Les derniers avis (9582 avis)

Par Bruno :)
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Top 10
Top 10

Mais comme c'était chouette ! En fait, le Alan Moore, faut le laisser se lâcher complètement pour qu'il soit réellement efficace. Bon, il n'est pas tout seul aux commandes, mais tout le côté parodique et référentiel vient de lui, je suis sûr : il y en a plein les pages et c'est très rigolo -surtout que ça parasite pas du tout le déroulement des histoires, hein ! C'est jamais que le quotidien d'un commissariat de quartier, après tout. ... Mais quel quartier ! C'est Néopolis ! La ville où tout le monde a des super-pouvoirs... Celui-là de concept gaguesque ! Mais ça marche : le ton sans emphase et les sujets abordés -toujours sous l'angle humain, très MCG de la grande époque- font qu'on accepte le postulat de départ comme allant de soi car, simple décor aux personnages, il met en valeur -et en perspectives acceptables car très intelligemment renouvelées !- des scénarios somme toute très classiques, les mêmes que ceux de n'importe quelle autre série policière de télévision. Bon, il y a quand même un sérieux boulot de création -et parfois de recréation- au niveau des personnages, et les auteurs nous régalent d'un noyau dur de plus d'une douzaine de "super-héros" aux capacités paranormales très originalement mises en valeur (ou en berne ! Pauvre agent McCambridge !) et habilement exploitées dans chaque épisode. Et Gene Ha est juste parfait dans l'équilibre qu'il arrive a créer entre l'incroyable "réalisme" plein de détail de sa ville monstrueusement inhumaine et le rendu très fouillé de ses personnages, qui parviennent à se détacher -et de manière dynamique, encore !- sur le fond miraculeusement pas trop étouffant de toute cette richesse architecturale. L'impression "pâlie" de l'encrage de certains décors aide aussi pas mal. On a le sentiment assez surprenant d'un cadre futuriste pourtant déjà ancien -bien installé, quoi !-, graphiquement parlant ; et ça fonctionne en renforçant encore d'avantage la singularité de l'idée de départ. On s'amuse beaucoup à la lecture des aventures des Top 10 ! Il y a de l'humour -bien sûr !-, une vraie profondeur dans les rapports qu'entretiennent les héros entre eux -et donc de vraies tensions !- et les enquêtes, transfigurées par le contexte, n'en sont que plus passionnantes. Je le mets en coup de coeur car, le trouvant en référence sur le site, c'est exactement ce que j'ai ressenti, à nouveau. Une grande réussite du genre.

29/10/2023 (modifier)
Couverture de la série Golden West
Golden West

A travers la vie de Woan, Christian Rossi construit une grande fresque épique qui nous conte en filigrane l'inévitable déclin ("forcé") de la civilisation Apache. Le pari était assez osé mais est pleinement réussi, on s'attache très rapidement à notre héros et à sa destinée. Mais pas que. En effet, de nombreux personnages secondaires fort intéressants viennent enrichir le récit (Entre autre: Ines, Lozen, Ta-Nah...). On y croisera également régulièrement l'un des acteurs majeurs de cette période coté apache en la personne de Géronimo. Le récit est plutôt orienté aventure/action. Au travers des 168 pages, on ne s'ennuie pas une seconde. On se dit même que l'histoire (Surtout la fin) aurait pu (du?) être beaucoup plus développé pour apporter encore plus de richesses et de réflexion à l'ouvrage. Le graphisme est remarquable. C'est du Christian Rossi au sommet de son art. A mes yeux, une grande Oeuvre de 2023 et un vrai plaisir de lecture.

28/10/2023 (modifier)
Par Cacal69
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Melancholia
Melancholia

Je déambulais dans les allées de ma librairie préférée lorsque j'ai aperçu un album à la couverture intrigante. J'ai été mystérieusement attiré et je n'ai pas résisté au plaisir de lire ses 44 pages, là, debout, coupé du monde ! Une lecture possible puisque le récit est muet, mais une lecture pas si évidente que cela. Un récit qui va vous entraîner dans un lieu loin de tout où vit un homme solitaire avec pour animal de compagnie, un chat. On va aussi découvrir une famille pas comme les autres, la famille La Mort. Et comme il est de coutume, la mère veut transmettre son joli métier à sa fille. Mais celle-ci est insouciante et s'éprend de dame nature et plus particulièrement d'un lapin. Après quelques péripéties, notre homme solitaire et La Mort vont se retrouver pour un tête à tête. Le reste, je vous laisse le découvrir et chacun pourra en faire son interprétation, donner un sens aux images. Un récit intemporel, sinistre et ironique avec une part d'humour noir, mais pouvait-il en être autrement avec la mort ? La partie graphique (carte à gratter) est sublime, le noir et blanc retranscrit parfaitement la mélancolie qui suinte sur chaque planche dans un beau format à l'italienne. Une image par planche pour mieux l'apprécier, mieux l'interpréter (scrutez les nombreux détails). Et la couleur mauve en fin d'album donne une nouvelle dimension au dessin. Fabuleux ! Une œuvre atypique que je recommande. Un 4 étoiles un peu généreux, mais je ne pouvais pas mettre moins. Coup de cœur pour le dessin.

27/10/2023 (modifier)
Par Hervé
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Blake et Mortimer - L'Art de la guerre
Blake et Mortimer - L'Art de la guerre

Avant tout, je dois dire que je suis, depuis mon enfance, un fan absolu des aventures de Blake et Mortimer. J'ai apprécié certains albums de la période post Jacobs, d'autres beaucoup moins. Étonnamment, j'avais adoré Le Dernier Pharaon, qui explosait les codes de Blake et Mortimer, aussi bien sur le fond que sur la forme (d'ailleurs, je possède trois versions différentes de cet album, l'édition bibliophile, le format à l'italienne, et l'édition noir et blanc, tant cette adaptation m'avait enthousiasmé) Avec ce nouvel album signé Fromental et Bocquet, auteurs du très réussi "Huit heures à Berlin", je ne pouvais que m'attendre à un scénario de qualité, et je n'ai pas été déçu, loin de là. Pourtant, lorsque j'ai ouvert cette bande dessinée, j'ai été très surpris par le dessin de Floc'h, au style très épuré, très simple, voire grossier par rapport à celui de Jacobs ou de ses repreneurs. Son style pique les yeux, à première vue. Nous sommes très loin du souci du détail de Jacobs ou encore des décors fouillés et précis auxquels nous étions habitués, pourtant, la magie Blake et Mortimer opère toujours. Déstabilisant de prime abord, on finit par s'habituer au dessin et aux couleurs de Floc'h au grès de la lecture. Car, c'est avec un plaisir sans limite que j'ai retrouvé nos deux héros british dans un New York où ils pourraient tomber nez à nez avec Mister Kaplan, de "La Mort aux trousses". Avec une mise en page basée sur des grandes cases, les auteurs explosent le canon Jacobien, mais avec une intrigue sur 138 pages, l'un compense l'autre. Le scénario repose sur une enquête sur quelques jours , menée tambour battant et qui ne ménage pas son lot de surprises. Les auteurs renouent ici avec un classicisme qui fait du bien, sur fond d'un New York, que j'ai bien connu. Cette aventure, qui se situe après "La Marque Jaune", est, à l'aulne des événements actuels, d'une cruciale actualité avec le discours du Capitaine Blake à la tribune de l'ONU. Les gardiens du Temple crieront sans doute au scandale avec cette aventure de "Blake et Mortimer à New York", mais pour ma part, j'en recommande vivement la lecture. Je dois préciser que j'ai opté pour l'édition bibliophile, à 6500 exemplaires, pour découvrir cette bande dessinée.

26/10/2023 (modifier)
Par Spisio
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Johan et Pirlouit
Johan et Pirlouit

'Johan et Pirlouit' est la BD idéale quand on est un passionné de Moyen-Âge en mode films de capes et d'épées, d'histoires fantastiques (peut-être même des contes) avec de la magie aussi bien malfaisante que bienfaisante très inventive et des duos de protagonistes avec un héros habile et un héros gaffeur. De plus, bien qu'il soit l'archétype du héros courageux, casse-cou, altruiste et bienveillant, Johan peut se montrer moqueur, cynique, un peu fourbe de temps en temps et, par moment, très têtu ; ce qui lui jouera des tours. Après, en ce qui concerne Pirlouit, les gens qui se souviennent de 'Johan et Pirlouit' ont souvent tendance à le résumer comme quelqu'un de gaffeur, grincheux et colérique. Certes, il est un peu de ça mais il est intelligent et sait se montrer courageux quand c'est nécessaire. En fait, Pirlouit, c'est monsieur-tout-le-monde, ce qui le rend plus humain que Johan. En plus, sa chèvre Biquette me fait trop marrer. En gros, niveau personnalité, ils sont un mélange entre le duo Astérix et Obélix et 'Spirou et Fantasio' ; ce qui n'est probablement pas un hasard vu que 'Johan et Pirlouit' étaient publiés dans le 'Journal Spirou'. Et honnêtement, c'est difficile de ne pas adorer le lunatique Enchanteur Homnibus. Dans l'album 'La Pierre de Lune', Boustroux est un méchant qui m'a beaucoup marqué de par sa cruauté à laisser deux adolescents condamnés à être brulés vifs pour arriver à ses fins ainsi qu'à son sort violent, truc qu'on voit rarement arriver à d'autres méchants dans les albums. Après, les albums ne sont pas tous intéressants, 'La Flèche noire' est assez mou du genou et dans les premiers tomes de la BD, il y manque une certaine dose d'humour vu que Pirlouit n'apparait que dans le tome 3 à savoir 'Le Lutin du bois aux roches'. Mais contrairement à d'autres BDs ayant, au moins, un tome mauvais, 'Johan et Pirlouit' n'a aucun tome médiocre. Et ça, c'est une preuve de grande qualité. Tout le monde a un album préféré de 'Johan et Pirlouit'. Pour beaucoup de gens, leurs préférés, c'est le diptyque 'Le Serment des Vikings/La Source des dieux' ou encore 'Le Sire de Montrésor', 'Le Sortilège de Maltrochu'... Bon perso, mon préféré c'est 'La Nuit des sorciers'... que presque personne n'aime. Pourtant, c'est un album parfait à lire avec une bonne ambiance d'Halloween. Et en plus, le méchant, Ubiquitas, est super charismatique. Presque autant que Boustroux. Je me sens seule. Mais bon, pas tout me plaît dans 'Johan et Pirlouit' non plus. Par exemple, dans la fin de 'La Source des dieux', je trouve que Johan se montre bien trop cruel. Ce qui ne lui ressemble pas vu que dans les autres tomes, il n'est pas comme ça. Ceux qui ont lu cet album savent de quoi je parle. Après, malgré la présence de bons personnages féminins comme les sorcières Rachel, Myriam ou Amandine, 'Johan et Pirlouit' a pas mal de contenu misogyne dans ses pages. Ce qui n'est pas surprenant vu que 'Johan et Pirlouit' est de Peyo, même auteur que l'horrible album pleins de clichés sexistes appelé 'La Schtroumpfette'. Puisqu'on parle des petits-êtres bleus. C'est vraiment trop triste que les schtroumpfs aient mené les deux héros médiévaux à leur perte. Cela au point que, non seulement, les gens ne savent pas que 'Les Schtroumpfs', c'est un spin-off de 'Johan et Pirlouit' mais en plus, le seul album de 'Johan et Pirlouit' qui a eu droit à une adaptation au cinéma, c'est 'La Flûte à six schtroumpfs'. En plus, comme il est sorti la même année que 'Les Douze Travaux d'Astérix', il a fait un bide. Et même quand il y a eu une série 'Johan et Pirlouit' diffusée en France, c'était en fait des épisodes de la série 'Les Schtroumpfs' que la France avait séparé de la série éponyme pour tenter de faire revenir 'Johan et Pirlouit' dans les mémoires. Seulement, comme c'était en fait des épisodes de 'Les Schtroumpfs', ces derniers sont forcément dans tous les épisodes. Au point qu'ils sont aussi dans des épisodes adaptés d'albums où ils ne sont pas censés être comme 'La fontaine magique' adaptant l'album 'La Source des dieux', album écrit durant l'époque où les schtroumpfs n'existaient pas encore. Tout ça pour dire que 'Johan et Pirlouit' est une BD excellente qui mériterait plus de reconnaissance.

24/10/2023 (modifier)
Par Blue boy
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série War and Peas - Salut la Terre
War and Peas - Salut la Terre

Mauvaise nouvelle, la Terre va mal et c’est loin de s’arranger. Bonne nouvelle, « Salut la Terre » vient de sortir et réussit à nous dérider en ces temps éco-anxiogènes ! Dans le drôle de bestiaire de War and Peas, on trouve toutes sortes de créatures (humains compris) et toutes ont droit à la parole pour mieux nous confronter à nos contradictions et à notre insignifiance. On peut rire de tout, même au bord du précipice, et ce petit livre le prouve. Si dans « Salut la Terre », les animaux ont des réflexions très humaines, c’est pour mieux tourner en ridicule le plus grand prédateur que la planète bleue ait jamais connu, j’ai nommé : l’Homme, qui est souvent loin de mériter son H majuscule. Signé par le duo allemand War and Peas, formé par Elizabeth Pich et Jonathan Kunz, « Salut la Terre » est leur deuxième publication en français. Depuis plusieurs années, les deux auteurs animent un webzine où ils alignent leurs gags jubilatoires — en anglais. Ces deux-là maîtrisent parfaitement les ressorts du comic strip, branche typique de la BD anglo-saxonne. Respectant les codes du genre, leur production est caractérisée par un humour pince-sans-rire et un sens de l’ellipse qui font mouche. Le fait de jouer à fond sur l’absurde permet à ces dignes héritiers des Monty Python et de Garry Larson de mieux souligner les travers de l’espèce humaine. Souvent le propos est très caustique voire trash par moments, mais la candeur du dessin rond et enfantin aux couleurs pimpantes arrondit les angles tout en repoussant les limites de la bienséance et du politiquement correct. Et puis on apprécie aussi cet art consommé du running gag. Dans cet immense zoo hétérogène en voie d’extinction, on s’amuse des angoisses des mantes religieuses mâles (se faire couper la tête par les femelles), des élans hormonaux des fleurs à la vue d’une abeille, des adeptes du « tree hugging » ou des hipsters accoutrés en bûcherons. Même les montagnes ont leur mot à dire, affichant sans états d’âme leur mépris envers les « fourmis humaines » gravitant leurs parois. Et il ne faudra pas davantage compter sur les petits hommes verts espionnant la planète bleue à bord de leurs soucoupes pour exprimer un semblant d’empathie… En même temps, on peut les comprendre… « Salut la Terre » se déguste avec bonheur et jubilation, tel un cocktail bigarré au gaz hilarant — servi glacé en raison des risques accrus de canicule ! — sur le pont d’un navire de croisière. A condition, cela va de soi, d’oublier pour quelques minutes (le temps qu'il faut pour le lire) que ce navire a pour nom « Titanic »…

23/10/2023 (modifier)
Par Canarde
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Maltempo
Maltempo

C'est mon coté italien qui se laisse attendrir. Une sorte de réinterprétation de Le Local de Gipi avec des jeunes qui montent un groupe dans le trou du cul de l'Italie. Ici c'est plus carte postale, avec le village qui descend en cascade vers la mer. Le but c'est le télécrochet : passer pour la première fois sur scène et être choisi pour aller en finale à la télé. Alors que chez Gipi ça doit se passer dans les années 80, avec une sorte de ton glauque qui remonte, chez Alfred, c'est les belles couleurs ensoleillées, les années 60, les vieilles voitures de notre enfance, les enfants qui grandissent, les vieux qui gâtouillent, mais pas tant que ça, les adultes qui ne sont pas toujours à la hauteur, les méchants qui guettent. J'aime ces histoires tragiques où chaque génération a sa place, tressée dans des habitudes, des atavismes, où le bien et le mal se castagnent entre humour et magouille, entre amour viril et honte. Une nostalgie qui parle aux ritals... Et puis il y a toujours la politique qui montre son nez : jamais on ne voit ça dans une histoire de jeunes qui se passerait en France, ou même dans un autre pays. L'Italie, elle est politique ou elle n'est pas. C'est peut-être ça que j'ai conservé de ma grand-mère qui faisait chanter à ses élèves français "bandiera rossa" dans les rues de Rome, mais je ne sais pas au juste à quelle date ...

23/10/2023 (modifier)
Par Yann135
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Aurora
Aurora

Quand j’ai vu dans les bacs le premier tome d’Aurora, j’ai feuilleté rapidement – j’ai aimé – visuellement c’est terrible – pourtant je n’ai pas acheté. C’était en janvier dernier lors du festival d’Angoulême. Je n’ai pas franchi le pas de l’achat car je ne veux plus des séries à rallonge qui pour certaines ne se termineront jamais. Il y a des précédents chez Soleil ! Lorsque le tome 2 est paru, j’étais de nouveau titillé. J’achète / je n’achète pas ? Le duo Christophe Bec et Stefano Raffaele sont des valeurs sûres et je l’avoue je suis admirateur invétéré du travail de ce duo. J’ai donc plongé et je le dis haut et fort … c’est génial ! Qu’est-ce que j’ai bien fait. Les esprits chagrins diront que les histoires de Christophe Bec se ressemblent d’un album à l’autre. Et c’est tant mieux car j’adore me perdre dans son univers tortueux et fantastique. On avance dans l’histoire à travers des séquences rythmées. On a l’impression que l’on saute du coq à l’âne allégrement et puis au fil des pages la cohérence de l’ensemble semble de plus en plus évidente et aiguise notre appétit de découvrir la suite. La série est prometteuse. Ça fleur bon – je n’ai pas peur des mots – le chef d’œuvre même si le scénario n’est pas sans rappeler le village des damnées de Wolf Rilla. Graphiquement c’est magnifique. Le coup de crayon est assuré. Esthétiquement c’est vraiment mon kiff. Raffaele a du talent assurément. Il faudrait juste qu’il détaille peut être un peu plus certaines cases pour que je crie au génie. Je n’ai donc qu’un conseil, n’attendez pas … courez chez votre libraire pour vous procurer tous les albums de cette série.

22/10/2023 (modifier)
Couverture de la série Seuls
Seuls

Je suis assez enthousiaste après la lecture des trois premiers cycles de cette série (13 numéros). Cette série s'adresse à un large public avec des thématiques assez compliquées dans un scénario de Vehlman très recherché. Son récit fourmille de créativité et de rebondissements ce qui a maintenu ma curiosité tout au long des trois cycles. Il y a bien un ralentissement au sein du cycle deux mais c'est vite oublié avec les surprises et l'ambiance du cycle 3. La prouesse de Vehlmann est de faire vivre des personnages puissants bien au delà du groupe des 5 de Fortville. Même dans le groupe, les auteurs peuvent se permettre de mettre Dodgi sur la touche assez longtemps sans que la tension dramatique du récit n'en souffre. Velhman a construit un scénario qui nous emmène au confins de la science quantique et de la spiritualité sans que les explications d'Anton ne sonnent creuses. J'ai trouvé la qualité du texte remarquable mêlant le pointu via le duo Ivan-Anton, le comique avec Terry, l'aventure avec Dodgi et Léïla et le mystérieux avec Camille. De plus l'apparition de personnages ambigus à la personnalité complexe (Saul, Alexandre, Achille, ...) rend le récit vivant et toujours en renouvellement. Je suis un grand fan du graphisme de Gazzotti. Sa maîtrise rend possible l'expression des différentes ambiances qui traversent la série. C'est toujours précis et juste et les expressions fortes des personnages accompagnent très bien la narration. Les plans sont rapides et ingénieux produisant une dynamique de l'action vraiment prenante. Pour finir j'aime beaucoup la mise en couleur moderne et jeune de Usagi qui rend la lecture extrêmement plaisante. Une série d'une grande originalité qui avance avec un scénario et un graphisme de haut niveau. Un vrai régal pour un public très large. J'attends le cycle 4

22/10/2023 (modifier)
Par Bruno :)
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Excalibur -  L'Intégrale
Excalibur - L'Intégrale

Quel pied ! Enfin je retrouvais -un peu- de ce qui me plaisait dans le genre, à savoir de l'action parfaitement rythmée alternant avec des scénettes de la vie quotidienne (!) du super-héros moyen (re !). Le casting est PAR-FAIT !... C'est agréable de ne pas bouffer du poil de Serval à chaque page OUARFF ! Et je confirme que le changement de décors fait du bien, si joliment qu'il est mis en valeur par les excellents Alan Davis et Mark Farmer. Alors oui : il y a un parti-pris d'humour de situation (la cohabitation forcée, les pouvoirs qui cafouillent...) mais, curieusement, Claremont n'hésite pas à introduire du très dramatique en plein milieu de la blague (il y a des gens qui meurent, quand même ; et pas que des anonymes...), ce qui donne à l'ensemble un arrière-goût un peu amer. Personnellement, j'avais été un peu cueilli. Mais quasiment tout le reste est réussi dans ces épisodes apparemment délirants mais néanmoins cohérents et on suit les aventures -moins cohérentes, d'ailleurs, lors du cycle "British Railways"- du petit groupe enjoué avec beaucoup de plaisir, retranchés qu'ils sont de l'embrouillamini grotesque où se débattent leurs homologues Américains. Claremont a assuré en les tenant à l'écart de la continuité toute relative des séries X ! Comme à l'accoutumée, Alan Davis et -souvent- Mark Farmer livrent un travail irréprochable (très stylisé et élégant, d'accord ; mais néanmoins extrêmement lisible) où les pouvoirs paranormaux sont prétextes à moult effets esthétiques, comme aux meilleures heures des Neal Adams, Dave Cockrum et John Byrne. Atout visuel primordial du genre dont devraient prendre de la graine les réalisateurs des films Marvel ! Pas si léger que ça, donc ; et plein de belles qualités.

22/10/2023 (modifier)