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Couverture de la série Nellie Bly - Dans l'antre de la folie
Nellie Bly - Dans l'antre de la folie

Excellent moment de lecture que celui proposé par cette biographie partielle de la vie de Nellie Bly, une biographie qui se concentre sur son fait d’arme le plus célèbre, soit son internement volontaire -et à des fins d’investigations- dans l'asile psychiatrique de Blackwell à New York. Tout d’abord, il y a Nellie Bly et sa personnalité. Le personnage est attachant et sa cause est des plus nobles. Voilà réellement un personnage inspirant pour les jeunes d’aujourd’hui, déterminée, courageuse, juste, sensible. Sa démarche à seulement 23 ans ne peut que susciter le respect. Et si je connaissais vaguement l’histoire ici relatée, la redécouvrir plus en détail a accentué fortement mon admiration pour la journaliste d’investigation qu’elle fût. Ensuite vient la bande dessinée en elle-même et ses multiples qualités. Une narration fluide et vivante par laquelle cet épisode de la vie de Nellie Bly nous est conté telle une aventure, poignante et révoltante, que des petites touches d’humour -nées du sens de la répartie et de l’aplomb de Nellie Bly- viennent de temps à autre alléger. Un dessin parfait de lisibilité, qui parvient à recréer l’émotion d’un regard échangé, qui introduit discrètement une part de fantastique pour suggérer les visions et délires de certaines internées, qui nous permet de nous resituer dans le temps grâce à un emploi judicieux de deux gammes de couleurs (plus sombre pour les passages dans l’asile, et plus colorée dans les flash-backs -ce qui, soit dit en passant, nous change agréablement des teintes sépia souvent employées dans ceux-ci en temps normal). Un récit concentré sur une période finalement assez courte de la vie de Nellie Bly, ce qui permet vraiment de creuser cet épisode ainsi que la personnalité de la journaliste. Franchement, un sans faute à mes yeux et une lecture édifiante et inspirante à la fois. Moi, je dis « bravo ! »

18/11/2021 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Hugo est gay - Dans la peau d'un jeune homo
Hugo est gay - Dans la peau d'un jeune homo

3.5 Blue Boy a attiré mon attention sur cet album et je le remercie parce que j'ai passé un bon moment ! Hugues Barthe raconte les problèmes d'un ado qui découvre qu'il est gay. Comme l'a écrit Blue Boy, cela s'adresse à tout le monde et j'ai bien aimé suivre le cheminement de ce jeune garçon même si je suis moi-même hétéro. Il faut dire que l'auteur met beaucoup d'humour, sans toutefois complétement dédramatiser les problèmes que subissent les membres de la communauté LGBT, et que cet humour fonctionne bien. Si le ton avait été hyper-sérieux et que à chaque page on voyait Hugo pleurer sur son sort, j'aurais sympathisé à son malheur, mais j'aurais sûrement fini par m'ennuyer. L'auteur parle de tous les sujets reliés à l'homosexualité : le jugement de la société, la peur quand on découvre qu'on n'est pas 'normal', la difficulté de faire son coming-out, etc. Comme je l'ai déjà écrit, j'ai bien aimé la manière dont l'auteur aborde ces différents sujets, le traitement est tout simplement excellent. C'est une bonne idée de montrer les différences entre les années 2000 et aujourd'hui vu les avancées qu'il y a eu même s'il reste encore beaucoup de chemin à faire pour que les gays aient la paix. Un livre que je recommande à tous !

18/11/2021 (modifier)
Par Blue boy
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Tananarive
Tananarive

L’aventure, genre très apprécié dans la production littéraire à travers les siècles, existe-t-elle dans la réalité ? C’est à partir de ce questionnement que le scénario de « Tananarive » a été échafaudé, un questionnement incarné par ce flamboyant papy qu’est Joseph Seigneur, ex-légionnaire aux milles vies irradiant les grands espaces et les jungles luxuriantes d’une époque révolue. Coulant une retraite paisible dans un petit village marnais, le vieux célibataire aime à relater ses récits de voyages lointains à son voisin Amédée, qui lui voue une admiration sans bornes. Lorsque ce dernier traverse la rue pour aller écouter son ami aventurier des heures durant, il en oublierait presque de regagner le foyer conjugal, au grand dam de son épouse Françoise. Pour Amédée, notaire en retraite « avec un problème de dos », conscient que son âge avancé ne lui permettra plus de franchir les frontières de son département, les souvenirs de Joseph sont un fantastique moyen d’évasion vers des horizons désormais inaccessibles. La mort brutale de ce dernier va fournir à Amédée le prétexte parfait pour vivre à son tour une expérience qu’il n’avait jamais osé tenter. De nouveau rallumé, notre vieux fourneau va ainsi partir à la recherche des héritiers de son ami Joseph au volant de son antique Triumph qu’il avait remisée au fond de son garage, dans un road trip échevelé qui va le mener à travers le nord de la France et la Belgique. Contrairement à ce que suggère le titre de l’album, on ne verra les contrées exotiques de Madagascar que grâce à l’imagination fertile du vieil homme qui fera également revivre Joseph pour lui servir à la fois de copilote… et de mentor… Inspiré par une simple réplique d’Amédée, « Tananarive » joue à fond sur les contrastes, tant des lieux que des personnages. La banlieue grisâtre de Maubeuge ou la cité HLM déglinguée de Calais n’ont assurément rien pour faire rêver, et les chutes du Zambèze évoquées par ce vieux baroudeur de Joseph ne font que se fracasser piteusement sur le balai de l’employé municipal évacuant les détritus vers les égouts de la ville. Quant aux deux protagonistes, ils n’ont guère de choses en commun si ce n’est leur âge. Joseph, tout refroidi qu’il est, porte beau et respire la santé, tandis qu’Amédée se traîne, voûté sous le poids d’une vie terne et insipide. Mark Eecersall a su produire un scénario enlevé, où humour et tendresse forment un parfait équilibre. Les personnages sont très bien campés et les dialogues ciselés font mouche, s’accordant à merveille avec le dessin vif et expressif de Sylvain Vallée, dont le talent s’était révélé avec la saga « Il était une fois en France ». Dans ce récit initiatique plein de finesse, Amédée apprendra, à travers les personnages qui l’ont fréquenté, que Joseph, un brin mythomane, n’était pas tout à fait celui qu’il prétendait être. Parallèlement, le vieil homme va révéler le meilleur de lui-même au crépuscule de sa vie, prouvant peut-être qu’il n’y a pas d’âge pour être le « héros » de sa propre existence, sans qu’il soit pour autant nécessaire d’écumer le monde. Malgré son côté parodique, l’histoire s’avère un hommage respectueux à la BD d’aventure franco-belge — non seulement à travers le contexte géographique, mais aussi le clin d’œil à Tintin. Sous ses airs de comédie déjantée, « Tananarive » soulève des tonnes de questions, notamment sur la destinée humaine et les choix qui la forgent — bien souvent, nos propres choix —, mais également sur la transmission. Non sans causticité, les auteurs démystifient les « faux aventuriers » tout en étrillant les hypocrites mesquins uniquement préoccupés par l’appât du gain et leur statut social. En somme, si l’aventure épique n’existe que dans la fiction, ne serait-elle pas plutôt une source d’inspiration métaphorique visant à conduire dignement nos existences « ordinaires » ?

17/11/2021 (modifier)
Par Ju
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série L'Origine du Monde
L'Origine du Monde

Je rejoins les avis précédents. Cette bd est très bien et gagnerait à être lue par le plus grand nombre. Liv Strömquist nous livre ici une plongée dans l'histoire du sexe féminin, de comment il a été envisagé, traité, considéré par les hommes tout au long de l'histoire. Et c'est en réalité assez édifiant de voir le nombre de types qui ont théorisé des trucs sur le sexe féminin, et décidé pour les femmes de ce qui étaient bien pour elles. Plus généralement, c'est terrible de se rendre compte que ça fait des milliers d'années que ce sont en immenses majorité des hommes qui décident de ce que doit être et de ce à quoi doit ressembler, et de ce que doit représenter le sexe féminin. Bref, je ne vais pas résumer tout le bouquin, mais en tout cas c'est passionnant : l'autrice, à travers plusieurs chapitres, se penche sur une problématique et voit comment celle-ci a été prise en compte dans l'histoire. La narration peut paraitre un peu lourde : en réalité, il y a peu de dialogues et les dessins viennent le plus souvent illustrer le texte. Les bulles de dialogue sont le plus souvent là pour apporter de l'humour, et je dois dire que sur moi ça a plutôt bien marché. Autre détail qui peut déranger certains lecteurs mais qui moi m'a plu : la calligraphie. Elle est changeante et certaines phrases sont plus grosses que d'autres, certaines sont en majuscules, etc. J'ai trouvé que ça apportait d'une part un ressort comique ; d'une autre part un peu de vivant dans le texte, ça atténue le fait que la majorité du texte est en dessous ou au dessus de la case. En définitive, la forme de la bd ne m'a personnellement pas du tout dérangé, au contraire, et il ne faut pas que ça freine d'éventuel.le.s lecteurs ou lectrices. En ce qui concerne le dessin, il n'est certes pas bien droit mais au final c'est plutôt sympa et le trait est rigolo. Il illustre le propos de l'autrice, propos qui, je le répète, est passionnant, et je pense, important à faire connaitre. En définitive, foncez.

17/11/2021 (modifier)
Par Guillaume
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Taar le rebelle
Taar le rebelle

Après quelques 30 ans.... Je retrouve Taar, le pied absolu... Bien sûr c'est manichéen et très simple, ce n'est pas une bd pour réfléchir, juste se laisser porter et quel dessin ! Une lecture finalement fraîche à notre époque devenue si prude et culpabilisante. Les personnages sont beaux, musclés, les femmes trop sexy... Laissez vous porter dans ce résumé d'heroic fantasy.

17/11/2021 (modifier)
Couverture de la série Wika
Wika

Fabuleux ! Tellement riche en détails, dessins sublimes . J'ai pour ma part la collection collector. Cette magnifique édition apporte beaucoup d'illustrations , esquisses , recherches du dessinateur . Je recommande fortement cette bd , foisonnant de détails à admirer !

17/11/2021 (modifier)
Par Titanick
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Là où vont nos pères
Là où vont nos pères

Beaucoup d'avis déjà sur cette série, et beaucoup d'éloges. Pour ma part, elle les mérite amplement. J'ai tout simplement été envoutée par le traitement de ce sujet si sensible. Tout a été dit déjà. Un dessin magnifique qui sert l'histoire universelle des exilés dans ce monde. Une colorisation douce et chaude qui appuie admirablement le côté onirique des images. Comme beaucoup, j'ai apprécié l'idée de ce monde imaginaire qui permet au lecteur de comprendre ce qu'il y a de déroutant lorsqu'on en arrive à devoir vivre et s'adapter dans une contrée où aucun code ne nous est familier, l'écriture, la nourriture, les habitudes... et en cela le côté muet de cette bd s'y prête, pas de langage auquel se raccrocher, très bien vu de la part de l'auteur. La terre d'acceuil décrite ici est idéalisée par rapport à ce que doivent vivre beaucoup de migrants dans la réalité. Ce père de famille fait des rencontres bienveillantes, qui l'aident à s'approprier cette nouvelle vie et lui permettent d'accueillir à son tour ses proches. On est, je le crains, bien loin de ce que subissent beaucoup d'entre eux. Une belle vision d'utopie quand on constate la dure réalité des débats d'idées actuels sur ce sujet.

16/11/2021 (modifier)
Couverture de la série Jo
Jo

On oublie vite lorsque l'on ne se sent plus concerné. Même très vite, c'est peut-être un mécanisme de protection psychologique mis en place par les humains. C'est bien confirmé quand je lis les très dures critiques faites à l'œuvre de Derib, 10 ans après sa publication. Je trouve que c'est presque une insulte aux malades séropositifs d'hier et d'aujourd'hui. Ou alors c'est de l'ignorance bref passons. C'est pourquoi JO, l'œuvre de DERIB sur la prévention et les risques liés au VIH (SIDA) est essentielle à mon avis. Il n'y a pas si longtemps, trente ans, être contaminé par le VIH, c'était être condamné à mort à plus ou moins brève échéance. Si vous aviez la chance d'être dépisté tôt, d'habiter dans un pays riche, de pouvoir accéder aux meilleurs soins comme c'est le cas pour Jo vous pouviez tenir entre deux et trois ans. Quelques cas exceptionnels ont pu aller au-delà mais pour la grande majorité des infectés c'était beaucoup plus difficile. Alors merci monsieur Derib d'avoir inscrit cela dans le marbre au moyen d'un médium accessible à tous ceux qui savent lire, regarder et réfléchir (je me rends compte que ce n'est pas si facile), au besoin à plusieurs. Pour moi, monsieur Derib présente deux qualités fortes. La première est son talent de dessinateur et de conteur avec des collections de très grandes qualités souvent destinées au jeune public voire au très jeune public. La seconde est d'avoir accompagné les débuts de monsieur Cosey, ce qui a multiplié les richesses de création. Dans Jo la cible visée est le public des adolescents ou jeunes adultes. C'est l'âge des premières rencontres poussées au-delà du simple flirt. C'est ce qu'expérimente Vanessa la sœur de Jo de façon inconsciente et un peu naïve. C'est normal à cet âge-là. Jo est déjà à l'étape suivante, jeune adulte très autonome, pas rebelle pour un sou, ses parents la laisse libre de vivre une vie sexuelle qui paraît très sage avec un partenaire régulier. C'est le talent du scénario de Derib d'orienter les risques sur les rebelles, Vanessa ou Laurent le futur partenaire de JO. A cet âge la construction peut être chaotique avec des temps morts et des temps forts. C'est ce rythme qu'insuffle Derib. Le risque semble encore lointain, par exemple dans une page de journal qui traine sur la table. On s'émeut d'un enfant de star mort du Sida comme on pourrait s'émouvoir d'un bébé qui nait séropositif en Afrique ou au Brésil. Mais après la rubrique sportive on y pense déjà beaucoup moins. Je me rends compte que c'est pire aujourd'hui. Notre vie est ailleurs que dans ces drames que l'on trouve clichés et c'est presque normal et sain de vouloir ne pas y penser tellement c'est porteur d'angoisse. A cette époque quand on faisait une nouvelle rencontre pleine de promesses de futur ou qu'on souhaitait un bébé, on pouvait faire un test. Un peu comme aujourd'hui avant de prendre l'avion en temps de COVID. Sauf que là, quand vous ouvriez l'enveloppe des résultats même les plus endurcis avaient des palpitations. C'était 100% vie ou 100% mort. Pas d'entre deux, la statistique était détestable. Le chemin de croix commençait. Comme le montre Derib le vide se faisait très très vite autour de vous. Même dans votre famille. Puis la culpabilité, la peur de contaminer ceux qu'on aime et de les condamner à mort. Quelle injustice cette maladie ! Elle vous touchait principalement dans un des moments le plus beau et le plus épanouissant de votre vie. Une relation sexuelle libre et partagée. Bien sûr il y eu d'autres modes de contamination, seringues, transfusions pour la plupart. Mais c'est la voie sexuelle qui a été la grande contaminatrice. Une vie de couple et de famille était possible mais quand même stressante. Jo doit s'accrocher comme des millions de malades l'ont fait après elle. En bon dessinateur de BD, Derib propose par l'intermédiaire de Jean-Claude un personnage au grand cœur (Il en fallait) une pile de BD. Au menu Don Bosco et Franquin Lol. Iconoclaste ? (Peut être une des raisons des critiques ??) Peut être mais porteur d'espoir si ce n'est d'espérance. Comment vivre ces moments à 20 ans quand la finitude envahit votre vie par effraction ? C'est un peu comme les lettres d'encouragements de l'Abbé Pierre et du Ministre Lang en fin d'ouvrage. Tous les supports sont les bienvenus. Outre les lettres de félicitations qui montrent l'importance de l'engagement de Derib dans ce combat, l'ouvrage se termine par un dossier assez technique sur la maladie et ses conséquences en 1990. Trente ans après des choses ont changé en bien mais il reste encore beaucoup à faire. Derib a produit son album juste avant la découverte et la mise sur le marché des médicaments antiviraux que l'on nomme trithérapie. Ce fut une découverte majeure pour soigner les malades mais pas pour les guérir. Quand la trithérapie est apparue aux Etats-Unis les effets sur certains malades étaient tellement encourageants que certains malades européens n'hésitaient pas à prendre l'avion pour New-York afin de s'approvisionner. Evidemment cette possibilité était réservée aux plus riches car le coût des médicaments était (et reste) extrêmement cher. Aujourd'hui trente ans après les recherches continuent. Nous en sommes, il me semble, à la troisième génération de trithérapie. Il y a quelques trente-sept millions de personnes qui sont infectées par le VIH, dont un million et demi d'enfants. Dix millions n'ont pas accès aux soins. Près d'un million de personnes en meurt chaque année. Pour les bénéficiaires de médicaments votre sort dépend du pays où vous vivez. Vous pouvez alors bénéficier de façon plus ou moins complète de médicament de la première, deuxième ou troisième génération. En France les malades bénéficient de la dernière génération. Les trois antiviraux sont regroupés en un seul comprimé, ce qui simplifie la prise une fois par jour, sans interruption toute l'année à heure fixe. Il ne faut pas oublier ! Les effets secondaires ont été considérablement réduits mais ce ne sont pas des médicaments bénins. Il faut aussi que votre organisme supporte sur le long terme un tel traitement. En France, les soins sont remboursés à 100 %. Heureusement car le coût d'une boîte pour un mois (31 comprimés) est supérieur à 700 euros, plus les visites médicales. Un vrai budget de millionnaire !! Pensez aux pays sans sécurité sociale ni assurance maladie même dans des pays riches cela peut être une ruine pour la famille. Quant aux pays pauvres... Je le disais c'est la maladie de l'injustice dans beaucoup de domaines. Un mauvais esprit pourrait penser que le traitement à vie (pour le moment) du VIH est une véritable aubaine financière pour certains laboratoires. Mais je ne suis pas un mauvais esprit. Aujourd'hui encore ni vaccin ni guérison, il faut vivre avec. Pour ceux qui bénéficient des meilleurs soins c'est devenu possible. Grace au progrès on peut devenir I (U en anglais). Cela signifie que votre charge virale est indétectable. Si Jo avait vécu quelques années de plus, elle serait probablement toujours en vie aujourd'hui. Elle aurait pu avoir des enfants qui n'auraient probablement pas le VIH. Elle aurait même pu avoir des relations sexuelles avec Laurent SANS préservatif. Le top. En effet I=I; Indétectable = Intransmissible. Quand la charge virale n'est plus détectable vous n'avez plus l'angoisse de contaminer vos proches, quelle que soit la situation de vie que vous rencontrez. Un rêve pour l'époque de Jo. Je finis ce (trop ?) long avis par du soleil. Aujourd'hui un bébé qui naît séropositif peut être traité par des antiviraux dès sa naissance et comme c'est pris tout de suite, je crois même qu'ils peuvent guérir. Encore faut-il que les soins arrivent jusqu'à eux. Merci à ceux qui auront eu le courage de me lire. Et merci à ceux qui ont accompagné ces presque quarante millions de morts depuis le début de la maladie. L'œuvre de monsieur Derib leur rend hommage.

15/11/2021 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Seul le silence
Seul le silence

Oyez, oyez, nous ne sommes pas très loin du chef-d’œuvre avec cette adaptation d'un roman de R.J. Ellory. Bravo à messieurs Colin au scénario et Guérineau au dessin. Merci à Mac Arthur de m'avoir conseillé cette lecture et comme lui j'enjoins le plus grand nombre à faire l'achat sans réserve aucune. Vous allez vous régaler. J'ai tout aimé dans ce récit avec une petite préférence pour la première partie qui se situe dans les années 30/40, une ambiance à la Steinbeck ou à certains de ces films qui nous montre un visage de l'Amérique rurale un brin arriéré, loin des grandes métropoles. Au passage vous noterez des planches dans les tons sépia magnifiques Le précédent avis vous a donné le pitch, mais sachez qu'au-delà de celui-ci c'est une vraie peinture de la vie dans une petite bourgade rurale qui défile devant nos yeux. Tout cela est d'une grande justesse de ton avec une galerie de personnages fouillée. Un très beau polar noir dont les images restent longtemps en mémoire, forcément un coup de cœur.

14/11/2021 (modifier)
Couverture de la série Capacity
Capacity

C’est inégal, et il y a clairement des longueurs, certaines maladresses (dans le dessin ou la narration), mais j’ai pris beaucoup de plaisir à lire cet album, d’un auteur indé américain que je découvre ici. Je suis plutôt amateur de cette forme de production indé américaine, qui a des accointances avec le travail de Woodring, de Millionnaire ou de Rickheit par exemple, des auteurs souvent originellement publiés par fantagraphics (même si ce n’est pas le cas pour Ellsworth). Cela faisait quelques temps que cet album me faisait de l’œil (attiré que j’étais par les quelques images et retours sur lesquels j’avais pu tomber). Un passage et feuilletage sur le stand d’Ici Même au festival Quai des Bulles m’a permis de sauter le pas et d’enfin découvrir cette histoire, à la fois simple et sophistiquée. Simple et sophistiquée, une histoire qui développe donc un oxymore, mais cette remarque est valable pour le dessin comme pour la narration. Pour faire simple donc, nous suivons les questionnements de l’auteur, ses réflexions, son introspection, avec un dessin au trait un peu brouillon, faussement simpliste. Mais en fait ce dessin se révèle bien plus riche qu’il n’y parait, avec des planches parfois très chargées. Quant à « l’intrigue », elle part un peu dans tous les sens. Nous pénétrons dans la tête de l’auteur, cheminons au fil de ses pensées et des images plus ou moins fantastiques, voire surréalistes qui y fleurissent. Le lecteur est même souvent directement interpellé, devient presque un personnage, invisible mais nécessaire au bon déroulement des « dialogues ». Il faut clairement être réceptif à ce type d’oeuvre, qui fait la part belle au rêve, à une certaine poésie, parfois enfantine (beaucoup de monstres ressemblent à ceux de Sendak dans ses « Maximonstres »), mais aussi à une certaine forme d’analyse autobiographique très présente chez beaucoup d’auteurs indé américains. Le travail éditorial d’Ici Même est vraiment très bon, avec une couverture cartonnée épaisse (comme le papier), dans un format presque carré. Je regrette juste un format un chouia trop petit. En effet, certaines planches auraient mérité d’être plus grandes, ne serait-ce que pour rendre plus lisibles certains textes, vraiment riquiquis parfois. Et ce d’autant plus que le texte est vraiment abondant (il ne faut pas non plus être réfractaire à cet aspect). Une chouette découverte en ce qui me concerne donc, et j’encourage les plus curieux à jeter un œil à cet album, dont je m’étonne qu’il n’ait pas été avisé depuis sa publication en France, il y a maintenant 8 ans.

13/11/2021 (modifier)