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Couverture de la série Alpha... directions / Beta... civilisations/Gamma... visions
Alpha... directions / Beta... civilisations/Gamma... visions

Alpha...directions Magnifique ouvrage, terminé magistralement par une fabuleuse postface qui m'a un peu plus rapproché de l'auteur. Car moi aussi, je m'interroge (de plus en plus, j'ai l'impression...) sur le rationnel et l'origine non seulement de la vie, mais de l'existence en général. La recherche de la "pensée de Dieu", au sens du dernier livre des frères Bogdanov (expression venant à l'origine d'une réplique d'Albert Einstein), est à la fois passionnante et effrayante pour l'esprit (car seuls les imbéciles sont heureux et que la connaissance peut être source de souffrance). Bref, Jens Harder soulève la ou les questions que tout être humain devrait se poser, sauf s'il l'occulte volontairement pour mettre son esprit à l'abri de tout ce que cette quête pourrait avoir de dérangeant. Lorsque l'on voit l'histoire du monde défiler devant soi, les tribulations et "problèmes" humains semblent bien ridicules... Que sommes nous face à la toute puissance de mère nature, qui peut détruire en un clin d'oeil d'éternité tout ce qu'elle a mis des millions d'années à engendrer? C'est vraiment très intéressant, j'ai appris plein de choses sur la formations de l'univers, la biologie, la géologie, un vrai régal! Il est remarquable de constater que l'auteur nous enseigne beaucoup avec des images, et très peu de texte. Ainsi, les cases peuvent ne transmettre qu'une idée. C'est simple, mais très efficace. Par exemple, après le big bang, l'auteur a glissé une case représentant un volume, puis un chronomètre pour expliquer la naissance de l'espace et du temps. Graphiquement, les planches sont splendides, très travaillées, dans un style bi ou trichrome. Cette narration de l'histoire de l'univers, puis de la terre, est agrémentée de nombreuses illustrations nous montrant comment les temps les plus reculés marquent encore notre époque actuelle, et comment les différentes religions se sont souvent rapproché étrangement de la représentation de la création de la terre telle que nous la concevons actuellement. Mon seul regret est qu'effectivement, comme quelqu'un l'a déjà fait remarquer, j'aurais souhaité que toutes les références issues de notre ère soient expliquées ou tout au moins légendés dans l'annexe. J'ai déjà défini un ouvrage "culte" comme pouvant être relu sans peine maintes et maintes fois, ou comme laissant un sentiment très particulier. "Alpha...directions" est clairement de ce genre là. Il va maintenant me falloir prendre mon mal en patience en attendant "Bêta...directions"... (162)

19/09/2012 (modifier)
Par Chéreau
Note: 5/5
Couverture de la série L'Idée fixe du savant Cosinus
L'Idée fixe du savant Cosinus

Allez, une fois n'est pas coutume. Je rajoute un "culte". Cette excellente histoire de la préhistoire de la BD mérite bien les cinq étoiles. Précurseur d'Hippolyte Calys, Tournesol, Champignac ou Géo Trouvetou, le savant Cosinus décide un jour de partir faire le tour du monde pour imiter son cousin Fenouillard. Le pauvre homme, aussi étourdi que malchanceux, ne parviendra jamais à sortir de Paris... Plusieurs scènes mémorables me reviennent en mémoire : celle, au début du livre, où il doit accompagner des amies au spectacle mais décide de finir un calcul au tableau noir. Il s'agace à chaque fois qu'elles lui rappellent qu'il faut partir et finit par leur dire d'y aller sans lui. "Vous n'aurez pas atteint le Pont-Neuf que je vous aurai rattrapées !". Ce qu'elles font. A leur retour du spectacle, trois heures plus tard, elles retrouvent un Cosinus débraillé, ayant posé veste et cravate, les cheveux pleins de craie, qui leur hurle "Puisque je vous dis d'y aller sans moi ! Vous n'aurez pas atteint le Pont-Neuf..." Autre scène fameuse : le véhicule révolutionnaire qu'invente Cosinus, qui rassemble toutes les formes de propulsion alors connues : l'anémélectropédalicouventombrosoparacloucycle. Oui, je l'ai appris par coeur et je m'en souviens encore... Dernier gag qui me revient : celui, récurrent, du paisible Dr Hilaire (Max), dentiste de son état, qui sera la victime involontaire de la plupart des trouvailles de Cosinus et finira fou. Sans doute la meilleure des quatre séries de Christophe, devant, dans l'ordre, le Sapeur Camember, La Famille Fenouillard et Les Malices de Plick et Plock.

16/09/2012 (modifier)
Par Blue boy
Note: 5/5
Couverture de la série Les Ignorants
Les Ignorants

Comme dans Rural !, Etienne Davodeau se met en scène, et ce n'est évidemment pas par égocentrisme. En effet, s’il maîtrise le sujet du neuvième art, il n’hésite pas à se montrer « ignorant » en matière d’œnologie. Davodeau est avant tout le bédéaste de l’humain, attaché à montrer les « vrais gens ». Il mise sur l’authenticité et son trait est en accord avec lui-même. Il ne cherche pas à faire joli à tout prix, l’esbroufe n’est pas le genre de la maison, et certains lecteurs exigeants n’apprécieront peut-être pas son style. Mais Davodeau va à l’essentiel et s’il glisse par ci par là des paysages de vignes, ceux-ci dégagent davantage la propre sensibilité de l’auteur qu’une beauté formelle. Et lorsque ce dernier recourt au lavis noir et blanc, il le fait avec subtilité, et à cet égard, je trouve les ciels d’orage ou les reflets sur les trottoirs après la pluie très réussis. Ce récit original est construit comme une quête initiatique, où chacun de deux protagonistes est en alternance le maître et l’élève. Cela confère une vraie dynamique à l’histoire qui sinon aurait pu paraître plus monotone. Et même si on ne s’intéresse au départ ni à la BD, ni au vin, on ne peut qu’y prendre du plaisir, car ce que célèbre Davodeau ici, c’est d’abord la richesse intrinsèque aux relations humaines, les rencontres (et il y en a !), en d’autres termes l’amitié tout court, simple, généreuse et sans calcul, celle qui se forge en trinquant, antithèse de l’amitié « facebook » de nos ultra modernes solitudes. Pour résumer l’affaire, on a tous (et souvent) quelque chose à apprendre de l’autre, si « ignorant » soit-il ! Il s’agit donc également d’une invitation à la curiosité et à la modestie – ce qui hélas n’empêchera peut-être pas certains messieurs « Je-Sais-Tout » de s’en servir pour briller en société… Une vraie leçon de vie, en somme. On peut voir aussi ce livre comme un plaidoyer en faveur d’une viticulture traditionnelle, et à ce titre Richard Leroy est admirable dans sa détermination à renoncer au traitement chimique de ses vignes, à considérer la terre comme un être vivant, à la respecter, car pour Richard et ses amis vignerons qui se lancent dans l’aventure, c’est bien la terre qui fait le vin. Même l'utilisation du tracteur est néfaste d’après ces puristes, qui font cela par passion, tiennent à leur liberté et préfèrent produire de la qualité quitte à produire un peu moins... discréditant ainsi les choix productivistes d’une partie de leurs confrères sans pour autant souscrire au modèle bio. Et pourtant, ils n'ont pas pour autant de certitudes et on se rend compte que la viticulture n'est pas une science exacte... Tels des artistes, ils cherchent, explorent, expérimentent, se plantent parfois mais savent au moins ce qu'ils ne veulent pas. Pour son initiation au neuvième art, Etienne emmène Richard sur les routes entre deux tailles de vigne. Ainsi on visite une imprimerie, on traîne ses guêtres dans des festivals, on cause bédé et on rend visite à des confrères (Jean-Pierre Gibrat, Marc-Antoine Mathieu, Emmanuel Guibert) ou à son éditeur (Futuropolis), et ce, en n’oubliant jamais de trinquer évidemment ! Mon verdict : le millésime Davodeau 2011 est exceptionnel, il est « droit », a « une belle chair », avec un petit goût capiteux qui demeure longtemps en bouche, à tel point qu’il donne vraiment très envie de le partager…

13/09/2012 (modifier)
Par Pierig
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Singe de Hartlepool
Le Singe de Hartlepool

Franchement, je ne vois rien à reprocher à ce one shot qui allie graphisme personnel de grande qualité et scénario sans fausse note. Cet album est l’occasion de découvrir une histoire de fou qu’on a peine à croire qu’elle eu réellement existé. Mais comme on dit, il n’y a pas de fumée sans feu et la bêtise humaine est sans bornes. Alors pourquoi pas ? Finalement peu importe la part de fiction que comporte ce récit. Il met en lumières l’ignorance humaine et ses conséquences brutales qu’elle peut occasionner. Tout le monde en prend pour son grade, français comme anglais. Wilfrid Lupano a l’intelligence de ne pas asséner de morale, elle s’impose d’elle même. De plus, une révélation en toute fin d’album apporte une toute autre dimension à ce récit qui aurait pu se cantonner à un fait divers local. Félicitations aussi à Jérémie Moreau . . . Je ne m’étendrai pas sur la qualité de ses planches, un petit tour dans la galerie est plus parlant. Un auteur à suivre de près ! Culte pour moi car sans défauts.

13/09/2012 (modifier)
Couverture de la série The Twelve
The Twelve

TOME 1 (avis du 18.11.2009) Ressortir d'anciens Super-héros du placard, ça change, ça fait du bien. Attention, je ne parle pas du concept, je parle de voir des "nouvelles" têtes, ça nous sort des classiques. Ca s'appelle faire du neuf avec du vieux diront certains, soit. Je prends ça pour du neuf. Dans l'histoire, les Super-héros sont donc endormis avant la fin de la seconde guerre mondiale, et sont réveillés en 2008... The Twelve est intéressant par le fait que les douze personnages réunis par hasard, n'ont pas toujours des personnalités compatibles. Chacun va faire face à la situation selon son caractère : il y a ceux qui s'adaptent, qui profitent de la situation et d'autres qui regrettent le passé et leur famille perdue. Dans les six chapitres qui composent ce Tome 1, on fait le tour de six personnages (un peu comme dans Watchmen), mais ceux qui nous intriguent le plus feront bien évidemment partie du Tome 2... Autre point commun avec Watchmen, un article de presse est inséré dans la BD, l'effet est toujours appréciable. Je ne sais pas comment définir les dessins qui sont hallucinants : chaque vignette est riche en détail, je m'attarde sur chacune d'elles et je prends plaisir à observer, scruter. Le travail des couleurs est aussi réussi : il y a plusieurs types de flash-back (plus ou moins récents) qui sont mis en évidence par des teintes bien distinctes. Et puis il y a cette blonde... je suis sous le charme ! :-) En résumé, j'attends avec impatience la suite, avec pourquoi pas une 5ème étoile à la clé ? TOME 2 (avis du 10.09.2012) Enfin... le tome 2 de cette mini-série est sorti. J'ai bien crû ne jamais en voir la fin, il aura fallu trois ans et demi d'attente ! Bref, aucune déception à la lecture de ce second tome qui nous apporte bien tous les chainons manquant de l'histoire initiale. L'ensemble des dessins est toujours aussi riche, c'est pour moi le point fort de cette série. On découvrira en bonus un épisode "The Twelve : Spearhead" qui replace les protagonistes au moment de la Seconde Guerre Mondiale, période qui précède l'histoire de la série. On pourra y voir Captain America qui n'est pas représenté sous son meilleur jour (à mon goût). Cet épisode n'est pas indispensable mais ça permet de rallonger la sauce, on a bien mérité d'en profiter un peu plus longtemps. Un véritable coup de coeur et une cinquième étoile sans hésiter. J'irai même jusqu'à proposer un format de luxe car cette série le mériterait amplement.

18/11/2009 (MAJ le 10/09/2012) (modifier)
Par yatz
Note: 5/5
Couverture de la série Scott Pilgrim
Scott Pilgrim

J'ai commencé (malheureusement) par le film, qui est absolument génial soit dit en passant, film qui m'a évidement donné envie de lire le comics, chose que j'ai faite dès que j'ai pu et je n'en suis pas déçu. Cette histoire ne commence pas forcément de manière exceptionnelle, Scott un ado (jeune adulte) un peu geek avec tous ses problème d'ado, une copine, un groupe de musique, en gros pas grand chose de très intéressant. Et puis arrive cette fille Ramona Flowers et là tout bascule dans un concentré de déjanté, un foutoir mêlant univers de jeux vidéo, comics, fantastique et humour. Je ne suis pas forcément fan du dessin mais on s'y fait en se prenant à l'histoire. Réellement un très bon comics, et le film est lui aussi très bon (comme beaucoup de film d'Edgar Wright : Shaun of the dead et Hot fuzz). Yatz

10/09/2012 (modifier)
Par Gaendoul
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série All*Star Batman
All*Star Batman

Et voilà...encore un scénar aux petits oignons signé Miller. Pour ceux qui n'en étaient pas encore certains après The Dark Knight Returns et Year One, ce gars là est vraiment un des meilleurs scénaristes de Batman. On a ici affaire à un Batman relativement jeune qui va enroler dans son combat contre le crime le jeune Dick Grayson, acrobate de cirque dont les parents sont brutalement assassinés sous ses yeux. Plus que se contenter de raconter l'histoire du "Boy Wonder", ce comic donne une terrible approche de la psychologie du Batman. On a parfois l'impression qu'il s'agit d'un fou costumé et après avoir lu les 9 premiers volumes, on sent que c'est peut etre l'arrivée de Robin (alias Dick Grayson) qui sauve le chevalier noir de la folie. On rencontre également dans le comic d'autres figures de proue de chez DC: une justice league naissante avec Green Lantern, Superman et Wonder Woman (ainsi que le bien moins connu Plastic Man), le Joker joue son role, une partie du comic intègre Black Canary (sans doute la partie la moins intéressante de l'ensemble) bref, du beau monde! Les dessins sont superbes, certaines compositions sont géniales et on sent le génie de Miller dans la mise en scène et le talent de Lee au dessin. Une très bonne combinaison de talents. Le scénario est prenant, on est tenu en haleine par les péripéties des deux compères et, ayant dévoré les 9 épisodes de ce volume 1, on souhaite à tout prix connaitre la suite et fin de cette saga. Définitivement un incontournable du "Goddamn Batman" (clin d'oeil à un dialogue particulier).

09/09/2012 (modifier)
Couverture de la série Paul à Québec
Paul à Québec

Quand je lis Paul, le dessin disparaît, je ne vois que son expression, la justesse des émotions exprimées, les personnages finement saisis, des petites inventions de rien pour rendre avec humour les petites choses de tous les jours. La série souligne dans notre quotidien tout ce que nous voyons ou vivons mal, parce qu'on ne peut pas s'y attarder ou parce qu'on n'y fait pas attention sur le coup ; l'auteur lui les fige dans ses cases, ces moments précieux. Je ne lis pas Paul, je le vis. Paul à Québec est le mieux structuré des albums que j'ai lu, tournant autour de la mort, avançant tranquillement vers un final où on touche Dieu du bout des yeux. Un chef d'oeuvre.

03/09/2012 (modifier)
Par Kiki
Note: 5/5
Couverture de la série Revanche
Revanche

Subversif et jouissif ! Parachutes dorés, licenciements abusifs, harcèlement, racisme, délocalisations sauvages, logements insalubres, tous les sujets sensibles de notre société sont abordés dans cet album sur le ton de la comédie grinçante et jubilatoire. Avec en plus une réinvention du super-héros dans un contexte contemporain. Une BD à ne pas manquer.

31/08/2012 (modifier)
Couverture de la série Les Mondes de Thorgal - Kriss de Valnor
Les Mondes de Thorgal - Kriss de Valnor

Et bien j'ai été fasciné par le premier volet "Je n'oublie rien". Depuis toujours je voulais connaître le passé de Kriss et surtout le comment de pourquoi du casque de Sigwald. A mon plus grand étonnement, je me suis senti imprégné par l'histoire qui est tout à fait bouleversante. La fin est un pure canon, comment ne pas apprécier ce livre. L'univers de Thorgal ne fait que commencer...

29/08/2012 (modifier)