Bouts d'ficelles
Dans le métro, un jeune homme anonyme et timide croise le regard d'une jeune femme.
OuBaPo
C'est le point de départ d'une suite de petits événements qui se dérouleront sur un laps de temps court (une nuit) et continu, comme un plan séquence ponctué de rencontres inattendues et savoureuses. Le lecteur découvrira pourtant à la fin l'explication de cette parenthèse enchantée !
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Editeur
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Genre
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| Date de parution | 24 Août 2018 |
| Statut histoire | One shot 1 tome paru |
Les avis
Dans le métro, Thibault, garçon timide et sans histoire, échange un regard avec une inconnue. À partir de là, une succession d'accidents, de rencontres et de malentendus l'entraîne, le temps d'une nuit, dans une spirale de situations de plus en plus improbables, du simple sac de litière éventré à des péripéties franchement rocambolesques, sans qu'il ne maîtrise jamais vraiment ce qui lui arrive. Graphiquement, c'est clairement le gros point fort. Olivier Pont est aussi connu pour Où le regard ne porte pas... et Un putain de salopard et son talent de dessinateur ne fait aucun doute. Son trait est souple, vivant, très agréable à l'œil, avec un côté semi-réaliste chaleureux qui donne beaucoup de charme aux personnages comme aux décors. Paris a une vraie présence, les expressions sont pleines d'énergie, et certaines séquences nocturnes ont quelque chose de très poétique. À plusieurs reprises, des éléments tant visuels que scénaristiques m'ont rappelé l'ambiance de La nuit du chat, très bon album de la série Broussaille qui me semble bien avoir inspiré en partie l'auteur : ce même mélange de douceur urbaine, de balade un peu onirique et de tendresse mélancolique. Visuellement, c'est beau, généreux et franchement plaisant à parcourir. Là où je suis beaucoup plus réservé, c'est sur la construction du scénario. Toute la mécanique repose sur une accumulation de coïncidences et de quiproquos qui enfoncent toujours davantage le héros dans une situation plus compliquée que la précédente. Sauf que ce procédé est ultra vu et revu, et je ne l'ai jamais trouvé enthousiasmant. Cette fuite en avant permanente, censée être drôle ou virevoltante, m'a surtout donné une impression de facilité, comme si les péripéties s'enchaînaient un peu au hasard. On avance, mais sans véritable tension ni surprise, juste par empilement d'événements. Ce n'est que quand j'ai compris le lien avec la comptine Trois p'tits chats et sa logique d'associations en cascade que j'ai pu mieux accepter le principe, et que ça a atténué mon agacement. L'idée donne au chaos une petite cohérence ludique. Mais ça ne compense pas totalement le manque de structure. Et le fait d'apprendre en postface que le scénario a été largement improvisé explique sans doute ce ressenti : j'ai souvent eu l'impression d'une suite de passages convenus plutôt que d'un récit vraiment construit. J'ai apprécié le dessin très joli et l'ambiance attachante, mais côté histoire je suis resté sur quelque chose de trop déjà-vu et trop léger, une balade sympathique sur le moment, mais pas vraiment mémorable. Note : 2,5/5
Eh bien, voilà une histoire simple, déroulant une suite d’idées de façon naturelle, alors qu’elles s’enchaînent sans autre lien entre elles que la personne qui subit les unes après les autres ces mésaventures, un type tout ce qu’il y a d’ordinaire, qui va vire une nuit extraordinaire ! L’ensemble est bâti comme la chanson gigogne dont est tiré le titre (d’ailleurs une personne la fredonne à son enfant insomniaque vers la fin, donnant une unité abracadabrantesque aux différents épisodes de cette nuit délirante et survitaminée) : bouts d’ficelle, selle de cheval, etc… L’auteur affirme d’ailleurs avoir suivi le hasard de cette comptine pour développer son histoire : le résultat est plutôt jouissif. Dis comme ça ça ne paye pas de mine, mais la virée que nous suivons est super rythmée, mêle action, humour et romantisme, et se révèle captivante. Le dessin est au diapason, fluide et efficace, avec un style semi caricatural des plus réussis. Bref, un album sans prétention mais très recommandable !
J'ai eu un peu de mal à trouver ce titre dans la base de données car celui-ci est un peu mal orthographié sans vouloir donner de mauvaises leçons. En effet, il y a plusieurs bouts de ficelle donc à mettre au pluriel. J'ai quand même failli créer une nouvelle fiche. Ceci dit, on a une oeuvre qui commence par une rencontre à la sortie d'un métro parisien et qui va s'enchaîner dans une folle aventure où notre héros se retrouve à chaque fois en mauvaise posture. J'ai quand même failli décrocher au milieu de ma lecture où l'on éprouve un petit sentiment d'exaspération devant toute cette accumulation de faits improbables. L'épisode du marabout et des ses bouts de ficelle a relancé fort heureusement l'intérêt. L'auteur parvient même à raccrocher à la fin tous les morceaux ce qui tend à prouver une bonne maîtrise narrative.
Un scénario construit sur base d’une comptine, improvisé au fil des pages mais avec un fil narratif évident, un bout de ficelle sur lequel on tire encore et encore, et qui se déroule, comme faire se doit… mais tout ne se déroulera pas comme prévu (et c’est le moins que l’on puisse dire) ! Un album construit comme un cadavre exquis mais réalisé par un seul et même auteur, avec juste des passages obligés. Le processus de création est donc amusant en soi mais l’histoire aurait très bien pu être inintéressante au possible. Or, il n’en est rien car l’imagination et l’art du rebondissement imprévu sont ici livrés aux mains expertes d'un auteur qui n’hésite pas à se mettre en danger (ceux qui aiment les cadavres exquis savent qu’il y a une frontière au-delà de laquelle il ne faut pas aller mais qu’il est bon de frôler, et le plus souvent possible, encore bien !) L’exercice de style est pleinement réussi, offrant en définitive un récit rythmé, amusant, surprenant, porté par des personnages tantôt touchants tantôt sortis d'on ne sait où (et parfois les deux à la fois), avec des recoupements espérés, attendus mais tellement jouissifs. Et si je peux comprendre qu’à la longue cet enchaînement de mésaventures puisse saouler l’un ou l’autre lecteur, à titre personnel j’ai trouvé que l’album avait la longueur idéale. Olivier Pont s’arrête avant que cela ne devienne trop long, finit comme il avait commencé et (si j’ose dire) nous laisse jouir de son plaisir. Une réussite, pour moi. Une belle réussite. Une franche réussite. Un album divertissant, léger qui va au-delà de l’exercice de style. Un délire contrôlé. Une lecture recommandée.
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