Cette bd est aussi magique que le monde qu’elle décrit…
Il n’y a rien à jeter là-dedans : tout est beau. L’histoire est brillante, bien menée, d’une grande justesse et on ne peut fermer le dernier tome sans avoir un petit quelque chose dans la gorge.
L’univers créé ici est complet, sans fausse note et on s’y plonge comme dans un bain chaud un soir d’hiver. Les aventures de Pélisse et Bragon nous emmènent au confins de notre imagination et on ne peut que louer le talent de Letendre pour avoir imaginer tout cela au regard de notre seul plaisir.
Loisel parachève le coup de maître avec son trait d’une grande justesse qui vient illustrer magnifiquement ce scénario en or. Il nous immerge dans une ambiance pleine de nuances, avec une galerie de personnages, de décors et de bêtes tout aussi juste les uns que les autres.
Vous l’avez compris, les superlatifs et les compliments manquent pour cette bd, alors pour ceux qui ne l’ont pas encore fait, ne passez plus à côté, lisez cette merveille.
Un véritable Ovni que cette bd intitulée sobrement "Souvenirs de l'Empire de l'Atome", de Thierry Smolderen (à qui l'on doit déjà cette superbe série Ghost money) et A. Clérisse, dont je découvre le dessin.
Tout d'abord, un objet éditorial de grande qualité édité étrangement par Dargaud alors que le format le rapprochait plus des albums en provenance de Futuropolis.
Découpée en plusieurs chapitres, qui vont dans le désordre de 1926 à l'an 110 000 dans le futur, en passant par l'année charnière 1958, cette histoire peut paraître confuse, voire compliquée mais elle bénéficie d'un scénario en béton qui en fait une lecture très fluide et très agréable. Bref, cette bande dessinée est un véritable régal, voire la révélation de l'année 2013.
Véritable hommage aux thèmes de science-fiction developpés dans les années 50 (et inspiré apparemment d'un fait divers réel), cet album réconcilie à la fois le franco-belge (avec l'exposition universelle de Bruxelles de 1958 ) et l'inspiration des bd américaines de science-fiction. On y croise d'ailleurs un André Franquin et une rousse plantureuse et incendiaire issue de Mad Men, un clone de Zorglub, et certainement d'autres références (une Ford T, un Georges Bush Sr) qui mériteraient une seconde lecture.
Ouvrage fort riche et à plus d'un titre intéressant, qui, s'il le fallait, est encore réhaussé par le magnifique dessin décalé d'Alexandre Clérisse qui donne à cet album à la fois cet aspect désuet des années 50 et toute sa modernité. Un comble, non ?
Bref, s'il ne fallait conseiller qu'un seul livre à lire depuis ce début 2013, ce serait sans nul doute celui-là.
Tomes 1 à 7: Tomes 8 et 9: Tome 10:
Note moyenne: 4.5/5
Une très belle série, assurément, qui a sa place dans les immanquables.
En effet, elle possède de nombreuses qualités qui m'ont souvent bluffé, à plusieurs niveaux.
Déjà, le scénario est très original, et bien construit.
J'étais assez dubitatif sur le fait de faire cohabiter des animaux anthropomorphes et des humains, mais finalement, ce mariage est réussi, et je n'en fus plus troublé au bout de quelques pages.
Cette histoire prend tour à tour différentes saveurs au fil des albums: d'une chasse au trésor dans une ambiance piratesque et loufoque, on passe à un conte empreint d'une ambiance lunaire et onirique, pour finir sur une guerre fratricide entre deux monarques, certes assez manichéenne.
L'imaginaire développé par Ayroles est époustouflant. Quelle richesse en personnages!
De fiers canidés à l'escrime digne de Dartagnan, un lapin qui a oeuvré dans la garde du cardinal, un savant fou pas si fou que ça, un radin qui n'a rien à envier à l'avare de Molière, un détestable roi banni au faciès crochu comme un croissant de lune, maitre d'une armée de mimes, et des pirates bouleversés par des inquiétudes métaphysiques, sont entre autres de la partie, c'est dire....
La tournure du récit prend volontiers celle d'un roman d'apprentissage, comme aurait pu le faire le grand Voltaire, avec des critiques subtilement suggérées sur l'espèce humaine et ses plus grands travers: avarice, convoitise, égocentrisme, mégalomanie, obscurantisme, hégémonisme.
On distingue notamment une critique assez acerbe du feu Louis XIV.
Impossible de faire la critique de cette oeuvre sans louer l'immense qualité des dialogues.
D'un niveau et d'une richesse lexicale inouie, cette lecture m'a permis d'apprendre de nouveaux mots.
Chose qui devient de plus en plus rare, hélas, il n'y a pas une faute d'orthographe à déplorer.
Et que dire des nombreux poèmes en alexandrins et tirades qui n'ont rien à envier aux plus grands dramaturges?
La saveur de cette lecture est telle que les dialogues seuls la rendraient unique.
Non content de nous ravir avec un scénario palpitant, des personnages des plus attachants, et des répliques qui nous transportent littéralement, Alain Ayroles a su s'entourer d'un brillantissisme dessinateur: Jean-Luc Masbou, que j'ai découvert avec cette oeuvre.
Je suis stupéfait par autant de talent...
La justesse dans le trait, pour rendre l'anatomie animale ou humaine fidèle, les éléments d'arrière plan qui viennent souvent agrémenter une case pour lui donner un côté comique, les mimiques des personnages, toujours justes, pour chaque émotion possible et imaginable, de la tristesse à la joie, de la colère à la bonhomie.
Et que dire des couleurs !!! J'ai plusieurs fois été scotché devant certaines cases, notamment celles se déroulant sur (ou sous!) la mer, mais aussi par ses aubes et ses couchers de soleil, par le réalisme avec lequel il donne l'image de la lumière, que ce soit celles d'une torche, d'un luxeux et royal lustre, ou d'un étoile céleste.
J'ai hélas tout de même quelques brefs griefs à formuler...
Mon enthousiasme s'est un peu étiolé à partir du tome 8. Le personnage du maitre d'arme m'a un peu déçu, je m'attendais à un peu plus de mystère sur sa nature, un peu plus de charisme aussi.
Après avoir entendu parler de lui dans les tomes précedents, je m'attendais à trouver autre chose qu'un mousquetaire au nez Cyranesque et ne conversant qu'en poème, mais bon...
Même l'histoire commence un peu à s'essoufler à partir de là. Alors que le rythme était effréné auparavant, j'ai trouvé que les auteurs mettaient un frein pour faire durer inutilement cette histoire, et malheureusement on finirait presque par s'enliser...
Quant au tome 10, il est très surfait, superflu. Seules les premières pages apportent quelquechose, et on aurait sans peine pu fusionner ce tome avec le précedent. L'essentiel de ce dernier album est du remplissage inutile en bonne et due forme...Certaines scènes sont tout bonnement ridicules ou baclées (comme celle avec le duel entre Raïs Kader et Don Lope, par exemple).
Malgré tout, cela reste fort heureusement une oeuvre colossale. Originale, captivante, agréable à lire et à regarder, incontestablement, un monument de la BD !
(200)
Je ne sais pas comment les moins de 25 ans perçoivent cette catastrophe aujourd’hui, mais je me souviens qu’à l’époque ce fut (pour moi en tous cas) un énorme traumatisme malgré les tentatives du gouvernement et des médias français pour en minimiser la portée.
Tout d’abord, ce qui frappe au premier coup d’œil dans cette BD, c’est la beauté du graphisme, avec le recours à une aquarelle sépia et monochrome aux tonalités parfois très sombres, conférant une atmosphère oppressante dès les premières pages. C’est ainsi que l’on va suivre l’auteur dans son expédition avec la boule au ventre, comme si on y était, vers ce no man’s land terrifiant où le danger est invisible mais omniprésent. TCHER-NO-BYL . Ces trois syllabes, qui sonnent comme une explosion, une sorte d’éternuement atomique, exercent toujours le même pouvoir de fascination morbide mêlée d’effroi. Les voyeurs, eux, seront très certainement déçus, car ici Lepage évacue la question des malformations dès le début en ne faisant que reproduire – pudiquement - quelques photos d’enfants difformes prises quelques années après l’explosion, histoire de mettre les choses au clair. Une fois passés les questionnements liés à l’appréhension d’un tel voyage, l’arrivée dans la zone maudite, la découverte d’une ville fantôme et de ses ruines, l’approche de la centrale, gueule béante des enfers, comme un défi face à un monstre endormi, le récit va évoluer vers quelque chose d’inattendu, posant à Lepage et ses camarades artistes mille questions, leur imposant un virage à 180° - le titre résume tout. En effet, force leur est de constater, avec l’arrivée de la belle saison, que la nature s’est adaptée et a repris le dessus. La couleur, très rare au début, se fait de plus en plus fréquente, conférant à l’ensemble de la légèreté et éloignant la chape de plomb nucléaire.
Telle est la question se posant aux auteurs : comment décrire l’invisible ? Une nature exubérante aux couleurs chatoyantes, comme dopée par la radioactivité, contre toute attente. Une nature accueillante et omniprésente tout en restant très dangereuse pour quiconque s’y attarderait. Plus largement, se pose la question de l’objectivité de l’œuvre documentaire. Mandatés par une association humanitaire pour dénoncer les dangers du nucléaire, les auteurs sont confrontés à un vrai dilemme : doivent-ils dessiner ce qu’on attend d’eux ou dépeindre la réalité telle qu’ils la voient ?
A travers cette magnifique BD, l’auteur nous livre une œuvre libre, personnelle et sincère. Avec humilité et sensibilité, Lepage nous donne également à voir de beaux portraits des habitants de la région (et n’oublie pas au passage de rendre hommage aux « liquidateurs » qui se sont littéralement sacrifiés). Certains moments sont véritablement poignants, je peux affirmer sans hésitation qu’il s’agit de la meilleure BD documentaire qu’il m’ait été donnée de lire. Et en ce qui me concerne, malgré l’ « optimisme » dégagé par cette histoire, je ne suis pas devenu pour autant partisan du nucléaire. Cela reste une énergie terriblement dangereuse pour l’homme (qui voudrait habiter Tchernobyl à moins d’être suicidaire ?). Cet ouvrage ne fait que prouver que la nature s’en est toujours très bien sortie – et mieux – sans l’Homme, et devrait donc nous inciter à plus d’humilité devant des forces que l’on ne contrôle pas, comme en témoigne la catastrophe plus récente de Fukushima.
LE "Star Wars psychédélique" de la BD française. Un monument indétrônable. 6 tomes qui se lisent d'une traite, sans temps mort. Ils sont tous excellents. Jodorowsky et Moebius sont très en forme (1ère collaboration je crois) et livrent là leur oeuvre maîtresse (une des meilleures de Jodorowsky, en tout cas qui met tout le monde d'accord contrairement à d'autres).
Pour ma part la meilleure série de Jodorowsky avec Le Lama blanc, Juan Solo et La Caste des Méta-barons (voire Face de Lune aussi).
Nous suivons tout d'abord l'existence d'un citoyen lambda "John Difool" qui va, au fur et à mesure, devenir une sorte de "messie". Dans une "cité-puits" du futur. Les catégories sociales sont proportionnelles aux étages des différents niveaux (Le roi tout en haut, puis les aristocrates, puis les prolétaires et ainsi de suite jusqu'aux gueux et terroristes du lac d'acide tout en bas. Et puis il y a encore plus bas (album "ce qui est en bas" mais chut...). Et puis un autre album "ce qui est en haut" aussi. Au-dessus de la cité-puits, il y a la surface ou il n'y a... rien (ah si des champs labourés par des espèces de moissonneuses-batteuses du futur). Et plus haut le techno-pape et sa base en forme d'oeuf noir. Excellent ! Une sorte d'empereur de la force obscure. Voilà pour le décor. Après c'est du Star Wars complètement psychotronique.
Les 2 derniers tomes partent dans un trip cosmico-psychédélico-mystique assez hallucinant absolument bien géré et limpide (ce qui n'est pas le cas de toutes les séries de Jodorowsky qui peuvent se révéler indigestes ou bâclées). Là c'est divin. Une véritable illumination cosmique (que vous ne trouverez jamais dans Star Wars).
J'ai entendu dire que Moebius et Jodo s'étaient inspirés entre autres de leur travail sur le film "Dune" que devait réaliser Jodorowsky mais repris par David Lynch. Les producteurs ayant pris peur car Jodorowsky avait pour idée (entre autres) de confier le rôle de l'empereur à Salvador Dali sur un trône en forme de chiotte... Je les comprends ^^. Mais là je m'égare. Pour en revenir à l'Incal je n'ai pas envie de raconter toute l'histoire et puis tout le monde a lu ce monument je pense.
J'ai adoré également la suite ou plutôt la préquelle Avant l'Incal avec Janjetov. Mais on n'est pas au niveau - bien sûr - de la puissance de la série originelle.
Une série que j'ai découverte grâce à l'album n°3 : "La nuit du chat" que je possédais dans ma jeunesse. Cet album je l'ai lu et relu pendant toutes ces années et chaque lecture n'a fait qu'augmenter mon amour et ma passion pour cette bd. Ce n'est que plus tard que j'ai découvert "Les baleines publiques" et "Les sculpteurs de lumière".
En général on est souvent déçu par une série qu'on a aimé dans sa jeunesse. Et bien là non. Pas du tout. C'est plutôt rare pour le signaler.
Ces 3 albums sont des merveilles de poésie, d'amour de la nature, des animaux de toutes sortes et d'une certaine recherche de fantastique dans le quotidien. J'adhère totalement car moi aussi je suis en recherche d'une certaine atmosphère fantastique (je fais de la photo), que ce soit en forêt, en ville ou même dans un terrain vague. Et l'album de "La nuit du chat", que j'ai du lire pour la 1ère fois vers 10 ou 12 ans m'a profondément marqué voire inspiré inconsciemment. Cette "quête" de Brousaille pour retrouver son chat la nuit à travers les jardins, les voix ferrées est absolument magique voire mystique (c'est un peu fort ?). Et puis ce vieux clochard à la fin, qui garde secretement son petit désert de sable dans sa maison (qui logiquement ne sert à rien), de la poésie à l'état pur.
Les sculpteurs de lumière est tout aussi bon, si ce n'est supérieur au niveau des dessins ( petite rectification après relecture: non, la nuit du chat est encore plus beau). Rien à jeter. Je ne m'étendrai pas sur l'intrigue. C'est une merveille.
"Les baleines publiques" est très bon lui aussi mais peut être légèrement inférieur.
Seul petit reproche cependant. Le personnage de Broussaille est un peu niais à mon goût (voire beaucoup). C'est le jeune écolo sympa, cliché à mort. C'est quand même un point important qui logiquement devrait m'empêcher de mettre 5/5 à cette série. Et bien non car pour moi ce héros n'est qu'un prétexte à Franck pour nous faire partager sa passion et son amour la nature.
Inutile de préciser que les dessins et les couleurs sont fabuleux. Dans le genre franco-belge c'est du très haut niveau.
Donc récapitulons:
- Les baleines publiques: ****
- Les sculpteurs de lumière: *****
- La nuit du chat: *****
Les autres je ne les ai malheureusement pas lus.
Je me lance dans la critique de cette série même si je n'ai lu que les tomes 1, 2, 3 et 4 . Car ce 5 étoiles est surtout dû au traumatisme que m'a causé le tome 2, les Jardins d'Edena. Cet album fait partie de mes madeleines de Proust de la BD. Un des meilleurs albums de Moebius si ce n'est le meilleur.
De la S.F "moebiusienne" dans toute sa splendeur, absolument magique, pur , prophétique... Le dessin, les couleurs, le scénario, tout confère au sublime. Un véritable voyage astral. Ce conte de science-fiction décrit les aventures d'un couple de voyageurs spatiaux échoué sur une planète semblable au mythique jardin d'Eden de la bible.
Tout d'abord asexués (ils ne mangent que des pilules ce qui leur ôte tout caractère sexuel, mental et physique) et se comportant plus comme un frère et une soeur, ils vont peu à peu, faute de matériel synthétiseur de pilules, se mettre à manger de la matière vivante (manger une pomme est pour eux au départ qualifié de cannibalisme), puis peu à peu retrouver leurs caractères sexuels. Nous imaginons bien là l'être humain du futur, immortel, vacciné contre toutes les maladies et bactéries.
Puis ils vont être séparés et ne chercheront plus qu'à se retrouver (ils ont redécouvert l'amour qui les lie) et affronter les habitants curieusement masqués de cette planète, et cette énigmatique "paterne"...
Les albums 3 et 4 sont bons mais rien à voir avec la puissance (dessin, scénario et couleur) du tome 2 (très années 80 mais à la beauté intemporelle). Le tome 3 se focalise sur l'errance d'Atan (devenu Atana) qui va découvrir la base souterraine de la paterne et le tome 4 sur celle de Stel, qui lui continue d’errer à la surface et de "rencontrer" régulièrement le maître des rêves.
Le tome 1 est quant à lui plus un tome d'introduction avec plusieurs petites histoires, dont une possédant des dessins sublimissimes. C'est quand même un bon tome très utile à la découverte de cet univers et décuplant la puissance du 2.
Je n'ai pas lu le tome 5 et 6 qui sont parait-il décevants . En tout cas je laisse cette note de 5 étoiles car même 2 tomes mauvais ne peuvent effacer le rayonnement quasi mystique que procure la lecture des "Jardins d'Edena" (j'en avais même rêvé à l'époque c'est dire).
Je recherche les éditions originales, surtout pour le tome 2, tel le Graal car une amie me l'a lâchement volé il y a plusieurs années.
Anselme Lanturlu, c'est lorsqu'un ancien scientifique du CNRS spécialisé dans la cosmologie et la physique des plasmas décide de vulgariser en BD la physique plutôt orientée cosmos, et de temps à autres, des concepts peu courants pour tout un chacun de la physique du 20ème siècle ....
Jean-Pierre Petit est réellement un personnage atypique dans l'univers de la BD !
Sa série était autrefois éditée au prix fort chez Belin (environ une fois et demi le prix d'une BD classique) et mal distribuée.
Depuis, l'auteur a racheté ses droits, et la laisse libre en téléchargements gratuits sur le site "savoir sans frontières".
Via un système de dons tout à fait transparent sur le site, il rémunère aussi des traducteurs pour qu'elle soit accessible au plus grand nombre (420 traductions multi-langues à ce jour) :
http://www.savoir-sans-frontieres.com/JPP/telechargeables/free_downloads.htm#francais
Deux albums sont très datés des années 80 et n'apportent plus grand chose aujourd'hui : La CAO sans peine - Money back découvre l'informatique (BD très orientées sur le Basic, langage plus guère utilisé, et sur l'ordinateur de poche Sharp 1260/ ou 1261, ... que l'on trouvera difficilement sur eBay).
L’album le plus rébarbatif m’a semblé être « Le Topologicon » (retournement mathématique d'objets 3D et tout particulièrement de la sphère ... prévoir un tube d'aspirines pour maux de tête avant la lecture de cet opus...).
Les plus accessibles aux non scientifiques : Le tour du monde en 80 minutes – Cosmic Story - Les 1001 Nuits Scientifiques
Les plus distrayants aux scientifiques en herbe ou plus aguerris : Le Géométricon – L’Aspirisoufle (anciennement « Si on Volait » aux éditions Bélin - application de la loi de Bernoulli) – Big-Bang – Mille Milliards de Soleils – Tout est Relatif - Joyeuses Apocalypses - Le Trou Noir - Plus Vite que la Lumière - L'univers Gemellaire -
Quelques albums sortent du champs de la physique tel "l’Economicon" (sur les principes généraux de l'économie), "L’informagique" (les bases de départ du fonctionnement d'un ordinateur), "le Logotron" (mécanisme de la formation des mots dans le langage), "le Spondyloscope" (sur la structure du corps humain, os/vertèbres), "Mécavol" et "La Passion Verticale" (sur l'aéronaurique), "A quoi rêvent les Robots" (sur l'ingénieurie robotique).
Le choc de lecture qui a été le plus grand en ce qui mon concerne était « Le mur du silence » où l’on y explique le MHD (magnétohydrodynamisme) inventé par le scientifique russe Andrei Sakharov, et qui démontre un mode de propulsion sans frottements quelque soit le milieu (liquide, air).
Et sur le site assez polémiste mais très intéressant de Jean-Pierre Petit, (http://www.jp-petit.org/nouv_f/nouveau.html) l’on pourra lire dans les anciens articles qu’il semblerait que des torpilles de sous-marins russes fileraient aujourd’hui avec cette technologie de propulsion sans frottement à près de 2.000 km/h sous l’eau …, et que le Koursk a coulé pas si accidentellement qu’on le laisse entendre, ... et que les USA ne seraient pas si étrangers à sa perdition à très faible profondeur dans la Mer Baltique, ... et que si personne n'était autorisé et n'est venu à la plus élémentaire rescousse de l'équipage du sous-marin, c'est très vraisemblablement du fait qu’il y avait pas mal de choses à cacher, entre-autre sur cette technologie MHD ... qui devait très vraisemblablement être en démo pour des Chinois disparus avec le Koursk, et prêts à acquérir ce type d’armes …
Il semblerait aussi que les USA ont dû lâcher un gros paquet de royalties pour que l’affaire soit définitivement étouffée au Kremlin très très en colère ...
Les USA utiliseraient aussi cette technologie dans leurs avions militaires pour permettre des accélérations subites (sphère de halo visible au moment où elle est actionnée)...
Revenant aux BD, se dire qu’à chaque lecture de chacune de celles-ci, de surcroît libre de téléchargement et donc gratuite, l’on se trouve un peu moins ignorant, est très réjouissant, et est un fait rarissime dans l’univers de la BD d’abord mercantile et ensuite jamais intellectuellement aussi relevé.
Le dessin simple n’en est pas moins très adroit et élégant pour le but didactique visé, avec chaque fois une bien pulpeuse Sophie pour nous guider et nous accompagner dans nos apprentissages, à côté d'Anselme et ses animaux de compagnie particuliers (un pélican, un oiseau plus ordinaire, et un escargot)
…
Il y a des planches bien plus graphiques que les deux mises en ligne ! Mais d'autres qui le sont moins également !
Un magnifique contre-pied à tout le système de production de la BD en général, et dont on aurait tort de se priver … alors qu'il nous est offert !
Cette lecture a été un choc !
Jodo, je ne l'apprécie qu'à dose homéopathique, et vraiment pas dans tout ce qu'il a éructé ... mais ici, comme dans L'Incal ou Le Lama blanc ou Alef-Thau, oui, et même tout particulièrement pour cette scénarisation-ci !
Cadelo est un maître pour oser des univers différents ; et il excelle dans cette voie osée.
A lecture lente, on goûte tout le parti pris osé des deux protagonistes auteurs de cette chose étrange et foncièrement originale ; une eau forte vous dis-je ...
Si vous avez le coeur bien accroché ... et un brin de mysticisme ...
La préface signée Cyril Pedrosa ainsi que la postface de Craig Thompson étaient très ambitieuses. On nous promettait une lecture qu'on n'était pas près d'oublier. Pour une fois, ce n'était pas seulement une accroche promotionnelle cautionnée par deux grands noms de la bande dessinée.
J'ai franchement adoré ce magnifique album atypique qui s'est infusé progressivement en moi au fil de la lecture. Tout d'abord la beauté d'un dessin assez précis et détaillé. Puis des couleurs éclatantes, puissantes et profondes. Et enfin, une narration subtile et fluide. J'ai pris une grande claque. Il y aura dix chapitres qui présentent notre héros à différents âges et sans chronologie. Cependant, tout semble se tenir dans une parfaite cohérence. Bref, une maîtrise totale !
Cette réflexion sur la mort et les différentes vies possibles selon les choix qu'on opère nous rappelle l'essentiel. Le scénario d'une vie, celle d'un écrivain dans les pas de son père et qui essaye de se construire. Les émotions brutes sont décuplées dans une logique d'ensemble pour un final qui sera magistralement beau.
Achat conseillé car loin de toute légèreté et naïveté qui pèsent sur les différentes oeuvres. 4,5 étoiles.
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La Quête de l'Oiseau du Temps
Cette bd est aussi magique que le monde qu’elle décrit… Il n’y a rien à jeter là-dedans : tout est beau. L’histoire est brillante, bien menée, d’une grande justesse et on ne peut fermer le dernier tome sans avoir un petit quelque chose dans la gorge. L’univers créé ici est complet, sans fausse note et on s’y plonge comme dans un bain chaud un soir d’hiver. Les aventures de Pélisse et Bragon nous emmènent au confins de notre imagination et on ne peut que louer le talent de Letendre pour avoir imaginer tout cela au regard de notre seul plaisir. Loisel parachève le coup de maître avec son trait d’une grande justesse qui vient illustrer magnifiquement ce scénario en or. Il nous immerge dans une ambiance pleine de nuances, avec une galerie de personnages, de décors et de bêtes tout aussi juste les uns que les autres. Vous l’avez compris, les superlatifs et les compliments manquent pour cette bd, alors pour ceux qui ne l’ont pas encore fait, ne passez plus à côté, lisez cette merveille.
Souvenirs de l'empire de l'atome
Un véritable Ovni que cette bd intitulée sobrement "Souvenirs de l'Empire de l'Atome", de Thierry Smolderen (à qui l'on doit déjà cette superbe série Ghost money) et A. Clérisse, dont je découvre le dessin. Tout d'abord, un objet éditorial de grande qualité édité étrangement par Dargaud alors que le format le rapprochait plus des albums en provenance de Futuropolis. Découpée en plusieurs chapitres, qui vont dans le désordre de 1926 à l'an 110 000 dans le futur, en passant par l'année charnière 1958, cette histoire peut paraître confuse, voire compliquée mais elle bénéficie d'un scénario en béton qui en fait une lecture très fluide et très agréable. Bref, cette bande dessinée est un véritable régal, voire la révélation de l'année 2013. Véritable hommage aux thèmes de science-fiction developpés dans les années 50 (et inspiré apparemment d'un fait divers réel), cet album réconcilie à la fois le franco-belge (avec l'exposition universelle de Bruxelles de 1958 ) et l'inspiration des bd américaines de science-fiction. On y croise d'ailleurs un André Franquin et une rousse plantureuse et incendiaire issue de Mad Men, un clone de Zorglub, et certainement d'autres références (une Ford T, un Georges Bush Sr) qui mériteraient une seconde lecture. Ouvrage fort riche et à plus d'un titre intéressant, qui, s'il le fallait, est encore réhaussé par le magnifique dessin décalé d'Alexandre Clérisse qui donne à cet album à la fois cet aspect désuet des années 50 et toute sa modernité. Un comble, non ? Bref, s'il ne fallait conseiller qu'un seul livre à lire depuis ce début 2013, ce serait sans nul doute celui-là.
De Cape et de Crocs
Tomes 1 à 7:
Tomes 8 et 9:
Tome 10:
Note moyenne: 4.5/5
Une très belle série, assurément, qui a sa place dans les immanquables.
En effet, elle possède de nombreuses qualités qui m'ont souvent bluffé, à plusieurs niveaux.
Déjà, le scénario est très original, et bien construit.
J'étais assez dubitatif sur le fait de faire cohabiter des animaux anthropomorphes et des humains, mais finalement, ce mariage est réussi, et je n'en fus plus troublé au bout de quelques pages.
Cette histoire prend tour à tour différentes saveurs au fil des albums: d'une chasse au trésor dans une ambiance piratesque et loufoque, on passe à un conte empreint d'une ambiance lunaire et onirique, pour finir sur une guerre fratricide entre deux monarques, certes assez manichéenne.
L'imaginaire développé par Ayroles est époustouflant. Quelle richesse en personnages!
De fiers canidés à l'escrime digne de Dartagnan, un lapin qui a oeuvré dans la garde du cardinal, un savant fou pas si fou que ça, un radin qui n'a rien à envier à l'avare de Molière, un détestable roi banni au faciès crochu comme un croissant de lune, maitre d'une armée de mimes, et des pirates bouleversés par des inquiétudes métaphysiques, sont entre autres de la partie, c'est dire....
La tournure du récit prend volontiers celle d'un roman d'apprentissage, comme aurait pu le faire le grand Voltaire, avec des critiques subtilement suggérées sur l'espèce humaine et ses plus grands travers: avarice, convoitise, égocentrisme, mégalomanie, obscurantisme, hégémonisme.
On distingue notamment une critique assez acerbe du feu Louis XIV.
Impossible de faire la critique de cette oeuvre sans louer l'immense qualité des dialogues.
D'un niveau et d'une richesse lexicale inouie, cette lecture m'a permis d'apprendre de nouveaux mots.
Chose qui devient de plus en plus rare, hélas, il n'y a pas une faute d'orthographe à déplorer.
Et que dire des nombreux poèmes en alexandrins et tirades qui n'ont rien à envier aux plus grands dramaturges?
La saveur de cette lecture est telle que les dialogues seuls la rendraient unique.
Non content de nous ravir avec un scénario palpitant, des personnages des plus attachants, et des répliques qui nous transportent littéralement, Alain Ayroles a su s'entourer d'un brillantissisme dessinateur: Jean-Luc Masbou, que j'ai découvert avec cette oeuvre.
Je suis stupéfait par autant de talent...
La justesse dans le trait, pour rendre l'anatomie animale ou humaine fidèle, les éléments d'arrière plan qui viennent souvent agrémenter une case pour lui donner un côté comique, les mimiques des personnages, toujours justes, pour chaque émotion possible et imaginable, de la tristesse à la joie, de la colère à la bonhomie.
Et que dire des couleurs !!! J'ai plusieurs fois été scotché devant certaines cases, notamment celles se déroulant sur (ou sous!) la mer, mais aussi par ses aubes et ses couchers de soleil, par le réalisme avec lequel il donne l'image de la lumière, que ce soit celles d'une torche, d'un luxeux et royal lustre, ou d'un étoile céleste.
J'ai hélas tout de même quelques brefs griefs à formuler...
Mon enthousiasme s'est un peu étiolé à partir du tome 8. Le personnage du maitre d'arme m'a un peu déçu, je m'attendais à un peu plus de mystère sur sa nature, un peu plus de charisme aussi.
Après avoir entendu parler de lui dans les tomes précedents, je m'attendais à trouver autre chose qu'un mousquetaire au nez Cyranesque et ne conversant qu'en poème, mais bon...
Même l'histoire commence un peu à s'essoufler à partir de là. Alors que le rythme était effréné auparavant, j'ai trouvé que les auteurs mettaient un frein pour faire durer inutilement cette histoire, et malheureusement on finirait presque par s'enliser...
Quant au tome 10, il est très surfait, superflu. Seules les premières pages apportent quelquechose, et on aurait sans peine pu fusionner ce tome avec le précedent. L'essentiel de ce dernier album est du remplissage inutile en bonne et due forme...Certaines scènes sont tout bonnement ridicules ou baclées (comme celle avec le duel entre Raïs Kader et Don Lope, par exemple).
Malgré tout, cela reste fort heureusement une oeuvre colossale. Originale, captivante, agréable à lire et à regarder, incontestablement, un monument de la BD !
(200)
Un printemps à Tchernobyl
Je ne sais pas comment les moins de 25 ans perçoivent cette catastrophe aujourd’hui, mais je me souviens qu’à l’époque ce fut (pour moi en tous cas) un énorme traumatisme malgré les tentatives du gouvernement et des médias français pour en minimiser la portée. Tout d’abord, ce qui frappe au premier coup d’œil dans cette BD, c’est la beauté du graphisme, avec le recours à une aquarelle sépia et monochrome aux tonalités parfois très sombres, conférant une atmosphère oppressante dès les premières pages. C’est ainsi que l’on va suivre l’auteur dans son expédition avec la boule au ventre, comme si on y était, vers ce no man’s land terrifiant où le danger est invisible mais omniprésent. TCHER-NO-BYL . Ces trois syllabes, qui sonnent comme une explosion, une sorte d’éternuement atomique, exercent toujours le même pouvoir de fascination morbide mêlée d’effroi. Les voyeurs, eux, seront très certainement déçus, car ici Lepage évacue la question des malformations dès le début en ne faisant que reproduire – pudiquement - quelques photos d’enfants difformes prises quelques années après l’explosion, histoire de mettre les choses au clair. Une fois passés les questionnements liés à l’appréhension d’un tel voyage, l’arrivée dans la zone maudite, la découverte d’une ville fantôme et de ses ruines, l’approche de la centrale, gueule béante des enfers, comme un défi face à un monstre endormi, le récit va évoluer vers quelque chose d’inattendu, posant à Lepage et ses camarades artistes mille questions, leur imposant un virage à 180° - le titre résume tout. En effet, force leur est de constater, avec l’arrivée de la belle saison, que la nature s’est adaptée et a repris le dessus. La couleur, très rare au début, se fait de plus en plus fréquente, conférant à l’ensemble de la légèreté et éloignant la chape de plomb nucléaire. Telle est la question se posant aux auteurs : comment décrire l’invisible ? Une nature exubérante aux couleurs chatoyantes, comme dopée par la radioactivité, contre toute attente. Une nature accueillante et omniprésente tout en restant très dangereuse pour quiconque s’y attarderait. Plus largement, se pose la question de l’objectivité de l’œuvre documentaire. Mandatés par une association humanitaire pour dénoncer les dangers du nucléaire, les auteurs sont confrontés à un vrai dilemme : doivent-ils dessiner ce qu’on attend d’eux ou dépeindre la réalité telle qu’ils la voient ? A travers cette magnifique BD, l’auteur nous livre une œuvre libre, personnelle et sincère. Avec humilité et sensibilité, Lepage nous donne également à voir de beaux portraits des habitants de la région (et n’oublie pas au passage de rendre hommage aux « liquidateurs » qui se sont littéralement sacrifiés). Certains moments sont véritablement poignants, je peux affirmer sans hésitation qu’il s’agit de la meilleure BD documentaire qu’il m’ait été donnée de lire. Et en ce qui me concerne, malgré l’ « optimisme » dégagé par cette histoire, je ne suis pas devenu pour autant partisan du nucléaire. Cela reste une énergie terriblement dangereuse pour l’homme (qui voudrait habiter Tchernobyl à moins d’être suicidaire ?). Cet ouvrage ne fait que prouver que la nature s’en est toujours très bien sortie – et mieux – sans l’Homme, et devrait donc nous inciter à plus d’humilité devant des forces que l’on ne contrôle pas, comme en témoigne la catastrophe plus récente de Fukushima.
L'Incal
LE "Star Wars psychédélique" de la BD française. Un monument indétrônable. 6 tomes qui se lisent d'une traite, sans temps mort. Ils sont tous excellents. Jodorowsky et Moebius sont très en forme (1ère collaboration je crois) et livrent là leur oeuvre maîtresse (une des meilleures de Jodorowsky, en tout cas qui met tout le monde d'accord contrairement à d'autres). Pour ma part la meilleure série de Jodorowsky avec Le Lama blanc, Juan Solo et La Caste des Méta-barons (voire Face de Lune aussi). Nous suivons tout d'abord l'existence d'un citoyen lambda "John Difool" qui va, au fur et à mesure, devenir une sorte de "messie". Dans une "cité-puits" du futur. Les catégories sociales sont proportionnelles aux étages des différents niveaux (Le roi tout en haut, puis les aristocrates, puis les prolétaires et ainsi de suite jusqu'aux gueux et terroristes du lac d'acide tout en bas. Et puis il y a encore plus bas (album "ce qui est en bas" mais chut...). Et puis un autre album "ce qui est en haut" aussi. Au-dessus de la cité-puits, il y a la surface ou il n'y a... rien (ah si des champs labourés par des espèces de moissonneuses-batteuses du futur). Et plus haut le techno-pape et sa base en forme d'oeuf noir. Excellent ! Une sorte d'empereur de la force obscure. Voilà pour le décor. Après c'est du Star Wars complètement psychotronique. Les 2 derniers tomes partent dans un trip cosmico-psychédélico-mystique assez hallucinant absolument bien géré et limpide (ce qui n'est pas le cas de toutes les séries de Jodorowsky qui peuvent se révéler indigestes ou bâclées). Là c'est divin. Une véritable illumination cosmique (que vous ne trouverez jamais dans Star Wars). J'ai entendu dire que Moebius et Jodo s'étaient inspirés entre autres de leur travail sur le film "Dune" que devait réaliser Jodorowsky mais repris par David Lynch. Les producteurs ayant pris peur car Jodorowsky avait pour idée (entre autres) de confier le rôle de l'empereur à Salvador Dali sur un trône en forme de chiotte... Je les comprends ^^. Mais là je m'égare. Pour en revenir à l'Incal je n'ai pas envie de raconter toute l'histoire et puis tout le monde a lu ce monument je pense. J'ai adoré également la suite ou plutôt la préquelle Avant l'Incal avec Janjetov. Mais on n'est pas au niveau - bien sûr - de la puissance de la série originelle.
Broussaille
Une série que j'ai découverte grâce à l'album n°3 : "La nuit du chat" que je possédais dans ma jeunesse. Cet album je l'ai lu et relu pendant toutes ces années et chaque lecture n'a fait qu'augmenter mon amour et ma passion pour cette bd. Ce n'est que plus tard que j'ai découvert "Les baleines publiques" et "Les sculpteurs de lumière". En général on est souvent déçu par une série qu'on a aimé dans sa jeunesse. Et bien là non. Pas du tout. C'est plutôt rare pour le signaler. Ces 3 albums sont des merveilles de poésie, d'amour de la nature, des animaux de toutes sortes et d'une certaine recherche de fantastique dans le quotidien. J'adhère totalement car moi aussi je suis en recherche d'une certaine atmosphère fantastique (je fais de la photo), que ce soit en forêt, en ville ou même dans un terrain vague. Et l'album de "La nuit du chat", que j'ai du lire pour la 1ère fois vers 10 ou 12 ans m'a profondément marqué voire inspiré inconsciemment. Cette "quête" de Brousaille pour retrouver son chat la nuit à travers les jardins, les voix ferrées est absolument magique voire mystique (c'est un peu fort ?). Et puis ce vieux clochard à la fin, qui garde secretement son petit désert de sable dans sa maison (qui logiquement ne sert à rien), de la poésie à l'état pur. Les sculpteurs de lumière est tout aussi bon, si ce n'est supérieur au niveau des dessins ( petite rectification après relecture: non, la nuit du chat est encore plus beau). Rien à jeter. Je ne m'étendrai pas sur l'intrigue. C'est une merveille. "Les baleines publiques" est très bon lui aussi mais peut être légèrement inférieur. Seul petit reproche cependant. Le personnage de Broussaille est un peu niais à mon goût (voire beaucoup). C'est le jeune écolo sympa, cliché à mort. C'est quand même un point important qui logiquement devrait m'empêcher de mettre 5/5 à cette série. Et bien non car pour moi ce héros n'est qu'un prétexte à Franck pour nous faire partager sa passion et son amour la nature. Inutile de préciser que les dessins et les couleurs sont fabuleux. Dans le genre franco-belge c'est du très haut niveau. Donc récapitulons: - Les baleines publiques: **** - Les sculpteurs de lumière: ***** - La nuit du chat: ***** Les autres je ne les ai malheureusement pas lus.
Le Monde d'Edena
Je me lance dans la critique de cette série même si je n'ai lu que les tomes 1, 2, 3 et 4 . Car ce 5 étoiles est surtout dû au traumatisme que m'a causé le tome 2, les Jardins d'Edena. Cet album fait partie de mes madeleines de Proust de la BD. Un des meilleurs albums de Moebius si ce n'est le meilleur. De la S.F "moebiusienne" dans toute sa splendeur, absolument magique, pur , prophétique... Le dessin, les couleurs, le scénario, tout confère au sublime. Un véritable voyage astral. Ce conte de science-fiction décrit les aventures d'un couple de voyageurs spatiaux échoué sur une planète semblable au mythique jardin d'Eden de la bible. Tout d'abord asexués (ils ne mangent que des pilules ce qui leur ôte tout caractère sexuel, mental et physique) et se comportant plus comme un frère et une soeur, ils vont peu à peu, faute de matériel synthétiseur de pilules, se mettre à manger de la matière vivante (manger une pomme est pour eux au départ qualifié de cannibalisme), puis peu à peu retrouver leurs caractères sexuels. Nous imaginons bien là l'être humain du futur, immortel, vacciné contre toutes les maladies et bactéries. Puis ils vont être séparés et ne chercheront plus qu'à se retrouver (ils ont redécouvert l'amour qui les lie) et affronter les habitants curieusement masqués de cette planète, et cette énigmatique "paterne"... Les albums 3 et 4 sont bons mais rien à voir avec la puissance (dessin, scénario et couleur) du tome 2 (très années 80 mais à la beauté intemporelle). Le tome 3 se focalise sur l'errance d'Atan (devenu Atana) qui va découvrir la base souterraine de la paterne et le tome 4 sur celle de Stel, qui lui continue d’errer à la surface et de "rencontrer" régulièrement le maître des rêves. Le tome 1 est quant à lui plus un tome d'introduction avec plusieurs petites histoires, dont une possédant des dessins sublimissimes. C'est quand même un bon tome très utile à la découverte de cet univers et décuplant la puissance du 2. Je n'ai pas lu le tome 5 et 6 qui sont parait-il décevants . En tout cas je laisse cette note de 5 étoiles car même 2 tomes mauvais ne peuvent effacer le rayonnement quasi mystique que procure la lecture des "Jardins d'Edena" (j'en avais même rêvé à l'époque c'est dire). Je recherche les éditions originales, surtout pour le tome 2, tel le Graal car une amie me l'a lâchement volé il y a plusieurs années.
Anselme Lanturlu
Anselme Lanturlu, c'est lorsqu'un ancien scientifique du CNRS spécialisé dans la cosmologie et la physique des plasmas décide de vulgariser en BD la physique plutôt orientée cosmos, et de temps à autres, des concepts peu courants pour tout un chacun de la physique du 20ème siècle .... Jean-Pierre Petit est réellement un personnage atypique dans l'univers de la BD ! Sa série était autrefois éditée au prix fort chez Belin (environ une fois et demi le prix d'une BD classique) et mal distribuée. Depuis, l'auteur a racheté ses droits, et la laisse libre en téléchargements gratuits sur le site "savoir sans frontières". Via un système de dons tout à fait transparent sur le site, il rémunère aussi des traducteurs pour qu'elle soit accessible au plus grand nombre (420 traductions multi-langues à ce jour) : http://www.savoir-sans-frontieres.com/JPP/telechargeables/free_downloads.htm#francais Deux albums sont très datés des années 80 et n'apportent plus grand chose aujourd'hui : La CAO sans peine - Money back découvre l'informatique (BD très orientées sur le Basic, langage plus guère utilisé, et sur l'ordinateur de poche Sharp 1260/ ou 1261, ... que l'on trouvera difficilement sur eBay). L’album le plus rébarbatif m’a semblé être « Le Topologicon » (retournement mathématique d'objets 3D et tout particulièrement de la sphère ... prévoir un tube d'aspirines pour maux de tête avant la lecture de cet opus...). Les plus accessibles aux non scientifiques : Le tour du monde en 80 minutes – Cosmic Story - Les 1001 Nuits Scientifiques Les plus distrayants aux scientifiques en herbe ou plus aguerris : Le Géométricon – L’Aspirisoufle (anciennement « Si on Volait » aux éditions Bélin - application de la loi de Bernoulli) – Big-Bang – Mille Milliards de Soleils – Tout est Relatif - Joyeuses Apocalypses - Le Trou Noir - Plus Vite que la Lumière - L'univers Gemellaire - Quelques albums sortent du champs de la physique tel "l’Economicon" (sur les principes généraux de l'économie), "L’informagique" (les bases de départ du fonctionnement d'un ordinateur), "le Logotron" (mécanisme de la formation des mots dans le langage), "le Spondyloscope" (sur la structure du corps humain, os/vertèbres), "Mécavol" et "La Passion Verticale" (sur l'aéronaurique), "A quoi rêvent les Robots" (sur l'ingénieurie robotique). Le choc de lecture qui a été le plus grand en ce qui mon concerne était « Le mur du silence » où l’on y explique le MHD (magnétohydrodynamisme) inventé par le scientifique russe Andrei Sakharov, et qui démontre un mode de propulsion sans frottements quelque soit le milieu (liquide, air). Et sur le site assez polémiste mais très intéressant de Jean-Pierre Petit, (http://www.jp-petit.org/nouv_f/nouveau.html) l’on pourra lire dans les anciens articles qu’il semblerait que des torpilles de sous-marins russes fileraient aujourd’hui avec cette technologie de propulsion sans frottement à près de 2.000 km/h sous l’eau …, et que le Koursk a coulé pas si accidentellement qu’on le laisse entendre, ... et que les USA ne seraient pas si étrangers à sa perdition à très faible profondeur dans la Mer Baltique, ... et que si personne n'était autorisé et n'est venu à la plus élémentaire rescousse de l'équipage du sous-marin, c'est très vraisemblablement du fait qu’il y avait pas mal de choses à cacher, entre-autre sur cette technologie MHD ... qui devait très vraisemblablement être en démo pour des Chinois disparus avec le Koursk, et prêts à acquérir ce type d’armes … Il semblerait aussi que les USA ont dû lâcher un gros paquet de royalties pour que l’affaire soit définitivement étouffée au Kremlin très très en colère ... Les USA utiliseraient aussi cette technologie dans leurs avions militaires pour permettre des accélérations subites (sphère de halo visible au moment où elle est actionnée)... Revenant aux BD, se dire qu’à chaque lecture de chacune de celles-ci, de surcroît libre de téléchargement et donc gratuite, l’on se trouve un peu moins ignorant, est très réjouissant, et est un fait rarissime dans l’univers de la BD d’abord mercantile et ensuite jamais intellectuellement aussi relevé. Le dessin simple n’en est pas moins très adroit et élégant pour le but didactique visé, avec chaque fois une bien pulpeuse Sophie pour nous guider et nous accompagner dans nos apprentissages, à côté d'Anselme et ses animaux de compagnie particuliers (un pélican, un oiseau plus ordinaire, et un escargot) … Il y a des planches bien plus graphiques que les deux mises en ligne ! Mais d'autres qui le sont moins également ! Un magnifique contre-pied à tout le système de production de la BD en général, et dont on aurait tort de se priver … alors qu'il nous est offert !
La Saga d'Alandor
Cette lecture a été un choc ! Jodo, je ne l'apprécie qu'à dose homéopathique, et vraiment pas dans tout ce qu'il a éructé ... mais ici, comme dans L'Incal ou Le Lama blanc ou Alef-Thau, oui, et même tout particulièrement pour cette scénarisation-ci ! Cadelo est un maître pour oser des univers différents ; et il excelle dans cette voie osée. A lecture lente, on goûte tout le parti pris osé des deux protagonistes auteurs de cette chose étrange et foncièrement originale ; une eau forte vous dis-je ... Si vous avez le coeur bien accroché ... et un brin de mysticisme ...
Daytripper (au jour le jour)
La préface signée Cyril Pedrosa ainsi que la postface de Craig Thompson étaient très ambitieuses. On nous promettait une lecture qu'on n'était pas près d'oublier. Pour une fois, ce n'était pas seulement une accroche promotionnelle cautionnée par deux grands noms de la bande dessinée. J'ai franchement adoré ce magnifique album atypique qui s'est infusé progressivement en moi au fil de la lecture. Tout d'abord la beauté d'un dessin assez précis et détaillé. Puis des couleurs éclatantes, puissantes et profondes. Et enfin, une narration subtile et fluide. J'ai pris une grande claque. Il y aura dix chapitres qui présentent notre héros à différents âges et sans chronologie. Cependant, tout semble se tenir dans une parfaite cohérence. Bref, une maîtrise totale ! Cette réflexion sur la mort et les différentes vies possibles selon les choix qu'on opère nous rappelle l'essentiel. Le scénario d'une vie, celle d'un écrivain dans les pas de son père et qui essaye de se construire. Les émotions brutes sont décuplées dans une logique d'ensemble pour un final qui sera magistralement beau. Achat conseillé car loin de toute légèreté et naïveté qui pèsent sur les différentes oeuvres. 4,5 étoiles.