Génial : Hikaru m'a réconcilié avec le monde du Go.
Derrière une histoire sympathique, on peut apercevoir l'esprit des joueurs de Go qui s'affrontent de manière non violente mais avec une force surprenante : j'étais plutôt habitué aux mangas assez violents (bastons, ou sports intenses), et découvrir ce calme japonais m'a beaucoup séduit.
Si vous aimez le go, lisez Hikaru ; et si vous aimez Hikaru, jouez au Go.
Sinon l'histoire en elle-même est un peu rocambolesque et l'adresse au Go qu'Hikaru révèle très rapidement me semble impossible pour un débutant (en tout cas je n'y comprends rien).
Un manga vraiment pas comme les autres, pas de dessins caricaturaux, pas d'affrontement, ni de sexe. Les dessins et les dialogues font ressortir une impression de fraîcheur.
L'idée du scénario est très bonne, même si j'ai été un peu déçu par la chute de l'histoire.
En clair un ouvrage à posséder et à proposer aux anti-mangas.
J'ai découvert "Sillage" il n'y a pas très longtemps mais quelle bonne surprise: un premier album du tonnerre de Dieu, un dessin et des couleurs excellents, une héroïne au caractère bien trempé, des vaisseaux spaciaux, des aliens de partout et un scénario que j'apprécie vraiment et croyez moi, la science-fiction j'aime pas tellement d'habitude. Bref, que du bonheur.
Je n'ai pas voulu mettre la note maximale parce que j'ai tellement aimé le 1er album que les autres en comparaison sont moins bien mais je suis vraiment tatillon...
On n'en est donc pas encore au stade de la BD culte mais si ça continue comme ça, je vais bien finir par devoir mettre la cinquième étoile.
26/04/2007
Après lectures et relectures, je me décide à passer de 4/5 à 5/5 !! Sillage après 9 albums me distrait toujours autant. Une des toutes meilleures séries de SF à mon goût. Je pense sérieusement que Sillage a sa place au panthéon de la BD au même titre que Astérix ou Tintin comme l'un des piliers récents de la Bande Dessinée !
Sillage est culte ! Plus d'hésitation !
Si une BD mérite bien l'appellation de Culte, c'est bien celle-ci !
De Capes et de Crocs nous entraine dans l'aventure de Don Lope et d'Armand qui partent pour les lointaines îles Tangerines après avoir trouvé une carte y indiquant l'emplacement d'un trésor. Classique ? Crédieu non ! D'une part, le scénario comporte de nombreux rebondissements et nous emmène loin, beaucoup plus loin que vers de simples îles. D'autre part, l'univers dans lequel évoluent nos héros est plein d'humour et de clin d'oeil (notament à Molière), sans compter les dialogues excellents et les personnages attachants (coup de coeur pour le captain Boone!).
Pour couronner le tout, Masbou nous offre un dessin sublime. C'est bien simple : chaque case est magnifique et les expressions des héros (rien qu'à voir les pirates quant ils sont pris de panique) délirantes.
En bref : un scénario excellent, un univers incroyable, des personnages attachants et un dessin splendide, De Cape et De Crocs est une BD qui se rapproche de la perfection ! à posséder absolument !
J'aime bien.
Une bd vraiment au top : les dessins simples ne sont pas là comme oeuvres d'arts mais pour faire ressortir toute la BD. Ca peut être pour faire resortir une ambiance, ou bien améliorer la compréhension de l'état d'esprit du tueur.
Le style froid mais déterminé du point de vue subjectif m'a beaucoup plu également. Et comme par ailleurs l'histoire avance, cette BD rentre dans mes séries Culte.
J'aime beaucoup le duo Trillo/Risso, mais là, je doit dire qu'ils ont particulièrement fait fort. Un oeuvre magistrale. Des personnages passionnés, pris dans un contexte de guerre d'indépendance, qui continuent à lutter pour des idéaux auxquels ils ne croient plus vraiment, s'affrontent, se déchirent, s'aiment... Là-dessus le dessin, noir et blanc, sert parfaitement le scénario.
C'est vraiment une bd que je conseillerais à tout ceux qui aiment l'exotisme, ou qui désirent connaître ce qui se fait en bd ailleurs (les auteurs sont sud-américains)
Je tiens d'abord à dire que je suis plutôt du genre exigeant en matière de BD. Quand j'ai lu le premier album de "Garulfo", je me suis dit: "Ouais pas mal mais ça casse rien". J'achète alors quand même le second tome et là, tout devient meilleur: l'histoire, la profondeur des personnages, etc.
C'est au tome trois, début du second cycle que cette BD prend toute sa dimension. Certains peut-être, devront comme moi persévérer pour apprécier le chef-d'oeuvre qu'est "Garulfo". Les dessins et couleurs sont magnifiques et collent parfaitement à l'ambiance "conte de fée" de la série, les personnages sont attachants comme Garulfo, le prince Romuald ou encore l'ogre et l'histoire est passionante (j'ai lu les tomes 3 à 6 d'une seule traite). J'ai apprécié également les références à d'autres contes connus (ex: "Le petit Poucet") et le style féodal du texte. Pour résumer, deux mots: CULTE et IMMANQUABLE.
J'espère que vous aurez autant de plaisir que moi à lire et relire "Garulfo".
Salut à tous et bonne lecture.
J'adore l'oeuvre de Tiburce Oger et Gorn en est la pièce maîtresse.
Je me suis plongé dans cette série en achetant les 8 tomes d'un coup après avoir lu et adoré "la Piste des Ombres" et je n'ai à aucun moment regretté cette petite folie.
Certes comme beaucoup l'on fait remarquer les premiers tomes sont un ton en-dessous du fait de passages lourdingues ou plutôt maladroits (je ne les citerai pas, il suffit de relire les avis précédents) et d'un dessin manquant par moment de finesse. Cependant je voudrais intervenir et remettre quelques pendules à l'heure, en effet nombre de séries devenues cultes ou passées à la postérité ont eu des premiers épisodes tâtonnants (Blueberry, La Quête de l'Oiseau du Temps...), tout dépend de la maturité artistique de l'auteur à ce moment.
Dans Gorn le graphisme ne cesse de s'améliorer et les derniers tomes sont splendides tant par le dessin que par les techniques de mise en couleur. Cependant curieusement ce n'est pas le principal atout de cette série.
Non, ce qui prime dans cette série, plus que l'histoire en elle même, c'est l'atmosphère, ce côté onirique et poétique et pourtant très dur (Tiburce Oger nous parle d'intégrisme religieux, de pédophilie ...) où rien ne nous est épargné. On rit, on pleure, en bref on vit les aventures aux côtés de ces héros qui sont loins d'être parfaits mais se battent pour leur survie.
Merci Monsieur Tiburce Oger de m'avoir procuré de tels moments de plaisirs. De telles oeuvres me font dire que la Bande Dessinée peut être Grande et est un art à part entière.
Je viens de lire les 3 tomes et j'avais les larmes aux yeux à la fin....
C'est une histoire sublime, vraiment j'ai été touché par l'histoire de cet enfant...
Que dire des dessins ? J'adore le trait d'Andreae et ne parlons même pas des couleurs qui sont magnifiques :langue: C'est beau, lumineux... Les planches toutes en peinture sont somptueuses, un vrai coup de foudre pour le dessin d'Andreae :ok: :ok: :ok:
Je ne sais pas quoi dire sur l'histoire tant elle forme un rêve.
C'est une des premières fois où j'ai du mal à exprimer ce que j'ai ressenti à la lecture d'une série. Je peux juste dire que j'ai adoré et qu'elle est une de mes séries préférées. Un joyau à découvrir !!!!
Voilà je la conseille à tout le monde ;)
Une des œuvres les plus célèbres de Frank Miller, il y a beaucoup de choses à en dire. A commencer probablement par sa célébrité parmi les fans du genre, qu'elle a en son temps (1986) révolutionné. Le Batman montré ici est vieux, il a pris sa retraite depuis dix ans déjà. Cependant ses démons hantent Bruce Wayne, et nuit après nuit, ne lui laissent guère de répit que dans un sommeil agité et dans l'alcool.
Le célèbre millionnaire est présenté ici comme un psychotique, un malade dont la névrose prend l'aspect de Batman, mais qui ne se limite pas à lui. Au contraire, elle prend l'allure d'un phénomène de société, avec ses effets sur les gens, suscitant diverses réactions, entre approbation et rejet. C'est également elle qui suscite des ennemis, tels que Harvey Dent ("Double Face") ou le Joker. Ce qui n'est au départ qu'une initiative individuelle, le combat d'un homme contre des criminels, est devenu un problème de société.
La chose est présentée de façon assez intéressante quoique plutôt brutale. Ici, le super héros pose problème, il n'est pas juste cette image enfantine qu'on adore, ce héros noble qui sauve et veille, mais un élément de la société, dans laquelle se pose le problème de son insertion, de son image, de sa perception. Ainsi, Batman protège les gentils et combat les méchants. Certes. Mais il se substitue de ce fait à la justice, recourt à une violence illégale, et son action est assimilable à celle d'une milice. Il se place au-delà de la loi, au-delà des hommes, et cela fait peur. C'est autour de ce thème que tourne The Dark Knight Returns, traité également (mais plus en douceur) dans Watchmen, ainsi que dans ce qui me semble être son successeur direct, Kingdom Come.
Cette dernière référence n'est pas innocente, car son histoire poursuit (des années après) celle racontée ici, qui reprend elle-même de nombreuses références à des histoires passées. Le tout tisse tout simplement une véritable mythologie autour du personnage, avec sa personnalité, les grands événement marquant sa vie, mais aussi ses choix. Je dois avouer n'avoir pas l'habitude de cette façon de faire (qui me semble d'autant plus atypique que Batman a été utilisé par de nombreux scénaristes), qui est pourtant loin d'être désagréable. Même si cela me semble un peu puéril par certains côtés (autant que d'épiloguer sans fin sur la vie supposée de Néron, Phèdre ou Ulysse…), le résultat présente une force certaine, ici largement amplifiée par la violence de l'œuvre.
Car Batman n'est pas tendre, et la violence est ici présente sous les formes physique, sociale et politique. Comme cela est montré, il punit brutalement. Son existence même suscite de fortes haines (celle du gang des mutants par exemple), et il ainsi accusé par le bouffon psychiatre de l'album, de créer toute cette criminalité, d'en être l'instigateur, l'origine. Cette thèse est appuyée par la réapparition (la rechute) de Harvey Dent et du Joker suite à la reprise d'activités de Batman.
On peut d'ailleurs remarquer que l'ouvrage en général est traité sur le mode "téstostérone only"… Après un tome de Sin City, 300 et Bad Boy, je vais finir par croire que c'est là une marque de fabrique de Frank Miller. La réflexion en tant que telle n'y a en effet qu'assez peu de place, au contraire de l'action. Les quatre comics originaux -- formant donc ici quatre chapitres -- voient en effet chacun un affrontement (assez titanesque, disons-le), le point culminant étant incontestablement Batman contre Superman. Eh oui, carrément. La vieille lutte entre l'intelligence rusée et la force un peu stupide… Ulysse contre le cyclope, puisqu'on parlait de mythologie précédemment.
Ces quatre chapitres paraissent un peu décousus entre eux, mais ils ont évidemment comme point commun l'évolution de Batman et sa perception auprès de la société et de ses instances. Miller a beaucoup fait appel à la télévision dans ses pages pour montrer cela, et représente les politiques sous la forme de bouffons, qu'il s'agisse du maire, un petit bonhomme obèse et sans opinion sauf lorsqu'un conseiller en communication se tient derrière lui, ou du président, un Ronald Reagan tout vieux à la limite du gâtisme le plus complet, parlant aux Américains comme à des enfants de trois ans. Même lorsqu'il met en scène un Batman en difficulté, malmené, rejeté, haï, on sent bien qu'il a choisi son camp et qu'il prend parti. En un sens c'est dommage, car développer plus intelligemment l'opposition à Batman aurait pu donner un résultat un poil plus intellectuel et approfondi. Ceci dit, l'ensemble est -- comme souvent avec Miller -- d'une grande efficacité, même si je me demande toujours ce que Carrie Kelley (le nouveau Robin) vient faire dans cette Batgalère.
Le dessin, brièvement, n'est pas le plus beau qui soit, et on a même parfois quelques petits problèmes à comprendre le déroulement de l'action. Cependant il est lui aussi d'une grande efficacité et d'une grande force, malgré la sobriété apparente de nombreuses pages, et certaines cases donneraient presque des frissons tellement elles sont bien composées. Le script en fin d'album donne également l'occasion de voir le chemin entre scénario et réalisation, et permet de se rendre compte que celle-ci a été faite très intelligemment, avec un important travail d'adaptation.
Loin de ressembler à Watchmen, nettement plus premier degré bien que remettant complètement en cause le modèle classique du super héros, The Dark Knight Returns est une œuvre sombre, violente, tourmentée, débordant d'action, qui suscite des réactions fortes, et pousse à se poser quelques questions. Lecture conseillée à sa suite : Kingdom Come.
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Hikaru no Go
Génial : Hikaru m'a réconcilié avec le monde du Go. Derrière une histoire sympathique, on peut apercevoir l'esprit des joueurs de Go qui s'affrontent de manière non violente mais avec une force surprenante : j'étais plutôt habitué aux mangas assez violents (bastons, ou sports intenses), et découvrir ce calme japonais m'a beaucoup séduit. Si vous aimez le go, lisez Hikaru ; et si vous aimez Hikaru, jouez au Go. Sinon l'histoire en elle-même est un peu rocambolesque et l'adresse au Go qu'Hikaru révèle très rapidement me semble impossible pour un débutant (en tout cas je n'y comprends rien).
Quartier lointain
Un manga vraiment pas comme les autres, pas de dessins caricaturaux, pas d'affrontement, ni de sexe. Les dessins et les dialogues font ressortir une impression de fraîcheur. L'idée du scénario est très bonne, même si j'ai été un peu déçu par la chute de l'histoire. En clair un ouvrage à posséder et à proposer aux anti-mangas.
Sillage
J'ai découvert "Sillage" il n'y a pas très longtemps mais quelle bonne surprise: un premier album du tonnerre de Dieu, un dessin et des couleurs excellents, une héroïne au caractère bien trempé, des vaisseaux spaciaux, des aliens de partout et un scénario que j'apprécie vraiment et croyez moi, la science-fiction j'aime pas tellement d'habitude. Bref, que du bonheur. Je n'ai pas voulu mettre la note maximale parce que j'ai tellement aimé le 1er album que les autres en comparaison sont moins bien mais je suis vraiment tatillon... On n'en est donc pas encore au stade de la BD culte mais si ça continue comme ça, je vais bien finir par devoir mettre la cinquième étoile. 26/04/2007 Après lectures et relectures, je me décide à passer de 4/5 à 5/5 !! Sillage après 9 albums me distrait toujours autant. Une des toutes meilleures séries de SF à mon goût. Je pense sérieusement que Sillage a sa place au panthéon de la BD au même titre que Astérix ou Tintin comme l'un des piliers récents de la Bande Dessinée ! Sillage est culte ! Plus d'hésitation !
De Cape et de Crocs
Si une BD mérite bien l'appellation de Culte, c'est bien celle-ci ! De Capes et de Crocs nous entraine dans l'aventure de Don Lope et d'Armand qui partent pour les lointaines îles Tangerines après avoir trouvé une carte y indiquant l'emplacement d'un trésor. Classique ? Crédieu non ! D'une part, le scénario comporte de nombreux rebondissements et nous emmène loin, beaucoup plus loin que vers de simples îles. D'autre part, l'univers dans lequel évoluent nos héros est plein d'humour et de clin d'oeil (notament à Molière), sans compter les dialogues excellents et les personnages attachants (coup de coeur pour le captain Boone!). Pour couronner le tout, Masbou nous offre un dessin sublime. C'est bien simple : chaque case est magnifique et les expressions des héros (rien qu'à voir les pirates quant ils sont pris de panique) délirantes. En bref : un scénario excellent, un univers incroyable, des personnages attachants et un dessin splendide, De Cape et De Crocs est une BD qui se rapproche de la perfection ! à posséder absolument !
Le Tueur
J'aime bien. Une bd vraiment au top : les dessins simples ne sont pas là comme oeuvres d'arts mais pour faire ressortir toute la BD. Ca peut être pour faire resortir une ambiance, ou bien améliorer la compréhension de l'état d'esprit du tueur. Le style froid mais déterminé du point de vue subjectif m'a beaucoup plu également. Et comme par ailleurs l'histoire avance, cette BD rentre dans mes séries Culte.
Simon - Une aventure américaine
J'aime beaucoup le duo Trillo/Risso, mais là, je doit dire qu'ils ont particulièrement fait fort. Un oeuvre magistrale. Des personnages passionnés, pris dans un contexte de guerre d'indépendance, qui continuent à lutter pour des idéaux auxquels ils ne croient plus vraiment, s'affrontent, se déchirent, s'aiment... Là-dessus le dessin, noir et blanc, sert parfaitement le scénario. C'est vraiment une bd que je conseillerais à tout ceux qui aiment l'exotisme, ou qui désirent connaître ce qui se fait en bd ailleurs (les auteurs sont sud-américains)
Garulfo
Je tiens d'abord à dire que je suis plutôt du genre exigeant en matière de BD. Quand j'ai lu le premier album de "Garulfo", je me suis dit: "Ouais pas mal mais ça casse rien". J'achète alors quand même le second tome et là, tout devient meilleur: l'histoire, la profondeur des personnages, etc. C'est au tome trois, début du second cycle que cette BD prend toute sa dimension. Certains peut-être, devront comme moi persévérer pour apprécier le chef-d'oeuvre qu'est "Garulfo". Les dessins et couleurs sont magnifiques et collent parfaitement à l'ambiance "conte de fée" de la série, les personnages sont attachants comme Garulfo, le prince Romuald ou encore l'ogre et l'histoire est passionante (j'ai lu les tomes 3 à 6 d'une seule traite). J'ai apprécié également les références à d'autres contes connus (ex: "Le petit Poucet") et le style féodal du texte. Pour résumer, deux mots: CULTE et IMMANQUABLE. J'espère que vous aurez autant de plaisir que moi à lire et relire "Garulfo". Salut à tous et bonne lecture.
Gorn
J'adore l'oeuvre de Tiburce Oger et Gorn en est la pièce maîtresse. Je me suis plongé dans cette série en achetant les 8 tomes d'un coup après avoir lu et adoré "la Piste des Ombres" et je n'ai à aucun moment regretté cette petite folie. Certes comme beaucoup l'on fait remarquer les premiers tomes sont un ton en-dessous du fait de passages lourdingues ou plutôt maladroits (je ne les citerai pas, il suffit de relire les avis précédents) et d'un dessin manquant par moment de finesse. Cependant je voudrais intervenir et remettre quelques pendules à l'heure, en effet nombre de séries devenues cultes ou passées à la postérité ont eu des premiers épisodes tâtonnants (Blueberry, La Quête de l'Oiseau du Temps...), tout dépend de la maturité artistique de l'auteur à ce moment. Dans Gorn le graphisme ne cesse de s'améliorer et les derniers tomes sont splendides tant par le dessin que par les techniques de mise en couleur. Cependant curieusement ce n'est pas le principal atout de cette série. Non, ce qui prime dans cette série, plus que l'histoire en elle même, c'est l'atmosphère, ce côté onirique et poétique et pourtant très dur (Tiburce Oger nous parle d'intégrisme religieux, de pédophilie ...) où rien ne nous est épargné. On rit, on pleure, en bref on vit les aventures aux côtés de ces héros qui sont loins d'être parfaits mais se battent pour leur survie. Merci Monsieur Tiburce Oger de m'avoir procuré de tels moments de plaisirs. De telles oeuvres me font dire que la Bande Dessinée peut être Grande et est un art à part entière.
MangeCoeur
Je viens de lire les 3 tomes et j'avais les larmes aux yeux à la fin.... C'est une histoire sublime, vraiment j'ai été touché par l'histoire de cet enfant... Que dire des dessins ? J'adore le trait d'Andreae et ne parlons même pas des couleurs qui sont magnifiques :langue: C'est beau, lumineux... Les planches toutes en peinture sont somptueuses, un vrai coup de foudre pour le dessin d'Andreae :ok: :ok: :ok: Je ne sais pas quoi dire sur l'histoire tant elle forme un rêve. C'est une des premières fois où j'ai du mal à exprimer ce que j'ai ressenti à la lecture d'une série. Je peux juste dire que j'ai adoré et qu'elle est une de mes séries préférées. Un joyau à découvrir !!!! Voilà je la conseille à tout le monde ;)
Batman - The Dark Knight returns
Une des œuvres les plus célèbres de Frank Miller, il y a beaucoup de choses à en dire. A commencer probablement par sa célébrité parmi les fans du genre, qu'elle a en son temps (1986) révolutionné. Le Batman montré ici est vieux, il a pris sa retraite depuis dix ans déjà. Cependant ses démons hantent Bruce Wayne, et nuit après nuit, ne lui laissent guère de répit que dans un sommeil agité et dans l'alcool. Le célèbre millionnaire est présenté ici comme un psychotique, un malade dont la névrose prend l'aspect de Batman, mais qui ne se limite pas à lui. Au contraire, elle prend l'allure d'un phénomène de société, avec ses effets sur les gens, suscitant diverses réactions, entre approbation et rejet. C'est également elle qui suscite des ennemis, tels que Harvey Dent ("Double Face") ou le Joker. Ce qui n'est au départ qu'une initiative individuelle, le combat d'un homme contre des criminels, est devenu un problème de société. La chose est présentée de façon assez intéressante quoique plutôt brutale. Ici, le super héros pose problème, il n'est pas juste cette image enfantine qu'on adore, ce héros noble qui sauve et veille, mais un élément de la société, dans laquelle se pose le problème de son insertion, de son image, de sa perception. Ainsi, Batman protège les gentils et combat les méchants. Certes. Mais il se substitue de ce fait à la justice, recourt à une violence illégale, et son action est assimilable à celle d'une milice. Il se place au-delà de la loi, au-delà des hommes, et cela fait peur. C'est autour de ce thème que tourne The Dark Knight Returns, traité également (mais plus en douceur) dans Watchmen, ainsi que dans ce qui me semble être son successeur direct, Kingdom Come. Cette dernière référence n'est pas innocente, car son histoire poursuit (des années après) celle racontée ici, qui reprend elle-même de nombreuses références à des histoires passées. Le tout tisse tout simplement une véritable mythologie autour du personnage, avec sa personnalité, les grands événement marquant sa vie, mais aussi ses choix. Je dois avouer n'avoir pas l'habitude de cette façon de faire (qui me semble d'autant plus atypique que Batman a été utilisé par de nombreux scénaristes), qui est pourtant loin d'être désagréable. Même si cela me semble un peu puéril par certains côtés (autant que d'épiloguer sans fin sur la vie supposée de Néron, Phèdre ou Ulysse…), le résultat présente une force certaine, ici largement amplifiée par la violence de l'œuvre. Car Batman n'est pas tendre, et la violence est ici présente sous les formes physique, sociale et politique. Comme cela est montré, il punit brutalement. Son existence même suscite de fortes haines (celle du gang des mutants par exemple), et il ainsi accusé par le bouffon psychiatre de l'album, de créer toute cette criminalité, d'en être l'instigateur, l'origine. Cette thèse est appuyée par la réapparition (la rechute) de Harvey Dent et du Joker suite à la reprise d'activités de Batman. On peut d'ailleurs remarquer que l'ouvrage en général est traité sur le mode "téstostérone only"… Après un tome de Sin City, 300 et Bad Boy, je vais finir par croire que c'est là une marque de fabrique de Frank Miller. La réflexion en tant que telle n'y a en effet qu'assez peu de place, au contraire de l'action. Les quatre comics originaux -- formant donc ici quatre chapitres -- voient en effet chacun un affrontement (assez titanesque, disons-le), le point culminant étant incontestablement Batman contre Superman. Eh oui, carrément. La vieille lutte entre l'intelligence rusée et la force un peu stupide… Ulysse contre le cyclope, puisqu'on parlait de mythologie précédemment. Ces quatre chapitres paraissent un peu décousus entre eux, mais ils ont évidemment comme point commun l'évolution de Batman et sa perception auprès de la société et de ses instances. Miller a beaucoup fait appel à la télévision dans ses pages pour montrer cela, et représente les politiques sous la forme de bouffons, qu'il s'agisse du maire, un petit bonhomme obèse et sans opinion sauf lorsqu'un conseiller en communication se tient derrière lui, ou du président, un Ronald Reagan tout vieux à la limite du gâtisme le plus complet, parlant aux Américains comme à des enfants de trois ans. Même lorsqu'il met en scène un Batman en difficulté, malmené, rejeté, haï, on sent bien qu'il a choisi son camp et qu'il prend parti. En un sens c'est dommage, car développer plus intelligemment l'opposition à Batman aurait pu donner un résultat un poil plus intellectuel et approfondi. Ceci dit, l'ensemble est -- comme souvent avec Miller -- d'une grande efficacité, même si je me demande toujours ce que Carrie Kelley (le nouveau Robin) vient faire dans cette Batgalère. Le dessin, brièvement, n'est pas le plus beau qui soit, et on a même parfois quelques petits problèmes à comprendre le déroulement de l'action. Cependant il est lui aussi d'une grande efficacité et d'une grande force, malgré la sobriété apparente de nombreuses pages, et certaines cases donneraient presque des frissons tellement elles sont bien composées. Le script en fin d'album donne également l'occasion de voir le chemin entre scénario et réalisation, et permet de se rendre compte que celle-ci a été faite très intelligemment, avec un important travail d'adaptation. Loin de ressembler à Watchmen, nettement plus premier degré bien que remettant complètement en cause le modèle classique du super héros, The Dark Knight Returns est une œuvre sombre, violente, tourmentée, débordant d'action, qui suscite des réactions fortes, et pousse à se poser quelques questions. Lecture conseillée à sa suite : Kingdom Come.