et le découpage (que je trouve excellent) se savoure lorsqu’on y prête l’attention nécessaire, enfin certains symboles demandent un peu de réflexion pour être déchiffrés, ce qui ralenti agréablement le rythme de la lecture (oui, oui, ça fait du bien de parfois devoir un peu réfléchir). C’est vraiment à essayer. Je suis bien conscient que tous les lecteurs ne seront pas sensibles à ce type d’humour (si l’absurde vous ennuie, passez votre chemin) mais, pour ma part, j’ai passé un agréable moment, avec ce sentiment qu’une relecture m’apportera d’autres satisfactions (grâce à des détails qui m’auront échappés durant la première lecture). Le premier tome est cependant un peu supérieur au deuxième (même si c’est dans le deuxième que j’ai trouvé le gag qui m’a le plus amusé).