Gros album de bonne qualité, épaisseur des pages, rendu des couleurs et tout le toutim... Et pourtant c'est d'une légèreté subtile. Les dialogues ciselés et fleuris nous emportent sur cette intrigue complexe mais lisible sans nous lâcher, on le lit d'une traite ! Le héros est atypique de part son âge, sa profession, sa vie rangée, mais nous devient attachant très vite malgré tout. Et ce road trip de vioque d'abord réticent puis déterminé, magnifiquement dessiné, ne se laisse pas deviner. Il nous embarque fermement et nous dépose plus loin, un sourire au lèvre, tout surpris de ce voyage. Quel beau moment de lecture !
Terrible, magistral et superbe, un sacré bon album !!
Une réalisation de haute volée pour un western qui vous charmera. Seul à la barre, Neyef envoie du lourd, j’ai pris un plaisir fou à parcourir cette œuvre. Je ne peux que conseiller et vous invite à le glisser sous le sapin.
Une aventure fluide qui prend son temps, on s’attache à suivre un quatuor improbable et charismatique, composé de 3 indiens Lakota et d’un Irlandais. C’est très bien construit entre phases contemplatives, actions et dures vies au far west.
J’ai enquillé les pages avec un sourire béat, aidé en ça par un graphisme que je considère de toute beauté. A mes yeux, l’auteur a franchi un sacré palier. Un style lisible et détaillé, une narration maîtrisée, le tout est magnifiquement rehaussé par des couleurs du plus bel effet. Ah ces jeux de lumières (voyez la galerie) perso je me suis pris une claque, le grand format des planches est un sacré plus pour savourer.
Encore une réussite du label 619, changement d’éditeur mais toujours autant de soin sur la qualité du bouquin, du chouette boulot, je recommande chaudement, une belle surprise de 2022.
Je viens de découvrir cette trilogie. Quelle chouette découverte !!
Plusieurs histoires dans l'histoire que l'on découvrent progressivement jusqu'au moment où elles se lient. La mécanique est très bien faite. On s'attache rapidement aux personnages qui ont tous une part de mystère rendant l'intrigue prenante. On a envie de savoir quel sont les secrets, le passé et le devenir des protagonistes.
Même les personnages secondaires possèdent cette part de mystère qui pourraient faire d'eux les personnages principaux de l'histoire.
Mais l'histoire reste centrée sur le jeune Gus qui fugue pour retrouver son père et Charlotte qui court après son passé. Elle n'est clairement pas taillée pour l'aventure mais on se laisse facilement absorber par la lente évolution du personnage.
Il y a une belle histoire, des personnages bien travaillés, et une intrigue parfaitement ficelée qui font que c'est un vrai coup de cœur pour cette charmante BD.
En la lisant mon fils de 9 ans prenait des notes pour suivre les différentes intrigues et tenter de dénouer les différents mystères qui compose le récit.
On prend beaucoup de plaisir à lire cette BD
Une BD très originale, pas pour son scénario mais pour sa présentation.
Chaque case est une vue de dessus du décor, soit une pièce pour les actions à l'intérieur, soit un plan pour les passages à l'extérieur. Tous les personnages sont représentés par deux cercles concentriques avec pour chaque personnage des couleurs différentes.
Pour la compréhension de l'histoire, cette présentation ne pose aucun problème et l'auteur exploite à merveille ce mode de représentation en nous distillant dans le dessin des détails pour nous guider, comprendre et suivre les actions avec facilité.
Mon problème a été au départ pour la lecture. A chaque case, il faut regarder les couleurs présentes pour comprendre qui est présent et la mémorisation des couleurs n'est pas aussi naturelle qu'une représentation classique, mais au fil des pages on finit par s'adapter et trouver du plaisir à la lecture.
Le dessin est évidemment incomparable. L'approche graphique de l'auteur n'est pas seulement originale, elle est surtout réussie car il développe un style qui réussit à partir d'un plan sans vie à nous embarquer par terre et par mer dans une belle et cruelle aventure humaine.
Pour le scénario, cette histoire me rappelle La Perle de Steinbeck avec un personnage pauvre qui lutte et se confronte à l'impossibilité de devenir riche malgré une fortune à portée de main. Dans cette BD, c'est Simon, un enfant de 14 ans qui gagne une fortune en jouant dans une course de chevaux. Un ticket gagnant qui doit transformer sa vie se retrouve cerné par des adultes avides de lui voler. Une histoire dynamique du début à la fin pleine de surprises parfois humoristiques parfois graves avec un peu de fantastique et toujours ce jeune héros avec qui nous partageons son insupportable périple à travers l'Angleterre.
Félicitations à l'auteur et l'éditeur pour cette réussite collective, une découverte et une surprise complètement hors standard.
Un album qui explore la psyché de ce visionnaire du troisième art.
Edgar Poe fût un pionnier pour la littérature d'épouvante et d'horreur, Francisco de Goya le sera pour la peinture.
J'ai pu vivre "l'expérience Goya" au palais des beaux-arts de Lille en novembre 2021. J'en suis ressorti estomaqué.
El Torres propose une libre interprétation d'un pan de la vie de Goya qui m'a fasciné et secoué.
Un récit qui n'est pas un biographie du peintre puisqu'il commence à partir de 1793, après une longue maladie qui va le rendre en partie sourd. Et à partir de ce moment, il va avoir des hallucinations de monstres et sorcières qui vont transformer sa façon de peindre et le pousser dans le fantastique horrifique pour tenter d'exorciser ses démons.
Un récit qui met en exergue sa relation conflictuelle avec son épouse Josefa et celle plus qu'ambiguë avec la duchesse d'Albe, Maria Teresa. Des femmes qui marqueront sa vie.
Un narration, à la frontière de la folie, entre réalité et visions cauchemardesques, qui nous plonge dans l'intimité de l'artiste et ses tourments.
La proposition graphique de Fran Galán est époustouflante, il a su créer une atmosphère pesante, l'angoisse transpire sur chacune de ses planches. Il a su aussi piocher chez le peintre les visages cadavériques de certains de ses personnages.
Des décors aux protagonistes, Galán a réalisé un travail soigné, réaliste et débordant de détails.
Les couleurs mettent en valeur son trait précis dans des tons tantôt chauds, tantôt froids suivant l'état mental de Goya.
Une immersion dans cette Espagne fin XVIII° et début XIX° siècle.
Grandiose.
Pour les amateurs d'art, pour les inconditionnels de Goya et pour les curieux.
Je n'ai pas lu "Les Raisins de la Colère" et je ne connaissais pas cet épisode de l'histoire américaine liée au New Deal. C'est l'un des nombreux mérites de l'oeuvre d'Aimée De Jongh de me donner l'envie de me plonger dans l'oeuvre de Steinbeck.
J'ai trouvé le récit de l'auteure empreint d'une très forte humanité. De Jongh aborde ainsi de nombreux thèmes qui traversent notre actualité avec beaucoup de justesse et de pertinence. C'est paradoxal pour une histoire qui se passe il y a 85 ans.
Ainsi dans notre civilisation où l'image est devenue reine à travers les différents média et les réseaux sociaux, De Jongh nous propose une vraie réflexion sur la vérité véhiculée par une photo.
Bien des pages majeures de notre histoire contemporaine ont été écrites grâce ou à cause d'une photo qui a bouleversé une partie de "l'opinion" Je pense au Vietnam, à la Roumanie ou à la Syrie par exemple.
Mais De Jong à travers ce scénario à forte valeur émotionnelle ajoutée ne se contente pas de créer ce troublant roman d'amour, elle nous propose à partir du patrimoine photographique du Sénat américain une image inhabituelle du Sud profond.
Elle nous peint une population attachante et courageuse au "sang fort". Une image qui n'élude pas le problème racial mais qui rappelle une population de migrants climatiques aux yeux bleus. Ce rappel des erreurs inconscientes de nos parents ne peut que résonner très fort face aux défis qui se dressent devant nos enfants.
J'ai trouvé le graphisme agréable. D'une facture assez réaliste, il s'appuie sur les photos intercalées dans le récit. Son trait est précis et fin. Ses extérieurs de tempêtes ou les pauvres intérieurs des paysans du Nomansland sont d'un réalisme saisissant et provoquent une atmosphère très crédible.
Ma seule réserve porte sur les visages des personnages que je trouve trop poupons pour des conditions de vie aussi difficiles.
En conclusion j'ai trouvé cette lecture excellente. Elle propose non seulement une tension dramatique forte mais aussi un récit à base historique très intéressant. Un vrai moment de bonheur de lecture. 4.5
(Coucou, ça va spoiler un peu / beaucoup.. vous êtes prévenus).
Alors tout d'abord, je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée de laisser quelques mots ici après avoir fini la lecture il n'y a que 24h.
Pour rentrer directement dans le vif du sujet, ce C&S est la quintessence de SF que j'aime.
Alors oui, Bablet emprunte des routes scénaristiques connues, mais de mon côté j'étais persuadé que l'un des 2 protagonistes allait e rebeller de manière plus agressive vis à vis du système et des hommes.
Ici Bablet est sur un autre créneau, celui de la préservation et du respect des droits. On y retrouve d'ailleurs quelques clins d'œil à certaines situations que l'on pourrait qualifier de "woke" en 2022.
J'ai trouvé ces cent premières pages parfaites. La relation avec la scientifique, le fait qu'elle même se coupe de son monde (celui des humains, avec ce mari qui à juste titre sent la dérive de sa femme) au profit de son "œuvre" jusqu'à sa mort exclusivement corporelle était pour moi une étape tellement forte que je me suis demandé ce qu'allait pouvoir nous proposer la BD ensuite. Je me suis senti un peu comme dans ces rares séries qui arrivent à m'emporter d'épisodes en épisodes sans forcément tout mettre dans les 90 dernières secondes. Alors oui cet "après" pourra paraitre long à chacun... mais cela a pour but de renforcer la connexion entre les 2 protagonistes. Là encore Bablet m'a agréablement surpris à ne pas tomber dans la facilité du déjà-fait / déja-vu et à faire des bonds temporels exponentiels. L'œuvre est condensée en 250 ans (soit 17/18 vies de chat ;)) et cela rend encore plus impactantes les "évolutions" humaines et leurs interconnexions avec les machines, jusqu'à ne faire plus qu'un.
J'ai retrouvé un souffle d'Asimov mais aussi de K. Dick et de son adaptation la plus connue dans ces pages, les thèmes de la durée de vie et donc de la survie lorsque l'on a la "connaissance" de l'amour, mais aussi de la vision complexe du progrès et de la déliquescence technologique des corps mais également des esprits.
Chose assez rare me concernant, j'ai noté bon nombre de phrases que j'ai réellement trouvées magnifiques, sans tomber dans le pathos ou la leçon de morale.
Je finirai cet avis décousu sur les dessins. J'ai vu quelques avis négatifs sur ce point et je les comprends. Le parti pris ici n'est pas de faire une nouvelle œuvre de SF-sombre. Bablet utilise parfaitement toute la palette graphique (certaines utilisations des couleurs m'ont fait penser au traitement de Villeneuve dans Blade Runner 2) mise à disposition. Ce n'est certes pas mon trait de crayon de prédilection, mais le principal (les expressions, les volumes, les modifications, les ambiances...) est présent.
Pour finir, clairement Bablet a réalisé une œuvre qui restera en haute place dans ma bédéthèque, et que je reprendrais plaisir à lire sous un olivier (ah non zut, on en a pas beaucoup en Picardie).
Fils de Goldorak (enfin de l'époque), je suis parti dans la lecture de ce tome très confiant. En effet Xavier Dorison est l'un des scénaristes qui réussit quasiment systématiquement à m'embarquer dans ces histoires.
D'ailleurs depuis que j'ai repris la lecture de BD, j'apprécie d'autant plus le niveau de qualité qu'il continue à produire.
Ici je ne spoilerai pas l'histoire, mais je me félicite du traitement des personnages de notre (mon) enfance avec une histoire détaillée et pertinente dans l'univers de Goldorak.
Sans en faire une BD pour adultes, l'équipe a réussi à en faire une BD "adulte", avec une vraie construction narrative et la partie dessin tient parfaitement la dragée aux dialogues et à l'univers.
C'est donc une vraie réussite qui avait mis toutes les chances de son côté en s'entourant des bonnes personnes.
Un excellent album marquant quoique je le mette pas dans mes bandes dessinées cultes.
En effet, je trouve que toute la partie avec l'officier noir et sa famille n'est pas très captivante et comme c'est au début du récit, j'avais peur que tout le récit soit comme ça. Heureusement, cela devient passionnant lorsque Bobby s'évade et globalement c'est captivant à lire, mais je trouve que le récit souffre de quelques longueurs (notamment dans les scènes se passant en Allemagne) vu que Windsor-Smith aime bien prendre son temps pour montrer la psychologie des personnages, même si parfois ça finit par tourner un peu en rond.
C'est un récit très noir car l'auteur n'a aucun tabou et traite de beaucoup de sujets sombres, et certaines scènes sont très violentes, surtout psychologiquement. Comme je le dis le rythme est lent et ce n'est pas un album qu'on peut lire en une journée, à moins d'avoir beaucoup d'heures de temps libre. Le point fort est sans contexte la psychologie des personnages parce que la plupart des personnages sont complexes et très humains, même les pires salauds. Le dessin est bon quoique je le mette pas dans mon panthéon personnel.
Le genre d'album avec des scènes fortes qui restent dans la tête toute la vie....
Il y a de fortes chances que l’amateur de BD lambda soit quelque peu dérouté par cet étrange objet, vaguement inquiétant, noir comme un écran de smartphone, à l’extérieur comme à l’intérieur, hormis quelques éclipses inversées qui font surgir ça et là des images imprécises au cours de la narration. Les trois-quarts du livre sont constitués de cases noires où seuls les phylactères d’un dialogue mystérieux révèlent très progressivement la teneur du récit. A ce stade, impossible d’en dire trop au risque de gâcher l’effet de surprise qui fait tout le sel de l’ouvrage. On pourra tout au plus dire que le début de l’histoire rappelle ce film terrifiant des années 70, « Johnny s’en va en guerre », d’ailleurs évoqué brièvement, dans lequel un soldat se réveille sur un lit d’hôpital, aveugle et dans l’incapacité de communiquer avec le monde extérieur.
Certains reprocheront peut-être cette « paresse graphique » de la part de l’auteur, mais l’approche résolument oubapienne de ce dernier, laquelle est depuis longtemps sa marque de fabrique, le place hors d’atteinte des critiques fondées sur les codes normatifs de la bande dessinée. Marc-Antoine Mathieu nous met d’emblée dans la peau (si l’on peut dire…) du narrateur, privé de la vue et de la parole. Plongé dans un noir d’encre inquiétant, celui-ci entend des personnages dialoguer autour de lui sans pouvoir décrypter leurs propos énigmatiques, tandis que ceux-ci ne l’entendent pas. Le lecteur, qui est le seul à prendre connaissance de ses états d’âme, sera vite happé par l’intrigue, désireux de connaître le fin mot de l’histoire.
Avec « Deep Me », titre au nom évocateur qui fait visiblement référence à la fameuse « IA » joueuse d’échec des années 90, Mathieu nous livre une œuvre où il prouve de nouveau avec brio sa capacité à aborder les domaines les plus pointus de la métaphysique tout en tentant de les vulgariser avec son œil d’artiste-poète. L’auteur nous soumet ici les grandes questions ontologiques concernant la conscience, l’immortalité et la nature profonde de l’homme, et bien sûr la question de Dieu, se contentant d’y répondre par des hypothèses à la fois merveilleusement poétiques et terriblement vertigineuses, comme lui seul sait le faire.
Ceux qui ont la chance (pourrait-on parler de privilège ?) de connaître — et d’apprécier — le travail de MAM, seront enchantés de cette nouvelle œuvre. Quant aux autres, du moins ceux qui sont fascinés par ces questions ou qui privilégient les ouvrages requérant une certaine participation du lecteur, ils sont vivement invités à la découvrir, ainsi que l’ensemble de sa bibliographie, à commencer par la série Julius Corentin Acquefacques, un OVNI culte et emblématique de son auteur. A ce titre, « Deep Me » nous aura « profondément » comblés.
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Tananarive
Gros album de bonne qualité, épaisseur des pages, rendu des couleurs et tout le toutim... Et pourtant c'est d'une légèreté subtile. Les dialogues ciselés et fleuris nous emportent sur cette intrigue complexe mais lisible sans nous lâcher, on le lit d'une traite ! Le héros est atypique de part son âge, sa profession, sa vie rangée, mais nous devient attachant très vite malgré tout. Et ce road trip de vioque d'abord réticent puis déterminé, magnifiquement dessiné, ne se laisse pas deviner. Il nous embarque fermement et nous dépose plus loin, un sourire au lèvre, tout surpris de ce voyage. Quel beau moment de lecture !
Hoka Hey !
Terrible, magistral et superbe, un sacré bon album !! Une réalisation de haute volée pour un western qui vous charmera. Seul à la barre, Neyef envoie du lourd, j’ai pris un plaisir fou à parcourir cette œuvre. Je ne peux que conseiller et vous invite à le glisser sous le sapin. Une aventure fluide qui prend son temps, on s’attache à suivre un quatuor improbable et charismatique, composé de 3 indiens Lakota et d’un Irlandais. C’est très bien construit entre phases contemplatives, actions et dures vies au far west. J’ai enquillé les pages avec un sourire béat, aidé en ça par un graphisme que je considère de toute beauté. A mes yeux, l’auteur a franchi un sacré palier. Un style lisible et détaillé, une narration maîtrisée, le tout est magnifiquement rehaussé par des couleurs du plus bel effet. Ah ces jeux de lumières (voyez la galerie) perso je me suis pris une claque, le grand format des planches est un sacré plus pour savourer. Encore une réussite du label 619, changement d’éditeur mais toujours autant de soin sur la qualité du bouquin, du chouette boulot, je recommande chaudement, une belle surprise de 2022.
Charlotte et moi
Je viens de découvrir cette trilogie. Quelle chouette découverte !! Plusieurs histoires dans l'histoire que l'on découvrent progressivement jusqu'au moment où elles se lient. La mécanique est très bien faite. On s'attache rapidement aux personnages qui ont tous une part de mystère rendant l'intrigue prenante. On a envie de savoir quel sont les secrets, le passé et le devenir des protagonistes. Même les personnages secondaires possèdent cette part de mystère qui pourraient faire d'eux les personnages principaux de l'histoire. Mais l'histoire reste centrée sur le jeune Gus qui fugue pour retrouver son père et Charlotte qui court après son passé. Elle n'est clairement pas taillée pour l'aventure mais on se laisse facilement absorber par la lente évolution du personnage. Il y a une belle histoire, des personnages bien travaillés, et une intrigue parfaitement ficelée qui font que c'est un vrai coup de cœur pour cette charmante BD. En la lisant mon fils de 9 ans prenait des notes pour suivre les différentes intrigues et tenter de dénouer les différents mystères qui compose le récit. On prend beaucoup de plaisir à lire cette BD
La Couleur des choses
Une BD très originale, pas pour son scénario mais pour sa présentation. Chaque case est une vue de dessus du décor, soit une pièce pour les actions à l'intérieur, soit un plan pour les passages à l'extérieur. Tous les personnages sont représentés par deux cercles concentriques avec pour chaque personnage des couleurs différentes. Pour la compréhension de l'histoire, cette présentation ne pose aucun problème et l'auteur exploite à merveille ce mode de représentation en nous distillant dans le dessin des détails pour nous guider, comprendre et suivre les actions avec facilité. Mon problème a été au départ pour la lecture. A chaque case, il faut regarder les couleurs présentes pour comprendre qui est présent et la mémorisation des couleurs n'est pas aussi naturelle qu'une représentation classique, mais au fil des pages on finit par s'adapter et trouver du plaisir à la lecture. Le dessin est évidemment incomparable. L'approche graphique de l'auteur n'est pas seulement originale, elle est surtout réussie car il développe un style qui réussit à partir d'un plan sans vie à nous embarquer par terre et par mer dans une belle et cruelle aventure humaine. Pour le scénario, cette histoire me rappelle La Perle de Steinbeck avec un personnage pauvre qui lutte et se confronte à l'impossibilité de devenir riche malgré une fortune à portée de main. Dans cette BD, c'est Simon, un enfant de 14 ans qui gagne une fortune en jouant dans une course de chevaux. Un ticket gagnant qui doit transformer sa vie se retrouve cerné par des adultes avides de lui voler. Une histoire dynamique du début à la fin pleine de surprises parfois humoristiques parfois graves avec un peu de fantastique et toujours ce jeune héros avec qui nous partageons son insupportable périple à travers l'Angleterre. Félicitations à l'auteur et l'éditeur pour cette réussite collective, une découverte et une surprise complètement hors standard.
Goya - Le Terrible Sublime
Un album qui explore la psyché de ce visionnaire du troisième art. Edgar Poe fût un pionnier pour la littérature d'épouvante et d'horreur, Francisco de Goya le sera pour la peinture. J'ai pu vivre "l'expérience Goya" au palais des beaux-arts de Lille en novembre 2021. J'en suis ressorti estomaqué. El Torres propose une libre interprétation d'un pan de la vie de Goya qui m'a fasciné et secoué. Un récit qui n'est pas un biographie du peintre puisqu'il commence à partir de 1793, après une longue maladie qui va le rendre en partie sourd. Et à partir de ce moment, il va avoir des hallucinations de monstres et sorcières qui vont transformer sa façon de peindre et le pousser dans le fantastique horrifique pour tenter d'exorciser ses démons. Un récit qui met en exergue sa relation conflictuelle avec son épouse Josefa et celle plus qu'ambiguë avec la duchesse d'Albe, Maria Teresa. Des femmes qui marqueront sa vie. Un narration, à la frontière de la folie, entre réalité et visions cauchemardesques, qui nous plonge dans l'intimité de l'artiste et ses tourments. La proposition graphique de Fran Galán est époustouflante, il a su créer une atmosphère pesante, l'angoisse transpire sur chacune de ses planches. Il a su aussi piocher chez le peintre les visages cadavériques de certains de ses personnages. Des décors aux protagonistes, Galán a réalisé un travail soigné, réaliste et débordant de détails. Les couleurs mettent en valeur son trait précis dans des tons tantôt chauds, tantôt froids suivant l'état mental de Goya. Une immersion dans cette Espagne fin XVIII° et début XIX° siècle. Grandiose. Pour les amateurs d'art, pour les inconditionnels de Goya et pour les curieux.
Jours de sable
Je n'ai pas lu "Les Raisins de la Colère" et je ne connaissais pas cet épisode de l'histoire américaine liée au New Deal. C'est l'un des nombreux mérites de l'oeuvre d'Aimée De Jongh de me donner l'envie de me plonger dans l'oeuvre de Steinbeck. J'ai trouvé le récit de l'auteure empreint d'une très forte humanité. De Jongh aborde ainsi de nombreux thèmes qui traversent notre actualité avec beaucoup de justesse et de pertinence. C'est paradoxal pour une histoire qui se passe il y a 85 ans. Ainsi dans notre civilisation où l'image est devenue reine à travers les différents média et les réseaux sociaux, De Jongh nous propose une vraie réflexion sur la vérité véhiculée par une photo. Bien des pages majeures de notre histoire contemporaine ont été écrites grâce ou à cause d'une photo qui a bouleversé une partie de "l'opinion" Je pense au Vietnam, à la Roumanie ou à la Syrie par exemple. Mais De Jong à travers ce scénario à forte valeur émotionnelle ajoutée ne se contente pas de créer ce troublant roman d'amour, elle nous propose à partir du patrimoine photographique du Sénat américain une image inhabituelle du Sud profond. Elle nous peint une population attachante et courageuse au "sang fort". Une image qui n'élude pas le problème racial mais qui rappelle une population de migrants climatiques aux yeux bleus. Ce rappel des erreurs inconscientes de nos parents ne peut que résonner très fort face aux défis qui se dressent devant nos enfants. J'ai trouvé le graphisme agréable. D'une facture assez réaliste, il s'appuie sur les photos intercalées dans le récit. Son trait est précis et fin. Ses extérieurs de tempêtes ou les pauvres intérieurs des paysans du Nomansland sont d'un réalisme saisissant et provoquent une atmosphère très crédible. Ma seule réserve porte sur les visages des personnages que je trouve trop poupons pour des conditions de vie aussi difficiles. En conclusion j'ai trouvé cette lecture excellente. Elle propose non seulement une tension dramatique forte mais aussi un récit à base historique très intéressant. Un vrai moment de bonheur de lecture. 4.5
Carbone & Silicium
(Coucou, ça va spoiler un peu / beaucoup.. vous êtes prévenus). Alors tout d'abord, je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée de laisser quelques mots ici après avoir fini la lecture il n'y a que 24h. Pour rentrer directement dans le vif du sujet, ce C&S est la quintessence de SF que j'aime. Alors oui, Bablet emprunte des routes scénaristiques connues, mais de mon côté j'étais persuadé que l'un des 2 protagonistes allait e rebeller de manière plus agressive vis à vis du système et des hommes. Ici Bablet est sur un autre créneau, celui de la préservation et du respect des droits. On y retrouve d'ailleurs quelques clins d'œil à certaines situations que l'on pourrait qualifier de "woke" en 2022. J'ai trouvé ces cent premières pages parfaites. La relation avec la scientifique, le fait qu'elle même se coupe de son monde (celui des humains, avec ce mari qui à juste titre sent la dérive de sa femme) au profit de son "œuvre" jusqu'à sa mort exclusivement corporelle était pour moi une étape tellement forte que je me suis demandé ce qu'allait pouvoir nous proposer la BD ensuite. Je me suis senti un peu comme dans ces rares séries qui arrivent à m'emporter d'épisodes en épisodes sans forcément tout mettre dans les 90 dernières secondes. Alors oui cet "après" pourra paraitre long à chacun... mais cela a pour but de renforcer la connexion entre les 2 protagonistes. Là encore Bablet m'a agréablement surpris à ne pas tomber dans la facilité du déjà-fait / déja-vu et à faire des bonds temporels exponentiels. L'œuvre est condensée en 250 ans (soit 17/18 vies de chat ;)) et cela rend encore plus impactantes les "évolutions" humaines et leurs interconnexions avec les machines, jusqu'à ne faire plus qu'un. J'ai retrouvé un souffle d'Asimov mais aussi de K. Dick et de son adaptation la plus connue dans ces pages, les thèmes de la durée de vie et donc de la survie lorsque l'on a la "connaissance" de l'amour, mais aussi de la vision complexe du progrès et de la déliquescence technologique des corps mais également des esprits. Chose assez rare me concernant, j'ai noté bon nombre de phrases que j'ai réellement trouvées magnifiques, sans tomber dans le pathos ou la leçon de morale. Je finirai cet avis décousu sur les dessins. J'ai vu quelques avis négatifs sur ce point et je les comprends. Le parti pris ici n'est pas de faire une nouvelle œuvre de SF-sombre. Bablet utilise parfaitement toute la palette graphique (certaines utilisations des couleurs m'ont fait penser au traitement de Villeneuve dans Blade Runner 2) mise à disposition. Ce n'est certes pas mon trait de crayon de prédilection, mais le principal (les expressions, les volumes, les modifications, les ambiances...) est présent. Pour finir, clairement Bablet a réalisé une œuvre qui restera en haute place dans ma bédéthèque, et que je reprendrais plaisir à lire sous un olivier (ah non zut, on en a pas beaucoup en Picardie).
Goldorak
Fils de Goldorak (enfin de l'époque), je suis parti dans la lecture de ce tome très confiant. En effet Xavier Dorison est l'un des scénaristes qui réussit quasiment systématiquement à m'embarquer dans ces histoires. D'ailleurs depuis que j'ai repris la lecture de BD, j'apprécie d'autant plus le niveau de qualité qu'il continue à produire. Ici je ne spoilerai pas l'histoire, mais je me félicite du traitement des personnages de notre (mon) enfance avec une histoire détaillée et pertinente dans l'univers de Goldorak. Sans en faire une BD pour adultes, l'équipe a réussi à en faire une BD "adulte", avec une vraie construction narrative et la partie dessin tient parfaitement la dragée aux dialogues et à l'univers. C'est donc une vraie réussite qui avait mis toutes les chances de son côté en s'entourant des bonnes personnes.
Monstres
Un excellent album marquant quoique je le mette pas dans mes bandes dessinées cultes. En effet, je trouve que toute la partie avec l'officier noir et sa famille n'est pas très captivante et comme c'est au début du récit, j'avais peur que tout le récit soit comme ça. Heureusement, cela devient passionnant lorsque Bobby s'évade et globalement c'est captivant à lire, mais je trouve que le récit souffre de quelques longueurs (notamment dans les scènes se passant en Allemagne) vu que Windsor-Smith aime bien prendre son temps pour montrer la psychologie des personnages, même si parfois ça finit par tourner un peu en rond. C'est un récit très noir car l'auteur n'a aucun tabou et traite de beaucoup de sujets sombres, et certaines scènes sont très violentes, surtout psychologiquement. Comme je le dis le rythme est lent et ce n'est pas un album qu'on peut lire en une journée, à moins d'avoir beaucoup d'heures de temps libre. Le point fort est sans contexte la psychologie des personnages parce que la plupart des personnages sont complexes et très humains, même les pires salauds. Le dessin est bon quoique je le mette pas dans mon panthéon personnel. Le genre d'album avec des scènes fortes qui restent dans la tête toute la vie....
Deep Me
Il y a de fortes chances que l’amateur de BD lambda soit quelque peu dérouté par cet étrange objet, vaguement inquiétant, noir comme un écran de smartphone, à l’extérieur comme à l’intérieur, hormis quelques éclipses inversées qui font surgir ça et là des images imprécises au cours de la narration. Les trois-quarts du livre sont constitués de cases noires où seuls les phylactères d’un dialogue mystérieux révèlent très progressivement la teneur du récit. A ce stade, impossible d’en dire trop au risque de gâcher l’effet de surprise qui fait tout le sel de l’ouvrage. On pourra tout au plus dire que le début de l’histoire rappelle ce film terrifiant des années 70, « Johnny s’en va en guerre », d’ailleurs évoqué brièvement, dans lequel un soldat se réveille sur un lit d’hôpital, aveugle et dans l’incapacité de communiquer avec le monde extérieur. Certains reprocheront peut-être cette « paresse graphique » de la part de l’auteur, mais l’approche résolument oubapienne de ce dernier, laquelle est depuis longtemps sa marque de fabrique, le place hors d’atteinte des critiques fondées sur les codes normatifs de la bande dessinée. Marc-Antoine Mathieu nous met d’emblée dans la peau (si l’on peut dire…) du narrateur, privé de la vue et de la parole. Plongé dans un noir d’encre inquiétant, celui-ci entend des personnages dialoguer autour de lui sans pouvoir décrypter leurs propos énigmatiques, tandis que ceux-ci ne l’entendent pas. Le lecteur, qui est le seul à prendre connaissance de ses états d’âme, sera vite happé par l’intrigue, désireux de connaître le fin mot de l’histoire. Avec « Deep Me », titre au nom évocateur qui fait visiblement référence à la fameuse « IA » joueuse d’échec des années 90, Mathieu nous livre une œuvre où il prouve de nouveau avec brio sa capacité à aborder les domaines les plus pointus de la métaphysique tout en tentant de les vulgariser avec son œil d’artiste-poète. L’auteur nous soumet ici les grandes questions ontologiques concernant la conscience, l’immortalité et la nature profonde de l’homme, et bien sûr la question de Dieu, se contentant d’y répondre par des hypothèses à la fois merveilleusement poétiques et terriblement vertigineuses, comme lui seul sait le faire. Ceux qui ont la chance (pourrait-on parler de privilège ?) de connaître — et d’apprécier — le travail de MAM, seront enchantés de cette nouvelle œuvre. Quant aux autres, du moins ceux qui sont fascinés par ces questions ou qui privilégient les ouvrages requérant une certaine participation du lecteur, ils sont vivement invités à la découvrir, ainsi que l’ensemble de sa bibliographie, à commencer par la série Julius Corentin Acquefacques, un OVNI culte et emblématique de son auteur. A ce titre, « Deep Me » nous aura « profondément » comblés.