"Pour Notre-Dame", je sais, est un vieux machin de 1959. Mais c'est un peu "mon" album. Un des touts premiers "livres à images" que, sollicitée, ma grand-mère m'avait acheté.
Elle n'est plus là depuis bien longtemps. Et cet album est un peu mon "relais" avec elle.
Et qu'est-ce que j'ai frissonné, exulté -gamin-, à la lecture de cette histoire : une magnifique fresque guerrière dans l'Irlande du 16ème siècle.
Plus tard, bien plus tard, regardant aux infos télévisées les véritables batailles rangées qui opposent -encore et toujours- catholiques irlandais et armée anglaise, j'ai replongé dans cet album et ai compris une grosse partie du pourquoi de ces violences actuelles...
Ferrari au dessin et Rutalais au scénario (d'après un texte de Atamante) nous offrent ici plus qu'une histoire : un vrai pan de l'Histoire. Le fil conducteur en est un tout jeune garçon arraché aux siens, devenu un féroce combattant et qui -pourtant- retrouvera ses racines.
Le graphisme de Ferrari est époustouflant. Par son trait, ses cadrages, sa mise en scène baroque, il nous offre ici une déferlante de duels, combats, attaques, assauts, embuscades diverses entre ces communautés rivales. Les scènes de batailles sont vraiment grandioses, fourmillent de détails et de personnages.
Dans ces combats épiques, on sent un grand souffle guerrier dans cette quête de la liberté face à l'oppresseur anglais.
Un personnage "tout en douceur" s'y trouve néanmoins mêlé : "Liam l'Ymagier", le grand-père muet de Rathleen ; un sculpteur-médailliste. J'ai trouvé ce surnom admirable, où tout se résume à un mot : image.
Ca m'a plu. Et je n'ai pas oublié. Il m'a fait un Clin d'oeil pour mon unique pseudo. Et je m'en réjouis.
Il est fort possible que vous ne lisiez jamais cet excellent album, jamais réédité. Et c'en est grand dommage car vous allez rater des moments narratifs et graphiques exceptionnels.
Parmi mes collections, "Pour Notre-Dame" fait partie du Top 5.
J'appose une cote de "5" : très rare de ma part.
Les auteurs :
Malgré mes recherches, je n'ai jamais pu trouver quelque chose de conséquent en cause de Ferrari et Rutalais. Pseudos pour un one-shot seulement connu de quelques collectionneurs ? Je ne sais.
Ils sont venus? Ils sont partis. J'aurais sincèrement aimé les rencontrer.
Baudoin revient sur le thème du voyage. Mais au lieu d'un voyage en solitaire, il se fait cette fois en compagnie d'amis et en compagnie d'une amante.
Un voyage géographique dans la belle province, une réflexion sur les trois années qu'il y a passées, un bout de chemin avec Laurence qu'il aime et qui l'aime, et un voyage dans le passé pour essayer de comprendre ce qui fait et ce qui défait l'amour.
Un album plein de nostalgie mais qui s'ouvre néanmoins sur le futur puisque tout cela est raconté sur le quai d'une gare à une inconnue, comme une invitation à un nouveau voyage géographique et amoureux.
A l'histoire en case et bulles, se superposent des réflexions littéraires écrites en bas de pages, un procédé déroutant qui avait déjà été utilisé dans "le premier voyage" mais qui fonctionne un peu mieux ici.
Futuropolis et l'Association nous avaient fait découvrir Baudoin en noir et blanc. Aire Libre nous le fait aimer tout en couleur - superbes, reflétant tout à fait le Québec en hiver. Du grand Baudoin, même si ce livre n'est sans doute pas le plus facile à lire.
On est dès le début du tome 1 très rapidement plongé dans l'histoire et on n'a envie que d'une chose, savoir comment cela va se terminer.
Taniguchi, avec Quartier lointain, nous fait vivre la vie d'un homme de 48 ans replongé dans son enfance mais avec une vision d'adulte. C'est très émouvant, parfois dur mais je crois qu'au fond nous souhaiterions tous être à la place d'Hiroshi Nakahara. Et ainsi mieux comprendre certains évènements de notre vie incompréhensibles aux yeux d'un enfant.
De plus, il n'y a que 2 tomes (ça fait du bien à notre budget) et on peut se replonger dedans régulièrement.
Si vous ne devez en acheter qu'un, choisissez Quartier Lointain.
Tintin, mon ami avec qui j’ai grandi et que je continue à collectionner. Hergé a, avec Tintin, révolutionné le monde de la B.D. Cette série est culte, les histoires sont bien ficelées.
Je ne comprends pas les remarques sur les images fascistes qui se trouveraient dans son œuvre. Tintin au pays des Soviets ? Les communistes n’ont-ils pas commis de nombreux crimes en U.R.S.S. ? La Chine (un des derniers pays communistes) elle-même publie Tintin. La vision du Congo ? Cette vision reflète l’image que l’Europe avait de l’Afrique et jamais Tintin n’emploie de langage insultant par apport aux noirs, et n’emploie jamais le terme de nègre. Hergé a quand même dénoncé les actes de guerre commis en Asie, et écrit sur les dangers du fascisme.
Un très bon moment de rire et d'émotion, où l'on ne cesse de nous prendre à contre-pied.
Des dialogues comme on aimerait en voir plus souvent, servi par un dessin sympathique. Quand je me suis rendu compte qu'on ne m'avait pas prêté le tout dernier tome avec le reste, j'étais comme un dingue, j'ai remué ciel et terre pour le lire dès le lendemain.
Cet album, réédition d'un volume de la célèbre collection Atomium de Magic Strip (allez faire un tour sur ce site si vous ne connaissez pas http://perso.orange.fr/f.sirven/ ), ne peut passer inaperçu, d'autant plus quand son nouvel éditeur est La Pastèque et qu'il nous gratifie d'une nouvelle couverture et d'une qualité d'édition meilleure que la première (quelle magnifique bichromie nous ont-ils refaits !). Le pari de La Pastèque est réussi même si on peut regretter le célèbre dos toilé de la première édition, mais là je sombre trop dans la nostalgie.
Puisque l'occasion nous en est donnée, parlons un peu de cet album. Peut-être vous rappelez-vous du 4eme plat de l'édition originale ? Non ? Un texte (qui faisait le charme de la collection atomium) était la première étape de la lecture. Là il s'agissait d'un extrait du gouverneur Sir Stevenson : « Si l'homme est homme et si la femme est femme c'est parce que l'éléphant est éléphant », une bonne partie des ingrédients de cet album y étaient résumés dans cette magnifique et hilarante phrase !
Dans cet album, Bravo et Regnaud allaient s'attaquer aux albums rétros des aventures coloniales, tous les ingrédients y étaient : les explorateurs, le gouverneur, les jolies jeunes femmes, les trafics en tout genre, et un zeste de racisme... A l'exemple de Chaland quelques années plus tôt dans le cimetière des éléphants, Bravo et Regnaud nous emmenaient sur les traces d'un trafic d'opium et d'ivoire.
Graphiquement, Bravo maîtrise la ligne claire et domine la fluidité des traits. Ce deuxième album publié est bien plus abouti que celui paru deux ans plus tôt (Fighters) et a fait connaître ce très bon dessinateur. Je n'ai pas pu m'empêcher de rire face à certains détails comme cette main baladeuse dans la barque...
Le scénario est réussit et dénonce le côté sombre de la colonisation. L'âme humaine était noire et tout était bon pour se livrer aux pires trafics. J'ai trouvé particulièrement poignante la scène de la déportation & Le seul petit reproche que l'on peut faire est qu'il arrive après Chaland et manque de ce fait un peu d'originalité.
Pour conclure, c'est un bien bel album qui vient de ressortir et qui illustre parfaitement la fin d'une période de réinterprétation de la ligne claire... Les années 80 avaient poussé de jeunes dessinateurs sur les traces de leurs aînés, Bravo est l'un des derniers à s'y être mis et il en reste ce volume à part dans sa biographie.
Sublime! Une oeuvre incontournable du grand Andreas.
Il est indéniable que la lecture demande beaucoup de concentration pour capter les nombreuses subtilités disséminées au fur et à mesure de l'histoire.
J'avoue qu'il m'a fallu une deuxième lecture pour vraiment saisir la relation entre les deux histoires (je sais maintenant qui est l'homme en noir à la fin).
Je trouve très attrayant d'essayer de déchiffrer un scénario aussi alambiqué que celui-ci et d'avoir plusieurs issues de compréhension.
La dernière fois que je me suis creusé les méninges à ce point, c'est en regardant "Lost
Highway" de Lynch.
En bref, je trouve que le style hermétique de l'histoire ajoute un charme pour ceux qui, comme moi, aiment défaire les sacs de noeuds.
Mon premier "5/5" est destiné à Capricorne.
Il m'est difficile d'être objectif tant les thèmes et la façon de traiter les sujets abordés sont pour moi ce qui peut se faire de mieux en matière de BD.
On retrouve dans Capricorne le fantastique, l'ésotérisme et une vision assez manichéenne du monde dans lequel on vit. On trouve aussi de façon moins explicite des références à la Shoah ou à l'inceste.
Il y a chez Andréas une faculté incroyable à nous faire réfléchir sur la société. D'autre part, il ne livre que partiellement album après album les solutions aux énigmes proposées, lève au compte gouttes les voiles entourant chacun de ses personnages.
Ce qui est extraordinaire, ce sont les différents niveaux de lecture que l'auteur nous propose et il n'est pas rare de trouver après maintes relectures des petites choses qui nous étaient passées complètement à côté auparavant.
Les allusions à l'une de ses autres séries Rork sont nombreuses et on en vient à s'amuser à entrecouper les 2 histoires qui semblent former un tout.
Je suis fan aussi de son style anguleux, de sa façon particulière de découper son récit qui nous donne de temps en temps des planches absolument somptueuses.
Une série culte sans aucun doute.
Note approximative : 4.5/5
Les Bidochon me font rire. Ce couple en qui tous se reconnaîtront est superbe. Où qu'ils aillent, c'est hilarant.
Les dessins ne sont pas vraiment beaux, mais collent bien à l'univers, et le noir et blanc colle vraiment à l'univers.
L'histoire, à chaque fois, est bien. Et les personnages secondaires sont biens ( les parents de Robert...).
Mes albums préférés sont "les Bidochon usent le forfait", "Vent du soir", "Matin midi et soir", "Bidochon mére (moman)", "Voient tout savent tout"
Je n'ai pas aimé "Les fous sont lachés".
Salvatore tome 1 :
Un univers animalier qui nous change de la vision « Disneyenne » actuelle dans la BD, cela nous fait du bien. Nicolas de Crécy nous offre une vision décalée d'un monde où l'unique obsession du héros est s'évader pour trouver l'amour. Mais qu'est-on prêt à faire par amour ? Presque tout ? Salvatore lui ne fait que voler quelques pièces dans les autos qu'il répare sans franchir la ligne jaune en ne mettant pas en danger ses clients.
En sus des égarements amoureux de Salvatore, Nicolas de Crécy nous gratifie de la description d'un microcosme où tout peu arriver. A ce stade, nous assistons à la mise en place des fondations et Nicolas de Crécy nous aiguille suffisamment pour penser que tout sera lié dans les prochains volumes.
J'ai dévoré ce premier album comme on dévore un bon rôti de porc (d'ailleurs n'était-ce pas un morceau de... non cela ne se peut...), avec cet univers qu'on sent si proche du notre mais aussi très éloigné. La collection Expresso s'est enrichie d'une belle série.
Salvatore tome 2 :
C'est un Salvatore prêt à beaucoup de choses pour atteindre son rêve amoureux que nous découvrons dans cet album... quoiqu'en avançant, on peut se poser la question de savoir si Salvatore nous a bien dit la vérité sur cette relation... mais là n'est pas la question pour le moment.
Nous avions découvert un gentil petit voleur dans le premier album et cette fois-ci c'est un chien capable d'aller beaucoup plus loin qui nous est présenté, et encore heureusement que cette fois ci nous avons un « témoin » pour nous conter la réalité des faits... Nicolas de Crécy sait distiller à doses homéopathiques les différents éléments de son histoire, ses héros ne vivent que par leur égocentrisme et leurs obsessions mais ils sont attachants car proches de notre côté sombre. Amandine qui nous était présentée comme une mère modèle à la recherche de son enfant perdu se laisse dévorer par sa recherche et semble incapable d'assumer l'existence du reste de sa progéniture.
Nicolas de Crécy joue toujours avec cette voix off qui nous guide avec intelligence vers la suite.
Un régal...
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
Pour Notre-Dame
"Pour Notre-Dame", je sais, est un vieux machin de 1959. Mais c'est un peu "mon" album. Un des touts premiers "livres à images" que, sollicitée, ma grand-mère m'avait acheté. Elle n'est plus là depuis bien longtemps. Et cet album est un peu mon "relais" avec elle. Et qu'est-ce que j'ai frissonné, exulté -gamin-, à la lecture de cette histoire : une magnifique fresque guerrière dans l'Irlande du 16ème siècle. Plus tard, bien plus tard, regardant aux infos télévisées les véritables batailles rangées qui opposent -encore et toujours- catholiques irlandais et armée anglaise, j'ai replongé dans cet album et ai compris une grosse partie du pourquoi de ces violences actuelles... Ferrari au dessin et Rutalais au scénario (d'après un texte de Atamante) nous offrent ici plus qu'une histoire : un vrai pan de l'Histoire. Le fil conducteur en est un tout jeune garçon arraché aux siens, devenu un féroce combattant et qui -pourtant- retrouvera ses racines. Le graphisme de Ferrari est époustouflant. Par son trait, ses cadrages, sa mise en scène baroque, il nous offre ici une déferlante de duels, combats, attaques, assauts, embuscades diverses entre ces communautés rivales. Les scènes de batailles sont vraiment grandioses, fourmillent de détails et de personnages. Dans ces combats épiques, on sent un grand souffle guerrier dans cette quête de la liberté face à l'oppresseur anglais. Un personnage "tout en douceur" s'y trouve néanmoins mêlé : "Liam l'Ymagier", le grand-père muet de Rathleen ; un sculpteur-médailliste. J'ai trouvé ce surnom admirable, où tout se résume à un mot : image. Ca m'a plu. Et je n'ai pas oublié. Il m'a fait un Clin d'oeil pour mon unique pseudo. Et je m'en réjouis. Il est fort possible que vous ne lisiez jamais cet excellent album, jamais réédité. Et c'en est grand dommage car vous allez rater des moments narratifs et graphiques exceptionnels. Parmi mes collections, "Pour Notre-Dame" fait partie du Top 5. J'appose une cote de "5" : très rare de ma part. Les auteurs : Malgré mes recherches, je n'ai jamais pu trouver quelque chose de conséquent en cause de Ferrari et Rutalais. Pseudos pour un one-shot seulement connu de quelques collectionneurs ? Je ne sais. Ils sont venus? Ils sont partis. J'aurais sincèrement aimé les rencontrer.
Les Essuie-glaces
Baudoin revient sur le thème du voyage. Mais au lieu d'un voyage en solitaire, il se fait cette fois en compagnie d'amis et en compagnie d'une amante. Un voyage géographique dans la belle province, une réflexion sur les trois années qu'il y a passées, un bout de chemin avec Laurence qu'il aime et qui l'aime, et un voyage dans le passé pour essayer de comprendre ce qui fait et ce qui défait l'amour. Un album plein de nostalgie mais qui s'ouvre néanmoins sur le futur puisque tout cela est raconté sur le quai d'une gare à une inconnue, comme une invitation à un nouveau voyage géographique et amoureux. A l'histoire en case et bulles, se superposent des réflexions littéraires écrites en bas de pages, un procédé déroutant qui avait déjà été utilisé dans "le premier voyage" mais qui fonctionne un peu mieux ici. Futuropolis et l'Association nous avaient fait découvrir Baudoin en noir et blanc. Aire Libre nous le fait aimer tout en couleur - superbes, reflétant tout à fait le Québec en hiver. Du grand Baudoin, même si ce livre n'est sans doute pas le plus facile à lire.
Quartier lointain
On est dès le début du tome 1 très rapidement plongé dans l'histoire et on n'a envie que d'une chose, savoir comment cela va se terminer. Taniguchi, avec Quartier lointain, nous fait vivre la vie d'un homme de 48 ans replongé dans son enfance mais avec une vision d'adulte. C'est très émouvant, parfois dur mais je crois qu'au fond nous souhaiterions tous être à la place d'Hiroshi Nakahara. Et ainsi mieux comprendre certains évènements de notre vie incompréhensibles aux yeux d'un enfant. De plus, il n'y a que 2 tomes (ça fait du bien à notre budget) et on peut se replonger dedans régulièrement. Si vous ne devez en acheter qu'un, choisissez Quartier Lointain.
Les Aventures de Tintin
Tintin, mon ami avec qui j’ai grandi et que je continue à collectionner. Hergé a, avec Tintin, révolutionné le monde de la B.D. Cette série est culte, les histoires sont bien ficelées. Je ne comprends pas les remarques sur les images fascistes qui se trouveraient dans son œuvre. Tintin au pays des Soviets ? Les communistes n’ont-ils pas commis de nombreux crimes en U.R.S.S. ? La Chine (un des derniers pays communistes) elle-même publie Tintin. La vision du Congo ? Cette vision reflète l’image que l’Europe avait de l’Afrique et jamais Tintin n’emploie de langage insultant par apport aux noirs, et n’emploie jamais le terme de nègre. Hergé a quand même dénoncé les actes de guerre commis en Asie, et écrit sur les dangers du fascisme.
Garulfo
Un très bon moment de rire et d'émotion, où l'on ne cesse de nous prendre à contre-pied. Des dialogues comme on aimerait en voir plus souvent, servi par un dessin sympathique. Quand je me suis rendu compte qu'on ne m'avait pas prêté le tout dernier tome avec le reste, j'étais comme un dingue, j'ai remué ciel et terre pour le lire dès le lendemain.
Ivoire - Les tribulations de Joost Vanlabecke
Cet album, réédition d'un volume de la célèbre collection Atomium de Magic Strip (allez faire un tour sur ce site si vous ne connaissez pas http://perso.orange.fr/f.sirven/ ), ne peut passer inaperçu, d'autant plus quand son nouvel éditeur est La Pastèque et qu'il nous gratifie d'une nouvelle couverture et d'une qualité d'édition meilleure que la première (quelle magnifique bichromie nous ont-ils refaits !). Le pari de La Pastèque est réussi même si on peut regretter le célèbre dos toilé de la première édition, mais là je sombre trop dans la nostalgie. Puisque l'occasion nous en est donnée, parlons un peu de cet album. Peut-être vous rappelez-vous du 4eme plat de l'édition originale ? Non ? Un texte (qui faisait le charme de la collection atomium) était la première étape de la lecture. Là il s'agissait d'un extrait du gouverneur Sir Stevenson : « Si l'homme est homme et si la femme est femme c'est parce que l'éléphant est éléphant », une bonne partie des ingrédients de cet album y étaient résumés dans cette magnifique et hilarante phrase ! Dans cet album, Bravo et Regnaud allaient s'attaquer aux albums rétros des aventures coloniales, tous les ingrédients y étaient : les explorateurs, le gouverneur, les jolies jeunes femmes, les trafics en tout genre, et un zeste de racisme... A l'exemple de Chaland quelques années plus tôt dans le cimetière des éléphants, Bravo et Regnaud nous emmenaient sur les traces d'un trafic d'opium et d'ivoire. Graphiquement, Bravo maîtrise la ligne claire et domine la fluidité des traits. Ce deuxième album publié est bien plus abouti que celui paru deux ans plus tôt (Fighters) et a fait connaître ce très bon dessinateur. Je n'ai pas pu m'empêcher de rire face à certains détails comme cette main baladeuse dans la barque... Le scénario est réussit et dénonce le côté sombre de la colonisation. L'âme humaine était noire et tout était bon pour se livrer aux pires trafics. J'ai trouvé particulièrement poignante la scène de la déportation & Le seul petit reproche que l'on peut faire est qu'il arrive après Chaland et manque de ce fait un peu d'originalité. Pour conclure, c'est un bien bel album qui vient de ressortir et qui illustre parfaitement la fin d'une période de réinterprétation de la ligne claire... Les années 80 avaient poussé de jeunes dessinateurs sur les traces de leurs aînés, Bravo est l'un des derniers à s'y être mis et il en reste ce volume à part dans sa biographie.
Cyrrus / Mil
Sublime! Une oeuvre incontournable du grand Andreas. Il est indéniable que la lecture demande beaucoup de concentration pour capter les nombreuses subtilités disséminées au fur et à mesure de l'histoire. J'avoue qu'il m'a fallu une deuxième lecture pour vraiment saisir la relation entre les deux histoires (je sais maintenant qui est l'homme en noir à la fin). Je trouve très attrayant d'essayer de déchiffrer un scénario aussi alambiqué que celui-ci et d'avoir plusieurs issues de compréhension. La dernière fois que je me suis creusé les méninges à ce point, c'est en regardant "Lost Highway" de Lynch. En bref, je trouve que le style hermétique de l'histoire ajoute un charme pour ceux qui, comme moi, aiment défaire les sacs de noeuds.
Capricorne
Mon premier "5/5" est destiné à Capricorne. Il m'est difficile d'être objectif tant les thèmes et la façon de traiter les sujets abordés sont pour moi ce qui peut se faire de mieux en matière de BD. On retrouve dans Capricorne le fantastique, l'ésotérisme et une vision assez manichéenne du monde dans lequel on vit. On trouve aussi de façon moins explicite des références à la Shoah ou à l'inceste. Il y a chez Andréas une faculté incroyable à nous faire réfléchir sur la société. D'autre part, il ne livre que partiellement album après album les solutions aux énigmes proposées, lève au compte gouttes les voiles entourant chacun de ses personnages. Ce qui est extraordinaire, ce sont les différents niveaux de lecture que l'auteur nous propose et il n'est pas rare de trouver après maintes relectures des petites choses qui nous étaient passées complètement à côté auparavant. Les allusions à l'une de ses autres séries Rork sont nombreuses et on en vient à s'amuser à entrecouper les 2 histoires qui semblent former un tout. Je suis fan aussi de son style anguleux, de sa façon particulière de découper son récit qui nous donne de temps en temps des planches absolument somptueuses. Une série culte sans aucun doute.
Les Bidochon
Note approximative : 4.5/5 Les Bidochon me font rire. Ce couple en qui tous se reconnaîtront est superbe. Où qu'ils aillent, c'est hilarant. Les dessins ne sont pas vraiment beaux, mais collent bien à l'univers, et le noir et blanc colle vraiment à l'univers. L'histoire, à chaque fois, est bien. Et les personnages secondaires sont biens ( les parents de Robert...). Mes albums préférés sont "les Bidochon usent le forfait", "Vent du soir", "Matin midi et soir", "Bidochon mére (moman)", "Voient tout savent tout" Je n'ai pas aimé "Les fous sont lachés".
Salvatore
Salvatore tome 1 : Un univers animalier qui nous change de la vision « Disneyenne » actuelle dans la BD, cela nous fait du bien. Nicolas de Crécy nous offre une vision décalée d'un monde où l'unique obsession du héros est s'évader pour trouver l'amour. Mais qu'est-on prêt à faire par amour ? Presque tout ? Salvatore lui ne fait que voler quelques pièces dans les autos qu'il répare sans franchir la ligne jaune en ne mettant pas en danger ses clients. En sus des égarements amoureux de Salvatore, Nicolas de Crécy nous gratifie de la description d'un microcosme où tout peu arriver. A ce stade, nous assistons à la mise en place des fondations et Nicolas de Crécy nous aiguille suffisamment pour penser que tout sera lié dans les prochains volumes. J'ai dévoré ce premier album comme on dévore un bon rôti de porc (d'ailleurs n'était-ce pas un morceau de... non cela ne se peut...), avec cet univers qu'on sent si proche du notre mais aussi très éloigné. La collection Expresso s'est enrichie d'une belle série. Salvatore tome 2 : C'est un Salvatore prêt à beaucoup de choses pour atteindre son rêve amoureux que nous découvrons dans cet album... quoiqu'en avançant, on peut se poser la question de savoir si Salvatore nous a bien dit la vérité sur cette relation... mais là n'est pas la question pour le moment. Nous avions découvert un gentil petit voleur dans le premier album et cette fois-ci c'est un chien capable d'aller beaucoup plus loin qui nous est présenté, et encore heureusement que cette fois ci nous avons un « témoin » pour nous conter la réalité des faits... Nicolas de Crécy sait distiller à doses homéopathiques les différents éléments de son histoire, ses héros ne vivent que par leur égocentrisme et leurs obsessions mais ils sont attachants car proches de notre côté sombre. Amandine qui nous était présentée comme une mère modèle à la recherche de son enfant perdu se laisse dévorer par sa recherche et semble incapable d'assumer l'existence du reste de sa progéniture. Nicolas de Crécy joue toujours avec cette voix off qui nous guide avec intelligence vers la suite. Un régal...