Bon d'accord....vous allez dire que 5/5 pour un shonen de plus avec baston, tournoi, et amitié viril, c'est un peu beaucoup... D'autant plus que dans le genre, on peut trouver des titres objectivement mieux construits ( HxH )... Et pourtant...
Dans Shaman King, il y a un je ne sais quoi qui assure toute la différence... En termes d'ambiance ce manga est inimitable : on se retrouve plongé dans un univers empreint d'une sorte d'ésotérisme cool (merci Yoh!). Il se dégage des page de ce manga une force peu commune : derrière une ambiance ultra-décontractée, l'auteur arrive à mettre en jeu beaucoup de thèmes plus sérieux : le respect des disparus à travers les fantômes, la responsabilité de chacun envers ses proches et les nombreuses culpabilités qu'il en découle, des amours perdues ou complexes (Anna, c'est tout un poème..), etc. etc. La mort est aussi un aspect récurrent de cette série : ici, on ne tue pas à tour de bras et de manière froide, chaque mort a engrangé tristesse, doutes, et des répercussions multiples (même une dizaine de volumes plus tard). Shaman King parvient même parfois à dépasser le shonen pour aller dans un registre plus intimiste, j'en veux pour preuve le volume 19...
Au delà de tout ça, qu'on se rassure, bonnes gens, Shaman King reste un manga tout ce qu'il de plus haletant avec des persos aux charismes explosifs et aux caractères bien trempés (mais crédibles..), aux dessins franchement géniaux et avec des bastons à pleurer de bonheur !
Je conseille donc ce manga à tout le monde, tout précisant à ceux qui commencent : pas de panique, si c'est un peu lent à démarrer, c'est que l'auteur prend le temps de poser ses persos et son histoire... Rien ici n'est laissé au hasard et tout finit par prendre une ampleur plus que considérable...
En 2 mots : CA DECHIRE !!!!!!!!!
SUPERBE !!! Voilà ce que je me suis dit après avoir lu d'une traite l'intégrale de cette série.
Le dessin est tout bonnement magnifique, on voit au premier coup d'oeil que la dessinatrice est une femme. Toute en légèreté, en douceur. Un dessin apaisant et extrêmement agréable à l'oeil. Le trait d'Isabelle Dethan évolue au fur et à mesure des planches, prend de l'assurance. Il en va de même pour les couleurs, elles aussi très douces ;)
L'histoire est assez classique, mais Isabelle Dethan a des talents de conteuse, tels qu'on ne fait plus trop attention à l'originalité. Le rythme est comme il faut, la série se clôt parfaitement en 3 tomes.
Bref une grande série !!!
J'avais découvert cette série il y a de cela plus de 15 ans, mais j'étais resté sur ma faim, il faut dire que je n'avais que 2 tomes et pas franchement les meilleurs...
...Et puis récemment, en passant et repassant devant le linéaire de cette série, je me suis laissé tenter par le diptyque de la mine qui est certes tenu pour beaucoup comme le must de cette série mais que je juge, quant à moi, comme étant surtout le plus accessible graphiquement. Toujours est-il que sa lecture m'a rendu accro (une fois de plus) et que j'ai très vite acheté la collection entière.
Cette oeuvre est un monument, certes tous les cycles ne sont pas équivalents entre eux et encore moins les albums où l'on ressent parfois comme une baisse de régime de la part de Giraud, un manque d'implication qui parfois gâche quelque peu l'histoire (l'exemple le plus probant concerne le cycle du Trésor des Confédérés), mais l'ensemble conserve une cohérence, une qualité globale extraordinaire au vu de sa longévité. On pourrait même aller jusqu'à dire que cette oeuvre est une aubaine pour qui veut étudier le travail d'un artiste sur une échelle de plusieurs décennies.
Si je m'attarde sur le formidable travail de Giraud, Charlier n'est pas en reste et nous propose une galerie de personnages hors du commun pour des aventures extraordinaires.
Sur l'ensemble des tomes, je voudrais attirer l'attention sur l'album "Nez cassé", qui est pour moi le chef d'oeuvre de cette série. Tout d'abord il s'agit du premier épisode d'un cycle très important car montrant Blueberry défenseur actif des indiens (en effet, jusque-là, même s'il prenait leur défense devant ses supérieurs, Blueberry se retranchait devant son devoir de soldat en dernier recours : cf "Général Tête Jaune") et surtout, Charlier évoque la fin des grandes tribus indiennes et une page qui se tourne dans l'histoire de la conquête de l'Ouest. Ensuite, graphiquement, cet album représente l'équilibre parfait entre les 2 personnalités du dessinateur, regardez le trait, les couleurs, ce n'est plus vraiment du Giraud mais pas encore totalement du Moebius et c'est cette cohabitation qui rend cet album si beau et spécial.
Je voudrais ajouter que le cycle en cours, dessiné et scénarisé par le seul Giraud, est loin d'être anodin et relance très bien cette série en confrontant son personnage principal à de véritables légendes de l'Ouest américain, et ce même si ,j'en conviens le dessin peut rebuter de prime abord les fans de Giraud première époque.
Pour résumer, si vous ne savez pas par quel cycle commencer, je vous conseille le diptyque de la mine (tomes 11 et 12), puis celui de la tribu fantôme (18, 19, 20).
Avec Chute de vélo, Etienne Davodeaux nous prouve, une fois de plus, qu'il a beaucoup de talent. Cette album est une pure merveille de sensibilité et d'humilité. C'est beau, c'est sain. Enfin bref, j'ai totalement succombé.
Une fois de plus, l'auteur nous raconte la vie, celle de tous les jours avec ses bonheurs et ses soucis quotidiens. L'originalité de ce récit se situe dans le fait que cette fois-ci, l'histoire est centrée sur une famille en particulier. Les aléas du destin l'ayant un peu disloquée, tous les membres se retrouvent lors de la vente de la maison familiale. Sous ce prétexte, c'est l'occasion de se remémorer certains souvenirs, douloureux ou agréables, qu'importe. La famille s'est réunie, c'est magnifique !
Comme à son habitude, l'auteur a très bien compris à quel instant il faut donner de l'importance au récit et quels sont les détails qu'il faut mettre en valeur. Les relations entre chaque membre sont décrites avec beaucoup de subtilité et de réalisme. Les émotions sont palpables à chaque instant et la fluidité de la narration accentue encore plus le sentiment de bien-être que l'on ressent à la lecture de cette bd. Ce n'est peut-être qu'une impression mais je crois que l'auteur attache beaucoup d'importance au choix de la saison. Car, tout comme pour Le Constat, c'est la période estivale qui a été choisie dans ce cas-ci. Choix judicieux car ce contexte donne une certaine profondeur au récit.
Le tempérament de chacun des protagonistes est bien mis en avant, ce qui les rend attachants. Personnellement, j'ai eu un petit faible pour Mathias que j'ai trouvé très touchant avec ses remords et sa spontanéité.
Chute de vélo foisonne de moments forts : Les retrouvailles avec le frère déchu, le vieux maçon qui a perdu la photo de sa femme décédée, la fille qui s'occupe de sa mère qui, atteinte de sénilité, ne la reconnaît pas, ect.....
Au niveau du dessin, rien de bien neuf. Le trait de Davodeau est toujours aussi percutant. Ses personnages sont brûlants de vérité. J'ai particulièrement bien aimé les scènes de chaudes soirées d'été qui sont tellement réalistes qu'on a l'impression de sentir le parfum du chèvrefeuille vous chatouiller les narines. De plus, la collection Aire Libre où cet album est édité colle très bien au graphisme de l'auteur.
A noter : la couverture qui est très belle, également !
En résumé, Davodeau fait une entrée fracassante chez Dupuis. Chute de Vélo est une bd magnifique qui mérite que l'on s'y intéresse.
Cet album, comme d'ailleurs toute l'oeuvre de cet auteur, est un peu le miroir de notre existence, un regard sur ceux qu'on aime.
Et c'est donc avec beaucoup de logique que je vous conseille ce one-shot de toute beauté.
Si vous aimez la vie, vous aimerez Etienne Davodeau !
Culte ! Sans hésiter ! Ce batracien-là ne m'a pas lâché, du début à la fin, je suis restée scotchée à ses basques avec un plaisir évident.
C'est drôle, inventif (sauf la grenouille transformée en prince, celle-là, on me la sert depuis que je suis petite :) ), bien traité,
C'est beau, tout est fait en finesse, les personnages, les animaux, les "monstres", les décors...
Les deux cycles se complètent à merveille, d'ailleurs, j'ai rarement vu un rebondissement aussi crédible, aussi "juste". Le 2e, plus long, permet à l'histoire de s'étoffer un peu plus que dans le 1er, et donne lieu à des scènes inoubliables.
C'est l'une des rares BD que je relis souvent, avec toujours le même plaisir.
Aaah, des comme ça, j'en veux tous les jours !
Ouais ! Ca c'est du culte ! Comme quoi, pas besoin que la BD ait plus de 50 ans et que l'auteur soit mort pour accéder au statut de Culte (comme c'est le cas pour un peintre, bien souvent).
Les histoires sont souvent agréables (sauf "vacances de printemps", pas trop aimé), bien écrites, rythmées. Le ton est ironique, caustique, parfois grinçant, toujours drôle, et sans vulgarité (ou si peu, si l'on exclut Richard, mon personnage préféré).
Le dessin est évidemment allégé, c'est du Trondheim, mais cet homme-là sait dessiner, si vous ne me croyez pas, faites attention aux mimiques, les visages sont déconcertants.
Dites à quelqu'un que vous ne connaissez pas Gaston Lagaffe et vous aurez une de ces trois réactions :
-"Tu te fous de ma gueule ?"
-"QUOI ?!? Tu connais pas ?"
-"Ouaaaaaaaaaah le nul ! Il connait pas Gaston !!!"
Il faut dire que Franquin dans cette BD a donné naissance à personnage que l'on est pas prêt d'oublier : fainéant, maladroit, véritable phénomène de foire... Gaston est un des meilleurs personnage que je connaisse. Qui ne se tordrait pas de rire en le voyant cuisiner sa fameuse morue aux fraises, bricoler des machines aussi inutileS les unes que les autres? Sans oublier la mouette rieuse, le chat, son affreux cactus, l'agent Longtarin et Prunelle !
Je mets un 5 pour les 2 premiers tomes, qui sont indispensables pour tout amateur de SF et d'anticipation, le troisième n'étant pas aussi prenant et sent l'essoufflement.
Le dessin peut paraître rebutant mais colle en fait très bien à ce monde froid et désolé.
Les similitudes avec les romans de GJ Arnaud (La compagnie des glaces) sont frappantes et nombreuses, et on se prend à imaginer "le Transperceneige" comme un bon commencement avant d'attaquer les livres...
En résumé : un classique!
Parfait. Je pense que c'est le meilleur qualificatif pour ce dyptique. L'originalité n'est certes pas au rendez-vous. On a affaire à une histoire de vengeance (presque aveugle). Malgré ce classicisme de fond, le traitement formel est passionnant, formidablement rythmé, et surtout très carré structurellement parlant.
Le fait de conclure l'histoire en deux tomes prouve toute l'honnêteté de l'entreprise. Rallonger la sauce sur trois albums aurait été un manque de respect vis-à-vis du lectorat. Etrange qu'un scénariste du talent de Stephen Desberg soit sous-estimé, quand même.
Quant au dessin, je dois dire que j'ai été surpris par Marini. D'une manière générale, j'aime bien son trait, mais pour L'Etoile du désert, il est évident qu'il a durci celui-ci, afin de coller au mieux aux gravures (et photographies) de l'époque de la conquête de l'Ouest. On sent toute l'âpreté, l'adversité et la peur qui dominaient cette époque hostile. On en redemande.
Après nous avoir beaucoup fait rire avec la série Dirty Henry, les deux auteurs récidivent dans l'humour noir avec un nouvel héros tueur à "gags", effaceur de son état.
Dans le premier album, Steel.O.Reynolds,(l'effaceur) travaille tout d'abord en solo , seulement assisté de sa précieuse secrétaire et remplit ses contrats avec sérieux et détermination.
Dans le second volume, il se voit flanqué (bien malgré lui) d'un assistant, "fils adoptif" aussi encombrant que maladroit, ce qui bien sûr amène d'autres situations plus drôles les unes que les autres...
Enfin dans le troisième opus, les relations Quentin-Papatron sont de plus en plus attachantes, sans aucune baisse de niveau dans la réussite des gags...
D'un trait vif et enlevé, qui me fait parfois penser à celui de Bercovici, Jenfèvre nous croque avec talent toute une pléïade de personnages principaux et secondaires plus savoureux les uns que les autres. Superbe !
Le scénario ingénieux et très inventif de Richez relève le défi de nous faire rire sur un sujet qui au premier abord n'est peut être pas forcément le plus évident.
Résultat, challenge réussi pour cette excellente BD d'humour qui sort largement du lot de certaines séries concurrentes que l'on nous propose...
Pour terminer, j'espère que cette série trouvera son public et le succès qu'elle mérite ; ceux qui ne sont pas de mon avis feront l'objet d'un contrat... :)
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Shaman King
Bon d'accord....vous allez dire que 5/5 pour un shonen de plus avec baston, tournoi, et amitié viril, c'est un peu beaucoup... D'autant plus que dans le genre, on peut trouver des titres objectivement mieux construits ( HxH )... Et pourtant... Dans Shaman King, il y a un je ne sais quoi qui assure toute la différence... En termes d'ambiance ce manga est inimitable : on se retrouve plongé dans un univers empreint d'une sorte d'ésotérisme cool (merci Yoh!). Il se dégage des page de ce manga une force peu commune : derrière une ambiance ultra-décontractée, l'auteur arrive à mettre en jeu beaucoup de thèmes plus sérieux : le respect des disparus à travers les fantômes, la responsabilité de chacun envers ses proches et les nombreuses culpabilités qu'il en découle, des amours perdues ou complexes (Anna, c'est tout un poème..), etc. etc. La mort est aussi un aspect récurrent de cette série : ici, on ne tue pas à tour de bras et de manière froide, chaque mort a engrangé tristesse, doutes, et des répercussions multiples (même une dizaine de volumes plus tard). Shaman King parvient même parfois à dépasser le shonen pour aller dans un registre plus intimiste, j'en veux pour preuve le volume 19... Au delà de tout ça, qu'on se rassure, bonnes gens, Shaman King reste un manga tout ce qu'il de plus haletant avec des persos aux charismes explosifs et aux caractères bien trempés (mais crédibles..), aux dessins franchement géniaux et avec des bastons à pleurer de bonheur ! Je conseille donc ce manga à tout le monde, tout précisant à ceux qui commencent : pas de panique, si c'est un peu lent à démarrer, c'est que l'auteur prend le temps de poser ses persos et son histoire... Rien ici n'est laissé au hasard et tout finit par prendre une ampleur plus que considérable... En 2 mots : CA DECHIRE !!!!!!!!!
Le Roi Cyclope
SUPERBE !!! Voilà ce que je me suis dit après avoir lu d'une traite l'intégrale de cette série. Le dessin est tout bonnement magnifique, on voit au premier coup d'oeil que la dessinatrice est une femme. Toute en légèreté, en douceur. Un dessin apaisant et extrêmement agréable à l'oeil. Le trait d'Isabelle Dethan évolue au fur et à mesure des planches, prend de l'assurance. Il en va de même pour les couleurs, elles aussi très douces ;) L'histoire est assez classique, mais Isabelle Dethan a des talents de conteuse, tels qu'on ne fait plus trop attention à l'originalité. Le rythme est comme il faut, la série se clôt parfaitement en 3 tomes. Bref une grande série !!!
Blueberry
J'avais découvert cette série il y a de cela plus de 15 ans, mais j'étais resté sur ma faim, il faut dire que je n'avais que 2 tomes et pas franchement les meilleurs... ...Et puis récemment, en passant et repassant devant le linéaire de cette série, je me suis laissé tenter par le diptyque de la mine qui est certes tenu pour beaucoup comme le must de cette série mais que je juge, quant à moi, comme étant surtout le plus accessible graphiquement. Toujours est-il que sa lecture m'a rendu accro (une fois de plus) et que j'ai très vite acheté la collection entière. Cette oeuvre est un monument, certes tous les cycles ne sont pas équivalents entre eux et encore moins les albums où l'on ressent parfois comme une baisse de régime de la part de Giraud, un manque d'implication qui parfois gâche quelque peu l'histoire (l'exemple le plus probant concerne le cycle du Trésor des Confédérés), mais l'ensemble conserve une cohérence, une qualité globale extraordinaire au vu de sa longévité. On pourrait même aller jusqu'à dire que cette oeuvre est une aubaine pour qui veut étudier le travail d'un artiste sur une échelle de plusieurs décennies. Si je m'attarde sur le formidable travail de Giraud, Charlier n'est pas en reste et nous propose une galerie de personnages hors du commun pour des aventures extraordinaires. Sur l'ensemble des tomes, je voudrais attirer l'attention sur l'album "Nez cassé", qui est pour moi le chef d'oeuvre de cette série. Tout d'abord il s'agit du premier épisode d'un cycle très important car montrant Blueberry défenseur actif des indiens (en effet, jusque-là, même s'il prenait leur défense devant ses supérieurs, Blueberry se retranchait devant son devoir de soldat en dernier recours : cf "Général Tête Jaune") et surtout, Charlier évoque la fin des grandes tribus indiennes et une page qui se tourne dans l'histoire de la conquête de l'Ouest. Ensuite, graphiquement, cet album représente l'équilibre parfait entre les 2 personnalités du dessinateur, regardez le trait, les couleurs, ce n'est plus vraiment du Giraud mais pas encore totalement du Moebius et c'est cette cohabitation qui rend cet album si beau et spécial. Je voudrais ajouter que le cycle en cours, dessiné et scénarisé par le seul Giraud, est loin d'être anodin et relance très bien cette série en confrontant son personnage principal à de véritables légendes de l'Ouest américain, et ce même si ,j'en conviens le dessin peut rebuter de prime abord les fans de Giraud première époque. Pour résumer, si vous ne savez pas par quel cycle commencer, je vous conseille le diptyque de la mine (tomes 11 et 12), puis celui de la tribu fantôme (18, 19, 20).
Chute de Vélo
Avec Chute de vélo, Etienne Davodeaux nous prouve, une fois de plus, qu'il a beaucoup de talent. Cette album est une pure merveille de sensibilité et d'humilité. C'est beau, c'est sain. Enfin bref, j'ai totalement succombé. Une fois de plus, l'auteur nous raconte la vie, celle de tous les jours avec ses bonheurs et ses soucis quotidiens. L'originalité de ce récit se situe dans le fait que cette fois-ci, l'histoire est centrée sur une famille en particulier. Les aléas du destin l'ayant un peu disloquée, tous les membres se retrouvent lors de la vente de la maison familiale. Sous ce prétexte, c'est l'occasion de se remémorer certains souvenirs, douloureux ou agréables, qu'importe. La famille s'est réunie, c'est magnifique ! Comme à son habitude, l'auteur a très bien compris à quel instant il faut donner de l'importance au récit et quels sont les détails qu'il faut mettre en valeur. Les relations entre chaque membre sont décrites avec beaucoup de subtilité et de réalisme. Les émotions sont palpables à chaque instant et la fluidité de la narration accentue encore plus le sentiment de bien-être que l'on ressent à la lecture de cette bd. Ce n'est peut-être qu'une impression mais je crois que l'auteur attache beaucoup d'importance au choix de la saison. Car, tout comme pour Le Constat, c'est la période estivale qui a été choisie dans ce cas-ci. Choix judicieux car ce contexte donne une certaine profondeur au récit. Le tempérament de chacun des protagonistes est bien mis en avant, ce qui les rend attachants. Personnellement, j'ai eu un petit faible pour Mathias que j'ai trouvé très touchant avec ses remords et sa spontanéité. Chute de vélo foisonne de moments forts : Les retrouvailles avec le frère déchu, le vieux maçon qui a perdu la photo de sa femme décédée, la fille qui s'occupe de sa mère qui, atteinte de sénilité, ne la reconnaît pas, ect..... Au niveau du dessin, rien de bien neuf. Le trait de Davodeau est toujours aussi percutant. Ses personnages sont brûlants de vérité. J'ai particulièrement bien aimé les scènes de chaudes soirées d'été qui sont tellement réalistes qu'on a l'impression de sentir le parfum du chèvrefeuille vous chatouiller les narines. De plus, la collection Aire Libre où cet album est édité colle très bien au graphisme de l'auteur. A noter : la couverture qui est très belle, également ! En résumé, Davodeau fait une entrée fracassante chez Dupuis. Chute de Vélo est une bd magnifique qui mérite que l'on s'y intéresse. Cet album, comme d'ailleurs toute l'oeuvre de cet auteur, est un peu le miroir de notre existence, un regard sur ceux qu'on aime. Et c'est donc avec beaucoup de logique que je vous conseille ce one-shot de toute beauté. Si vous aimez la vie, vous aimerez Etienne Davodeau !
Garulfo
Culte ! Sans hésiter ! Ce batracien-là ne m'a pas lâché, du début à la fin, je suis restée scotchée à ses basques avec un plaisir évident. C'est drôle, inventif (sauf la grenouille transformée en prince, celle-là, on me la sert depuis que je suis petite :) ), bien traité, C'est beau, tout est fait en finesse, les personnages, les animaux, les "monstres", les décors... Les deux cycles se complètent à merveille, d'ailleurs, j'ai rarement vu un rebondissement aussi crédible, aussi "juste". Le 2e, plus long, permet à l'histoire de s'étoffer un peu plus que dans le 1er, et donne lieu à des scènes inoubliables. C'est l'une des rares BD que je relis souvent, avec toujours le même plaisir. Aaah, des comme ça, j'en veux tous les jours !
Les Formidables Aventures de Lapinot
Ouais ! Ca c'est du culte ! Comme quoi, pas besoin que la BD ait plus de 50 ans et que l'auteur soit mort pour accéder au statut de Culte (comme c'est le cas pour un peintre, bien souvent). Les histoires sont souvent agréables (sauf "vacances de printemps", pas trop aimé), bien écrites, rythmées. Le ton est ironique, caustique, parfois grinçant, toujours drôle, et sans vulgarité (ou si peu, si l'on exclut Richard, mon personnage préféré). Le dessin est évidemment allégé, c'est du Trondheim, mais cet homme-là sait dessiner, si vous ne me croyez pas, faites attention aux mimiques, les visages sont déconcertants.
Gaston Lagaffe
Dites à quelqu'un que vous ne connaissez pas Gaston Lagaffe et vous aurez une de ces trois réactions : -"Tu te fous de ma gueule ?" -"QUOI ?!? Tu connais pas ?" -"Ouaaaaaaaaaah le nul ! Il connait pas Gaston !!!" Il faut dire que Franquin dans cette BD a donné naissance à personnage que l'on est pas prêt d'oublier : fainéant, maladroit, véritable phénomène de foire... Gaston est un des meilleurs personnage que je connaisse. Qui ne se tordrait pas de rire en le voyant cuisiner sa fameuse morue aux fraises, bricoler des machines aussi inutileS les unes que les autres? Sans oublier la mouette rieuse, le chat, son affreux cactus, l'agent Longtarin et Prunelle !
Le Transperceneige
Je mets un 5 pour les 2 premiers tomes, qui sont indispensables pour tout amateur de SF et d'anticipation, le troisième n'étant pas aussi prenant et sent l'essoufflement. Le dessin peut paraître rebutant mais colle en fait très bien à ce monde froid et désolé. Les similitudes avec les romans de GJ Arnaud (La compagnie des glaces) sont frappantes et nombreuses, et on se prend à imaginer "le Transperceneige" comme un bon commencement avant d'attaquer les livres... En résumé : un classique!
l'Etoile du Désert
Parfait. Je pense que c'est le meilleur qualificatif pour ce dyptique. L'originalité n'est certes pas au rendez-vous. On a affaire à une histoire de vengeance (presque aveugle). Malgré ce classicisme de fond, le traitement formel est passionnant, formidablement rythmé, et surtout très carré structurellement parlant. Le fait de conclure l'histoire en deux tomes prouve toute l'honnêteté de l'entreprise. Rallonger la sauce sur trois albums aurait été un manque de respect vis-à-vis du lectorat. Etrange qu'un scénariste du talent de Stephen Desberg soit sous-estimé, quand même. Quant au dessin, je dois dire que j'ai été surpris par Marini. D'une manière générale, j'aime bien son trait, mais pour L'Etoile du désert, il est évident qu'il a durci celui-ci, afin de coller au mieux aux gravures (et photographies) de l'époque de la conquête de l'Ouest. On sent toute l'âpreté, l'adversité et la peur qui dominaient cette époque hostile. On en redemande.
L'Effaceur
Après nous avoir beaucoup fait rire avec la série Dirty Henry, les deux auteurs récidivent dans l'humour noir avec un nouvel héros tueur à "gags", effaceur de son état. Dans le premier album, Steel.O.Reynolds,(l'effaceur) travaille tout d'abord en solo , seulement assisté de sa précieuse secrétaire et remplit ses contrats avec sérieux et détermination. Dans le second volume, il se voit flanqué (bien malgré lui) d'un assistant, "fils adoptif" aussi encombrant que maladroit, ce qui bien sûr amène d'autres situations plus drôles les unes que les autres... Enfin dans le troisième opus, les relations Quentin-Papatron sont de plus en plus attachantes, sans aucune baisse de niveau dans la réussite des gags... D'un trait vif et enlevé, qui me fait parfois penser à celui de Bercovici, Jenfèvre nous croque avec talent toute une pléïade de personnages principaux et secondaires plus savoureux les uns que les autres. Superbe ! Le scénario ingénieux et très inventif de Richez relève le défi de nous faire rire sur un sujet qui au premier abord n'est peut être pas forcément le plus évident. Résultat, challenge réussi pour cette excellente BD d'humour qui sort largement du lot de certaines séries concurrentes que l'on nous propose... Pour terminer, j'espère que cette série trouvera son public et le succès qu'elle mérite ; ceux qui ne sont pas de mon avis feront l'objet d'un contrat... :)