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Couverture de la série Niklos Koda
Niklos Koda

Le genre fantastique est un exercice difficile. Il a été peu utilisé dans la littérature française à quelques exceptions notables (Maupassant ou Mérimée). La série Niklos Koda présente tous les critères du genre et je trouve que c'est une réussite totale. Pourtant l'introduction d'un élément fantastique en BD peut être une facilité de scénario qui a tendance à m'agacer. C'est le cas dans Jessica Blandy où je trouve le personnage de Razza superfétatoire, débarquant au milieu de la série comme un cheveu sur la soupe. Ici rien de tel, nous sommes plongés dans une ambiance fantastique dès les premières pages du tome 1. Le personnage de Barrio Jésus restera central dans l'esprit du récit jusqu'à la conclusion du tome 15. Le dessin d'Olivier Grenson est parmi ceux que je préfère. L'expression de ses visages, ses positions de corps (Aïcha en tailleur sage sur son bureau jambes croisées devant Niklos, merveille d'érotisme), j'en raffole. Mais le plus pour moi, ce sont toutes ces ambiances un peu glauques de Paris, Prague, Marrakech, Barcelone, Le Caire et autres villes d'Asie ou du Moyen Orient. C'est une vraie invitation à la rêverie et la flânerie un peu frissonnante. Niklos est-il le Nième séducteur qui permet d'introduire une bonne dose d'érotisme dans le récit ? Et bien non. Le personnage murit au fil des épisodes. Il devient papa de Seleni et le rapport père-fille humainement et en magie va apporter énormément au récit. D'ailleurs, il ne fait pas très bon entrer dans le lit du beau Koda, beaucoup y perdront la vie. Cette paternité est une première trouvaille du scénario. La seconde c'est la confrontation de Niklos à deux méchants très intéressants. L'un matériel qui tendra vers le surnaturel Hali Mirvic, et l'autre surnaturel qui finira vers le réel, Barrio. Je trouve chaque tome bon et d'un niveau sensiblement égal. Ce qui est rare dans une série mi-longue comme celle-ci. Les femmes sont magnifiques, sur un modèle de magasines ouest européen mais cela correspond à l'action et à la géographie. Les scènes érotiques sont bien placées, dans la logique de l'action et de la construction de la personnalité ambiguë de Koda. Les personnages secondaires du cercle sont vraiment top avec une véritable influence sur l'histoire. Enfin l'élément fantastique du récit. C'est un parti pris qu'il faut accepter tout de suite. Je trouve que Dufaux respecte tous les codes du genre. C'est vraiment très bien fait. Il y a à la fois unité du récit à travers les cartes et originalité des situations à travers le cercle. J'ai oublié les couleurs... Subliiiiimes

12/11/2021 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Wild's End
Wild's End

Les histoires d'invasions extraterrestres ne sont pas un genre qui me passionne habituellement, mais ici j'ai été charmé ! Cela tient en grande partie aux personnages qui aux premiers abords sont un peu stéréotypés, mais terriblement attachants. J'ai adoré les relations entre eux, tout sonne parfaitement juste. Cerise sur le gâteau, on voit très vite que ce n'est pas tout le monde qui va survivre, un personnage très important peut mourir subitement. Le fait que cela ne soit pas juste les personnages secondaires qui meurent ajoute du suspense et de la tension au scénario et le rend très prenant. Après un début qui ne m'a pas enchanté, j'ai vite été embarqué dans le récit. Le dessin est très bon, c'est typiquement un style que j'aime. Les bonus sont pas mal, ils sont facultatifs tout en permettant d'approfondir l'univers. Vivement le dernier tome !

12/11/2021 (modifier)
Par Alix
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Goldorak
Goldorak

J’attendais beaucoup de cet album (surtout que les premiers avis sont très positifs), j’avais donc peur que la déception soit énorme… je ressors pourtant conquis de ma lecture. J’irai jusqu’à dire que « Goldorak » a dépassé mes espérances sur tous les points. La nostalgie joue évidemment beaucoup : quel plaisir de retrouver les personnages qui ont bercé mes mercredis après-midi, ces vaisseaux aux designs mythiques, le ranch, les golgoths, le « Goldorak, go ! ». Les auteurs (clairement des fans – voir dossier en fin d’album) font honneur à l’œuvre de Nagai et nous proposent une histoire passionnante et remarquablement écrite. Le rythme est enjoué, les thèmes humanistes et « anti-guerres » sont plus d’actualité que jamais, surtout en ce 11 novembre. Mais surtout, je ne m’attendais pas à ressentir autant d’émotions. De nombreux passages m’ont beaucoup ému et touché. La réalisation « à 10 mains » est exemplaire. Le dessin est léché, mais c’est surtout le découpage et le dynamisme de l’ensemble qui m’ont impressionné – la première scène de combat en plein Tokyo m’a scotché… époustouflant ! Voilà, un album culte pour un personnage culte, et un sans-faute en ce qui me concerne.

11/11/2021 (modifier)
Par Cacal69
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Go West young man
Go West young man

Friand de western je ne pouvais passer à côté de ce one shot regroupant de merveilleux dessinateurs et Tiburce Oger comme chef d'orchestre. Le résultat est superbe. Nous avons plusieurs tranches de vie avec des personnages différents à chaque fois, bien que quelques uns y soient sur deux consécutives. Cet album commence en 1763 et se termine en 1938. Il nous fait revisiter l'histoire du Far West : les guerres amérindiennes, les trappeurs, le pony express, la guerre de sécession, les attaques de diligence, les puits de pétrole, les saloons et ses femmes de petite vertu, les voleurs de bétail, la révolution mexicaine pour finir au Nouveau Mexique et la fin de la grande dépression. De fil en aiguille cela mènera à faire de belles rencontres mais aussi tomber sur des salauds. La dure réalité où la mort est souvent au tournant ne fera pas de cadeaux. Nous y rencontrerons des personnages célèbres tels que Wild Bill Hickok, Pancho Villa, Cattle Kate. Des petits bouts de vie en deux à neuf planches avec pour seul fil conducteur une montre à gousset en or. Et une petite surprise à la fin que je n'avais pas vu venir. Un scénario maitrisé et rondement mené qui m'a transporté dans les vieux films de mon enfance avec les John Wayne (la prisonnière du désert) et Henry Fonda (Sur la piste des Mohawks), bref c'est la Conquête de l'ouest version BD. Un must. Nous avons 16 dessinateurs bourrés de talent qui dans des registres divers nous dépeignent un Far West dangereux, rude et sauvage dans des décors somptueux. Malgré des styles différents la transition se fait naturellement entre chaque passage de témoin. Que c'est beau. Amateurs de western, cet album est fait pour vous. Assurément.

10/11/2021 (modifier)
Par Titanick
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série These Savage Shores
These Savage Shores

En plein XVIIIe siècle, deux civilisations s'affrontent, l'occident colonisateur, conquérant et mercantile sur les terres de l'Inde millénaire et résistante, puissante d'une histoire riche et foisonnante. Affrontements à tous les niveaux, des armées, des rois avec les alliances qui se font ou se défont, et des créatures maléfiques des légendes,... et quelles créatures : les vampires européens, princes de la nuit contre les rakshasas, démons cannibales brahmaniques. Et tout cela est magistralement raconté, avec ces interactions entre les êtres maléfiques et les humains, et surtout le personnage de Bishan, tiraillé entre son désir d'humanité et sa nature démoniaque. La couverture est sublime. Le dessin est sublime. Quant à la colorisation, on est partagé entre les tons chauds et rougeoyants de l'Inde et par contraste l'ambiance bleu sombre des nuits londoniennes... Moi, si ça se passe en Inde, je prends. Mais là je prends, je garde et j'en redemande... Juste un petit détail curieux : la phrase au dos faisant référence aux rives de l'Indus, je n'ai pas compris ; les guerres de Mysore – Madras, si on veut citer un des grands fleuves sacrés, c'est plutôt la Kaveri. L'Indus coule loin au nord, dans l'actuel Pakistan, mais bon...je pinaille.

10/11/2021 (modifier)
Couverture de la série Seul le silence
Seul le silence

Yann 135, Sloane, je vous invite chaleureusement à vous pencher sur cet album. D’ailleurs, je conseille à tout amateur de polar noir aux influences américaines manifestes de faire de même car ce récit est rondement et très efficacement mené ! Seul le silence est adapté d’un roman de R. J. Ellory (roman que je n’ai pas lu, ceci dit en passant). Il relate le destin d’un jeune homme de l’Amérique des années 30 aux années 60. D’abord enfant marqué par le décès d’une jeune fille de son entourage proche, il va voir son destin lié à celui d’un tueur en série, à un point tel que l’on en vient à se demander comment il est possible que ces deux personnages soient aussi intimement liés. Ce récit est très bien mené. La vocation d’écrivain du héros légitimise le caractère très littéraire de la narration. La progression dramatique est très bien menée et le mystère reste complet jusqu’à la fin du récit. Les doutes sont constants, les personnages marquent et intriguent, il est donc très difficile d’abandonner notre lecture avant la dernière page. Au niveau du dessin, il n’est plus trop nécessaire de présenter Richard Guérineau, déjà auteur de quelques albums marquants (dont certaines adaptations de Jean Teulé, mais pas que !) Son trait réaliste propose un aspect légèrement caricatural qui accentue l’expressivité de ses personnages, ce qui convient parfaitement au présent récit. Mais ce qui est le plus remarquable à mes yeux dans « Seul le silence » est son emploi de la couleur qui évolue en fonction des époques, conférant aux premiers chapitres une ambiance que n’aurait pas renié Steinbeck pour évoluer vers un style de plus en plus coloré qui rappellera peut-être à certains d’entre vous les séries policières américaines des années 70. C’est à la fois très esthétique, pratique pour nous situer dans le temps et adéquat vis-à-vis du récit qui voit le héros évoluer avec les années. Au final, Seul le silence est un polar très noir qui m’aura énormément plu pour de multiples raisons. Une très bonne pioche ! Je recommande chaudement !!

09/11/2021 (modifier)
Couverture de la série Seules à Berlin
Seules à Berlin

Au premier regard cette oeuvre peut paraître austère, dure à lire. En effet, le dessin N&B peut rebuter, les textes extraits des carnets des deux héroïnes peuvent sembler longs... Mais tout cela est complètement maîtrisé par Juncker. Il nous déroule un double récit cru, sans concession, et atrocement subtile sur cette période sombre de l'histoire allemande, et que l'on pourrait extrapoler au sort des femmes sur chaque terrain de guerre. Je l'ai lu d'une traite... Le tout est parfaitement écrit et dessiné, il n'y a pas une case ou un mot de trop!

09/11/2021 (modifier)
Couverture de la série Les Grands Conteurs (Pierre Guilmard présente)
Les Grands Conteurs (Pierre Guilmard présente)

Bédéphile ne rimerait donc pas avec cinéphile ? C'est en tout cas l'impression que j'ai quand je lis les avis très sévères que récolte l'œuvre de Pierre Guilmard. Pourtant quel exercice de style! Un véritable hommage rendu à Michel Audiard et à l'âge d'or du cinéma français. Jean Gabin, Bernard Blier, Lino Ventura, Brigitte Bardot, Charles Aznavour pour les monstres sacrés. Excusez du peu et je ne cite pas les" seconds rôles" absolument irrésistibles. Pour avoir admirer Blier au théâtre dans Anouilh on est très très loin des références données ailleurs. Revenons à l'œuvre de monsieur Guilmard. Son dessin est typé mais l'œil s'y habitue assez vite. J'aime bien les couleurs vives mais surtout j'aime les détails qu'il dessine, les voitures, les rues de Paris, les néons de Pigalle ou de Ménilmuche. Evidemment c'est du cinéma: la prostitution n'est pas aussi douce que décrite et le code d'honneur des truands n'existe bien souvent que dans la tête des scénaristes. Je ne parle même pas de l'image donnée de la femme décrite comme juste bonne à recevoir l'homme étalon ou baffeur. Pas top. Guilmard propose trois histoires, une à la Nestor Burma, une à la Métamorphose des Cloportes et la dernière à la Rififi à Paname. Guilmard s'amuse à brouiller les pistes, les noms parfois au bon endroit parfois non. Au lecteur de s'y retrouver! Zaza ressemble furieusement à BB et le numéro avec le champagne qui explose me rappelle une pub d'une célèbre eau pétillante "de l'eau, de l'air, la vie!!".Ces personnages sont tellement vivants. Enfin The last but not the least les dialogues!! Vouloir faire du Audiard qui tient la route sur trois histoires n'est pas donné à tout le monde. Quand je lis la pauvreté des dialogues de beaucoup de BD (souvent structure oblige) là j'y trouve créativité, humour et originalité. C'est différent, c'est unique ,c'est loin des chemins battus. J'aime beaucoup

09/11/2021 (modifier)
Couverture de la série Comme une comète - Une histoire de post-partum et d'albinisme
Comme une comète - Une histoire de post-partum et d'albinisme

Evidemment je n'avais pas compris l'intelligence du titre. Je m'étais arrêté à la belle couverture pleine d'amour et au grand boum que fait l'apparition d'un bébé dans la vie (Dans la mienne au moins). Sans la question de Maxou sur les comètes, j'en serais resté à une lecture primaire de l'œuvre d'Aurélie Crop. Bien que mâle je m'intéresse beaucoup aux histoires de squares comme les appelle madame Brisac. Bon, reprenons au début. Les dessins simples et les couleurs pastel me conviennent parfaitement car ici c'est le message qui compte le plus. J'ai l'impression de lire les affiches collées aux murs de PMI, CMPP ou autres structures sociales que j'ai arpentées durant mes années de responsable associatif. C'est à la portée de toutes et tous et c'est bien. L'accent est mis sur les sentiments intérieurs et pas sur l'action encore qu’une tétée toutes les deux heures ça vous bouge. Toute la première partie est un long dessaisissement de soi, fertilisé par des larmes qui vont aboutir à une merveille d'amour. Car pendant cent pages j'ai trouvé notre Amandine un brin Parisienne douillette privilégiée. Un maillage hospitalier exceptionnel, une disponibilité et une compétence du personnel très grande, un approvisionnement en médicaments sans limite, tout cela presque gratuit, c'est le rêve de centaines de millions de femmes dans le monde. Amandine peut se réjouir, en plus, d'un compagnon impliqué et d'une famille présente. Le top. Même sa césarienne est presque une cinq étoiles. Tout y est programmé et maîtrisé. Pas de naissance imprévue prématurée, ni d'urgence absolue (trois minutes max avec la sage femme qui retient bébé dans le ventre) due au cordon, ni d'hémorragie. Pas de Covid qui empêche les visites si importantes pour la maman dans ce premier mois. En seconde lecture je trouve que c'est tout à l'honneur de l'autrice de se montrer telle qu'elle fut ainsi que son compagnon. Abandonner une part de sa post adolescence n'est pas si facile, beaucoup de papas n'y arrivent pas et laissent les mamans seules. La suite de l'histoire n'est que beauté, bonheur, poésie et amour. Cet ouvrage me permet de rendre hommage aux gouvernants français depuis des décennies qui ont su construire toutes ces structures d'aides à la petite enfance handicapée ou non. Peu de pays, même industrialisés, peuvent s'enorgueillir d'une telle richesse. On ne rendra jamais assez hommage à toutes les mamans du monde depuis que les hommes existent. Elles ont toujours été les reines invisibles d'un dévouement gratuit. Un beau cadeau pour votre maman ou votre compagne. Pourquoi pas pour vous messieurs, si vous voulez sortir de votre zone de confort.

08/11/2021 (modifier)
Couverture de la série Les Nuées écarlates - Le Masque de Fudo
Les Nuées écarlates - Le Masque de Fudo

Franchement comment l’auteur a réussi à faire mieux que son ainé. Pour le scénario 5/5, on se retrouve dans le passé du Nobu Fudo (le général au visage blanc), comment passer d’un personnage détestable à plus que mémorable grâce à ce nouveau volet de la série, je vous jure que je suis vraiment dégoûté de sa fin dans La Légende des nuées écarlates après avoir lu ce chef d’œuvre, mais chut je n’en dis pas plus … Pour le dessin 5/5 l’auteur nous montre qu’il peut encore plus sublimer que nuée écarlate, les visages sont plus travaillés et moins figés ainsi que les mouvements d’action de tous les personnages. Un énorme coup de cœur pour cet ouvrage qui redonne envie de relire par la suite La légende des nuées écarlates pour le redécouvrir sous un autre angle.

08/11/2021 (MAJ le 08/11/2021) (modifier)