Les derniers avis (7597 avis)

Par Jérem
Note: 5/5
Couverture de la série Les Aventures de Tintin
Les Aventures de Tintin

Il y a beaucoup d’avis élogieux et bien écrits sur le site, donc je vais faire court. Monument de la BD franco-belge, Tintin continue de passionner des millions de lecteurs du monde entier… dont moi. Les aventures de Tintin ont été parmi mes premières BD et je continue à les lire encore aujourd’hui avec un plaisir intact. Tout m’enchante dans l’univers du jeune reporter : les personnages, les dessins, les intrigues. Chaque épisode est une invitation à l’aventure et à l’évasion. Certes, les tous premiers tomes sont loin d’être géniaux mais l’ensemble de cette saga mérite amplement la mention culte !

27/12/2012 (modifier)
Par calmels
Note: 5/5
Couverture de la série Le Miroir des Alices
Le Miroir des Alices

Graphisme à pleurer de joie, enfin un livre (même si les personnages sont manga) tellement fouillé, travaillé sur le graphisme, les couleurs, les transparences, et même le scenario, tout est vraiment tip top. Rien à redire de quoi que ce soit. Chui frais

26/12/2012 (modifier)
Par Erik
Note: 5/5
Couverture de la série 20 ans ferme
20 ans ferme

20 ans ferme est l'un des meilleurs récits que j'ai pu lire pour expliquer le problème de l'incarcération. Il est clair que la société civile se désintéresse totalement de la question car elle a d'autres préoccupations. A travers l'histoire d'un détenu, on arrive à percevoir toute l'injustice d'un tel système qui brise totalement la personne. En effet, les prisonniers sont traités pire que des animaux et les exemples ne manqueront pas dans ce documentaire. Ils ne méritent pas un tel traitement malgré tout ce qu'ils ont pu faire. Et puis, on mélangera volontiers les tueurs et les voleurs car ce qui n'est absolument pas accepté c'est le révolté contre un système totalement injuste. En l'espèce, nous avons un voleur qui a arraché des biens à des personnes qui en ont accumulé plus que de raison et qui ne cesse de s'enrichir car ils ont été élevé dans le culte de la possession. Plus ils en ont, plus il leur en faut. Un peu comme ceux qui partent en Belgique ou ailleurs pour ne pas payer l'impôt représentant la solidarité nationale. Bref, je n'ai absolument aucune compassion pour eux et j'en arrive même à comprendre les motivations d'un cambrioleur qui prend sans demander de permission. Attention, comprendre ne veut pas dire accepter. La misère sous toutes ses formes est à l'origine de tous les maux. Il est vrai que de manière générale, la société repliée sur elle-même, est peu disposée à accorder plus de droits aux prisonniers en leur permettant simplement d'avoir une incarcération décente. J'en ai entendu qui pense qu'on transforme les prisons en Club Méditerranée ce qui est très loin d'être le cas. On rejette en bloc tous ceux qui sont en prison. Il n'y a aucune tolérance et même lorsqu'ils ont payé leurs dettes à la société. Plus de douche, plus de parloir, plus de considération: c'est la revendication des prisonniers. N'est 'elle pas légitime ? Chaque être humain a droit à la dignité et à la propreté. C'est tellement évident. Face à ces revendications, la réponse est toujours la même: le refus aveugle. L'administration répond par la violence, la hargne, l'humiliation. Pour moi, cette déshumanisation est inacceptable. Il faut revoir le système de fond en comble. Espérons que cette bd apportera la conscience nécessaire. Mais au vu de ce que je vois, ce n'est pas gagné !

23/12/2012 (modifier)
Couverture de la série Astérix
Astérix

Pour mon centième avis posté sur le site, j’ai eu envie de marquer le coup, symboliquement, en choisissant une série déjà multi-avisée, archi-connue, mais qui a gardé pour moi toute la fraîcheur de la nouveauté. C’est aussi un hommage à René Goscinny. Qui a beaucoup fait pour sortir la bande dessinée du créneau d’édification bien pensante de la jeunesse où elle était souvent confinée. Qui a beaucoup fait pour faire connaître des auteurs très différents (et aussi très différents de ce qu’il faisait ou aimait) au travers du magazine Pilote. Qui a porté très haut la créativité de scénarii dans des séries très populaires – et à juste titre. Et qui a enrichi l’imaginaire de tout un chacun de personnages, d’expressions, qui le rendent inoubliable alors même que son nom s’estompe pour les générations actuelles. Mais comme il ne s’agit pas ici de dresser des statues, mais d’aviser une série d’albums, entrons dans le vif d’un sujet toujours bien vivant : Astérix. La mère de toutes les lectures de bandes dessinées pour moi. Dont j’ai emprunté les premiers à ma bibliothèque municipale, le mercredi après midi, puis que j’ai lu, relu, rerelu après que mes parents me les aient tous achetés. Je suis donc tombé dedans quand j’étais petit et, comme Obélix, j’en redemande ! Le dessin d’Uderzo, qui a évolué comme d’autres grandes séries vers une forme plus "ronde" , plus aboutie et dynamique, est je trouve un très bon complément au texte. Une réelle symbiose entre les deux s’était établie. En fait, ce qui fait le succès d’Astérix, c’est avant tout les scénarii de Goscinny – ce que sa disparition en 1977 a cruellement démontré, eu égard à l’affadissement total de la série qui semble parfois être « tombée sur la tête », pour paraphraser une des dernières catastrophes parues sous ce nom. En effet, comme pour d’autres séries (Lucky Luke ou Iznogoud par exemple), Goscinny a emporté l’âme d’Astérix dans sa tombe…dans laquelle il doit se retourner régulièrement en voyant ce que « ça » donne… Ces scénarii justement, bourrés d’allusions aux « people » (même si ce terme est anachronique), aux actualités, aux modes de l’époque, comment se fait-il que cinquante ans plus tard ils se révèlent encore « adaptés » à un lectorat qui s’est singulièrement renouvelé ? Et comment expliquer que le succès de ce héros franchouillard ait été presque équivalent en Allemagne ? C’est que Goscinny, au-delà de quelques écarts, avait sans doute atteint à l’intemporel, à l’universel dans l’humour (comme on peut le dire et le vérifier, toutes proportions gardées, de Chaplin). Au passage, plus que d’aventure, c’est plutôt dans la catégorie humour que je rangerais cette série dans les « immanquables » du site… En matière d’humour, Goscinny joue sur les anachronismes (qui sont autant de clins d’œil adressés au lecteur), sur la pseudo érudition expliquant l’étymologie de noms de lieux ou de personnes, sur les clichés ancrés dans l’imaginaire collectif… En fait, si Astérix a réussi à toucher toutes les générations, de 7 à 77 ans pour utiliser le slogan d’un grand concurrent, c’est aussi qu’il propose plusieurs degrés de lecture. C’est une mine dont on n’extrait les trésors qu’au fur et à mesure que nous avons à disposition les outils pour le faire. Mes relectures s’espacent – j’espère toujours, sans succès, arriver à en oublier les histoires, pour pouvoir bénéficier à nouveau de la surprise d’un gag, d’une réplique, d’une situation. Mais si la surprise n’est plus là, le plaisir est lui toujours intact, et le rire aussi. C’est aussi pour moi la première lecture (et relecture !) que j’ai partagée avec mon fils, ce qui nous vaut régulièrement des fous rires alimentés par ce plaisir commun. Sur le grand nombre d’albums, tous n’atteignent pas la note maximum que j’attribue à la série (je souhaite ne noter ici que la période Goscinny donc !). Mais franchement, on en est rarement loin. Par contre, beaucoup de chefs d’œuvre du genre. La liste de mes albums préférés est bien longue, je n’en citerai que quelques uns, dans le désordre : « Astérix et Cléopâtre » (qui a permis à Alain Chabat de montrer qu’on pouvait - à condition d’avoir du talent, servir et renouveler l’œuvre sans la trahir) ; « Astérix aux jeux olympiques » ( qui a permis de montrer qu’on pouvait – à condition de ne pas avoir d’idée et/ou de talent, rendre insipide au cinéma un album très drôle et le trahir), « Le cadeau de César » ; « Le domaine des dieux » ; « Astérix et le chaudron » , « Le bouclier arverne », « Astérix en Corse », « Les lauriers de César », « La zizanie », « Le devin », etc … enfin bref, de quoi graver quelques titres sur le menhir d’Obélix ! Les personnages entourant le héros, même secondaires, sont excellents : les habitants du village, très typés et sources de gags récurrents (le village et ses « habitudes » étant lui-même une sorte de personnage), César (qui sur-joue)… Et dans chaque album, quelques créations savoureuses (les centurions d’ « Astérix légionnaire » ; Pépé ; Tullius Detritus…). Quant au héros, Astérix, il n’a pas cette image de perfection, de sérieux qui colle à Tintin. Même si Obélix est là pour insuffler une part de folie, de surprise, Astérix garde assez de malice pour ne pas être un personnage trop fat. A noter que, comme souvent, le cinéma n’a pas forcément rendu service à cette série. Les dessins animés « figent » les personnages et ne sont le plus souvent qu’une version « faibles » des albums (même si plusieurs ne s’en sortent pas si mal) – et « Les douze travaux d’Astérix » me laissent la même impression, quand bien même Goscinny et Uderzo l’ont eux-mêmes dirigé. Les films, celui de Chabat mis à part (je n’ai pas vu le dernier, « Au service de sa majesté »), sont navrants et on ne peut qu’espérer que les jeunes qui les voient passeront outre et liront quand même les albums si ce n’est pas fait avant. Ces films renforcent le marchandising, déjà important du temps de Goscinny, mais qui atteint quand même aujourd’hui des sommets. En cela le personnage d’Astérix (parc d’attractions y compris) est un réel concurrent du grand cousin Mickey. Bref, je ferme cette longue parenthèse, et rajoute mes quelques lignes de louanges aux nombreux avis précédents. Malgré ses défauts (que j’ai probablement en partie occultés, même s’il est vrai qu’ils sont essentiellement concentrés dans les derniers tomes), cette série peut sans conteste être qualifiée de culte, et mérite évidemment de multiples lectures ! Bien reçue et notée 5/5 !

18/12/2012 (modifier)
Par Erik
Note: 5/5
Couverture de la série Meteors
Meteors

Peut-on imaginer un monde où les hommes confieraient totalement leur destinée à des intelligences artificielles ? Et si c’était pour les sauver d’un cataclysme écologique majeur ? Bref, cette idée anticipatrice est loin d’être idiote dans un horizon d’une centaine d’années où les dangers climatiques et de pollution menacent notre planète. De nos jours, on se repose bien sur des machines pour réaliser des actes de vie courante de plus en plus élaborées. L’évolution conduira à ce constat. Tout n’est plus qu’une question de temps. Cependant, quel peut être le problème en pareil cas ? Les individus ne savent actuellement plus faire un calcul mathématique car ils se sont trop reposés sur la calculatrice qui donne le résultat automatiquement. L’homme va petit à petit perdre l’habitude de réaliser un effort. Il va perdre à plus ou moins long terme la maîtrise sur les actes de la vie courante, puis sur l’évolution politique de la planète. Il est d’ailleurs marquant de souligner que l’émergence de cette entité I.A. se fera avec le vote démocratique des populations. Cela rappelle également de tristes heures dans l’histoire de l’humanité. La réflexion sera de mise. Le monde imaginé par Duval semble être un prolongement direct de l’idée que Stanley Kubrick avait imaginée dans l’Odyssée de l’espace dont nous aurons d’ailleurs droit à un fameux clin d’œil en guise de conclusion. J’ai bien aimé l’univers composé sur le clivage espèce humaine et digitale. L’arrivée d’une troisième entité n’est pas la bienvenue et cela sera d’ailleurs le point d’orgue à une guerre sans merci où les pires craintes se réaliseront malgré la présence volontaire de garde-fou. J’ai beaucoup apprécié le dynamisme du dessin avec ses décors impressionnants ainsi que la mise en couleur qui donne du relief. Quant au scénario, malgré quelques invraisemblances et des personnages sous exploités, c’est l’un des meilleurs et des plus inventifs pour une très bonne série de science-fiction. Météors est véritablement une réussite du genre. Il est dommage que l’aventure se termine au bout d’une trilogie. On remarquera que la fin est assez ouverte et appelle à un second cycle. Il est vrai qu’avec cette qualité, on en redemande !

18/12/2012 (modifier)
Par Miranda
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Okko
Okko

J’adore « Okko » et pourtant l’appellation « culte » serait presque un peu excessive car les scénarios ne sont pas intrinsèquement originaux. Le premier cycle table sur les vampires, le second sur les zombies et le troisième surtout sur la magie. Ma préférence, pour l’instant, va au « cycle de l’eau », qui est à mes yeux le plus original et aussi peut-être parce qu’étant le tout premier, on y découvre l’univers « Okko ». Le « cycle de la terre » est plus classique et l’impression de déjà-vu est furieusement présente. Quant au « cycle de l’air », plus surprenant que le précédent, il comporte un peu trop de combats, à mon goût évidemment, mais ce n’est pas gênant car le plaisir visuel prend le relais. Malgré ces « tous petits défauts », à mettre impérativement entre guillemets, il y a une ambiance particulière qui fait que je suis totalement tombée sous le charme de cette série. Charme dû aux personnages attachants et originaux, et à une dose de fantastique bien dosée et présente quasiment à chaque instant du récit. Ce Japon issu d’une autre dimension, ponctué de mots et de titres japonais, malgré son haut niveau de fantastique m’a paru presque réel, et il a été extrêmement jouissif de m’y balader. Le graphisme évidemment y est pour beaucoup, je n’aurai cependant qu’un seul et unique reproche. Dans les premiers tomes la colorisation a tendance à être ton sur ton, les décors et personnages se confondent un peu trop par moments, ce qui n’est plus du tout le cas dans le « cycle de l’air » que je trouve parfait à tous les niveaux. La seule chose qui manque à cette série c’est son édition en Format de Luxe, comme celui sorti pour Long John Silver. J’ai vu et possède même quelques Tirages de Tête en noir et blanc, et bien que le dessin soit très beau, la colorisation lui apporte, à mes yeux, un plus non négligeable, mettant en valeur chaque détail des décors et habillements des personnages, et qui nous propulsent totalement dans ce monde magique et hypnotique. Le cycle du feu Une autre bonne aventure en compagnie d'Okko et de sa troupe, bien que le feu ne soit pas suffisamment présent dans le récit à mon goût, surtout dans le second tome, où il est quasiment absent. En ce qui concerne le dessin, le papier du tome 8 est plus mat et le rendu moins lumineux. Par ailleurs la colorisation est sensiblement différente des tomes précédents, les couleurs ne sont pas tout à fait les mêmes, moins raffinées je dirais, avec l'apport d'un bleu presque désagréable car il détonne trop et devient agaçant. Je laisse ma note maximale, car je suis une inconditionnelle de cet univers, mais j'espère que pour le cycle du vide le visuel sera de même facture que les tomes 1 à 7, car s'il suit la pente du tome 8, je serai forcément un peu déçue.

02/09/2011 (MAJ le 13/12/2012) (modifier)
Couverture de la série Blueberry
Blueberry

J’ai été enfant à une époque où l’on jouait encore aux Indiens et aux cow-boys (j’étais toujours un Indien). L’époque des grands westerns au cinéma était finie, hormis quelques surgeons, mais la télévision entretenait encore la flamme. Je regardais des westerns le dimanche après midi, parfois. Puis plus tard dans La Dernière Séance présentée par Eddy Mitchell. C’est au milieu de ces influences que j’ai découvert Blueberry. Et cette série a cristallisé en elle tout l’imaginaire du western tel qu’il s’est construit dans mon esprit. J’ai été captivé par les aventures du lieutenant Blueberry. Charlier est redoutable d’efficacité – et il n’est pas question ici de marketing ! Que ce soit sur un album ou sur des cycles entiers, il sait maintenir l’attention du lecteur, sans pour autant étirer artificiellement une intrigue. Comme toute série "ancienne", et qui s’est étalée dans le temps, une évolution s’est fait sentir, et heureusement ! Il n’y a pas eu ici de ronronnement. Et cette évolution a toujours été positive. Si les premiers albums tâtonnent un peu (y compris au niveau du dessin de Giraud), personnages et intrigues vont se densifier rapidement. Charlier va utilement et habilement user de la trame historique fournie par les guerres indiennes, la construction du chemin de fer, et des échos de la guerre de sécession. Il va aussi s’inspirer des westerns hollywoodiens, dans lesquels l’image de l’Indien était revisitée (à son profit). Les personnages secondaires sont souvent excellents. McClure est le pendant des sous-officiers irlandais des films de John Ford : il en a la passion pour le Whisky, mais il est moins monolithique (il "trahit" même un peu Blueberry dans "La mine de l’allemand perdu") et a une personnalité plus affirmée. Son duo avec Red Neck encadre parfaitement la geste et les gestes du héros principal. Guffie est un personnage à la fois typique et improbable, qui sert de respiration dans l’histoire, et parfois de baguette magique pour sortir Blueberry du pétrin. Mais Charlier sait rendre crédible ce qui ne l’est pas ! Les méchants sont très bons (comme Jethro ou Mac Allister par exemple). Chihuahua Pearl est à la fois avec et contre (parfois tout contre !) le héros, et est une véritable bombe – dans tous les sens du terme… De très bons scénarii donc, mais qui sont exaltés par le dessin du grand Giraud. Très influencé par Jigé, avec lequel il a travaillé (la couverture de "Fort Navajo" ne dépareillerait pas sur un Jerry Spring !) Mais Giraud s’affranchit des influences, et va lui-même créer un style, souvent copié, et rarement égalé. Il est capable de remplir le décor de détails très précis sans que cela fasse surchargé et que cela ne gêne la lecture : ses paysages sont superbes ! Et avec le cycle des Monts de la superstition ("La mine de l’Allemand perdu" et "Le spectre aux balles d’or"), je trouve que son dessin atteint un niveau hallucinant. Un niveau non suivi de pente, mais d’un plateau… Mais je crois que c’est à ce moment que son "double", Moebius, va accaparer une partie de son inspiration (sa dernière œuvre, Arzak, propose de superbes décors d’extérieur, qui pourraient convenir à un western comme Blueberry). Pour revenir sur les albums proprement dits, il n’y a que du bon (parfois), et du très bon (souvent !!!), les cycles faisant intervenir les Indiens sont très bons, que Blueberry soit leur ennemi (à son corps défendant), au début, ou leur allié à la fin. Le cycle mexicain est très bien mené… Il faudrait presque que je cite toute la série ! Je voudrais finir par la dernière période, où Giraud a officié seul, et qui est différente du reste. Un ton, un éclairage, une amertume qu’on ne retrouve pas dans les autres albums. Il n’y a plus la patte de Charlier, certes, mais je trouve que Giraud s’en sort plutôt bien et que ces derniers albums humanisent le héros, et qu’ils ne méritent pas toutes les critiques trop marquées que j’ai pu lire dans certains avis précédents. La geste de Blueberry s’achève, le héros a vieilli (comme Giraud d’ailleurs !). Mais le monde qui l’entoure aussi. Les "guerres indiennes" sont finies, la « frontière » chère aux historiens américains n’a plus lieu d’être. Le temps du bilan arrive, avec les désillusions qui peuvent aller avec. Je ferai ici un parallèle avec les sublimes photographies d’Edward Sherif Curtis qui, à la fin du XIXème siècle, ont magnifié – et peut-être embaumé-, ce "monde" qui disparaissait… Au final, c’est une bd culte, qui s’impose avec l’évidence de la simplicité, cette autre dénomination du talent. Pour toutes ces heures de plaisir, au gré des nombreuses (re)lectures – passées et futures, je vous dis merci, messieurs Charlier et Giraud !

11/12/2012 (modifier)
Par Blue boy
Note: 5/5
Couverture de la série Le Combat ordinaire
Le Combat ordinaire

J’ignore si Larcenet a voulu faire ici une œuvre autobiographique, mais cela sent tellement le vécu qu’on se dit qu’il a puisé au moins une partie de son inspiration dans sa propre expérience. L’œuvre est dense et aborde de nombreux thèmes, à la fois universels et contemporains, qu’il s’agisse de la rédemption ou de la montée des extrêmes, de la paternité ou des ravages de la mondialisation. Des thèmes alimentant la réflexion sans vouloir à tout prix l’orienter, l’auteur faisant confiance à l’intelligence du lecteur. Il est possible d’y voir une sorte de quête initiatique mais sans aucune précision sur le « Graal », comme une errance sans boussole dans un monde indéchiffrable et inquiétant, comme peut l’être le monde actuel… Et pourtant depuis le début, Larcenet sait parfaitement où il veut nous emmener, car malgré un scénario en apparence aléatoire, l’histoire bénéficie d’une construction solide, avec une progression régulière de la « quête » où vont évoluer une multitude de personnages qui ont tous leur importance et vont modifier à leur façon le destin de Marco. C’est pourquoi il est difficile de juger chaque tome séparément. Sous l'humour apparent, Larcenet nous révèle ici son côté hypersensible, mais avec une pudeur qu’il sait bien traduire par un dessin dépourvu d’effets ostentatoires. C’est souvent émouvant, parfois carrément bouleversant. Plus on avance dans l’histoire, plus le trait s’éloigne de la ligne claire. Les rondeurs insouciantes et burlesques du début font progressivement place aux rayures, aux rides et aux mines hirsutes. Comme le signe d’une maturité à venir…avec une variété de styles en fonction des états d’âme du personnage principal : abstrait et rougeoyant quand Marco a ses crises d’angoisse, acéré et inquiétant dans un environnement urbain, vrai et sécurisant dans les passages poétiques… le changement de style n’est nullement gênant ici et le résultat est souvent saisissant. Le clair-obscur des scènes les plus intimistes est aussi très réussi. Dans l’ensemble, ces quatre tomes constituent un récit dense et habité duquel on ne ressort pas indifférent, avec des personnages et des situations très réalistes auxquels on peut facilement s’identifier. Il y a beaucoup à dire sur cette œuvre. Mais ce qui globalement lui confère cette aura exceptionnelle est peut-être cette poésie si sensible, empreinte d’une IMMENSE humanité, venant accompagner un récit que l’on devine très personnel voire douloureux, poésie qui, tel un baume apaisant, semble avoir constitué la planche de salut de Marco... Un sacré bonhomme, ce Manu Larcenet, l’air de ne pas y toucher avec son gros nez et sa dégaine de comique… Preuve que cette série contient bien des perles, en voici une que je laisse à votre appréciation : « Délestée de toute logique, la poésie est la seule manière libre de remarquer ce qui est précieux… la poésie rachète tout. » (extrait p.28 du tome 4) Tome 1 Tome 2: Les quantités négligeables Tome 3: Ce qui est précieux Tome 4: Planter des clous

11/12/2012 (modifier)
Par Koulou
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Monde de Titus
Le Monde de Titus

Je ne suis pas totalement objectif, je vous l'accorde... forcément vu que j'en suis l'auteur... Dessinateur, scénariste ET coloriste... J'ai tout fait tout seul avec mes petites mains ! Je n'ai pas cherché à viser un public en particulier. Au contraire, j'ai pris le risque de faire la BD dont je rêvais. Quitte à ce qu'elle risque de ne plaire à personne. Heureusement, il n'en est rien, elle remporte un franc succès auprès de ceux qui l'ont lue. Le Monde de Titus est une série qui parle des choses sérieuses et intemporelles de la Vie. Ces petites et grandes choses qui nous ont fait grandir, réfléchir, évoluer que Koulou a glanées au fil de sa propre existence et dont il s'efforce de nous faire profiter aujourd'hui à travers son œuvre... Une BD qui s'adresse à des lecteurs intelligents et non à des consommateurs. De par ce fait, cette BD possède plusieurs niveaux de lecture qui la font apprécier des 7 ans comme des 77 ans. Chacun y trouvant son miel. C'est une saga en plusieurs tomes d'histoires complètes situées dans un monde entièrement imaginaire "Antic fantasy"... (y a pas que le médiéval dans la vie !) Dans ce premier tome, on découvre puis suis les péripéties des trois héros, Titus, Cyrius et Maya, qui ont dans les 20 ans et vivent les aventures de leurs âge (confrontation aux inégalités sociales, indignation, fête, picole, orientation scolaire, examens, etc...) en même temps que l'on découvre leur société dans tous ses aspects (mœurs, croyances, organisation sociales, mode de vie, traditions, culture, mythe fondateurs, etc.) Pour l'heure les Snogards vive sur une île. Une île paradisiaque peuplée de tortue géantes, où il fait toujours beau. On ne leur connaît ni voisin ni ennemi et ils ne manquent de rien... Mais... Mais... Tout cela ne serait-il pas trop beau pour durer ? Bien sûr l'intrigue réserve d'autres surprises mais que je ne saurais vous dévoiler ici sans vous gâcher le plaisir de lire l'album ensuite.

18/01/2009 (MAJ le 10/12/2012) (modifier)
Par Nalzur
Note: 5/5
Couverture de la série Spawn
Spawn

Malgré quelques longueurs en tout début de série, le personnage de Spawn prend vite du volume, pour une série tout simplement merveilleuse ! Un univers au final très sombre et plutôt riche, des personnages secondaires excellents, et toujours du dessin haut de gamme ! Bref... J'adore :)

08/12/2012 (modifier)