Un très belle BD : dans un monde post-apocalyptique extrêmement hiérarchisé et structuré, une jeune fille provenant de la case la plus basse tente de s'élever dans la société en devenant dragon, une guerrière.
Le monde décrit est poisseux, sinistre, mais extrêmement réaliste, les personnages creusés et tout sauf caricaturaux.
En fait, malgré la violence qui règne dans ce monde, un thème central me paraît être l'amour, et les sacrifices pour ceux qu'on aime.
La conclusion peut difficilement laisser indifférent, aussi belle que triste, qui donne tout son sens au titre de la série.
Diantre ! Mais que s’est-il donc passé dans le monde ? Que fait ce type qui a l’air d’un chasseur égaré dans la nature, obligé de tuer des chevaux sauvages pour se nourrir ? Pourquoi cette luxueuse villa d’architecte, dans laquelle il pénètre sans aucune difficulté, est-elle livrée aux rats et aux cafards ? Et pourquoi ce cadavre figé devant la télé du salon ne le choque-t-il pas le moindre du monde ? Winshluss nous livre un récit survivaliste sombre, entre folie, pandémie et terrorisme.
Très progressivement, l’auteur va distiller ses indices dévoilant les causes de cette situation post-apocalyptique, à coups de flashbacks et avec très peu de texte. Karl, le « héros » de ce récit sous amphètes, se retrouve aussi seul que Rick Grimes dans un monde envahi de charognes humaines pourrissantes, à la différence près que celles-ci sont bel et bien mortes. Cela n’en reste pas moins terrifiant car ici, ce sont des meutes de chiens affamés qui veulent lui faire la peau ! Après s’en être débarrassé en allumant un barbecue géant façon puzzle, Karl tombera sur des salopards en train de torturer un type et sauvera ce dernier après les avoir tous dézingués. A bout de souffle après cette succession de péripéties ultra-violentes, il sera secouru et soigné par un groupe de survivants bienveillants en mode secte new-age. Jusque là, rien d’extraordinaire, le récit, plutôt bien mené, est de facture très classique, mais s’il s’était arrêté là, on aurait été bien déçu de la part d’un auteur tel que Winshluss.
Cela serait trop vite oublier que notre homme n’a pas conçu cette histoire juste pour faire genre mais plutôt pour nous bousculer et nous interroger, sans pour autant nous faciliter la tâche. C’est du pur Winshluss, du féroce qui fait des trous dans le crâne. L’œuvre est traversée d’une folie trash et jusqu’au-boutiste, non dénuée de l’humour noir propre à l’auteur, qui nous laisse exsangue. Les réponses, il faudra les chercher soi-même. On pourra très bien se dire que c’est du n’importe quoi et que notre franc-tireur « ferrailleur » ne s’est pas foulé avec cette fin qui semble partir en couille. C’est possible. Et pourtant, l’ouvrage fait si forte impression qu’il pourrait bien s’accrocher dans les méandres de notre cerveau, voire nous obliger à le relire (c’est mon cas) pour être sûr d’avoir bien compris où l’auteur voulait en venir.
Reprenons. Ce mec, Karl, est sauvé par un groupe de survivants se surnommant « les Graines », représentants de la « nouvelle humanité ». Et c’est à ce moment que le récit bascule vers tout autre chose, lorsqu’il va tenter de fouiller dans sa mémoire d’amnésique, pour faire ressurgir les origines de l’apocalypse et les bribes de sa vie d’avant. Karl, à ce moment-là, n’était pas encore le héros qu’il rêvait d’être. Un vrai loser, le type, boulot merdique, collègues et chef merdiques qu’il envisage de buter en inscrivant leur nom sur des post-its. Karl se voudrait rebelle, mais plus que le système, c’est les gens qu’il déteste. De là, naitra la spirale de la violence pour ce mec un brin parano qui n’a pas été gâté par la vie, père absent et mère dominatrice qu’il voudrait voir crever. Sa seule raison d’être : la rumination d’une vengeance radicale et aveugle pour tuer ses démons.
Bien sûr, on ne révélera pas la fin car on ne veut pas spoiler, mais on s’en tape un peu puisqu’en elle-même la trame de l’histoire est plus que secondaire. Ce gros mytho de Karl va évidemment foirer son projet terroriste censé le « faire entrer dans l’Histoire » comme l’homme qui a… éliminé l’humanité ! Notre dingo absolu, profil parfait du fameux « loup solitaire », n’est donc pas un héros comme on aurait pu le croire au début, mais juste un débile survivaliste qui s’armera jusqu’aux dents tout en musclant sa pauvre carcasse, pour au final ne commettre qu’une action à la fois inutile et fortement symbolique, gouvernée par la folie pure : tirer sur le soleil, et à deux reprises ! Comme si dans son délire mégalo, il avait voulu provoquer l’astre divin ! Son imagination démente fera le reste, laissant le lecteur totalement dubitatif sur le cours des événements et leur réalité (d’où une relecture peut-être nécessaire), Mais Karl n’est-il pas juste victime d’hallucinations amphétaminiques, ou serait-il parvenu à faire exploser la « matrice » pour de bon ?… et c’est là que Winshluss frappe vraiment fort, en plongeant le lecteur dans la confusion, incapable par ailleurs de décider s’il peut avoir de l’empathie pour ce personnage profondément traumatisé dans son enfance par le suicide violent du père.
L’auteur du grandiose « Pinocchio » va également ajouter au malaise en situant la « vie d’avant » de Karl dans le contexte de pandémie que nous connaissons depuis plus d’un an, « notre vie d’après », avec évocation des masques, des rues désertes et des drones de surveillance, mais une pandémie bien pire, tel un Covid puissance dix qui fait pourrir les gens sur place…
Winshluss dessine à la hache, avec une urgence frénétique, pour mieux restituer la violence du propos. La folie hystérique se tapit à chaque coin de page, mais l’auteur a saucissonné l’histoire avec quelques aquarelles, de rares moments de respiration bienvenus où par contraste, ce monde post-apo semble presque apaisé. Au-delà de ces parenthèses colorées, l’ensemble est en noir et blanc, seul le soleil est représenté dans un jaune pâle et usé, peinant à diffuser sa lumière, conversant avec le regard fou d’un Karl noyé dans mille post-its de même couleur mentionnant le nom des personnes à trucider…
« J’ai tué le soleil » n’est rien de moins qu’une expérience se poursuivant durablement même après la lecture. Un objet que l’on a envie de détester au départ et qui pourtant s’insinue en notre âme à la façon d’un virus. Un objet troublant et perturbant qui nous hantera longtemps, à l’image du visage diabolique de Karl à la fin du récit, un terrifiant visage de psychopathe, définitivement antisocial, habité par une démence bord de la fission. Un one-shot parfaitement taillé pour son époque et confirmant l’importance de son auteur dans le neuvième art.
Embarqué sur un steamer qui effectue chaque jour la traversée de la baie de San Francisco, Humphrey Van Heyden, journaliste au destin tout tracé, se trouve soudain pris dans une brume impénétrable. Le bateau, qui a perdu ses repères, est percuté par un paquebot avant de sombrer corps et biens… ou presque. Van Heyden, croyant sa dernière heure arrivée, s’abandonne à la mer et s’évanouit. A son réveil, quelle n’est pas sa surprise de se trouver à bord goélette pratiquant la chasse au phoque faisant route vers le Japon.
C’est alors qu’on découvre l’équipage ! Et là… on comprend que ça ne va pas être facile pour Humphrey. Mais l’équipage, ce n’est rien, comparé à Loup Larsen, le capitaine despotique du navire ! Commence alors un bras de fer terrible entre Humphrey et Loup Larsen. Deux hommes s’affrontent, la force et la violence du capitaine contre la faiblesse de l’écrivain, deux conceptions de la vie et de la mort, de l’immortalité de l’âme, deux visions de l’Homme dans ce qu’il a de meilleur et surtout de pire. Et pourtant... ils sont en commun l'amour des livres et des grands auteurs. La libre adaptation du roman de Jack London est une grande réussite. Décidément, Riff Reb’s est surdoué pour les récits de mer. Le dessin est sublime et la mise en couleurs toute aussi réussie. Un duel passionnant, profond et questionnant. C’est très bien écrit, fluide et puissant.
Décidément, ce nouvel éditeur semble orienter les sorties de ces mangas en fonctionne de la sortie des adaptations en anime parce que là c'est la troisième fois qu'il sort un manga lorsque la version animé commence ou était sur le point de sortir.
Je connaissais pas du tout ce manga et j'ai regardé le premier épisode parce que le résumé m'intéressait vaguement. Après avoir vu l'épisode, j'ai tellement aimé que j'ai fini par lire tous les chapitres du mangas qui sont sorti jusqu'à ce jour et maintenant tous les semaines je lis le dernier chapitre paru et je regarder un épisode de l'anime.
J'ai lu plusieurs manga du genre harem parce ce que c'est un genre de que j'aime et la prémisse de celui-ci m'intéresse parce qu'on prends l'idée que deux filles partagent le même gars au sérieux. C'est pas juste 'toutes les filles acceptent facilement d'être avec le même type', on montre vraiment de manière réaliste que c'est pas facile: les deux filles s'entendent bien, mais il y a tout de même un peu de jalousie entre-elles, le gars veut vraiment les aimer toutes les deux de manière égale et c'est pas facile, une relation à plusieurs demandant plus d'énergie qu'une simple relation entre deux personnes, etc. Cerise sur le gâteau, le manga est aussi humoristique.
Alors qu'avec une même base un autre auteur aurait fait un drame avec les personnages qui passeraient leur temps à ce plaindre de leurs situations pendant des pages et des pages, ici même si l'idée de la polygamie est traité de manière plus sérieuse que dans la plupart des mangas, cela reste une œuvre très drôle avec des personnages cons qui font des trucs cons. Mention spécial pour le héros qui a toujours des solutions qui défient la logique (enfin disons qu'il y a une logique, mais une logique que personne de sensé appliquerait). Le scénario est agréable à lire, le dessin est bon et l'humour fonctionne pour moi.
Il y a tout de même un truc que je reproche est que j'aurais bien aimé voir plus de scènes où les trois personnages principaux passent du bon temps ensemble sauf que pour le moment leurs vies est surtout parasité par deux autres filles qui ont découvert la vérité. Les deux filles sont très marrantes, mais j'aurais aimé que le trio ait plus d'intimité.
Une très étrange histoire ou au même titre que le personnage principal, Ter, nous plongeons avec lui pour ce qui est un petit bijou de mise en abyme. Kafka et Ubu sont convoqués pour emmener notre "héros" qui s'englue peu à peu dans un monde où les portes mènent vers un inconscient ubuesque.
S'il faut trouver une explication à cette histoire (eh oui pauvre lecteur tu voudrais bien comprendre, avoir des réponses, mais que nenni), alors qu'au détour d'une case il semble qu'enfin les choses aillent s'éclaircir l'auteur brouille à nouveau les pistes nous laissant sur le bord de la route. Pour ma part j'ai assez vite pensé que Ter avec son bandage sur le crâne avait été trépané suite à une blessure reçut pendant cette guerre évoquée par flashbacks, ce qui peut provoquer quelques séquelles. En fait tous les habitants de cet immeuble, ont un gros pète au casque.
Parabole sur la vacuité de l'existence ou de nos sociétés, quoi qu'il en soit il faut saluer ici le travail de l'auteur Koren Shadmi que je découvre à cette occasion. Scénariste, dessinateur, mais aussi coloriste qui avec des tons pastel assez ternes qui renforcent l'ambiance claustrophobique.
A mon sens un BD essentielle, je l'ai lu dans l'intégrale et c'est un prêt, mais je pense qu'elle est indispensable dans toute bonne bibliothèque qui se respecte aussi je vais en faire l'achat. N'hésitez pas à faire de même.
Très bonne surprise !
Le fil de l'histoire est très simple et bien construit et je vous laisse le découvrir. Mais c'est l'ambiance qui est très spécifique et réussie. Pour moi la première page, au contraire est un faux pas éditorial ; tout ce blanc autour empêche de lire la tâche centrale qui révèle à elle seule le pitch du scénario.
C'est une sorte de "La Tour" de Peeters (Benoît) et Schuiten, (rangée dans BDthèque dans les citées obscures, même si elle n'a rien à voir avec les autres) mais avec de l'humour, ce qui est appréciable et manque beaucoup, de mon point de vue, aux albums des deux compères. Par ailleurs le lavis noir laisse une vapeur indécise qui permet au lecteur de remplir les trous, de s'inquiéter alors qu'il n'y a pas lieu, ou de s'adoucir au moment où il devrait au contraire s'inquiéter. Rien à voir donc avec le trait maître de Schuiten.
Alors pourquoi cette comparaison ? Et bien c'est une sorte d'exploration , où un personnage âgé guide un plus jeune, le lecteur ne comprend pas vraiment ce qui se passe mais suit la pérégrination, emporté par la beauté des images en noir et blanc. Ici il y a d'autres personnages, des ombres blanches munies d'un bâton qui sont à la poursuite d'un chat blanc, les clients du café, l'oncle... Mais tous ces personnages n'ont pas de personnalité, souvent pas de bouche d'ailleurs. D'ailleurs ce n'est pas dans les visages que l'ont peut trouver de quoi s'identifier. Ce ne sont que les dialogues entre le jeune et le vieux qui nous attachent à eux, leurs erreurs, leurs inquiétudes, leurs interrogations.
La fin remet tout à sa place, et c'est important dans le sentiment du lecteur. Finalement tout cela avait un sens.
C'est un roman graphique qui raconte l'expérience d'une maladie. Une maladie qui vous coupe de la communauté générale et vous fait entrer un temps, pour partie à l'intérieur de vous même et pour partie dans un protocole hospitalier inconnu et répétitif. Ici il s'agit d'un AVC (accident vasculaire cérébral) d'une jeune finlandaise dessinatrice de BD. Le point de vue est résolument celui du malade.
Je le mettrais entre "quand vous pensiez que j'étais mort" pour le point de vue interne et Sous l'entonnoir pour l'observation de la vie entre les murs.
J'avoue que je viens de passer quelques jours à l’hôpital pour une opération simple et voir décrire si précisément le ressenti de la personne "en bonne santé" qui se trouve plongée, bien malgré elle, dans l'univers de l'hôpital, m'a touché. La description du coté banal des gestes médicaux qui se répètent chaque jour, mélangé à la prise en charge de l'urgence est parfaitement réussi... On est à la fois surpris et déprimé de constater que le quotidien du malade hospitalisé est exactement le même en Finlande qu'en France (personnel qui parle d'autre chose en te soignant comme si tu étais un objet, ou grands sourires infantilisants, protocoles imperturbables, équipe de jour, équipe de nuit, brancardiers peu loquaces ...) La fatigue, et l'angoisse de ne pas en voir le bout... l'imagination qui cherche à se rendre compte de ce que sera la vie à la sortie de l’hôpital, puis après, combien de temps pour que tout revienne à la normale, va-t-on revenir à la "normale" ?
Je ne sais pas si une personne qui n'a pas du tout vécu la chose de l'intérieur pourra en être aussi touchée. Cela peut justement être un outil pour l'entourage d'un malade, pour l'aider à se rendre compte. En tout cas l'outil graphique utilisé est très réussi (jus des 2 ou 3 lavis différents qui s'assemblent en de belles compositions, parfois un peu de craie plus claire quand on a oublié de réserver un blanc, contours de la grille noirs et réguliers). La première page rend bien cet équilibre froid, où même le rouge ne réchauffe pas .
Memento mori : souviens-toi que tu vas mourir.
Un homme d'affaire sans scrupule, avec un grand sens de l’adaptabilité aux situations. Que dire de plus sinon qu’il est prêt à tout pour s'enrichir et sauver sa famille ! Un héros presque ordinaire qui navigue entre deux eaux et dont on ne sait trop quoi penser. Est-il un héros, est-il un salaud ? Cette question lancinante qui se pose le lecteur est la clef de cette série remarquable qui traduit parfaitement bien ce que fut la société des années 40 et en particulier celle de la France occupée. On a trop souvent des personnages aux engagements tranchés, sûrs d’eux, aux combats justes et incontstables. Ici, on est dans ce qu’on appelle la zone grise, ni d’un côté ni de l’autre ou un peu d’un côté et de l’autre. L’ambiguïté et la complexité du personnage sont vraiment bien rendues. Autour de lui, toute une clique de gens, plus vrais que nature. Le dessin est précis et travaillé. Il restitue avec justesse l’ambiance des années noires, oppressante, soupçonneuse, dangereuse. C’est intelligent, subtil, pas caricatural et cette histoire nous incite à nous poser des questions sur l’époque et sur nous-mêmes. Un petit clin d’œil aux films de Jean Gabin ? Probablement. On y retrouve aussi des personnages historiques qui trouvent, une place naturelle dans le scénario, sans que leur présence alourdisse l’histoire. Fabien Nury ne nous livre pas une fresque historique – c’est toujours le risque avec les récits basés sur des faits et des ambiances réels. Il manie avec subtilité l’histoire et la fiction et franchement, je trouve que c’est une très grande réussite.
Franchement inclassable, comme souvent avec cet auteur argentin au style particulièrement reconnaissable et clivant, mais que j’apprécie beaucoup.
C’est l’aspect graphique qui justifie avant tout mon coup de cœur. Le dessin de Carlos Nine, déformant les corps et les objets dans une esthétique qui doit beaucoup au surréalisme, est plus que chouette ! Dessin et colorisation m’ont fait penser à un mixe de Bacon et Dali. Visuellement, c’est à la fois original, poétique, grotesque : j’en redemande.
D’autant plus que l’éditeur a fait un effort particulier avec cet album. En effet, loin des couvertures souples qui d’ordinaire habillent les albums de la collection L’Echo des Savanes d’Albin Michel, nous avons là une couverture rigide, avec un dos toilé, et un papier bien plus épais que d’habitude, ce qui met bien en valeur le dessin de Nine.
Quant aux petites histoires qui composent cet album, elles sont intéressantes, mais sans doute moins délirantes et poétiques que dans d’autres albums du même auteur. Pas de bulles ou de cases, dialogues et commentaires sont placés en off, tout autour des dessins.
C’est une suite de récits qui partent de postulats assez classiques : des privés racontent leurs aventures, sur un ton blasé, au milieu des starlettes et de personnages de cartoon (plusieurs personnages de Disney – Nine adore déformer cet univers – de Popeye, etc.).
Les amateurs de Carlos Nine se doivent de jeter un coup d’œil sur cet album (franchement pas des plus courants !). Les autres seront peut-être convaincus après un rapide feuilletage.
Note réelle 3,5/5.
Merci à Mac Arthur d'avoir attiré mon attention sur ce manga !
L'idée de départ est vraiment excellente. Notre pauvre héros est employé dans une société inhumaine (et malheureusement ce qui lui arrive se produit vraiment au Japon) et là il va enfin pouvoir profiter de la vie grâce à une invasion de zombies ! L'idée est vraiment bien maitrisée, le personnage principal est terriblement attachant et l'humour fonctionne bien. C'est exagéré, mais pas au point où cela devient lourd comme avec plusieurs mangas humoristiques, il faut dire qu'il y aussi un côté un peu sérieux et que les auteurs équilibrent bien, ce qui donne une bonne série où le héros agit comme s'il était en vacances, alors que la société s'écroule autour de lui et qu'il y a des zombies prêts à le bouffer. On peut voir ça comme une satire sociale du monde du travail japonais, qui peut être tellement inhumain que l'apocalypse à coté c'est chouette.
Le dessin est dynamique et les expressions exagérées des personnages sont vraiment drôles. Un bon manga que j'ai envie de suivre sur plusieurs tomes.
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Les Ames d'Hélios
Un très belle BD : dans un monde post-apocalyptique extrêmement hiérarchisé et structuré, une jeune fille provenant de la case la plus basse tente de s'élever dans la société en devenant dragon, une guerrière. Le monde décrit est poisseux, sinistre, mais extrêmement réaliste, les personnages creusés et tout sauf caricaturaux. En fait, malgré la violence qui règne dans ce monde, un thème central me paraît être l'amour, et les sacrifices pour ceux qu'on aime. La conclusion peut difficilement laisser indifférent, aussi belle que triste, qui donne tout son sens au titre de la série.
J'ai tué le soleil
Diantre ! Mais que s’est-il donc passé dans le monde ? Que fait ce type qui a l’air d’un chasseur égaré dans la nature, obligé de tuer des chevaux sauvages pour se nourrir ? Pourquoi cette luxueuse villa d’architecte, dans laquelle il pénètre sans aucune difficulté, est-elle livrée aux rats et aux cafards ? Et pourquoi ce cadavre figé devant la télé du salon ne le choque-t-il pas le moindre du monde ? Winshluss nous livre un récit survivaliste sombre, entre folie, pandémie et terrorisme. Très progressivement, l’auteur va distiller ses indices dévoilant les causes de cette situation post-apocalyptique, à coups de flashbacks et avec très peu de texte. Karl, le « héros » de ce récit sous amphètes, se retrouve aussi seul que Rick Grimes dans un monde envahi de charognes humaines pourrissantes, à la différence près que celles-ci sont bel et bien mortes. Cela n’en reste pas moins terrifiant car ici, ce sont des meutes de chiens affamés qui veulent lui faire la peau ! Après s’en être débarrassé en allumant un barbecue géant façon puzzle, Karl tombera sur des salopards en train de torturer un type et sauvera ce dernier après les avoir tous dézingués. A bout de souffle après cette succession de péripéties ultra-violentes, il sera secouru et soigné par un groupe de survivants bienveillants en mode secte new-age. Jusque là, rien d’extraordinaire, le récit, plutôt bien mené, est de facture très classique, mais s’il s’était arrêté là, on aurait été bien déçu de la part d’un auteur tel que Winshluss. Cela serait trop vite oublier que notre homme n’a pas conçu cette histoire juste pour faire genre mais plutôt pour nous bousculer et nous interroger, sans pour autant nous faciliter la tâche. C’est du pur Winshluss, du féroce qui fait des trous dans le crâne. L’œuvre est traversée d’une folie trash et jusqu’au-boutiste, non dénuée de l’humour noir propre à l’auteur, qui nous laisse exsangue. Les réponses, il faudra les chercher soi-même. On pourra très bien se dire que c’est du n’importe quoi et que notre franc-tireur « ferrailleur » ne s’est pas foulé avec cette fin qui semble partir en couille. C’est possible. Et pourtant, l’ouvrage fait si forte impression qu’il pourrait bien s’accrocher dans les méandres de notre cerveau, voire nous obliger à le relire (c’est mon cas) pour être sûr d’avoir bien compris où l’auteur voulait en venir. Reprenons. Ce mec, Karl, est sauvé par un groupe de survivants se surnommant « les Graines », représentants de la « nouvelle humanité ». Et c’est à ce moment que le récit bascule vers tout autre chose, lorsqu’il va tenter de fouiller dans sa mémoire d’amnésique, pour faire ressurgir les origines de l’apocalypse et les bribes de sa vie d’avant. Karl, à ce moment-là, n’était pas encore le héros qu’il rêvait d’être. Un vrai loser, le type, boulot merdique, collègues et chef merdiques qu’il envisage de buter en inscrivant leur nom sur des post-its. Karl se voudrait rebelle, mais plus que le système, c’est les gens qu’il déteste. De là, naitra la spirale de la violence pour ce mec un brin parano qui n’a pas été gâté par la vie, père absent et mère dominatrice qu’il voudrait voir crever. Sa seule raison d’être : la rumination d’une vengeance radicale et aveugle pour tuer ses démons. Bien sûr, on ne révélera pas la fin car on ne veut pas spoiler, mais on s’en tape un peu puisqu’en elle-même la trame de l’histoire est plus que secondaire. Ce gros mytho de Karl va évidemment foirer son projet terroriste censé le « faire entrer dans l’Histoire » comme l’homme qui a… éliminé l’humanité ! Notre dingo absolu, profil parfait du fameux « loup solitaire », n’est donc pas un héros comme on aurait pu le croire au début, mais juste un débile survivaliste qui s’armera jusqu’aux dents tout en musclant sa pauvre carcasse, pour au final ne commettre qu’une action à la fois inutile et fortement symbolique, gouvernée par la folie pure : tirer sur le soleil, et à deux reprises ! Comme si dans son délire mégalo, il avait voulu provoquer l’astre divin ! Son imagination démente fera le reste, laissant le lecteur totalement dubitatif sur le cours des événements et leur réalité (d’où une relecture peut-être nécessaire), Mais Karl n’est-il pas juste victime d’hallucinations amphétaminiques, ou serait-il parvenu à faire exploser la « matrice » pour de bon ?… et c’est là que Winshluss frappe vraiment fort, en plongeant le lecteur dans la confusion, incapable par ailleurs de décider s’il peut avoir de l’empathie pour ce personnage profondément traumatisé dans son enfance par le suicide violent du père. L’auteur du grandiose « Pinocchio » va également ajouter au malaise en situant la « vie d’avant » de Karl dans le contexte de pandémie que nous connaissons depuis plus d’un an, « notre vie d’après », avec évocation des masques, des rues désertes et des drones de surveillance, mais une pandémie bien pire, tel un Covid puissance dix qui fait pourrir les gens sur place… Winshluss dessine à la hache, avec une urgence frénétique, pour mieux restituer la violence du propos. La folie hystérique se tapit à chaque coin de page, mais l’auteur a saucissonné l’histoire avec quelques aquarelles, de rares moments de respiration bienvenus où par contraste, ce monde post-apo semble presque apaisé. Au-delà de ces parenthèses colorées, l’ensemble est en noir et blanc, seul le soleil est représenté dans un jaune pâle et usé, peinant à diffuser sa lumière, conversant avec le regard fou d’un Karl noyé dans mille post-its de même couleur mentionnant le nom des personnes à trucider… « J’ai tué le soleil » n’est rien de moins qu’une expérience se poursuivant durablement même après la lecture. Un objet que l’on a envie de détester au départ et qui pourtant s’insinue en notre âme à la façon d’un virus. Un objet troublant et perturbant qui nous hantera longtemps, à l’image du visage diabolique de Karl à la fin du récit, un terrifiant visage de psychopathe, définitivement antisocial, habité par une démence bord de la fission. Un one-shot parfaitement taillé pour son époque et confirmant l’importance de son auteur dans le neuvième art.
Le Loup des Mers
Embarqué sur un steamer qui effectue chaque jour la traversée de la baie de San Francisco, Humphrey Van Heyden, journaliste au destin tout tracé, se trouve soudain pris dans une brume impénétrable. Le bateau, qui a perdu ses repères, est percuté par un paquebot avant de sombrer corps et biens… ou presque. Van Heyden, croyant sa dernière heure arrivée, s’abandonne à la mer et s’évanouit. A son réveil, quelle n’est pas sa surprise de se trouver à bord goélette pratiquant la chasse au phoque faisant route vers le Japon. C’est alors qu’on découvre l’équipage ! Et là… on comprend que ça ne va pas être facile pour Humphrey. Mais l’équipage, ce n’est rien, comparé à Loup Larsen, le capitaine despotique du navire ! Commence alors un bras de fer terrible entre Humphrey et Loup Larsen. Deux hommes s’affrontent, la force et la violence du capitaine contre la faiblesse de l’écrivain, deux conceptions de la vie et de la mort, de l’immortalité de l’âme, deux visions de l’Homme dans ce qu’il a de meilleur et surtout de pire. Et pourtant... ils sont en commun l'amour des livres et des grands auteurs. La libre adaptation du roman de Jack London est une grande réussite. Décidément, Riff Reb’s est surdoué pour les récits de mer. Le dessin est sublime et la mise en couleurs toute aussi réussie. Un duel passionnant, profond et questionnant. C’est très bien écrit, fluide et puissant.
Girlfriend Girlfriend
Décidément, ce nouvel éditeur semble orienter les sorties de ces mangas en fonctionne de la sortie des adaptations en anime parce que là c'est la troisième fois qu'il sort un manga lorsque la version animé commence ou était sur le point de sortir. Je connaissais pas du tout ce manga et j'ai regardé le premier épisode parce que le résumé m'intéressait vaguement. Après avoir vu l'épisode, j'ai tellement aimé que j'ai fini par lire tous les chapitres du mangas qui sont sorti jusqu'à ce jour et maintenant tous les semaines je lis le dernier chapitre paru et je regarder un épisode de l'anime. J'ai lu plusieurs manga du genre harem parce ce que c'est un genre de que j'aime et la prémisse de celui-ci m'intéresse parce qu'on prends l'idée que deux filles partagent le même gars au sérieux. C'est pas juste 'toutes les filles acceptent facilement d'être avec le même type', on montre vraiment de manière réaliste que c'est pas facile: les deux filles s'entendent bien, mais il y a tout de même un peu de jalousie entre-elles, le gars veut vraiment les aimer toutes les deux de manière égale et c'est pas facile, une relation à plusieurs demandant plus d'énergie qu'une simple relation entre deux personnes, etc. Cerise sur le gâteau, le manga est aussi humoristique. Alors qu'avec une même base un autre auteur aurait fait un drame avec les personnages qui passeraient leur temps à ce plaindre de leurs situations pendant des pages et des pages, ici même si l'idée de la polygamie est traité de manière plus sérieuse que dans la plupart des mangas, cela reste une œuvre très drôle avec des personnages cons qui font des trucs cons. Mention spécial pour le héros qui a toujours des solutions qui défient la logique (enfin disons qu'il y a une logique, mais une logique que personne de sensé appliquerait). Le scénario est agréable à lire, le dessin est bon et l'humour fonctionne pour moi. Il y a tout de même un truc que je reproche est que j'aurais bien aimé voir plus de scènes où les trois personnages principaux passent du bon temps ensemble sauf que pour le moment leurs vies est surtout parasité par deux autres filles qui ont découvert la vérité. Les deux filles sont très marrantes, mais j'aurais aimé que le trio ait plus d'intimité.
Abaddon
Une très étrange histoire ou au même titre que le personnage principal, Ter, nous plongeons avec lui pour ce qui est un petit bijou de mise en abyme. Kafka et Ubu sont convoqués pour emmener notre "héros" qui s'englue peu à peu dans un monde où les portes mènent vers un inconscient ubuesque. S'il faut trouver une explication à cette histoire (eh oui pauvre lecteur tu voudrais bien comprendre, avoir des réponses, mais que nenni), alors qu'au détour d'une case il semble qu'enfin les choses aillent s'éclaircir l'auteur brouille à nouveau les pistes nous laissant sur le bord de la route. Pour ma part j'ai assez vite pensé que Ter avec son bandage sur le crâne avait été trépané suite à une blessure reçut pendant cette guerre évoquée par flashbacks, ce qui peut provoquer quelques séquelles. En fait tous les habitants de cet immeuble, ont un gros pète au casque. Parabole sur la vacuité de l'existence ou de nos sociétés, quoi qu'il en soit il faut saluer ici le travail de l'auteur Koren Shadmi que je découvre à cette occasion. Scénariste, dessinateur, mais aussi coloriste qui avec des tons pastel assez ternes qui renforcent l'ambiance claustrophobique. A mon sens un BD essentielle, je l'ai lu dans l'intégrale et c'est un prêt, mais je pense qu'elle est indispensable dans toute bonne bibliothèque qui se respecte aussi je vais en faire l'achat. N'hésitez pas à faire de même.
L'île d'Om
Très bonne surprise ! Le fil de l'histoire est très simple et bien construit et je vous laisse le découvrir. Mais c'est l'ambiance qui est très spécifique et réussie. Pour moi la première page, au contraire est un faux pas éditorial ; tout ce blanc autour empêche de lire la tâche centrale qui révèle à elle seule le pitch du scénario. C'est une sorte de "La Tour" de Peeters (Benoît) et Schuiten, (rangée dans BDthèque dans les citées obscures, même si elle n'a rien à voir avec les autres) mais avec de l'humour, ce qui est appréciable et manque beaucoup, de mon point de vue, aux albums des deux compères. Par ailleurs le lavis noir laisse une vapeur indécise qui permet au lecteur de remplir les trous, de s'inquiéter alors qu'il n'y a pas lieu, ou de s'adoucir au moment où il devrait au contraire s'inquiéter. Rien à voir donc avec le trait maître de Schuiten. Alors pourquoi cette comparaison ? Et bien c'est une sorte d'exploration , où un personnage âgé guide un plus jeune, le lecteur ne comprend pas vraiment ce qui se passe mais suit la pérégrination, emporté par la beauté des images en noir et blanc. Ici il y a d'autres personnages, des ombres blanches munies d'un bâton qui sont à la poursuite d'un chat blanc, les clients du café, l'oncle... Mais tous ces personnages n'ont pas de personnalité, souvent pas de bouche d'ailleurs. D'ailleurs ce n'est pas dans les visages que l'ont peut trouver de quoi s'identifier. Ce ne sont que les dialogues entre le jeune et le vieux qui nous attachent à eux, leurs erreurs, leurs inquiétudes, leurs interrogations. La fin remet tout à sa place, et c'est important dans le sentiment du lecteur. Finalement tout cela avait un sens.
Memento mori
C'est un roman graphique qui raconte l'expérience d'une maladie. Une maladie qui vous coupe de la communauté générale et vous fait entrer un temps, pour partie à l'intérieur de vous même et pour partie dans un protocole hospitalier inconnu et répétitif. Ici il s'agit d'un AVC (accident vasculaire cérébral) d'une jeune finlandaise dessinatrice de BD. Le point de vue est résolument celui du malade. Je le mettrais entre "quand vous pensiez que j'étais mort" pour le point de vue interne et Sous l'entonnoir pour l'observation de la vie entre les murs. J'avoue que je viens de passer quelques jours à l’hôpital pour une opération simple et voir décrire si précisément le ressenti de la personne "en bonne santé" qui se trouve plongée, bien malgré elle, dans l'univers de l'hôpital, m'a touché. La description du coté banal des gestes médicaux qui se répètent chaque jour, mélangé à la prise en charge de l'urgence est parfaitement réussi... On est à la fois surpris et déprimé de constater que le quotidien du malade hospitalisé est exactement le même en Finlande qu'en France (personnel qui parle d'autre chose en te soignant comme si tu étais un objet, ou grands sourires infantilisants, protocoles imperturbables, équipe de jour, équipe de nuit, brancardiers peu loquaces ...) La fatigue, et l'angoisse de ne pas en voir le bout... l'imagination qui cherche à se rendre compte de ce que sera la vie à la sortie de l’hôpital, puis après, combien de temps pour que tout revienne à la normale, va-t-on revenir à la "normale" ? Je ne sais pas si une personne qui n'a pas du tout vécu la chose de l'intérieur pourra en être aussi touchée. Cela peut justement être un outil pour l'entourage d'un malade, pour l'aider à se rendre compte. En tout cas l'outil graphique utilisé est très réussi (jus des 2 ou 3 lavis différents qui s'assemblent en de belles compositions, parfois un peu de craie plus claire quand on a oublié de réserver un blanc, contours de la grille noirs et réguliers). La première page rend bien cet équilibre froid, où même le rouge ne réchauffe pas . Memento mori : souviens-toi que tu vas mourir.
Il était une fois en France
Un homme d'affaire sans scrupule, avec un grand sens de l’adaptabilité aux situations. Que dire de plus sinon qu’il est prêt à tout pour s'enrichir et sauver sa famille ! Un héros presque ordinaire qui navigue entre deux eaux et dont on ne sait trop quoi penser. Est-il un héros, est-il un salaud ? Cette question lancinante qui se pose le lecteur est la clef de cette série remarquable qui traduit parfaitement bien ce que fut la société des années 40 et en particulier celle de la France occupée. On a trop souvent des personnages aux engagements tranchés, sûrs d’eux, aux combats justes et incontstables. Ici, on est dans ce qu’on appelle la zone grise, ni d’un côté ni de l’autre ou un peu d’un côté et de l’autre. L’ambiguïté et la complexité du personnage sont vraiment bien rendues. Autour de lui, toute une clique de gens, plus vrais que nature. Le dessin est précis et travaillé. Il restitue avec justesse l’ambiance des années noires, oppressante, soupçonneuse, dangereuse. C’est intelligent, subtil, pas caricatural et cette histoire nous incite à nous poser des questions sur l’époque et sur nous-mêmes. Un petit clin d’œil aux films de Jean Gabin ? Probablement. On y retrouve aussi des personnages historiques qui trouvent, une place naturelle dans le scénario, sans que leur présence alourdisse l’histoire. Fabien Nury ne nous livre pas une fresque historique – c’est toujours le risque avec les récits basés sur des faits et des ambiances réels. Il manie avec subtilité l’histoire et la fiction et franchement, je trouve que c’est une très grande réussite.
Meurtres et chatiments
Franchement inclassable, comme souvent avec cet auteur argentin au style particulièrement reconnaissable et clivant, mais que j’apprécie beaucoup. C’est l’aspect graphique qui justifie avant tout mon coup de cœur. Le dessin de Carlos Nine, déformant les corps et les objets dans une esthétique qui doit beaucoup au surréalisme, est plus que chouette ! Dessin et colorisation m’ont fait penser à un mixe de Bacon et Dali. Visuellement, c’est à la fois original, poétique, grotesque : j’en redemande. D’autant plus que l’éditeur a fait un effort particulier avec cet album. En effet, loin des couvertures souples qui d’ordinaire habillent les albums de la collection L’Echo des Savanes d’Albin Michel, nous avons là une couverture rigide, avec un dos toilé, et un papier bien plus épais que d’habitude, ce qui met bien en valeur le dessin de Nine. Quant aux petites histoires qui composent cet album, elles sont intéressantes, mais sans doute moins délirantes et poétiques que dans d’autres albums du même auteur. Pas de bulles ou de cases, dialogues et commentaires sont placés en off, tout autour des dessins. C’est une suite de récits qui partent de postulats assez classiques : des privés racontent leurs aventures, sur un ton blasé, au milieu des starlettes et de personnages de cartoon (plusieurs personnages de Disney – Nine adore déformer cet univers – de Popeye, etc.). Les amateurs de Carlos Nine se doivent de jeter un coup d’œil sur cet album (franchement pas des plus courants !). Les autres seront peut-être convaincus après un rapide feuilletage. Note réelle 3,5/5.
Bucket List of the dead
Merci à Mac Arthur d'avoir attiré mon attention sur ce manga ! L'idée de départ est vraiment excellente. Notre pauvre héros est employé dans une société inhumaine (et malheureusement ce qui lui arrive se produit vraiment au Japon) et là il va enfin pouvoir profiter de la vie grâce à une invasion de zombies ! L'idée est vraiment bien maitrisée, le personnage principal est terriblement attachant et l'humour fonctionne bien. C'est exagéré, mais pas au point où cela devient lourd comme avec plusieurs mangas humoristiques, il faut dire qu'il y aussi un côté un peu sérieux et que les auteurs équilibrent bien, ce qui donne une bonne série où le héros agit comme s'il était en vacances, alors que la société s'écroule autour de lui et qu'il y a des zombies prêts à le bouffer. On peut voir ça comme une satire sociale du monde du travail japonais, qui peut être tellement inhumain que l'apocalypse à coté c'est chouette. Le dessin est dynamique et les expressions exagérées des personnages sont vraiment drôles. Un bon manga que j'ai envie de suivre sur plusieurs tomes.