A l’heure où la Légion d’Honneur est donnée aux copains du pouvoir (ou par cynisme à des dictateurs/acheteurs d’armement) ou, dans un tout autre registre, à l’heure où l’immigré est présenté comme un problème mettant en danger l’existence des valeurs de la France, il est bon de se replonger, comme le font les auteurs (scénariste et conseillers historiques), dans la vie et l’action d’immigrés qui, n’étant pas Français, n’en ont pas moins défendu et incarné ces valeurs, en luttant (et en donnant leur vie) contre le nazisme et ses idées (fussent-elles pétainistes). Oui, Manouchian est un héros (la République le reconnait – tardivement – puisque la prochaine panthéonisation le fera passer du côté des « grands hommes » auxquels « la patrie est reconnaissante »).
Et cet album rend justice à cet homme et ses compagnons de lutte. Surtout, je l’ai trouvé très bien fait et très intéressant. Je connaissais Manouchian, son action dans la résistance (et un peu de choses sur les FTP-MOI aussi), le poème d’Aragon, la chanson de Ferré, et cette Affiche rouge, que j’utilise chaque année avec mes élèves (je n'ai pas vu les films tournés sur le sujet).
Mais j’ai appris beaucoup de choses sur « l’avant », la jeunesse de Manouchian (rescapé du génocide arménien), son arrivée en France, sa passion pour la poésie, son engagement militant, etc. Mais le passage dans la résistance (que je connaissais davantage) est aussi bien montré.
La narration est fluide, agréable, même si ça manque parfois de densité, j’ai parfois eu l’impression qu’on passait trop rapidement sur certains évènements. Mais au final cela ne m’a pas trop frustré. En effet, il n’y a ainsi pas trop de « romancé », ça reste factuel. On découvre un Manouchian dur au mal, ayant à combattre pour vivre (ou survivre), mais plein de vie, d’amour et de passion : un homme attachant qui n’a jamais trahi ses convictions.
Et surtout, tout le reste est remarquablement complété par un dossier final extrêmement complet, sur l’immigration de l’entre-deux guerre, l’engagement des étrangers dans l’armée française, et après dans la résistance, puis la traque des résistants du groupe Manouchian par la police de Vichy et la Gestapo. Dossier complété par de très nombreux documents (photos, dernières lettres – bouleversantes, documents de la Gestapo, etc.).
Le dessin de Mako (habituel compagnon de travail de Daeninckx) est très lisible, avec un trait gras, une mise en page aérée et un rendu agréable.
Une lecture passionnante, à mettre entre toutes les mains (et dans tous les CDI).
J'ai mis du temps à lire cette série et je suis très agréablement surpris. D'accord, la présentation est parfaite, mais cela ne dit généralement pas grand-chose sur le contenu. Les deux histoires sont passionnantes et l'intégration de l'héraldique est à mon avis très réussie. Les dessins de Begue sont géniaux.
J'espère que la série sera poursuivie. J'attends déjà avec impatience le troisième tome. Recommandation d'achat inconditionnelle.
Que dire de cet album réalisé à dix mains ?
Que j'ai passé un excellent moment de lecture ?
Que je me suis marré, franchement marré à chaque gag ?
Comme l'indique le communiqué de presse de l'album, "en janvier 2021, les cinq auteurs sont invités à inaugurer l’exposition : « Fabcaro ou la Zaï Zaï Zaï Zaï attitude » présentée à Millau, dans l’Hérault. La période est au couvre-feu et instaure donc le cadre de longues soirées hivernales au coin du feu dans un gîte loué pour l’occasion. Cliché ou pas, l’effusion créative déchaîne une émulsion miraculeuse, et le groupe, gonflé à bloc, pose les bases d’un récit absurde - improbable créature échappée d’un laboratoire improvisé."
Et voilà donc cet album deux ans plus tard, fruit de leurs esprits tourmentés, chahuteurs, de leur humour absurde mais tellement jouissif, où ils jouent leurs propres rôles, avec comme point de départ un crash d'avion 20 ans plus tôt, et une commémoration particulière qui va occasionner des odyssées iconoclastes (à la Zaï Zaï Zaï Zaï, justement. Au fil de la lecture, plusieurs gimmicks émergent : Bouzard qui se déplace à poil, avec juste son casque de tailleur d'arbres, Rochier mû par une unique pensée, qui fait froid dans le dos, ou encore les slips de Fabrice Erre, exposés au public d'une drôle de façon... Les mésaventures de chacun sont proposées en alternance, en général deux pages chacun, avec parfois (le contraire eût été étonnant de la part de ces branquignoles) des ruptures, des pages réalisées par deux auteurs (chacun sa colonne dans une disposition en gaufrier) ou un passage plus long lorsque le récit l'impose.C'est réjouissant, c'est débridé, c'est du grand n'importe quoi parfois (la prime aux chanteurs dans la voiture de Bouzard), mais on passe un excellent moment !
Je me dois de défendre cette œuvre et la replacer dans son contexte : en effet contrairement à little Kévin qui représente l'aboutissement de l'art de Coyote, mammouth et piston était d'abord publié par planches. Cette œuvre est de la même veine que les productions fluide glacial ; si vous n'accrochez pas l'humour de super Dupont ou pervers pépère passez votre chemin.
Cela dit la qualité graphique est au rendez-vous, et plus qu'une œuvre dédiée à la réflexion vous aurez en mammouth et piston un humour potache gras et velu, et surtout une immersion dans un monde que peu de gens connaissent celui des Harley Davidson et du cambouis.
Si comme moi vous vous identifiez au personnage, à sa philosophie de comptoir et sa bonhomie proverbiale vous élèverez cette BD au rang de culte.
J’ai passé vraiment un excellent moment en lisant cette série.
Cela faisait plusieurs lectures que je restais sur ma faim, trouvant les albums sympathiques à lire au mieux, ou décevants. Et j’avais besoin d’une série agréable à lire.
J’avais cette série dans mes lectures en retard, et les bonnes critiques du site m'ont incité à la lire, me faisant penser que je n’allais pas être déçu.
Et grand bien m’en a pris !
On suit les vacances d’une famille belge sur une bonne décennie (fin 60 jusqu’à début 80), avec leurs petits couacs, leurs anecdotes, leurs joies et leurs peines.
C’est merveilleusement bien écrit, il faut dire que Zidrou ne me déçoit que très rarement dans ce qu’il propose.
Très vite je me suis attaché aux personnages, à cette famille, que l’on voit grandir, passer de l’enfance à l’adolescence, le jeune couple de parents que l’on voit vieillir, avec leurs doutes et difficultés au sein de leur relation.
C’est véritablement une chronique de la vie de famille tout ce qu’il y a de plus classique, mais la narration est telle que l’on est happé dans son quotidien. Et d’album en album, on se prend au jeu, aux running gags, à la personnalité des protagonistes, très vite on apprend à les connaître, presque de manière intime, on a l’impression de faire partie de cette petite famille.
Les références culturelles sont excellentes et ancrent bien le récit dans le temps de la narration, à travers des paroles de chansons, des événements marquants.
Immanquablement on repense à nos propres souvenirs d’enfants, aux souvenirs que l’on offre à nos enfants ou à ceux qu’on leur a offerts.
Le dessin est très lumineux, très expressif et détaillé, et colle parfaitement au récit.
Je n’avais lu que La Mondaine de Lafebre et son trait a considérablement progressé depuis, c’est un vrai plaisir à constater.
Un vrai coup de cœur pour cette série, qui me semble terminée au 6ème album. (Une intégrale est sortie en juin 2022).
Un véritable hommage à la vie de famille et aux vacances d’été, qui nous rappelle que ces moments sont éphémères, bien trop courts, et qu’il faut savoir les savourer, aussi bien en tant qu’enfant qu’en tant que parent, avant qu’ils ne deviennent que des souvenirs.
Je recommande vivement.
Quel plaisir de retrouver Chabouté à ce niveau ! Depuis « Un peu de bois et d'acier » aucune de ses bandes dessinées ne m’avait procuré autant de plaisir que ce Musée. Un dessin en noir et blanc toujours aussi beau, des cadrages bien pensés et au service de l’histoire, un humour très présent, l’art de titiller la curiosité du lecteur avec de petites histoires dans l’histoire, l’art de les rendre complices également (ahhh, toute cette histoire autour d’un tableau que l’on ne voit qu’à la fin mais que ceux qui ont déjà visité le Musée d’Orsay –ou qui connaissent sa collection- reconnaissent rien qu’en voyant les réactions des visiteurs devant ledit tableau : du grand art !)
Franchement, j’ai dévoré le livre. Il se lit vite (beaucoup de passages muets) mais il est tout sauf vide. Il se passe toujours quelque chose et c’est un plaisir d’y revenir pour relire l’histoire avec un autre regard, enrichi par notre première lecture.
Un très grand cru !!
Chouette initiative des éditions "The Hoochie Coochie", très justement récompensé par une sélection au prix patrimoine d'Angoulème 2024, de déterrer, rassembler et publier le gros de l'Oeuvre d' Imagex, météorite fulgurante du monde de la bande dessinée du milieu des années 80, en une bien belle anthologie.
Cet auteur aura sévit très peu de temps et malgré sa carrière éphémère, il a inspiré grand nombre d'auteurs catalogué indé qui le revendique clairement (Entre autre Matt Konture et Dav Guedin).
Environ 40 ans plus tard, ces histoires ont bien vieilli et semble toujours aussi à propos.
Vous retrouverez donc de nombreux récits précédemment proposé dans les recueils Mauvais rêves ou Colonie de vacanse mais aussi quelques inédits (4 au total) ainsi que d'autres publications.
Ressort de cette anthologie une grande cohérence et cohésion d'ensemble tant de nombreuses thématiques sont communes (Enfance, Maltraitance, etc...).
Ressort de cette anthologie une grande frustration car à travers ces différentes histoires, on découvre les prémices d'une Oeuvre qui possédait un potentiel énorme et d'un Artiste qui malheureusement n'atteindra jamais sa pleine maturité BD (artistique et scénaristique).
Le style Graphique d'Imagex est plus varié qu'il n'y parait de premier abord rappelant foultitude d'auteurs typé indé, d'Olivier Texier en passant par les auteurs cités quelques lignes plus haut et allant même jusqu'à me faire penser sur certaines histoires au grand Winshluss !!
Pour votre culture, ne passez pas à coté de ce condensé d'Imagex!
Note réelle: 03.5/5 arrondi à 4 pour la qualité éditoriale.
J’ai beaucoup aimé ce « regard neuf et historiquement juste sur le monde de la piraterie », pour citer l’éditeur.
Vincent Brugeas et Ronan Toulhoat remettent les pendules à l’heure, via une préface informative, et surtout via l’histoire de la BD, qui se présente sous la forme d’une grande épopée remplie d’action et de personnages charismatiques. Les auteurs nous montrent une piraterie démocratique et fraternelle à l’opposé des mythes du pirate haineux et barbare véhiculés par la culture populaire. C’est passionnant, même si certains protagonistes m’ont paru trop lisses, trop parfaits. La dernière partie du récit est plus sédentaire, ce qui semble avoir gêné certains lecteurs, mais moi j’ai trouvé cet enlisement pertinent et assez bien vu d’un point de vue narratif.
La mise en image de Ronan Toulhoat est parfaite et exactement ce que j’attends d’une telle histoire. J’ai particulièrement apprécié les superbes double-pages qui introduisent chaque chapitre, ainsi que les scènes d’action, très dynamiques et lisibles.
Un chouette one-shot, prenant et diablement intéressant.
J'ai profité d'un week-end cocooning pour lire et apprécier à sa juste valeur ces deux pavés. La qualité de l'édition est sublime, un grand format qui permet de se plonger dans des territoires inconnus.
Yukinobu Hoshino a voulu rendre hommage au film '2001, l'odyssée de l'espace' en proposant une suite qui respecte l'œuvre originale. D'ailleurs le premier chapitre en est un joli clin d'œil.
Et pour cela il va nous emmener aux confins de l'univers à travers 19 chapitres pour nous narrer sa version de la conquête de l'espace.
Une odyssée captivante qui va se dérouler sur 400 ans et où chaque chapitre suit chronologiquement l'avancée technologique, mais aussi celle de l'humanité. Toujours plus loin et plus rapidement.
Des chapitres indépendants les uns des autres avec des personnages bien campés et certains seront présents dans plusieurs de ces histoires avec pour fil conducteur la famille... Robinson.
De nombreux thèmes seront décortiqués dont l'exploitation outrancière des ressources naturelles, la biodiversité, la colonisation de nouvelles planètes ou la vie extra-terrestre dans des intrigues qui prennent le temps de se développer.
L'ensemble forme un tout cohérent et prodigieusement immersif.
Une œuvre ambitieuse, mature et réaliste avec des intérêts qui divergent suivant que les protagonistes soient scientifiques, colons, diplomates ou même le pape en personne.
La partie graphique est somptueuse avec un côté vintage qui me plaît beaucoup.
J'ai aimé le rendu de l'espace sidéral, des mondes visités et l'architecture des vaisseaux spaciaux dans un noir et blanc de toute beauté.
En cadeau, quelques planches, ci et là, en couleurs.
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Missak Manouchian - Une vie héroïque
A l’heure où la Légion d’Honneur est donnée aux copains du pouvoir (ou par cynisme à des dictateurs/acheteurs d’armement) ou, dans un tout autre registre, à l’heure où l’immigré est présenté comme un problème mettant en danger l’existence des valeurs de la France, il est bon de se replonger, comme le font les auteurs (scénariste et conseillers historiques), dans la vie et l’action d’immigrés qui, n’étant pas Français, n’en ont pas moins défendu et incarné ces valeurs, en luttant (et en donnant leur vie) contre le nazisme et ses idées (fussent-elles pétainistes). Oui, Manouchian est un héros (la République le reconnait – tardivement – puisque la prochaine panthéonisation le fera passer du côté des « grands hommes » auxquels « la patrie est reconnaissante »). Et cet album rend justice à cet homme et ses compagnons de lutte. Surtout, je l’ai trouvé très bien fait et très intéressant. Je connaissais Manouchian, son action dans la résistance (et un peu de choses sur les FTP-MOI aussi), le poème d’Aragon, la chanson de Ferré, et cette Affiche rouge, que j’utilise chaque année avec mes élèves (je n'ai pas vu les films tournés sur le sujet). Mais j’ai appris beaucoup de choses sur « l’avant », la jeunesse de Manouchian (rescapé du génocide arménien), son arrivée en France, sa passion pour la poésie, son engagement militant, etc. Mais le passage dans la résistance (que je connaissais davantage) est aussi bien montré. La narration est fluide, agréable, même si ça manque parfois de densité, j’ai parfois eu l’impression qu’on passait trop rapidement sur certains évènements. Mais au final cela ne m’a pas trop frustré. En effet, il n’y a ainsi pas trop de « romancé », ça reste factuel. On découvre un Manouchian dur au mal, ayant à combattre pour vivre (ou survivre), mais plein de vie, d’amour et de passion : un homme attachant qui n’a jamais trahi ses convictions. Et surtout, tout le reste est remarquablement complété par un dossier final extrêmement complet, sur l’immigration de l’entre-deux guerre, l’engagement des étrangers dans l’armée française, et après dans la résistance, puis la traque des résistants du groupe Manouchian par la police de Vichy et la Gestapo. Dossier complété par de très nombreux documents (photos, dernières lettres – bouleversantes, documents de la Gestapo, etc.). Le dessin de Mako (habituel compagnon de travail de Daeninckx) est très lisible, avec un trait gras, une mise en page aérée et un rendu agréable. Une lecture passionnante, à mettre entre toutes les mains (et dans tous les CDI).
Hérauts
J'ai mis du temps à lire cette série et je suis très agréablement surpris. D'accord, la présentation est parfaite, mais cela ne dit généralement pas grand-chose sur le contenu. Les deux histoires sont passionnantes et l'intégration de l'héraldique est à mon avis très réussie. Les dessins de Begue sont géniaux. J'espère que la série sera poursuivie. J'attends déjà avec impatience le troisième tome. Recommandation d'achat inconditionnelle.
Kaplan & Masson
Scénario original. Dessins très travaillés. Tenues et décors divers bien documentés. Bravo !
T'inquiète
Que dire de cet album réalisé à dix mains ? Que j'ai passé un excellent moment de lecture ? Que je me suis marré, franchement marré à chaque gag ? Comme l'indique le communiqué de presse de l'album, "en janvier 2021, les cinq auteurs sont invités à inaugurer l’exposition : « Fabcaro ou la Zaï Zaï Zaï Zaï attitude » présentée à Millau, dans l’Hérault. La période est au couvre-feu et instaure donc le cadre de longues soirées hivernales au coin du feu dans un gîte loué pour l’occasion. Cliché ou pas, l’effusion créative déchaîne une émulsion miraculeuse, et le groupe, gonflé à bloc, pose les bases d’un récit absurde - improbable créature échappée d’un laboratoire improvisé." Et voilà donc cet album deux ans plus tard, fruit de leurs esprits tourmentés, chahuteurs, de leur humour absurde mais tellement jouissif, où ils jouent leurs propres rôles, avec comme point de départ un crash d'avion 20 ans plus tôt, et une commémoration particulière qui va occasionner des odyssées iconoclastes (à la Zaï Zaï Zaï Zaï, justement. Au fil de la lecture, plusieurs gimmicks émergent : Bouzard qui se déplace à poil, avec juste son casque de tailleur d'arbres, Rochier mû par une unique pensée, qui fait froid dans le dos, ou encore les slips de Fabrice Erre, exposés au public d'une drôle de façon... Les mésaventures de chacun sont proposées en alternance, en général deux pages chacun, avec parfois (le contraire eût été étonnant de la part de ces branquignoles) des ruptures, des pages réalisées par deux auteurs (chacun sa colonne dans une disposition en gaufrier) ou un passage plus long lorsque le récit l'impose.C'est réjouissant, c'est débridé, c'est du grand n'importe quoi parfois (la prime aux chanteurs dans la voiture de Bouzard), mais on passe un excellent moment !
Mammouth et Piston
Je me dois de défendre cette œuvre et la replacer dans son contexte : en effet contrairement à little Kévin qui représente l'aboutissement de l'art de Coyote, mammouth et piston était d'abord publié par planches. Cette œuvre est de la même veine que les productions fluide glacial ; si vous n'accrochez pas l'humour de super Dupont ou pervers pépère passez votre chemin. Cela dit la qualité graphique est au rendez-vous, et plus qu'une œuvre dédiée à la réflexion vous aurez en mammouth et piston un humour potache gras et velu, et surtout une immersion dans un monde que peu de gens connaissent celui des Harley Davidson et du cambouis. Si comme moi vous vous identifiez au personnage, à sa philosophie de comptoir et sa bonhomie proverbiale vous élèverez cette BD au rang de culte.
Les Beaux Étés
J’ai passé vraiment un excellent moment en lisant cette série. Cela faisait plusieurs lectures que je restais sur ma faim, trouvant les albums sympathiques à lire au mieux, ou décevants. Et j’avais besoin d’une série agréable à lire. J’avais cette série dans mes lectures en retard, et les bonnes critiques du site m'ont incité à la lire, me faisant penser que je n’allais pas être déçu. Et grand bien m’en a pris ! On suit les vacances d’une famille belge sur une bonne décennie (fin 60 jusqu’à début 80), avec leurs petits couacs, leurs anecdotes, leurs joies et leurs peines. C’est merveilleusement bien écrit, il faut dire que Zidrou ne me déçoit que très rarement dans ce qu’il propose. Très vite je me suis attaché aux personnages, à cette famille, que l’on voit grandir, passer de l’enfance à l’adolescence, le jeune couple de parents que l’on voit vieillir, avec leurs doutes et difficultés au sein de leur relation. C’est véritablement une chronique de la vie de famille tout ce qu’il y a de plus classique, mais la narration est telle que l’on est happé dans son quotidien. Et d’album en album, on se prend au jeu, aux running gags, à la personnalité des protagonistes, très vite on apprend à les connaître, presque de manière intime, on a l’impression de faire partie de cette petite famille. Les références culturelles sont excellentes et ancrent bien le récit dans le temps de la narration, à travers des paroles de chansons, des événements marquants. Immanquablement on repense à nos propres souvenirs d’enfants, aux souvenirs que l’on offre à nos enfants ou à ceux qu’on leur a offerts. Le dessin est très lumineux, très expressif et détaillé, et colle parfaitement au récit. Je n’avais lu que La Mondaine de Lafebre et son trait a considérablement progressé depuis, c’est un vrai plaisir à constater. Un vrai coup de cœur pour cette série, qui me semble terminée au 6ème album. (Une intégrale est sortie en juin 2022). Un véritable hommage à la vie de famille et aux vacances d’été, qui nous rappelle que ces moments sont éphémères, bien trop courts, et qu’il faut savoir les savourer, aussi bien en tant qu’enfant qu’en tant que parent, avant qu’ils ne deviennent que des souvenirs. Je recommande vivement.
Musée
Quel plaisir de retrouver Chabouté à ce niveau ! Depuis « Un peu de bois et d'acier » aucune de ses bandes dessinées ne m’avait procuré autant de plaisir que ce Musée. Un dessin en noir et blanc toujours aussi beau, des cadrages bien pensés et au service de l’histoire, un humour très présent, l’art de titiller la curiosité du lecteur avec de petites histoires dans l’histoire, l’art de les rendre complices également (ahhh, toute cette histoire autour d’un tableau que l’on ne voit qu’à la fin mais que ceux qui ont déjà visité le Musée d’Orsay –ou qui connaissent sa collection- reconnaissent rien qu’en voyant les réactions des visiteurs devant ledit tableau : du grand art !) Franchement, j’ai dévoré le livre. Il se lit vite (beaucoup de passages muets) mais il est tout sauf vide. Il se passe toujours quelque chose et c’est un plaisir d’y revenir pour relire l’histoire avec un autre regard, enrichi par notre première lecture. Un très grand cru !!
Anthologie Imagex
Chouette initiative des éditions "The Hoochie Coochie", très justement récompensé par une sélection au prix patrimoine d'Angoulème 2024, de déterrer, rassembler et publier le gros de l'Oeuvre d' Imagex, météorite fulgurante du monde de la bande dessinée du milieu des années 80, en une bien belle anthologie. Cet auteur aura sévit très peu de temps et malgré sa carrière éphémère, il a inspiré grand nombre d'auteurs catalogué indé qui le revendique clairement (Entre autre Matt Konture et Dav Guedin). Environ 40 ans plus tard, ces histoires ont bien vieilli et semble toujours aussi à propos. Vous retrouverez donc de nombreux récits précédemment proposé dans les recueils Mauvais rêves ou Colonie de vacanse mais aussi quelques inédits (4 au total) ainsi que d'autres publications. Ressort de cette anthologie une grande cohérence et cohésion d'ensemble tant de nombreuses thématiques sont communes (Enfance, Maltraitance, etc...). Ressort de cette anthologie une grande frustration car à travers ces différentes histoires, on découvre les prémices d'une Oeuvre qui possédait un potentiel énorme et d'un Artiste qui malheureusement n'atteindra jamais sa pleine maturité BD (artistique et scénaristique). Le style Graphique d'Imagex est plus varié qu'il n'y parait de premier abord rappelant foultitude d'auteurs typé indé, d'Olivier Texier en passant par les auteurs cités quelques lignes plus haut et allant même jusqu'à me faire penser sur certaines histoires au grand Winshluss !! Pour votre culture, ne passez pas à coté de ce condensé d'Imagex! Note réelle: 03.5/5 arrondi à 4 pour la qualité éditoriale.
La République du Crâne
J’ai beaucoup aimé ce « regard neuf et historiquement juste sur le monde de la piraterie », pour citer l’éditeur. Vincent Brugeas et Ronan Toulhoat remettent les pendules à l’heure, via une préface informative, et surtout via l’histoire de la BD, qui se présente sous la forme d’une grande épopée remplie d’action et de personnages charismatiques. Les auteurs nous montrent une piraterie démocratique et fraternelle à l’opposé des mythes du pirate haineux et barbare véhiculés par la culture populaire. C’est passionnant, même si certains protagonistes m’ont paru trop lisses, trop parfaits. La dernière partie du récit est plus sédentaire, ce qui semble avoir gêné certains lecteurs, mais moi j’ai trouvé cet enlisement pertinent et assez bien vu d’un point de vue narratif. La mise en image de Ronan Toulhoat est parfaite et exactement ce que j’attends d’une telle histoire. J’ai particulièrement apprécié les superbes double-pages qui introduisent chaque chapitre, ainsi que les scènes d’action, très dynamiques et lisibles. Un chouette one-shot, prenant et diablement intéressant.
2001 Nights stories
J'ai profité d'un week-end cocooning pour lire et apprécier à sa juste valeur ces deux pavés. La qualité de l'édition est sublime, un grand format qui permet de se plonger dans des territoires inconnus. Yukinobu Hoshino a voulu rendre hommage au film '2001, l'odyssée de l'espace' en proposant une suite qui respecte l'œuvre originale. D'ailleurs le premier chapitre en est un joli clin d'œil. Et pour cela il va nous emmener aux confins de l'univers à travers 19 chapitres pour nous narrer sa version de la conquête de l'espace. Une odyssée captivante qui va se dérouler sur 400 ans et où chaque chapitre suit chronologiquement l'avancée technologique, mais aussi celle de l'humanité. Toujours plus loin et plus rapidement. Des chapitres indépendants les uns des autres avec des personnages bien campés et certains seront présents dans plusieurs de ces histoires avec pour fil conducteur la famille... Robinson. De nombreux thèmes seront décortiqués dont l'exploitation outrancière des ressources naturelles, la biodiversité, la colonisation de nouvelles planètes ou la vie extra-terrestre dans des intrigues qui prennent le temps de se développer. L'ensemble forme un tout cohérent et prodigieusement immersif. Une œuvre ambitieuse, mature et réaliste avec des intérêts qui divergent suivant que les protagonistes soient scientifiques, colons, diplomates ou même le pape en personne. La partie graphique est somptueuse avec un côté vintage qui me plaît beaucoup. J'ai aimé le rendu de l'espace sidéral, des mondes visités et l'architecture des vaisseaux spaciaux dans un noir et blanc de toute beauté. En cadeau, quelques planches, ci et là, en couleurs. Dépaysement garanti. Un incontournable pour les amoureux de space opera et d'anticipation ! Coup de cœur.