Les derniers avis (9602 avis)

Par Spooky
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Sixtine
Sixtine

Ouh là là, mais c'est vachement bien, ça ! C'est suite à la sortie du tome 2 que je me suis décidé à m'y intéresser (j'avais loupé le tome 1 à l'époque). Du coup je me suis procuré les deux, et je ne regrette pas, la série fait partie de ma petite bibliothèque de classiques jeunesse désormais. Imaginez une pré-adolescente qui vit -chichement- avec sa mère depuis le décès un brin mystérieux de son père. Imaginez cette enfant, plutôt débrouillarde mais pas forcément populaire au collège, qui se retrouve plus ou moins escortée par un trio croquignolet de fantômes de pirates. Imaginez cette gamine qui joue des tours pendables à son entourage, mais avec de bonnes intentions... Imaginez des personnages tapis dans l'ombre, qui semblent s'intéresser particulièrement à elle... Sixtine c'est tout cela et plus encore. On ne vous dira pas tout, mais sachez qu'après Supers, qui est déjà une bien chouette BD, Frédéric Maupomé fait fort avec cette nouvelle série assez ambitieuse, qui nous propose des personnages hauts en couleurs, une histoire très bien ficelée avec plusieurs niveaux de lecture, et un long moment de lecture en perspective, puisque les deux premiers tomes comportent 78 pages chacun. Sans oublier, bien sûr, le dessin énergique d'Aude Soleilhac, qui semble FAIT pour ce type d'histoire, entre aventure, fantastique et polar. Je me régale, même si j'ai 30 ans de trop.

10/10/2018 (modifier)
Par Jetjet
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Doggybags - Mapple squares
Doggybags - Mapple squares

Faudrait-il croire qu'en cette année 2018 les meilleures surprises proviennent d'auteurs français sous haute influence de comics pulp ? Tout porte à le croire effectivement avec la publication du dernier tome de la série culte de Griffon Apocalypse sur Carson City et le premier tome de la série de Nicolas Pétrimaux Il faut flinguer Ramirez auquel s'ajoute cette histoire complète de la famille Doggybags "Mapple Squares" qui devrait faire date également. Mais reprenons, prévue à l'origine comme une anthologie de courts récits brassant la culture Pop dans un style Grindhouse assumée, le label 619 avait relevé un grand nombre de jeunes artistes méconnus talentueux pour sa collection irrévérencieuse Doggybags. De qualité variable, cette série avait pour dénominateur commun un style graphique issu à la fois des trois écoles en cours selon les thèmes : franco-belge, manga et comics. Certaines histoires s'extirpaient sans mal du lot commun par exemple avec Neyef et ses "South Central Stories" à l'efficacité redoutable. Mapple Squares parlera donc à tous les amoureux de récits policiers borderline. Batie sur un pitch simplissime (un duo de flics du FBI s'embourbe dans une bourgade perdue à la recherches de personnes disparues), l'histoire se déroule sur plusieurs niveaux de narration qui vont venir s'entrechoquer de la plus belle des manières avec quelques retournements percutants de situation qui risquent de laisser plusieurs lecteurs bouche bée. Conçu comme un redoutable manège de montagnes russes, David Hasteda assume le récit comme un brillant hommage au cinéaste John Carpenter dont il reprend le suspens, l'épouvante et la relecture sociale et même un lieutenant d'escouade physiquement similaire. Heureusement Mapple Squares n'est pas uniquement une bible de références même si elle en regorge et parvient dans une ambiance glauque et anxiogène mille fois déjà vue ailleurs à en délivrer un récit tout à fait original dès sa première partie achevée et le twist principal relevé en plein milieu d'une intrigue déjà bien épicée. Il faut également souligner le joli travail de Ludovic Chesnot sur le rendu général. Si tous les personnages ont des trognes pas possibles, sa mise en scène cartoonesque et ses couleurs variées font partie intégrante de l'ambiance générale. Constamment au bord de la rupture sans jamais en perdre le fil, Mapple Squares est donc une petite perle d'humour noir, de violence et d'un mauvais goût assumé qui devrait ravir pleinement les amateurs du genre. "Le monstre ici... l'anormal... c'est toi".

05/10/2018 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série RIP
RIP

Bienvenu chez les nettoyeurs de la mort. Des gens meurent souvent dans l'indifférence générale. Parfois il n'ont pas de famille, pas d'amis et ils vont parfois rester longtemps chez eux avant qu'on ne les découvre. Par bonheur la société qui emploie Derrick et ses collègues est chargée de faire le ménage avant que toute la famille défile. Seul souci, ce qu'ils trouvent n'est pas toujours beau à voir. Et puis il y a parfois des trouvailles qui sont faites et que l'on aurait mieux fait de laisser sur place. Dans cette entreprise un peu particulière il y a Derrick bien sûr mais aussi ses collègues tous de sacrés loustics. Albert qui récupère chez les morts de vieilles cartes postales et des petits carnets, Eugène le gros dur, ancien taulard qui est en ménage avec Fanette plutôt jolie derrière le comptoir du bar où toute la bande vient finir sa journée après le taf, et puis Maurice le vieux dont on ne sait rien qui croupit là depuis trente ans, enfin Dédé qui reste à la boutique et qui répertorie mieux que quiconque tout ce qui a été trouvé. Les damnés de la terre! Parfois nos nettoyeurs tombent sur des morts qui sont là depuis des années, c'est les collés, je vous laisse voir pourquoi. Franchement nos gars n'ont pas le plus beau métier du monde et à l’instar de Derrick ils n'ont plus de rêves, leur seul espoir : finir la journée et se retrouver au bar d'Eugène où les formes de Fanette les font encore un peu rêver. Cette série prévue en 6 tomes est un véritable régal, elle peut d'ailleurs se lire comme un one shot mais à la manière de Criminal elle va nous entraîner dans un univers fouillé où nous découvrirons les antécédents des différents protagonistes croisés dans ce premier tome. Ce n'est pas gai, pas comique mais le scénario de Gaet's est prenant, une fois l'histoire entamée impossible de lâcher l'affaire. Le dessin de Julien Monier est en adéquation parfaite avec le thème un peu glauque du récit. Ici la rédemption semble être un mot inconnu. Comme le dit Derrick en quatrième de couverture: "Ca vaut pas un cachou ma vie mais je suis prêt à parier que tu tiendras pas jusqu'au bout" Plus qu'une accroche marketing cela résume l’irrémédiable sentiment d'impuissance de notre "héros" face à sa vie. Gros coup de cœur pour moi, j'incite le plus grand nombre à lire cet excellent opus et j'attends la suite avec impatience.

29/09/2018 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série L'Idiot (Kang Full)
L'Idiot (Kang Full)

Cela faisait longtemps que je voulais lire cette série vu que j'avais bien aimé les autres de Kang Full. Son scénario est encore une fois très bon. On suit plusieurs personnages et plusieurs histoires se croisent sans que le scénario devienne inutilement compliqué. Les personnages sont attachants et j'ai bien aimé l’atmosphère 'vie de quartier' qui se dégage de l'oeuvre. Le scénario est bien maîtrisé et plusieurs scènes m'ont ému. On pourrait reprocher plusieurs grosses coïncidences dans le récit, mais cela ne m'a pas trop dérangé vu que l'action se passe dans le même quartier. Une oeuvre exceptionnelle qui mérite d'être plus connue.

23/09/2018 (modifier)
Par Blue Boy
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Soudain l'univers prend fin
Soudain l'univers prend fin

Au moment où les Editions Ça et Là tentent d’affronter la bourrasque des difficultés financières, il est approprié de revenir sur cet éditeur indépendant qui n’a pas choisi de publier les œuvres les plus faciles d’accès, mais ce faisant a édifié au fil de temps une palette d’univers on ne peut plus riche. « Soudain l’univers prend fin » en fait partie et constitue une expérience de lecture tout à fait atypique. C’est quand on lit ce genre de livres qu’on prend conscience que de telles initiatives éditoriales doivent être soutenues haut et fort. Il faut évidemment souligner la qualité de la reliure dotée d’un ruban signet (un petit rien toujours classieux). Simple et efficace, le dessin se situe dans la droite ligne du style comics US humoristique. L’ouvrage est donc essentiellement composé de strips de quatre cases, à raison d’un strip par jour pendant plus de deux ans - en réalité six, mais ce recueil ne comporte que la période entre 2011 et 2013. Tel est le défi qu’a relevé le Canadien en laissant errer son imagination, estimant n’avoir rien de particulier à dire sur sa vie. Voilà pour la forme. Et c’est lorsqu’on attaque la lecture que cela devient encore plus intéressant. Le début suscite une impression plus que mitigée et ces strips aberrants laissent le lecteur plus que dubitatif. Sommes-nous censés rire de ces pseudo-gags qui semblent avoir été conçus juste pour remplir des cases dans le cadre du challenge que s’est imposé McFadzean ? Pour dix strips, on ne va « sous-rire » que pour un ou deux, avant peut-être de laisser choir l’objet mollement sur le sol. Et puis, et puis… il se produit alors quelque chose de très étrange, un renversement de situation à 180°, tout à fait inédit. Non seulement le bouquin ne nous tombe pas des mains, mais on ne peut plus le lâcher… Est-ce cette absurdité totalement décalée qui engendre un effet de fascination unique, faisant que bien malgré soi, on finit par adhérer à ce drôle d’univers ? Ainsi, on se surprend à s’esclaffer devant l’audace de ces strips aux chutes totalement déphasées, mélange de poésie et d’humour noir. Et l’air de rien, Dakota McFadzean impose au fil des pages son univers néo-dadaïste doté d’une mécanique qui lui est propre et qui fonctionne parfaitement, à condition d’en déchiffrer le mot de passe d’accès. Grouillant de références pop-culture, ces minuscules strips racontant l’ordinaire sous le prisme du fantastique, avec ses personnages récurrents, deviennent ainsi de grandes histoires où seul le ciel est la limite ! Et c’est lorsque le livre prend fin, et son univers avec, que l’on voudrait que ça ne s’arrête jamais. Heureusement, et c’est l’avantage non négligeable de cette œuvre sans queue ni tête : on peut la relire à l’infini et dans tous les sens ! S’il n’y avait qu’un livre à conserver dans les toilettes, ce serait bien celui-là ! On attend évidemment la suite (période 2014-2015), d’où l’intérêt de soutenir l’éditeur !

22/09/2018 (modifier)
Par Jérem
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Duel
Duel

Je précise que je n’ai pas lu la nouvelle de Joseph Conrad, dont l’album s’est grandement inspiré. Deux hussards de l’armée napoléonienne n’auront de cesse toute leur vie de s’affronter en duel. Cette rivalité hors norme, pourtant née d’une peccadille, va obliger les deux hommes à se surpasser et de monter en grade dans l’armée afin de prendre le dessus sur l’autre. Les deux héros que tout oppose (physique, caractère, naissance, fortune, statut social), si ce n’est leur courage et leur « sens de l’honneur », vont ainsi voir leur vie conditionnée par cette rivalité, teintée de haine, d’admiration, voire d’amitié, qui va être le principal moteur de leurs actes. La psychologie des deux duellistes, pur produit de l’Ancien Régime pour l’un et de l’ère napoléonienne pour l’autre, est très habilement développée et symbolise deux France ennemies et irréconciliables. Le contexte historique est parfaitement reconstitué. On nage en pleine guerres napoléoniennes avec ses batailles les plus fameuses jusqu’au début de la Restauration et le retour aux affaires des Bourbons. L’intrigue principale s’insère avec bonheur dans la Grande Histoire et l’on croise certains personnages historiques comme Bonaparte ou Fouché. Le travail graphique fourni par Renaud Farace est impressionnant : finesse et réalisme des décors, grande expressivité des personnages, dynamisme des duels… le tout sur 185 pages. L’histoire est passionnante, en dépit de quelques petites longueurs et l’auteur, grâce à une belle maitrise narrative, m’a tenu en haleine durant tout l’album. Duel est une grande réussite ! A la fois exigeant et accessible, cet album m’a énormément plu. Pour un novice de la BD Renaud Farace fait preuve d’une grande maturité en plus d’un talent certain. A découvrir absolument.

21/09/2018 (modifier)
Couverture de la série Mech Academy
Mech Academy

C’est con à dire mais en seulement deux tomes je suis devenu accro à cette série qui ne m’est absolument pas destinée. Mech Academy, c’est un croisement entre Transformers et Goldorak mais avec un scénario bien rythmé et un manichéisme que je qualifierai d’intelligent. On suit les aventures d’un jeune adolescent débrouillard, courageux et au cœur noble… un héros de bd pour jeunes ados, quoi. Entouré de quelques camarades, soutenu par un militaire chevronné, il porte le récit sans monopoliser tout l’espace. Les nobles valeurs qu’il véhicule (esprit d’équipe, honnêteté, fidélité, respect, etc…) en font un personnage charismatique tandis que son impulsivité et sa naïveté viennent contrebalancer un profil qui aurait pu apparaitre comme trop parfait. En clair : on s’identifie rapidement à lui. Les rôles secondaires sont classiques et proposent une belle mixité tant de sexe et de peau que de morphologie, chose que j’apprécie toujours surtout lorsqu’on veut défendre des valeurs telles que le respect ou l’esprit d’équipe. Chacun à sa manière apporte sa pierre à l’édifice. Aucun personnage n’est inutile et la richesse de cette galerie, couplée au fait que chacun d’eux est bien typé et donc directement identifiable, permet de densifier le récit, lui évitant de devoir ne reposer que sur un ou deux personnages. Les robots alliés de nos jeunes terriens sont autant de gros nounours rassurants tandis que nos envahisseurs venus de l’espace se montrent déterminés et sans pitié. Tout cela aurait pu être d’un manichéisme primaire si on ne se rendait pas rapidement compte… que l’ennemi le plus dangereux n’est pas celui qu’on croit. Et c’est en ça que je trouve que cette série fait montre d’intelligence. Certes, cela reste destiné à de jeunes adolescents mais même un vieux con dans mon genre y trouve matière à se divertir. Le rythme est constamment élevé mais sans être survolté. Ce récit très dynamique n’empêche en rien de voir grandir les personnages, ce qui les rend d’autant plus attachants. Les rebondissements arrivent toujours au bon moment pour relancer une intrigue générale moins basique qu’elle n’en a l’air au premier regard. Le dessin, enfin, combine les influences comics et manga. Il est en général très lisible, seules quelques scènes de combats perdent à l’occasion en clarté. Comme dit précédemment, chaque personnage est bien typé et rapidement reconnaissable. Ce qui est valable pour leur caractère l’est tout autant pour leur physique : on sait qui est qui et qui fait quoi. Enfin, quelques grandes illustrations permettent de souffler un coup, le temps d’admirer le dessin réalisé, avant de replonger dans le récit. Je me réjouis de lire la suite de ces aventures !!! Une série à essayer et à conseiller à tous les ados de 10 à 13 ans (même si, je sais, là comme ça, en voyant les couverture, elle fait pas spécialement envie).

26/04/2018 (MAJ le 19/09/2018) (modifier)
Couverture de la série Bouts d'ficelles
Bouts d'ficelles

Un scénario construit sur base d’une comptine, improvisé au fil des pages mais avec un fil narratif évident, un bout de ficelle sur lequel on tire encore et encore, et qui se déroule, comme faire se doit… mais tout ne se déroulera pas comme prévu (et c’est le moins que l’on puisse dire) ! Un album construit comme un cadavre exquis mais réalisé par un seul et même auteur, avec juste des passages obligés. Le processus de création est donc amusant en soi mais l’histoire aurait très bien pu être inintéressante au possible. Or, il n’en est rien car l’imagination et l’art du rebondissement imprévu sont ici livrés aux mains expertes d'un auteur qui n’hésite pas à se mettre en danger (ceux qui aiment les cadavres exquis savent qu’il y a une frontière au-delà de laquelle il ne faut pas aller mais qu’il est bon de frôler, et le plus souvent possible, encore bien !) L’exercice de style est pleinement réussi, offrant en définitive un récit rythmé, amusant, surprenant, porté par des personnages tantôt touchants tantôt sortis d'on ne sait où (et parfois les deux à la fois), avec des recoupements espérés, attendus mais tellement jouissifs. Et si je peux comprendre qu’à la longue cet enchaînement de mésaventures puisse saouler l’un ou l’autre lecteur, à titre personnel j’ai trouvé que l’album avait la longueur idéale. Olivier Pont s’arrête avant que cela ne devienne trop long, finit comme il avait commencé et (si j’ose dire) nous laisse jouir de son plaisir. Une réussite, pour moi. Une belle réussite. Une franche réussite. Un album divertissant, léger qui va au-delà de l’exercice de style. Un délire contrôlé. Une lecture recommandée.

18/09/2018 (modifier)
Couverture de la série Conan le Cimmérien
Conan le Cimmérien

Conan : "Au-delà de la Rivière Noire"!!!!!! Du 5 étoiles!!! 4 pour la série dans sa globalité suite à la parution de ce tome 3. Pour l'instant et même si j'ai aimé les deux adaptations précédentes, celle-ci est pour moi la meilleure des 3 ! Il est vrai que la nouvelle est aussi reconnue pour être une des plus emblématiques de Howard ! Le style de Alary (La reine de la Côte Noire)...son Conan, j'aime moins et pourtant la nouvelle est une de mes préférées et le scénario de Morvan au top! Les dessins d’Anthony Jean sur "Au delà de la Rivière Noire" sont de très belle facture et j'ai vraiment adhéré aux traits du cimmérien! Il est un peu dépoussiéré, avec des piercing dans les oreilles...bref surprenant mais pas si éloigné que ça de Buscema, si ce n'est la coupe de cheveux qui lui va plutôt bien comparée à la frange! Bref, on s'attache très vite à cette représentation de Conan qui pour l'instant est celle qui me convient le mieux ! Un Conan sombre, fataliste mais tellement lucide saluant le courage même celui d'un animal ! Alors bien entendu, je rejoins certains en disant que c'est court, bien trop court par rapport à la nouvelle ! Cela ne veut pas dire que ce n'est pas bon, c'est même tout le contraire, c'est excellent mais c'est frustrant, on aurait tellement aimé que les auteurs développent quelques passages ! Le siège du fort, le combat héroïque de Balthus avec son chien contre les pictes est seulement ébauché (faute au nombre de pages de la Bd), c'est pourtant à mon sens un moment de haute intensité dramatique qui méritait quelques pages supplémentaires ! Il est vrai que dans la nouvelle de Howard, l’affrontement final entre Balthus, Slasher et leurs ennemis n'est pas narré directement non plus mais elle développe beaucoup plus ce qui se passe juste avant, le fait qu'il en tue quelques-uns avec son arc et que petit à petit on le sent encerclé mais décidé à donner du temps aux femmes des colons pour fuir ! "C'était un homme, dit Conan. Je bois à son ombre et à l'ombre de son chien qui ne connaissait aucune peur..." écrivait Howard. Cette nouvelle méritait au moins deux tomes... mais je sais, on ne peut pas toujours faire comme on le souhaite et il y a des contraintes que Anthony Jean et Mathieu Gabella ont dû respecter ! Ils s'en sont très bien tirés! Ceci dit, je me suis régalé et vais me replonger dans la nouvelle pour avoir une idée plus précise de l'adaptation même si je sais déjà que c'est une superbe adaptation et qu'ils ne pouvaient faire mieux sur 42 pages ! Excellente troisième BD dans cette collection ! J'ai adoré, ma préférée pour l'instant même si les deux autres tomes de la série valent largement le détour! Ce qui est séduisant dans cette série, c'est justement le fait que plusieurs équipes se succèdent! On varie les plaisirs (un peu, beaucoup, à la folie) mais chacun va y trouver son Conan idéal et sa BD référence concernant le héros de Howard! Pour l'instant, je suis admiratif devant ce 3eme volume. J'espère que la suite sera du même niveau pour le plus grand plaisir de tous les fans du cimmérien et des autres...

16/09/2018 (modifier)
Par Blue Boy
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Une Soeur
Une Soeur

Le thème des premières amours dans le cadre des vacances familiales à Chmolduc-Plage est un sujet rebattu mille fois, le plus souvent au cinéma. Pourtant, à chaque fois, il y a toujours ce je-ne-sais-quoi d’irrésistiblement charmant, même lorsque le scénario ne vole pas bien haut, comme un goût de Madeleine de Proust sans doute. Bastien Vivès s’est-il replongé dans ses souvenirs - le jeune Antoine étant la plupart du temps affairé à griffonner dans son carnet de croquis - pour nous livrer cette histoire ? Dans « Une sœur », non seulement on retrouve tout cela, mais en plus, l’auteur parvient à susciter une belle émotion, évitant de tomber dans le romantisme teenager un peu niais. Vivès y a mis beaucoup de sensibilité et de tendresse, montrant davantage par son dessin épuré les corps, les gestes et les postures, que les regards, les yeux n’étant représentés que lorsqu’ils ont quelque chose à exprimer. Par exemple, l’insondable mélancolie adolescente d’Antoine. C’est donc dès le moment où il fait connaissance avec Hélène, jolie jeune fille de deux ans son aînée, que l’adolescent va peu à peu s’éveiller à la sensualité et au langage du corps. Entre cette dernière et lui-même va s’instaurer une intimité particulière, du fait d’une certaine ressemblance physique et de la timidité d’Antoine, dont la sensibilité à fleur de peau et l’aspect frêle en font presque un être androgyne. Les rôles vont alors en quelque sorte s’inverser. Hélène, intriguée et touchée par cette singularité, rare chez les garçons du même âge qui souvent préfèrent jouer les coqs, va prendre les commandes et l’accompagner de façon troublante, telle une grande sœur un peu incestueuse, vers les choses de l’amour. A ce « petit frère » lunaire et rêveur, elle fera un double cadeau. L’un marquera Antoine pour la vie, celui qu’elle n’aura jamais fait à tous les petits frimeurs qui lui tournaient autour et dont l’arrogance leur coûtera la vie... L’autre sera de sauver celle du jeune garçon, justement en lui interdisant de les suivre en traversant la baie à la nage… La façon dont Bastien Vivès amène son sujet est d’une intelligence rare et tout en retenue. Sans verbiage inutile, l’émotion, toujours suggérée, n’en est que plus forte. L’auteur, disposant de cette capacité à ne garder que l’essentiel, fait véritablement figure de dessinateur des sentiments et des émotions. Et nous offre ainsi une histoire que l’on quitte à regret, un peu comme l’amour de vacances à qui l’on dut dire adieu quand on était ado…

13/09/2018 (modifier)