Bonne pioche et merci bdtheque d'avoir attiré mon attention sur cet album inclassable.
Enfin une bd où tout peut arriver, et chaque bas de page est suivi d'un rebondissement, tour à tour bizarre, rafraîchissant, drôle, dégoûtant, effrayant, agaçant poétique et pour finir familier.
C'est le cocon familial de chevrotine qui est attachant. Bucolique et sanguinolant, il mélange l"'Auberge rouge"(avec Fernandel) et "Retour vers le futur". Comment est-ce possible me direz-vous ?
Et bien je ne peux pas dire que je l' ai compris.
Le dessin en noir et blanc a quelque chose de Gotlieb mais après me-too : pluss de femmes et de filles, trait précis et décor simplifié, humour noir et perversité. ..
Et pour finir, la construction de l'histoire retombe sur ses pattes avec aplomb, alors qu'on s'attendait à être abandonné à notre questionnement.
Avec un bon scénario et un très bon dessin, Matz nous embarque dans une aventure mi-road-trip, mi-polar avec pour décor les grands espaces des déserts américains. Ça m’a aussitôt fait penser à un bon Clint Eastwood. Le héros, un homme solitaire au lourd passé mafieux, a décidé de collaborer avec les autorités et de venir le témoin principal dans le procès qui se prépare. A ce titre, il bénéficie du programme expérimental de protection des témoins contre la mafia. Briser l’omerta n’est pas sans risque ! L’existence de ce programme dans l’histoire des États-Unis apporte un intérêt supplémentaire à l’album. Ce préalable de départ posé, l’album déroule son scénario avec rythme et rebondissements jusqu’à une fin plutôt réussie. Le dessin est détaillé avec des couleurs douces qui donnent une belle ambiance à l’histoire. Une très belle découverte...
Le duo Wilfrid Lupano et Paul Cauuet nous offre un chef d'oeuvre à chaque nouveau "Vieux fourneaux".
Des scénarios bien ficelés, des dialogues auquel il serait impensable d'enlever un mot, des personnages irrésistibles dont on aimerait se faire des amis et un dessin fabuleusement précis et inventif. J'attend toujours impatiemment le nouvel opus, mais hésite un peu à le lire car après il faut encore attendre. Mais surtout, ne changez rien, prenez votre temps et continuez à faire vivre vos héros du quotidien et à dénoncer la bêtise et les injustices de toutes sortes.
A lire absolument ! ! !
Culte, coup de cœur et plus encore si c’était possible !!
J’ai un attachement tout particulier à cette série et d’autant plus sur cette déclinaison Zénith. Ça fait 25 ans que je la suis et je ne m’en lasse toujours pas.
La découverte en 98 de Coeur de canard a été une claque, pas sur le plan graphique on va pas se mentir, mais bien sur ce ton humoristique aux relents parodiques, c’est con, c’est drôle, c’est frais et d’une belle densité dans le monde créé.
Sans l’attendre spécialement c’était à mes yeux l’album rêvé. Grâce à lui je me suis jeté derechef sur Les formidables aventures de Lapinot … et un peu plus tard sur les albums de L’Association. Je m’égare quelque peu mais la rencontre avec ces 2 auteurs (majeurs ?) a mine de rien participé à mon élargissement du médium.
Le 2eme tome sorti la même année enfonce le clou et surfe sur la même veine. C’était alors le début de la franchise, des histoires pas très profondes mais immensément drôles, et qui mine de rien vont créer le terreau de tout un univers au combien attachant. Ce dernier commencera à prendre forme rapidement avec les déclinaisons Crépuscule et Potron-minet. Les tomes 3 et 4 de Zénith seront les derniers dessinés par Lewis Trondheim, c’est toujours aussi bon, au ton décomplexé et joyeux par rapport aux déclinaisons un peu plus sombre, un must.
A partir du 5eme, Boulet reprend la partie graphique de bien belle manière, et les scenarii commencent à être plus ancrés dans l’univers, il en va de même pour l’évolution des personnages, un must.
Je fais parti des dégoûtés de 2010 avec l’arrêt de la franchise annoncée par les auteurs, ils avaient offerts une fin à la série Crépuscule en 2014 mais laissés un trou béant dans mon cœur ainsi que sur la déclinaison Zénith, qui est la colonne vertébrale de ce vaste monde.
Depuis 2020 et cette reprise de Zénith par les mêmes auteurs, je pardonne tout (et mon petit coeur est réparé). Chaque nouvelle sortie est de très très haute volée et me remplit de joie, un immense plaisir de retrouver Herbert, Marvin, Le gardien, Isis … et de suivre leur évolution (Larmes et brouillard fait partie de mes meilleures lectures de 2022).
A mes yeux un classique et un indispensable, quand c’est fait avec autant de talents, c’est le genre d’histoire et d’univers où je souhaite me perdre, et Zénith en est la pièce maîtresse.
C’est génial, c’est fort, ça a super bien évolué depuis ses débuts, c’est rare (9 tomes en 25 ans), c’est drôle, c’est monstrueux, un must pour tous les amateurs de Fantasy. Une des rares séries où je ne peux attendre la lecture, complètement addict, il me faut la nouveauté dans les 48h de sa sortie et tant pis pour les kilomètres.
Je ne suis pas le seul à être tombé dans la marmite mais les auteurs ont bien réussis leur coup. Génération Donjon !!
Un véritable OVNI que cet album !
J'avoue l'avoir souvent feuilleté en librairie, puis reposé , assez perplexe quant à son contenu . Et puis, le festival d'Angoulême est passé par là en distinguant ce livre. Il faut remonter à 2016, avec Ici de Richard Mc Guire, également autre OVNI, pour qu'un lauréat du Fauve d'Or attise autant ma curiosité. Au vu des bonnes critiques lues ici ou là, et sur les conseils de ma libraire (pour qui , ce livre était son coup de cœur depuis sa sortie), j'ai enfin franchi le pas en l'achetant.
En suivant les aventures de Simon, Martin Panchaud nous entraine à la fois dans un polar, un road movie, et une comédie extrêmement bien agencés. Le scénario repose sur un travail d'orfèvre, et une fois lancé dans la lecture, j'ai eu du mal lâcher ce livre... C'est presque addictif.
Mais ce qui fait la force de ce récit, c'est évidement sa forme En découvrant l'histoire de Simon du "dessus", le lecteur peut être à première vue être décontenancé voire déstabilisé, mais il n'en est rien, et je me surpris à découvrir un récit fluide, où la façon de représenter les personnages ne gâche en rien le plaisir de lecture, au contraire.
Avec un dessin presque géométrique, presque tiré au cordeau, Martin Panchaud me fait curieusement songer à Chris Ware, ce qui n'est pas une mince référence.
Découvrez donc le destin du pauvre Simon, si habilement mis en scène par Martin Panchaud.
Ce livre relève à la fois de la pépite et de l'originalité.
Pour une fois, depuis bien longtemps, je rejoins l'avis du jury du festival d'Angoulême.
« La méduse » est une histoire très humaine, celle d’un drame qui vient bouleverser la vie d’Odette, une jeune femme tellement attachante, qui essaye d’être forte et indépendante malgré les évènements qui la dépassent petit à petit. Heureusement, ses amis sont là pour l’accompagner dans les moments difficiles. Le ton est juste, l’histoire ne verse pas dans le larmoyant et m’a beaucoup touché… Il en ressort un sentiment de bienveillance qui fait chaud au cœur.
La mise en image est superbe. Le style tout en rondeur, un peu typé manga, est mignon au possible, et la trouvaille de la méduse est bien vue, surtout en fin d’album.
Un excellent moment de lecture et de tendresse passé en compagnie de personnages que j’aimerais compter parmi mes proches.
Je profite de la réédition de plusieurs séries Jeunesse de Sarbacane pour explorer leur (très bon) catalogue à moindre prix. Personnellement je trouve que ce plus petit format ne nuit pas à la qualité de lecture. Au contraire ce format avec des couvertures souples de qualité sont bien plus faciles à utiliser par des mains d'enfants. De même il y a un gain de place pour le rangement et le transport.
De plus en cette période d'économie de moyens pour faire preuve de volonté écologique, je trouve l'initiative des éditions Sarbacane digne de louange.
C'est d'autant plus intéressant que j'ai vraiment passé un excellent moment à lire cette série de cinq épisodes bourrés d'humour.
J'avais déjà apprécié le travail très intelligent de Ced dans Hôtel Pennington. Une nouvelle fois il m'a régalé par son esprit humoristique qu'il met au niveau de lecture des enfants sans tomber dans du pipi-caca ou des situations bêtes et méchantes. Les pérégrinations de cette petite bande si hétéroclite de bras cassés sont vraiment drôles.
L'originalité des récits est de proposer une histoire longue avec son schéma directeur et ses rebondissements tout en proposant une chute à la fin de chaque planche. Un mixte entre strips et récit complet qui est très bien pensé. Cela donne beaucoup de punch au récit qui rebondit toujours sur une note d'humour.
Ced est très bien secondé par le graphisme et la mise en couleur de Jean-Philippe Morin. Les personnages sont attachants, dynamiques avec des mimiques rigolotes. Morin a très bien su traduire le décalage entre ses personnages et l'univers d'Héroïc Fantasy loufoque dans lequel ils se meuvent.
Les références au "Seigneur des Anneaux" sont présentes et sont toujours détournées avec une grande habileté.
En conclusion une vraie lecture plaisir pour les enfants et leurs parents.
Il n'est pas évident de trouver des mots qui parlent à tous sur un sujet aussi brûlant que l'avenir. L'avenir proche, très proche.
A travers le regard de trois jeunes parisiens, cette histoire transporte le lecteur à la découverte d'un monde SENSationnel. L'auteur met en avant les vestiges d'une civilisation ancestrale, en perfusion, où les traditions d'un peuple autochtone (ici en Alaska) résistent tant bien que mal à l'appel séduisant de la technologie, de l'immédiateté et du tout à portée de main. Ces peuples sont les premiers témoins, malgré eux, d'un environnement en plein bouleversement et à l'inverse, les derniers porteurs d'une vision animiste, philosophie centrale dans ce récit.
Plus qu'une critique de la civilisation occidentale en tant que population, c'est une invitation à la réflexion en tant qu'individu sur un mode de vie en guerre contre le vivant, sur des regards détournés d'évidences criantes et plus globalement sur le sens du mot 'vivre' en ce monde.
Je viens de finir Sapiens de Yuval Noah Harrari et je trouve personnellement que 'Les Pizzlys' en est une belle conclusion. L'illustration d'une évolution (biologique, culturelle et sociale) progressive de plusieurs dizaines et centaines de milliers d'années en contraste d'une destruction accélérée à l'échelle de quelques générations humaines.
Depuis ma lecture du Discours de la panthère, j'apprécie de plus en plus ce style graphique propre à Jérémie Moreau.
L'ouvrage en lui-même est magnifique (les couleurs de la première de couverture et sa taille) et la lecture est d'une grande fluidité avec un nombre important de pages contemplatives !
Je recommande à tous la lecture :)
Un deuxième uppercut au foie en moins d'une semaine après Aliss, ici ni sexe, ni drogue, mais du fantastique horrifique avec un zeste de western.
Un récit basé sur des faits réels, Sarah Winchester perd sa fille unique, Annie, puis hérite à la mort de son mari, William, de cinquante pour cent des parts de la Winchester Repeating Arms Company. Elle tombe dans la dépression et se sent traquée par les personnes tuées par les carabines Winchester. Elle fera construire une maison, pendant 38 années consécutives et 24 heures sur 24, en Californie, pour elle et les fantômes. Une maison qui ne cessera de s'agrandir avec des escaliers et des couloirs qui ne mènent nulle part, des portes qui s'ouvrent sur le vide.
La maison existe toujours et peut se visiter, elle se situe à San José, elle est considérée comme hantée.
Voici le terreau sur lequel ce récit prend forme et qui mélange subtilement réalité, fiction et fantastique, et quoi de mieux que ces quelques mots de Sarah pour commencer : "Ce qui n'a aucun sens, c'est que tu t'obstines à prendre le parti d'une firme qui fabrique en masse des fantômes qui viennent me hanter et m'empêchent de conduire William et Annie jusqu'à leur repos éternel. Et cela je le prends très personnellement."
L'action se situe en 1905, Sarah fait travailler ses ouvriers en 3x8, elle a un besoin irrationnel d'entendre le bruit des marteaux à chaque instant. Tous les ouvriers sont d'anciens criminels, ils sont là pour faire pénitence. Fusils et revolvers sont interdits sur la propriété.
Un jour, arrive Warren Peck, un cowboy tout aussi abîmé, et celui-ci va prendre une place importante dans la vie de Sarah, ils vont tenter de se sauver mutuellement. Une histoire triste et émouvante avec la culpabilité et les armes à feu en caisse de résonance.
La narration fluide et maîtrisée de Tomasi fait monter crescendo la tension et visite merveilleusement bien la psyché tourmentée de Sarah. Des personnages complexes qui, malgré leurs défauts, restent attachants. Un sacré tour de force.
Je découvre Ian Bertram et là c'est le choc, la partie graphique est monumentale dans un style semi-réaliste qui rappelle un peu Moebius, François Bourgeon et Charles Burns, mais avec une patte bien personnelle. Un trait fin, précis, détaillé, dynamique et sale par moment qui donne une texture au dessin, j'en suis tombé amoureux. J'ai adoré la façon dont il représente la folie dès qu'elle apparaît avec ces espèces de tentacules qui sortent de partout. Mais ce qui m'a le plus marqué, c'est le regard des personnages, ils sont si expressifs qu'on en devine leurs émotions.
Quelle maestria dans la mise en page, elle est tantôt intimiste, tantôt extravagante avec toujours des cadrages qui font mouches.
J'en reste scotché sur ma chaise.
Un petit mot sur la colorisation de Dave Stewart, elle est superbe et apporte une intensité émotionnelle supplémentaire au récit.
Un trio d'auteurs qui réalisent un petit bijou dans un genre que j'affectionne.
J'ai longtemps hésité avec un 5 étoiles, peut-être lors d'une prochaine lecture.
Ha ben voilà un titre qui m'a littéralement subjugué.
Tout est bien : le dessin hyper expressif de Guibert, dans un registre un peu différent de ce qu'il propose habituellement, les dialogues décalés et souvent fendards, et le scénar qui nous immerge dans la Judée antique.
Cette histoire de gamin qui s'acoquine avec une bande de bras cassés de divers horizons afin de retrouver son père tient bien la route. Sfar et Guibert nous gratifient d'une jolie et truculente quête initiatique. De la part de Sfar, on aurait pu craindre une énième soupe spirituelle autour de la judéité, mais non. Ca c'était avant que notre homme se mette à tourner en rond autour de ses problèmes d'appartenance religieuse (le Chat du rabbin, pffff !... 4 tomes en trop, facile). Est-ce le fait que la série ne soit pas terminée, seul élément regrettable ? Parce que ça, faut l'admettre, ça fait vraiment chrique de savoir qu'on ne verra jamais la fin de ce projet abandonné en cours de route.
Est-ce d'ailleurs ce qui la rend culte à mes yeux ? Peut-être bien. En tout cas, c'est une BD que j'ai relue souvent et à chaque fois avec le même plaisir jubilatoire.
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Chevrotine
Bonne pioche et merci bdtheque d'avoir attiré mon attention sur cet album inclassable. Enfin une bd où tout peut arriver, et chaque bas de page est suivi d'un rebondissement, tour à tour bizarre, rafraîchissant, drôle, dégoûtant, effrayant, agaçant poétique et pour finir familier. C'est le cocon familial de chevrotine qui est attachant. Bucolique et sanguinolant, il mélange l"'Auberge rouge"(avec Fernandel) et "Retour vers le futur". Comment est-ce possible me direz-vous ? Et bien je ne peux pas dire que je l' ai compris. Le dessin en noir et blanc a quelque chose de Gotlieb mais après me-too : pluss de femmes et de filles, trait précis et décor simplifié, humour noir et perversité. .. Et pour finir, la construction de l'histoire retombe sur ses pattes avec aplomb, alors qu'on s'attendait à être abandonné à notre questionnement.
Le Serpent et le Coyote
Avec un bon scénario et un très bon dessin, Matz nous embarque dans une aventure mi-road-trip, mi-polar avec pour décor les grands espaces des déserts américains. Ça m’a aussitôt fait penser à un bon Clint Eastwood. Le héros, un homme solitaire au lourd passé mafieux, a décidé de collaborer avec les autorités et de venir le témoin principal dans le procès qui se prépare. A ce titre, il bénéficie du programme expérimental de protection des témoins contre la mafia. Briser l’omerta n’est pas sans risque ! L’existence de ce programme dans l’histoire des États-Unis apporte un intérêt supplémentaire à l’album. Ce préalable de départ posé, l’album déroule son scénario avec rythme et rebondissements jusqu’à une fin plutôt réussie. Le dessin est détaillé avec des couleurs douces qui donnent une belle ambiance à l’histoire. Une très belle découverte...
Les Vieux Fourneaux
Le duo Wilfrid Lupano et Paul Cauuet nous offre un chef d'oeuvre à chaque nouveau "Vieux fourneaux". Des scénarios bien ficelés, des dialogues auquel il serait impensable d'enlever un mot, des personnages irrésistibles dont on aimerait se faire des amis et un dessin fabuleusement précis et inventif. J'attend toujours impatiemment le nouvel opus, mais hésite un peu à le lire car après il faut encore attendre. Mais surtout, ne changez rien, prenez votre temps et continuez à faire vivre vos héros du quotidien et à dénoncer la bêtise et les injustices de toutes sortes. A lire absolument ! ! !
Donjon Zenith
Culte, coup de cœur et plus encore si c’était possible !! J’ai un attachement tout particulier à cette série et d’autant plus sur cette déclinaison Zénith. Ça fait 25 ans que je la suis et je ne m’en lasse toujours pas. La découverte en 98 de Coeur de canard a été une claque, pas sur le plan graphique on va pas se mentir, mais bien sur ce ton humoristique aux relents parodiques, c’est con, c’est drôle, c’est frais et d’une belle densité dans le monde créé. Sans l’attendre spécialement c’était à mes yeux l’album rêvé. Grâce à lui je me suis jeté derechef sur Les formidables aventures de Lapinot … et un peu plus tard sur les albums de L’Association. Je m’égare quelque peu mais la rencontre avec ces 2 auteurs (majeurs ?) a mine de rien participé à mon élargissement du médium. Le 2eme tome sorti la même année enfonce le clou et surfe sur la même veine. C’était alors le début de la franchise, des histoires pas très profondes mais immensément drôles, et qui mine de rien vont créer le terreau de tout un univers au combien attachant. Ce dernier commencera à prendre forme rapidement avec les déclinaisons Crépuscule et Potron-minet. Les tomes 3 et 4 de Zénith seront les derniers dessinés par Lewis Trondheim, c’est toujours aussi bon, au ton décomplexé et joyeux par rapport aux déclinaisons un peu plus sombre, un must. A partir du 5eme, Boulet reprend la partie graphique de bien belle manière, et les scenarii commencent à être plus ancrés dans l’univers, il en va de même pour l’évolution des personnages, un must. Je fais parti des dégoûtés de 2010 avec l’arrêt de la franchise annoncée par les auteurs, ils avaient offerts une fin à la série Crépuscule en 2014 mais laissés un trou béant dans mon cœur ainsi que sur la déclinaison Zénith, qui est la colonne vertébrale de ce vaste monde. Depuis 2020 et cette reprise de Zénith par les mêmes auteurs, je pardonne tout (et mon petit coeur est réparé). Chaque nouvelle sortie est de très très haute volée et me remplit de joie, un immense plaisir de retrouver Herbert, Marvin, Le gardien, Isis … et de suivre leur évolution (Larmes et brouillard fait partie de mes meilleures lectures de 2022). A mes yeux un classique et un indispensable, quand c’est fait avec autant de talents, c’est le genre d’histoire et d’univers où je souhaite me perdre, et Zénith en est la pièce maîtresse. C’est génial, c’est fort, ça a super bien évolué depuis ses débuts, c’est rare (9 tomes en 25 ans), c’est drôle, c’est monstrueux, un must pour tous les amateurs de Fantasy. Une des rares séries où je ne peux attendre la lecture, complètement addict, il me faut la nouveauté dans les 48h de sa sortie et tant pis pour les kilomètres. Je ne suis pas le seul à être tombé dans la marmite mais les auteurs ont bien réussis leur coup. Génération Donjon !!
La Couleur des choses
Un véritable OVNI que cet album ! J'avoue l'avoir souvent feuilleté en librairie, puis reposé , assez perplexe quant à son contenu . Et puis, le festival d'Angoulême est passé par là en distinguant ce livre. Il faut remonter à 2016, avec Ici de Richard Mc Guire, également autre OVNI, pour qu'un lauréat du Fauve d'Or attise autant ma curiosité. Au vu des bonnes critiques lues ici ou là, et sur les conseils de ma libraire (pour qui , ce livre était son coup de cœur depuis sa sortie), j'ai enfin franchi le pas en l'achetant. En suivant les aventures de Simon, Martin Panchaud nous entraine à la fois dans un polar, un road movie, et une comédie extrêmement bien agencés. Le scénario repose sur un travail d'orfèvre, et une fois lancé dans la lecture, j'ai eu du mal lâcher ce livre... C'est presque addictif. Mais ce qui fait la force de ce récit, c'est évidement sa forme En découvrant l'histoire de Simon du "dessus", le lecteur peut être à première vue être décontenancé voire déstabilisé, mais il n'en est rien, et je me surpris à découvrir un récit fluide, où la façon de représenter les personnages ne gâche en rien le plaisir de lecture, au contraire. Avec un dessin presque géométrique, presque tiré au cordeau, Martin Panchaud me fait curieusement songer à Chris Ware, ce qui n'est pas une mince référence. Découvrez donc le destin du pauvre Simon, si habilement mis en scène par Martin Panchaud. Ce livre relève à la fois de la pépite et de l'originalité. Pour une fois, depuis bien longtemps, je rejoins l'avis du jury du festival d'Angoulême.
La Méduse
« La méduse » est une histoire très humaine, celle d’un drame qui vient bouleverser la vie d’Odette, une jeune femme tellement attachante, qui essaye d’être forte et indépendante malgré les évènements qui la dépassent petit à petit. Heureusement, ses amis sont là pour l’accompagner dans les moments difficiles. Le ton est juste, l’histoire ne verse pas dans le larmoyant et m’a beaucoup touché… Il en ressort un sentiment de bienveillance qui fait chaud au cœur. La mise en image est superbe. Le style tout en rondeur, un peu typé manga, est mignon au possible, et la trouvaille de la méduse est bien vue, surtout en fin d’album. Un excellent moment de lecture et de tendresse passé en compagnie de personnages que j’aimerais compter parmi mes proches.
A.S.T.
Je profite de la réédition de plusieurs séries Jeunesse de Sarbacane pour explorer leur (très bon) catalogue à moindre prix. Personnellement je trouve que ce plus petit format ne nuit pas à la qualité de lecture. Au contraire ce format avec des couvertures souples de qualité sont bien plus faciles à utiliser par des mains d'enfants. De même il y a un gain de place pour le rangement et le transport. De plus en cette période d'économie de moyens pour faire preuve de volonté écologique, je trouve l'initiative des éditions Sarbacane digne de louange. C'est d'autant plus intéressant que j'ai vraiment passé un excellent moment à lire cette série de cinq épisodes bourrés d'humour. J'avais déjà apprécié le travail très intelligent de Ced dans Hôtel Pennington. Une nouvelle fois il m'a régalé par son esprit humoristique qu'il met au niveau de lecture des enfants sans tomber dans du pipi-caca ou des situations bêtes et méchantes. Les pérégrinations de cette petite bande si hétéroclite de bras cassés sont vraiment drôles. L'originalité des récits est de proposer une histoire longue avec son schéma directeur et ses rebondissements tout en proposant une chute à la fin de chaque planche. Un mixte entre strips et récit complet qui est très bien pensé. Cela donne beaucoup de punch au récit qui rebondit toujours sur une note d'humour. Ced est très bien secondé par le graphisme et la mise en couleur de Jean-Philippe Morin. Les personnages sont attachants, dynamiques avec des mimiques rigolotes. Morin a très bien su traduire le décalage entre ses personnages et l'univers d'Héroïc Fantasy loufoque dans lequel ils se meuvent. Les références au "Seigneur des Anneaux" sont présentes et sont toujours détournées avec une grande habileté. En conclusion une vraie lecture plaisir pour les enfants et leurs parents.
Les Pizzlys
Il n'est pas évident de trouver des mots qui parlent à tous sur un sujet aussi brûlant que l'avenir. L'avenir proche, très proche. A travers le regard de trois jeunes parisiens, cette histoire transporte le lecteur à la découverte d'un monde SENSationnel. L'auteur met en avant les vestiges d'une civilisation ancestrale, en perfusion, où les traditions d'un peuple autochtone (ici en Alaska) résistent tant bien que mal à l'appel séduisant de la technologie, de l'immédiateté et du tout à portée de main. Ces peuples sont les premiers témoins, malgré eux, d'un environnement en plein bouleversement et à l'inverse, les derniers porteurs d'une vision animiste, philosophie centrale dans ce récit. Plus qu'une critique de la civilisation occidentale en tant que population, c'est une invitation à la réflexion en tant qu'individu sur un mode de vie en guerre contre le vivant, sur des regards détournés d'évidences criantes et plus globalement sur le sens du mot 'vivre' en ce monde. Je viens de finir Sapiens de Yuval Noah Harrari et je trouve personnellement que 'Les Pizzlys' en est une belle conclusion. L'illustration d'une évolution (biologique, culturelle et sociale) progressive de plusieurs dizaines et centaines de milliers d'années en contraste d'une destruction accélérée à l'échelle de quelques générations humaines. Depuis ma lecture du Discours de la panthère, j'apprécie de plus en plus ce style graphique propre à Jérémie Moreau. L'ouvrage en lui-même est magnifique (les couleurs de la première de couverture et sa taille) et la lecture est d'une grande fluidité avec un nombre important de pages contemplatives ! Je recommande à tous la lecture :)
Dans l'antre de la pénitence
Un deuxième uppercut au foie en moins d'une semaine après Aliss, ici ni sexe, ni drogue, mais du fantastique horrifique avec un zeste de western. Un récit basé sur des faits réels, Sarah Winchester perd sa fille unique, Annie, puis hérite à la mort de son mari, William, de cinquante pour cent des parts de la Winchester Repeating Arms Company. Elle tombe dans la dépression et se sent traquée par les personnes tuées par les carabines Winchester. Elle fera construire une maison, pendant 38 années consécutives et 24 heures sur 24, en Californie, pour elle et les fantômes. Une maison qui ne cessera de s'agrandir avec des escaliers et des couloirs qui ne mènent nulle part, des portes qui s'ouvrent sur le vide. La maison existe toujours et peut se visiter, elle se situe à San José, elle est considérée comme hantée. Voici le terreau sur lequel ce récit prend forme et qui mélange subtilement réalité, fiction et fantastique, et quoi de mieux que ces quelques mots de Sarah pour commencer : "Ce qui n'a aucun sens, c'est que tu t'obstines à prendre le parti d'une firme qui fabrique en masse des fantômes qui viennent me hanter et m'empêchent de conduire William et Annie jusqu'à leur repos éternel. Et cela je le prends très personnellement." L'action se situe en 1905, Sarah fait travailler ses ouvriers en 3x8, elle a un besoin irrationnel d'entendre le bruit des marteaux à chaque instant. Tous les ouvriers sont d'anciens criminels, ils sont là pour faire pénitence. Fusils et revolvers sont interdits sur la propriété. Un jour, arrive Warren Peck, un cowboy tout aussi abîmé, et celui-ci va prendre une place importante dans la vie de Sarah, ils vont tenter de se sauver mutuellement. Une histoire triste et émouvante avec la culpabilité et les armes à feu en caisse de résonance. La narration fluide et maîtrisée de Tomasi fait monter crescendo la tension et visite merveilleusement bien la psyché tourmentée de Sarah. Des personnages complexes qui, malgré leurs défauts, restent attachants. Un sacré tour de force. Je découvre Ian Bertram et là c'est le choc, la partie graphique est monumentale dans un style semi-réaliste qui rappelle un peu Moebius, François Bourgeon et Charles Burns, mais avec une patte bien personnelle. Un trait fin, précis, détaillé, dynamique et sale par moment qui donne une texture au dessin, j'en suis tombé amoureux. J'ai adoré la façon dont il représente la folie dès qu'elle apparaît avec ces espèces de tentacules qui sortent de partout. Mais ce qui m'a le plus marqué, c'est le regard des personnages, ils sont si expressifs qu'on en devine leurs émotions. Quelle maestria dans la mise en page, elle est tantôt intimiste, tantôt extravagante avec toujours des cadrages qui font mouches. J'en reste scotché sur ma chaise. Un petit mot sur la colorisation de Dave Stewart, elle est superbe et apporte une intensité émotionnelle supplémentaire au récit. Un trio d'auteurs qui réalisent un petit bijou dans un genre que j'affectionne. J'ai longtemps hésité avec un 5 étoiles, peut-être lors d'une prochaine lecture.
Les Olives noires
Ha ben voilà un titre qui m'a littéralement subjugué. Tout est bien : le dessin hyper expressif de Guibert, dans un registre un peu différent de ce qu'il propose habituellement, les dialogues décalés et souvent fendards, et le scénar qui nous immerge dans la Judée antique. Cette histoire de gamin qui s'acoquine avec une bande de bras cassés de divers horizons afin de retrouver son père tient bien la route. Sfar et Guibert nous gratifient d'une jolie et truculente quête initiatique. De la part de Sfar, on aurait pu craindre une énième soupe spirituelle autour de la judéité, mais non. Ca c'était avant que notre homme se mette à tourner en rond autour de ses problèmes d'appartenance religieuse (le Chat du rabbin, pffff !... 4 tomes en trop, facile). Est-ce le fait que la série ne soit pas terminée, seul élément regrettable ? Parce que ça, faut l'admettre, ça fait vraiment chrique de savoir qu'on ne verra jamais la fin de ce projet abandonné en cours de route. Est-ce d'ailleurs ce qui la rend culte à mes yeux ? Peut-être bien. En tout cas, c'est une BD que j'ai relue souvent et à chaque fois avec le même plaisir jubilatoire.