Les derniers avis (7597 avis)

Par Frolier
Note: 5/5
Couverture de la série Snoopy & les Peanuts
Snoopy & les Peanuts

Bon, alors soyons clairs: Peanuts, c'est LA référence. L'arbre source sur lequel toutes les branches des comic strips américains ont bourgeonné. C'est aussi un comic strip dont l'auteur a pondu un strip par jour pendant presque 50 ans! C'est dire la taille du corpus... Je collectionne l'intégrale (en VO) au rythme de ses parutions (4 années par an... on en est à 1982 au moment où j'écris ces lignes). C'est fascinant de lire tout ça dans l'ordre. Le trait change, évidemment, mais aussi les caractères des personnages. On sent que Schultz les a découverts -ainsi que son univers- en même temps qu'il les créait, au fil des années. Certains seconds rôles sont devenus les stars qu'on sait. Certains premiers rôles des débuts ont totalement disparu des radars. Certains, on les voit naître, apprendre à marcher, à parler (alors que les autres personnages ne vieillissent pas... mais on pourrait dire qu'ils "mûrissent"). Même Snoopy au départ n'était qu'un chien muet qui marchait à 4 pattes. Tout ce travail de construction, de déconstruction, de recherche artistique sur aussi longtemps, dans un cadre apparemment si restreint est absolument passionnant, et probablement unique dans le monde de la BD. Peanuts n'est pas "hilarant". Vous sourirez beaucoup mais vous aurez rarement -sinon jamais- les hoquets de rire que peuvent provoquer parfois certains strips de Calvin et Hobbes, par exemple. En revanche, Peanuts est "familier". Tous ces personnages sont des compagnons auxquels on s'attache et qu'on retrouve avec plaisir. Ce sont des amis. Je crois que je ne m'en lasserai jamais. Et s'il y a parfois une tonalité nostalgique ou douce-amère assez proche de Sempé, il y a aussi des scénarios au long cours ou des running gags absolument géniaux. Et de l'amour, et de la tristesse, et de la politique, et de la sociologie, et de la violence... Le tout en demi-teinte, sans avoir l'air d'y toucher, comme "en passant". C'est de l'art majuscule avec des moyens minuscules. C'est du génie à l'état brut. Si je devais emporter une œuvre sur une île déserte, peut-être bien que ce serait l'intégrale de Peanuts. (et pour ceux qui n'ont pas les moyens / la place / l'envie d'acquérir l'intégrale, je conseille les années 65 à 75, en gros... Ce sont peut-être celles qui sont les plus "riches" et les plus créatives. Ou peut-être pas. Enfin bref...)

24/11/2011 (modifier)
Par Frolier
Note: 5/5
Couverture de la série De Cape et de Crocs
De Cape et de Crocs

Je ne vais pas rajouter grand chose au chœur de dithyrambes qui s’époumonent sur cette série. Tout est bon, et même quand c'est moins bon, c'est bon quand même. Le scénario, les dialogues, les personnages, le dessin, les couleurs... Un seul avertissement au lecteur qui se lance dans la série: cette BD ne s'apprécie pas bien si on la lit comme un "p'tit Mickey". Il y a beaucoup de choses qui se passent en même temps, des arrières-plans riches, souvent plusieurs actions et/ou dialogues simultanés, des auto-références plusieurs pages voire albums plus tard... De Cape et de Crocs, il faut y entrer lentement, et en profondeur. Pas question de lire ça comme un album des schtroumpfs, au milieu d'autres personnes tout en suivant une conversation. Sinon, on passe à côté de tout.

24/11/2011 (modifier)
Par Jetjet
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Okko
Okko

Hub, le concepteur de cette série géniale a laissé entendre dans diverses interviews qu’il n’avait jamais été au Japon par phobie de prendre l’avion… C’est cette anecdote qui fait toute la saveur de ce monde mi-médiéval mi-fantastique car dès la première page le dépaysement est totalement réussi. La faute à des dessins clairs et chatoyants, un beau style simple permettant une immersion dans un univers riche complet et dont on accepte vite les règles. La faute également à des scénarios simples en surface et un peu plus complexes en substance. Okko est un véritable petit bijou appelé à devenir un classique au même titre que des séries comme Tintin ou la quète de l’oiseau du temps auquel il emprunte le souffle épique et enchanteur tout en demeurant unique. Au premier abord ces histoires de chasseurs de démons menées par un guerrier déchu de tout honneur et antipathique restent d’un abord classique. Okko pourtant ne se résume pas à cela tant son équipe formée d’un moine alcoolique, d’un géant invulnérable caché sous un masque démoniaque et d’un disciple candide s’attribuent tour à tour une importance conséquente dans les différents cycles. Les personnages sont difficiles à cerner par un manque voulu d’informations à leur égard ce qui permet d’en développer par petites touches leur passé trouble et différentes origines au gré des albums. Chaque cycle reprenant les éléments (eau, terre, ciel, feu et le néant) peut se lire presque de façon indépendante par dyptique. Et même là où on pourrait y cerner certaines facilités comme la ballade parmi les monastères du cycle de la terre avec répétition d’événements banals, j’y retrouve davantage une aisance à poser les ambiances pour mieux les tordre et surprendre son lectorat sans le gratter dans le sens du poil. Car Hub sait parfaitement où il va et même s’il est encore trop tôt pour poser un certain regard de recul sur les histoires déjà contées, nul doute que la conclusion en sera surprenante. La force de ces histoires est d’amener un cliffhanger improbable et haletant à la fin de chaque premier tome de cycle pour le conclure par une mélancolie et une certaine forme de poésie n’excluant pas des scènes d’action proprement ébouriffantes par leur montage et mise en scène. L’œuvre m’a curieusement renvoyé vers Apocalypse Now avec cette lente dérive vers l’inconnu dont on sait qu’on n’en sortira pas indemne. Hub mixe beaucoup d’éléments issus du jeu de rôle et du cinéma asiatique sans pour autant les copier et c’est très fort. J’ai retrouvé ce qui me plaisait tant dans la défunte série Lotus de Jade en bien plus travaillé… De même des références comme les films du Sabreur Manchot ou des Baby Cart me paraissent évidentes. On y parle même des premiers Méchas japonais avec ces armures de guerre fabuleuses et presque plausibles. Le fantastique est omniprésent mais agit par légères touches car tout n’est que mystères et chuchotement en ces temps troubles. L’essentiel n’est pas forcément la façon dont chaque enquête ou aventure sera résolue mais plutôt les impacts qu’elle laissera aux principaux protagonistes pour leur honneur et leur vécu. Il s’agit d’un monde bien sombre mais aux atours bien sensuels comme des décors et des costumes magnifiques ainsi que pas mal de touches humoristiques bienvenues avec les deux moines dont le plus jeune raconte son histoire à la façon du « Nom de la Rose ». Il y a suffisamment de choses agréables pour lire et relire Okko et je me surprends à en attendre vivement le huitième tome vu comme l’histoire prend un tournant encore inédit avec certains rebondissements et ne peux qu’en conseiller la lecture tout en pestant moi-même pour l’avoir découverte si tardivement. Epique et magnifique, Okko est bien la preuve que l’on peut manier l’aventure et le dépaysement tout en touchant à la sensibilité de chacun. Merci à Hub pour cette œuvre unique et intemporelle qui touche du doigt la magie des Histoires de Fantômes Chinois avec finesse et talent.

21/11/2011 (modifier)
Par Altaïr
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Real
Real

J'ai rarement eu autant le sentiment d'une note injuste qu'en lisant l'avis de ThePatrick sur ce manga. Certes le début du premier tome est un peu déroutant, mais la suite est extraordinairement forte et bouleversante. Cette série réussit l'exploit de parler de handicap avec un réalisme parfois quasi documentaire, sans pathos, ni bons sentiments dégoulinants, ni militantisme. Il y est avant tout question d'humains à la personnalité très travaillée, soumis à rudes épreuves, et qui s'en tirent (ou non) par la force de leur caractère. En fait je me retrouve en tous points dans la critique de Ro. Inoue nous prouve encore une fois qu'il n'est pas seulement un (très) grand dessinateur, mais surtout un grand auteur. Le sujet est anti-glamour au possible, et pourtant il le rend absolument passionnant, et émouvant. Un gros coup de coeur, pour une oeuvre qui en plus se bonnifie avec le temps.

21/11/2011 (modifier)
Par Erik
Note: 5/5
Couverture de la série Pin-up
Pin-up

J'ai franchement aimé la lecture de cette série un peu originale qui met en scène une jeune femme dans le contexte de la seconde guerre mondiale, de la guerre froide et de la guerre du Viêt-Nam en trois cycles bien distinct qui retrace en filligramme l'histoire des Etats-Unis dans son american way of life. Un superbe dessin au service d'un scénario passionnant tout en restant dans un style rétro ... Les dialogues des premières planches m'ont laissé craindre le pire mais ce ne fut qu'une mauvaise impression. Il y a des répliques mémorables teinté d'humour corrosif. Elle a un sacré caractère cette Dottie qui se mue progressivement en Poison Ivy aux courbes exquises et généreuses. Cette transformation se fera avec l'aide d'un dessinateur afin de remonter le moral des troupes qui combattent les japonais dans le Pacifique. On la retrouvera également aux prises des griffes du célèbre Howard Hugues avant de travailler pour Hugh Heffner, le patron de la revue Play-Boy. L'idée même d'une série sur les pin-up était en soi très intéressante. La série reste très soft compte tenu du sujet abordé. Il aurait peut-être fallu cependant changer d'héroïne pour chaque époque pour rendre plus de crédibilité au scénario. Près de 30 ans se sont écoulés entre le premier et le troisième cycle sans que l'héroïne ne prenne une ride accentuant l'idée qu'on se projette dans un fantasme intemporel. Au final, le plaisir de la lecture reste tout de même intact grâce à un grand savoir-faire des auteurs. J'ai attendu la parution d'une superbe intégrale des 9 volumes en Octobre 2010 avant d'acquérir cette série. Rarement une intégrale aura été aussi rentable. Je vous la conseille vivement ! Cette relecture m'a également fait prendre conscience que c'est vraiment de la très bonne bd. En effet, c'est devenu au fil du temps un classique intemporel multi-genres (histoire, humour, polar, espionnage...) avec l'une des plus intéressantes héroïnes qu'il m'ait été donné de voir et d'admirer. Une série de grande classe ! J'ai été un peu déçu de voir apparaître un 10ème tome qui chronologiquement ne respecte pas vraiment le cadre de l'histoire générale. J'ai d'ailleurs crû que l'intégrale marquait véritablement la fin de la série. Eh bien, je dois dire que je me suis bien fais avoir lorsque j'ai acheté ce dernier opus qui dépareille totalement ma collection. Outre cet aspect purement formel, je dois dire qu'on est très loin de l'esprit de la série. Dottie s'est transformée en détective privée et se fait engager sur le tournage du dernier Hitchcock. On n'y croit pas une seconde. C'est d'ailleurs le maître du suspense qui volera la vedette à notre ex pin-up préférée ! Le charme n'opère-t-il plus ? Note Dessin: 4.5/5 - Note Scénario: 4.5/5 - Note Globale: 4.5/5

01/11/2008 (MAJ le 20/11/2011) (modifier)
Par Erwelyn
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Dorian Gray
Dorian Gray

Coup de cœur !!! C'est sans conteste une des plus belles bandes dessinées qu'il m'ait été donné de lire. Chaque planche, chaque case, est une œuvre d'art. Le choix des couleurs est formidable. Parler de chef-d’œuvre pour une histoire qui parle d'Art c'est bien le mieux que l'on puisse faire. Rendre visuel l'incontournable récit d'Oscar Wilde était évidemment un pari auquel déjà d'autres se sont essayés, au moins par le cinéma. Mais cette version de Corominas dépasse toutes les attentes. Chaque dessin est un enchantement. On connait tous l'histoire de Dorian Gray qui vendit son âme pour obtenir la jeunesse éternelle. Et celle de ce tableau, son portrait qui absorbe toute la noirceur de son être, pour vieillir et s'enlaidir à la place du jeune homme. Oscar Wilde a transposé dans son œuvre une vraie réflexion sur la Beauté, sur l'Art et sur la Critique. Sur la liberté, aussi, la culpabilité et la perdition. Il est normal que le roman original ait traversé les décennies. Intemporel comme l'aurait été le beau visage de Dorian Gray, s'il avait vécu. Corominas nous offre un très beau cadeau artistique, jusque dans la représentation de l'époque victorienne. Et les éditions Daniel Maghen en ont tiré le meilleur avec un ouvrage de très bonne qualité agrémenté d'un supplément de planches et de doubles pages somptueuses.

18/11/2011 (modifier)
Par Erik
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Siegfried
Siegfried

Librement adapté de la légende des Nibelungen qui a inspiré à Wagner l'un de ses plus beaux opéras, Siegfried renoue avec les mythes fondateurs des plus belles légendes qu’on a un peu oublié ces temps-ci avec la réussite incontestable du Seigneur des Anneaux. Ce premier tome d'une extraordinaire trilogie signé Alex Alice, nous raconte la jeunesse de Siegfried, fils des hommes et des dieux, élevé parmi les loups par Mime, le Nibelung. Cette quête initiatique va nous entraîner au cœur de la légende des Walkyries. Il faut savoir que Siegfried vît dans l’ignorance des Dieux et ne se doute absolument pas de la destinée grandiose qui l’attend. Il est vrai que ce premier volet est le moins épique mais il n’en demeure pas moins très intéressant. Je suis complètement époustouflé par cette œuvre ! Des décors somptueux, des cadrages intelligents, des contrastes de couleurs magistraux ! Et surtout une virtuosité du récit narratif ! L'auteur sait nous combler avec un incroyable esthétisme propre à lui. C'est mieux qu'un atout majeur: on frise le chef d'œuvre ! Je crois qu'on tient là l'une des meilleurs bd d'héroic fantasy jamais réalisé. J'ai vraiment hâte de découvrir la suite ! Cette adaptation sera complétée par la Walkyrie et le Crépuscule des Dieux afin de former une véritable trilogie à l’aura mythique. Et cette suite est réellement à la hauteur de nos espérances. Je ne m'étais pas trompé! C'est une fresque aux accents d'opéra et de poésie. La composition est réellement magistrale de la part de l'auteur qui a une extraordinaire maîtrise. Quand on referme la dernière page, on a une sensation bien particulière: celle d'avoir lu quelquechose de grandiose. Note Dessin: 4.75/5 - Note Scénario: 4.25/5 - Note Globale: 4.5/5

28/10/2007 (MAJ le 18/11/2011) (modifier)
Par zébu
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Universal War One
Universal War One

Une oeuvre majeure du genre. Avec dessins de très bonne facture, assez réalistes et de belles couleurs. Mais toute la force de cette série réside dans son scénario haletant, prenant, très bien ficelé, à la fois complexe et limpide qui traite pèle mêle, de voyage dans le temps, de la folie des hommes et de leurs côtés les plus sombres, de la destinée, de fatalité, d'amour, d'ultra libéralisme, de libre arbitre.... Bref, une série incontournable, impressionnante de maîtrise, que tout bdphile qui se respecte doit posséder absolument.

17/11/2011 (modifier)
Par Tiri
Note: 5/5
Couverture de la série Preacher
Preacher

Etant fan du travail de Garth Ennis, j'ai trouvé dans Preacher, une des meilleures séries qu'il ait pu réaliser, et une de mes séries favorites. C'est politiquement incorrect du début à la fin. L'histoire, à la base, est déja bien spéciale, un pasteur Texan qui part à la recherche de Dieu, qui s'est fait la malle! Ca amène tout de suite de belles promesses dans les mains de Ennis ! Preacher ressemble à un western moderne. Tous les personnages sont fouillés et excellents. Chacun suit ses propres objectifs et cela amène à de nombreuses situations assez exceptionnelles lorsqu'ils se rencontrent. L'humour est toujours présent et souvent irrévérencieux. Au niveau du dessin, les dessins de Dillon sont comme à son habitude, agréables et pas surchargés, chose dont j'ai toujours un peu peur avec les Comics. Au final, une trés bonne série pour ceux qui aiment l'humour piquant et les épopée épiques.

16/11/2011 (modifier)
Par Blue boy
Note: 5/5
Couverture de la série L'Encyclopédie des Bébés
L'Encyclopédie des Bébés

Une œuvre extrêmement ambitieuse de la part du génial Goossens, consacrée à cette créature fort étrange qui prolifère sans vergogne autour de nous : le bébé. L’auteur s’est fixé comme objectif, qu’il remplit d’ailleurs admirablement : que le lecteur, après avoir lu ces trois tomes fabuleusement documentés… n’en sache pas plus qu’avant la première page !... Et ceci grâce aux « brochettes de spécialistes » consultés pour leurs avis éclairés, aux billets de l’ineffable Jacques Boudinot, ainsi qu’aux témoignages de nombreux bébés, et comme Goossens ne pratique pas la discrimination, la parole est donnée aussi bien aux nourrissons à peine sortis du ventre de leur mère qu’aux bébés grabataires d’un certain âge. L’humour de Goossens est tout à fait unique, pince-sans-rire, lunaire, tellement décalé que certains n’y verront rien de drôle… Il est vrai qu’il faut rentrer dans son univers ou alors on risque de passer complètement à côté. Les situations sont bien souvent sans queue ni tête avec des digressions saugrenues et ceux qui s’attendent à des gags bien ficelés seront déçus. L’absurde y est poussé à l’extrême et si le trait paraît sérieux au premier abord, les tronches sont bien souvent impayables en y regardant de plus près. Dans cette intégrale, le comique monte en crescendo au fil des pages, et l’auteur joue autant sur le comique de répétition que sur l'inattendu, utilisant les clichés pour mieux les détourner. Je ne serais pas surpris qu’un jour les BD de Daniel Goossens soient étudiées dans les universités ou que soit publiée une encyclopédie sur son œuvre, tant les références y abondent. On pourra lire et relire les élucubrations de ce fou génial en y trouvant à chaque fois un détail hilarant… Je ne sais pas ce qui se passe dans le cerveau malade de Goossens, qui, il est bon de le rappeler, est également chercheur en intelligence artificielle et enseignant à Paris VIII, mais on ne doit pas s’y ennuyer… en tous cas, j’aurais adoré être un de ses élèves !

15/11/2011 (modifier)