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Couverture de la série La Fille du professeur
La Fille du professeur

J'ai été étonné et séduit par les propositions scénaristiques et graphiques des auteurs. Pour le moment je reste rarement insensible au travail de Sfar. Il arrive que je n'aime pas mais je lui trouve souvent une originalité créatrice vraiment intéressante. C'est le cas pour la fille du professeur. "Rationalistes doctrinaires passez votre chemin ! " semblent dire deux auteurs facétieux. Sfar se moque avec un humour parfois noir et souvent très pince sans rire d'un modèle sociétal guindé, sclérosé voire momifié dans ses traditions. J'ai eu l'impression de retrouver une pointe d'humour à la Jim Henson ou à la Monty Python assez corrosive sous son aspect aristocratique. Je me rends compte que la série a été reclassifier en "conte" après avoir été classée en "humour". Personnellement je ne suis pas convaincu par ce changement. Sfar travaille sur un humour qui ne correspond pas à nos habitudes mais c'est cet humour très british détourné qui fait tout le sel de l'album. Mais cela prouve aussi qu'il est très difficile de mettre cette série dans une case bien établie. Cela en fait une partie de son charme car elle a un extraordinaire pouvoir de surprendre. Je suis élogieux sur le scénario qui a reçu un prix mais il est légitime d'admirer le graphisme qui a aussi été récompensé. Je ne sais pas si Guibert pouvait mieux illustrer l'originalité du récit que par la singularité du dessin qu'il nous propose. Chaque case n'est qu'élégance, mouvement, création et découverte. Les dégradés, la variation des teintes dominantes ou les éclairages, tout nous entraine dans une féérie sensuelle. C'est expressif dans les gestuelles et dans les ambiances de ce Londres Victorien. Une oeuvre singulière qui porte un message de création artistique mais aussi un message de critique sociétale.

10/09/2023 (modifier)
Couverture de la série Alex et Euréka
Alex et Euréka

Ma série préférée à l'époque et encore maintenant !! Les dessins parfaits , l’ambiance, l'humour ... c'est dingue ! Mon préféré : "Ramula est là"

09/09/2023 (modifier)
Par Spooky
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Diana & Charlie
Diana & Charlie

Pas facile de s'attaquer à la question de la transition de genre, surtout à l'âge si complexe de l'adolescence. C'est pourtant ce qu'a réussi à faire le Suédois Elias ZEricson, au travers de ce roman graphique de plus de 200 pages, centré sur l'amitié particulière de deux personnes qui se posent des questions sur leur identité, leur genre. Nous avons Diana, née dans un corps de garçon, qui attend avec impatience sa majorité pour commencer sa transition vers un corps féminin. Et son ami Charlie, né dans un corps de fille, qui souhaite être considéré comme une personne sans genre. Au-delà de la question de leur genre, se pose celle de leur sexualité. Diana couche avec des garçons, mais a le béguin pour une fille ; Charlie se veut asexuel. Mais leur entourage accueille, accompagne et considère ces changements de genre de manière différenciée. C'est là tout la richesse de ce récit singulier : la diversité des situation, qui évolue au fil de l'histoire, les deux ados partagent leurs angoisses, leurs joies, leurs peines, leurs bonheurs. Mais il y a des fois où Diana en a marre de subir les névroses de son ami. Et des fois où Charlie s'enfonce dans sa dépression, rejeté pour sa différence sexuelle, sa couleur de peau (iel est noir(e)), et ses pensées suicidaires. Il faut être bien accroché pour se taper ces discussions typiques des adolescents, entre futilités et réflexions métaphysiques, mais au bout du compte le message est porteur d'espoir, d'amour et de vérité. C'est assez intéressant si l'on doit un jour gérer ces questionnements chez son enfant. Côté graphique, Elias Ericson a un style que je qualifierais de semi-réaliste, assez fragile, avec des personnages qui donnent l'impression d'être en permanence sur le point de fondre en larmes. Ceci dit c'est cohérent, lorsqu'on lit la pensée à haute voix de Diana, qui crie qu'iel souffre dans ce corps... Très intéressant.

09/09/2023 (modifier)
Couverture de la série Le Vagabond des Étoiles
Le Vagabond des Étoiles

Intrigante, frappante, saisissante, remarquable, marquante, il y avait longtemps qu'une bd ne m'avait autant transporté. Cette adaptation d'une œuvre de Jack London est magistralement réalisée par Riff Reb's. Décidément, le bonhomme sait y faire, et il met au service de cette œuvre toute la puissance de son trait, qui rend à merveille des personnages âpres, durs. Sa colorisation, encore une fois, est magistrale. Il utilise à perfection la bichromie. Non seulement le résultat est beau, mais en plus elle change selon le fil narratif, participant ainsi pleinement à la narration. Cet écrin graphique illustre une histoire révoltante et fascinante. Révoltante parce que les traitements réservés aux prisonniers relèvent de la torture pure et simple. Jack London sait présenter les choses de façon remarquablement convaincante. Aucun des personnages de cet univers carcéral n'est, même de loin, sympathique. Darrel Standing non plus, d'une intransigeance totale, d'une arrogance folle et d'une absence de tact confinant à la sociopathie. Et cependant, il est impossible cautionner ce qu'on lui inflige. Fascinante parce que Darrel Standing, s'échappant de son quotidien insupportable par une forme d'autohypnose, pense se souvenir de vies passées. Ces histoires se déroulant à travers toute l'histoire de l'humanité, sont partielles. Toutes sont dures, âpres, cruelles, et pourtant fascinantes. Résultat de son imagination ou souvenirs de ses réincarnations ? Le lecteur choisira son interprétation. A la lecture de ce plaidoyer contre des conditions de détention indignes, contre la peine de mort, contre la bêtise humaine, mais aussi pour la fraternité humaine, on ne peut rester insensible. Le temps qui me sépare de la corde m'est désormais compté. De toutes mes incarnations passées, je ne vous en aurai fait goûter que quelques instants. Il se trouve que Jack London est mort l'année suivant la parution du "Vagabond des étoiles". Sans cela, que d'histoires aurait-il encore pu nous laisser ! Note réelle : 4,5 / 5, mais je pousse avec plaisir jusqu'à 5.

09/09/2023 (modifier)
Couverture de la série Slum kids
Slum kids

Argh, il va falloir être patient. Par le biais de cet avis (basé uniquement sur le tome 1), je confirme tout le bien que vous pourrez entendre sur ce premier album de Petit Rapace. Un dessin super dynamique et efficace. Ne pas se fier à son côté enfantin, l'album est clairement destiné à un public ado/adulte. La violence y étant omniprésente. Le récit est très fluide et bien que proposant une grosse pagination, on dévore l'album rapidement. Côté scénario, ça reste assez basique mais l'introduction du "fantastique" dans la seconde partie du récit nous désarçonne un peu. Le champ des possibles pour la suite ne s'en rendant que plus large, on a hâte de voir où l'auteur va nous emmener. Pour résumer: encore un album de qualité pour le label 619. Vivement la suite.

07/09/2023 (modifier)
Par karibou79
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Allez raconte (Papa raconte)
Allez raconte (Papa raconte)

Des BD comme ça rendent jaloux : comment improviser en permanence du tac au tac au gré des questions incessantes des enfants ? Eh bien je n'ai pas la réponse mais les auteurs de ces 2 albums connaissent le secret. Le dessin hyper minimaliste et le nombre écrasant de cases laissent place à une cascade de lapins tirés du chapeau pour le plus grand bonheur de ces enfants qui veulent tout sauf dormir. Et nous non plus car on veut connaître le fin mot de l'histoire. C'est un livre pour enfants mais qui ne prend pas sa cible pour des bêbêtes, ils comprennent bien qu'on peut jouer avec les codes et c'est finalement une bonne introduction aux parodies et au second degré. Un gros oui, recommandé à tous ceux qui aiment raconter des histoires tout en les découvrant soi-même.

04/09/2023 (modifier)
Par Cacal69
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Et l'île s'embrasa
Et l'île s'embrasa

John Vasquez Mejías est portoricain, il vit à New York, il est graveur et professeur d’art. Et "l’Île s’embrasa" est son premier livre. Mejias nous plonge en 1950 avec la tentative avortée d'une révolution à Porto Rico, une île des Grandes Antilles située seulement à 577 kms de la Guadeloupe. Une île colonisée par les espagnols en 1493 jusqu'en 1898 et la guerre hispano-americaine qui en fera un territoire des États-Unis. Un territoire organisé et non incorporé des États-Unis avec un statut de commonwealth. Une nouvelle forme de colonisation. Un processus de détermination du statut futur de Porto Rico est au cœur de négociations/référendum, pour enfin gagner son indépendance ou devenir un nouvel état des États-Unis ? Une lecture qui m'a énormément appris sur cette île pas si paradisiaque sous la tutelle des Etats-Unis. Le drapeau de Porto Rico avait même était interdit pendant une certaine période sous peine de prison. Mejias avait envie de mettre en lumière cette tentative d'insurrection, la plupart des portoricains ne la connaissent pas, de faire revivre des hommes et des femmes qui se sont battus pour leur pays. Ils avaient quand même prévu d'assassiner le président Harry Truman. Une BD instructive mais la narration chaotique m'a quelque peu gêné, elle se concentre sur les faits historiques. J'aurais aimé en connaître un peu plus sur les personnages bien qu'il y ait des portraits des principaux protagonistes en fin d'album. Mejias utilise le procédé de la gravure sur bois, à la manière d'un Lynd Ward avec L'Éclaireur - Récits gravés de Lynd Ward, d'un Frans Masereel avec Idée et Mon livre d'heures ou dernièrement d'une Valentine Cuny-Le Callet pour certaines planches de Perpendiculaire au soleil. J'aime beaucoup cette technique, Mejias insuffle une puissance sauvage au récit avec ses formes géométriques. Les dialogues et autres récitatifs ont été réalisés avec ce procédé. Superbe. Une chouette interview de l'auteur en fin d'album. Une bien belle curiosité. Coup de cœur graphique.

03/09/2023 (modifier)
Couverture de la série Kleos
Kleos

Une lecture d'une traite pour moi J'adore comment la Grèce est dessinée, j'adore le héros et l'histoire passe toute seule ! Un vrai plaisir, que je recommande vivement, surtout si on aime la Grèce antique.

01/09/2023 (modifier)
Par Cacal69
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série L'Institutrice
L'Institutrice

J'ai emprunté ces deux volumes au hasard comme je le fais souvent, avec toujours l'espoir de tomber sur un chef-d'œuvre inconnu de Bédéthèque. J'ai le droit de rêver, non ? Et là je vous le dit haut et fort, on en est pas loin. Yves Lavandier, cinéaste et essayiste, se lance à 61 ans pour la première fois dans le monde de la bande dessinée, en tant que scénariste. Et le résultat est bluffant. Oui bluffant de réalisme, il dépeint le portrait d'une femme, Marie-Noëlle Moënner, institutrice dans un petit village situé en Bretagne. Une institutrice au caractère bien trempé et un tantinet autoritaire avec ses élèves, mais avec un cœur en or. Les enfants sont tout pour elle. Il situe l'histoire en 1944, les alliés viennent de débarquer en Normandie, mais la guerre est loin d'être terminée. Elle va emmener une partie de sa classe, les "hameaux", en excursion avec Jacques, jeune enfant juif, qu'elle veut sauver de la milice bretonne. Commence alors une cavale improbable avec les chiens des collabos au cul. Un récit touchant, réaliste, sans manichéisme aucun. La vision des juifs par les enfants est effarante, ils les voient "menteurs", "pas gentils" et avec le "nez crochu".... Tous les personnages sentent le terroir, ils sont très bien campés et vous surprendront. Je ne vais rien dire de plus, laissez-vous emporter par ce récit très émouvant. Une belle leçon de résistance sur fond d'aventure et d'espoir. Carole Maurel, elle, n'est pas une débutante, j'avais déjà apprécié son travail sur Nellie Bly - Dans l'antre de la folie. Un dessin délicat et expressif rehaussé de très jolies couleurs et à la mise en page aérée. Il apporte beaucoup à l'histoire, les émotions transpirent de case en case. C'est vraiment une très très bonne BD que je conseille chaudement et d'ailleurs .... une intégrale sort ce 06 septembre. Coup de cœur.

01/09/2023 (modifier)
Par Yannis
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Wonder Woman Historia
Wonder Woman Historia

Après avoir vu et lu l'avis de Cacal69 j'étais curieux sur ce comics et je suis tombé sur l'ouvrage chez mon libraire. La couverture est déjà belle mais un feuilletage rapide vous en met plein la vue et à lui seul m'a poussé à prendre le livre. Bon la qualité graphique est incroyable du début à la fin. J'ai une certaine préférence pour Phil Jimenez qui débute l'album mais c'est une question de goût et mon ressenti est peut-être aussi influencé par le fait que ce soit le premier dessinateur. En tout cas les choix graphiques notamment le design des déesses et des dieux est fantastique avec une foule de détails que l'on retrouve notamment sur les différentes tribus. Le choix des couleurs et de partis pris graphique font que l'ouvrage n'aurait pas dénoté parmi les romans graphiques. Si l'histoire à quelques côtés classiques, son point de vue (raconter l'Histoire par le biais des perdantes) et la qualité de la narration et notamment les différents rebondissements font que la lecture des trois chapitres se fait rapidement et sans temps morts. On peut mettre effectivement un léger bémol sur les personnages masculins l'histoire aurait pu développer un personnage plus nuancé afin de laisser une lueur d'espoir montrer que tout n'est pas noir mais cela ne m'a pas gêné plus que cela. Je remercie donc Cacal69 d'avoir posté son avis qui m'a fait découvrir ce comics que je recommande moi-même chaudement.

31/08/2023 (modifier)