J'arrive donc pour poser le 136ème avis. Les gouttes de sueur perlent à mon front!
Tintin est un monument. Bien sûr qu'il est culte mais pour des raisons qui diffèrent selon le posteur. Dit comme ça, cela ne veut rien dire et pourtant!
Le lecteur de Tintin pourrait à mon sens se distinguer en deux catégories principales, ne vous fâchez pas!
Les premiers:
Ceux qui, comme ils le disent, ont appris à lire avec lui, ceux qui sont nés et ont eu la possibilité de lire les albums au moment de leur sortie ou du moins de n'être pas trop vieux pour les découvrir dans leur presque époque. Ceux là resteront à jamais des inconditionnels et Messieurs Dames, oh combien je vous comprends.
Soyons clair, vous découvriez la BD : des cases savamment ordonnées, des personnages sympathiques et rigolos et de l'aventure. Un auteur vous emmenait au pays des Soviets, en Amérique, au Congo et même sur la Lune. J'avoue que comme diraient des jeunes d'aujourd'hui dont je ne suis plus: "Ca déchirais grave".
Les seconds:
Ils ont découvert Tintin à une époque ou la plupart des albums historiques, indispensables, étaient déjà parus. Leur sens critique, et n'y voyez rien de désobligeant de ma part, n'était plus le même que le vôtre. Le monde avait évolué, l'histoire du monde avait changé et quelques événements majeurs avaient eu lieu.
Alors oui, Tintin est culte car il a apporté à la BD un souffle, une dimension que l'on n'avait jamais vu auparavant. Il n'a rien renouvelé, il à crée un style dont on sait qu'il à fait quelques émules.
Avouons objectivement qu'il y a des albums moins bons que d'autres, que l'humour n'est pas la qualité première de notre héros et j'en passe point n'est besoin de trop insister sur tout ça.
Juste un petit point concernant un commentaire précédent qui nous dit concernant "Tintin au Congo", que le racisme de Hergé est parfaitement excusable car il vivait " à son époque". Spécieux l'argument! je vous laisse mouliner du neurone.
Au final, ben j'ai pris du plaisir à lire Tintin , mais comme dit plus haut pas tout. Aujourd'hui, vraiment à l'occasion je relis : les mêmes. Pis bon rien à voir, mais comme il y a eu la guerre des Stones Vs les Beatles, je préfère Astérix.
Merci Tintin!
Excellent manga qui reprend la vie d'un jeune garçon tout à fait normal et innocent obligé de tuer pour pouvoir survivre à cause du jeu qu'il a téléchargé sur son téléphone. De nombreux mystères tourneront autour de l'organisation de ce jeu et de certains détails durant les meurtres qui paraissent impossibles.
Ce manga de Yuki Takahata ressemble énormément à King's Game, une autre série déjà terminée, car elle reprend de nombreux concepts comme par exemple l'utilisation du portable. Et si vous avez aimé ou même que vous adorez King's Game vous ne devez pas passer à côté de cette nouvelle série.
C'est pourquoi je vous conseille ce manga ou cette future série.
J'ai tout simplement adoré. J'ai toujours été assez admiratif de ces auteurs qui arrivent à raconter une histoire complète au travers de strips de trois cases qui possèdent chacun leur propre chute. Et dans ce genre difficile, cet album est sans doute le meilleur que j'aie jamais lu. J'aime beaucoup aussi le dessin tout en rondeur de Fabrice Erre. Un must.
Nous ne parlons pas ici de l'oeuvre de London, mais bien de la magistrale adaptation qu'en fait Riff Reb's. Que dire qui n'est déjà été dit?
Par son trait, Riff Reb's a su saisir toute la puissance du roman et surtout de son personnage principal. Puissance physique mais aussi intellectuelle car c'est bien là, entre autres, que réside la force de Loup Larsen. Il a appris à "jouer" avec ses hommes et le pauvre van Weyden, pas si pauvre que cela d'ailleurs car en lui c'est aussi toute la lâcheté, la veulerie de l'homme qui nous est présentée. Non Loup Larsen n'est pas qu'une brute épaisse voire sadique, il a lu des romans, il connait les philosophes, ses avis sont éclairés sur l'état du monde et de la société de son temps. De ces deux personnages j'avoue ne pas faire de choix pour savoir qui est le bon, qui est le méchant, d'ailleurs y a-t-il à choisir, Larsen et van Weyden sont sans doute les deux faces d'une même pièce.
Par son dessin Riff Reb's magnifie cette histoire, il peint la mer calme ou déchaînée en fonction de l'ambiance à bord du Fantôme. C'est sans afféterie qu'il dessine également ses marins en ne tombant pas dans la classique trogne de vieux loup de mer. Comme avec son précédent ouvrage, l'auteur hisse ces deux romans classiques d'aventure, A bord de l'Etoile Matutine et "Le loup des mers", à des hauteurs qui en font des classiques, mais maintenant de la BD.
Indispensable.
Et voilà, on avise, on avise et on en oublie l'essentiel, car oui cette BD est pour moi essentielle. Elle fait partie de mon top 10. Que d'images elle suggère, voilà un récit qui fait voyager. Je vous l'accorde la compagnie n'est pas des plus raffinée, mais quel destin, quelles histoires individuelles.
On est assez loin des histoires habituelles où de beaux pirates abordent les navires anglais, ici le quotidien de ces marins nous est décrit sans fard, il nous montre des hommes qui boivent, qui s'ennuient. Un quotidien finalement assez routinier entrecoupé de quelques épisodes marquants mais au bout du compte assez vain. Vers où vont ces hommes? Une hypothétique fortune, l'envie un jour de poser leurs sacs. Dans cette histoire au travers des différentes péripéties, on voit bien que ce qui compte en réalité c'est de naviguer, d'être sur la mer, après le reste importe peu.
Le très grand talent de Riff Reb's et avant lui de P. Mac Orlan c'est de nous montrer que ces pirates, ces forbans sont avant tout des hommes, placés certes dans un contexte particulier, et que les actions qu'ils mènent ne sont qu'une fuite en avant. On peut à leur sujet parler de panache mais ce serait oublier la cruauté et le manque de pitié dont ils font preuve.
Au talent du conteur vient s'ajouter celui du dessinateur. Quelles planches, mais quelles planches! Peut être parce que je fait du bateau, mais ça parle! (je n'ai pas encore attaqué d'autres voiliers). Case principale de la page 25 et bien d'autres! Tout cela a un grand pouvoir d'évocation. Et puis n'oublions pas ces trognes, les gens sont normaux!
Oui alors pour un texte magnifique, intelligemment mis en valeur et pour un dessin et des couleurs juste parfait, je cultissime cet ouvrage.
*Je le possède en deux exemplaires, donc un que je prête et je n'ai que de bon retours
Bon, les trois premiers "Broussaille" sont des chefs-d'œuvre absolus. Je me souviens encore de mon émerveillement à la lecture des Baleines publiques ; je n'avais rien lu de pareil, tout en ayant l'impression que j'avais toujours connu ce personnage et sa drôle de façon de voir la vie (qui le lui rendra bien!). Il y a une grâce toute particulière dans les albums scénarisés par Bom, un équilibre. Après, je trouve que ça tourne à vide, c'est forcé. Mais ce n'est pas grave, Brou continue à chaque relecture à m'embarquer dans sa réalité magique. Merci Frank !
Allz hop, n'ayons pas peur et mettons cette série au pinacle. Vraiment tout est bien, une histoire qui tient la route et arrive à nous dire des choses profondes sur le pouvoir et les rapports humains. Sous des dehors où le comique est présent mais d'une grande subtilité, Turf assène quelques vérités bien senties. Bien sûr la poésie est présente tout du long de ces tomes et elle s'exprime aussi bien par les situations que le dessin. Cette série est tout bonnement grandiose voire magique (Azimut me semble être dans la même veine).
Lisez et faite connaitre.
J'ai lu cette BD ado, quand elle est sortie en France, avant de savoir qui étaient les deux auteurs. Effet boeuf, décoiffage total. En la relisant, même si le sujet paraît moins original, je trouve que c'est toujours aussi réussi. On est dans une série de genre: l'anticipation dystopique avec les constantes qui en font sa spécificité. Ce qui en fait une bonne BD, c'est tout simplement que c'est très bien fait. On ne s'ennuie jamais, le scénario est impeccablement ficelé, l'univers dans lequel on évolue est bien décrit et approfondi de façon à satisfaire notre curiosité.
Le dessin et les couleurs ont le côté "à l'arrache" de la tradition Marvel à l'américaine. Quand on est de culture BD européenne, on ne trouve pas forcément ça très beau mais le tout fonctionne admirablement pour un résultat passionnant. Si on aime Watchmen, on aime Martha Washington aussi.
Oui, c'est une BD de genre. A côté de l'heroic fantasy et du vengeur masqué, il y a aussi l'érotique pervers. Et, étant donné le nombre de BD dans cette veine qui se vendent, il semble que ce soit un goût finalement assez répandu. Il faut prendre les choses avec humour, notamment quand Serpieri fait dire à un personnage: "mais pourquoi es-tu si allergique aux vêtements, Druuna?"
La perversité de Serpieri est plus subtile qu'on ne pourrait le croire. Le corps plantureux et ultra-sain de l'héroïne se découpe sur un univers de cauchemar en ménageant un contraste extrême entre couleurs chaudes et froides, ses rondeurs parfaites et les monstruosités (visuelles et psychologiques) qui l'entourent. Serpieri associe le dessin le plus classique à des éléments qui susciteront autant le dégoût que les meilleurs films d'horreur (on peut penser aussi à Cronenberg); le tout avec une technique si irréprochable qu'on se sent mal à l'aise de se laisser envoûter par tant d'atrocités. Les monstres sont abominablement laids à la mesure d'un dessin abominablement virtuose et magnifique dans sa précision et sa grâce.
L'intrigue dépasse très largement le maigre scénario de la gamme porno de base. On connaît des BD de SF sans érotisme qui ne font pas mieux. Je dirai même que cette BD se laisse lire pour son histoire, même si cette dernière a parfois tendance à partir un peu dans toutes les directions et que Serpieri ne recule pas toujours devant certaines facilités narratives et les raccords tirés par les cheveux. Toutefois, on admirera le travail de l'artiste qui écrit et qui dessine, ce qui n'est pas si habituel. Un style bien à lui qui choque et qui marque. Tout cela permet à cette BD de figurer parmi les chefs-d'oeuvre du genre.
A l’occasion de la lecture du sixième opus, « Le décalage », je reviens mettre à jour mon avis sur cette série extraordinaire (dans tous les sens du terme !), pour crier – que dis-je ? pour hurler au génie, et éventuellement tenter de lui mettre une sixième étoile !!!
Car c’est encore et toujours le même émerveillement qui est au rendez-vous. Et c’est – encore et toujours ! – surprenant. Il y a là l’humour noir qui attirait André Breton ou Marcel Duchamp. Quelle claque ! De celles qui réveillent en donnant la pêche !
En effet, voilà le type même de bande dessinée qui courait le risque de tomber dans la prise de tête intello, la performance accessible aux happy few capables d’en saisir les tenants et aboutissants, et par là-même d’être inintelligible. Et ce du fait même que l’auteur s’impose des contraintes, plus ou moins fortes, dans la construction de chaque album de la série.
Dans la lignée de l’oubapo, M.A.M. donne à réfléchir sur ce qu’est une bande dessinée, un espace, le temps… C’est une des plus fortes et brillantes réflexions sur le médium BD, ses possibilités. Et une merveilleuse démonstration du potentiel de cet outil au service d’une imagination débordante !
Mais la véritable performance, ce qui est somme toute bluffant, c’est qu’en plus de l’exploit « technique » (différent et réussi pour chacun des albums de la série), les qualités de conteur de M.A.M. sont indéniables. L’histoire n’est pas sacrifiée, loin de là.
Julius évolue dans un univers oppressant, au milieu d’une architecture et d’une « domotique » fonctionnelles, fascisantes (ou staliniennes) et fascinantes. On y retrouve l’univers de « 1984 », de « Brazil » ou de Kafka, Julius ajoutant à ce côté absurde mais angoissant une faculté à ne pas dévier du chemin tracé pour lui par d’autres. Il est fonctionnaire – dans toute l’acceptation caricaturale que l’on donne souvent (à tort !?) à ce terme, un rouage d’un monde qui traque les grains de sable.
Si certaines histoires m’ont un peu plus emballé que d’autres, j’ai vraiment beaucoup aimé l’ensemble des albums de la série, qui se renouvelle, qui surprend toujours – et agréablement.
C’est brillant, cela donne à réfléchir, c’est à lire absolument (chaque tome est indépendant des autres). Culte, oui, pour l’ambition, et pour sa réalisation, qui « donnent à voir », au sens où l’entendaient Eluard et les surréalistes.
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Les Aventures de Tintin
J'arrive donc pour poser le 136ème avis. Les gouttes de sueur perlent à mon front! Tintin est un monument. Bien sûr qu'il est culte mais pour des raisons qui diffèrent selon le posteur. Dit comme ça, cela ne veut rien dire et pourtant! Le lecteur de Tintin pourrait à mon sens se distinguer en deux catégories principales, ne vous fâchez pas! Les premiers: Ceux qui, comme ils le disent, ont appris à lire avec lui, ceux qui sont nés et ont eu la possibilité de lire les albums au moment de leur sortie ou du moins de n'être pas trop vieux pour les découvrir dans leur presque époque. Ceux là resteront à jamais des inconditionnels et Messieurs Dames, oh combien je vous comprends. Soyons clair, vous découvriez la BD : des cases savamment ordonnées, des personnages sympathiques et rigolos et de l'aventure. Un auteur vous emmenait au pays des Soviets, en Amérique, au Congo et même sur la Lune. J'avoue que comme diraient des jeunes d'aujourd'hui dont je ne suis plus: "Ca déchirais grave". Les seconds: Ils ont découvert Tintin à une époque ou la plupart des albums historiques, indispensables, étaient déjà parus. Leur sens critique, et n'y voyez rien de désobligeant de ma part, n'était plus le même que le vôtre. Le monde avait évolué, l'histoire du monde avait changé et quelques événements majeurs avaient eu lieu. Alors oui, Tintin est culte car il a apporté à la BD un souffle, une dimension que l'on n'avait jamais vu auparavant. Il n'a rien renouvelé, il à crée un style dont on sait qu'il à fait quelques émules. Avouons objectivement qu'il y a des albums moins bons que d'autres, que l'humour n'est pas la qualité première de notre héros et j'en passe point n'est besoin de trop insister sur tout ça. Juste un petit point concernant un commentaire précédent qui nous dit concernant "Tintin au Congo", que le racisme de Hergé est parfaitement excusable car il vivait " à son époque". Spécieux l'argument! je vous laisse mouliner du neurone. Au final, ben j'ai pris du plaisir à lire Tintin , mais comme dit plus haut pas tout. Aujourd'hui, vraiment à l'occasion je relis : les mêmes. Pis bon rien à voir, mais comme il y a eu la guerre des Stones Vs les Beatles, je préfère Astérix. Merci Tintin!
Darwin's Game
Excellent manga qui reprend la vie d'un jeune garçon tout à fait normal et innocent obligé de tuer pour pouvoir survivre à cause du jeu qu'il a téléchargé sur son téléphone. De nombreux mystères tourneront autour de l'organisation de ce jeu et de certains détails durant les meurtres qui paraissent impossibles. Ce manga de Yuki Takahata ressemble énormément à King's Game, une autre série déjà terminée, car elle reprend de nombreux concepts comme par exemple l'utilisation du portable. Et si vous avez aimé ou même que vous adorez King's Game vous ne devez pas passer à côté de cette nouvelle série. C'est pourquoi je vous conseille ce manga ou cette future série.
Mars !
J'ai tout simplement adoré. J'ai toujours été assez admiratif de ces auteurs qui arrivent à raconter une histoire complète au travers de strips de trois cases qui possèdent chacun leur propre chute. Et dans ce genre difficile, cet album est sans doute le meilleur que j'aie jamais lu. J'aime beaucoup aussi le dessin tout en rondeur de Fabrice Erre. Un must.
Le Loup des Mers
Nous ne parlons pas ici de l'oeuvre de London, mais bien de la magistrale adaptation qu'en fait Riff Reb's. Que dire qui n'est déjà été dit? Par son trait, Riff Reb's a su saisir toute la puissance du roman et surtout de son personnage principal. Puissance physique mais aussi intellectuelle car c'est bien là, entre autres, que réside la force de Loup Larsen. Il a appris à "jouer" avec ses hommes et le pauvre van Weyden, pas si pauvre que cela d'ailleurs car en lui c'est aussi toute la lâcheté, la veulerie de l'homme qui nous est présentée. Non Loup Larsen n'est pas qu'une brute épaisse voire sadique, il a lu des romans, il connait les philosophes, ses avis sont éclairés sur l'état du monde et de la société de son temps. De ces deux personnages j'avoue ne pas faire de choix pour savoir qui est le bon, qui est le méchant, d'ailleurs y a-t-il à choisir, Larsen et van Weyden sont sans doute les deux faces d'une même pièce. Par son dessin Riff Reb's magnifie cette histoire, il peint la mer calme ou déchaînée en fonction de l'ambiance à bord du Fantôme. C'est sans afféterie qu'il dessine également ses marins en ne tombant pas dans la classique trogne de vieux loup de mer. Comme avec son précédent ouvrage, l'auteur hisse ces deux romans classiques d'aventure, A bord de l'Etoile Matutine et "Le loup des mers", à des hauteurs qui en font des classiques, mais maintenant de la BD. Indispensable.
A bord de l'Etoile Matutine
Et voilà, on avise, on avise et on en oublie l'essentiel, car oui cette BD est pour moi essentielle. Elle fait partie de mon top 10. Que d'images elle suggère, voilà un récit qui fait voyager. Je vous l'accorde la compagnie n'est pas des plus raffinée, mais quel destin, quelles histoires individuelles. On est assez loin des histoires habituelles où de beaux pirates abordent les navires anglais, ici le quotidien de ces marins nous est décrit sans fard, il nous montre des hommes qui boivent, qui s'ennuient. Un quotidien finalement assez routinier entrecoupé de quelques épisodes marquants mais au bout du compte assez vain. Vers où vont ces hommes? Une hypothétique fortune, l'envie un jour de poser leurs sacs. Dans cette histoire au travers des différentes péripéties, on voit bien que ce qui compte en réalité c'est de naviguer, d'être sur la mer, après le reste importe peu. Le très grand talent de Riff Reb's et avant lui de P. Mac Orlan c'est de nous montrer que ces pirates, ces forbans sont avant tout des hommes, placés certes dans un contexte particulier, et que les actions qu'ils mènent ne sont qu'une fuite en avant. On peut à leur sujet parler de panache mais ce serait oublier la cruauté et le manque de pitié dont ils font preuve. Au talent du conteur vient s'ajouter celui du dessinateur. Quelles planches, mais quelles planches! Peut être parce que je fait du bateau, mais ça parle! (je n'ai pas encore attaqué d'autres voiliers). Case principale de la page 25 et bien d'autres! Tout cela a un grand pouvoir d'évocation. Et puis n'oublions pas ces trognes, les gens sont normaux! Oui alors pour un texte magnifique, intelligemment mis en valeur et pour un dessin et des couleurs juste parfait, je cultissime cet ouvrage. *Je le possède en deux exemplaires, donc un que je prête et je n'ai que de bon retours
Broussaille
Bon, les trois premiers "Broussaille" sont des chefs-d'œuvre absolus. Je me souviens encore de mon émerveillement à la lecture des Baleines publiques ; je n'avais rien lu de pareil, tout en ayant l'impression que j'avais toujours connu ce personnage et sa drôle de façon de voir la vie (qui le lui rendra bien!). Il y a une grâce toute particulière dans les albums scénarisés par Bom, un équilibre. Après, je trouve que ça tourne à vide, c'est forcé. Mais ce n'est pas grave, Brou continue à chaque relecture à m'embarquer dans sa réalité magique. Merci Frank !
La Nef des fous
Allz hop, n'ayons pas peur et mettons cette série au pinacle. Vraiment tout est bien, une histoire qui tient la route et arrive à nous dire des choses profondes sur le pouvoir et les rapports humains. Sous des dehors où le comique est présent mais d'une grande subtilité, Turf assène quelques vérités bien senties. Bien sûr la poésie est présente tout du long de ces tomes et elle s'exprime aussi bien par les situations que le dessin. Cette série est tout bonnement grandiose voire magique (Azimut me semble être dans la même veine). Lisez et faite connaitre.
Martha Washington - Le Rêve américain (Liberty, un rêve américain)
J'ai lu cette BD ado, quand elle est sortie en France, avant de savoir qui étaient les deux auteurs. Effet boeuf, décoiffage total. En la relisant, même si le sujet paraît moins original, je trouve que c'est toujours aussi réussi. On est dans une série de genre: l'anticipation dystopique avec les constantes qui en font sa spécificité. Ce qui en fait une bonne BD, c'est tout simplement que c'est très bien fait. On ne s'ennuie jamais, le scénario est impeccablement ficelé, l'univers dans lequel on évolue est bien décrit et approfondi de façon à satisfaire notre curiosité. Le dessin et les couleurs ont le côté "à l'arrache" de la tradition Marvel à l'américaine. Quand on est de culture BD européenne, on ne trouve pas forcément ça très beau mais le tout fonctionne admirablement pour un résultat passionnant. Si on aime Watchmen, on aime Martha Washington aussi.
Druuna
Oui, c'est une BD de genre. A côté de l'heroic fantasy et du vengeur masqué, il y a aussi l'érotique pervers. Et, étant donné le nombre de BD dans cette veine qui se vendent, il semble que ce soit un goût finalement assez répandu. Il faut prendre les choses avec humour, notamment quand Serpieri fait dire à un personnage: "mais pourquoi es-tu si allergique aux vêtements, Druuna?" La perversité de Serpieri est plus subtile qu'on ne pourrait le croire. Le corps plantureux et ultra-sain de l'héroïne se découpe sur un univers de cauchemar en ménageant un contraste extrême entre couleurs chaudes et froides, ses rondeurs parfaites et les monstruosités (visuelles et psychologiques) qui l'entourent. Serpieri associe le dessin le plus classique à des éléments qui susciteront autant le dégoût que les meilleurs films d'horreur (on peut penser aussi à Cronenberg); le tout avec une technique si irréprochable qu'on se sent mal à l'aise de se laisser envoûter par tant d'atrocités. Les monstres sont abominablement laids à la mesure d'un dessin abominablement virtuose et magnifique dans sa précision et sa grâce. L'intrigue dépasse très largement le maigre scénario de la gamme porno de base. On connaît des BD de SF sans érotisme qui ne font pas mieux. Je dirai même que cette BD se laisse lire pour son histoire, même si cette dernière a parfois tendance à partir un peu dans toutes les directions et que Serpieri ne recule pas toujours devant certaines facilités narratives et les raccords tirés par les cheveux. Toutefois, on admirera le travail de l'artiste qui écrit et qui dessine, ce qui n'est pas si habituel. Un style bien à lui qui choque et qui marque. Tout cela permet à cette BD de figurer parmi les chefs-d'oeuvre du genre.
Julius Corentin Acquefacques
A l’occasion de la lecture du sixième opus, « Le décalage », je reviens mettre à jour mon avis sur cette série extraordinaire (dans tous les sens du terme !), pour crier – que dis-je ? pour hurler au génie, et éventuellement tenter de lui mettre une sixième étoile !!! Car c’est encore et toujours le même émerveillement qui est au rendez-vous. Et c’est – encore et toujours ! – surprenant. Il y a là l’humour noir qui attirait André Breton ou Marcel Duchamp. Quelle claque ! De celles qui réveillent en donnant la pêche ! En effet, voilà le type même de bande dessinée qui courait le risque de tomber dans la prise de tête intello, la performance accessible aux happy few capables d’en saisir les tenants et aboutissants, et par là-même d’être inintelligible. Et ce du fait même que l’auteur s’impose des contraintes, plus ou moins fortes, dans la construction de chaque album de la série. Dans la lignée de l’oubapo, M.A.M. donne à réfléchir sur ce qu’est une bande dessinée, un espace, le temps… C’est une des plus fortes et brillantes réflexions sur le médium BD, ses possibilités. Et une merveilleuse démonstration du potentiel de cet outil au service d’une imagination débordante ! Mais la véritable performance, ce qui est somme toute bluffant, c’est qu’en plus de l’exploit « technique » (différent et réussi pour chacun des albums de la série), les qualités de conteur de M.A.M. sont indéniables. L’histoire n’est pas sacrifiée, loin de là. Julius évolue dans un univers oppressant, au milieu d’une architecture et d’une « domotique » fonctionnelles, fascisantes (ou staliniennes) et fascinantes. On y retrouve l’univers de « 1984 », de « Brazil » ou de Kafka, Julius ajoutant à ce côté absurde mais angoissant une faculté à ne pas dévier du chemin tracé pour lui par d’autres. Il est fonctionnaire – dans toute l’acceptation caricaturale que l’on donne souvent (à tort !?) à ce terme, un rouage d’un monde qui traque les grains de sable. Si certaines histoires m’ont un peu plus emballé que d’autres, j’ai vraiment beaucoup aimé l’ensemble des albums de la série, qui se renouvelle, qui surprend toujours – et agréablement. C’est brillant, cela donne à réfléchir, c’est à lire absolument (chaque tome est indépendant des autres). Culte, oui, pour l’ambition, et pour sa réalisation, qui « donnent à voir », au sens où l’entendaient Eluard et les surréalistes.