Les derniers avis (9805 avis)

Par Tonio
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Vingt-décembre - Chronique de l'abolition
Vingt-décembre - Chronique de l'abolition

Vingt Décembre est un ouvrage qui retrace de manière romancée un événement majeur dans l'histoire de l'humanité et plus précisément du peuple réunionnais : l'abolition de l'esclavage. Cet événement est vu au travers d'un personnage au destin hors du commun, Edmond Albius, jeune esclave et génial botaniste qui découvre le procédé de fécondation de la vanille. Cette découverte va modifier pour toujours l'histoire de l'ile Bourbon ce " Petit caillou de l'Océan Indien". Il est très instructif de percevoir comment l'abolition de l'esclavage va provoquer des remaniements dans la société réunionnaise et que la liberté des travailleurs n'est en réalité que relative. Le trait du dessinateur est accessible, même pour des jeunes lecteurs. Quelques dialogues en créole viennent ponctuer certains échanges, ce qui est très agréable. Une traduction en français aurait pu être ajoutée. Je recommande cet ouvrage que j'ai vraiment apprécié et m'en vais le proposer à lire à mes enfants qui sont des descendants de réunionnais. Transmettre le savoir et la connaissance par la bd.... Quelle merveilleuse idée.

31/03/2024 (modifier)
Couverture de la série La Route
La Route

A l’annonce de l’adaptation du chef d’œuvre de Cormac McCarthy « The Road » par Manu Larcenet, j’étais dubitatif. Ayant lu le roman, pas évident de trouver la bonne formule pour dessiner un texte si contemplatif et si avare en parole. Pas que je doutais des capacités de cet auteur, mais je me demandais comment son style graphique allait pouvoir épouser de manière réaliste la profonde noirceur du roman et allait soutenir ces images de désolation dans la répétitivité et sans lasser. Les premières images disponibles sur internet m’avait pleinement rassuré mais ne m’avait pas préparé à un tel choc en tenant l’objet physiquement (les objets en fait i.e. La version noir et blanc et la version couleur !) entre mes mains et en ouvrant et parcourant les pages. MAGISTRAL ! D'ailleurs, si vous hésitez entre la version noir et blanc et la version couleur, un conseil, achetez les deux ! Chaque planche et je dis bien chaque planche est un régal pour les yeux. Le Rapport de Brodeck avait fait très fort à l'époque mais l’auteur pousse le curseur beaucoup beaucoup plus loin dans la perfection de son trait. La mise en couleur est incroyable de nuances et embelli le tout. Ne vous y trompez pas toutefois, même si des étincelles de joie apparaissent ici ou là, tout n’est que cendres, âpreté et désespérance. Manu Larcenet a su rester fidèle à l'oeuvre originel qui n'est point dénaturée mais sublimée en y apportant sa touche personnelle. Emouvante, terrifiante, brillantissime, insurpassable, etc... Je vais m’arrêter là avec les superlatifs car je pourrais les enfiler un à un comme des perles. Manu Larcenet a totalement réussi son pari, il m’a même donné l’envie de relire le livre. C'est dire ! Chef d’œuvre absolu, si j'avais pu mettre six étoiles, je l'aurais fait !

29/03/2024 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série La Rafle d'Izieu
La Rafle d'Izieu

Pascal Bresson avait déjà réalisé le superbe Beate et Serge Klarsfeld - Un combat contre l'oubli, et ce nouvel album le complète parfaitement, en nous racontant de façon très détaillée la Rafle d'Izieu et le rôle joué par Klaus Barbie dans ces évènements historiques honteux. Les rafles de juifs furent nombreuses, mais certaines ont plus marqué l’histoire, comme celle du Vél' d'Hiv, ou encore celle d'Izieu, le sujet de cet album. La mémoire des victimes est préservée grâce au courage et à la persévérance de Sabine Zlatin, absente le jour de la rafle, qui s’est battu pendant des décennies pour qu’on ne les oublie pas. Grace aussi au couple Klarsfeld dont Pascal Bresson nous parle dans Beate et Serge Klarsfeld - Un combat contre l'oubli. « La Rafle d'Izieu » propose un travail de recherche approfondi : il nous raconte d’abord les faits de façon très détaillée, puis le procès des responsables, en 1987. Il propose aussi de nombreux témoignages de personnes présentes sur les lieux. J’aurais personnellement préféré un chapitrage plus clair et un petit trombinoscope des intervenants, pour structurer la vaste quantité d’informations relatée. Mais je salue le travail de recherche de l’auteur, son désir de parler de ces héros oubliés. L’album m’a beaucoup intéressé, et surtout beaucoup ému, presque aux larmes par moment. Une lecture marquante et instructive. Un grand bravo aux auteurs.

28/03/2024 (modifier)
Couverture de la série Batman Catwoman
Batman Catwoman

Ça fait quelques temps déjà que j’explore tout doucement l’univers DC, je dois avouer que c’est généralement bien au-dessus de son confrère et concurrent Marvel. Batman/Catwoman ne déroge pas à la règle, j’ai adoré cette série, elle rentre tranquillement dans le top de mes meilleures lectures avec ces héros. Je m’y suis lancé à l’aveugle et je vous conseille de faire de même si possible. Le récit va bien plus loin qu’une aventure classique de nos 2 héros. Ça démarre très très fort avec « À la vie à la mort », une histoire tout simplement Culte (nota : elle a été ajoutée à la réédition de Batman- année un dans la collection Nomad). Ces pages représentent pour moi la quintessence de la relation entre nos 2 héros. Catwoman n’a jamais été aussi belle, Batman aussi vulnérable, en plus la réalisation suit, un must !! La suite ne sera pas du même acabit mais n’aura pas non plus à rougir. La partie graphique sera plus versatile mais reste solide, j’ai surtout agréablement été surpris de la tournure des événements, je ne m’attendais pas à ça. Je reconnais quand même quelques longueurs sur les plus de 400 pages, mais j’ai pris mon pied avec cette version de Catwoman, elle n’a jamais été aussi classe et dangereuse. Bon difficile de vendre le bousin sans trop en dire, mais je conseille franchement ce tome à tous les amateurs de Gotham, il jouit d’une belle écriture, construction et m’a tout simplement ravi.

27/03/2024 (modifier)
Par sarah
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Dans les yeux de Lya
Dans les yeux de Lya

C'est une super BD, on a envie de savoir la suite, l'histoire est cohérente et n'est pas totalement délirante. Bref, c'est tout ce que je demande pour apprécier une BD, et quand j'aime une BD je ne peux pas m'arrêter avant d'avoir fini. C'est donc une très bonne BD à mes yeux. L'histoire est à la portée d'un large public et la vie de Lya est assez exceptionnelle. C'est une super BD !! Désolé si j'ai fait des fautes.

26/03/2024 (modifier)
Couverture de la série Carcajou
Carcajou

Nous ne sommes qu'au quart de 2024, et voilà déjà un prétendant fort crédible aux palmarès des meilleures BDs de l'année. Je ne connaissais le travail de scénariste d'Eldiablo qu'au travers de la déjantée mais non moins excellente série Monkey Bizness au coté de Pozla (Que je recommande chaudement d'ailleurs!) et je le découvre donc ici dans une veine un peu plus sérieuse sur ce western. Que dire? Si ce n'est que le scénario est très solide, quasiment parfait et l'histoire captivante. Je ne dévoilerai rien de l'intrigue pour vous laisser le plaisir de lecture et découverte intacte ! Une des grandes forces du livre est peut-être l'une de ses rares petites faiblesses: Le dessin. Il est assez classique (Inspiration Blain, Gaultier et consorts) et sert parfaitement l'histoire. Les personnages sont physiquement charismatiques et bizarrement attachants malgré leurs multiples défauts. Point fort de l'album d'ailleurs, pas de manichéisme puéril ici, beaucoup de nuances dans la personnalité des différents protagonistes. Le dessin est donc un atout majeur pour ce livre mais aussi son petit défaut à mon humble avis. Il se dégage en effet un léger manque de singularité/personnalité. Je pinaille en fait, car pour une première œuvre, Djilian Deroche fait très fort et je ne doute point qu'à plus ou moins long terme il s'émancipera et développera une touche un peu plus personnelle, ce petit truc en plus qui fera la différence. Autre léger bémol, la couverture n'est pas une totale réussite à mon goût et la fin est attendue et ne surprend pas. Pourtant, fiez-vous à Paul le Poulpe, cet album est déjà un futur Classique.

26/03/2024 (modifier)
Couverture de la série La Vie secrète des arbres
La Vie secrète des arbres

C'est un livre merveilleux, passionnant et même drôle. J'y ai appris beaucoup et découvert un tas de choses extraordinaires et étonnantes. Une véritable promenade de santé. On prend vraiment conscience de l'importance de protéger la nature et les arbres, en particulier. Cette BD devrait être une lecture obligatoire dans chaque école pour faire comprendre, de manière ludique et captivante, l'enjeu crucial de prendre soin de nos forêts.?

25/03/2024 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Petit derrière de l'Histoire
Le Petit derrière de l'Histoire

Ayant croisé à plusieurs reprises Katia Even, j'avais entendu parler de son projet en financement participatif. Séduit par l'idée, j'y ai participé, et au bout de quelques mois j'ai reçu mon exemplaire, accompagné de quelques goodies sympathiques. Et c'est donc avec curiosité que je l'ai lu, confortablement installé. Première constatation : l'objet est beau, élégant, soigné. Katia Even a soigné son lectorat, qui avait largement financé le projet. Ensuite le principe est simple : Marie, ingénieure de son état, se retrouve propulsée dans le temps, à des moments cruciaux pour l'histoire scientifique, sur lesquels elle peut influencer, notamment par le biais du coït. Plutôt concernée par le sujet, elle en prend son parti, en espérant rapidement pouvoir rentrer chez elle, ou du moins rejoindre son petit ami attitré, qui manœuvre la machine à remonter le temps. Dans cette histoire, qui m'a rappelé la (vieille) série télé Code Quantum sur le principe, il ne faut pas chercher de cohérence scientifique, mais plutôt une histoire rigolote, sur un postulat pseudo-scientifique, avec un brin de fond culturel. En effet l'autrice propose dans les bonus quelques précisions sur les hommes illustres croisés, ainsi que leurs inventions ou découvertes. Il faut savoir tout de même que Katia Even aime bien les récits érotiques, mais ressentait de la frustration, la plupart des récits coquins qu'elle pouvait lire ne comportant pas tout à fait ce qu'elle y cherchait. Elle a donc décidé d'écrire et de dessiner elle-même ce qu'elle voulait y trouver, à savoir des récits légers, truffés de clins d'œil et de références, avec le consentement présent à chaque rapport. Le récit en lui-même est sympathique, suffisamment enlevé pour qu'on ne s'ennuie pas (chacun des passages de Marie dans une époque précise dure en général une planche, correspondant, je suppose, à quelques minutes. Cette "durée" augmente au fil des volumes, et nous avons des séquences beaucoup plus longues dans le tome 3, par exemple. Les dialogues, essentiellement assurés par l'héroïne, contiennent quelques fulgurances, tout en jouant sur de nombreux jeux de mots coquins, sans être vulgaires. Graphiquement, c'est un peu le même topo : tout en rondeurs, avec un style SD (super-deformed) privilégié, on est devant une BD "mignonne". A noter les très bon boulot de Marina Duclos aux couleurs, qui est systématiquement créditée sur la couverture, avant même le nom de Katia Even. Dans le tome 2 Katia Even fait évoluer son concept en faisant voyager également Ben, celui qui est à l'origine des soucis de Marie, et en incluant des femmes scientifiques "oubliées" dans les "hommes" des draps/bras desquels la jeune femme se retrouve. ET les deux voyageurs commencent à entrevoir la trame dont est tissé le temps. Le tome 3 continue sur le même fuseau, si j'ose écrire, et le tome s'achève sur un gros cliffhanger. On passe un bon petit moment gentiment coquin, avec un peu de culture, ce qui ne fait pas de mal. A noter à la fin de chaque album des illustrations faites par des amis de Katia Even, tous des auteurs professionnels, reprenant Marie dans diverses situations.

22/11/2020 (MAJ le 24/03/2024) (modifier)
Par Titanick
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Vertige - 10 ans d'enquêtes sur la crise écologique et climatique
Vertige - 10 ans d'enquêtes sur la crise écologique et climatique

L’excellente Revue Dessinée édite régulièrement des albums d’enquêtes approfondies. Dans le cas présent, il s’agit d’un album compilation d’articles parus dans la revue pour l’anniversaire des dix ans. Dix ans donc d’investigations sur des sujets variés qui touchent les limites de notre planète et ce que nous en faisons. Pour qui connaît la ligne éditoriale de cette revue, on ne s’étonnera pas du sérieux de ces enquêtes dessinées. Les chapitres sur les scandales des algues vertes, du chlordécone, ou des pétroliers comme Total sont abondamment documentés, tous les faits rapportés sont datés et vérifiables, un journalisme d’investigation rempart et contre pouvoir des lobbys et politiques du profit, à défendre fermement par les temps qui courent. D’autres, tout aussi nécessaires et éclairants, sont plus des constats scientifiques (‘Suivez le guide’ sur la fonte des glaciers, ou celle du pergélisol ‘Un dégel glaçant’), et un état des lieux de dysfonctionnements de politiques, greenwashing en tête, je pense aux expertises sur les conservations de la biodiversité (‘Le choix du Koala’) et à l’analyse des mesures de compensation carbone (‘Nature à tout prix’) par exemple… et bien d’autres, aussi glaçants. Bref, de l’utile, du nécessaire, de l’indispensable, qui apporte une pierre de plus dans l’information du citoyen. Une information saine et essentielle dont ma seule crainte est qu’elle ne touche que les convaincus. À lire, et, pour me faire mentir, surtout à faire lire, à partager, le plus possible, y compris avec les moins motivés... J’ai oublié de parler de la partie graphique. Chaque sujet est bien illustré et donne envie de lire. Bon, il est vrai que pour un ouvrage collectif, sans doute que chacun trouvera des dessins plus à son goût que d’autres. Car même si ce n’est pas le plus important, ça aide aussi à faire passer le message.

24/03/2024 (modifier)
Par Blue boy
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Dum Dum
Dum Dum

Après son bluffant Soleil mécanique, Lukasz Wojciechowski nous revient avec un album de nouveau illustré à l’Autocad. Mais cette fois, c’est une histoire plus familiale qu’il va narrer puisqu’il s’est directement inspiré des récits de son grand-père, évoquant les souvenirs qu’il avait gardé de son géniteur, Stanislaw, qui en est ici le protagoniste principal. Bien sûr, l’effet de surprise est moins présent que sur le premier, mais d’un point de vue visuel, cela reste toujours étonnant. Autocad est un logiciel de dessin assisté que l’auteur, architecte de formation, a détourné de sa fonction première pour illustrer son récit. Ce qui reviendrait un peu à utiliser un robot-mixeur pour battre des œufs en neige. Une démarche qui rappelle beaucoup celle de Martin Panchaud avec sa « Couleur des choses », publié chez le même éditeur et récompensé du fauve d’or à Angoulême l’an dernier. Alors bien sûr, quand on feuillette, on peut avoir un mouvement de recul. Ces fines lignes droites hyper minimalistes, hyper millimétrées, ont un aspect froid et pas très engageant pour tout puriste de la bande dessinée, mais il ne faudrait surtout pas s’arrêter à ça, car cet album recèle bien d’autres qualités, notamment son graphisme original. Pour ceux qui ont lu Soleil mécanique, l’effet de surprise sera amoindri mais le parti pris reste toujours aussi fascinant par son audace confinant à la poésie, où les dessins froidement architecturaux, tendance art déco, semblent tisser une passerelle vers un art abstrait empreint d’émotion. On s’habitue très rapidement aux codes de lecture innovants, qui voient les phylactères ne faire qu’un avec les cases. Pour contrebalancer cette « sécheresse » graphique, Wojciechowski réussit à produire un récit extrêmement accessible, profondément humain, à partir d’une histoire familiale tragique. Stanislaw, personnage en apparence insignifiant et docile alors qu’il vient d’être embauché par le bureau d’étude où bosse son oncle, est aussi le narrateur. Après le travail, il traine sa solitude dans les quartiers mal famés de Berlin. On le voit alors en proie à des accès de violence, lui le Polonais expatrié et confronté au racisme en pleine montée du nazisme, évoquée en filigrane dans l’histoire. Au fil des pages, le lecteur va découvrir que ces colères incontrôlables s’expliquent par un traumatisme profond et incurable remontant à l’enfance, et là selon l’expression consacrée, c’est la petite histoire dans la grande Histoire… avec des références explicites au « Cabinet du docteur Caligari » et au « Golem » deux films expressionnistes allemands de 1920 exerçant une grande fascination sur Stanislaw, peut-être par leur côté visionnaire. Dans le premier, il est question de tyrannie et d’obéissance aveugle des foules à l’autorité. Le second raconte l'histoire d'un rabbin qui conçoit un monstre dans l'espoir d'en faire son serviteur mais aussi le sauveur de la communauté juive… Et puis il y a cette balle de fusil « Dum Dum », qui a donné son nom au titre, et a participé au fameux traumatisme de ce dernier, un mot-leitmotiv dont la sonorité mécanique imprime sa rythmique au récit, renvoyant à cette « ligne droite et nette », guidée « par la main ferme et assurée du technicien » dévoué à l’ordre d’un système. Ce système même qui participera à l’avènement du régime hitlérien, même si dans le contexte évoqué, on n’en voit que les prémices… Mais au milieu de ces lignes droites, les blessures de Stanislaw font tache, dans tous les sens du terme. Au fur et à mesure de ses errances dans Berlin, les coups qu’il a reçus au visage deviennent plus visibles. Ces « taches », dessinées au pinceau, sans règle, apparaissent comme une menace pour les lignes millimétrées de l’architecte et leur bel ordonnancement. Symbolisant les émotions, en contrepoint de la froideur et l’insensibilité du trait sans défauts, elles vont tenter de s’imposer tout au long de la narration, telle une métaphore des souffrances muettes de Stan qui finiront par se révéler tragiquement au lecteur. Malgré son aridité apparente, « Dum Dum », tout comme son prédécesseur, est un ouvrage d’une grande richesse. Contre toute attente, Lukasz Wojciechowski a fait jaillir de son Autocad un onirisme émotionnel empreint d’une grande pudeur qui nous touche au plus profond de l’âme. Il nous propose un récit assez glaçant qui pourra facilement supporter plusieurs lectures pour en saisir toutes les subtilités. Derrière l’exercice de style, il y a un vrai fond qui nous oblige à questionner notre humanité, dès lors que le désir d’ordre du collectif tend à primer sur les individualités. Et ce n’est peut-être pas un hasard si l’auteur a su si bien exprimer tout cela, lui-même ayant le même métier que son aïeul, dont il livre parallèlement un bel hommage.

23/03/2024 (modifier)