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Couverture de la série Lanfeust de Troy
Lanfeust de Troy

S'il y a bien une série qui m'a fait découvrir la nouvelle vague bd (celle qui débute dans les années 90), c'est bien Lanfeust de Troy, qui peut être considéré comme la matrice du succès de la maison d'édition Soleil. Pour tout dire, avant que mes mains ne se posent sur ce petit phénomène d'édition ma culture bd se bornait grosso modo aux ultraclassiques (Astérix, Tintin, les Schtroumpfs, Spirou, Lucky Luke, Blake et Mortimer...) et aux séries à succès de Van Hamme (le tryptique Thorgal-XIII-Largo Winch). Mais Lanfeust a tout changé. Cette série a bercé mon adolescence, au même titre par exemple que Harry Potter. Je me souviens encore quand, chaque semaine lorsque ma mère me refilait mon argent de poche, je cavalais jusqu'à en perdre mon souffle vers la Fnac près de chez moi pour m'acheter un des tomes de la saga. En tenir un dans mes mains à cette époque me procurait un émerveillement comparable à celui de l'archéologue qui tiendrait entre ses doigts le Saint-Graal tant recherché. Alors oui, c'est sûr, si j'analyse Lanfeust de Troy avec mon regard critique et adulte d'aujourd'hui, comme le font quelques rabat-joie dans les commentaires précédents, les défauts sautent au yeux. L'humour un peu lourdaud, d'abord, mais pas seulement. L'intrigue aussi, qui, si on reste objectif, ne révolutionne pas franchement le genre. Mais quand même, si l'on se donne la peine de regarder les choses sous un autre angle, Lanfeust de Troy c'est tout autre chose. Le souffle épique, la sensation de grande aventure, les paysages saisissants, les affrontements dantesques, les second rôles tous attachants (aaah Hébus!! Héééébus !), la magie et son système complexe, l'explosion d'hémoglobine... tous ces atouts forment à mes yeux les ingrédients d'une oeuvre immense, cohérente et passionnante, qui m'aura offert un grand plaisir de lecture comme rarement j'en ai ressenti dans mes années collège. Une saga culte, donc, incontournable, qui sied mieux à un lectorat jeune mais qui peut tout à fait plaire à des adultes vaccinés de tout sectarisme.

10/10/2014 (modifier)
Couverture de la série Gaza 1956 - En marge de l'histoire
Gaza 1956 - En marge de l'histoire

Ça c'est une vraie claque ! Il y a déjà quelques mois que je feuilletais ce gros livre et que je le reposais, remettant sa lecture à plus tard malgré les critiques élogieuses dont il bénéficie. Le dessin un peu raide, entre réalisme et caricature ne me plaît toujours pas, et puis tout de même : presque 400 pages… Mais quand je m'y suis plongé, pas moyen de lâcher ce long récit. Et je souscris aux nombreux avis de lecteurs enthousiastes : Joe Sacco est un grand Monsieur. Il nous offre un récit d’une rare clarté sur l’histoire de la bande de Gaza entre la fin des années 1940 et le début des années 2000. L'histoire est généralement écrite par les vainqueurs et celle de Gaza n’échappe pas à la règle. Or, les Palestiniens sont du côté des perdants. C’est peut-être pour cela qu’ils se construisent une histoire souvent déformée par l’amertume, la haine et le désir de revanche. Sacco s’attache à démêler les faits contradictoires qui lui sont présentés pour s’intéresser à des événements presque oubliés, y compris par les Palestiniens eux-mêmes. À l’automne 1956, durant la crise de Suez, en marge de l’histoire, l’armée israélienne envahit la bande de Gaza et tue quelques centaines de civils Palestiniens. Loin de la presse et de la grande histoire qui s’écrit en Égypte, ces morts passent quasiment inaperçus et sont vite oubliés au fil des nombreux conflits ultérieurs. Cinquante ans plus tard, dans un climat de guerre civile, Sacco part à la rencontre des témoins survivants pour reconstituer les faits. L’auteur ne s’en cache pas : il se bat contre lui-même pour ne pas prendre parti et rester objectif. Même s’il privilégie le point de vue palestinien, il s’efforce toujours de vérifier ses sources, de croiser les témoignages et de les confronter à ceux des Israéliens quand c’est possible. Son honnêteté est touchante et admirable. C’est autant dans la description de sa démarche d’enquêteur que dans la reconstitution des événements de 1956 que Sacco se montre génial. Jamais je n’ai autant compris toute la difficulté qu'il y a à reconstituer un événement passé avec la rigueur du journaliste et de l’historien. La quête des témoins dans des villes en ruines, les témoignages contradictoires de vieillards capricieux, amnésiques ou affabulateurs, les quasi-vérités ou les faux mensonges sont autant d’obstacles qu’il doit affronter au cours de sa longue enquête. Au final, on sent tout ce que la transcription en bande dessinée des massacres de l’année 1956 lui a coûté de travail et d’efforts. Sacco n’est ni vraiment journaliste, ni vraiment historien, mais il parvient finalement à rendre compte des faits avec plus de force et d’efficacité que ne l’auraient fait ces deux professions. Reportage, livre d’histoire, discours militant, réflexion sur le métier de journaliste, essai sur le rapport entre histoire et mémoire… Gaza 1956, en marge de l’histoire est tout cela à la fois et bien plus encore. Sa portée didactique dépasse largement le sujet traité. Une bande dessinée atypique dont la lecture me semble indispensable.

04/10/2014 (modifier)
Couverture de la série Le Cycle de Cyann
Le Cycle de Cyann

Je poste mon avis après la lecture de « Six saisons sur Ilo » et d’« Aïeïa d’Aldaal », et j’ai un peu feuilleté le 1er tome. Ce que j’ai remarqué en premier sur cette série c’est le nombre de pages. Environ une centaine pour chaque album, ce qui n’est pas forcément signe d’une bonne bd mais vu le prix, un poil plus élevé que la moyenne, je me suis dit que ça partait bien. Et justement, le dessin est d’une très grande qualité, Bourgeon a inventé un univers qui n’a rien à envier à StarWars ou d’autres grands récits de science-fiction et il fait preuve de beaucoup d’imagination pour dessiner ses décors très diversifiés. La lecture pour un seul livre m’a pris des heures tant je me suis attardé sur chaque case. Le coloriage est de même niveau avec beaucoup de dégradés, une très grande variété de couleurs, vraiment superbe. Si c’est le pied d’admirer la faune dessinée par Bourgeon, il n’en est pas de même pour les personnages. C’est en effet le seul hic que j’ai à reprocher au dessinateur, il maîtrise très bien les corps (les personnages étant essentiellement féminins ET sexy, cela rend la lecture encore plus agréable) mais les têtes sont juste affreusement laides. Ils ont tous des têtes de tarés consanguins, homme ou femme se ressemblent (et du coup c’est moins sexy). Et il n’y a pas que moi que cela a dérangé à la lecture des autres commentaires. Si le dessin est de qualité c’est en partie grâce à une histoire qui le sert parfaitement. Chaque album décrit une longue aventure de Cyann, si bien qu’entre le début et la fin de la bd, il s’est passé énormément de choses, de changements de lieu, de climat, de nouvelles rencontres, ce qui offre la possibilité à Bourgeon d’exprimer toute son imagination. Le scénario, lui, n’est pas très fin et parle essentiellement de cul et de complot dont on a parfois du mal à comprendre l’intrigue. Parce que, si l’auteur nous embarque dans son univers visuel, il en va de même pour tout le reste, les personnages ont leur propre langue (donc des mots dont on ne comprend pas toujours la définition) et les auteurs ne nous en disent pas plus sur les règles qui régissent cet univers. En gros, c’est à nous de nous immerger dans le décor. C’est pour ça que je conseil de ne pas faire comme moi et de commencer par la lecture de « La source et la sonde », le tome 1. Mais en conclusion, je dirais que c’est une des meilleures séries que j’ai pu lire, le plaisir ne vient pas vraiment de l’intrigue, il faut juste se laisser transporter par la beauté des dessins et ça passe tout seul. MISE A JOUR 03/10/2014 Le tome 5 m'avait très déçu, le tome 6 et dernier ma réconcilié avec la série. On retrouve le charme et les ambiances exotiques des deux premiers albums, chose qu'on avait un peu perdu par la suite. La qualité graphique est au rendez-vous par rapport au tome 5 qui a un goût fade et d'inachevé. Certes on est très loin de Six saisons sur Ilo et La Source et la Sonde mais on en demandait pas tant à François Bourgeon. L'histoire est très complexe et demande une relecture à chaque nouvel album et une fois parvenu à la fin du tome 6 on se dit "quelle épopée !" Ça a pris du temps mais c'était grandiose. Cela vaut bien une rehausse de la note et un classement dans la catégorie des œuvres cultes. Après 21 ans d'attentes c'est bien la moindre des choses. Tchao Cyann !

08/08/2011 (MAJ le 03/10/2014) (modifier)
Par Tourenne
Note: 5/5
Couverture de la série Alim le tanneur
Alim le tanneur

Merveilleux! Un scénario qui tient la route jusqu'au bout (ce qui est notable... hélas), et qui prend même de plus en plus de consistance au fil des albums. Une profondeur inattendue sous les airs naïfs du départ. De belles illustrations.

03/10/2014 (modifier)
Par Tourenne
Note: 5/5
Couverture de la série La Guerre des Sambre - Hugo & Iris
La Guerre des Sambre - Hugo & Iris

Superbe! Illustrations exceptionnelles de Bastide. Cette anti-chronologie est particulièrement plaisante et bien menée. Le mystère des Sambre prend de la consistance.

03/10/2014 (modifier)
Par Graveen
Note: 5/5
Couverture de la série Universal War Two
Universal War Two

"Si vous avez aimé UW1, vous aimerez UW2." Il est bien sûr un peu tôt pour savoir si cette série sera à la hauteur du premier opus. Ce qui est certain, c'est qu'elle en prend le chemin. La prise en main par rapport à UW1 est bien faite, on peut lire ces 2 tomes sans avoir approché UW1. Ça n'est pas optimal, mais c'est bien résumé et expliqué. La continuité et la cohérence avec la série initiale est complète (on n'en demandait pas moins). Les personnages sont construits et attachants, le scénario semble en béton armé, et j'apprécie les dessins. Si j'avais un reproche, ça serait, hum, peut-être une continuité un peu proche avec la série initiale (le fameux wormhole), mais c'est vraiment osé de dire ça après seulement 2 tomes. Bref, vivement le T3 !

29/09/2014 (modifier)
Couverture de la série Urban
Urban

Waouw, quel pied ! Luc Brunschwig a vraiment bien fait de ne pas lâcher l’affaire et de reprendre plus de 10 ans après son scénario d’Urban Games et de l’étoffer pour notre plus grand bonheur. J’avais déjà beaucoup apprécié le premier tome, mais j’ai dévoré le deuxième. L’histoire pour moi est originale (mais je ne suis pas une grande spécialiste en science-fiction). Luc Brunschwig et Roberto Ricci ont créé un monde imaginaire dans lequel je rentre sans aucun problème. Les personnages sont attachants et on suit avec intérêt le parcours de ce bon gros nounours un peu naïf qui débarque de sa campagne pour faire partie des Urban Interceptors et de ce gamin qui n’attend qu’une chose, pouvoir s’enfuir pour découvrir la ville et se retrouve finalement totalement perdu. Je me suis tellement attachée aux personnages que j’avoue que la fin du deuxième tome m’a mis les larmes aux yeux… mais je n’en dirai pas plus. Et que dire des dessins de Roberto Ricci ? Contrairement à Telenk0, je trouve les couvertures sublimes et c’est celle du tome 1 qui m’a donné envie en premier d’ouvrir l’album. Le dessin est très fouillé, il fourmille de détails (quel bonheur d’essayer de reconnaître tous ces personnages costumés) mais est néanmoins très clair. Les couleurs sont magnifiques et participent bien à l’atmosphère qui se dégage du dessin, un peu sombre (tout n’est pas rose à Monplaisir)… sauf quand on accède au « Nirvana », second niveau de loisirs de Monplaisir réservé aux personnes plus aisées financièrement, où tout s’illumine subitement. Bref, un petit bijou qui mérite pour moi un « culte » sans aucun problème. On verra si la suite tient les promesses des deux premiers tomes… En tout cas, j’ai hâte !!! ------ Après lecture du tome 3, ma note reste la même. Avant de lire le troisième, j'ai relu les deux premiers et la fin du deuxième tome m'a fait le même effet que la première fois, alors que l'effet de surprise n'était plus là. Du tout bon ! Et le troisième ne m'a absolument pas déçu. Le dessin de Roberto Ricci est toujours aussi bon et pour ce qui est du scénario, je n'ai qu'une seule envie... connaitre la suite !!!!

18/02/2013 (MAJ le 28/09/2014) (modifier)
Par Ro
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Cycle de Cyann
Le Cycle de Cyann

Ça y est, la série du Cycle de Cyann est terminée, je peux enfin me forger un avis sur sa totalité. C'était il y a 20 ans que j'étais complètement tombé sous le charme de la planète Olh et de sa civilisation fouillée et détaillée présentée dans le premier tome de la série, la SOurce et la SOnde. Un graphisme incroyable, un monde on ne peut plus fouillé et détaillé, un scénario à l'échelle humaine, bien construit et agréable, des dessins grandioses, des personnages attachants et une fin poignante. J'attendais la suite avec impatience. 3 ans plus tard, l'essai était transformé avec le second tome, Six Saisons sur IlO, avec la découverte d'une nouvelle planète et une intensification du récit avec la révélation du Grand Orbe qui allait être au cœur de l'intrigue du reste de la série, le tout approfondi par le hors-série encyclopédique qu'était la Clé des Confins. Sur ces deux albums, le graphisme était superbe, totalement abouti techniquement et présentant un soin et un travail de recherche assez énormes. Il a fallu ensuite attendre 8 ans pour voir sortir Aieia d'Aldaal et pour que je commence à douter un peu. J'y appréciais la découverte d'une nouvelle planète, très originale et intéressante cette fois encore, le graphisme était toujours aussi beau, mais le récit plus linéaire et sa fin un peu embrouillée lui donnaient moins de charme qu'aux tomes précédents. Il laissait le goût d'un album de transition. 2 ans plus tard, la couverture du tome les Couleurs de Marcade m'a largement refroidi. Elle a été modifiée depuis la première édition mais je la trouve toujours aussi décevante en comparaison de celles des tomes précédents. Le graphisme des planches lui aussi m'a soudainement déçu. J'y découvrais en effet un tic graphique que François Bourgeon allait utiliser également dans ses tomes suivants, à savoir ce qui me semble être une utilisation de l'informatique pour placer les éléments de son dessin, personnages ou décors, avec quelques copier-coller et des effets de zoom desquels résulte un encrage parfois très différent d'une case à la suivante, voire dans la même case : parfois très gros, comme trop rapproché ou grossier, parfois très fin. Je trouve cette inégalité de trait inesthétique, surtout quand on fait la comparaison avec la beauté des premiers tomes. Quant au scénario, il devenait soudain beaucoup plus confus, plus complexe, et je commençais à m'y perdre. 5 ans plus tard, les Couloirs de l'Entretemps me faisait quasiment le même effet. Encore une fois assez déçu même si je suivais toujours les aventures de Cyann avec intérêt et curiosité et si j'étais heureux de la voir revenir sur des éléments et dans des lieux rencontrés dans le premier tome qui m'avait tant séduit. Mais je commençais à être sérieusement perdu dans le scénario. Et voilà qu'aujourd'hui est sorti le 6e et dernier tome de cette saga. Ma première lecture fut appréciable. J'y retrouvais les petits défauts du nouveau style graphique de Bourgeon mais la visite de la fameuse Aldalarann m'a bien plu sur le plan visuel. Au niveau du scénario, après une entame dans la continuité des deux tomes précédents avec retour sur la planète Marcade, on assiste à une longue et belle mise en place de la conclusion de la saga. Et cette conclusion m'a totalement satisfait sur le coup. J'ai alors pris le temps et le plaisir de relire la série dans son ensemble et d'enfin constater que tous les éléments qui me paraissaient confus et obscurs dans les 4e et 5e tomes s'assemblaient parfaitement avec le reste pour former quelque chose de cohérent et captivant malgré une réelle complexité (ce qui est chose assez courante dans les récits mettant en scène des voyages dans le temps). Bref, le scénario tient vraiment la route et balaie mes déceptions et doutes le concernant. Je salue avec cette série la beauté et l'aspect fouillé de son univers intensément travaillé et imaginé par ses auteurs, ses planètes que l'on visite et qui sont si différentes et si intéressantes, la grande beauté de son graphisme, surtout sur les deux premiers tomes et malgré les défauts des tomes 4 et 5 à mes yeux, et enfin la façon dont le scénario s'agence et fait preuve d'originalité et de complexité. Une grande oeuvre et un univers merveilleusement fignolé auxquels Bourgeon et Lacroix auront su donner vie et forme de bout en bout. Chapeau !

25/09/2003 (MAJ le 25/09/2014) (modifier)
Par Blue Boy
Note: 5/5
Couverture de la série Le Complot
Le Complot

« Il se pourrait que Le Complot soit aux Protocoles ce que Maus fut à l’Holocauste » peut-on lire en dos de couverture. Il se pourrait, oui, mais malheureusement cette œuvre testamentaire du maître Eisner parue en 2005 n’a jusqu’à ce jour jamais eu l'audience qu’elle méritait. Je suis moi-même assez frustré d’être complètement passé à côté lors de sa sortie. A vrai dire, je n’avais que vaguement entendu parler des fameux Protocoles sans m’y intéresser plus que ça. Mais l’auteur montre bien la grosseur des ficelles, de façon très méthodique, et avec le double talent de conteur et de dessinateur dont il sait faire preuve pour rendre captivant un sujet en apparence fastidieux. Montés de toute pièce par la police secrète russe pour le Tsar qui souhaitait alimenter une haine anti-juive, les Protocoles des Sages de Sion ne sont en fait que le vulgaire plagiat du Dialogue aux enfers entre Machiavel et Montesquieu conversation imaginaire écrite par Maurice Joly en 1854 pour dénoncer indirectement le régime autoritaire de Napoléon III. Cette sinistre farce aurait pu paraître drôle si elle n’avait pas inspiré Hitler quelques années plus tard, avec les conséquences dévastatrices que l’on sait. Le problème, c’est que le mythe continue à se diffuser et à se développer, notamment dans les pays arabes, étayé par la politique agressive d’Israël et l’influence des milieux juifs américains sur la politique US vis-à-vis du Proche-Orient, deux réalités parmi d’autres qui ne font qu’apporter de l’eau au moulin conspirationniste, comme l’avait fait en son temps la création du Conseil sioniste. C’est une œuvre majeure et salutaire que nous a légué Will Eisner juste avant de tirer sa révérence, peut-être la plus emblématique parmi sa bibliographie. Passionné par son travail, ce fils d’immigré juif qui avait souffert de l’antisémitisme de ses camarades à l’école, savait utiliser son fantastique don d’observation pour casser les clichés sur ses pairs, ce qu’il a fait en particulier durant la seconde partie de sa carrière. Peu porté sur la religion mais fier de sa culture, il révèle dans Le Complot son ardent désir de vérité, guidé par l’humanisme un peu désabusé qui transparait dans ses romans graphiques. Un grand merci, Monsieur Eisner, où que vous soyez !

21/09/2014 (modifier)
Par sloane
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Blueberry
Blueberry

Que dire qui n'ait été déjà dit ? Voilà une série mythique qui nous a offert le meilleur. Les premiers albums ont encore beaucoup de texte et peuvent rebuter un jeune lectorat aussi je conseillerais des cycles plus récents pour débuter. Il n'empêche, ce premier cycle de cinq albums, c'est quand même du tout bon. A ce propos je ne peux que penser aux soirées du ciné club ou à la dernière séance ou l'on voyait ces westerns de la belle époque. Nous étions chez Blueberry ! Les auteurs ont réussi a créer une véritable ambiance qui retranscrit cette époque. D'accord je n'y étais pas, mais ils arrivent pas un je-ne-sais-quoi de magique à nous faire rentrer dedans. On marche dans la neige avec les Indiens, on transpire dans les Mesas, on sent l'odeur du saloon, je pourrais dérouler les exemples à l'infini mais je crois que ça s'appelle juste le talent. Alors que dire sinon que les scénarios sont parfaits, voir "La mine de l'allemand perdu" et "Le spectre aux balles d'or", en fait tous ! Et puis le dessin qui transcende les mots du scénariste. Les gueules sont géniales ! Je m'arrête là, et simplement un immense, véritable, grand et sincère merci pour toutes les heures fabuleuses que j'ai passées en vous lisant. Et je vous relirai !

08/09/2014 (modifier)