J’ai été enfant à une époque où l’on jouait encore aux Indiens et aux cow-boys (j’étais toujours un Indien).
L’époque des grands westerns au cinéma était finie, hormis quelques surgeons, mais la télévision entretenait encore la flamme. Je regardais des westerns le dimanche après midi, parfois. Puis plus tard dans La Dernière Séance présentée par Eddy Mitchell.
C’est au milieu de ces influences que j’ai découvert Blueberry. Et cette série a cristallisé en elle tout l’imaginaire du western tel qu’il s’est construit dans mon esprit.
J’ai été captivé par les aventures du lieutenant Blueberry. Charlier est redoutable d’efficacité – et il n’est pas question ici de marketing ! Que ce soit sur un album ou sur des cycles entiers, il sait maintenir l’attention du lecteur, sans pour autant étirer artificiellement une intrigue.
Comme toute série "ancienne", et qui s’est étalée dans le temps, une évolution s’est fait sentir, et heureusement ! Il n’y a pas eu ici de ronronnement. Et cette évolution a toujours été positive. Si les premiers albums tâtonnent un peu (y compris au niveau du dessin de Giraud), personnages et intrigues vont se densifier rapidement. Charlier va utilement et habilement user de la trame historique fournie par les guerres indiennes, la construction du chemin de fer, et des échos de la guerre de sécession. Il va aussi s’inspirer des westerns hollywoodiens, dans lesquels l’image de l’Indien était revisitée (à son profit).
Les personnages secondaires sont souvent excellents. McClure est le pendant des sous-officiers irlandais des films de John Ford : il en a la passion pour le Whisky, mais il est moins monolithique (il "trahit" même un peu Blueberry dans "La mine de l’allemand perdu") et a une personnalité plus affirmée. Son duo avec Red Neck encadre parfaitement la geste et les gestes du héros principal. Guffie est un personnage à la fois typique et improbable, qui sert de respiration dans l’histoire, et parfois de baguette magique pour sortir Blueberry du pétrin. Mais Charlier sait rendre crédible ce qui ne l’est pas !
Les méchants sont très bons (comme Jethro ou Mac Allister par exemple).
Chihuahua Pearl est à la fois avec et contre (parfois tout contre !) le héros, et est une véritable bombe – dans tous les sens du terme…
De très bons scénarii donc, mais qui sont exaltés par le dessin du grand Giraud. Très influencé par Jigé, avec lequel il a travaillé (la couverture de "Fort Navajo" ne dépareillerait pas sur un Jerry Spring !)
Mais Giraud s’affranchit des influences, et va lui-même créer un style, souvent copié, et rarement égalé. Il est capable de remplir le décor de détails très précis sans que cela fasse surchargé et que cela ne gêne la lecture : ses paysages sont superbes !
Et avec le cycle des Monts de la superstition ("La mine de l’Allemand perdu" et "Le spectre aux balles d’or"), je trouve que son dessin atteint un niveau hallucinant. Un niveau non suivi de pente, mais d’un plateau… Mais je crois que c’est à ce moment que son "double", Moebius, va accaparer une partie de son inspiration (sa dernière œuvre, Arzak, propose de superbes décors d’extérieur, qui pourraient convenir à un western comme Blueberry).
Pour revenir sur les albums proprement dits, il n’y a que du bon (parfois), et du très bon (souvent !!!), les cycles faisant intervenir les Indiens sont très bons, que Blueberry soit leur ennemi (à son corps défendant), au début, ou leur allié à la fin. Le cycle mexicain est très bien mené… Il faudrait presque que je cite toute la série !
Je voudrais finir par la dernière période, où Giraud a officié seul, et qui est différente du reste. Un ton, un éclairage, une amertume qu’on ne retrouve pas dans les autres albums. Il n’y a plus la patte de Charlier, certes, mais je trouve que Giraud s’en sort plutôt bien et que ces derniers albums humanisent le héros, et qu’ils ne méritent pas toutes les critiques trop marquées que j’ai pu lire dans certains avis précédents.
La geste de Blueberry s’achève, le héros a vieilli (comme Giraud d’ailleurs !). Mais le monde qui l’entoure aussi. Les "guerres indiennes" sont finies, la « frontière » chère aux historiens américains n’a plus lieu d’être. Le temps du bilan arrive, avec les désillusions qui peuvent aller avec. Je ferai ici un parallèle avec les sublimes photographies d’Edward Sherif Curtis qui, à la fin du XIXème siècle, ont magnifié – et peut-être embaumé-, ce "monde" qui disparaissait…
Au final, c’est une bd culte, qui s’impose avec l’évidence de la simplicité, cette autre dénomination du talent. Pour toutes ces heures de plaisir, au gré des nombreuses (re)lectures – passées et futures, je vous dis merci, messieurs Charlier et Giraud !
J’ignore si Larcenet a voulu faire ici une œuvre autobiographique, mais cela sent tellement le vécu qu’on se dit qu’il a puisé au moins une partie de son inspiration dans sa propre expérience. L’œuvre est dense et aborde de nombreux thèmes, à la fois universels et contemporains, qu’il s’agisse de la rédemption ou de la montée des extrêmes, de la paternité ou des ravages de la mondialisation. Des thèmes alimentant la réflexion sans vouloir à tout prix l’orienter, l’auteur faisant confiance à l’intelligence du lecteur. Il est possible d’y voir une sorte de quête initiatique mais sans aucune précision sur le « Graal », comme une errance sans boussole dans un monde indéchiffrable et inquiétant, comme peut l’être le monde actuel… Et pourtant depuis le début, Larcenet sait parfaitement où il veut nous emmener, car malgré un scénario en apparence aléatoire, l’histoire bénéficie d’une construction solide, avec une progression régulière de la « quête » où vont évoluer une multitude de personnages qui ont tous leur importance et vont modifier à leur façon le destin de Marco. C’est pourquoi il est difficile de juger chaque tome séparément.
Sous l'humour apparent, Larcenet nous révèle ici son côté hypersensible, mais avec une pudeur qu’il sait bien traduire par un dessin dépourvu d’effets ostentatoires. C’est souvent émouvant, parfois carrément bouleversant. Plus on avance dans l’histoire, plus le trait s’éloigne de la ligne claire. Les rondeurs insouciantes et burlesques du début font progressivement place aux rayures, aux rides et aux mines hirsutes. Comme le signe d’une maturité à venir…avec une variété de styles en fonction des états d’âme du personnage principal : abstrait et rougeoyant quand Marco a ses crises d’angoisse, acéré et inquiétant dans un environnement urbain, vrai et sécurisant dans les passages poétiques… le changement de style n’est nullement gênant ici et le résultat est souvent saisissant. Le clair-obscur des scènes les plus intimistes est aussi très réussi.
Dans l’ensemble, ces quatre tomes constituent un récit dense et habité duquel on ne ressort pas indifférent, avec des personnages et des situations très réalistes auxquels on peut facilement s’identifier. Il y a beaucoup à dire sur cette œuvre. Mais ce qui globalement lui confère cette aura exceptionnelle est peut-être cette poésie si sensible, empreinte d’une IMMENSE humanité, venant accompagner un récit que l’on devine très personnel voire douloureux, poésie qui, tel un baume apaisant, semble avoir constitué la planche de salut de Marco... Un sacré bonhomme, ce Manu Larcenet, l’air de ne pas y toucher avec son gros nez et sa dégaine de comique…
Preuve que cette série contient bien des perles, en voici une que je laisse à votre appréciation :
« Délestée de toute logique, la poésie est la seule manière libre de remarquer ce qui est précieux… la poésie rachète tout. » (extrait p.28 du tome 4)
Tome 1
Tome 2: Les quantités négligeables
Tome 3: Ce qui est précieux
Tome 4: Planter des clous
Je ne suis pas totalement objectif, je vous l'accorde... forcément vu que j'en suis l'auteur...
Dessinateur, scénariste ET coloriste... J'ai tout fait tout seul avec mes petites mains ! Je n'ai pas cherché à viser un public en particulier. Au contraire, j'ai pris le risque de faire la BD dont je rêvais. Quitte à ce qu'elle risque de ne plaire à personne. Heureusement, il n'en est rien, elle remporte un franc succès auprès de ceux qui l'ont lue.
Le Monde de Titus est une série qui parle des choses sérieuses et intemporelles de la Vie. Ces petites et grandes choses qui nous ont fait grandir, réfléchir, évoluer que Koulou a glanées au fil de sa propre existence et dont il s'efforce de nous faire profiter aujourd'hui à travers son œuvre... Une BD qui s'adresse à des lecteurs intelligents et non à des consommateurs.
De par ce fait, cette BD possède plusieurs niveaux de lecture qui la font apprécier des 7 ans comme des 77 ans. Chacun y trouvant son miel.
C'est une saga en plusieurs tomes d'histoires complètes situées dans un monde entièrement imaginaire "Antic fantasy"... (y a pas que le médiéval dans la vie !)
Dans ce premier tome, on découvre puis suis les péripéties des trois héros, Titus, Cyrius et Maya, qui ont dans les 20 ans et vivent les aventures de leurs âge (confrontation aux inégalités sociales, indignation, fête, picole, orientation scolaire, examens, etc...) en même temps que l'on découvre leur société dans tous ses aspects (mœurs, croyances, organisation sociales, mode de vie, traditions, culture, mythe fondateurs, etc.)
Pour l'heure les Snogards vive sur une île. Une île paradisiaque peuplée de tortue géantes, où il fait toujours beau. On ne leur connaît ni voisin ni ennemi et ils ne manquent de rien... Mais... Mais... Tout cela ne serait-il pas trop beau pour durer ?
Bien sûr l'intrigue réserve d'autres surprises mais que je ne saurais vous dévoiler ici sans vous gâcher le plaisir de lire l'album ensuite.
Malgré quelques longueurs en tout début de série, le personnage de Spawn prend vite du volume, pour une série tout simplement merveilleuse !
Un univers au final très sombre et plutôt riche, des personnages secondaires excellents, et toujours du dessin haut de gamme !
Bref... J'adore :)
Etant un grand fan de Spawn, je ne peux que recommander cette mini série.
Certes, elle brise totalement les codes, autant graphiques que narratifs, mais franchement... Jamais un comics Spawn n'aura eu droit à une telle ambiance !
C'est sombre, c'est dérangeant... Et c'est bien là le Spawn tel que je le vois !
Une plongée en enfer à ne manquer sous aucun pretexte.
XIII est un must de la BD d’espionnage et du political-fiction. Les premiers tomes sont réellement passionnants. L’histoire va se compliquer singulièrement au fil des tomes. Le lecteur va devoir s'accrocher. On va finir par se familiariser avec les différents personnages charismatiques qui parcourent cette série survoltée.
Le dessin n’est pas vraiment « top » non plus mais on s’y fait. Par exemple, la tête du héros semble changer d'un tome à l'autre ce qui confère un caractère un peu brouillon à l'oeuvre. Pourtant, je me suis vite accommodé de ce style graphique un peu vieillot et aux couleurs fades.
C'est vrai que les derniers tomes semblent tirer en longueur. Les deux derniers tomes parviennent tout de même à clore la série avec brio. Il n'en demeure pas moins que c'est une série qui a connu un réel succès et qui est peut-être à la base de la BD « moderne ». En tout cas, c'est l'une de ses emblématiques séries qui m'a fait aimer la bande dessinée. Elle mérite amplement le qualificatif de culte. Avec ça, je rentre définitivement dans la catégorie des lecteurs « grand public ».
Cependant, il n’y a pas de mal à ne pas être élitiste dans le choix des bd cultes. Je crois que ce n’est pas pour rien que cette série a su s’imposer et devenir un véritable phénomène dans l’édition de la bd au même titre qu’un Astérix par exemple. Or, on aura peut-être plus de facilité pour un Astérix que pour un XIII à accorder la note maximale malgré la piètre qualité des dernières aventures calamiteuses du gaulois. J’aimerais rétablir une certaine équité et exposer le fait que XIII fait définitivement partie du paysage de la bd. Bref, culte et incontournable !
Et alors que l'on croyait que c'était définitivement terminé, voilà que le repreneur attitré de Jean Van Hamme à savoir Yves Sente reprend également la destinée de cette série après Thorgal. Nous revoilà dans un nouveau complot avec en prime un XIII en quête de sa mémoire. Le nouveau dessinateur reproduit à merveille le style graphique de William Vance.
Au niveau scénario, c'est intéressant même si on se demande ce que vient faire les pionniers de la civilisation américaine dans cette aventure. A suivre par conséquent. Et cette suite ne va pas trop décevoir. Il y aura sans doute moins de révélations surprenantes mais plus d'aventures. On sent qu'on est embarqué pour une longue quête avec la description encore vague d'un nouvel ennemi qui aurait été à l'origine du précédent complot. Même si la ficelle paraît énorme, on se laisse tout de même prendre au jeu. Oui, Sente est bien le digne successeur de Van Hamme puisque on en redemande malgré tout.
Note Dessin : 4.5/5 – Note Scénario : 4.5/5 – Note Globale : 4.5/5
Le personnage de Julius planait littéralement sur l’œuvre originale qu’était « le Troisième testament ». Aussi, le fait de réaliser une anté-suite en prenant ce personnage paraissait opportun. Cette BD impressionne tout d'abord par sa virtuosité esthétique. Les planches de dessins sont d'une rare beauté et d’une finesse exquise. La colorisation semble également très réussie. On notera qu’Alex Alice qui supervise toujours le projet laisse sa place à un véritable disciple qui a tout le talent de son mentor d’où une revendication assumée ...
La scène d’ouverture est tout à fait époustouflante dans le fait de se donner dans une dimension presque cosmique. Pourtant, on sera totalement immergé dans cette société romaine. Par ailleurs, chaque personne semble posséder une véritable âme ce qui facilite le fait que le lecteur suit avec plaisir leur parcours et leur évolution au fil des épreuves qu’ils subiront. Le traitement demeure certes classique. Cependant, la mise en scène est d’une fabuleuse maîtrise aussi bien narrative que scénaristique.
Pour autant, on regrettera les fautes d’impression calligraphiques absolument impardonnables pour une série aussi médiatisée. C’est à croire qu’il n’y a aucune relecture démontrant ainsi un amateurisme qui n’a pas sa place à ce niveau. On pardonnera cependant… sans doute par charité chrétienne qui est justement ici de mise. On suivra donc avec attention la suite de cette fabuleuse saga qui nous réserve certainement de très bonnes surprises !
Après un premier tome qui joue sur la rivalité entre deux personnages charismatiques, on part pour une quête dans le second opus. Cela ressemble un peu à du Indiana Jones mais au temps de la Babylone antique. Le dessin sera splendide par moment avec un découpage totalement adapté. J'ai bien aimé cette aventure qui nous fait sortir du cadre de l'Empire romain et de la Judée. On retrouve parfaitement le lien avec Le Troisième Testament qui a marqué à tout jamais de son empreinte la bd historique et ésotérique.
Bref, cette suite m'a surpris dans la mesure où elle est totalement différente de la première partie en mettant un peu moins l'accent sur Julius et en accentuant le rôle de ce nouveau messie. A la fin de cette lecture, on n'a qu'une envie: découvrir la suite car le résultat est étonnant de maîtrise et de qualité.
Nous avons là une excellente série que je n'hésiterais pas à qualifier de "culte". J’ai véritablement aimé grâce notamment au dessin et aux couleurs de Marini ainsi qu'à un scénario impeccable de Desberg. Les traits des personnages sont sublimes de précision. Nous assistons à un véritable bal de lignes belles et fluides avec une action qui s'enchaîne à un rythme haletant. Il s'agit bel et bien de la meilleure série de cape et d'épée.
Certes, les personnages peuvent paraître stéréotypés mais qui ne résisterait pas au charme de cette égyptienne secrètement amoureuse ? Oui, il y a également beaucoup de clichés mais on se laisse prendre facilement car la mise en scène est d'une efficacité remarquable et d'une déconcertante virtuosité ! Je sais bien que c'est une bd typiquement commerciale mais qui se plaindra si elle a un succès amplement mérité ? ::
Je dois bien avouer que c’est l’une de mes BD préférées car le scénario est totalement prenant. On passe toujours un très bon moment de lecture. Jugez par vous même: l'intrigue se base sur la volonté d'un cardinal ambitieux de restaurer à Rome le pouvoir des neuf familles. Il conquiert alors la papauté pour ce faire. Néanmoins, il aura un adversaire de taille qui se dressera sur sa route à savoir le fils d'une hérétique brûlée vive pour avoir détourné de sa voie un homme d'Eglise. Ce fils n'est autre que le Scorpion bien décidé à se venger. Entre fiction et histoire de la deuxième moitié du XVIIIème siècle, le scénario distille une théorie machiavélique du pouvoir religieux.
L'album hors collection n'est pas absolument indispensable mais il peut apporter des éléments intéressants pour les fans de la série. Le second cycle (tomes 7 et 8 ) développe un peu plus l'intrigue au détriment de l'action ce qui n'est pas pour me déplaire. Il y a l'arrivée de personnages qui vont jouer un rôle d'importance dans la guerre que livre le Scorpion au despote intégriste Trebaldi. On souhaite en connaître un peu plus sur le secret de la naissance du Scorpion qui n'est pas totalement éclairci. Il y a également de nouvelles révélations qui relancent singulièrement ce scénario déjà passionnant.
Nous allons enfin connaître la vérité sur l'identité du père dans le 10ème tome. La révélation sera fracassante car les auteurs nous ont induit volontairement en erreur. L'aventure ne sera pas terminée pour autant.
En conclusion, nous avons là une BD dynamique et plus encore: une formidable aventure de cape et d’épée sur fond de complot religieux et politique avec en prime des décors véritablement somptueux.
Note Dessin : 4.5/5 – Note Scénario : 4.5/5 – Note Globale : 4.5/5
Lanfeust de Troy c’est de l’heroic-fantasy du même calibre que La Quête de l’Oiseau du Temps, avec quasiment le même scénario, le groupe d’aventuriers qui part à la recherche d’un objet mythique situé dans une contrée lointaine où nul humain n’a jamais mis les pieds. D’un côté les gros seins de Pélisse, de l’autre, le p’tit cul de Ci(xx)xi.
Bref, c’est du déjà-vu par rapport à La Quête sauf qu’on apprécie d’avantage l’une ou l’autre selon son âge je pense. La Quête est considéré comme culte pour celles et ceux qui ont grandit dans les années 80 alors que Lanfeust a été développé dans les années 90. J’ai donc pour ma part un faible pour Lanfeust de Troy. Après je dis ça mais on peut très bien les apprécier toutes les deux ou aucune selon ses goûts.
J’écris plus haut que Lanfeust copie sur pas mal de plans La Quête mais il ne reprend pas en revanche les multiples défauts que j’avais trouvés à cette dernière comme par exemple l’aventure en elle-même ou là pour le coup j’ai vraiment pris du plaisir à suivre Lanfeust et sa bande dans le siège d’un château, sur une île de pirates et autres palais impériaux. Arrivé à la fin du 8ème tome, dire que Lanfeust de Troy est une belle aventure est un euphémisme, c’est carrément épique.
Le dessin s’améliore à chaque album et dans les dernières rééditions la couleur a été refaite sur les premiers albums je crois. Un bestiaire riche, des couleurs lumineuses et bien travaillées, des personnages un peu caricaturaux mais plaisants à regarder tout comme les paysages variés et au climat changeant, que du bon là-dedans.
Seulement voilà, c’est à partir de mes souvenirs d’enfant et d’adolescent que j’écris cet avis, de l’époque ou j’avais découvert la série dans un magazine dont j’ai oublié le nom aujourd’hui, puis lorsque j’ai acheté les albums en édition originale, mais aussi quand je bavais comme un con devant l’intégrale contenu dans un sublime coffret aimanté sorti en 2001.
Récemment j’ai essayé de relire Lanfeust de Troy mais j’ai dû m’arrêter au tome 2. Au final, cette série ne s’adresse qu’à un jeune public avec son humour omniprésent ras des pâquerettes pour collégien (et c’est bien ça le pire), les tentatives de séduction et les blagues de cul de Cixi m’ont gonflé, cul-cul comme la fin totalement convenue pas assez épique et grandiose à mon goût. Le duel Lanfeust/Thanos me fait penser à un Mégazord/Monstre dans un épisode des Power Rangers. J’ai passé l’âge en somme.
Alors quelle note je mets, 3 ou 5 ? Si j’avais lu les albums avec mon regard d’adulte forcément ma note serait beaucoup plus basse mais je vais prendre cette série pour ce qu’elle est, une série incontournable destinée aux vieux enfants et jeunes ados, les 8-12 ans quoi.
Oh et puis aller, 4, c’est le juste milieu.
Très belle surprise pour moi.
La série est une réussite à tous les niveaux. Les ambiances du Paris des années 30, ainsi que celle de la maison close de luxe sont parfaites. Les dessins ne touchent certes pas au sublime mais ils sont modernes et dynamiques. Ils sont assez « mignons » et le décalage avec des personnages durs et une histoire cruelle est saisissant.
J’ai adoré l’héroïne à la fois touchante et drôle, sorte de Sainte-Nitouche en contraste avec un environnement plein de vices. L’histoire, quant à elle, est passionnante et j’ai littéralement dévoré les 4 tomes.
A lire de toute urgence.
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J’ai été enfant à une époque où l’on jouait encore aux Indiens et aux cow-boys (j’étais toujours un Indien). L’époque des grands westerns au cinéma était finie, hormis quelques surgeons, mais la télévision entretenait encore la flamme. Je regardais des westerns le dimanche après midi, parfois. Puis plus tard dans La Dernière Séance présentée par Eddy Mitchell. C’est au milieu de ces influences que j’ai découvert Blueberry. Et cette série a cristallisé en elle tout l’imaginaire du western tel qu’il s’est construit dans mon esprit. J’ai été captivé par les aventures du lieutenant Blueberry. Charlier est redoutable d’efficacité – et il n’est pas question ici de marketing ! Que ce soit sur un album ou sur des cycles entiers, il sait maintenir l’attention du lecteur, sans pour autant étirer artificiellement une intrigue. Comme toute série "ancienne", et qui s’est étalée dans le temps, une évolution s’est fait sentir, et heureusement ! Il n’y a pas eu ici de ronronnement. Et cette évolution a toujours été positive. Si les premiers albums tâtonnent un peu (y compris au niveau du dessin de Giraud), personnages et intrigues vont se densifier rapidement. Charlier va utilement et habilement user de la trame historique fournie par les guerres indiennes, la construction du chemin de fer, et des échos de la guerre de sécession. Il va aussi s’inspirer des westerns hollywoodiens, dans lesquels l’image de l’Indien était revisitée (à son profit). Les personnages secondaires sont souvent excellents. McClure est le pendant des sous-officiers irlandais des films de John Ford : il en a la passion pour le Whisky, mais il est moins monolithique (il "trahit" même un peu Blueberry dans "La mine de l’allemand perdu") et a une personnalité plus affirmée. Son duo avec Red Neck encadre parfaitement la geste et les gestes du héros principal. Guffie est un personnage à la fois typique et improbable, qui sert de respiration dans l’histoire, et parfois de baguette magique pour sortir Blueberry du pétrin. Mais Charlier sait rendre crédible ce qui ne l’est pas ! Les méchants sont très bons (comme Jethro ou Mac Allister par exemple). Chihuahua Pearl est à la fois avec et contre (parfois tout contre !) le héros, et est une véritable bombe – dans tous les sens du terme… De très bons scénarii donc, mais qui sont exaltés par le dessin du grand Giraud. Très influencé par Jigé, avec lequel il a travaillé (la couverture de "Fort Navajo" ne dépareillerait pas sur un Jerry Spring !) Mais Giraud s’affranchit des influences, et va lui-même créer un style, souvent copié, et rarement égalé. Il est capable de remplir le décor de détails très précis sans que cela fasse surchargé et que cela ne gêne la lecture : ses paysages sont superbes ! Et avec le cycle des Monts de la superstition ("La mine de l’Allemand perdu" et "Le spectre aux balles d’or"), je trouve que son dessin atteint un niveau hallucinant. Un niveau non suivi de pente, mais d’un plateau… Mais je crois que c’est à ce moment que son "double", Moebius, va accaparer une partie de son inspiration (sa dernière œuvre, Arzak, propose de superbes décors d’extérieur, qui pourraient convenir à un western comme Blueberry). Pour revenir sur les albums proprement dits, il n’y a que du bon (parfois), et du très bon (souvent !!!), les cycles faisant intervenir les Indiens sont très bons, que Blueberry soit leur ennemi (à son corps défendant), au début, ou leur allié à la fin. Le cycle mexicain est très bien mené… Il faudrait presque que je cite toute la série ! Je voudrais finir par la dernière période, où Giraud a officié seul, et qui est différente du reste. Un ton, un éclairage, une amertume qu’on ne retrouve pas dans les autres albums. Il n’y a plus la patte de Charlier, certes, mais je trouve que Giraud s’en sort plutôt bien et que ces derniers albums humanisent le héros, et qu’ils ne méritent pas toutes les critiques trop marquées que j’ai pu lire dans certains avis précédents. La geste de Blueberry s’achève, le héros a vieilli (comme Giraud d’ailleurs !). Mais le monde qui l’entoure aussi. Les "guerres indiennes" sont finies, la « frontière » chère aux historiens américains n’a plus lieu d’être. Le temps du bilan arrive, avec les désillusions qui peuvent aller avec. Je ferai ici un parallèle avec les sublimes photographies d’Edward Sherif Curtis qui, à la fin du XIXème siècle, ont magnifié – et peut-être embaumé-, ce "monde" qui disparaissait… Au final, c’est une bd culte, qui s’impose avec l’évidence de la simplicité, cette autre dénomination du talent. Pour toutes ces heures de plaisir, au gré des nombreuses (re)lectures – passées et futures, je vous dis merci, messieurs Charlier et Giraud !
Le Combat ordinaire
J’ignore si Larcenet a voulu faire ici une œuvre autobiographique, mais cela sent tellement le vécu qu’on se dit qu’il a puisé au moins une partie de son inspiration dans sa propre expérience. L’œuvre est dense et aborde de nombreux thèmes, à la fois universels et contemporains, qu’il s’agisse de la rédemption ou de la montée des extrêmes, de la paternité ou des ravages de la mondialisation. Des thèmes alimentant la réflexion sans vouloir à tout prix l’orienter, l’auteur faisant confiance à l’intelligence du lecteur. Il est possible d’y voir une sorte de quête initiatique mais sans aucune précision sur le « Graal », comme une errance sans boussole dans un monde indéchiffrable et inquiétant, comme peut l’être le monde actuel… Et pourtant depuis le début, Larcenet sait parfaitement où il veut nous emmener, car malgré un scénario en apparence aléatoire, l’histoire bénéficie d’une construction solide, avec une progression régulière de la « quête » où vont évoluer une multitude de personnages qui ont tous leur importance et vont modifier à leur façon le destin de Marco. C’est pourquoi il est difficile de juger chaque tome séparément. Sous l'humour apparent, Larcenet nous révèle ici son côté hypersensible, mais avec une pudeur qu’il sait bien traduire par un dessin dépourvu d’effets ostentatoires. C’est souvent émouvant, parfois carrément bouleversant. Plus on avance dans l’histoire, plus le trait s’éloigne de la ligne claire. Les rondeurs insouciantes et burlesques du début font progressivement place aux rayures, aux rides et aux mines hirsutes. Comme le signe d’une maturité à venir…avec une variété de styles en fonction des états d’âme du personnage principal : abstrait et rougeoyant quand Marco a ses crises d’angoisse, acéré et inquiétant dans un environnement urbain, vrai et sécurisant dans les passages poétiques… le changement de style n’est nullement gênant ici et le résultat est souvent saisissant. Le clair-obscur des scènes les plus intimistes est aussi très réussi. Dans l’ensemble, ces quatre tomes constituent un récit dense et habité duquel on ne ressort pas indifférent, avec des personnages et des situations très réalistes auxquels on peut facilement s’identifier. Il y a beaucoup à dire sur cette œuvre. Mais ce qui globalement lui confère cette aura exceptionnelle est peut-être cette poésie si sensible, empreinte d’une IMMENSE humanité, venant accompagner un récit que l’on devine très personnel voire douloureux, poésie qui, tel un baume apaisant, semble avoir constitué la planche de salut de Marco... Un sacré bonhomme, ce Manu Larcenet, l’air de ne pas y toucher avec son gros nez et sa dégaine de comique… Preuve que cette série contient bien des perles, en voici une que je laisse à votre appréciation : « Délestée de toute logique, la poésie est la seule manière libre de remarquer ce qui est précieux… la poésie rachète tout. » (extrait p.28 du tome 4) Tome 1
Tome 2: Les quantités négligeables
Tome 3: Ce qui est précieux
Tome 4: Planter des clous 
Le Monde de Titus
Je ne suis pas totalement objectif, je vous l'accorde... forcément vu que j'en suis l'auteur... Dessinateur, scénariste ET coloriste... J'ai tout fait tout seul avec mes petites mains ! Je n'ai pas cherché à viser un public en particulier. Au contraire, j'ai pris le risque de faire la BD dont je rêvais. Quitte à ce qu'elle risque de ne plaire à personne. Heureusement, il n'en est rien, elle remporte un franc succès auprès de ceux qui l'ont lue. Le Monde de Titus est une série qui parle des choses sérieuses et intemporelles de la Vie. Ces petites et grandes choses qui nous ont fait grandir, réfléchir, évoluer que Koulou a glanées au fil de sa propre existence et dont il s'efforce de nous faire profiter aujourd'hui à travers son œuvre... Une BD qui s'adresse à des lecteurs intelligents et non à des consommateurs. De par ce fait, cette BD possède plusieurs niveaux de lecture qui la font apprécier des 7 ans comme des 77 ans. Chacun y trouvant son miel. C'est une saga en plusieurs tomes d'histoires complètes situées dans un monde entièrement imaginaire "Antic fantasy"... (y a pas que le médiéval dans la vie !) Dans ce premier tome, on découvre puis suis les péripéties des trois héros, Titus, Cyrius et Maya, qui ont dans les 20 ans et vivent les aventures de leurs âge (confrontation aux inégalités sociales, indignation, fête, picole, orientation scolaire, examens, etc...) en même temps que l'on découvre leur société dans tous ses aspects (mœurs, croyances, organisation sociales, mode de vie, traditions, culture, mythe fondateurs, etc.) Pour l'heure les Snogards vive sur une île. Une île paradisiaque peuplée de tortue géantes, où il fait toujours beau. On ne leur connaît ni voisin ni ennemi et ils ne manquent de rien... Mais... Mais... Tout cela ne serait-il pas trop beau pour durer ? Bien sûr l'intrigue réserve d'autres surprises mais que je ne saurais vous dévoiler ici sans vous gâcher le plaisir de lire l'album ensuite.
Spawn
Malgré quelques longueurs en tout début de série, le personnage de Spawn prend vite du volume, pour une série tout simplement merveilleuse ! Un univers au final très sombre et plutôt riche, des personnages secondaires excellents, et toujours du dessin haut de gamme ! Bref... J'adore :)
HellSpawn
Etant un grand fan de Spawn, je ne peux que recommander cette mini série. Certes, elle brise totalement les codes, autant graphiques que narratifs, mais franchement... Jamais un comics Spawn n'aura eu droit à une telle ambiance ! C'est sombre, c'est dérangeant... Et c'est bien là le Spawn tel que je le vois ! Une plongée en enfer à ne manquer sous aucun pretexte.
XIII
XIII est un must de la BD d’espionnage et du political-fiction. Les premiers tomes sont réellement passionnants. L’histoire va se compliquer singulièrement au fil des tomes. Le lecteur va devoir s'accrocher. On va finir par se familiariser avec les différents personnages charismatiques qui parcourent cette série survoltée. Le dessin n’est pas vraiment « top » non plus mais on s’y fait. Par exemple, la tête du héros semble changer d'un tome à l'autre ce qui confère un caractère un peu brouillon à l'oeuvre. Pourtant, je me suis vite accommodé de ce style graphique un peu vieillot et aux couleurs fades. C'est vrai que les derniers tomes semblent tirer en longueur. Les deux derniers tomes parviennent tout de même à clore la série avec brio. Il n'en demeure pas moins que c'est une série qui a connu un réel succès et qui est peut-être à la base de la BD « moderne ». En tout cas, c'est l'une de ses emblématiques séries qui m'a fait aimer la bande dessinée. Elle mérite amplement le qualificatif de culte. Avec ça, je rentre définitivement dans la catégorie des lecteurs « grand public ». Cependant, il n’y a pas de mal à ne pas être élitiste dans le choix des bd cultes. Je crois que ce n’est pas pour rien que cette série a su s’imposer et devenir un véritable phénomène dans l’édition de la bd au même titre qu’un Astérix par exemple. Or, on aura peut-être plus de facilité pour un Astérix que pour un XIII à accorder la note maximale malgré la piètre qualité des dernières aventures calamiteuses du gaulois. J’aimerais rétablir une certaine équité et exposer le fait que XIII fait définitivement partie du paysage de la bd. Bref, culte et incontournable ! Et alors que l'on croyait que c'était définitivement terminé, voilà que le repreneur attitré de Jean Van Hamme à savoir Yves Sente reprend également la destinée de cette série après Thorgal. Nous revoilà dans un nouveau complot avec en prime un XIII en quête de sa mémoire. Le nouveau dessinateur reproduit à merveille le style graphique de William Vance. Au niveau scénario, c'est intéressant même si on se demande ce que vient faire les pionniers de la civilisation américaine dans cette aventure. A suivre par conséquent. Et cette suite ne va pas trop décevoir. Il y aura sans doute moins de révélations surprenantes mais plus d'aventures. On sent qu'on est embarqué pour une longue quête avec la description encore vague d'un nouvel ennemi qui aurait été à l'origine du précédent complot. Même si la ficelle paraît énorme, on se laisse tout de même prendre au jeu. Oui, Sente est bien le digne successeur de Van Hamme puisque on en redemande malgré tout. Note Dessin : 4.5/5 – Note Scénario : 4.5/5 – Note Globale : 4.5/5
Le Troisième Testament - Julius
Le personnage de Julius planait littéralement sur l’œuvre originale qu’était « le Troisième testament ». Aussi, le fait de réaliser une anté-suite en prenant ce personnage paraissait opportun. Cette BD impressionne tout d'abord par sa virtuosité esthétique. Les planches de dessins sont d'une rare beauté et d’une finesse exquise. La colorisation semble également très réussie. On notera qu’Alex Alice qui supervise toujours le projet laisse sa place à un véritable disciple qui a tout le talent de son mentor d’où une revendication assumée ... La scène d’ouverture est tout à fait époustouflante dans le fait de se donner dans une dimension presque cosmique. Pourtant, on sera totalement immergé dans cette société romaine. Par ailleurs, chaque personne semble posséder une véritable âme ce qui facilite le fait que le lecteur suit avec plaisir leur parcours et leur évolution au fil des épreuves qu’ils subiront. Le traitement demeure certes classique. Cependant, la mise en scène est d’une fabuleuse maîtrise aussi bien narrative que scénaristique. Pour autant, on regrettera les fautes d’impression calligraphiques absolument impardonnables pour une série aussi médiatisée. C’est à croire qu’il n’y a aucune relecture démontrant ainsi un amateurisme qui n’a pas sa place à ce niveau. On pardonnera cependant… sans doute par charité chrétienne qui est justement ici de mise. On suivra donc avec attention la suite de cette fabuleuse saga qui nous réserve certainement de très bonnes surprises ! Après un premier tome qui joue sur la rivalité entre deux personnages charismatiques, on part pour une quête dans le second opus. Cela ressemble un peu à du Indiana Jones mais au temps de la Babylone antique. Le dessin sera splendide par moment avec un découpage totalement adapté. J'ai bien aimé cette aventure qui nous fait sortir du cadre de l'Empire romain et de la Judée. On retrouve parfaitement le lien avec Le Troisième Testament qui a marqué à tout jamais de son empreinte la bd historique et ésotérique. Bref, cette suite m'a surpris dans la mesure où elle est totalement différente de la première partie en mettant un peu moins l'accent sur Julius et en accentuant le rôle de ce nouveau messie. A la fin de cette lecture, on n'a qu'une envie: découvrir la suite car le résultat est étonnant de maîtrise et de qualité.
Le Scorpion
Nous avons là une excellente série que je n'hésiterais pas à qualifier de "culte". J’ai véritablement aimé grâce notamment au dessin et aux couleurs de Marini ainsi qu'à un scénario impeccable de Desberg. Les traits des personnages sont sublimes de précision. Nous assistons à un véritable bal de lignes belles et fluides avec une action qui s'enchaîne à un rythme haletant. Il s'agit bel et bien de la meilleure série de cape et d'épée. Certes, les personnages peuvent paraître stéréotypés mais qui ne résisterait pas au charme de cette égyptienne secrètement amoureuse ? Oui, il y a également beaucoup de clichés mais on se laisse prendre facilement car la mise en scène est d'une efficacité remarquable et d'une déconcertante virtuosité ! Je sais bien que c'est une bd typiquement commerciale mais qui se plaindra si elle a un succès amplement mérité ? :: Je dois bien avouer que c’est l’une de mes BD préférées car le scénario est totalement prenant. On passe toujours un très bon moment de lecture. Jugez par vous même: l'intrigue se base sur la volonté d'un cardinal ambitieux de restaurer à Rome le pouvoir des neuf familles. Il conquiert alors la papauté pour ce faire. Néanmoins, il aura un adversaire de taille qui se dressera sur sa route à savoir le fils d'une hérétique brûlée vive pour avoir détourné de sa voie un homme d'Eglise. Ce fils n'est autre que le Scorpion bien décidé à se venger. Entre fiction et histoire de la deuxième moitié du XVIIIème siècle, le scénario distille une théorie machiavélique du pouvoir religieux. L'album hors collection n'est pas absolument indispensable mais il peut apporter des éléments intéressants pour les fans de la série. Le second cycle (tomes 7 et 8 ) développe un peu plus l'intrigue au détriment de l'action ce qui n'est pas pour me déplaire. Il y a l'arrivée de personnages qui vont jouer un rôle d'importance dans la guerre que livre le Scorpion au despote intégriste Trebaldi. On souhaite en connaître un peu plus sur le secret de la naissance du Scorpion qui n'est pas totalement éclairci. Il y a également de nouvelles révélations qui relancent singulièrement ce scénario déjà passionnant. Nous allons enfin connaître la vérité sur l'identité du père dans le 10ème tome. La révélation sera fracassante car les auteurs nous ont induit volontairement en erreur. L'aventure ne sera pas terminée pour autant. En conclusion, nous avons là une BD dynamique et plus encore: une formidable aventure de cape et d’épée sur fond de complot religieux et politique avec en prime des décors véritablement somptueux. Note Dessin : 4.5/5 – Note Scénario : 4.5/5 – Note Globale : 4.5/5
Lanfeust de Troy
Lanfeust de Troy c’est de l’heroic-fantasy du même calibre que La Quête de l’Oiseau du Temps, avec quasiment le même scénario, le groupe d’aventuriers qui part à la recherche d’un objet mythique situé dans une contrée lointaine où nul humain n’a jamais mis les pieds. D’un côté les gros seins de Pélisse, de l’autre, le p’tit cul de Ci(xx)xi. Bref, c’est du déjà-vu par rapport à La Quête sauf qu’on apprécie d’avantage l’une ou l’autre selon son âge je pense. La Quête est considéré comme culte pour celles et ceux qui ont grandit dans les années 80 alors que Lanfeust a été développé dans les années 90. J’ai donc pour ma part un faible pour Lanfeust de Troy. Après je dis ça mais on peut très bien les apprécier toutes les deux ou aucune selon ses goûts. J’écris plus haut que Lanfeust copie sur pas mal de plans La Quête mais il ne reprend pas en revanche les multiples défauts que j’avais trouvés à cette dernière comme par exemple l’aventure en elle-même ou là pour le coup j’ai vraiment pris du plaisir à suivre Lanfeust et sa bande dans le siège d’un château, sur une île de pirates et autres palais impériaux. Arrivé à la fin du 8ème tome, dire que Lanfeust de Troy est une belle aventure est un euphémisme, c’est carrément épique. Le dessin s’améliore à chaque album et dans les dernières rééditions la couleur a été refaite sur les premiers albums je crois. Un bestiaire riche, des couleurs lumineuses et bien travaillées, des personnages un peu caricaturaux mais plaisants à regarder tout comme les paysages variés et au climat changeant, que du bon là-dedans. Seulement voilà, c’est à partir de mes souvenirs d’enfant et d’adolescent que j’écris cet avis, de l’époque ou j’avais découvert la série dans un magazine dont j’ai oublié le nom aujourd’hui, puis lorsque j’ai acheté les albums en édition originale, mais aussi quand je bavais comme un con devant l’intégrale contenu dans un sublime coffret aimanté sorti en 2001. Récemment j’ai essayé de relire Lanfeust de Troy mais j’ai dû m’arrêter au tome 2. Au final, cette série ne s’adresse qu’à un jeune public avec son humour omniprésent ras des pâquerettes pour collégien (et c’est bien ça le pire), les tentatives de séduction et les blagues de cul de Cixi m’ont gonflé, cul-cul comme la fin totalement convenue pas assez épique et grandiose à mon goût. Le duel Lanfeust/Thanos me fait penser à un Mégazord/Monstre dans un épisode des Power Rangers. J’ai passé l’âge en somme. Alors quelle note je mets, 3 ou 5 ? Si j’avais lu les albums avec mon regard d’adulte forcément ma note serait beaucoup plus basse mais je vais prendre cette série pour ce qu’elle est, une série incontournable destinée aux vieux enfants et jeunes ados, les 8-12 ans quoi. Oh et puis aller, 4, c’est le juste milieu.
Miss Pas Touche
Très belle surprise pour moi. La série est une réussite à tous les niveaux. Les ambiances du Paris des années 30, ainsi que celle de la maison close de luxe sont parfaites. Les dessins ne touchent certes pas au sublime mais ils sont modernes et dynamiques. Ils sont assez « mignons » et le décalage avec des personnages durs et une histoire cruelle est saisissant. J’ai adoré l’héroïne à la fois touchante et drôle, sorte de Sainte-Nitouche en contraste avec un environnement plein de vices. L’histoire, quant à elle, est passionnante et j’ai littéralement dévoré les 4 tomes. A lire de toute urgence.