C’est en me promenant dans les rues et avenues de la Fête de l’Huma 2023 que je rencontre l’auteur par hasard, assis à son stand et qui me permet, pour la première fois, de recevoir un bouquin dédicacé.
C’est le style graphique qui m’a tout de suite tapé dans l’œil. A la lecture, j’ai beaucoup aimé parcourir ces planches, résultat d’une linogravure soignée, dégageant poésie et légèreté.
Pourtant, les histoires rapportées par ce petit oiseau pèsent lourdement. Ce sont des témoignages courts qui traduisent les différentes méthodes employées par l’Etat d’Israel souhaitant dominer la région par l’usage de la terreur et de l’emprisonnement d’un peuple. Le message de cette BD est de mettre en avant que les palestiniens sont incarcérés aussi bien en prison qu’en dehors. Mais une nuance est à faire en vue de comprendre leur aspiration existentielle : ils souhaitent quitter la prison, pas leur pays.
Un récit qui va droit au but, l’approche se veut concrète et succincte, afin de rappeler que des peuples, ici les palestiniens, luttent pour une idée simple mais encore irréalisable à ce jour : vivre libre, vivre tout court, chez soi.
Un livre engagé au point de vue unique, qui prône une lutte pour la Paix et non le Conflit. Nous n’apprendrons pas grande chose de nouveau au sortir, peut être, tristement car l’histoire se répète, mais ce genre de message doit continuer de circuler et de se réinventer.
Coup de cœur pour le dessin que j’ai trouvé particulièrement immersif, bien que la lecture soit de courte durée.
La découverte du mois, ne connaissant pas les romans je me suis laissé tenter sans a priori et quelle réussite.
L'histoire est touchante et l'on suit avec envie les péripéties d'Ayla et de son clan adoptif. Le dessin de Camille Moog arrive très bien à mettre en avant les émotions des personnages dans les scènes douces ou difficiles, accentué par la mise en couleur de Marta Todeschini.
Cela donne envie de connaître la suite de ses aventures et de pourquoi pas se plonger dans les romans !
Je ne savais pas trop à quoi m’attendre avec cet album du duo Nicoby et Didier Tronchet. J’ai donc commencé à lire sans trop savoir sur quoi j’allais tomber. Plus j’avançais dans le récit moins j’avais envie de lâcher la BD. Je me suis régalé. Lecture d’une seule traite. C’est vraiment drôle avec de nombreuses scènes cocasses. Un album divertissant qui ne donne pas trop envie de rechercher ce que sont devenus vos anciens amis !
La thématique de l’ancien copain qui s’incruste n’est pas nouvelle mais le ton est juste et surtout hilarant. Le burlesque des situations n’est pas surjoué. On ne peut donc que se délecter de cette histoire légère mais ô combien agréable avec des répliques bien senties.
Le graphisme de Nicoby est plutôt agréable. Le trait est assez séduisant même si il y a une bonne dose de légèreté. C’est beau.
On parle un peu foot, un thème qui tient à cœur à Didier Tronchet. Pas mal au final et surtout pas barbant. Même ceux qui ne sont pas trop des fans, pourront apprécier le récit.
Un album que je recommande vivement. Je vous invite à déguster planche après planche la nouvelle vie de Vincent Renard quand tout part en cacahuète après sa rencontre avec son ancien coéquipier de l’équipe de foot de Villetaneuse ! Grandiose !
Coté fond : Action, humour, pédagogie et profondeur scénaristique.
Coté forme : découpage osé, influence manga, paysages virtuoses et précis, perspectives souvent vertigineuses.
Coté personnage : un héros qui flirte avec les limites en permanence, complexe et humain, dont la psychologie nous tient en haleine tout du long. Des enjeux de pouvoir au cœur des intrigues avec des personnages tout sauf manichéens. Des dialogues savoureux et équilibrés. Un chara-design particulier mais qui finalement se laisse apprivoiser. Le 4iem tome brise un peu cette harmonie mais emplifie finalement l'attente d'un final grandiose dans le 5iem et dernier tome à venir.
Je suis un avide gamer depuis 40 ans. Je collectionne beaucoup de consoles et jeux vidéo retro, mais contrairement aux « vrais » collectionneurs, je JOUE aussi aux jeux en question (à l’heure où j’écris ces lignes je viens de terminer Warioland 4 sur Gameboy Advance et Secret of Monkey Island sur Amiga). Je suis abonné à DEUX magazines spécialisés. J’irai même jusqu’à avouer que je porte actuellement des chaussettes Tetris, et que je bois un thé vert dans un mug Tetris. BREF, je raconte ma vie pour expliquer que je me suis naturellement jeté sur cette BD (aguiché par la superbe couverture), et que je fais partie du public ciblé. Et je ressors ravi de ma lecture.
Chaque histoire présente un souvenir bien précis à propos d’un certain jeu - ce tome aborde surtout les années 80, donc les jeux d’arcade / 8-bit : Shinobi, Super Mario Bros, The Legend of Zelda, Tetris etc.). Le ton est humoristique et autobiographique, l’auteur parle de son enfance, de ses amis, de ses parents, et de ses souvenirs des jeux en question, parfois doux-amers (ils étaient souvent décevants ou trop difficiles). Le dessin de Boris Mirroir alterne entre un style « cartoon » mignon au possible pour l’histoire et un « pixel art » élégant pour les écrans de jeu, fidèlement reproduits (il ne s’agit pas de captures d’écran). Les planches contiennent de nombreux gags et références culturels, que les geeks auront beaucoup de plaisir à découvrir. J’ai personnellement passé un excellent moment de lecture. J’ai trouvé cet album instructif et divertissant, les personnages sont attachants (ah, le papa et ses traductions approximatives) et les histoires sont remplies de tendresse et d’humour.
Le tome 2 est dans la continuité du premier, pas de surprises, pas de déception, donc n’hésitez pas si vous avez aimé le tome 1. Je lirai certainement le tome 3.
Quelle déception ! Parvenu à la fin de cette BD, j'ai ressenti une frustration à la hauteur du plaisir enfantin que j'ai pris à suivre tous les personnages de cette histoire. J'en aurais bien repris une louche, je l'avoue, la fin arrivant un peu brutalement.
C'est assez paradoxal : d'un côté, je suis un peu fatigué de ces séries à rallonge de 2000 tomes dont bon nombre ne sont là que pour vendre du papier, et de l'autre, il y avait ici matière à faire quelques tomes supplémentaires. Ou alors mieux : une plus grosse aventure en un seul et unique GROS tome !!!! Jamais content celui-là !
Bon, on l'aura compris, je ne plaisante qu'à moitié. S'il y a certes frustration, Le grand migrateur est franchement une belle surprise. On a un récit très sympatoche, non dénué d'originalité, avec des personnages bien campés (le grand migrateur, c'est un truc super, sorte de troll issue des légendes nordiques) et qui s'inscrit parfaitement dans son époque sans pour autant être lourdingue ou moralisateur : Odette, princesse déchue, est le personnage principal, la thématique écologique est centrale, et puis bon, la migration, quand même, est dans le titre (migration/migrants)... En outre, le dessin est tout mignon et soigné, même si j'aurais préféré un trait disons plus affirmé.
Bref ! un très bon titre jeunesse qui est parvenu à me transporter, et ce n'est pas si courant, mine de rien.
Quelle belle BD ! Je l'avais lu voila quelques années mais je tenais à la relire avant de l'aviser. Parce que j'adore Carole Maurel et son trait, les couleurs qu'elle utilise et la vie qu'elle insuffle dans ses dessins sans pour autant avoir de trait d'une finesse ou d'une précision inégalable. Bref, j'adore ce qu'elle fait comme BD.
Elle fait ici une BD seule aux commandes, et s'en tire avec tous les honneurs. Brodant sur l'idée ô combien reprise de la rencontre entre l'adulte et la jeune, elle fait cependant déplacer la jeune dans le monde d'après, sa future vie qu'elle pourra à loisir critiquer et décortiquer.
Tout le récit est le passage d'un déni, un déni évident dès le début de la BD et qui n'est jamais camouflé. Parce que le propos est justement de réfléchir à celui-ci. Pas ce qu'il est, ni pourquoi il est là, mais pourquoi persister dans ce déni. D'où une confrontation d'une intensité rare entre les deux protagonistes. Dépassant le cadre de la bienséance, ici ça crie, ça s'engueule, ça braille et ça se tacle. Normal, ce mal-être doit bien exploser, surtout face à celle qui ne peut pas nous croire parce qu'elle sait.
Ce que j'ai aimé, c'est cette violence dans la confrontation. Devoir se remettre en question sur sa vie et ses choix n'est pas simple. A-t-on fait les bons ? A-t-on fait trop de compromis ? A-t-on seulement essayé ? Ce regard porté sur sa vie peut amener à des considérations violentes puisqu'elles remettront en question des années de vies tracées d'une ligne claire. La franchir, c'est tout faire voler en éclat. D'ailleurs à ce jeu-là, personne n'a raison : l'adolescente n'a pas encore toute l'expérience pour comprendre certains détails, tandis que l'adulte a perdue de vue certaines choses de son adolescence.
Et cette fin est une pure réussite : retrouver une fusion entre les deux est déjà attendue comme fin logique, mais surtout la dernière confrontation est la plus importante. Parce que dans ce genre d'histoire, ce n'est pas la lutte contre soi-même qui importe.
Je suis sous le charme de cette BD. Elle a semblé un peu irréaliste à beaucoup par la violence dont fait preuve l'adulte envers la jeune, mais je trouve que c'est ce qui marche. Le sujet est sensible à hauteur de la réaction, et je me dis que beaucoup de gens seraient au moins aussi durs envers eux-mêmes parce qu'ils ont du mal à accepter la vérité. Une BD qui m'a beaucoup parlée, qui m'a touchée et que je relirais avec grand plaisir.
Cette série fonctionne bien entendu grâce à l’absurdité de la situation de départ. En effet, le jeune héros du récit prend le lecteur de court en voyant dans cette apocalypse zombie non pas une tragédie mais bien une bénédiction. Enfin, il n’est plus obligé d’aller travailler comme un forçat pour un salaire minable. Enfin, il peut boire une bière dès le petit-déjeuner. Enfin, il peut glander devant la télévision si ça lui chante !
Sa joie de vivre, son enthousiasme sont de grandioses ressorts comiques. Il part faire des courses le sourire aux lèvres en passant par le balcon de ses voisins qui, eux, sont terrifiés. Il en profite pour leur proposer de leur ramener quelques commissions, genre du papier wc ou une bière. Et très rapidement, il finit par faire une liste des choses à faire avant de mourir. Le genre de liste que l’on se dit que l’on ferait bien un jour pour son usage personnel… sauf que là nous sommes en pleine apocalypse zombie et ça va donc être un peu moins évident de faire un saut en parachute ou de trouver un coiffeur pour se faire des dreadlocks. Cet aspect absurde entre les désirs, parfois enfantins, du héros et la situation dans laquelle il se trouve est le moteur du récit, qui le classe donc dans un genre à tiers-chemin entre humour, aventure et épouvante.
Le dessin, sans réellement sortir du lot, est en parfaite osmose avec l’esprit de la série. Il est dynamique et n’hésite pas à en faire des tonnes à l’occasion mais sans tomber dans l’excès constant. On passe donc de passages ‘normaux’ à des passages plus caricaturaux et ce sont ces basculements qui permettent à la sauce de prendre.
C’est crétin et sympathique. Il y a du nichon par ci par là mais sans excès, un peu de philosophie de bazar à l’occasion (et j’espère que les auteurs n’en abuseront pas à l’avenir) et un lointain écho avec notre situation actuelle (doit-on avoir peur de tout sous prétexte du COVID alors qu’Akira nous montre que même une apocalypse zombie peut être source d’opportunités ?) Bon ! Faudrait pas que la série dure des plombes et même si, à l'heure actuelle (10 tomes lus), je demeure mordu, je sens bien qu'elle a tendance à s'essouffler ! J'en viens donc à espérer soit une conclusion rapide, soit une relance de l'intrigue réellement enthousiasmante.
Dans tous les cas de figure, 100 Bucket list of the dead demeure l'un des rares mangas dont je guette la sortie d'un tome avec impatience ! Une revisite originale du carpe diem à l'aulne d'une apocalypse zombie, fallait y penser !
Après lecture des cinq premiers tomes, je trouve que cette série demeure plaisante à suivre malgré quelques petits défauts.
J’aime le dessin de Shun Umezawa. Charlie, l’humanzee est parfaitement réussi. Il ne ressemble ni vraiment à un humain, ni vraiment à un chimpanzé mais nous rappelle clairement ces deux espèces. Le style réaliste d’ensemble est agréable à lire, avec des décors souvent soignés et un emploi modéré de photos retouchées. Les personnages sont bien typés et les confusions sont rares. Enfin, cerise sur le gâteau, les scènes d’action et de combat sont la plupart du temps faciles à déchiffrer. Et ça, c’est quand même devenu furieusement rare dans le genre manga !
L’intrigue brasse pas mal de thèmes d’actualité, terrorisme et veganisme en tête, mais aussi massacres dans les écoles aux USA ou statut juridique des droits des animaux et de la nature. Et grâce à son héros, qui présente une philosophie animiste, l’auteur parvient à nuancer certains propos, sur le veganisme notamment. Ce qui a pour effet que cette série n’est pas une propagande pour ce mode de vie mais propose des réflexions souvent pertinentes.
Dans l’ensemble, et à condition d’accepter le postulat de départ, je trouve la série plutôt réaliste tant dans les comportements des différents acteurs que dans les rebondissements proposés. Au fil des tomes, l'auteur a tout de même tendance à surenchérir mais cela reste dans des limites acceptables. Surtout, cela permet de relancer une intrigue qui donnerait, dans le cas contraire, la désagréable impression de tourner en rond.
Si les personnages ne me touchent pas toujours (ils semblent parfois très froids, très analytiques, à l'exception de l'un ou l'autre d'entre eux), l'évolution de l'histoire ne cesse de me passionner. Du coup, j'attends chaque nouveau tome avec impatience même si j'espère une conclusion rapide (je continue de craindre que soit elle se mette à tourner en rond, soit à force de surenchérir son auteur ne la fasse sombrer dans le ridicule). Jusqu'à présent, ça passe et je demeure accro... mais je ne saurais pas dire pour combien de temps encore.
Comme l'explique Pietro Zemelo en préface, ceci est son histoire, son témoignage au sujet de la façon dont sa belle-famille élargie essaie de gérer le traumatisme de l'invasion de l'Ukraine par la Russie en mars 2022. Il ne prétend aucunement se substituer aux personnes directement impactées, mais au contraire montre la façon dont il perçoit leur résilience.
Et c'est là que se trouve le principal point d'intérêt de cette BD : dans le regard qu'il pose, lui un Italien qui, malgré ses années de présence en Ukraine, ne peut saisir totalement la tristesse, la colère, et tant d'autres sentiments qui ne sont pas forcément descriptibles par des mots. D'autant plus que la barrière de la langue est, sans être importante, un véritable obstacle. On voit bien que chacun(e) gère d'une façon ou d'un autre : en se réfugiant dans les corvées domestiques, dans une colère sourde, dans un mutisme inquiétant... Pietro, loin de se sentir rejeté par sa belle-famille, essaie tant bien que mal de maintenir à flots cette famille recomposée en Italie, qui vit le drame à distance, dans une peur constante que le père, resté sur place, se retrouve sous les bombardements ou la proie des milices pro-russes...
Zemelo utilise un trait assez épuré, une sorte de ligne claire plutôt expressive, avec des couleurs pastel et un jeu d'ombres constant. Plutôt agréable à l’œil.
Quant aux tournesols du titre, je craignais un peu qu'ils soient omniprésents dans l'album, mais n'ont qu'une occurrence limitée, mais réaliste, autant que symbolique.
Précieux pour comprendre partiellement ce que vivent les Ukrainiens expatriés.
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
Je ne partirai pas - Mon histoire est celle de la Palestine
C’est en me promenant dans les rues et avenues de la Fête de l’Huma 2023 que je rencontre l’auteur par hasard, assis à son stand et qui me permet, pour la première fois, de recevoir un bouquin dédicacé. C’est le style graphique qui m’a tout de suite tapé dans l’œil. A la lecture, j’ai beaucoup aimé parcourir ces planches, résultat d’une linogravure soignée, dégageant poésie et légèreté. Pourtant, les histoires rapportées par ce petit oiseau pèsent lourdement. Ce sont des témoignages courts qui traduisent les différentes méthodes employées par l’Etat d’Israel souhaitant dominer la région par l’usage de la terreur et de l’emprisonnement d’un peuple. Le message de cette BD est de mettre en avant que les palestiniens sont incarcérés aussi bien en prison qu’en dehors. Mais une nuance est à faire en vue de comprendre leur aspiration existentielle : ils souhaitent quitter la prison, pas leur pays. Un récit qui va droit au but, l’approche se veut concrète et succincte, afin de rappeler que des peuples, ici les palestiniens, luttent pour une idée simple mais encore irréalisable à ce jour : vivre libre, vivre tout court, chez soi. Un livre engagé au point de vue unique, qui prône une lutte pour la Paix et non le Conflit. Nous n’apprendrons pas grande chose de nouveau au sortir, peut être, tristement car l’histoire se répète, mais ce genre de message doit continuer de circuler et de se réinventer. Coup de cœur pour le dessin que j’ai trouvé particulièrement immersif, bien que la lecture soit de courte durée.
Le Clan de l'ours des cavernes
La découverte du mois, ne connaissant pas les romans je me suis laissé tenter sans a priori et quelle réussite. L'histoire est touchante et l'on suit avec envie les péripéties d'Ayla et de son clan adoptif. Le dessin de Camille Moog arrive très bien à mettre en avant les émotions des personnages dans les scènes douces ou difficiles, accentué par la mise en couleur de Marta Todeschini. Cela donne envie de connaître la suite de ses aventures et de pourquoi pas se plonger dans les romans !
Le Meilleur Ami de l'homme
Je ne savais pas trop à quoi m’attendre avec cet album du duo Nicoby et Didier Tronchet. J’ai donc commencé à lire sans trop savoir sur quoi j’allais tomber. Plus j’avançais dans le récit moins j’avais envie de lâcher la BD. Je me suis régalé. Lecture d’une seule traite. C’est vraiment drôle avec de nombreuses scènes cocasses. Un album divertissant qui ne donne pas trop envie de rechercher ce que sont devenus vos anciens amis ! La thématique de l’ancien copain qui s’incruste n’est pas nouvelle mais le ton est juste et surtout hilarant. Le burlesque des situations n’est pas surjoué. On ne peut donc que se délecter de cette histoire légère mais ô combien agréable avec des répliques bien senties. Le graphisme de Nicoby est plutôt agréable. Le trait est assez séduisant même si il y a une bonne dose de légèreté. C’est beau. On parle un peu foot, un thème qui tient à cœur à Didier Tronchet. Pas mal au final et surtout pas barbant. Même ceux qui ne sont pas trop des fans, pourront apprécier le récit. Un album que je recommande vivement. Je vous invite à déguster planche après planche la nouvelle vie de Vincent Renard quand tout part en cacahuète après sa rencontre avec son ancien coéquipier de l’équipe de foot de Villetaneuse ! Grandiose !
Gagner la Guerre
Coté fond : Action, humour, pédagogie et profondeur scénaristique. Coté forme : découpage osé, influence manga, paysages virtuoses et précis, perspectives souvent vertigineuses. Coté personnage : un héros qui flirte avec les limites en permanence, complexe et humain, dont la psychologie nous tient en haleine tout du long. Des enjeux de pouvoir au cœur des intrigues avec des personnages tout sauf manichéens. Des dialogues savoureux et équilibrés. Un chara-design particulier mais qui finalement se laisse apprivoiser. Le 4iem tome brise un peu cette harmonie mais emplifie finalement l'attente d'un final grandiose dans le 5iem et dernier tome à venir.
Super Pixel Boy
Je suis un avide gamer depuis 40 ans. Je collectionne beaucoup de consoles et jeux vidéo retro, mais contrairement aux « vrais » collectionneurs, je JOUE aussi aux jeux en question (à l’heure où j’écris ces lignes je viens de terminer Warioland 4 sur Gameboy Advance et Secret of Monkey Island sur Amiga). Je suis abonné à DEUX magazines spécialisés. J’irai même jusqu’à avouer que je porte actuellement des chaussettes Tetris, et que je bois un thé vert dans un mug Tetris. BREF, je raconte ma vie pour expliquer que je me suis naturellement jeté sur cette BD (aguiché par la superbe couverture), et que je fais partie du public ciblé. Et je ressors ravi de ma lecture. Chaque histoire présente un souvenir bien précis à propos d’un certain jeu - ce tome aborde surtout les années 80, donc les jeux d’arcade / 8-bit : Shinobi, Super Mario Bros, The Legend of Zelda, Tetris etc.). Le ton est humoristique et autobiographique, l’auteur parle de son enfance, de ses amis, de ses parents, et de ses souvenirs des jeux en question, parfois doux-amers (ils étaient souvent décevants ou trop difficiles). Le dessin de Boris Mirroir alterne entre un style « cartoon » mignon au possible pour l’histoire et un « pixel art » élégant pour les écrans de jeu, fidèlement reproduits (il ne s’agit pas de captures d’écran). Les planches contiennent de nombreux gags et références culturels, que les geeks auront beaucoup de plaisir à découvrir. J’ai personnellement passé un excellent moment de lecture. J’ai trouvé cet album instructif et divertissant, les personnages sont attachants (ah, le papa et ses traductions approximatives) et les histoires sont remplies de tendresse et d’humour. Le tome 2 est dans la continuité du premier, pas de surprises, pas de déception, donc n’hésitez pas si vous avez aimé le tome 1. Je lirai certainement le tome 3.
Le Grand Migrateur
Quelle déception ! Parvenu à la fin de cette BD, j'ai ressenti une frustration à la hauteur du plaisir enfantin que j'ai pris à suivre tous les personnages de cette histoire. J'en aurais bien repris une louche, je l'avoue, la fin arrivant un peu brutalement. C'est assez paradoxal : d'un côté, je suis un peu fatigué de ces séries à rallonge de 2000 tomes dont bon nombre ne sont là que pour vendre du papier, et de l'autre, il y avait ici matière à faire quelques tomes supplémentaires. Ou alors mieux : une plus grosse aventure en un seul et unique GROS tome !!!! Jamais content celui-là ! Bon, on l'aura compris, je ne plaisante qu'à moitié. S'il y a certes frustration, Le grand migrateur est franchement une belle surprise. On a un récit très sympatoche, non dénué d'originalité, avec des personnages bien campés (le grand migrateur, c'est un truc super, sorte de troll issue des légendes nordiques) et qui s'inscrit parfaitement dans son époque sans pour autant être lourdingue ou moralisateur : Odette, princesse déchue, est le personnage principal, la thématique écologique est centrale, et puis bon, la migration, quand même, est dans le titre (migration/migrants)... En outre, le dessin est tout mignon et soigné, même si j'aurais préféré un trait disons plus affirmé. Bref ! un très bon titre jeunesse qui est parvenu à me transporter, et ce n'est pas si courant, mine de rien.
Luisa - Ici et là
Quelle belle BD ! Je l'avais lu voila quelques années mais je tenais à la relire avant de l'aviser. Parce que j'adore Carole Maurel et son trait, les couleurs qu'elle utilise et la vie qu'elle insuffle dans ses dessins sans pour autant avoir de trait d'une finesse ou d'une précision inégalable. Bref, j'adore ce qu'elle fait comme BD. Elle fait ici une BD seule aux commandes, et s'en tire avec tous les honneurs. Brodant sur l'idée ô combien reprise de la rencontre entre l'adulte et la jeune, elle fait cependant déplacer la jeune dans le monde d'après, sa future vie qu'elle pourra à loisir critiquer et décortiquer. Tout le récit est le passage d'un déni, un déni évident dès le début de la BD et qui n'est jamais camouflé. Parce que le propos est justement de réfléchir à celui-ci. Pas ce qu'il est, ni pourquoi il est là, mais pourquoi persister dans ce déni. D'où une confrontation d'une intensité rare entre les deux protagonistes. Dépassant le cadre de la bienséance, ici ça crie, ça s'engueule, ça braille et ça se tacle. Normal, ce mal-être doit bien exploser, surtout face à celle qui ne peut pas nous croire parce qu'elle sait. Ce que j'ai aimé, c'est cette violence dans la confrontation. Devoir se remettre en question sur sa vie et ses choix n'est pas simple. A-t-on fait les bons ? A-t-on fait trop de compromis ? A-t-on seulement essayé ? Ce regard porté sur sa vie peut amener à des considérations violentes puisqu'elles remettront en question des années de vies tracées d'une ligne claire. La franchir, c'est tout faire voler en éclat. D'ailleurs à ce jeu-là, personne n'a raison : l'adolescente n'a pas encore toute l'expérience pour comprendre certains détails, tandis que l'adulte a perdue de vue certaines choses de son adolescence. Et cette fin est une pure réussite : retrouver une fusion entre les deux est déjà attendue comme fin logique, mais surtout la dernière confrontation est la plus importante. Parce que dans ce genre d'histoire, ce n'est pas la lutte contre soi-même qui importe. Je suis sous le charme de cette BD. Elle a semblé un peu irréaliste à beaucoup par la violence dont fait preuve l'adulte envers la jeune, mais je trouve que c'est ce qui marche. Le sujet est sensible à hauteur de la réaction, et je me dis que beaucoup de gens seraient au moins aussi durs envers eux-mêmes parce qu'ils ont du mal à accepter la vérité. Une BD qui m'a beaucoup parlée, qui m'a touchée et que je relirais avec grand plaisir.
Bucket List of the dead
Cette série fonctionne bien entendu grâce à l’absurdité de la situation de départ. En effet, le jeune héros du récit prend le lecteur de court en voyant dans cette apocalypse zombie non pas une tragédie mais bien une bénédiction. Enfin, il n’est plus obligé d’aller travailler comme un forçat pour un salaire minable. Enfin, il peut boire une bière dès le petit-déjeuner. Enfin, il peut glander devant la télévision si ça lui chante ! Sa joie de vivre, son enthousiasme sont de grandioses ressorts comiques. Il part faire des courses le sourire aux lèvres en passant par le balcon de ses voisins qui, eux, sont terrifiés. Il en profite pour leur proposer de leur ramener quelques commissions, genre du papier wc ou une bière. Et très rapidement, il finit par faire une liste des choses à faire avant de mourir. Le genre de liste que l’on se dit que l’on ferait bien un jour pour son usage personnel… sauf que là nous sommes en pleine apocalypse zombie et ça va donc être un peu moins évident de faire un saut en parachute ou de trouver un coiffeur pour se faire des dreadlocks. Cet aspect absurde entre les désirs, parfois enfantins, du héros et la situation dans laquelle il se trouve est le moteur du récit, qui le classe donc dans un genre à tiers-chemin entre humour, aventure et épouvante. Le dessin, sans réellement sortir du lot, est en parfaite osmose avec l’esprit de la série. Il est dynamique et n’hésite pas à en faire des tonnes à l’occasion mais sans tomber dans l’excès constant. On passe donc de passages ‘normaux’ à des passages plus caricaturaux et ce sont ces basculements qui permettent à la sauce de prendre. C’est crétin et sympathique. Il y a du nichon par ci par là mais sans excès, un peu de philosophie de bazar à l’occasion (et j’espère que les auteurs n’en abuseront pas à l’avenir) et un lointain écho avec notre situation actuelle (doit-on avoir peur de tout sous prétexte du COVID alors qu’Akira nous montre que même une apocalypse zombie peut être source d’opportunités ?) Bon ! Faudrait pas que la série dure des plombes et même si, à l'heure actuelle (10 tomes lus), je demeure mordu, je sens bien qu'elle a tendance à s'essouffler ! J'en viens donc à espérer soit une conclusion rapide, soit une relance de l'intrigue réellement enthousiasmante. Dans tous les cas de figure, 100 Bucket list of the dead demeure l'un des rares mangas dont je guette la sortie d'un tome avec impatience ! Une revisite originale du carpe diem à l'aulne d'une apocalypse zombie, fallait y penser !
Darwin's Incident
Après lecture des cinq premiers tomes, je trouve que cette série demeure plaisante à suivre malgré quelques petits défauts. J’aime le dessin de Shun Umezawa. Charlie, l’humanzee est parfaitement réussi. Il ne ressemble ni vraiment à un humain, ni vraiment à un chimpanzé mais nous rappelle clairement ces deux espèces. Le style réaliste d’ensemble est agréable à lire, avec des décors souvent soignés et un emploi modéré de photos retouchées. Les personnages sont bien typés et les confusions sont rares. Enfin, cerise sur le gâteau, les scènes d’action et de combat sont la plupart du temps faciles à déchiffrer. Et ça, c’est quand même devenu furieusement rare dans le genre manga ! L’intrigue brasse pas mal de thèmes d’actualité, terrorisme et veganisme en tête, mais aussi massacres dans les écoles aux USA ou statut juridique des droits des animaux et de la nature. Et grâce à son héros, qui présente une philosophie animiste, l’auteur parvient à nuancer certains propos, sur le veganisme notamment. Ce qui a pour effet que cette série n’est pas une propagande pour ce mode de vie mais propose des réflexions souvent pertinentes. Dans l’ensemble, et à condition d’accepter le postulat de départ, je trouve la série plutôt réaliste tant dans les comportements des différents acteurs que dans les rebondissements proposés. Au fil des tomes, l'auteur a tout de même tendance à surenchérir mais cela reste dans des limites acceptables. Surtout, cela permet de relancer une intrigue qui donnerait, dans le cas contraire, la désagréable impression de tourner en rond. Si les personnages ne me touchent pas toujours (ils semblent parfois très froids, très analytiques, à l'exception de l'un ou l'autre d'entre eux), l'évolution de l'histoire ne cesse de me passionner. Du coup, j'attends chaque nouveau tome avec impatience même si j'espère une conclusion rapide (je continue de craindre que soit elle se mette à tourner en rond, soit à force de surenchérir son auteur ne la fasse sombrer dans le ridicule). Jusqu'à présent, ça passe et je demeure accro... mais je ne saurais pas dire pour combien de temps encore.
Les Tournesols d'Ukraine
Comme l'explique Pietro Zemelo en préface, ceci est son histoire, son témoignage au sujet de la façon dont sa belle-famille élargie essaie de gérer le traumatisme de l'invasion de l'Ukraine par la Russie en mars 2022. Il ne prétend aucunement se substituer aux personnes directement impactées, mais au contraire montre la façon dont il perçoit leur résilience. Et c'est là que se trouve le principal point d'intérêt de cette BD : dans le regard qu'il pose, lui un Italien qui, malgré ses années de présence en Ukraine, ne peut saisir totalement la tristesse, la colère, et tant d'autres sentiments qui ne sont pas forcément descriptibles par des mots. D'autant plus que la barrière de la langue est, sans être importante, un véritable obstacle. On voit bien que chacun(e) gère d'une façon ou d'un autre : en se réfugiant dans les corvées domestiques, dans une colère sourde, dans un mutisme inquiétant... Pietro, loin de se sentir rejeté par sa belle-famille, essaie tant bien que mal de maintenir à flots cette famille recomposée en Italie, qui vit le drame à distance, dans une peur constante que le père, resté sur place, se retrouve sous les bombardements ou la proie des milices pro-russes... Zemelo utilise un trait assez épuré, une sorte de ligne claire plutôt expressive, avec des couleurs pastel et un jeu d'ombres constant. Plutôt agréable à l’œil. Quant aux tournesols du titre, je craignais un peu qu'ils soient omniprésents dans l'album, mais n'ont qu'une occurrence limitée, mais réaliste, autant que symbolique. Précieux pour comprendre partiellement ce que vivent les Ukrainiens expatriés.