Et l'île s'embrasa (The Puerto Rican War)
L'histoire méconnue d'une révolution à Porto Rico.
1946 - 1960 : L'Après-Guerre et le début de la Guerre Froide Caraïbes La gravure sur bois Les petits éditeurs indépendants
Dans les années 1950, dans la mer des Caraïbes, une île occupée par la puissance étasunienne s'embrasa pour réclamer son indépendance. Une insurrection armée tenta d'y renverser le joug colonial qui sévissait depuis un demi-siècle, puis chercha à blesser l'empire en son coeur en commanditant l'assassinat du président des Etats-Unis, Harry Truman. Cette île a un nom - Porto Rico - et c'est son histoire largement méconnue que ce roman graphique raconte. Entièrement gravée sur bois, cette bande dessinée à la composition maximaliste renouvelle tout à la fois la narration graphique héritée du roman en gravures et celle des comics. Grâce à sa mise en scène onirique d'une galerie de personnages historiques plus grands que nature, « Et l'île s'embrasa », premier livre de John Vasquez Mejias, est un véritable coup de force.
| Scénario | |
| Dessin | |
| Traduction | |
|
Editeur
/
Collection
|
|
|
Genre
/
Public
/
Type
|
|
| Date de parution | 25 Août 2023 |
| Statut histoire | One shot 1 tome paru |
Les avis
En fin d’album, une mise au point d’un historien, et un entretien avec l’auteur permettent de mieux connaitre le contexte, l’histoire de la région, mais aussi le processus créatif de l’auteur. Cela complète très bien l’album. Cela permet aussi de mieux comprendre le récit qui, je dois bien l’avouer, m’est resté parfois obscur. En effet, la narration est un peu décousue, voire brouillonne. Et le traitement graphique (malgré ses belles qualités) ne fait qu’accentuer cette relative difficulté à suivre le récit, les protagonistes. Graphiquement c’est très original, puisque l’auteur use de gravures pour le récit et la présentation des personnages. Le rendu est donc attrayant – mais aussi, je l’ai dit, parfois difficile à déchiffrer. Reste que cet album m’a appris pas mal de chose sur porto Rico (je n’en connaissais pas grand-chose il faut dire), sur l’action des États-Unis dans ce qui, présenté parfois comme le futur 51ème État de l’Union, n’est en fait ni plus ni moins qu’une colonie. Et le contexte de la guerre froide dans lequel se déroule le récit ne fait qu’exacerber la violence et l’intransigeance du « soutien » américain au pouvoir portoricain face aux révoltés. Un album intéressant, visuellement original et attractif, mais qui m’a quand même quelque peu laissé sur ma faim.
John Vasquez Mejías est portoricain, il vit à New York, il est graveur et professeur d’art. Et "l’Île s’embrasa" est son premier livre. Mejias nous plonge en 1950 avec la tentative avortée d'une révolution à Porto Rico, une île des Grandes Antilles située seulement à 577 kms de la Guadeloupe. Une île colonisée par les espagnols en 1493 jusqu'en 1898 et la guerre hispano-americaine qui en fera un territoire des États-Unis. Un territoire organisé et non incorporé des États-Unis avec un statut de commonwealth. Une nouvelle forme de colonisation. Un processus de détermination du statut futur de Porto Rico est au cœur de négociations/référendum, pour enfin gagner son indépendance ou devenir un nouvel état des États-Unis ? Une lecture qui m'a énormément appris sur cette île pas si paradisiaque sous la tutelle des Etats-Unis. Le drapeau de Porto Rico avait même était interdit pendant une certaine période sous peine de prison. Mejias avait envie de mettre en lumière cette tentative d'insurrection, la plupart des portoricains ne la connaissent pas, de faire revivre des hommes et des femmes qui se sont battus pour leur pays. Ils avaient quand même prévu d'assassiner le président Harry Truman. Une BD instructive mais la narration chaotique m'a quelque peu gêné, elle se concentre sur les faits historiques. J'aurais aimé en connaître un peu plus sur les personnages bien qu'il y ait des portraits des principaux protagonistes en fin d'album. Mejias utilise le procédé de la gravure sur bois, à la manière d'un Lynd Ward avec L'Éclaireur - Récits gravés de Lynd Ward, d'un Frans Masereel avec Idée et Mon livre d'heures ou dernièrement d'une Valentine Cuny-Le Callet pour certaines planches de Perpendiculaire au soleil. J'aime beaucoup cette technique, Mejias insuffle une puissance sauvage au récit avec ses formes géométriques. Les dialogues et autres récitatifs ont été réalisés avec ce procédé. Superbe. Une chouette interview de l'auteur en fin d'album. Une bien belle curiosité. Coup de cœur graphique.
Site réalisé avec CodeIgniter, jQuery, Bootstrap, fancyBox, Open Iconic, typeahead.js, Google Charts, Google Maps, echo
Copyright © 2001 - 2026 BDTheque | Contact | Les cookies sur le site | Les stats du site
© Ici-bas 2023