Cette série mérite de très loin sa place dans les immanquables auprès des Légendes des Contrées Oubliées. Tout y est excellent : de l’action, du suspense, un poil d’humour. Et surtout des personnages taillés au rasoir dont les destins tragiques, qu’ils soient du bon ou du mauvais côté (dur à déterminer dans celle-ci), prennent aux tripes ; le Rige dans sa solitude, les princes-sorciers, Bulrog et enfin Bragon le héros sur le retour. J’ai tout particulièrement apprécié ces deux êtres à la fois amusants, fascinants et terrifiants que sont Fol de Dol et le fourreux.
L’histoire est bien amenée ; certes un peu poussive au début, elle prend son envol à partir du troisième tome. Ca ne s’étale pas sur 12 tomes, heureusement, même si on aurait aimé visiter les dernières marches de ce monde imaginaire à l’agonie.
Quant au dessin, je crois qu’il est clair que le trait de Loisel n’est pas du goût de tous, mais moi j’adore. Ajoutez à cela une grosse fin qui tache et vous obtenez un (et presque le seul) monument de l’Heroic fantasy. Allez Lanfeust va te rhabiller avec ton super pouvoir. Tuer un Borak à la hache, ça c’est de l’héroïsme. Gnark gnark.
Bon, mon avis est il utile ?
Tant de choses ont déjà été dites...
Cette BD fait partie des premières que j'ai pu lire. Elle est restée gravée dans ma mémoire comme je ne m'y attendais pas.
Cette histoire en forme de bible revisitée est menée de main de maître. A l’époque j'étais jeune, j'étais fou, je ne connaissais rien à la vie !
la fin spectaculaire m'a longtemps hanté. Difficile d'oublier une histoire aussi prenante.
Même si je suis d'accord avec ceux qui disent qu'il y a un air de Bible, 2001 Odyssée de l'Espace, Seigneur des Anneaux...Mais je m'en moque tout est tellement bien repris et fusionné !
Et puis considérant l'année de sortie de cette BD (1987 me semble-t-il) elle fait partie des monuments qui ont permis l'avènement du 9ème art et son succès populaire d'aujourd'hui.
Je suis contre la version colorisée. Le N&B donne un air tellement plus sérieux, tellement plus vrai à cette histoire. La beauté et la puissance du dessin y est beaucoup plus à son avantage.
Un must si vous ne savez pas par quoi commencer. Un tome, mais quel tome !
Voilà une BD hors du temps comme je les aime.
Contrairement à ce que beaucoup ont dit, ce sont les tomes 1 à 4 qui forment une première histoire complète. Mais la numérotation commençant à 0, ce sont donc en fait, les tomes 2 à 5…(Il faut suivre).
Le tome 0 est traditionnel dans la manière de compter japonaise, et ce tome correspond à une sorte d'introduction, de présentation du héros et de la mentalité zen et de l'esprit Budo qui hante l'intégralité de l'œuvre.
Tout au long de l'histoire souffle l'esprit du Bushido, aucune violence gratuite, simplement de l'honneur et la naïveté d'un samouraï un peu trop imbu de lui-même.
Le premier tome est donc plein de poésie où on nous réapprend le respect par un jeu de petites fables japonaises.
Il n'y a jamais de grande action mais pourtant jamais l'on ne s'ennuie.
Une ambiance médiévale japonaise sûrement très proche de la réalité. Pas de fantastique.
Les dessins quant à eux sont un peu ternes, le trait un peu maladroit, mais cela va parfaitement avec l'esprit de la BD qui se focalise plus sur l'esprit que sur le physique.
Une histoire à elle seule, mais un préambule afin de placer les luttes à venir.
Les tomes 1 à 4 (donc les 2ème, 3ème 4ème et 5ème tome de la série) forment donc une histoire complète.
Elle raconte la vie de Kogaratsu au service de son seigneur.
On y rencontre entre autre le conflit entre tradition de la voie du katana des samouraïs, et déjà l'apport de la modernité avec les pistolets, nous permet une fois encore de réfléchir sur la condition humaine, ses dérives et "ses progrès".
En même temps, si vous voulez juste lire une excellente BD pour vous divertir, vous pouvez aussi !
On sent bien toute la complexité de la culture japonaise de cette époque et la difficulté de Kogaratsu à trouver son chemin entre tradition et liberté...
Les traîtrises qui s'affichent, les alliés que l'on découvre, les jeux de pouvoirs sont magnifiquement maîtrisés par le scénariste.
Attention ! Le tome 4 clos de manière magistrale ce cycle. Vraiment, il faut le lire.
Ensuite, les albums alternent entre bon, très bon et excellentissime.
Le tome 5, est sûrement le moins intéressant depuis le début de la série. Relancer Kogaratsu après un premier cycle aussi fabuleux n'est pas aisé.
Ce tome est un one shot, il peut se lire indépendamment de tous les autres.
Mais je n'ai pas retrouvé l'esprit chevaleresque des précédents, l'honneur du Bushido est moins bien utilisé et présenté, on revient vers un héros conventionnel et une histoire que l'on aurait pu appliquer à beaucoup de mythologie.
Le tome 6
Aaaaaah ! Je retrouve l'esprit Bushido qui m'a fait aimer Kogaratsu !
L'honneur des samouraïs, l'honneur à la japonaise, le sens du devoir, le respect de ses maîtres... Tant de vertus de nos jours oubliées et que je regrette.
Cette BD par son ambiance nous transporte facilement dans ces années féodales du Japon, quand la transmission d'un dojo devenait une affaire d'état.
Les dessins entre technique européenne et japonaise avec un trait fin et précis, bien particulier permettent d'identifier la série Kogaratsu sans problème.
Un rythme savamment jaugé entre l'action et l'exécution, la sortie d'un sabre à la vitesse de l'éclair, plus suggéré que dessiné, les longues pauses, et les longs silences qui permettent aux hommes de réfléchir au de s'imposer uniquement par leur aura.
L'histoire prend ici une allure d'enquête policière dans laquelle le maître se joue des enfants et pour laquelle plusieurs dénouements et solutions sont possibles.
Le tome 7
Ici, ce n'est plus réellement le Bushido qui est mis en avant, mais nous partons à la découverte des Kamis, les Dieux japonais. Nous rentrons dans les luttes intestines entre temples, entre ceux qui sont proches des dieux, les Nichirens, et les autres, les Yamas Bushis, qui ne sont qu'une branche mineure des Nichirens.
Tout cela démarre bien mal, mais l'honneur et le Karma des personnages reprennent le dessus, offrant un final à la hauteur de la série Kogaratsu.
Un bon album. Mais pas le meilleur.
Le tome 8
Kogaratsu a acquis de la sagesse et de l'expérience. Du jeune Samouraï fou de ses débuts, le voilà homme de confiance du Daymio ! Il a bien progressé, le bougre !
Le voilà dans une histoire, enquête policière au pays du soleil levant.
Il est surprenant de retrouver notre héros dans un tel contexte, et j'ai toujours un peu de mal à me faire à l'idée que les histoires ne sont plus maintenant centrées sur le Bushido et le respect des seigneurs et maîtres.
Mais l'histoire est bien ficelée : ambitions politiques, trahison et au final, toujours le Bushido et le code d'honneur qui reprennent le dessus.
Quelques phrases, quelques images toujours bien senties, avec cette philosophie de la vie que l'on retrouve dans toute la série.
J'aime cette ambiance, cette époque, cette éthique et ce respect.Le tome 9
De la même manière que le budoka recherchera toute sa vie la perfection du geste, la simplicité de l'attaque, ou de la défense. De la même manière que cette simplicité créera l'efficacité, Bosse a atteint son but.
Le scénario est d'une pureté incroyable, simplissime, direct, parfait.
Ce tome se lit vite, l'action est quasi inexistante, tout est dans la manière d'aborder les choses. Très peu de paroles.
Tout est dans le destin des gens, dans leur Karma, dans leurs convictions.
La force dégagée par ce scénario et par la mise en page de Michetz m'a laissé comme un imbécile. Depuis les quatre premiers tomes que je pensais impossibles à égaler, les deux auteurs de cette BD signent ici un chef d'œuvre à mes yeux.
Tout est beau, tout est en harmonie. La tradition, le respect, les croyances, les convictions, le bushido. Tout ce qui fait la force et la beauté de cette époque, de ces hommes.
Chacun s’accroche à son Karma, à sa voie qu’importe où cela le mène.
Kogaratsu fait plus que jamais preuve de maturité, peut-être les auteurs, depuis le premier tome, ont-ils aussi mûri, savaient-ils qu’un jour ils approcheraient la sagesse des maîtres ?
Félicitation.
Cet album est la preuve absolue qu’un scénario n’est pas qu’une succession de rebondissements tous plus improbables les uns que les autres, qu’un scénario n’est pas réussi parce qu’il est complexe à comprendre, changeant de chemin à chaque page.
Non, ici c’est tout le contraire à force de s’ancrer, de s’enraciner dans son Karma, le scénario atteint la plénitude des grands.
Une ode à la paix intérieure pour semer la paix extérieure.
Le tome 10
Un nouveau très bon tome de cette série.
Nous retrouvons tous les ingrédients qui font le succès et la beauté de cet univers.
Pour la première fois, Kogaratsu est chargé de protéger un Namban, un occidental.
Un peintre qui recherche le rouge ultime, la couleur parfaite entre le blanc et le noir.
La sagesse va à la perfection à Kogaratsu qui, par sa philosophie toute japonaise, va aller au conflit avec la philosophie occidentale.
Finalement, les deux cultures finiront par s'accepter, mais sans sympathiser, ni forcément se comprendre. Les deux univers, les deux cultures sont trop profondément différentes.
La beauté de l'ouvrage, avec en prime à la fin les esquisses réalisées par le peintre avec ses commentaires, nous donne une nouvelle vision de ce Namban qui a finit par atteindre son but.
Je ne dirais pas que cette histoire est faite de bruit et de fureur, mais plutôt au contraire de sagesse et de fureur. Ce qui caractérise parfaitement cette culture de la mort parfaite, de cette frappe unique qui contraste avec ces grands conflits armés entre les seigneurs japonais qui, comme dans toute guerre, envoyaient leurs fidèles se faire découper sans se soucier de leurs misérables vies...
Le tome 11
Premièrement, au niveau scénario, c'est dans la pure continuité des aventures de Kogaratsu. A tel point que cet album est la suite du tome n°5.
Le scénario, moins basé sur la philosophie que sur l'action se tient, bien qu'il reste assez simple et n'apporte rien de nouveau à la série. Alors que l'histoire commence sur une trahison, évidemment, l'honneur et les préceptes du Bushido, ne permettront peut-être pas de sauver sa vie, mais au moins de sauver son âme. Et là encore, le mélange prend facilement, le mélange entre les différents ingrédients donne une BD un peu hors du temps, en tout cas, bien différente de la majorité des productions actuelles.
On sent encore l'école classique. Pas de fantastique dans cet univers. Uniquement de la morale, de l'esprit, typique du Japon médiéval.
Par moments, certains pourront d'ailleurs sûrement trouver tout cela un peu mièvre.
Désolé ! Mon post est long, mais, pour cette série qui est chère à mon cœur, j'aurais eu du mal à en parler dans un ensemble trop complexe pour être limité à la description uniforme d'une série magique
Une BD magnifique !
Désuète ? Franchement je ne crois pas.
Les images sont pour la plupart sublimes. Au programme TOPPI avec ses hachures surprenantes, BATTAGLIA austère et compositeur génial, SIO avec un style à la fois soigné et impressionnant de facilité, BUZZELLI expressif, MANARA illustrant les croisades entre autre c’est un régal, DE LA FUENTE mon préféré à l’époque, POIVET son style direct et sa science des morphologies, MUSQUERA, BIELSA qui n’est pas encore au top mais le sera dans d’autres collections, TACCONI, RAPHAEL CARLO MARCELLO (je met le nom entier parce qu’il me semble que sur certaines séries il signe Marcello et sur d’autres Raphael), RIBERA, COELHO, FORTON (j’en oublie certainement n’hésitez pas à corriger si c’est le cas). Le tout dans un festival de dessin enchanteur pour les gamins aimant les images et l’histoire.
D’abord on relit 10 fois les épisodes mettant en scène gaulois, vikings et chevaliers, puis on grandit et malgré la nature complexe des périodes plus récentes on s’y intéresse grâce aux illustrations magnifiques. Ce fut ma première BD de style réaliste, et la seule pendant bien longtemps d’où le nombre incalculable d’heures passées à en feuilleter les pages.
Bon mais aujourd’hui ?
D’abord la narration passe encore très bien, c’est didactique mais c’est normal pour des livres d’histoire, et surtout c’est toujours tellement beau ! Elle m’a marqué au point que j’ai presque entièrement réuni les séries parallèles que sont l’histoire du Far West, la découverte du monde, la Bible et l’histoire de la Chine, l’occasion de découvrir en prime ELEUTERI-SERPIERI illustrant la bible c’est plutôt cocasse, non ? FRISANO impressionnant sur l’histoire du Far West, D’ANTONIO, DE HUESCAR, ONGARO, GATY, MAZAL-CANOS, GATTIA encore meilleur dans une biographie de Jean Bosco mais aussi plus classique, bref, CREPAX (et peut être d’autres ?), tous surdoués de la plume ou du pinceau. Culte peut être par nostalgie mais surtout pour la brochette de dessinateurs hors pairs qui ont œuvré sur ces albums. A mettre au panthéon de la BD qui fait grandir les enfants…
Concernant l'achat, il est clair la BD est destinée à ceux qui s'intéressent aux dessinateurs cités ou qui sont féru d'histoire. On trouve souvent des tomes en occas' pour pas cher.
L’incal a un look de bonne vieille BD, du style qui ne fait plus recette aujourd’hui mais qui garde un sacré peps, avec des traits, des couleurs, des personnages qui volent, des rayons de lumière flashy, idéal pour faire fuir le lecteur éclairé blablabla exigeant des productions nettement plus formatées.
D’autant que son scénario, osé, inclassable, et bourré de retournements de situations loufoques est encore plus déroutant. Et pourtant ! Ce scénario est fantaisiste, mystique, jouissif, plein d’humour, admirablement concocté et condensé. Bon d’accord, c’est un peu difficile à résumer…
Le trait de Moebius, qui n’a rien à prouver est assez facile (pour lui) mais certainement pas bâclé. L’expressivité dont ce trait est capable est saisissante, comme pour la scène des cauchemars qui m’a bien marqué par exemple. Enfin les décors sont imaginatifs au possible, les planches dominées par une seule case sont des chefs d’œuvres, et le découpage très réussi nous fait entrer illico dans l’aventure.
Je reste admiratif du début à la fin devant l’imagination des auteurs. Si vous aimez les histoires dépaysantes ne manquez pas cette très très bonne BD.
Si Ludovic Debeurme m’avait bouleversé avec Lucille, “Le Grand Autre” m’a laissé carrément sans voix. Comme dans Lucille, on retrouve deux adolescents mal dans leur peau, en proie aux pires démons (anorexie, haine de soi, soif de reconnaissance sociale, incompréhension des parents, cruauté, difficultés de communiquer avec les autres) qui cherchent la salvation dans une relation amoureuse fusionnelle. Mais alors que Lucille restait dans le domaine réel, “Le Grand Autre” est narré dans l’univers personnel de Louis et c’est à travers son regard que l’on perçoit la réalité et qu’on touche peut-être à la véritable essence des gens dans toute leur laideur, mal-être et souffrance. Son handicap, ses phobies, ses angoisses, ses joies, ses rapports sociaux, tout est traité à travers le prisme de son monde intérieur. Un monde dans lequel Louis tente de se redéfinir par le rêve mais qui ne lui permet pourtant pas, malgré tout, d’échapper aux violences de la société, fussent-elle magnifiées par une transformation symbolique ou onirique. Le traitement symbolique du sujet permet à l’auteur de dévoiler dans cet album toute sa créativité et toute sa virtuosité. Les dessins de Debeurme sont des petits bijoux, certains d’entre eux dégageant une force inouïe.
Le tout donne un album très personnel, très dérangeant (qui me fait un peu penser à Comme un gant de velours pris dans la fonte, de Daniel Clowes, mais en beaucoup plus fort car on sent que l’auteur nourrit une grande empathie vis-à-vis de son personnage), unique en son genre, inclassable, bref, assurément un chef d’oeuvre. Avec cet album qui confirme ses talents et repousse encore plus loin les limites de son génie, Ludovic Debeurme entre directement au panthéon des plus grands auteurs de BD.
Actuellement, lorsque vous arrivez sur le site du chanteur Kent, une magnifique planète rouge et un bel être bleu à quatre yeux vous accueillent sur un fond sonore avec une petite musique métallique sur laquelle la voix de Kent résonne de quelques paroles :
Je m'ennuie sur la planète rouge
Paraît que sur la planète bleue
Y'a des animaux qui se bougent
Ils sont divins, ils sont odieux
Ces quelques mots appartenant au prologue de l'album musical de Kent sont bien plus qu'une entrée en matière sidérale. C'est aussi une porte ouverte sur un monde inconnu, le notre.
Car en ces temps qui courent, il est bien venu qu'un oeil extérieur, martien pourquoi pas, viennent nous ouvrir le notre pour nous dire à quel point nous gâchons tout.
Et notre martien ne s'y trompe pas ; là où il cherche de la joie, il ne trouve que névrose. L'histoire d'un monde acheminé vers sa décrépitude, pourtant avisé de par le passé, mais dont la mémoire courte ne se transmet qu'à de simples avatars.
Et il rencontre Jackie qui court après sa vie ; l'autre veut rattraper son fils ; celui-ci a la nostalgie qui lui colle à la peau ; celui-là est marqué du cancer et elle, l'étudiante, consume sa jeunesse. Il reste peut-être encore George Bailey pour rêver. Mais ça ne suffit pas. La vie n'est pas si belle.
L'homme de Mars regrette son étoile. A quoi bon, la Terre, il nous le dit lui-même : "Aucun ovni ne vient plus vous voir ici-bas". Solitude, manque d'amour, la Terre donne et reprend. Elle tente la survivance, brûlant ses accus et s'en est trop pour lui ; les lieux de fêtes, ne sont que des lieux d'oublis, alors il reprend la route, rentre chez lui par la voie express. Et de crier :
J'ai voulu voir la vie en rouge
J'ai vu des larmes et des peurs bleues
L'humanité vit dans un bouge
Qui s'appelait la planète bleue
Cet album de Kent, n'est pas seulement un objet musical, c'est aussi une bande dessinée à laquelle le chanteur-dessinateur s'est attelé. Mettant en image l'ensemble de ses textes, il leur donne une plus grande dimension encore que leurs simples rimes déjà très touchantes. De plus, c'est au travers de ces planches incroyablement peaufinées que transparaît aussi son imaginaire emprunt d'influences de tout ordre.
Il serait difficile de tout répertorier, d'autant que seul Kent pourrait infirmer ou valider mes propres divagations mais néanmoins, est-ce un hasard si notre martien ressemble autant à Klaus Nomi ? (voir la pochette de son 45T Simple Man). Escher est bien représenté avec ses labyrinthes d'escaliers ; Scheeler et ses perspectives urbaines ; l'hommage est rendu aussi aux pulps des années 50 avec deux belles planches couleurs : Comme George Bailey et Mon étudiante ; les références à la science-fiction et à la mythologie martienne, genre que Kent affectionne, ne sont pas délaissées quand il aborde l'homme de Mars avec tant de subtilité. Bruce McCall, illustrateur que Kent adore et L'Odyssée de l'espace, film auquel le dessinateur rend hommage par-ci par-là ; et encore l'humour avec un clin d'oeil à Buzz l'éclair. Bref, les planches sont parsemées de références ; souvent subliminales pour l'auditeur, elles sautent aux yeux du lecteur. Et soudain la fiction rejoint la réalité scientifique avec une superbe planche représentant l'atterrissage avec airbags et déploiement de la sonde Pathfinder. Beau travail de mélange des genres.
C'est donc tout çà, l'Homme de Mars de Kent. Une oeuvre profonde, entière. La bande-dessinée est une complémentarité qui s'avère indispensable pour composer cette oeuvre. En Kent j'ai découvert deux personnes : le chanteur et le dessinateur.
"Avec L'homme de Mars, Kent prend à contre-pied l'air du temps, s'envole hors des ornières codées, sur un boulevard aérien large comme un canal de la planète rouge."
(Source de cet article, un peu retravaillé et mis à jour pour la présente critique : mon Blog "Culture martienne")
http://erwelyn.over-blog.com/article-17898385.html
Kent m'a fait l'honneur de répondre à une interview autour de la sortie de cet album.
Si ça vous intéresse, c'est ici :
http://www.erwelyn.com/kent.html
Marc Malès a frappé fort avec ce one shot tout à fait surprenant. Je retrouve un peu tout ce que j'avais déjà aimé dans Katharine Cornwell : un dessin en noir et blanc sublime couplé à un scénario digne de ce nom. :)
C'est un auteur que décidément j'aime beaucoup qui produit ici l'une de ses meilleurs oeuvres empreint à la fois de sensibilité et de profondeur. En effet, l'auteur donne une véritable vie à ses personnages en les rendant tout simplement humains. C'est ce qui manque à beaucoup d'autres bd...
Nous avons ici une fable contemporaine qui explore l'âme d'une vieille femme souffrante qui revient sur un lieu chargé de souvenirs et d'émotions. On retourne dans les années 30 avec ses émissions de radio plébiscitées par un public américain toujours plus nombreux. On va vivre la rencontre de deux êtres qui ont fui pour des raisons diverses la société en s'isolant. C'est une magnifique histoire d'amour comme rarement j'en avais lu et tout en finesse ! Même les silences des cases en disent long...
On peut également admirer une maîtrise totale de l'atmosphère de l'Amérique des années 30, des décors somptueux et un jeu de dialogues bien au-dessus de la moyenne. Que dire également d'un final tout à fait époustouflant ! ::
S'il y avait réellement une bd que je conseille vivement, c'est bien celle-là ! Pour 12.90 euros, vous lisez un véritable chef d'oeuvre auquel il ne manque que le succès qui serait amplement mérité entre nous soit dit. Note maximale accordée pour une oeuvre non commerciale ! C'est quand même rare de ma part... ;)
Note Dessin : 4/5 - Note Scénario : 5/5 - Note Globale : 4.5/5
Après la lecture du premier tome.
Original, plaisant, captivant, j'en redemande. Le tome 2 est annoncé prochainement, je ne tarderai pas l'acheter.
Cette série est un peu le "36 quai des Orfèvres" de la BD.
On y retrouve un sens du détail encré dans le réel et non dans la fiction, à la limite du reportage ou documentaire.
C'est fort et bien romancé (normal me direz vous avec Peeters).
Quel plaisir de retomber sur terre, et d'avoir des protagonistes ne passant pas leur temps à se déhancher pour éviter les balles et ne ripostent qu'avec une seule...
Ce n'est pas que je n'aime pas les fictions ou les thrillers, mais cette approche est nouvelle à ma connaissance et est subtilement construite. Une BD qui fera date, un peu comme Le Tueur avec son approche psychologique.
A suivre de très, très près.
Après la lecture du T2 : 12/05/08
Je monte la note à 5 car j'adore cette série et j'ai pris un immense plaisir à lire ce tome 2.
Les personnages se confient et apparaissent on ne peut plus humains.
RG deviendra rapidement LA référence.
Peeters démontre encore et toujours qu'il possède un talent hors du commun, il y a meilleur au dessin mais rares sont les dessinateurs qui procurent autant de sensations et de vie.
"Universal War One", c’est de la science fiction avec une histoire complexe mais bien ficelée, un dessin superbe, et des couleurs sombres et froides. Les scènes spatiales sont très belles. Les vaisseaux ont un design intéressant tout en restant très réaliste.
Les personnages ont chacun leur caractère bien trempé. Bajram, l’auteur, maîtrise son sujet. Il guide le lecteur tout en le laissant cogiter mais ne le laisse jamais à l’abandon, il sait quand lâcher les infos tout en gardant le suspense à son paroxysme. Pourtant ce n’était pas gagné d’avance avec tout ce jargon technique et scientifique et ses histoires de voyages dans le temps. De toute évidence ce n’est pas une BD à lire devant la TV mais dans le calme si on ne veut pas revenir en arrière toutes les deux secondes. Tout s’emboîte bien, tout est cohérent, tout est bien penser, rien n’est laisser au hasard, on voit très bien que Bajram savait exactement où il voulait aller depuis le départ. Une vraie bonne BD de divertissement intelligent.
J’adore les couvertures de cette collection. Et je trouve le design et la mise en page des albums original et très atypique avec cette façon de découper chaque album en plusieurs chapitres avec pour introduction un passage biblique.
Un autre point fort de cette série, c’est que tous les tomes sont du même niveau tant pour les scénarii que pour les dessins, donc pas de déceptions au fil de la lecture des albums. Le passage du tout à l’ordi à partir du tome 5 se fait à peine remarquer.
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La Quête de l'Oiseau du Temps
Cette série mérite de très loin sa place dans les immanquables auprès des Légendes des Contrées Oubliées. Tout y est excellent : de l’action, du suspense, un poil d’humour. Et surtout des personnages taillés au rasoir dont les destins tragiques, qu’ils soient du bon ou du mauvais côté (dur à déterminer dans celle-ci), prennent aux tripes ; le Rige dans sa solitude, les princes-sorciers, Bulrog et enfin Bragon le héros sur le retour. J’ai tout particulièrement apprécié ces deux êtres à la fois amusants, fascinants et terrifiants que sont Fol de Dol et le fourreux. L’histoire est bien amenée ; certes un peu poussive au début, elle prend son envol à partir du troisième tome. Ca ne s’étale pas sur 12 tomes, heureusement, même si on aurait aimé visiter les dernières marches de ce monde imaginaire à l’agonie. Quant au dessin, je crois qu’il est clair que le trait de Loisel n’est pas du goût de tous, mais moi j’adore. Ajoutez à cela une grosse fin qui tache et vous obtenez un (et presque le seul) monument de l’Heroic fantasy. Allez Lanfeust va te rhabiller avec ton super pouvoir. Tuer un Borak à la hache, ça c’est de l’héroïsme. Gnark gnark.
Le Grand Pouvoir du Chninkel
Bon, mon avis est il utile ? Tant de choses ont déjà été dites... Cette BD fait partie des premières que j'ai pu lire. Elle est restée gravée dans ma mémoire comme je ne m'y attendais pas. Cette histoire en forme de bible revisitée est menée de main de maître. A l’époque j'étais jeune, j'étais fou, je ne connaissais rien à la vie ! la fin spectaculaire m'a longtemps hanté. Difficile d'oublier une histoire aussi prenante. Même si je suis d'accord avec ceux qui disent qu'il y a un air de Bible, 2001 Odyssée de l'Espace, Seigneur des Anneaux...Mais je m'en moque tout est tellement bien repris et fusionné ! Et puis considérant l'année de sortie de cette BD (1987 me semble-t-il) elle fait partie des monuments qui ont permis l'avènement du 9ème art et son succès populaire d'aujourd'hui. Je suis contre la version colorisée. Le N&B donne un air tellement plus sérieux, tellement plus vrai à cette histoire. La beauté et la puissance du dessin y est beaucoup plus à son avantage. Un must si vous ne savez pas par quoi commencer. Un tome, mais quel tome !
Kogaratsu
Voilà une BD hors du temps comme je les aime. Contrairement à ce que beaucoup ont dit, ce sont les tomes 1 à 4 qui forment une première histoire complète. Mais la numérotation commençant à 0, ce sont donc en fait, les tomes 2 à 5…(Il faut suivre). Le tome 0 est traditionnel dans la manière de compter japonaise, et ce tome correspond à une sorte d'introduction, de présentation du héros et de la mentalité zen et de l'esprit Budo qui hante l'intégralité de l'œuvre. Tout au long de l'histoire souffle l'esprit du Bushido, aucune violence gratuite, simplement de l'honneur et la naïveté d'un samouraï un peu trop imbu de lui-même. Le premier tome est donc plein de poésie où on nous réapprend le respect par un jeu de petites fables japonaises. Il n'y a jamais de grande action mais pourtant jamais l'on ne s'ennuie. Une ambiance médiévale japonaise sûrement très proche de la réalité. Pas de fantastique. Les dessins quant à eux sont un peu ternes, le trait un peu maladroit, mais cela va parfaitement avec l'esprit de la BD qui se focalise plus sur l'esprit que sur le physique. Une histoire à elle seule, mais un préambule afin de placer les luttes à venir. Les tomes 1 à 4 (donc les 2ème, 3ème 4ème et 5ème tome de la série) forment donc une histoire complète. Elle raconte la vie de Kogaratsu au service de son seigneur. On y rencontre entre autre le conflit entre tradition de la voie du katana des samouraïs, et déjà l'apport de la modernité avec les pistolets, nous permet une fois encore de réfléchir sur la condition humaine, ses dérives et "ses progrès". En même temps, si vous voulez juste lire une excellente BD pour vous divertir, vous pouvez aussi ! On sent bien toute la complexité de la culture japonaise de cette époque et la difficulté de Kogaratsu à trouver son chemin entre tradition et liberté... Les traîtrises qui s'affichent, les alliés que l'on découvre, les jeux de pouvoirs sont magnifiquement maîtrisés par le scénariste. Attention ! Le tome 4 clos de manière magistrale ce cycle. Vraiment, il faut le lire. Ensuite, les albums alternent entre bon, très bon et excellentissime. Le tome 5, est sûrement le moins intéressant depuis le début de la série. Relancer Kogaratsu après un premier cycle aussi fabuleux n'est pas aisé. Ce tome est un one shot, il peut se lire indépendamment de tous les autres. Mais je n'ai pas retrouvé l'esprit chevaleresque des précédents, l'honneur du Bushido est moins bien utilisé et présenté, on revient vers un héros conventionnel et une histoire que l'on aurait pu appliquer à beaucoup de mythologie. Le tome 6 Aaaaaah ! Je retrouve l'esprit Bushido qui m'a fait aimer Kogaratsu ! L'honneur des samouraïs, l'honneur à la japonaise, le sens du devoir, le respect de ses maîtres... Tant de vertus de nos jours oubliées et que je regrette. Cette BD par son ambiance nous transporte facilement dans ces années féodales du Japon, quand la transmission d'un dojo devenait une affaire d'état. Les dessins entre technique européenne et japonaise avec un trait fin et précis, bien particulier permettent d'identifier la série Kogaratsu sans problème. Un rythme savamment jaugé entre l'action et l'exécution, la sortie d'un sabre à la vitesse de l'éclair, plus suggéré que dessiné, les longues pauses, et les longs silences qui permettent aux hommes de réfléchir au de s'imposer uniquement par leur aura. L'histoire prend ici une allure d'enquête policière dans laquelle le maître se joue des enfants et pour laquelle plusieurs dénouements et solutions sont possibles. Le tome 7 Ici, ce n'est plus réellement le Bushido qui est mis en avant, mais nous partons à la découverte des Kamis, les Dieux japonais. Nous rentrons dans les luttes intestines entre temples, entre ceux qui sont proches des dieux, les Nichirens, et les autres, les Yamas Bushis, qui ne sont qu'une branche mineure des Nichirens. Tout cela démarre bien mal, mais l'honneur et le Karma des personnages reprennent le dessus, offrant un final à la hauteur de la série Kogaratsu. Un bon album. Mais pas le meilleur. Le tome 8 Kogaratsu a acquis de la sagesse et de l'expérience. Du jeune Samouraï fou de ses débuts, le voilà homme de confiance du Daymio ! Il a bien progressé, le bougre ! Le voilà dans une histoire, enquête policière au pays du soleil levant. Il est surprenant de retrouver notre héros dans un tel contexte, et j'ai toujours un peu de mal à me faire à l'idée que les histoires ne sont plus maintenant centrées sur le Bushido et le respect des seigneurs et maîtres. Mais l'histoire est bien ficelée : ambitions politiques, trahison et au final, toujours le Bushido et le code d'honneur qui reprennent le dessus. Quelques phrases, quelques images toujours bien senties, avec cette philosophie de la vie que l'on retrouve dans toute la série. J'aime cette ambiance, cette époque, cette éthique et ce respect. Le tome 9 De la même manière que le budoka recherchera toute sa vie la perfection du geste, la simplicité de l'attaque, ou de la défense. De la même manière que cette simplicité créera l'efficacité, Bosse a atteint son but. Le scénario est d'une pureté incroyable, simplissime, direct, parfait. Ce tome se lit vite, l'action est quasi inexistante, tout est dans la manière d'aborder les choses. Très peu de paroles. Tout est dans le destin des gens, dans leur Karma, dans leurs convictions. La force dégagée par ce scénario et par la mise en page de Michetz m'a laissé comme un imbécile. Depuis les quatre premiers tomes que je pensais impossibles à égaler, les deux auteurs de cette BD signent ici un chef d'œuvre à mes yeux. Tout est beau, tout est en harmonie. La tradition, le respect, les croyances, les convictions, le bushido. Tout ce qui fait la force et la beauté de cette époque, de ces hommes. Chacun s’accroche à son Karma, à sa voie qu’importe où cela le mène. Kogaratsu fait plus que jamais preuve de maturité, peut-être les auteurs, depuis le premier tome, ont-ils aussi mûri, savaient-ils qu’un jour ils approcheraient la sagesse des maîtres ? Félicitation. Cet album est la preuve absolue qu’un scénario n’est pas qu’une succession de rebondissements tous plus improbables les uns que les autres, qu’un scénario n’est pas réussi parce qu’il est complexe à comprendre, changeant de chemin à chaque page. Non, ici c’est tout le contraire à force de s’ancrer, de s’enraciner dans son Karma, le scénario atteint la plénitude des grands. Une ode à la paix intérieure pour semer la paix extérieure. Le tome 10 Un nouveau très bon tome de cette série. Nous retrouvons tous les ingrédients qui font le succès et la beauté de cet univers. Pour la première fois, Kogaratsu est chargé de protéger un Namban, un occidental. Un peintre qui recherche le rouge ultime, la couleur parfaite entre le blanc et le noir. La sagesse va à la perfection à Kogaratsu qui, par sa philosophie toute japonaise, va aller au conflit avec la philosophie occidentale. Finalement, les deux cultures finiront par s'accepter, mais sans sympathiser, ni forcément se comprendre. Les deux univers, les deux cultures sont trop profondément différentes. La beauté de l'ouvrage, avec en prime à la fin les esquisses réalisées par le peintre avec ses commentaires, nous donne une nouvelle vision de ce Namban qui a finit par atteindre son but. Je ne dirais pas que cette histoire est faite de bruit et de fureur, mais plutôt au contraire de sagesse et de fureur. Ce qui caractérise parfaitement cette culture de la mort parfaite, de cette frappe unique qui contraste avec ces grands conflits armés entre les seigneurs japonais qui, comme dans toute guerre, envoyaient leurs fidèles se faire découper sans se soucier de leurs misérables vies... Le tome 11 Premièrement, au niveau scénario, c'est dans la pure continuité des aventures de Kogaratsu. A tel point que cet album est la suite du tome n°5. Le scénario, moins basé sur la philosophie que sur l'action se tient, bien qu'il reste assez simple et n'apporte rien de nouveau à la série. Alors que l'histoire commence sur une trahison, évidemment, l'honneur et les préceptes du Bushido, ne permettront peut-être pas de sauver sa vie, mais au moins de sauver son âme. Et là encore, le mélange prend facilement, le mélange entre les différents ingrédients donne une BD un peu hors du temps, en tout cas, bien différente de la majorité des productions actuelles. On sent encore l'école classique. Pas de fantastique dans cet univers. Uniquement de la morale, de l'esprit, typique du Japon médiéval. Par moments, certains pourront d'ailleurs sûrement trouver tout cela un peu mièvre. Désolé ! Mon post est long, mais, pour cette série qui est chère à mon cœur, j'aurais eu du mal à en parler dans un ensemble trop complexe pour être limité à la description uniforme d'une série magique
Histoire de France en Bandes Dessinées
Une BD magnifique ! Désuète ? Franchement je ne crois pas. Les images sont pour la plupart sublimes. Au programme TOPPI avec ses hachures surprenantes, BATTAGLIA austère et compositeur génial, SIO avec un style à la fois soigné et impressionnant de facilité, BUZZELLI expressif, MANARA illustrant les croisades entre autre c’est un régal, DE LA FUENTE mon préféré à l’époque, POIVET son style direct et sa science des morphologies, MUSQUERA, BIELSA qui n’est pas encore au top mais le sera dans d’autres collections, TACCONI, RAPHAEL CARLO MARCELLO (je met le nom entier parce qu’il me semble que sur certaines séries il signe Marcello et sur d’autres Raphael), RIBERA, COELHO, FORTON (j’en oublie certainement n’hésitez pas à corriger si c’est le cas). Le tout dans un festival de dessin enchanteur pour les gamins aimant les images et l’histoire. D’abord on relit 10 fois les épisodes mettant en scène gaulois, vikings et chevaliers, puis on grandit et malgré la nature complexe des périodes plus récentes on s’y intéresse grâce aux illustrations magnifiques. Ce fut ma première BD de style réaliste, et la seule pendant bien longtemps d’où le nombre incalculable d’heures passées à en feuilleter les pages. Bon mais aujourd’hui ? D’abord la narration passe encore très bien, c’est didactique mais c’est normal pour des livres d’histoire, et surtout c’est toujours tellement beau ! Elle m’a marqué au point que j’ai presque entièrement réuni les séries parallèles que sont l’histoire du Far West, la découverte du monde, la Bible et l’histoire de la Chine, l’occasion de découvrir en prime ELEUTERI-SERPIERI illustrant la bible c’est plutôt cocasse, non ? FRISANO impressionnant sur l’histoire du Far West, D’ANTONIO, DE HUESCAR, ONGARO, GATY, MAZAL-CANOS, GATTIA encore meilleur dans une biographie de Jean Bosco mais aussi plus classique, bref, CREPAX (et peut être d’autres ?), tous surdoués de la plume ou du pinceau. Culte peut être par nostalgie mais surtout pour la brochette de dessinateurs hors pairs qui ont œuvré sur ces albums. A mettre au panthéon de la BD qui fait grandir les enfants… Concernant l'achat, il est clair la BD est destinée à ceux qui s'intéressent aux dessinateurs cités ou qui sont féru d'histoire. On trouve souvent des tomes en occas' pour pas cher.
L'Incal
L’incal a un look de bonne vieille BD, du style qui ne fait plus recette aujourd’hui mais qui garde un sacré peps, avec des traits, des couleurs, des personnages qui volent, des rayons de lumière flashy, idéal pour faire fuir le lecteur éclairé blablabla exigeant des productions nettement plus formatées. D’autant que son scénario, osé, inclassable, et bourré de retournements de situations loufoques est encore plus déroutant. Et pourtant ! Ce scénario est fantaisiste, mystique, jouissif, plein d’humour, admirablement concocté et condensé. Bon d’accord, c’est un peu difficile à résumer… Le trait de Moebius, qui n’a rien à prouver est assez facile (pour lui) mais certainement pas bâclé. L’expressivité dont ce trait est capable est saisissante, comme pour la scène des cauchemars qui m’a bien marqué par exemple. Enfin les décors sont imaginatifs au possible, les planches dominées par une seule case sont des chefs d’œuvres, et le découpage très réussi nous fait entrer illico dans l’aventure. Je reste admiratif du début à la fin devant l’imagination des auteurs. Si vous aimez les histoires dépaysantes ne manquez pas cette très très bonne BD.
Le Grand Autre
Si Ludovic Debeurme m’avait bouleversé avec Lucille, “Le Grand Autre” m’a laissé carrément sans voix. Comme dans Lucille, on retrouve deux adolescents mal dans leur peau, en proie aux pires démons (anorexie, haine de soi, soif de reconnaissance sociale, incompréhension des parents, cruauté, difficultés de communiquer avec les autres) qui cherchent la salvation dans une relation amoureuse fusionnelle. Mais alors que Lucille restait dans le domaine réel, “Le Grand Autre” est narré dans l’univers personnel de Louis et c’est à travers son regard que l’on perçoit la réalité et qu’on touche peut-être à la véritable essence des gens dans toute leur laideur, mal-être et souffrance. Son handicap, ses phobies, ses angoisses, ses joies, ses rapports sociaux, tout est traité à travers le prisme de son monde intérieur. Un monde dans lequel Louis tente de se redéfinir par le rêve mais qui ne lui permet pourtant pas, malgré tout, d’échapper aux violences de la société, fussent-elle magnifiées par une transformation symbolique ou onirique. Le traitement symbolique du sujet permet à l’auteur de dévoiler dans cet album toute sa créativité et toute sa virtuosité. Les dessins de Debeurme sont des petits bijoux, certains d’entre eux dégageant une force inouïe. Le tout donne un album très personnel, très dérangeant (qui me fait un peu penser à Comme un gant de velours pris dans la fonte, de Daniel Clowes, mais en beaucoup plus fort car on sent que l’auteur nourrit une grande empathie vis-à-vis de son personnage), unique en son genre, inclassable, bref, assurément un chef d’oeuvre. Avec cet album qui confirme ses talents et repousse encore plus loin les limites de son génie, Ludovic Debeurme entre directement au panthéon des plus grands auteurs de BD.
L'Homme de Mars
Actuellement, lorsque vous arrivez sur le site du chanteur Kent, une magnifique planète rouge et un bel être bleu à quatre yeux vous accueillent sur un fond sonore avec une petite musique métallique sur laquelle la voix de Kent résonne de quelques paroles : Je m'ennuie sur la planète rouge Paraît que sur la planète bleue Y'a des animaux qui se bougent Ils sont divins, ils sont odieux Ces quelques mots appartenant au prologue de l'album musical de Kent sont bien plus qu'une entrée en matière sidérale. C'est aussi une porte ouverte sur un monde inconnu, le notre. Car en ces temps qui courent, il est bien venu qu'un oeil extérieur, martien pourquoi pas, viennent nous ouvrir le notre pour nous dire à quel point nous gâchons tout. Et notre martien ne s'y trompe pas ; là où il cherche de la joie, il ne trouve que névrose. L'histoire d'un monde acheminé vers sa décrépitude, pourtant avisé de par le passé, mais dont la mémoire courte ne se transmet qu'à de simples avatars. Et il rencontre Jackie qui court après sa vie ; l'autre veut rattraper son fils ; celui-ci a la nostalgie qui lui colle à la peau ; celui-là est marqué du cancer et elle, l'étudiante, consume sa jeunesse. Il reste peut-être encore George Bailey pour rêver. Mais ça ne suffit pas. La vie n'est pas si belle. L'homme de Mars regrette son étoile. A quoi bon, la Terre, il nous le dit lui-même : "Aucun ovni ne vient plus vous voir ici-bas". Solitude, manque d'amour, la Terre donne et reprend. Elle tente la survivance, brûlant ses accus et s'en est trop pour lui ; les lieux de fêtes, ne sont que des lieux d'oublis, alors il reprend la route, rentre chez lui par la voie express. Et de crier : J'ai voulu voir la vie en rouge J'ai vu des larmes et des peurs bleues L'humanité vit dans un bouge Qui s'appelait la planète bleue Cet album de Kent, n'est pas seulement un objet musical, c'est aussi une bande dessinée à laquelle le chanteur-dessinateur s'est attelé. Mettant en image l'ensemble de ses textes, il leur donne une plus grande dimension encore que leurs simples rimes déjà très touchantes. De plus, c'est au travers de ces planches incroyablement peaufinées que transparaît aussi son imaginaire emprunt d'influences de tout ordre. Il serait difficile de tout répertorier, d'autant que seul Kent pourrait infirmer ou valider mes propres divagations mais néanmoins, est-ce un hasard si notre martien ressemble autant à Klaus Nomi ? (voir la pochette de son 45T Simple Man). Escher est bien représenté avec ses labyrinthes d'escaliers ; Scheeler et ses perspectives urbaines ; l'hommage est rendu aussi aux pulps des années 50 avec deux belles planches couleurs : Comme George Bailey et Mon étudiante ; les références à la science-fiction et à la mythologie martienne, genre que Kent affectionne, ne sont pas délaissées quand il aborde l'homme de Mars avec tant de subtilité. Bruce McCall, illustrateur que Kent adore et L'Odyssée de l'espace, film auquel le dessinateur rend hommage par-ci par-là ; et encore l'humour avec un clin d'oeil à Buzz l'éclair. Bref, les planches sont parsemées de références ; souvent subliminales pour l'auditeur, elles sautent aux yeux du lecteur. Et soudain la fiction rejoint la réalité scientifique avec une superbe planche représentant l'atterrissage avec airbags et déploiement de la sonde Pathfinder. Beau travail de mélange des genres. C'est donc tout çà, l'Homme de Mars de Kent. Une oeuvre profonde, entière. La bande-dessinée est une complémentarité qui s'avère indispensable pour composer cette oeuvre. En Kent j'ai découvert deux personnes : le chanteur et le dessinateur. "Avec L'homme de Mars, Kent prend à contre-pied l'air du temps, s'envole hors des ornières codées, sur un boulevard aérien large comme un canal de la planète rouge." (Source de cet article, un peu retravaillé et mis à jour pour la présente critique : mon Blog "Culture martienne") http://erwelyn.over-blog.com/article-17898385.html Kent m'a fait l'honneur de répondre à une interview autour de la sortie de cet album. Si ça vous intéresse, c'est ici : http://www.erwelyn.com/kent.html
L'Autre Laideur l'Autre Folie
Marc Malès a frappé fort avec ce one shot tout à fait surprenant. Je retrouve un peu tout ce que j'avais déjà aimé dans Katharine Cornwell : un dessin en noir et blanc sublime couplé à un scénario digne de ce nom. :) C'est un auteur que décidément j'aime beaucoup qui produit ici l'une de ses meilleurs oeuvres empreint à la fois de sensibilité et de profondeur. En effet, l'auteur donne une véritable vie à ses personnages en les rendant tout simplement humains. C'est ce qui manque à beaucoup d'autres bd... Nous avons ici une fable contemporaine qui explore l'âme d'une vieille femme souffrante qui revient sur un lieu chargé de souvenirs et d'émotions. On retourne dans les années 30 avec ses émissions de radio plébiscitées par un public américain toujours plus nombreux. On va vivre la rencontre de deux êtres qui ont fui pour des raisons diverses la société en s'isolant. C'est une magnifique histoire d'amour comme rarement j'en avais lu et tout en finesse ! Même les silences des cases en disent long... On peut également admirer une maîtrise totale de l'atmosphère de l'Amérique des années 30, des décors somptueux et un jeu de dialogues bien au-dessus de la moyenne. Que dire également d'un final tout à fait époustouflant ! :: S'il y avait réellement une bd que je conseille vivement, c'est bien celle-là ! Pour 12.90 euros, vous lisez un véritable chef d'oeuvre auquel il ne manque que le succès qui serait amplement mérité entre nous soit dit. Note maximale accordée pour une oeuvre non commerciale ! C'est quand même rare de ma part... ;) Note Dessin : 4/5 - Note Scénario : 5/5 - Note Globale : 4.5/5
RG
Après la lecture du premier tome. Original, plaisant, captivant, j'en redemande. Le tome 2 est annoncé prochainement, je ne tarderai pas l'acheter. Cette série est un peu le "36 quai des Orfèvres" de la BD. On y retrouve un sens du détail encré dans le réel et non dans la fiction, à la limite du reportage ou documentaire. C'est fort et bien romancé (normal me direz vous avec Peeters). Quel plaisir de retomber sur terre, et d'avoir des protagonistes ne passant pas leur temps à se déhancher pour éviter les balles et ne ripostent qu'avec une seule... Ce n'est pas que je n'aime pas les fictions ou les thrillers, mais cette approche est nouvelle à ma connaissance et est subtilement construite. Une BD qui fera date, un peu comme Le Tueur avec son approche psychologique. A suivre de très, très près. Après la lecture du T2 : 12/05/08 Je monte la note à 5 car j'adore cette série et j'ai pris un immense plaisir à lire ce tome 2. Les personnages se confient et apparaissent on ne peut plus humains. RG deviendra rapidement LA référence. Peeters démontre encore et toujours qu'il possède un talent hors du commun, il y a meilleur au dessin mais rares sont les dessinateurs qui procurent autant de sensations et de vie.
Universal War One
"Universal War One", c’est de la science fiction avec une histoire complexe mais bien ficelée, un dessin superbe, et des couleurs sombres et froides. Les scènes spatiales sont très belles. Les vaisseaux ont un design intéressant tout en restant très réaliste. Les personnages ont chacun leur caractère bien trempé. Bajram, l’auteur, maîtrise son sujet. Il guide le lecteur tout en le laissant cogiter mais ne le laisse jamais à l’abandon, il sait quand lâcher les infos tout en gardant le suspense à son paroxysme. Pourtant ce n’était pas gagné d’avance avec tout ce jargon technique et scientifique et ses histoires de voyages dans le temps. De toute évidence ce n’est pas une BD à lire devant la TV mais dans le calme si on ne veut pas revenir en arrière toutes les deux secondes. Tout s’emboîte bien, tout est cohérent, tout est bien penser, rien n’est laisser au hasard, on voit très bien que Bajram savait exactement où il voulait aller depuis le départ. Une vraie bonne BD de divertissement intelligent. J’adore les couvertures de cette collection. Et je trouve le design et la mise en page des albums original et très atypique avec cette façon de découper chaque album en plusieurs chapitres avec pour introduction un passage biblique. Un autre point fort de cette série, c’est que tous les tomes sont du même niveau tant pour les scénarii que pour les dessins, donc pas de déceptions au fil de la lecture des albums. Le passage du tout à l’ordi à partir du tome 5 se fait à peine remarquer.