C'est un one-shot, (agréable en cette époque de séries !) dont le sujet à la fois drôle et sérieux détonne dans les projets actuels. Pendant les guerres napoléoniennes, les habitants d'un petit port anglais trouvent sur la plage les débris d'un navire français qui a coulé et... un être vivant : un singe habillé en soldat, la mascotte de l'équipage. Comme ils n'ont jamais vu de Français et que ce singe correspond tout à fait à l'idée qu'ils en ont, ils vont l'arrêter, le juger....
Le scénariste a su donner vie à cette histoire en l'enrichissant avec style ! Vocabulaire truculent ! Et en pointant en même temps l'absurdité des hommes en général.
Quant au dessin, crayonné, hachuré, il accompagne le scénario avec classe, lui donnant vie, faisant des personnages des caricatures grotesques. Le dessinateur, 25 ans, est un fan de dessin. C'est sa première BD.
Exceptionnel dès lors que l'on considère la BD comme un moyen artistique d'apprendre. Le lecteur plonge dans des univers qui lui apprennent à relativiser ses propres soucis parisiens ou français (sans chercher à minorer ces derniers). Il fréquente d'autres peuples, villes, problèmes, us et coutumes. Il faut rapprocher l'initiative de ce collectif de l'appel lancé par la revue XXI (dans laquelle les dessins ont été publiés à l'origine) quant à la nécessité d'un retour à certaines sources du journalisme, à savoir le terrain, la lenteur, l'honnêteté intellectuelle, la curiosité, le refus du tout internet. Si ces thèmes vous parlent, si la BD de reportage vous séduit, précipitez-vous!
J’ai dévoré tous les albums sortis à l’époque où j’ai découvert pour la première fois Largo Winch, tout comme je l’avais fait pour XIII et Thorgal. Pour cette série ma première lecture remonte à 8 ou 9 ans. Jean Van Hamme a un vrai talent je trouve pour sublimer ses héros et les entraîner dans des situations rocambolesques dont on se demande à chaque fois comment ils vont parvenir à se sortir d’un tel traquenard.
Il y a tant à dire sur Largo Winch, on peut y trouver autant de qualités que de défauts mais vu le nombre d’avis je ne vais pas me lancer dans l’écriture d’un pavé et je vais faire ça court. Pour moi il n’y a tout simplement aucune autre série de bande dessinée dans le genre du thriller et ayant pour thème le monde de la finance qui arrive à la cheville de Largo Winch. Je précise bien dans la BD parce que dans la littérature il y a d’excellents romans de Paul-Loup Sulitzer ou de John Le Carré comme ça au hasard dans ce thème là. Mais dans la BD je ne vois que Largo Winch. Il y a bien I.R.S. mais ça ne m’a pas convaincu.
La série fonctionne par cycles de 2 albums avec présentation de l’intrigue, mise en place du complot et cliffhanger de fin d’album pour le premier tome. Et dans le second, Winch et ses compères essaient tant bien que mal de se sortir du piège, ce dont ils parviennent toujours à la fin. Voilà un des défauts par exemple, manque de suspense. J’aurai pu mettre la note maximale pour cette série mais les 4 derniers albums m’en ont dissuadé. En effet, jusqu’au tome 14 les histoires se suivaient mais ne se ressemblaient pas pour Largo. Dans sa toute première aventure on le découvrait prendre la succession de son défunt père ; dans la seconde on rentrait de plein pied dans le monde du business avec une affaire d'O.P.A. ; dans la troisième il est impliqué dans un trafic d’héroïne mais tout tourne autour de sa fortune et de son empire industriel ; la quatrième a un parfum exotique puisque Largo renoue avec son passé pour sauver son meilleur ami d'une peine de mort assurée dans un Etat imaginaire d’Asie ; sa prochaine escale a lieu à Venise ; puis à Hollywood dans le monde impitoyable de la télévision. Les albums 13 et 14 sont pour moi les meilleurs car ils collent d’avantage à l’actualité et on revient plus concrètement au monde de la finance avec une histoire de délocalisation d’entreprise, de patrons véreux prêts à mettre au chômage leurs employés pour des stock-options…
Malheureusement, les 2 histoires suivantes ne sont pas à la hauteur. Largo est de retour en Asie encore une fois, on pompe les mêmes recettes et Winch devrait postuler comme espion pour les services secrets. Il agissait déjà ainsi dans les précédents albums mais là tout est exagéré et il y a une lassitude qui s’installe.
Je n’ai pas peur de dire que le dernier dyptique est nul de chez nul, aucun suspense, on ne comprend rien à l’histoire ou plutôt on s’en fout parce que ce n’est pas (ou plus) intéressant. Il faut d’urgence boucler cette série.
Côté dessin, Philippe Francq a le même coup de crayon qu’un William Vance sur XIII, donc on n’est pas dépaysé, on sait qu’on lit une BD estampillé Van Hamme.
Allez, un avis de plus sur cette série culte que tout le monde connaît, même ceux qui ne s’intéressent pas à la bande dessinée en ont entendu parler. J’aime tout dans XIII, du dessin très « académique » disons de William Vance, au scénario de Van Hamme digne des meilleurs thrillers, un scénario qui aurait mérité une meilleure adaptation que cette série navet produite par Canal+ mais bon…
D’ailleurs l’histoire de XIII (un agent secret ayant perdu la mémoire après avoir pris une balle dans la tête et qui va essayer de recoller les morceaux de son passé), ressemble étrangement à celle d’un autre super agent bien connu, Jason Bourne. Alors qui de Van Hamme ou de Robert Ludlum a pompé sur l’autre ? Le premier tome de XIII date de 1984 et le premier livre de la trilogie Jason Bourne date de 1980. Seulement 4 ans sépare ces 2 séries très similaires, mais peut être n’est-ce qu’une coïncidence et je me fais un film…
J'en reviens à XIII. Lorsque j’ai appris qu’une suite au tome 19 était en chantier j’ai d’abord été surpris en me disant qu’on prenait vraiment les lecteurs pour des cons moutonniers, puis je me suis dit que ce n’était pas surprenant au final de la part de Van Hamme qui est un spécialiste des séries à rallonge. Le tome 19 « Le dernier round » bouclait parfaitement la boucle avec le procès des membres du complot des XX et l’acquittement de XIII et ses amis. Je ne voyais donc vraiment pas ce que les auteurs pouvaient inventer d’autre sans tomber cette fois-ci dans le grotesque. Mais je me suis planté.
En effet, Vance et Van Hamme ont laissé leur place à Yves Sente (scénario) et Youri Jigounov (dessin) et ces deux derniers ont réussi à ranimer la série avec une nouvelle intrigue plus ou moins crédible mais hyper passionnante et qui devrait se prolonger sur quelques tomes encore. La trame pourrait se résumer ainsi : le complot des XX visant à instaurer aux États-Unis un régime néo-nazi n'était que la partie visible de l’iceberg. Derrière se cache une organisation ultra secrète sans limite financière, dont les origines et le but à long terme restent encore flous. Pire qu’un complot judéo franc-maçonnique!
Le seul reproche que je trouve à faire sur cette suite concerne l’introduction un peu tirée par les cheveux de XIII dans cette histoire. Son arrière-arrière grand-père aurait été étroitement lié avec cette fameuse organisation et XIII étant le dernier de ses descendants, son rôle va au-delà de celui de super agent. Après tout ce qui lui est tombé sur la gueule ; espion, complotiste, Che Guevara, membre de l’IRA, des liens familiaux avec la mafia italienne ; voilà maintenant qu’un de ses ancêtres vient lui pourrir la vie 2 siècles plus tard ? C’est un peu gros mais bon, je ferme les yeux.
Sinon le dessin de Jigounov est dans la même lignée si ce n’est meilleur, que celui de Vance.
Enfin, un album qui n’en est pas vraiment un mais qu’il faut absolument posséder si on veut tout comprendre à ce schmilblick, le tome 13, écrit façon livre d’enquête.
Yes ! Quelle bonne surprise au final que cette BD ! Moi qui en avait tenté la lecture il y a quelques temps sans vraiment accrocher, je me suis régalé ce week-end après être vraiment tombé dans l'univers de Billy Brouillard.
Et du coup, c'est un franc coup de coeur ! Avec cette collection "Métamorphose", Soleil m'a littéralement conquis. L'objet en lui-même est déjà une réussite. Un format non formaté justement ; un air de vieux bouquin qui colle à merveille à l'univers de Guillaume Bianco ; un one-shot qui n'est pas avare de planches, où viennent se mêler des pages du journal de Billy, de fausses pages de journal, des poèmes illustrés...
Bref, au final, cette BD est un véritable coffre à bijoux, aux éclats "Burtoniens", mais qui a su composer un univers personnel. Non, nous ne sommes pas dans la pâle copie. On est chez Billy. Un monde noir où il chercher une réponse à la mort, et que lui permet son don de "trouble vue". Un univers sombre, parfois très cruel comme seuls les enfants savent l'être entre eux, mais empreint d'une grande poésie et d'humour (même si ça grince parfois au tournant).
Côté dessin, Guillaume Bianco, fait preuve d'une très grande maitrise du noir & blanc. Son travail à l'encre impose son style et est vraiment d'une très grande précision. Car derrière cette impression de dessin simplifié se révèle au fil des pages un grand dessinateur. Je me suis arrêté sur certaines pages pour apprécier les pauses des personnages ; Billy en train de dormir, Tarzan son chat est lové sur ses jambes : de véritables arrêts sur image d'un réalisme saisissants qui donnent force et vie à ses planches.
Bianco, se joue aussi des formes et de la narration. Il alterne aux aventures de Billy, des pages de journaux (aux articles et pubs tous aussi déjantés mais parfaitement en accord avec la trame), des poèmes sur les personnages qui composent la véritable mythologie ou bestiaire de cet univers. C'est cet aspect qui m'avait un peu freiné à ma première approche, mais qui se révèle au final d'une grande richesse, et complète parfaitement le récit pour lui en donner toute sa cohérence.
Au final, bravo et merci pour cette magnifique BD.
*****Après lecture de "Le petit garçon qui ne croyait plus au Père Noël"*****
Billy n'en avait pas fini avec son bestiaire et son obsession pour la mort était loin de s'être dissipé. Et puis, il y a ce Père Noël...
Guillaume Bianco poursuit avec cet album les points de suspensions qu'il avait semé dans ses albums précédents avec un travail graphique toujours aussi remarquable et une édition impeccable et très belle (Quelle couv' encore !).
Que du bonheur de replonger dans cet univers assez unique en BD qui mêle allègrement poésie, noirceur, rêverie et grain de folie et d'enfance.
Magnifique !
*****Après lecture du tome "Le chant des sirènes"*****
Je referme cet album avec beaucoup de respect en me disant : voilà une série qui va allègrement rejoindre mon petit panthéon personnel de mes meilleures lectures BD !
Un grand merci donc à Mr Guillaume Bianco pour ces purs moments d'évasion et la qualité de son travail. Car c'est vraiment l'originalité et son coup de patte si personnel qui forgent ce résultat si déroutant et percutant.
Déroutant, car le sieur Bianco se joue des règles traditionnelles et compose à nouveau un album qui de prime abord pourrait fort ressembler à un drôle de bric-à-brac-fourre-tout où môsssieur aurait au fil des pages lâché la bride à son imagination pour, tel un coucou, nous pondre à droite à gauche, un ersatz d'histoire abracabrantesque. Et que je te lâche un poème par-ci ; et que je te ponds une page de canard revue et corrigée par là ; un bon bout de bestiaire itou, et pour le dessert une bonne grosse tranche de trouble-vue façon Billy !
Mais loin du gloubiboulga, cet album façon cadavre exquis, tient tout autant la route que les précédents. Car après être allé trifouiller du côté de chez la Faucheuse, puis tirer la barbichette à nos croyances, une nouvelle épreuve existentielle attend Billy Brouillard : l’amour…
Il avait pourtant raccroché un brin le gars Billy ; fini le don de trouble-vue & co : il avait rechaussé ses bésicles et pensait pouvoir taquiner le bigorneau en père peinard. C’est effectivement pendant ses vacances pleines d’embruns que notre Billy va faire la rencontre de Prune. Et la miss, c’est pas la moitié d’une donzelle ! Ca a beau être une fille (horreur ! malheur !), côté caractère, imagination et aventure, elle n’est pas en reste et le Billy à de la concurrence sévère ! Et c’est de cette rencontre improbable que Billy va découvrir et vivre le temps d’une semaine intemporelle les affres du sentiment amoureux… Car pour sauver sa douce sirène, Billy ne va pas chômer et s’en laisser compter.
Mais bon, je ne vais pas m’étendre sur les détails de cette folle histoire, je vous laisse le plaisir et la surprise pour votre lecture. En attendant, ce nouvel opus m’a de nouveau conquis. Guillaume Bianco a du talent à revendre et de l’imagination comme je l’aime plein les bottes. Alors continue de faire ton gamin et de rêver pour nous, tant que tu nous le fait partager aussi bien. Sale gosse va ! Mais un très bon !
Merci ;)
Je fais une mise à jour de mon avis suite à la lecture de la série complète !
J'ai toujours pris un énorme plaisir à lire cette série, même si je suis pas loin de penser comme Alix concernant la longueur de la série... J’avoue avoir eu un ptit coup de pompe vers le milieu de la série, mais par contre, j'ai trouvé que pour les 3 derniers tomes, c’était de nouveau le top !
La fin est juste parfaite, et c'est en partie pour ça que je garde ma note à 5/5...
Cette série, c'est l'aventure à elle toute seule ! C'est original, dépaysant, un peu barré, fantastique, romanesque, drôle, attendrissant... Et on peut continuer comme ça longtemps !
Les dialogues sont savoureux, on ne compte plus les références théâtrales, les vers en alexandrins. J'ai particulièrement apprécié les joutes verbales dont les début des phrases commencent par la dernière syllabe dite par son opposant !
Un petit bémol, à vouloir faire trop poétique, parfois Ayrolles m'a perdu dans ses dialogues, un peu comme au lycée quand je devais lire un livre trop compliqué (oui je suis pas un grand littéraire).
Autre grande force de cette BD, ce sont évidement les dessins. C'est vraiment du très très bon que nous livre Masbou. Et les couleurs, ya pas à tortiller du cul, la couleur directe, quand c'est bien fait (ce qui est le cas ici), c'est quand même génial ! On passe par tous les tons de couleurs en fonction de la scène, et ça c'est vraiment agréable à l’œil !!
De Cape et de Crocs, c'est, je pense, LA série que je conseillerais, aussi bien a quelqu’un qui lit déjà de la BD, qu'à un néophyte.
Vivement le diptyque sur Eusèbe quand même. :)
Il y a des BD parfois qu'on ne peut pas s'empêcher d'aimer. C'est ainsi, et celle-ci fait partie du lot.
J'ai eu une belle surprise sous le sapin avec ce tome. Une belle surprise, car Cuba est un pays sur lequel j'aime beaucoup me pencher. Cet attrait soudain m'est venu avec la BD Le Tueur (eh oui, parfois les BD sont instructives).
C'est donc tout guilleret que je me suis plongé dans ce pavé de plus de 300 pages, en noir et blanc, qui allait retracer la vie et l’œuvre de Fidel Castro. Un pari qui s'annonçait bien.
Et un pari totalement remporté par l'auteur je trouve ! Tout est franchement bon dans la BD. Le dessin est excellent, en noir et blanc mais avec des têtes parfaitement reconnaissables, très proches d'une réalité photographique. Un grand soin a été apporté aux paysages je trouve, les rues de La Havane et les montagnes cubaines donnent l'impression de se plonger dedans.
Ensuite, la narration est excellente, et tellement proche d'une interview que j'ai bien cherché pour vérifier que le narrateur n'est qu'une invention de la part de l'auteur. J'avais fermé le livre en étant persuadé qu'il existait véritablement, tant l'auteur lui a donné une âme et une cohérence. Un double de l'auteur, certes, mais un double parfaitement exécuté.
Et à travers ses yeux, l'histoire de Cuba se dessine. Au début timidement présent, juste spectateur des événements, le héros y prend progressivement part, choisit de rester sur Cuba alors qu'il pourrait rentrer, ne retournera plus jamais dans son pays.
Ce narrateur interne est d'ailleurs très intéressant, car embrassant totalement les idéaux de Castro, on sent qu'il lui pardonne tout, et surtout que l'homme le fascine. Le portrait qu'il brosse n'est pas des plus reluisants, mais on ne peut que se sentir envahi de sympathie envers lui. Charismatique au possible, idéaliste et humain, attaché à ses principes, et ne trahissant jamais ses propos ou ses idées, Castro est une gueule du siècle, incontestablement. Un homme qui attire et fascine. Difficile à cerner, mais en même temps presque prévisible, beau parleur, se faisant ami et ennemi, impitoyable avec les premiers comme avec les seconds, il est le type même de la figure révolutionnaire.
Mais le récit n'est pas uniquement centré sur Castro, et c'est ce qui fait sa grande force. Car nous verrons également le quotidien des petites gens de Cuba, autant pendant que après la révolution. Les rationnements, les privations, la liberté de presse bâillonnée. Cuba ne devient pas le paradis rêvé. Des amitiés se brisent, des gens partent, et au final le narrateur lui-même semble se dire que la révolution a échoué. La faute aux autres, aux Américains qui tentèrent de les renverser, de les asphyxier ; aux Russes qui ne firent que les exploiter, mais un peu aussi aux décisions internes. Castro lui-même reconnaît des erreurs lors de ses discours. Pour autant, il avouera qu'il recommencerait, si besoin est. La révolution est sa vie.
D'autres portraits sont brossés dans le livre, tout autant intéressants. La mythique figure du Che, bien évidemment, mais également le frère Raul Castro, qui aura une importance que je ne lui aurais pas soupçonnée. Et tant d'autres révolutionnaires, déchus ou assassinés, importants ou traîtres, partisans de la première heure ou convertis.
Et les femmes également. Celle du héros en premier lieu, mais celles de Castro également. Quelle(s) histoire(s) ! Changeant de femmes, tombant amoureux, trahi par elles, Castro connaîtra des heures aussi mouvantes que dans sa politique.
Et pour conclure en beauté un récit prenant, l'auteur fera à la fin une "interview", réelle ou imaginaire, de Castro lui-même. Sa véracité importe au final peu, tant elle colle à la peau de l'homme décrit dans les pages précédentes. Un homme qui fascine, c'est certain. Mais en même temps, une tristesse semble sortir de ces dernières pages, de cette révolution qui semble avoir échoué, de Castro en vêtements Adidas qui regarde tristement la fenêtre en maintenant qu'il recommencerait si c'était à recommencer.
Vous aurez compris : j'ai été conquis par l’œuvre. Une galerie de personnages tous plus intéressants les uns que les autres, une tranche d'histoire méconnue pour moi mais qui m'intéresse décidément de plus en plus, une île rejetée du monde entier qui se maintient coûte que coûte, et un personnage qui s'attache à elle, qui veut la défendre dans les mots.
Et Castro. Le titre du livre est vraiment le titre du propos : Castro est le centre. Il transparaît partout, est le centre de tout. Ses discours ponctuent le tout d'une façon magistrale, on le voit presque faire ses grands gestes et la vie l'animer lorsqu'il pousse son cri de victoire : "La patrie ou la mort ! Nous vaincrons !". Et ses idéaux, ses volontés de créer la société équitable ne le rendent que plus noble. Tout comme son attachement vaille que vaille à ses principes.
Une BD que je trouve vraiment très bien faite. Autant sur le dessin que sur le propos, et sur l'histoire. Certes, elle n'est pas partiale, mais finalement, qui est véritablement partial sur Cuba et sur Castro ? L'auteur fait ressortir son amour pour l'île, sa fascination pour l'homme et ses regrets pour les échecs répétés. Toutes ces émotions ont transpiré des pages et m'ont atteint. Une réussite incontestable.
Je mets allègrement un 5/5 car j'ai vraiment beaucoup aimé, et je pense que je le relirai souvent. Il me reste encore beaucoup à découvrir à l'intérieur je crois. Et c'est vraiment un coup de cœur du moment. Non, je ne peux que me réjouir de l'avoir eu. C'est vraiment une belle BD.
Je ne suis probablement pas parfaitement objectif avec cette BD qui a bercé mon enfance et début d'adolescence. Le fait que je sois fan de foot et du Barça en particulier, moi qui ai grandi loin de Barcelone et rêvé d'être un jour à la place de Pablito. Aujourd'hui à 40 ans j'essaie de reconstituer ma collection de l'époque, vu que mes parents estimaient que j'étais "trop vieux pour ces bêtises". Les infos purement footballistique sont assez justes même s'il est vrai que les intrigues sont parfois un peu justes... le parfum de nostalgie qui émane de ces histoires en font pour moi une BD culte!! Mais je comprends que pour les puristes elle ne passe pas trop bien...
En relisant cette BD, je me suis rendu compte que je l'avais mal notée. Car Silence possède trop de qualités pour un simple 4/5. Non, elle est franchement culte. J'en suis sûr.
Comes parvient à réunir à merveille son dessin en noir et blanc aux gueules si campées avec un récit mêlant les vieilles croyances, les petits villages, les sorcières et les idiots, les animaux et la nature.
Le récit est rempli de douceur et de poésie, bien que la bêtise, la méchanceté et la noirceur des êtres humains transparaissent. Une haine envers les étrangers traverse les albums : aussi bien envers ces gitans qu'envers ce pauvre Silence simple, ou encore envers ce petit nain difforme qui se retrouve à l'asile on ne sait trop pourquoi.
Et face à cette haine, les armes des simples d'esprit : le silence obstiné d'un homme peu malin. L'émerveillement devant la mer, devant des choses simples, des petites envies de gâteau ou simplement des mots tracés maladroitement sur une ardoise.
Silence, c'est une BD simple et efficace, on n'est pas dans une énigme policière, pas dans un grand roman, pas dans une fresque. C'est simple, à l'image de ce petit village en apparence calme. Mais derrière beaucoup de choses couvent. Et au final, Silence ouvrira les yeux sur ce monde. Il cèdera un temps à la violence, avant de retrouver son monde simple. Mais il est déjà trop tard. La haine a gangréné tout. Nul gagnant au final. Mais est-ce vraiment la fin ?
J'ai maintenant Silence depuis un long moment, et je constate qu'il reste un plaisir à le lire et relire, dans un soir tranquille, quand on est installé confortablement dans un fauteuil, une bonne tasse de thé à portée de main. Et voila qu'on rouvre à nouveau le livre, et l'atmosphère déjà présente rejaillit brutalement, vous enveloppe et vous refait plonger le temps d'un récit dans une campagne française.
Un récit qui à force de relecture atteint pour moi le statut de culte. Je le mets dans ma réserve personnelle, toujours à portée de ma main et prêt pour une nouvelle relecture.
Série culte pour moi, elle réunit 2 grandes passions : la BD et la course automobile (et plus). Scénario la plupart du temps très réussis et que dire des dessins super réalistes, on reconnaît n'importe quelle voiture au premier coup d’œil et même les pilotes, documentation très poussée. Merci Jean Graton.
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Le Singe de Hartlepool
C'est un one-shot, (agréable en cette époque de séries !) dont le sujet à la fois drôle et sérieux détonne dans les projets actuels. Pendant les guerres napoléoniennes, les habitants d'un petit port anglais trouvent sur la plage les débris d'un navire français qui a coulé et... un être vivant : un singe habillé en soldat, la mascotte de l'équipage. Comme ils n'ont jamais vu de Français et que ce singe correspond tout à fait à l'idée qu'ils en ont, ils vont l'arrêter, le juger.... Le scénariste a su donner vie à cette histoire en l'enrichissant avec style ! Vocabulaire truculent ! Et en pointant en même temps l'absurdité des hommes en général. Quant au dessin, crayonné, hachuré, il accompagne le scénario avec classe, lui donnant vie, faisant des personnages des caricatures grotesques. Le dessinateur, 25 ans, est un fan de dessin. C'est sa première BD.
Grands reporters
Exceptionnel dès lors que l'on considère la BD comme un moyen artistique d'apprendre. Le lecteur plonge dans des univers qui lui apprennent à relativiser ses propres soucis parisiens ou français (sans chercher à minorer ces derniers). Il fréquente d'autres peuples, villes, problèmes, us et coutumes. Il faut rapprocher l'initiative de ce collectif de l'appel lancé par la revue XXI (dans laquelle les dessins ont été publiés à l'origine) quant à la nécessité d'un retour à certaines sources du journalisme, à savoir le terrain, la lenteur, l'honnêteté intellectuelle, la curiosité, le refus du tout internet. Si ces thèmes vous parlent, si la BD de reportage vous séduit, précipitez-vous!
Largo Winch
J’ai dévoré tous les albums sortis à l’époque où j’ai découvert pour la première fois Largo Winch, tout comme je l’avais fait pour XIII et Thorgal. Pour cette série ma première lecture remonte à 8 ou 9 ans. Jean Van Hamme a un vrai talent je trouve pour sublimer ses héros et les entraîner dans des situations rocambolesques dont on se demande à chaque fois comment ils vont parvenir à se sortir d’un tel traquenard. Il y a tant à dire sur Largo Winch, on peut y trouver autant de qualités que de défauts mais vu le nombre d’avis je ne vais pas me lancer dans l’écriture d’un pavé et je vais faire ça court. Pour moi il n’y a tout simplement aucune autre série de bande dessinée dans le genre du thriller et ayant pour thème le monde de la finance qui arrive à la cheville de Largo Winch. Je précise bien dans la BD parce que dans la littérature il y a d’excellents romans de Paul-Loup Sulitzer ou de John Le Carré comme ça au hasard dans ce thème là. Mais dans la BD je ne vois que Largo Winch. Il y a bien I.R.S. mais ça ne m’a pas convaincu. La série fonctionne par cycles de 2 albums avec présentation de l’intrigue, mise en place du complot et cliffhanger de fin d’album pour le premier tome. Et dans le second, Winch et ses compères essaient tant bien que mal de se sortir du piège, ce dont ils parviennent toujours à la fin. Voilà un des défauts par exemple, manque de suspense. J’aurai pu mettre la note maximale pour cette série mais les 4 derniers albums m’en ont dissuadé. En effet, jusqu’au tome 14 les histoires se suivaient mais ne se ressemblaient pas pour Largo. Dans sa toute première aventure on le découvrait prendre la succession de son défunt père ; dans la seconde on rentrait de plein pied dans le monde du business avec une affaire d'O.P.A. ; dans la troisième il est impliqué dans un trafic d’héroïne mais tout tourne autour de sa fortune et de son empire industriel ; la quatrième a un parfum exotique puisque Largo renoue avec son passé pour sauver son meilleur ami d'une peine de mort assurée dans un Etat imaginaire d’Asie ; sa prochaine escale a lieu à Venise ; puis à Hollywood dans le monde impitoyable de la télévision. Les albums 13 et 14 sont pour moi les meilleurs car ils collent d’avantage à l’actualité et on revient plus concrètement au monde de la finance avec une histoire de délocalisation d’entreprise, de patrons véreux prêts à mettre au chômage leurs employés pour des stock-options… Malheureusement, les 2 histoires suivantes ne sont pas à la hauteur. Largo est de retour en Asie encore une fois, on pompe les mêmes recettes et Winch devrait postuler comme espion pour les services secrets. Il agissait déjà ainsi dans les précédents albums mais là tout est exagéré et il y a une lassitude qui s’installe. Je n’ai pas peur de dire que le dernier dyptique est nul de chez nul, aucun suspense, on ne comprend rien à l’histoire ou plutôt on s’en fout parce que ce n’est pas (ou plus) intéressant. Il faut d’urgence boucler cette série. Côté dessin, Philippe Francq a le même coup de crayon qu’un William Vance sur XIII, donc on n’est pas dépaysé, on sait qu’on lit une BD estampillé Van Hamme.
XIII
Allez, un avis de plus sur cette série culte que tout le monde connaît, même ceux qui ne s’intéressent pas à la bande dessinée en ont entendu parler. J’aime tout dans XIII, du dessin très « académique » disons de William Vance, au scénario de Van Hamme digne des meilleurs thrillers, un scénario qui aurait mérité une meilleure adaptation que cette série navet produite par Canal+ mais bon… D’ailleurs l’histoire de XIII (un agent secret ayant perdu la mémoire après avoir pris une balle dans la tête et qui va essayer de recoller les morceaux de son passé), ressemble étrangement à celle d’un autre super agent bien connu, Jason Bourne. Alors qui de Van Hamme ou de Robert Ludlum a pompé sur l’autre ? Le premier tome de XIII date de 1984 et le premier livre de la trilogie Jason Bourne date de 1980. Seulement 4 ans sépare ces 2 séries très similaires, mais peut être n’est-ce qu’une coïncidence et je me fais un film… J'en reviens à XIII. Lorsque j’ai appris qu’une suite au tome 19 était en chantier j’ai d’abord été surpris en me disant qu’on prenait vraiment les lecteurs pour des cons moutonniers, puis je me suis dit que ce n’était pas surprenant au final de la part de Van Hamme qui est un spécialiste des séries à rallonge. Le tome 19 « Le dernier round » bouclait parfaitement la boucle avec le procès des membres du complot des XX et l’acquittement de XIII et ses amis. Je ne voyais donc vraiment pas ce que les auteurs pouvaient inventer d’autre sans tomber cette fois-ci dans le grotesque. Mais je me suis planté. En effet, Vance et Van Hamme ont laissé leur place à Yves Sente (scénario) et Youri Jigounov (dessin) et ces deux derniers ont réussi à ranimer la série avec une nouvelle intrigue plus ou moins crédible mais hyper passionnante et qui devrait se prolonger sur quelques tomes encore. La trame pourrait se résumer ainsi : le complot des XX visant à instaurer aux États-Unis un régime néo-nazi n'était que la partie visible de l’iceberg. Derrière se cache une organisation ultra secrète sans limite financière, dont les origines et le but à long terme restent encore flous. Pire qu’un complot judéo franc-maçonnique! Le seul reproche que je trouve à faire sur cette suite concerne l’introduction un peu tirée par les cheveux de XIII dans cette histoire. Son arrière-arrière grand-père aurait été étroitement lié avec cette fameuse organisation et XIII étant le dernier de ses descendants, son rôle va au-delà de celui de super agent. Après tout ce qui lui est tombé sur la gueule ; espion, complotiste, Che Guevara, membre de l’IRA, des liens familiaux avec la mafia italienne ; voilà maintenant qu’un de ses ancêtres vient lui pourrir la vie 2 siècles plus tard ? C’est un peu gros mais bon, je ferme les yeux. Sinon le dessin de Jigounov est dans la même lignée si ce n’est meilleur, que celui de Vance. Enfin, un album qui n’en est pas vraiment un mais qu’il faut absolument posséder si on veut tout comprendre à ce schmilblick, le tome 13, écrit façon livre d’enquête.
Billy Brouillard
Yes ! Quelle bonne surprise au final que cette BD ! Moi qui en avait tenté la lecture il y a quelques temps sans vraiment accrocher, je me suis régalé ce week-end après être vraiment tombé dans l'univers de Billy Brouillard. Et du coup, c'est un franc coup de coeur ! Avec cette collection "Métamorphose", Soleil m'a littéralement conquis. L'objet en lui-même est déjà une réussite. Un format non formaté justement ; un air de vieux bouquin qui colle à merveille à l'univers de Guillaume Bianco ; un one-shot qui n'est pas avare de planches, où viennent se mêler des pages du journal de Billy, de fausses pages de journal, des poèmes illustrés... Bref, au final, cette BD est un véritable coffre à bijoux, aux éclats "Burtoniens", mais qui a su composer un univers personnel. Non, nous ne sommes pas dans la pâle copie. On est chez Billy. Un monde noir où il chercher une réponse à la mort, et que lui permet son don de "trouble vue". Un univers sombre, parfois très cruel comme seuls les enfants savent l'être entre eux, mais empreint d'une grande poésie et d'humour (même si ça grince parfois au tournant). Côté dessin, Guillaume Bianco, fait preuve d'une très grande maitrise du noir & blanc. Son travail à l'encre impose son style et est vraiment d'une très grande précision. Car derrière cette impression de dessin simplifié se révèle au fil des pages un grand dessinateur. Je me suis arrêté sur certaines pages pour apprécier les pauses des personnages ; Billy en train de dormir, Tarzan son chat est lové sur ses jambes : de véritables arrêts sur image d'un réalisme saisissants qui donnent force et vie à ses planches. Bianco, se joue aussi des formes et de la narration. Il alterne aux aventures de Billy, des pages de journaux (aux articles et pubs tous aussi déjantés mais parfaitement en accord avec la trame), des poèmes sur les personnages qui composent la véritable mythologie ou bestiaire de cet univers. C'est cet aspect qui m'avait un peu freiné à ma première approche, mais qui se révèle au final d'une grande richesse, et complète parfaitement le récit pour lui en donner toute sa cohérence. Au final, bravo et merci pour cette magnifique BD. *****Après lecture de "Le petit garçon qui ne croyait plus au Père Noël"***** Billy n'en avait pas fini avec son bestiaire et son obsession pour la mort était loin de s'être dissipé. Et puis, il y a ce Père Noël... Guillaume Bianco poursuit avec cet album les points de suspensions qu'il avait semé dans ses albums précédents avec un travail graphique toujours aussi remarquable et une édition impeccable et très belle (Quelle couv' encore !). Que du bonheur de replonger dans cet univers assez unique en BD qui mêle allègrement poésie, noirceur, rêverie et grain de folie et d'enfance. Magnifique ! *****Après lecture du tome "Le chant des sirènes"***** Je referme cet album avec beaucoup de respect en me disant : voilà une série qui va allègrement rejoindre mon petit panthéon personnel de mes meilleures lectures BD ! Un grand merci donc à Mr Guillaume Bianco pour ces purs moments d'évasion et la qualité de son travail. Car c'est vraiment l'originalité et son coup de patte si personnel qui forgent ce résultat si déroutant et percutant. Déroutant, car le sieur Bianco se joue des règles traditionnelles et compose à nouveau un album qui de prime abord pourrait fort ressembler à un drôle de bric-à-brac-fourre-tout où môsssieur aurait au fil des pages lâché la bride à son imagination pour, tel un coucou, nous pondre à droite à gauche, un ersatz d'histoire abracabrantesque. Et que je te lâche un poème par-ci ; et que je te ponds une page de canard revue et corrigée par là ; un bon bout de bestiaire itou, et pour le dessert une bonne grosse tranche de trouble-vue façon Billy ! Mais loin du gloubiboulga, cet album façon cadavre exquis, tient tout autant la route que les précédents. Car après être allé trifouiller du côté de chez la Faucheuse, puis tirer la barbichette à nos croyances, une nouvelle épreuve existentielle attend Billy Brouillard : l’amour… Il avait pourtant raccroché un brin le gars Billy ; fini le don de trouble-vue & co : il avait rechaussé ses bésicles et pensait pouvoir taquiner le bigorneau en père peinard. C’est effectivement pendant ses vacances pleines d’embruns que notre Billy va faire la rencontre de Prune. Et la miss, c’est pas la moitié d’une donzelle ! Ca a beau être une fille (horreur ! malheur !), côté caractère, imagination et aventure, elle n’est pas en reste et le Billy à de la concurrence sévère ! Et c’est de cette rencontre improbable que Billy va découvrir et vivre le temps d’une semaine intemporelle les affres du sentiment amoureux… Car pour sauver sa douce sirène, Billy ne va pas chômer et s’en laisser compter. Mais bon, je ne vais pas m’étendre sur les détails de cette folle histoire, je vous laisse le plaisir et la surprise pour votre lecture. En attendant, ce nouvel opus m’a de nouveau conquis. Guillaume Bianco a du talent à revendre et de l’imagination comme je l’aime plein les bottes. Alors continue de faire ton gamin et de rêver pour nous, tant que tu nous le fait partager aussi bien. Sale gosse va ! Mais un très bon ! Merci ;)
De Cape et de Crocs
Je fais une mise à jour de mon avis suite à la lecture de la série complète ! J'ai toujours pris un énorme plaisir à lire cette série, même si je suis pas loin de penser comme Alix concernant la longueur de la série... J’avoue avoir eu un ptit coup de pompe vers le milieu de la série, mais par contre, j'ai trouvé que pour les 3 derniers tomes, c’était de nouveau le top ! La fin est juste parfaite, et c'est en partie pour ça que je garde ma note à 5/5... Cette série, c'est l'aventure à elle toute seule ! C'est original, dépaysant, un peu barré, fantastique, romanesque, drôle, attendrissant... Et on peut continuer comme ça longtemps ! Les dialogues sont savoureux, on ne compte plus les références théâtrales, les vers en alexandrins. J'ai particulièrement apprécié les joutes verbales dont les début des phrases commencent par la dernière syllabe dite par son opposant ! Un petit bémol, à vouloir faire trop poétique, parfois Ayrolles m'a perdu dans ses dialogues, un peu comme au lycée quand je devais lire un livre trop compliqué (oui je suis pas un grand littéraire). Autre grande force de cette BD, ce sont évidement les dessins. C'est vraiment du très très bon que nous livre Masbou. Et les couleurs, ya pas à tortiller du cul, la couleur directe, quand c'est bien fait (ce qui est le cas ici), c'est quand même génial ! On passe par tous les tons de couleurs en fonction de la scène, et ça c'est vraiment agréable à l’œil !! De Cape et de Crocs, c'est, je pense, LA série que je conseillerais, aussi bien a quelqu’un qui lit déjà de la BD, qu'à un néophyte. Vivement le diptyque sur Eusèbe quand même. :)
Castro
Il y a des BD parfois qu'on ne peut pas s'empêcher d'aimer. C'est ainsi, et celle-ci fait partie du lot. J'ai eu une belle surprise sous le sapin avec ce tome. Une belle surprise, car Cuba est un pays sur lequel j'aime beaucoup me pencher. Cet attrait soudain m'est venu avec la BD Le Tueur (eh oui, parfois les BD sont instructives). C'est donc tout guilleret que je me suis plongé dans ce pavé de plus de 300 pages, en noir et blanc, qui allait retracer la vie et l’œuvre de Fidel Castro. Un pari qui s'annonçait bien. Et un pari totalement remporté par l'auteur je trouve ! Tout est franchement bon dans la BD. Le dessin est excellent, en noir et blanc mais avec des têtes parfaitement reconnaissables, très proches d'une réalité photographique. Un grand soin a été apporté aux paysages je trouve, les rues de La Havane et les montagnes cubaines donnent l'impression de se plonger dedans. Ensuite, la narration est excellente, et tellement proche d'une interview que j'ai bien cherché pour vérifier que le narrateur n'est qu'une invention de la part de l'auteur. J'avais fermé le livre en étant persuadé qu'il existait véritablement, tant l'auteur lui a donné une âme et une cohérence. Un double de l'auteur, certes, mais un double parfaitement exécuté. Et à travers ses yeux, l'histoire de Cuba se dessine. Au début timidement présent, juste spectateur des événements, le héros y prend progressivement part, choisit de rester sur Cuba alors qu'il pourrait rentrer, ne retournera plus jamais dans son pays. Ce narrateur interne est d'ailleurs très intéressant, car embrassant totalement les idéaux de Castro, on sent qu'il lui pardonne tout, et surtout que l'homme le fascine. Le portrait qu'il brosse n'est pas des plus reluisants, mais on ne peut que se sentir envahi de sympathie envers lui. Charismatique au possible, idéaliste et humain, attaché à ses principes, et ne trahissant jamais ses propos ou ses idées, Castro est une gueule du siècle, incontestablement. Un homme qui attire et fascine. Difficile à cerner, mais en même temps presque prévisible, beau parleur, se faisant ami et ennemi, impitoyable avec les premiers comme avec les seconds, il est le type même de la figure révolutionnaire. Mais le récit n'est pas uniquement centré sur Castro, et c'est ce qui fait sa grande force. Car nous verrons également le quotidien des petites gens de Cuba, autant pendant que après la révolution. Les rationnements, les privations, la liberté de presse bâillonnée. Cuba ne devient pas le paradis rêvé. Des amitiés se brisent, des gens partent, et au final le narrateur lui-même semble se dire que la révolution a échoué. La faute aux autres, aux Américains qui tentèrent de les renverser, de les asphyxier ; aux Russes qui ne firent que les exploiter, mais un peu aussi aux décisions internes. Castro lui-même reconnaît des erreurs lors de ses discours. Pour autant, il avouera qu'il recommencerait, si besoin est. La révolution est sa vie. D'autres portraits sont brossés dans le livre, tout autant intéressants. La mythique figure du Che, bien évidemment, mais également le frère Raul Castro, qui aura une importance que je ne lui aurais pas soupçonnée. Et tant d'autres révolutionnaires, déchus ou assassinés, importants ou traîtres, partisans de la première heure ou convertis. Et les femmes également. Celle du héros en premier lieu, mais celles de Castro également. Quelle(s) histoire(s) ! Changeant de femmes, tombant amoureux, trahi par elles, Castro connaîtra des heures aussi mouvantes que dans sa politique. Et pour conclure en beauté un récit prenant, l'auteur fera à la fin une "interview", réelle ou imaginaire, de Castro lui-même. Sa véracité importe au final peu, tant elle colle à la peau de l'homme décrit dans les pages précédentes. Un homme qui fascine, c'est certain. Mais en même temps, une tristesse semble sortir de ces dernières pages, de cette révolution qui semble avoir échoué, de Castro en vêtements Adidas qui regarde tristement la fenêtre en maintenant qu'il recommencerait si c'était à recommencer. Vous aurez compris : j'ai été conquis par l’œuvre. Une galerie de personnages tous plus intéressants les uns que les autres, une tranche d'histoire méconnue pour moi mais qui m'intéresse décidément de plus en plus, une île rejetée du monde entier qui se maintient coûte que coûte, et un personnage qui s'attache à elle, qui veut la défendre dans les mots. Et Castro. Le titre du livre est vraiment le titre du propos : Castro est le centre. Il transparaît partout, est le centre de tout. Ses discours ponctuent le tout d'une façon magistrale, on le voit presque faire ses grands gestes et la vie l'animer lorsqu'il pousse son cri de victoire : "La patrie ou la mort ! Nous vaincrons !". Et ses idéaux, ses volontés de créer la société équitable ne le rendent que plus noble. Tout comme son attachement vaille que vaille à ses principes. Une BD que je trouve vraiment très bien faite. Autant sur le dessin que sur le propos, et sur l'histoire. Certes, elle n'est pas partiale, mais finalement, qui est véritablement partial sur Cuba et sur Castro ? L'auteur fait ressortir son amour pour l'île, sa fascination pour l'homme et ses regrets pour les échecs répétés. Toutes ces émotions ont transpiré des pages et m'ont atteint. Une réussite incontestable. Je mets allègrement un 5/5 car j'ai vraiment beaucoup aimé, et je pense que je le relirai souvent. Il me reste encore beaucoup à découvrir à l'intérieur je crois. Et c'est vraiment un coup de cœur du moment. Non, je ne peux que me réjouir de l'avoir eu. C'est vraiment une belle BD.
Eric Castel
Je ne suis probablement pas parfaitement objectif avec cette BD qui a bercé mon enfance et début d'adolescence. Le fait que je sois fan de foot et du Barça en particulier, moi qui ai grandi loin de Barcelone et rêvé d'être un jour à la place de Pablito. Aujourd'hui à 40 ans j'essaie de reconstituer ma collection de l'époque, vu que mes parents estimaient que j'étais "trop vieux pour ces bêtises". Les infos purement footballistique sont assez justes même s'il est vrai que les intrigues sont parfois un peu justes... le parfum de nostalgie qui émane de ces histoires en font pour moi une BD culte!! Mais je comprends que pour les puristes elle ne passe pas trop bien...
Silence
En relisant cette BD, je me suis rendu compte que je l'avais mal notée. Car Silence possède trop de qualités pour un simple 4/5. Non, elle est franchement culte. J'en suis sûr. Comes parvient à réunir à merveille son dessin en noir et blanc aux gueules si campées avec un récit mêlant les vieilles croyances, les petits villages, les sorcières et les idiots, les animaux et la nature. Le récit est rempli de douceur et de poésie, bien que la bêtise, la méchanceté et la noirceur des êtres humains transparaissent. Une haine envers les étrangers traverse les albums : aussi bien envers ces gitans qu'envers ce pauvre Silence simple, ou encore envers ce petit nain difforme qui se retrouve à l'asile on ne sait trop pourquoi. Et face à cette haine, les armes des simples d'esprit : le silence obstiné d'un homme peu malin. L'émerveillement devant la mer, devant des choses simples, des petites envies de gâteau ou simplement des mots tracés maladroitement sur une ardoise. Silence, c'est une BD simple et efficace, on n'est pas dans une énigme policière, pas dans un grand roman, pas dans une fresque. C'est simple, à l'image de ce petit village en apparence calme. Mais derrière beaucoup de choses couvent. Et au final, Silence ouvrira les yeux sur ce monde. Il cèdera un temps à la violence, avant de retrouver son monde simple. Mais il est déjà trop tard. La haine a gangréné tout. Nul gagnant au final. Mais est-ce vraiment la fin ? J'ai maintenant Silence depuis un long moment, et je constate qu'il reste un plaisir à le lire et relire, dans un soir tranquille, quand on est installé confortablement dans un fauteuil, une bonne tasse de thé à portée de main. Et voila qu'on rouvre à nouveau le livre, et l'atmosphère déjà présente rejaillit brutalement, vous enveloppe et vous refait plonger le temps d'un récit dans une campagne française. Un récit qui à force de relecture atteint pour moi le statut de culte. Je le mets dans ma réserve personnelle, toujours à portée de ma main et prêt pour une nouvelle relecture.
Michel Vaillant
Série culte pour moi, elle réunit 2 grandes passions : la BD et la course automobile (et plus). Scénario la plupart du temps très réussis et que dire des dessins super réalistes, on reconnaît n'importe quelle voiture au premier coup d’œil et même les pilotes, documentation très poussée. Merci Jean Graton.